Celle qui venait des plaines, Charlotte Bousquet.

Le vert des hautes herbes surplombées par le feu orangé du soleil couchant sur les plaines du Dakota, les récits de victoires autour d’une flambée à la tombée de la nuit, les chevaux couleur de cendres, le tonnerre des canons, les rivières de sang…
Et soudain, le déracinement et l’enfermement à la Mission Saint-James, l’apprentissage de la haine d’une culture immémoriale, la purification par la souffrance et une éducation de fer pour briser les volontés les plus tenaces.
Voici l’histoire de Winona, fille aînée du vent et de la lumière, héritière de traditions ancestrales qu’elle fut contrainte de recracher comme le pire des venins, métisse éprise de liberté et de justice dont la route ne cesse de croiser celle des célèbres Steele men, cow-boys et mercenaires – pour le meilleur et pour le pire.

Voilà un roman qui, à certains égards, est extrêmement dur, mais qui s’est révélé splendide !
1921. On suit le jeune Virgil, qui va rencontrer Winona avec, en tête, le double but de la faire parler de son père, un des fameux Steele Men, et de la tuer à l’issue de sa confession, comme elle a tué son géniteur. Lorsqu’il arrive, Winona se met obligeamment à lui raconter toute l’histoire, mais en partant du début, à savoir sa naissance en pleine guerre de Sécession. Le récit fait donc alterner deux trames, celle du présent, où Virgil fait des commentaires sur ce que lui raconte Winona et celle du passé, celui de Winona. À ces deux trames s’ajoutent des extraits du roman fétiche de Virgil, Les Incroyables Aventures de Steele Men (un roman fictif), un western écrit d’après les souvenirs de Franck Allen, un des quatre membres de la bande, et donc un brin partial. Cela peut sembler un peu hermétique au départ, car il faut se faire au système de récits enchâssés, mais cela permet en fait de maintenir le suspens du début à la fin !

De fait, on se demande depuis le départ ce qu’a vraiment fait Winona pour mériter la morbide attention de Virgil. Mais cette question passe bien vite à l’arrière-plan, au vu de l’incroyable témoignage que livre Winona.
Elle balaie l’histoire des États-Unis et, forcément, des Amérindiens, depuis sa naissance, en pleine guerre de Sécession. On le sait, cette histoire a été violente, amère et affreusement injuste. Le récit de Winona est donc à l’image de cette histoire, extrêmement dur : elle ne cache rien des tortures subies au pensionnat, du racisme de la société américaine, des violences endurées en tant que femme et métisse dans un univers qui ne reconnaît pas bien ni les unes ni les autres.
Les mots de Winona nous immergent littéralement dans ce Far West légendaire, certes, mais aussi terrible. À ce titre, les extraits du roman que lit Virgil et ses commentaires viennent alléger à point nommé un récit qui ne nous cache aucune atrocité.

Le roman livre en outre une très intéressante réflexion sur la fiction et la réalité. Virgil est en quête de vérité et tient pour vrais les propos lus dans Les Incroyables Aventures des Steele Men, qu’il s’agisse de la légende de son père (qu’il n’a jamais connu) ou celle de Winona. L’image que Virgil s’est forgée de Winona est nourrie à la fois des méfaits de la Vipère de l’Oklahoma (son titre dans le roman) et du personnage qu’elle a incarné dans le Wild West Show de Buffalo Bill – qui mettait en scène les légendes du Far West. Elles sont d’ailleurs nombreuses dans ce roman : Buffalo Bill, Crazy Horse, Calamity Jane, Annie Oakley, Bass Reeves, font partie des personnages secondaires. Or, le récit de Winona, sans désacraliser ces personnages, nous les montre aussi sous un autre jour, un brin moins glorieux, comme elle le fait avec ce Far West sur lequel on a tant écrit.

Il y a quelque chose d’affreusement déprimant dans son récit, c’est vrai, mais ça ne le rend que plus précieux. Car, comme je l’ai dit, le récit est livré sans fards et sans faux-semblants. Mais on en ressort avec une meilleure vision de ce qu’a été cette époque troublée et des conséquences qu’elle a encore aujourd’hui.
Dès le départ, j’ai été emportée par le style vif de Charlotte Bousquet, qui dépeint avec beaucoup de précision cette société : les descriptions sont riches en détail, les personnages bien dessinés et, comme je le disais au départ, l’intrigue parfaitement rythmée. Ce qui m’a permis de m’immerger totalement dans le récit, au point que j’avais du mal à lâcher le livre pour reprendre le cours habituel de mon existence !

En attaquant Celle qui venait des plaines, je m’attendais à un roman mettant en scène les guerres amérindiennes, évidemment. Mais je ne m’attendais certainement pas à la claque qu’à été ce roman tour à tour tragique, révoltant, touchant, poétique, d’une incroyable violence et en même temps d’une grande sagesse. J’ai adoré ce western à la construction complexe, mais qui m’a tenue en haleine de bout en bout. En deux mots comme en cent, ça a été un incroyable coup de cœur !

Celle qui venait des plaines, Charlotte Bousquet. Gulf Stream (Électrogène), octobre 2017, 360 p.
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ABC 2018 – Littératures de l’imaginaire.

Comme tous les ans depuis un certain temps, je rempile avec le challenge ABC Imaginaire, diligemment orchestré par Marie-Juliet !

Règlement du challenge : 

Le principe est de lire 26 livres entre le 1er janvier et le 31 décembre 2018, en respectant le principe «Une lettre, un auteur».
Pour chaque lettre de l’alphabet, il faut choisir un auteur, dans les genres entrant dans les littératures de l’imaginaire, à savoir :
– Fantastique
– Fantasy
– Science-fiction.
– Et tous leurs dérivés (urban fantasy, space opéra, steampunk…).

Sachez que si la version «Imaginaire» ne vous botte pas, vous pouvez aussi aller voir chez Nanet, qui propose un Challenge ABC (tout court, mais avec plein d’options) ou chez Salhuna, qui propose un ABC Polars/Thrillers,  ou encore chez Calysse qui propose un ABC Romance.

Afin de vous faciliter la vie, plusieurs possibilités :
– vous pouvez changer votre liste à volonté. Il suffit de présenter une liste de 20 titres pour valider l’inscription, et la liste peut être revue autant de fois que nécessaire durant l’année. Sauf, bien sûr, si vous visez la médaille de platine : auquel cas, 3 changements maximum sont autorisés.
– vous pouvez inclure des BD, manga, comics ou autres artbooks dans votre liste, mais pas plus de 3 au total (et, à ce moment-là, le dessinateur compte autant que l’auteur pour la lettre).
3 tricheries sont autorisées. Mais qu’entend-on par tricherie ? Une tricherie est l’utilisation de la première lettre du titre du livre ou la première lettre du prénom de l’auteur (au lieu de celle du nom de famille).
– un livre d’auteur anonyme peut être proposé en A ou en X.
– les anthologies et ouvrages collectifs peuvent être utilisés en X, ou à la lettre de l’éditeur scientifique.
– pour les sagas, n’importe quel tome fera l’affaire !
– les relectures et livres inscrits dans d’autres challenges sont acceptés (sans qu’il n’y ait que ça, afin de préserver un minimum de défi !).

Inscriptions : ouvertes jusqu’au 31 janvier 2018, elles se font ici (avec un compte sur Livraddict) ou . L’inscription est validée dès qu’on a indiqué une liste de lectures avec mimimum 20 titres, sur le topic dédié ; la liste doit être complète au 31 janvier 2017 (et présentée comme ci-dessous).
Le challenge commence le 1er janvier s’achève le 31 décembre 2018.

Récompenses : des médailles sont décernées, suivant l’avancement des participants.
– Médaille d’or : 26/26
– Médaille d’argent : 20/26
– Médaille de bronze : 15/26
– Médaille de chocolat : 10/20
– Médaille de platine : nouveauté 2014, attribuée à celles et ceux qui auront respecté leur liste  initiale, avec 3 changements maximum.

Passons donc à la liste !

Progression : ../26
Petite nouveauté : cette année, je ne vise que la lecture de 13 titres (ceux avec une puce en début de ligne), soit 1/2 challenge !

Albert, Raphaël. Avant le déluge, Les Extraordinaires et Fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé (2). Fantasy urbaine. 388 p.
♦ Beaty, Erin. La couleur du mensonge. Fantasy. 344 p.
♦ Chevalier, Chloé. Fleurs au creux des ruines. Fantasy. 120 p.
D
♦ Elfgren, Sara et Strandberg, Mats. La Clé, The Circle (3). Urban fantasy. 1021 p.
♦ Fargetton, Manon. L’Héritage des Rois-Passeurs. Fantasy. 376 p.
♦ Gay, Olivier. Le Calme et la Tempête, La Magie de Paris (2). Urban fantasy. xxx p.
♦ Holzl, Ariel. Le Complot des corbeaux, Les Sœurs Carmines (1). Fantasy. 263 p.
Ilona Andrews. Brûlure magique, Kate Daniels (2). Fantasy urbaine. 349 p.
♦ Juillard, Sébastien. Il faudrait pour grandir oublier la frontière. Science-fiction.  61 p.
♦ Katz, Gabriel. La Part des ombres (2). Fantasy. xxx p.
Lowry, Lois.  Le Fils. Science-fiction. 430 p.
♦ Martinigol, Danielle. Les Abîmes d’Autremer. Science-fiction. 504 p.
♦ Ness, Patrick. Le Cercle et la Flèche, Le Chaos en marche (2). Science-fiction. 562 p.
♦ O‘Donnell, Cassandra. Traquée, Rebecca Kean (1). Urban fantasy. 474 p.
Pierrat-Pajot, Lucie. Le sang n’oublie jamais, Les Mystères de Larispem (1). Science-fiction. 257 p.
Quête d’Ewilan(3), Le Passage de la goule. Pierre Bottero, Lylian & Laurence Baldetti. BD + fantasy. 72 p.
Rivero, Mathieu. Chimère captive, Les arpenteurs de rêves (1). Fantasy. 176 p.
♦ Syven, Lise. Tombeau et pâtés de sable, La Balance Brisée (1.5). Urban fantasy.
T. Titre mystère.
Urasawa, Naoki. Pluto (5). Manga + Science-fiction.
Van Wilder, Cindy. Au service des insectes. Science-fiction.
♦ Wilder, Cindy van. Terre de brume (1). Fantasy. xxx p.
X. Collectif. Graines de futur. Science-fiction.
Yayoiso. Relife (6). Manga + Science-fiction. 224 p.
Zamiatine, Eugène. Nous autres. 233 p.

Ce qui représente un total de 6048 pages pour la liste de 25 titres et de 3725 pages pour la liste de 13 (hormis les titres non parus et/ou non paginés). Il n’y a plus qu’à !

Brèves de comptoir #166

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : un colloque Fantasy et Histoire(s) aux Imaginales !

Il aura lieu les 22 et 23 mai 2018, à Épinal, durant les Imaginales.

Dans ce cadre, un appel à communications vient d’être lancé. Voici les thèmes qui pourront être abordés :

– l’histoire de la fantasy : quelles sont les origines du genre et comment réécrit-il sa propre histoire, en la faisant remonter aux mythes et légendes ?

– le rapport entretenu à l’Histoire à l’intérieur du monde fictionnel : comment l’épaisseur temporelle qui donne sa consistance au monde se traduit-elle en historiographie de ce monde ? Ecriture des mémoires, de la chronique, dispositifs narratifs rendant compte des strates chronologiques successives.

– quelles histoires ? périodes privilégiées et variations/évolutions des regards posés sur celles-ci. Quelles conceptions de l’Histoire ?

– rapport entre roman historique et fantasy, uchronies et fantasy historique

– le domaine des jeux, entre véracité et plaisir ludique ; jeux de rôle Grandeur Nature et reconstitutions historiques.

Le détail de l’appel à communications est visible ici.
Les propositions (une demi-page environ), accompagnées d’une présentation bibliographique, devront être envoyées par email aux responsables scientifiques avant le 28 février 2018, aux adresses suivantes : anne.besson@univ-artois.fr ; natvd@cegetel.net ; chelebourg@gmail.com ; sn@imaginales.com.

Lundi encore : Norman Spinrad, l’enfant terrible de la SF !

Et c’est Nicolas Martin de La Méthode scientifique (France Culture) qui vous parle de l’auteur.

Mardi : appel à contributions pour Res Futurae !

La revue lance un appel à contribution pour son 13e numéro, qui sera consacré à Pierre Bordage, qui vient de recevoir le prix extraordinaire des Utopiales 2017.
Les propositions d’articles, d’environ 250 mots sont à envoyer accompagnées d’une courte bio-bibliographie avant le 15 avril 2018. Toutes les infos ici !

Mardi encore : un troisième Blade Runner ?

En tout cas, Ridley Scott est partant ! Voici ce qu’il a déclaré à Digital Spy :

« J’espère qu’on fera une suite… Je pense qu’il y a une autre histoire à raconter. J’en ai encore une prête à évoluer, à être développée, donc il y a forcément un nouvel opus à faire, pour sûr.»

Quoi qu’il en soit, le réalisateur produira la série The Terror, dont voici le synopsis :

1845, deux navires de la marine royale anglaise se retrouvent coincés dans les glaces du Grand Nord.
Tenaillés par le froid et la faim, Sir John Franklin et les cent vingt-neuf hommes de l’expédition se retrouvent pris au piège des ténèbres arctiques et se voient harceler par les assauts d’une sorte d’ours polaire à l’aspect prodigieux, qui transforme la vie à bord en cauchemar éveillé…

La série s’inspire d’une histoire vraie et adapte le roman Terreur de Dan Simmons (R. Laffont). Vous pourrez voir les 10 épisodes dès le lundi 26 mars, sur AMC. Et voici le trailer :

Mardi toujours : à la découverte des sports steampunk !

Et c’est Arthur Morgan, spécialiste du genre, qui nous parle de ces sports délicieux que sont le duel de thé, le duel d’ombrelles ou la course de théières. À lire ici !

Mercredi : soumissions de manuscrits ouvertes chez l’Atalante !

Et ce jusqu’au 31 janvier 2018 ! Attention, votre texte doit relever de la fiction et des genres de l’imaginaire.
Les textes sont attendus au format ePub ou PDF, dans une police simple (Garamond par exemple), en taille 18, sans interlignage, ni illustration. Ils devront être envoyés à l’adresse suivante : manuscrits@l-atalante.fr

À vos claviers !

Mercredi encore : concours de nouvelles Présences d’Esprit !

Les textes devront s’inspirer d’un thème (au choix, pas de cumul) ou d’une des citations suivantes :

– « De toute manière, même pour un esprit sain, les objets semblent parfois posséder une volonté propre ; ils ne se comportent pas comme prévu, ils vous mettent des bâtons dans les roues, ils opposent une résistance anormale au changement. » Philip K. Dick

– « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. » Antonio Gramsci

– « Préapocalyptique »

– « Malheur au vainqueur ! » Boris Cyrulnik.

Les modalités sont disponibles ici ; vous avez jusqu’au 8 avril 2018 minuit.

Mercredi toujours : De bons présages sur BB4 !

La radio britannique vous propose d’écouter la série audio adaptée du roman de Terry Pratchett et Neil Gaiman. Attention, le podcast n’est pas disponible indéfiniment !

Jeudi : Rentrée de l’Imaginaire !

Le lundi 29 janvier de 9h à 14h, l’ARALD et ActuSF organisent à Lyon une rentrée de l’imaginaire, à destination des professionnels.
Au programme : des éditeurs présenteront leur ligne éditoriale et leur actualité, ainsi que leur programmation et différentes manifestations.
Objectif : valoriser les littératures de l’imaginaire auprès des libraires, bibliothécaires, organisateurs de fêtes et salons du livres, documentalistes, enseignants et médiateurs du livre de la région Auvergne-Rhônes-Alpes.
Seront présents (liste non exhaustive) : Actusf, L’Atalante, Au Diable Vauvert, Le Bélial (sous réserve), Critic, Mnémos, Les Moutons électriques, Mü éditions, Organic, La Volte, Les Intergalactiques, ou encore Le Salon du Vampire.
L’inscription se fait ici !

Jeudi encore : nouvelle adaptation pour G. R. R. Martin !

Syfy et Netflix s’associent pour adapter Le Volcryn, de G.R.R. Martin et en faire une série de SF. L’auteur étant sous contrat exclusif avec HBO, il n’est pas impliqué dans cette adaptation.

Vendredi : Nuit de la Lecture en approche !

Le samedi 20 janvier, ce sera la Nuit de la lecture. Regardez autour de chez vous, il y a sans doute des animations de prévues !
En voici donc quelques-unes.

Paris.

Pour l’occasion, la bibliothèque  Rainer Maria Rilke (18 ter bd de Port-Royal, Paris 5e) et Bibliocité vous proposent une nuit Monstres et Merveilles de 18h à minuit.
Au programme : jeux de société et vidéos, lectures de contes (sur réservation) et lecture de Murakami pour les grands. Toutes les infos ici.

Lyon.

De 16h à 19h, vous pourrez rencontrer Barbara Cordier, Victor Fleury et Mathieu Rivero au Dépôt Imaginaire (320 rue Garibaldi, 69007 Lyon) : ils parleront notamment de l’anthologie Civilisations disparues, parue aux éditions Luciférines.

 

Bon dimanche !

[2017] Gros bilan !

Et avant tout…

Bonne année 2018 !

 

Et avant d’attaquer la rétrospective de l’année, j’aimerais te remercier chaudement, toi qui lis ces lignes, qui es peut-être familier ou familière de ce blog et qui parfois laisse une petite trace de ton passage. Merci merci merci !

Maintenant que les trop-pleins de champagne et autres excès de fin d’année tendent à s’estomper, il est grand temps de ressortir son carnet de chroniques, sa calculette et toutes ses petites notes de lecture de l’année.

Des stats, des chiffres ?

Si vous me connaissez, vous savez que j’aime ça !

Côté lectures :

Les années passent et force est de constater que le comptage est de moins en moins sérieux – sans doute parce que je lis pléthore de textes pour le boulot, notamment des albums pour enfants et que je ne note pas toujours le titre en rentrant. Notez que pour tenir cette partie-là à jour, il me faudrait (au moins) un petit cahier d’écolière ! Mais si j’en crois mes notes, tous formats confondus (moins les albums, donc), j’aurais lu quelque 118 livres cette année. Diantre !
Je crois que si je ne tenais pas de liste, je n’y croirais pas moi-même ! (Pour être tout à fait honnête, je dois tout de même vous confesser que j’ai environ deux heures de transport par jour, ceci explique peut-être cela).

Là-dedans, sans surprise, je lis majoritairement de l’imaginaire, la preuve en images :

C’est dingue, j’aurais jamais cru lire un jour plus de littérature blanche que de polar ou de roman historique !

Les séries :

Aka le point qui fait mal.

Cette année, j’ai attaqué 15 nouvelles séries ! (Oui, ça fait beaucoup, j’avoue). Sur ces quinze, il y en a 2 que j’ai abandonnées sitôt terminé le tome 1 – et je me suis p’têt même fait violence pour arriver au bout du premier tome. Disons donc que je n’ai entamé que 13 nouvelles séries 🙂
J’ai mis à profit cette année pour m’avancer dans 8 de mes séries en cours – dont une pour laquelle j’ai lu deux tomes (Gardiens des cités perdues) et deux que j’avais attaquées en début d’année (The Curse et Le Noir est ma couleur).
Et j’ai aussi terminé 9 séries parmi les innombrables que j’ai en cours ! #proudofme
Bon, si on passe tout ça à la moulinette, c’est un peu comme si je n’avais entamé que 4 nouvelles séries, pas mal, non ?
Finalement, il ne fait pas si mal que ça ce point !

Je participe au défi Fin de série d’Acr0 et terminer 9 séries, c’est toujours chouette ! (Ce qui me rappelle que 1/ma big big liste des sagas n’est toujours pas à jour 2/mon article n’a pas été mis à jour cette année).

L’auteur le plus lu :

Et le grand gagnant, cette année, est Olivier Gay ! J’ai lu deux tomes du Noir est ma couleur, le premier volume de La Magie de Paris et la fin de La Main de l’empereurquatre super bonnes découvertes, au demeurant.

C’est Samantha Bailly qui est sur la deuxième place du podium avec À durée déterminée, le premier tome de Souvenirs perdus et le dernier tome de Nos âmes.

Arrivent ensuite ex-aequo, avec l’honorable score de deux titres, Marie Rutkoski (The Curse, The Crime), Neal Shusterman (La Faucheuse, Les Libérés), Rainbow Rowell (Fangirl, Carry on), Shannon Messenger (Projet Polaris, Nocturna), Gabriel Katz (La Nuit des cannibales, Quand tu descendras du ciel), Camille Brissot (La Maison des reflets, Dans la peau de Sam) et Manon Fargetton (avec les deux premiers tomes des Plieurs de temps).

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que j’ai lu un tas d’auteurs francophones cette année !

Les coups de cœur :

Je suis un peu avare en coups de cœur, mais si on compte le tout, ça en fait environ un par mois !

                     

Les titres passés à un cheveu du coup de cœur :

Pour ceux-là, c’est passé vraiment pas loin !

      bo      
     

 

Les intenses (ou moins intenses) déceptions :

Des fois, vraiment, ça ne le fait pas. Détail ci-dessous !

                   

Du côté du blog :

J’ai publié 139 articles cette année. Cela fait en moyenne 11 articles par mois mais, pour être tout à fait honnête, il y a eu des baisses de régime en fin d’année !


Sur ces 139 articles, 40 étaient des brèves de comptoir ! D’ailleurs, si j’en crois mes statistiques, le dimanche – jour de publication des brèves – est le jour qui génère le plus fort trafic et, en règle générale, ce sont les articles les plus commentés. Merci d’être fidèles à mon petit rendez-vous !

Les articles les plus consultés :

Étonnamment, hormis l’article du concours, ce ne sont pas des articles de l’année qui ont été les plus consultés, mais des articles de fond (j’en soupçonne deux de faire partie de prescriptions scolaires et donc d’être le résultat de recherches assez pragmatiques). Voici les 5 articles qui ont recueilli vos suffrages cette année :

Nos âmes rebelles, Samantha Bailly.
Le Mystère de Lucy Lost, Michael Morpurgo.
Le concours de cette année et ses résultats.
Le Héron de Guernica, Antoine Choplin.
No pasarán, le jeu, Serge Lehmann.

D’où veniez-vous cette année ?

Sans surprise, vous venez surtout de zones géographiques francophones ! Voici les quatre pays qui ont fourni la plupart des lecteurs du site en 2017 :

– France
– USA
– Canada
– Belgique

Qui papote ?

Lupa, tu obtiens la palme du plus grand nombre de grains de sel laissés cette année ! Tu es talonnée par Solessor, Camille, Acr0 et Tesrathilde ! Merci à toutes celles et ceux qui prennent le temps de laisser un petit mot !

Book Awards

Idée piquée chez Bambi – on ne change pas les bonnes habitudes.
Le principe des Books Awards est très simple : à la fin de l’année, il suffit de nominer 1 à 3 titres par genre, dans les catégories que vous souhaitez. Vous pouvez attribuer une médaille aux titres – ce que j’ai fait, les titres sont classés dans l’ordre or/argent/bronze.

BD & bulles.
Dans la combi de Thomas Pesquet
Bergères guerrières
Dans les griffes du jardin maléfique

Manga.
Erased
Bungô stray dogs
Isabella Bird

Contemporaine.
Fangirl
L’Aube sera grandiose
La Loi du Phajaan

Polars, romans noirs, thrillers.
Quand tu descendras du ciel
Vivant
Jane Thynne

Fantastique.
Passé déterré
Le vent te prendra
Les Plieurs de temps

Science-fiction.
La Fille aux cheveux rouges
Water Knife

Je suis Adele Wolfe

Dystopies & post-apo (catégorie un peu bâtarde, j’avoue, mais il faut bien que je m’arrange pour faire entrer tout le monde !).
Les Libérés
La Faucheuse
Le Jardin des Épitaphes

Fantasy.
Mers brumeuses
La Main de l’Empereur
La Mémoire de Babel

Fantasy urbaine.
Le Noir est ma couleur
La Faille de la nuit
Sans cœur

 

Et vous, comment était votre année 2017 en lectures ?

Vivant, Roland Fuentès.

Sept étudiants passent leurs vacances ensemble. L’un d’eux invite un nouvel ami, inconnu du groupe, Elias, qui cristallise aussitôt tous les regards. Nul n’aurait pu prévoir que le séjour entre potes qui s’annonçait si bien — sport, révisions, détente – tournerait en un combat à la vie, à la mort. À moins que la haine de « l’autre » n’ait été là, en germe, dès le premier instant.

Vivant est un roman très court, mais qui prend aux tripes, du début à la fin. Et quand je dis « du début », je n’exagère pas : c’est dès la scène d’introduction que l’on est plongé dans un texte littéralement haletant. Pour preuve, voici l’incipit du roman :

« On fuit bien avec les Running XB 500. Un amorti impeccable, une adhérence adaptée aux reliefs irréguliers. Sous la plante du pied, relayant l’action musculaire, le gel Sentoprène garantit une tonicité optimale.
Mais la chaussure ne serait rien sans le coureur. Et celui qui progresse actuellement à flanc de colline est un athlète remarquable. On peut penser qu’en baskets plus ordinaires, voire en souliers de ville, il se déplacerait aussi très vite. On peut même imaginer qu’à la qualité du matériel et à la maîtrise du mouvement s’ajoute un autre motif : la volonté. Et cette volonté se concentre autour d’un seul mot. Fuir.
Oui. Vraiment. On fuit bien avec les Running XB 500. »

De fait, j’ai été tellement emballée que j’ai lu le roman en à peine une journée, happée que j’étais par ce récit littéralement haletant.
Vivant est un roman choral, qui fait intervenir à tour de rôle certains des personnages : Lucas, Camille, Eva, Johann, Salomé et Mathilde racontent l’un après l’autre leurs vacances, à quoi s’ajoute un narrateur externe pour quelques chapitres. Seuls Elias  et Mattéo n’interviennent jamais, ce qui fait qu’on ne sait jamais ce que pensent les principaux intéressés de la situation : la méthode ne fait qu’augmenter le suspens !

Celui-ci est habilement maintenu par la narration : comme on l’a vu, le roman s’ouvre sur la course-poursuite, qui sera toujours narrée par le narrateur anonyme externe. Sa narration est entrecoupée de courts témoignages des uns et des autres, dont on comprend qu’ils sont racontés a posteriori, et qui permettent de comprendre comment et pourquoi on en est arrivé là. Les raisons étant complexes, elles ne sont révélées qu’au compte-gouttes. Résultat : on est bercés par ce rythme implacable et tenaillés par l’envie d’en savoir toujours plus sur les personnages et sur les raisons de l’incroyable duel qui les oppose.

Au fil des pages se tisse une réflexion sur le vivre-ensemble et le racisme latent de notre société. Comme la course-poursuite et le récit des vacances occupent une large part du roman, ces deux thèmes peuvent sembler diffus et peu développés. J’ai toutefois trouvé que l’auteur laissait aux lecteurs une latitude assez large pour analyser, comprendre et tirer les conclusions qui s’imposent.
Le roman fait aussi la part belle au sport – la plupart des personnages étant des sportifs de haut niveau et ces vacances étant aussi dévolues au sport. De fait, on s’apercevra que pour certains, la discipline sportive peut s’avérer rédemptrice. Ce n’est d’ailleurs pas innocemment que le roman est dédicacé à Rami Yanis et Yusra Mardini, un jeune nageur et une jeune nageuse d’origine syrienne, qui ont fait partie de l’équipe des réfugiés au JO 2016 de Rio : le sport les a sauvés, comme il a eu un fort impact sur la vie d’Elias.

Avec Vivant, Roland Fuentès signe un thriller psychologique ciselé : la forme crée un fort suspense, qui rend le roman particulièrement prenant. Celui-ci met également en avant des valeurs véhiculées par le sport de haut niveau, comme le vivre-ensemble et l’ouverture d’esprit, sans que ces messages ne prennent le pas sur le thriller. Ils sont plutôt présents en toile de fond et donnent au roman une dimension très humaine. En somme, voilà une chasse à l’homme haletante à tous points de vue, que je vous recommande chaudement !

Vivant, Roland Fuentès. Syros, 11 janvier 2018, 183 p.

[2017] Petit bilan de décembre.

Ce dernier mois de l’année n’aura pas été bien riche en chroniques (faute de temps à leur consacrer), mais en lectures, si !

Carnet de lectures.

Cœurs hybrides, Anna Combelles (Sudarènes).
Cela va faire deux ans que ce roman traîne dans ma PAL et il n’attendait que le moment où j’aurais envie d’une romance pour être lu : moment qui a fini par arriver. Malheureusement, on ne peut pas dire que ça l’ait vraiment fait.
Au XIXe siècle, dans un monde où les dirigeables ont conquis le ciel et où les robes à dentelles frémissent dans tout Paris, les femmes sont pourtant considérées comme des êtres inférieurs. Rebelle, Jade, issue de la lignée des « Charismas » aux dons extraordinaires, décide alors de fuir la capitale, ravagée par une guerre fratricide entre sangs purs et hybrides. À des milliers de kilomètres de là, Ethan parti chercher l’oubli, rencontre un homme qui va changer le cours de sa vie. Les destins de Jade et Ethan se trouveront liés d’une étrange façon.
Je ne fais pas de résumé maison, car j’aurais peur de spoiler quelques retournements de situation !
Alors, pourquoi ça ne l’a pas fait ? Tout simplement parce que l’histoire n’est qu’une romance, qui s’affranchit presque totalement de l’univers – ce qui est bien dommage, vu que celui-ci s’appuie sur un tas de créatures surnaturelles, vampires, loups-garous et autres métamorphes, qui se sont livré une guerre sans merci. De cette guerre, on n’aura peu de détails, hormis le fait que tout ce petit monde a bataillé sec, pour d’obscures querelles de clocher.
Évidemment, les deux personnages sont issus de deux clochers opposés, ce qui confère un petit côté Roméo et Juliette au couple, malheureusement pas franchement mis en avant, les deux personnages étant particulièrement indépendants vis-à-vis de leurs familles respectives. Du coup, j’ai trouvé que l’ensemble manquait un brin de perspectives, car exclusivement centré sur les atermoiements des personnages (dont les «Je t’aime / Moi non plus / Mais en fait je ne peux pas parce que blablabla» m’ont rapidement agacée).
La romance pure, ce n’est pas mon rayon, je pense que ça se confirme ; je ne suis de toute évidence pas le public adéquat pour cette lecture !

La Cité automate et La jeune fille au corbeau, Cécile Guillot (Miroir aux Troubles).

Voilà deux nouvelles auxquelles je n’ai guère accroché.
Dans la première, on suit Noé, jeune victime d’un accident de la route, qui se réveille dans un lieu étrange où tic-tacquent de nombreuses horloges. Le décor steampunk est léché, tout comme les illustrations qui ornent l’ouvrage. Malheureusement, j’ai trouvé l’histoire vraiment trop rapide, avec des développements un brin trop attendus. Ceci étant dit, le rythme est au rendez-vous, le style est fluide et je pense que le format et l’histoire peuvent plaire à de jeunes lecteurs (dès 8 ans) – ce point est d’ailleurs parfaitement valable pour la seconde nouvelle.
Dans la seconde, donc, on suit une jeune fille, Franny, envoyée dans un pensionnat où se déroulent (manifestement) de drôles de choses : assez vite, elle se rend compte que des jeunes filles un peu différentes (comme elles) disparaissent. Là encore, c’est trop rapide : le décor est à peine planté, les personnages à peine creusés, le tout était vraiment trop rapide à mon goût.
Petit point à noter : ces deux textes sont édités dans une police adaptée aux lecteurs DYS.

Côté ciné.

J’ai pas mal fréquenté les salles obscures, ce mois-ci et si tout ne m’a pas convaincue, j’ai eu tout de même une très bonne surprise !

Star Wars, épisode VIII : Les Derniers Jedi, Rian Johnson.


Au pays de Star Wars, c’est un brin la mouise : les rebelles sont dans la panade, le Premier Ordre est partout et Rey ne maîtrise toujours pas la Force. Objectif : trouver Luke Skywalker pour un apprentissage express, se débarrasser du Premier Ordre (et de Kylo Ren) et remporter la guerre.
Bon, sans surprise, cet épisode emprunte beaucoup à l’épisode V et, comme dans le précédent, l’intrigue fait le vide dans le rang des personnages phares. L’histoire est assez intéressante, puisqu’elle tourne autour de l’antagonisme Rey/Kylo et autour d’une question capitale : Rey cèdera-t-elle à sa part de ténèbres, comme son antagoniste ? (Question pas totalement résolue, d’ailleurs). Autour de cela vient se greffer la fuite désespérée d’une force rebelle moribonde, qui déploie les stratagèmes (un peu vides de sens) pour s’en sortir. Ce n’est pas inintéressant, mais certaines péripéties (dont tout l’arc narratif secondaire, tout de même) ne servent à rien d’autre qu’à faire, d’une part, du remplissage et, d’autre part, à préparer la suite. Du coup, malgré tout ce qui est mis en œuvre (grosses bastons, scènes graphiquement hyper réussies)…. eh bien, c’est long. C’est même par moments très très longs.
Si on ajoute à cela que le ton du film n’est pas DU TOUT en adéquation avec le contenu, on a un film qui se laisse vraiment regarder, mais qui est un peu bancal. Ainsi, les moments tragiques sont systématiquement détournés par un trait d’humour (souvent bien potache). Non seulement c’est lourd, mais ça donne en plus l’impression que les personnages n’y sont pas du tout. Exemple : tout le monde est mort mais, c’est pas grave, parce que *insérer ici un jeu de mot tout pourri qui fait rire tout le monde*. Moui. J’ai rapidement été lassée. J’irai évidemment voir la suite (future nouvelle trilogie incluse), mais avec des attentes assez basses.

Tout l’argent du monde, Ridley Scott.


Rome, 1973. Des hommes masqués kidnappent Paul, le petit-fils de J. Paul Getty, un magnat du pétrole connu pour son avarice, mais aussi l’homme le plus riche du monde. Pour le milliardaire, l’enlèvement de son petit-fils préféré n’est pas une raison suffisante pour qu’il se sépare d’une partie de sa fortune.
Gail, la mère de Paul, femme forte et dévouée, va tout faire pour obtenir la libération de son fils. Elle s’allie à Fletcher Chace, le mystérieux chef de la sécurité du milliardaire et tous deux se lancent dans une course contre la montre face à des ravisseurs déterminés, instables et brutaux.
Première chose à savoir : ce film est un biopic, inspiré du véritable kidnapping de J. Paul Getty III et le film retrace à la fois le combat de Gail, l’avarice du grand-père et la captivité du petit-fils, un projet ambitieux mais qui manque cruellement de rythme, un peu comme si à force de vouloir faire du thriller et du drame, aucun des deux n’était vraiment soigné. Il y a donc du drame familial, mais pas trop (le père et la fratrie étant totalement absents de l’histoire), du thriller mais là encore, pas trop (puisque l’un des ravisseurs a rapidement des remords et en vient à aider Paul) ; en résumé : c’est un peu mou. Reste la figure glaciale du grand-père, qui donne le ton du film, sans toutefois prendre le pas sur aucun des autres aspects. Disons que ça a bien occupé une après-midi de tempête, mais que ce n’était pas non plus le chef d’œuvre du siècle.

Le Crime de l’Orient-Express, Kenneth Brannagh.

Ici, pas de surprise sur le résumé, il s’agit de l’adaptation du roman phare d’Agatha Christie. Mais voilà le point de départ : alors qu’il rentre de mission et compte s’arrêter quelques jours à Istanbul, Hercule Poirot est rappelé d’urgence à Londres. On est en hiver et à cette époque de l’année, l’Orient Express roule habituellement quasiment à vide. Pourtant, sans l’aide du directeur de la compagnie, Hercule Poirot n’aurait pas trouvé de place à bord, comme si tous les voyageurs s’étaient donné rendez-vous dans ce train ! Dès la première nuit, un homme est assassiné. Le train est immobilisé par la neige qui empêche l’assassin de s’enfuir. Dans les wagons isolés du reste du monde, Hercule Poirot, au sommet de son art, mène l’enquête. Et ce ne sont pas les pistes qui manquent !
J’ai lu ce roman il y a vraiment longtemps mais, pour ce que je m’en rappelle, l’intrigue a été plutôt bien respectée. Et point positif : on ne voit presque pas passer les quelques deux heures de film, tant l’intrigue est menée à bon rythme ! Autre point qui m’a marquée : l’esthétique du film. Graphiquement, c’est superbe, les images sont tout bonnement splendides – et franchement, ce n’est pas gagné quand on passe 80% de l’histoire dans un train à l’arrêt dans la neige ! Enfin, je trouve que Kenneth Brannagh a planté un Hercule Poirot parfaitement crédible et très réussi (et je partais avec quelques réticences tant j’apprécie l’interprétation de David Suchet). Détail qui ne gâche rien : la brochette d’acteurs était au diapason. Bref, cette version du Crime de l’Orient-Express m’a vraiment emballée et j’ai hâte de voir celle de Meurtre sur le Nil annoncée dans la conclusion !

Tops & Flops.

Il n’y a pas eu suffisamment de flops pour les citer, alors on va passer direct aux bonnes découvertes du mois ! Et ça a été compliqué, car j’en aurais bien ajouté d’autres (comme Nocturna), par exemple !

Vivant, Roland Fuentès.
Vivant démarre sur les chapeaux de roues : deux garçons courent l’un derrière l’autre, et le second a un couteau en main (avec la ferme intention de s’en servir). 180 pages d’adrénaline et de cœur battant, truffées de réflexions pertinentes sur notre société et le vivre-ensemble. Fantastique !

Celle qui venait des plaines, Charlotte Bousquet.
Charlotte Bousquet dresse le portrait de Winona, une légende du Far West, par les mots desquels on découvre les aspects les moins glorieux (voire les plus trash) des histoires de cow-boys. Dur, mais splendide !

Dans la combi de Thomas Pesquet, Marion Montaigne.
On pourrait résumer par « C’est l’histoire de Thomas Pesquet qui décide de participer à un concours et finit par aller sur l’ISS ». Au milieu, 200 pages bourrées d’humour et d’info scientifiques. Une BD qui a le double mérite d’être hyper marrante et hautement instructive (et donc un gros coup de cœur).

Citations.

« Tu vois, j’étais aveugle, moi aussi. J’étais heureuse d’être à lui. Ce n’est pas ça, l’amour. On ne possède pas qui on aime. On se tient à ses côtés, pour le meilleur et le pire. On ne l’enferme pas. On accepte même de le laisser s’envoler, pourvu qu’il soit heureux et libre. »

« À l’autre bout du dortoir, une autre se débattait contre des monstres invisibles, rauquant des mots que je ne comprenais pas. Furieuse, notre surveillante l’a secouée jusqu’à ce que la malheureuse bascule hors de sa paillasse puis l’a traînée brutalement hors de la chambrée.
Pourquoi ? Mais, Virgil, parce que même dans nos rêves, même dans nos pires cauchemars, il nous était interdit de nous exprimer dans une langue autre que l’anglais !
Absurde, n’est-ce pas ? »
Celle qui venait des plaines, Charlotte Bousquet.

***

« On fuit bien avec les Running XB 500. Un amorti impeccable, une adhérence adaptée aux reliefs irréguliers. Sous la plante du pied, relayant l’action musculaire, le gel Sentoprène garantit une tonicité optimale.
Mais la chaussure ne serait rien sans le coureur. Et celui qui progresse actuellement à flanc de colline est un athlète remarquable. On peut penser qu’en baskets plus ordinaires, voire en souliers de ville, il se déplacerait aussi très vite. On peut même imaginer qu’à la qualité du matériel et à la maîtrise du mouvement s’ajoute un autre motif : la volonté. Et cette volonté se concentre autour d’un seul mot. Fuir.
Oui. Vraiment. On fuit bien avec les Running XB 500. »

« J’ai bien conscience que si Mattéo est devenu très populaire, il n’y était pas vraiment prédestiné. Lorsque sa famille a emménagé à La Ciotat dans notre lotissement, il y a huit ans, j’ai compris tout de suite à qui j’avais affaire : les remarques racistes de ses parents, leurs plaisanteries bien grasses sur les Arabes ou sur les Noirs, les clichés enfilés comme des saucisses à propos des Anglais (rosbifs), des Chinois (chinetoques), des Allemands (boches)… Le pauvre Mattéo avait l’hérédité chargée.
Le plus pitoyable, c’est quand son père est venu taper un scandale à l’école parce que la cantinière avait demandé à sa petite sœur si elle mangeait du porc. De fait, la sœur de Mattéo est de type méditerranéen : brune de peau, des yeux noirs comme des olives, les cheveux frisés. Peut-être d’origine espagnole, mais ça, c’est pas écrit sur son front. Quand on la voit, on la prend pour une Algérienne, une Marocaine, éventuellement une Espagnole, oui, et dans ce cas elle a très probablement des ancêtres arabes, comme beaucoup d’Espagnols. C’est ce qu’a dit mon père au voisin, qui pendant trois semaines ne nous a plus adressé la parole ! »

« Lorsque Mattéo répétait bêtement les idioties parentales, je lui montrais mon désaccord, mais je n’ai jamais essayé de le fuir. Mon père dit qu’il ne faut pas laisser les crétins entre eux. Même si c’est dur, on doit s’obliger à les fréquenter, au moins pour leur fixer des limites. »
Vivant, Roland Fuentès.

***

« Hannah souleva le couvercle et observa attentivement l’aléthiomètre avant de le sortir de son nid de velours bordeaux pour le déposer sur la nappe blanche. Il était plus épais que celui de Bodley, mais le cadre en or, pareillement usé à force de manipulations, brillait du même éclat dans la lumière de la lampe. Les trente-six symboles disposés autour du cadran étaient représentés de manière plus simple, en noir sur de l’émail blanc, et non pas en couleur sur de l’ivoire comme ceux de l’instrument de la Bodley : ils semblaient moins décoratifs, plus fondamentaux. Derrière les aiguilles, un soleil éclatant, gravé, occupait le centre du cadran.
Hannah sentit ses mains être attirées vers l’instrument, comme par le visage d’un amoureux. »

« Alice renifla avec mépris.
– Tu es un corniaud.
– Je ne sais pas ce que c’est.
– Regarde-toi dans la glace. »
La Belle sauvage, Philip Pullman.

Brèves de comptoir #165

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Mardi : finalistes du prix Libr’à nous !

Le Prix Libr’à Nous est un mouvement spontané de libraires voulant mettre en avant dans différentes catégories leurs coups de cœur. C’est un Prix pour tous les libraires francophones du monde entier en poste (ayant exercé au moins 4 mois durant l’année), que l’on travaille en petite ou grande librairie indépendante, spécialisée ou généraliste, dans une chaîne ou une maison de la presse.
Chaque libraire a le même poids et propose les titres qu’il souhaite voir concourir. Aucune présélection n’est effectuée au départ.
Pour cette 3ème année, 240 libraires de France, Belgique, Suisse, Allemagne, Grande-Bretagne, Roumanie, Chili, Etats-Unis et Canada participent.

Voici les finalistes du troisième tour, rayon imaginaire :

Le regard  de Ken Liu, traduit par Pierre-Paul Durastanti (Le Bélial’).
Espace lointain  de Jaroslav Melnik, traduit par Margarita Barakauskaite (Agullo).
Mes vrais enfants  de Jo Walton, traduit par Florence Dolisi (Denoël).

Les finalistes de autres catégories sont visibles ici.

Mardi encore : Prix de l’Ailleurs !

C’est le premier concours d’écriture autour de la culture de la SF en Suisse romande, parrainé par l’Université de Lausanne, la Maison de l’Ailleurs d’Yverdon-les-Bains et le Numerik Games Festival.
Cette première édition explorera la thématique de l’«Humanité numérique».

Les manuscrits (un par participant, inédit, entre 10 000 et 30 000 signes espaces comprises) peuvent être soumis jusqu’au 15 mars minuit, à cette adresse: prixdelailleurs@gmail.com.
Les lauréats seront dévoilés lors de la cérémonie de remise du prix, qui aura lieu à Yverdon-les-Bains, pendant le Numerik Games Festival, du 24 au 26 août 2018.
Les informations subsidiaires sont visibles ici.

Mercredi : ces livres à lire avant d’aller au ciné cette année !

L’article est proposé par SyFantasy et vous suggère un petit tour en bibliothèque avant de passer par les salles obscures.
Et si vous voulez un petit aperçu, la chaîne FilmsActu vous propose un aperçu de quelques films de SF à venir.

Dans le même ordre d’idées, Olibe vous propose 5 séries à ne manquer pour rien au monde cette année.

Jeudi : adaptation du Merlin de T.A. Barron en question !

Et c’est Ridley Scott qui pourrait s’en charger. Le réalisateur est en négociation avec Disney – qui prépare, au demeurant, une adaptation en live-action d’Excalibur, L’Épée magique. Affaire à suivre !

Jeudi encore : Kaamelott en recherche de financements !

Depuis qu’Alexandre Astier en a récupéré les droits, Kaamelott est prête à passer du petit au grand écran. D’ailleurs, le scénario du film est prêt : ne lui manquent plus que des financements.
Il en parle dans Popopop, au micro d’Antoine de Caunes, sur France Inter.

Vendredi : Albin Michel à la conquête de l’imaginaire !

Et c’est Gilles Dumay, Thomas Day de son nom de plume, qui a dirigé la collection Lunes d’Encres chez Denoël, qui prendra en charge le catalogue imaginaire d’Albin Michel – qui répondra au nom d’Albin Michel Imaginaire.
Celle-ci publiera de la SF comme de l’imaginaire avec, pour l’instant, des auteurs traduits, mais des auteurs francophones dès 2019.
On connaît d’ores et déjà les quatre premiers titres qui seront publiés :

-Anathem, Neal Stephenson (prix Locus 2009 du meilleur livre de SF).
Battle Mage, Peter A. Flannery.
The stars are Legion, Kameron Hurley.
American elsewhere, Robert Jackson Bennett.

Gilles Dumay a également répondu à une interview d’Elbakin !

Vendredi encore : prix Hellfest Inferno, an 2 !

Cette année encore, Bragelonne et le festival Hellfest s’associent pour le prix Inferno. Du 6 janvier au 6 mars, vous êtes invités à voter !
Voici les titres en lice :

Les Chroniques de Nicci, tome 1, La Maîtresse de la Mort, Terry Goodkind.
Godblind, tome 1, Anna Stephens.
Arkane, tome 1, La Désolation, Pierre Bordage.
Le Livre des Anciens, tome 1, Soeur écarlate, Mark Lawrence.
L’Empire électrique, Victor Fleury.
– Dragon Blood, tome 1, Le Sang du dragon, Anthony Ryan.

 

Bon dimanche !