Rose de sang, Wyld #2, Nicholas Eames.

Tam Hashford en a assez de travailler dans la taverne de son quartier, de servir à boire à des mercenaires connus dans tout Grandual et d’écouter les bardes chanter de glorieuses épopées à mille lieues de sa petite bourgade perdue.
Alors quand Rose de Sang arrive en ville à la tête de sa redoutable bande et qu’on propose à Tam de devenir leur barde, la jeune fille n’hésite pas longtemps. Elle veut de l’aventure, eh bien ! elle va en avoir. Avec le reste du groupe, elle s’engage dans une quête qui ne pourra se terminer que de deux manières : la mort ou la gloire.
Il est temps d’aller faire un tour du côté du Wyld…

En fin d’année dernière, j’avais adoré le premier tome de cette série, La Mort ou la Gloire. Autant dire que j’étais assez emballée à l’idée de lire cette suite. Une fois la dernière page tournée, mon enthousiasme n’a pas décru !

Contrairement à ce que je pensais, le récit, qui se déroule six ans après la fin du premier, n’est pas centré sur Rose. Elle est présente, bien sûr, elle est même au premier rang des protagonistes, mais le récit est plutôt vu par les yeux de Tam, une jeune femme rêvant d’aventure et désespérant de servir des bières à la taverne du coin, et qui s’enrôle en tant que barde dans la roquebande de Rose, Fable – car elle maîtrise le luth, une chance. Malgré le taux de mortalité très élevé des bardes dans les roquebandes, Tam part donc avec enthousiasme. Direction : le lieu de villégiature d’un monstre légendaire pour une mission grassement payée – alors que toutes les roquebandes du pays se dirigent, elles, vers la horde du Wyld qui menace de passer les frontières. De fait, l’intrigue semble au départ extrêmement similaire à celle du premier tome (les monstres sont sur le point de déferler) – mais cela change après.

J’ai été un peu surprise par le changement de ton du roman. Le premier était extrêmement drôle et c’est un point que j’avais adoré. Celui-ci l’est également, mais nettement moins que l’opus précédent, et porte des réflexions beaucoup plus profondes (et donc surprenantes).
Ainsi, le thème qui traverse toute l’intrigue, cette fois, est celui de la parentalité. Surprenant en fantasy, non ? Mais si l’on récapitule, tous les personnages ou presque ont une sous-intrigue qui tourne autour de ce thème. Il y a ceux qui voudraient sortir de l’ombre de leurs augustes parents (Rose, bien sûr, mais Tam aussi, dont le père était mercenaire, et la mère une légendaire barde) et des rôles qu’on leur a assignés. Celui de la princesse en détresse pour Rose, notamment. Car malgré ses exploits à Castria, c’est toujours ainsi qu’on la voit : la fille dont le papa a traversé le pays et la horde d’envahisseurs pour la sauver. Mais c’est aussi une problématique pour Nuage Libre et Brune, dont les pères ont toujours une forte emprise sur eux, bien qu’ils soient tous plus que majeurs et vaccinés !
Il y a aussi ceux qui portent des questionnements sur l’autre versant de la parentalité : comment, après avoir été un héros aux épiques combats, on devient un parent avec d’autres types de responsabilités ? (Réponse : c’est pas évident. Comme dans la vraie vie, quoi.). D’ailleurs, j’ai aimé que Rose soit une mère qui n’apprécie pas son rôle… et que ce ne soit pas écrit de façon culpabilisante. Voilà qui change !
Bref, j’ai aimé cette question de l’héritage parental : elle est parfaitement déclinée, sans empiéter sur l’intrigue plus purement fantasy. Cela vient plutôt l’appuyer, lui donner du corps, tout en proposant d’intéressantes réflexions.
Autre sujet phare : celui du monstre, qui est abordé sous deux angles. Tout d’abord, à travers la figure de Roderick, le manager du groupe, qui se trouve être un satyre – et donc à peine mieux considéré que les monstres du Wyld par un bon nombre d’aventuriers. Le thème est également présent en raison des combats dans les arènes. Souvenez-vous, dans le premier volume, les aventuriers ne partaient déjà quasiment plus à l’assaut du Wyld pour se castagner avec des monstres. Non, ils allaient tranquillement les affronter dans des arènes. Or, ici, on découvre les dessous de ces arrangements : des « monstres » sont capturés, drogués, jetés en pâture à des aventuriers bien nourris et surexcités, et tout à fait prêts à en découdre. Alors ? Qui est le véritable monstre ?

Les personnages sont vraiment bien caractérisés et développés, avec des arcs narratifs qui leur sont propres. On ne perd jamais de vue le récit principal, mais l’auteur offre plusieurs incursions vraiment passionnantes dans les histoires personnelles de chacun. (Mention spéciale pour l’histoire de Brune, d’ailleurs).
Et, point qui change radicalement par rapport au premier tome : il y a des protagonistes féminines ! Plein ! (Plus que des hommes d’ailleurs). Et elles sont hyper réussies, avec ça. Je retire donc toutes mes râleries sur ce point contre le premier opus. Alors que le cliché de la princesse en détresse était au centre de l’intrigue du premier volume, ici il est largement piétiné (Rose se bat bien assez contre cela, d’ailleurs). Et cela aussi, cela fait du bien !

Mon début de lecture ne s’est pourtant pas fait sous les meilleurs auspices. J’ai trouvé que les premiers chapitres étaient terriblement lents et quelque peu répétitifs par rapport à la situation du premier roman. Mais cela a changé assez vite – pour se conclure d’ailleurs en apothéose, pour mon plus grand plaisir. C’est avec le même sentiment que j’ai retrouvé l’hommage au rock perceptible dans le premier tome. Je trouve ça toujours aussi original !

J’avais adoré le premier tome, et ce deuxième tome vient confirmer ma première impression. J’ai été assez surprise au départ de changer de personnages, mais cela apportait un renouveau vraiment intéressant à l’intrigue, comme à l’univers. J’ai également trouvé ce tome nettement plus riche en réflexions et en émotions que le premier. Sans toutefois oublier les bastons épiques et un suspense très prenant. Bref : que du bon !
Je terminerai en disant que les deux romans sont lisibles indépendamment (en raison du changement de personnages et de l’ellipse temporelle), mais qu’il est quand même mieux d’avoir lu le premier tome si on veut profiter pleinement de celui-ci.

◊ Dans la même série : La Mort ou la gloire (1) ;

Wyld #2 : Rose de sang, Nicholas Eames. Traduit de l’anglais (Canada) par Olivier Debernard.
Bragelonne, janvier 2020, 544 p.

 

L’Art du naufrage, Le Royaume de Pierre d’Angle #1, Pascale Quiviger.

Après deux années à sillonner les mers avec son équipage, le prince Thibault décide de rentrer sur sa bienheureuse île natale, où l’attend son père le roi pour qu’il prenne sa succession. Mais le retour est semé d’embûches : outre les inévitables tempêtes, Thibault ne tarde pas à découvrir à son bord une passagère clandestine. Ema, une jeune esclave en fuite, n’a pas l’intention de débarquer, au grand dam de l’amiral et de l’équipage. Or, un œil neuf ne sera pas de trop à Thibault : car Pierre d’Angle ne s’est pas arrêtée de vivre en l’absence de Thibault. Son demi-frère, le prince Jacquard, a finement manœuvré en sous-main pour s’assurer la succession. Et il faut également compter avec l’inavouable secret sur lequel repose la prospérité de Pierre d’Angle et qui ne va pas tarder à faire de nouveau parler de lui…

Ce roman m’a été chaudement recommandé par Camille – qui est toujours d’excellent conseil. Et ça n’a pas raté, le conseil était extra !
Pourtant, pour une raison inexplicable, j’ai eu du mal à m’y mettre, alors même que l’introduction du roman nous offre une scène maritime parfaitement troussée, comme je les aime. Sans doute manquais-je de concentration ! Quoi qu’il en soit, une fois que j’ai eu réussi à m’y mettre, on ne m’arrêtait plus.

Car Pascale Quiviger maîtrise parfaitement l’art du récit. L’intrigue se compose de deux parties assez distinctes : la première, pleine d’allant et d’aventures, sur le bateau, est assez divertissante, alors que la seconde, plus consacrée aux complots politiques et aux désillusions quant à Pierre d’Angle, est nettement plus sombre.
Évidemment, des traces de la seconde partie affleuraient déjà dans la première, car on sait dès le départ à quel point le demi-frère de Thibault peut s’avérer manipulateur, ce qui pimente indéniablement l’histoire. De plus, l’autrice jalonne son récit d’effets d’annonce tous plus sombres les uns que les autres, ce qui rend le suspense particulièrement présent – et ce avec excessivement peu de retournements de situation de fin de chapitres.  Résultat ? C’est extrêmement prenant ! Car le narrateur omniscient glisse très régulièrement des allusions au futur funeste des personnages, ce qui empêche très clairement de s’arrêter à la fin du chapitre, comme on se l’était pourtant promis – en tout cas, c’est ce qui m’est arrivé.

« Ema était déjà profondément endormie. Ses boucles éparpillées autour d’elle, sa respiration profonde et régulière rassurait Thibault, mais la dague l’empêchait de se détendre. Il ne comprenait rien à sa propre anxiété. Il se sentait comme un pèlerin en visite sur les lieux d’une tragédie. Il avait l’impression de recevoir des indices sur la nature de son propre destin sans avoir la capacité de les déchiffrer. De fait, il aurait dû se méfier de ce que cachait le manoir d’Ys. Il aurait dû se méfier du bourdonnement inexplicable de la grotte de Frenelles, de sa constellation fossilisée et de l’étoile qui brillait plus fort que toutes les autres. Il aurait dû se méfier du gel précoce et des cartes colorées de son vieux précepteur. Mais il n’avait aucun moyen de le savoir puisque tous les morceaux ne tomberaient en place que bien plus tard.»

Cela tient sans doute également à la galerie de personnages que l’on croise. Ils sont assez nombreux et pourtant, et pourtant ! L’autrice parvient à rendre chacun d’entre eux intéressant, consistant. Malgré cela, c’est à propos des personnages que viendra mon seul point noir du roman : pourquoi s’acharner autant sur Félix ? Certes, il présente un caractère plutôt traditionnellement (et de façon pour le moins sexiste) attribué à une femme, mais ces traits ne sont justement pas réservés aux femmes ! Je trouve donc dommage de s’appesantir autant dessus, alors que tous les autres personnages sont si soignés, et que le récit se paie même le luxe d’afficher un couple parfaitement égalitaire.
Ce point mis à part, il faut reconnaître que les personnages sont un des atouts majeurs de ce roman. Alors qu’ils sont nombreux, l’autrice parvient à nous les brosser en quelques coups de pinceaux, à leur attribuer personnalités et caractères particuliers, à nous les rendre attachants ou détestables. A ce propos, le prince Jacquard est particulièrement réussi (en odieux méchant que l’on adore détester !), mais je suis certaine qu’il se révélera un peu plus dans les tomes suivants . Outre cet empêcheur de tourner en rond, on navigue entre l’équipage de Thibault, le personnel du château, et quelques figures notables – comme celle de la reine-mère, Sidra, que je trouve follement intrigante. Et est-ce que l’on s’y perd ? Que nenni ! C’est même confondant de fluidité, la preuve que l’on peut maintenir une histoire avec une foultitude de personnages.

Peut-être cela vient-il aussi du style de l’autrice. Sa plume est riche, parsemée de quelques québécismes (assez rares, il faut dire), mais surtout d’une incroyable poésie ! Il y a dans ce roman un choix de métaphores assez élevé, ce qui ne rend la lecture que plus agréable. Si vous êtes réfractaires à la poésie, pas de panique, car le récit est tout à fait accessible, ce qui ne gâche rien.

« Un instant plus tard, les beaux étalons de l’écurie royale chevauchaient à travers bois au pas lent des chevaux de labour. Impatient d’arriver et impatient de revenir, Thibault n’avait qu’une seule envie, la même qu’Épinal : parcourir la distance au galop. Mais les troncs resserraient le sentier. Seulement des pins noirs, d’abord, puis aussi des érables, des ormes, des peupliers et des bouleaux grinçants. Le verglas qui, la veille au soir, les avait transformés en poème, venait de passer la nuit à déchirer leur écorce et à massacrer leurs bourgeons. »

Et puis, l’air de rien, le roman aborde un tas de sujets avec beaucoup de tact – et ça non plus, ça ne gâche rien.
Car Ema, notre protagoniste, est noire, ce qui paraît ô combien étrange aux habitants de Pierre d’Angle – qui, rappelons-le, est une île de bouseux perdue dans les confins Nord de l’univers que l’on arpente. Cela ouvre toute une réflexion autour de la différence et du racisme, plutôt intelligemment traitée. J’espère toutefois qu’Ema prendre plus de place dans le tome 2, car je me suis parfois sentie frustrée par l’écrasante présence de Thibaut à ses côtés, alors même qu’Ema est un personnage hyper fort.

L’univers semble de prime abord assez classique. Si on résume, Pierre d’Angle est une île, assez vaste, située au nord. Le climat y est tempéré, l’agriculture bien présente, le paysage découpé en ports, villes, villages, champs et forêts. Une forêt, plutôt, LA forêt, que l’on sent maléfique. Au fil des chapitres sont évoquées des légendes, parfois à demi-mot, parfois plus longuement. Des légendes dont certaines ont un impact très fort sur le récit, ce qui contribue d’une part au suspense de l’intrigue et, d’autre part, à donner de la consistance au territoire que l’on arpente. J’ai adoré cette façon de faire, parce que c’est subtil et vraiment bien fait.

Malgré l’épaisseur du roman, je l’ai englouti d’une traite cet été l’été dernier, pour mon plus grand bonheur. L’autrice a réussi un parfait mélange entre fantasy, aventure et récit initiatique dans un décor qui fait la part belle à une nature pour le moins hostile – voire carrément maléfique. La plume de l’autrice est extraordinaire : soignée sans être ampoulée, riche en métaphores et petites allusions poétiques, c’est un vrai bonheur de lecture. Le récit, de son côté, est épique à souhait. Raison pour laquelle ce roman a été un énooorme coup de cœur (confirmé par le tome 2 lu cet été), que je vous conseille très très chaudement !

Le Royaume de Pierre d’Angle, tome 1, L’Art du naufrage, Pascale Quiviger.
Le Rouergue (Épik), avril 2019, 483 p.

Citation pour la route :

« Thibault l’avait suivie.
– J’aimerais que tu sois sa femme de chambre, Madeleine, si tu veux bien, annonça-t-il en refermant la porte.
– Moi ? La femme de chambre de la princesse ? Moi, sire, vous êtes certain ?
C’était une promotion subite, inattendue, injustifiée. Mais Thibault avait réfléchi que Madeleine, naïve et bien intentionnée, ne représentait aucun danger pour Ema. La preuve : elle adorait le lait chaud à la vanille. C’était peut-être un préjugé, mais Thibault ne s’attendait à aucune activité politique de la part d’une personne qui aime le lait chaud à la vanille. Les chances que Madeleine ait trempé dans les magouilles de Jacquard étaient pratiquement nulles. »

Brèves de comptoir #250

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : rencontre avec Christian Léourier et les éditions du Bélial !

Dans le cadre du Mois de l’imaginaire, la médiathèque de Champs-sur-Marne (77) accueille samedi 17 octobre, à 16h, Christian Léourier et Erwann Perchoc, éditeur de la collection Une Heure Lumière du Bélial, pour une rencontre autour de la-dite collection.
Objectif : découvrir la collection Une Heure-Lumière, et échanger autour de Helstrid, pour lequel Christian Léourier a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire 2020.
Inscriptions auprès de la bibliothèque (toutes les informations ici).

Mardi : titres en lice pour le PIC 2021 :

Créé en 2009, le Prix Imaginales des Collégiens, PIC pour les intimes, a pour but de promouvoir les littératures de l’imaginaire auprès du jeune public, en lui proposant des sélections riches et variées. Tous les ans, les collégiens sont appelés à voter pour leur titre préféré, qui se voit attribuer la prestigieuse récompense au cours des Imaginales (Épinal). Voici les titres en lice pour l’édition 2021 :

Et ta vie m’appartiendra, Gaël Aymon (Nathan)
Phalaina, Alice Brière-Haquet (Rouergue)
2105, Mémoire interdite, Anouk Filippini (Auzou)
Steam Sailors tome 1, L’Héliotrope, E.S. Green (Gulf Stream)
Et le désert disparaîtra, Marie Pavlenko (Flammarion).

Les titres en lice pour le Prix Imaginales des Lycéens sont visibles ici.

Jeudi : un nouveau roman pour Estelle Faye !

Un Reflet de Lune, prévu en janvier aux éditions Actusf, présentera une intrigue se déroulant dans l’univers d’Un éclat de givre. Les deux romans sont toutefois lisibles indépendamment !

Vendredi: une adaptation pour L’Anti-magicien !

Sebastien DeCastell a fait cette semaine cette déclaration : « Kellen, Reichis, Ferius et le reste de l’équipe Spellslinger ont navigué dans une terre mystérieuse appelée Hollywood. Beaucoup de sortilèges audacieux et dangereux restent à jeter, mais nos hors-la-loi magiques furtifs pourraient un jour bientôt se retrouver à l’écran. C ‘ est tout ce que je peux révéler pour l’instant. »
Affaire à suivre pour une éventuelle adaptation !

Vendredi encore : présélection au Prix Imaginales des Bibliothécaires 2021 !

Le jury du Prix Imaginales des Bibliothécaires travaille d’ores et déjà sur la présélection 2021. Voici les titres pressentis cette année :

  • Vaisseau d’Arcanes, tome 1 : Les Hurleuses, Adrien Tomas (Mnémos).
  • Le Sanctuaire, Laurine Roux (éditions du Sonneur).
  • Carne, Julia Richard (éditions de l’Homme sans nom).
  • Un long voyage, Claire Duvivier (Aux Forges de Vulcain).
  • Les chats des neiges ne sont plus blancs en hiver, Noémie Wiorek (éditions de l’Homme sans nom).
  • Écarlate, Philippe Auribeau (Actusf).
  • La Chasse fantôme, Hermine Lefebvre (Scrineo).
  • Cuits à point, Élodie Serrano (Actusf).
  • Les Chevaliers du Tintamarre, Raphaël Bardas (Mnémos).
  • Le Chant des Cavalières, Jeanne Mariem Corrèze (Les Moutons électriques).
  • La Piste des Cendres, Emmanuel Chastellière (Critic).
  • Après le monde, Antoinette Rychner (Buchet-Chastel).
  • Cela aussi sera réinventé, Christophe Carpentier (Au Diable Vauvert).
  • Confessions d’un chasseur de sorcières, Alexis Metzinger (La Nuée Bleue).
  • La Marche du Levant, Leafar Izen (Albin Michel Imaginaire).
  • Quitter les monts d’automne, Emilie Querbalec (Albin Michel Imaginaire). 
  • Les Canaux du Mitan, Alex Nikolavitch (Les Moutons électriques).

Bon dimanche !

Sorcery of Thorns, Margaret Rogerson

Élisabeth, élevée au milieu des dangereux grimoires magiques d’une des Grandes Bibliothèques d’Austermeer, le sait depuis son plus jeune âge. D’ailleurs, peu de temps après le passage à la bibliothèque du sorcier Nathaniel Thorn, un des ouvrages se transforme en monstre de cuir et d’encre, semant mort et destruction. Et c’est Élisabeth qui se retrouve accusée de l’avoir libéré. Forcée de comparaître devant la justice à la capitale, elle se retrouve prise au cœur d’une conspiration vieille de plusieurs siècles.
Bien malgré elle, elle n’a d’autre choix que de se tourner vers son ennemi Nathaniel, et son mystérieux serviteur, Silas.
Car ce ne sont pas seulement les Grandes Bibliothèques qui sont en danger, mais le monde entier… et face à ce terrible complot, Élisabeth va devoir remettre en question tout ce qu’elle croyait jusqu’ici, y compris sur elle-même.

Voilà un roman jeunesse avec lequel j’ai passé un bon moment… malgré quelques défauts.

L’intrigue nous embarque dans un univers haut en couleurs, dans lequel on trouve deux instances de même importance : le collège des Magiciens, face aux Grandes Bibliothèques. Si les premiers pactisent avec des démons pour se retrouver doués de magie, les secondes, garantes de la sécurité du royaume, veillent en permanence sur les grimoires magiques et les tiennent à l’œil, les empêchant de se transformer en Maléficts (monstrueuses créatures de cuir et d’encre qui répandent mort et terreur sur leur passage). Il est donc tout naturel, dans cet univers, de croiser des bibliothécaires lourdement armés d’épées et cartouchières de fer et de sel, tant pour repousser les grimoires puissants que les démons. La classe, non ?

Élisabeth, l’héroïne, est donc une apprentie bibliothécaire, dont la vie s’arrête alors qu’elle est jugée coupable d’avoir libéré un Maléfict. L’intrigue débute donc comme un roman d’apprentissage classique (avec les aventures, si l’on peut dire, d’Élisabeth à la bibliothèque), mais prend rapidement des accents de polar, puisque la jeune fille va tenter de déterminer qui l’a ainsi mise dans la panade et ce qu’il se trame réellement.

Je dirais que le premier point d’achoppement se situe dans ces eaux-là. En effet, en quittant sa pampa natale, Élisabeth, désormais à la capitale, finit par comprendre assez tardivement – et le lecteur avec – que les sorciers ne sont peut-être pas si maléfiques qu’on le lui a fait croire – la faute à des professeurs un peu datés. Ce flou artistique donne aux premiers chapitres un côté un peu brouillon, comme si l’univers n’était pas encore bien défini.
Rapidement, un intérêt amoureux se profile et il faut reconnaître que cette partie-là de l’intrigue n’est pas franchement surprenante. Pourtant, une fois n’est pas coutume, je n’ai pas tellement plissé le nez devant les multiples étapes de cette romance, puisque j’ai trouvé qu’elle s’intégrait assez bien à l’aventure en général.

Celle-ci est rondement menée : les péripéties s’enchaînent sans qu’on ait le temps de souffler, les révélations aussi, le tout avec une bonne dose d’actions et de suspense. Mais là encore, tout n’est pas rose ! En effet, Élisabeth et Nathaniel ont (je trouve) la désagréable manie de se sortir du guêpier où ils sont fourrés en un tour de main ! C’est même à la limite du crédible. Exemple typique : après avoir été discréditée, Élisabeth aurait grand besoin de s’introduire frauduleusement à la Bibliothèque royale pour voler des documents. Par chance, une domestique vient de démissionner ! Elle obtient tout naturellement le poste et peut gambader à loisir dans la Bibliothèque – et commettre son larcin. C’est un peu trop facile !

Malgré cela, je me suis laissée emporter par le récit car l’univers mis en place m’a beaucoup plu. Évidemment, gros coup de cœur pour les bibliothèques infestées de pou de livres, abritant de dangereux grimoires prêts à vous arracher la tête quand vous passez devant. C’est sans doute une déformation professionnelle, mais j’ai adoré !

Décrocher un emploi à la Bibliothèque royale se révélé moins compliqué qu’Élisabeth l’avait cru. Par chance, une domestique avait donné son congé le matin même parce qu’un énorme pou de livres lui avait grimpé sur la jambe, et l’établissement avait besoin de trouver rapidement une remplaçante. Élisabeth démontra à l’intendant qu’elle était une parfaite candidate en soulevant le coin d’une commode de son bureau pour débusquer un pou de livres qui se cachait dessous. Elle l’écrasa même d’un coup de talon, au grand plaisir d’un jeune apprenti qui passait par là. Elle s’assit ensuite face à lui pour répondre à une série de questions telles que : à quelle vitesse pouvez-vous courir ? ou, accordez-vous une importance cruciale au fait de conserver l’ensemble de vos dix doigts ? L’intendant parut impressionné qu’Élisabeth trouve son interrogatoire tout à fait raisonnable. C’était d’ordinaire le moment, lui expliqua-t-il, où les postulants s’enfuyaient à toutes jambes.

– Mais il s’agit d’une bibliothèque, s’exclama Élisabeth avec surprise. A quoi s’attendent-ils ? A ce que les livres n’essaient pas de leur mordre les doigts ?


J’ai également aimé le système de magie, qui donne l’impression… que la magie n’existe pas, en fait. En effet, les sorciers sont obligés de connaître le nom véritable d’un démon et de passer un pacte avec lui pour être doués de magie (sans cela, ils ne peuvent rien faire). J’ai trouvé que cela changeait un peu. Et surtout, cela amène sans doute le meilleur personnage de l’histoire, en la personne de Silas, démon-domestique-attitré de Nathaniel, qui amène du piquant à l’intrigue (si on comptait sur les deux autres qui sont clairement monolithiques et quelque peu stéréotypés, c’était en effet mal barré).

Malgré quelques bémols (qui peuvent sembler rédhibitoire, et je comprends tout à fait !), j’ai passé un bon moment avec ce roman de fantasy jeunesse. L’univers inventif, l’action rondement menée et quelques petites trouvailles sympa ont suffi à me faire oublier l’intrigue parfois trop faciles et des personnages avec quelques stéréotypes. Une bonne découverte dans l’ensemble !

Sorcery of Thorns, Margaret Rogerson. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Vincent Basset.
Bragelonne (Big Bang), septembre 2020, 570 p.

Brèves de comptoir #249

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : Festi-live des Chats avec Bernard Werber !

Les éditions Albin Michel organisent, le jeudi 8 octobre 2020, de 19h à 21h un live avec Bernard Werber, que vous pourrez suivre à cette adresse. En direct, Bernard Werber livrera tous les secrets du dernier volet de sa saga féline : La planète des chats. Au programme : des concours, des images en avant-première du document Heureux comme un chat (diffusion prochain sur C8), des images du Festival des chats au Grand Rex l’année dernière, les réponses aux questions des participants, entre autres. Vous pouvez d’ores et déjà vous inscrire !

Mardi : de l’uchronie dans Grazia !

Le magazine propose une sélection de séries télévisées uchroniques pour mieux embrasser la définition. Parmi leurs choix :
La Révolution
– Hollywood
– Watchmen
– The Man in the high Castle
– For all mankinf
– 1983
– The plot against America
– SS-GB
– 22-11-63

L’article complet est à lire ici.

Mardi encore : une polémique autour de l’adaptation du Problème à trois corps de Liu Cixin !

L’adaptation, qui doit être faite par Netflix, a déclenché les foudres de trois sénateurs américains, en raison des opinions personnelles de l’auteur. Article à lire sur Actusf.

Mercredi : promos Mois de l’imaginaire !

A l’occasion du Mois de l’imaginaire, les éditeurs proposent quelques promotions sur leurs titres. La librairie numérique 7switch leur consacre une page !

Jeudi : lancement du mois de l’imaginaire !

Le 1er octobre est désormais synonyme du lancement du Mois de l’Imaginaire ! A défaut d’une soirée de lancement en physique, les organisateurs ont proposé trois conférences sur Discord (une partie du live est visible ici).
L’agenda des événements liés à la manifestation, partout en France, est visible ici.

Jeudi encore : les résultats du prix Elbakin.net 2020!

Le prix Elbakin.net récompense, pour chacune des 4 catégories, les meilleures œuvres fantasy parues en France entre le 1er juin de l’année précédente et le 31 mai de l’année en cours. Seules les œuvres qui ont été publiées pour la première fois en France (à l’exclusion des textes publiés uniquement à compte d’auteur ou sur Internet) dans la période précitée seront examinées par le jury. Chaque catégorie est examinée par un jury de 5 personnes, composé de critiques et de membres de l’association Elbakin.net. Voici les lauréats 2020 :

Romans francophones : Un Long voyage, Claire Duvivier (éditions Aux Forges de Vulcain)
Romans francophones Jeunesse : Dans l’ombre de Paris, Morgan of Glencoe (éditions ActuSF)
Romans traduits : Vita Nostra, Marina & Serguei Diatchenko (éditions l’Atalante, traduction de Denis E. Savine)
Romans traduits Jeunesse : Thornhill, Pam Smy (éditions du Rouergue, traduction de Julia Kerninon).

Les titres en lice sont visibles ici.

Vendredi  : lauréat du Prix Planète SF 2020 !

Il s’agit de Vita nostra, de Marina & Serguei Diatchenko (éditions l’Atalante, traduction de Denis E. Savine), pour qui c’est le deuxième prix francophone cette semaine. Félicitations !

Vendredi encore : Nos futurs dans La Méthode scientifique !

Nicolas Martin recevait cette semaine l’autrice et ingénieure Catherine Dufour, l’enseignant-chercheur et directeur de l’anthologie Daniel Suchet et la journaliste scientifique Aline Aurias pour évoquer Nos futurs, l’anthologie rapprochant auteurs de SF et scientifiques, récemment publiée par Actusf. A écouter ici !

Bon dimanche !

Brèves de comptoir #248

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : les Imaginales d’automne !

Reportées en raison de la crise sanitaire, les Imaginales se tiendront du 16 au 18 octobre 2020, à Épinal, selon le programme suivant :

Vendredi 16 octobre :
– 19h-21h : soirée de remise des prix Imaginales diffusée en direct sur ViàVosgeset présentée par Jérôme Prod’homme, prestations d’Orwell (groupe français)et de LeelooKris Cosplay.
Samedi 17 et dimanche 18 octobre :
– 10h -11h : petits déjeuners des Imaginales (inscriptions à venir).
– 11h-18h : dédicaces des auteurs/autrices et animations place Edmond Henry : Comité d’Histoire Régionale, Association Pl’asso Jeux, Lorraine Quidditch, stand de présentation de cosplay, etc.
La liste des invités présents aux dédicaces est visible ici.

Mardi : le 80e podcast Elbakin !

L’équipe revient sur 20 ans de fantasy sur le site, puis sur les vingt dernières années pour le genre en général. A écouter ici !

Mercredi : lancement du Mois de l’imaginaire 2020 !

Jeudi 1er octobre, ce sera le lancement du Mois de l’Imaginaire 2020. Situation sanitaire oblige, pas de petite fiesta comme l’année dernière, mais un lancement numérique, sur Discord (adresse du serveur à venir). Au programme : des tables rondes, un panorama de l’imaginaire aujourd’hui et des dizaines de lots à gagner (dont des livres, beaucoup de livres). Voici le programme des tables rondes, en accord avec le thème de l’année (« Pouvoirs ») :

1. Les femmes de pouvoirs dans l’imaginaire
Elles sont nombreuses, guerrières, impératrices, cheffes de guerre, magiciennes, sorcières, présidentes, députées, élues, révoltées, cheffes de gangs… Focus sur les grandes figures féminines dans l’imaginaire. Parce que le pouvoir ne se conjugue pas simplement au masculin…
2. Les Pouvoirs de la révolte dans l’imaginaire
Il y a ceux et celles qui veulent garder le pouvoir et ceux et celle qui souhaitent le prendre. Les littératures de l’imaginaire sont pleines d’émeutes, de soulèvements, de révoltes et de révolutions… On évoquera dans cette table ronde ces moments où on renverse la table pour proposer, ou espérer, un ordre nouveau.
3. Supers pouvoirs.
Nous avons tous et toutes des supers pouvoirs. Partons ensemble à la recherche de ces héroïnes et des ces héros qui ont des supers pouvoirs, que ce soit pour sauver le monde ou dans leur quotidien…

Sont également prévus un panorama de l’imaginaire en France aujourd’hui, et des quizz. Toutes les infos ici.

Jeudi : un concours d’écriture pour la sortie du T4 de Royaume de Pierre d’Angle !

Royaume de Pierre d’Angle est une série (fantasy) de Pascale Quiviger que je vous recommande très TRÈS chaudement. Le tome 4 paraît justement en janvier 2021 et, pour fêter ça, les éditions du Rouergue organisent un concours d’écriture sur le principe suivant : proposer une nouvelle inspirée de l’univers du Royaume de Pierre d’Angle. Le texte gagnant sera désigné par Pascale Quiviger, l’éditeur et l’équipe du Rouergue. Le vainqueur se verra récompensé par le dernier tome de la saga dédicacé par l’autrice, un an de livres épik, la publication en ligne de sa nouvelle et un déjeuner avec l’autrice et son éditeur Olivier Pillé.
Deadline : 30 novembre 2020.
Conditions : le texte doit faire 15 000 signes maximum (espaces incluses, soit, approximativement, 5 pages (format A4 Times corps 12)), et vous devez résider en France métropolitaine. Il faut l’envoyer à cette adresse : concours@lerouergue.com
Toutes les informations ici !

Vendredi : Prix Imaginales des Lycéens !

Le Prix Imaginales des Lycéens, PIL pour les intimes, a pour but de promouvoir les littératures de l’imaginaire auprès du jeune public, en lui proposant des sélections riches et variées. Tous les ans depuis 2005, les lycéens sont appelés à voter pour leur titre préféré, qui se voit attribuer la prestigieuse récompense au cours des Imaginales. Voici les titres en lice cette année :

Écarlate, Philippe Auribeau (Éditions Actusf).
Les chaînes du silence, Céline Chevet (Éditions du Chat Noir).
Rouge, Pascaline Nolot (Gulf Stream Éditeur).
Le sanctuaire, Laurine Roux (Éditions du Sonneur).
Yardam, Aurélie Wellenstein (Editions Scrineo).
Les autres sélections ne devraient plus tarder !

Bon dimanche !

La Guerre du Pavot #1, R. F. Kuang.


Deux pays s’affrontent depuis des siècles : l’immense empire de Nikara et une petite île voisine, Mugen. Jeune orpheline, Rin décide de tout faire pour échapper au mariage qu’ont arrangé ses parents adoptifs. Aidée d’un bibliothécaire qui s’est pris d’affection pour elle, elle se met à étudier en vue du concours Keju, qui ouvre aux enfants les plus brillants du pays accès à l’académie militaire de Sinegard, chargée de former les futures élites de l’Empire. Sous l’égide d’un vieux maître fantasque et mystérieux, elle s’éveille peu à peu aux pouvoirs chamaniques qui sont les siens, mais quand la guerre larvée éclate de nouveau, sous les coups de boutoir de Mugen, l’Académie est dissoute et ses membres affectés à l’une des douze divisions des Douze Provinces qui composent l’Empire. Rin rejoint les sicaires de l’Impératrice…

Voilà un roman de fantasy qui m’a fait de l’œil dès l’annonce de sa parution. Et une fois terminé ? Eh bien, je suis ravie de l’avoir découvert, et suis curieuse de lire la suite.

La guerre du pavot se découpe, globalement, en deux grosses parties aux ambiances marquées.
La première met à l’honneur le récit d’apprentissage. On y suit Rin lorsqu’elle prépare ardemment le Keju (redoutable concours donnant accès aux académies du pays) et ce qu’il y a après ce fameux concours.
Cette partie m’a vraiment rappelé Le Nom du vent de Patrick Rothfuss, tant les parcours des personnages sont proches (un.e étudiant.e sans le sou qui tente par tous les moyens d’intégrer une académie très sélect, laquelle accueille plutôt des candidats fortunés). Mais les ressemblances s’arrêtent là, puisque le contexte des aventures de Rin est bien différent – mais j’y reviens plus tard. Au cours de cette – copieuse – première partie, émergent des thèmes assez courant dans un récit d’initiation comme la quête de soi, ou la formation. Et on ne parle pas uniquement de la formation estudiantine ou magique, puisque Rin va avoir le déplaisir de découvrir le monde merveilleux des menstruations, dont elle ignorait tout jusque-là et auquel un tierce personnage va la former. J’ai trouvé ça intéressant, car le sujet n’est pas si fréquent en littérature de l’imaginaire (il me semble), même si l’héroïne trouve un moyen un peu radical de résoudre ses problèmes.
Outre cet aspect, on assiste aux révisions acharnées des uns et des autres, comme aux cours (parfois exotiques !) auxquels ils assistent.

– Toute guerre est fondée sur la tromperie.
En vue du Tournoi, la classe entière s’accrochait au dix-huitième Postulat de Sunzi. Les élèves cessaient d’utiliser les salles d’entraînement accessibles à tous durant les heures de cours communes. Ceux qui avaient hérité des arts martiaux de leur famille s’étaient soudainement arrêtés de pavoiser à leur sujet. Nezha lui-même avait renoncé à ses démonstrations du soir.
– C’est comme ça tous les ans, avait dit Raban. Je trouve ça un peu débile, honnêtement. Comme si les pratiquants d’arts martiaux de votre âge avaient quelque chose à cacher.
Débile ou non, les étudiants de leur classe paniquaient sincèrement. On accusait tout le monde de dissimuler une arme dans sa manche, et on soupçonnait ceux qui n’avaient jamais fait démonstration d’un art hérité d’en couver un dans le secret.
Un soir, Niang confia même à Rin que Kitay avait hérité du Poing venteux du nord, un art oublié qui permettait à son pratiquant de neutraliser ses adversaires en touchant quelques points de pression précis.
– J’ai peut-être contribué à propager la rumeur, avoua Kitay quand Rin l’interrogea sur le sujet. Sunzi qualifierait ça de guerre psychologique.
Rin poussa un grognement.
– Sunzi appellerait ça des grosses conneries.

L’autre thème qui émerge est celui du racisme, auquel Rin est confrontée en tant qu’orpheline de guerre mais aussi en tant que ressortissante du sud du pays. Sa peau basanée (et décrite ainsi dans le roman) est mal perçue par ses snobinards de camarades de classes, issus de l’élite et donc dispensés de travail au grand air dans leur jeune âge. À ce stade, j’imagine qu’il faut toucher deux mots de la couverture : il est vraiment dommage que le personnage représenté dessus colle si peu à la description donnée dans les pages. Celle-ci est pourtant sommaire… tant elle se concentre sur le teint de l’héroïne. Vraiment, c’est dommage.

La seconde partie, quant à elle, nous fait changer radicalement d’ambiance, puisque la guerre est arrivée. On quitte donc le récit d’apprentissage pour plonger dans la dark fantasy militaire, qui s’impose par des scènes nettement plus nerveuses, où prédominent l’action, la violence et la peur. Ce sentiment est hyper présent et j’ai apprécié cet aspect. Certes, les personnages que l’on suit sont des miliaires de carrière… mais la plupart sont encore étudiants et ne se sentent pas vraiment à la hauteur de la tâche.
Ceci étant dit, plus l’on avance vers la fin, plus ils s’y mettent : la violence va grandissant, et l’autrice ne nous épargne aucune des scènes terribles que l’on pouvait attendre de la guerre (tortures, viols, etc.), avec une description par le menu de toutes les atrocités. Il faut parfois s’accrocher.
C’est également dans cette partie que se développe le système de magie. Alors que, jusque-là, Rin tâtonne avec ses pouvoirs, elle est amenée à les exploiter de plus en plus. Le système, fortement inspiré du shamanisme (d’ailleurs les guerriers dotés de pouvoirs sont appelés des shamans) est assez simple, mais peut-être sera-t-il un peu plus détaillé par la suite car certains aspects sont laissés un peu en suspens. En tout cas, l’idée est vraiment intéressante !

Bien que l’ambiance de la seconde partie soit bien différente, les thèmes ébauchés dans la première sont toujours présents en toile de fond, notamment celui du racisme. Cela s’explique peut-être par l’inspiration du roman. En effet, au vu des sonorités des noms, et des atrocités décrites, il est difficile de ne pas penser aux guerres sino-japonaises. J’ai eu l’impression de lire de la fantasy historique, même si j’aurais du mal à le classer dans cette catégorie, dans la mesure où l’univers est clairement fictif. Quoi qu’il en soit, on assiste à certaines scènes (notamment dans les laboratoires) qui rappellent fortement des faits réels.

Dès le départ, je me suis laissée embarquer par l’ambiance et l’intrigue. Les péripéties s’enchaînent sans submerger les lecteurs, et l’autrice s’est attachée à développer ses personnages. Toutefois, j’ai trouvé le dernier tiers nettement moins prenant. D’une part, j’ai eu l’impression que la logique d’enchaînement des événements était parfois étrange – comme si tout arrivait trop vite, ou trop à point nommé. De plus, les relations entre personnages ne sont pas hyper développées – ou alors elles sont racontées et pas tellement mises en scène. L’intrigue, de plus, semble un peu plus brouillonne dans cette partie-là, avec des enchaînements que j’ai trouvés soit peu logiques, soit un peu trop faciles. Ce qui m’a laissé une impression de dernier tiers un peu bâclé (ou en tout cas, moins travaillé que les deux précédents), et m’a parfois fait décrocher. Malgré tout, j’ai lu le roman avec intérêt jusqu’au bout, c’est simplement que celui-ci était un peu moindre sur la fin.

Malgré un dernier tiers en demi-teinte, j’ai trouvé ce roman particulièrement prenant. J’ai apprécié l’univers et le système de magie (même si celui-ci reste assez simple), comme l’apparente inspiration historique. Je dois dire que j’ai été assez surprise (positivement !) par le brusque changement de ton entre la première et la seconde partie, mais cela a fait redoubler mon intérêt pour ce que j’étais en train de lire. Je trouve que ce premier tome (car oui, c’est une trilogie) a un bon potentiel, et je suis assez curieuse de lire la suite.

La guerre du pavot #1, R. F. Kuang. Traduit de l’anglais (américain) par Yannis Urano.
Actes Sud (Exofictions), juillet 2020, 565 p.

 

Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être :

  ou

 

À quoi rêvent les étoiles, Manon Fargetton.


Titouan ne sort plus de sa chambre.
Alix rêve de théâtre.
Luce reste inconsolable depuis la mort de son mari.
Gabrielle tient trop à sa liberté pour s’attacher.
Armand à construit sa vie entière autour de sa fille.
Cinq personnages, cinq solitudes que tout sépare. Il suffira pourtant d’un numéro inconnu s’affichant sur un téléphone pour que leurs existences s’entrelacent…
« Hasard, destin, alignement de planètes…
Appelez ça comme vous voulez, moi j’appelle ça magie ».

« Qui a décidé
un jour
en regardant le cosmos
que certaines étoiles allaient ensemble ?
Qu’assemblées,
elles dessinaient des géants,
des centaures,
des demi-dieux ?
C’est un miroir
que ces personnes ont vu dans le ciel nocturne.
C’est nous que les constellations relient.
Nous qui, connectés les uns aux autres,
devenons des géants,
des centaures,
des demi-dieux. »

Alors, à quoi rêvent les étoiles dans les constellations ? Vaste question, s’il en est ! Mais point d’astronomie, ici, puisque les étoiles sont plutôt les cinq protagonistes qui, comme les constellations, ont des liens (insoupçonnés !) qui les unissent. Ce qui aussi intéressant que paradoxal puisque le point de départ du roman, c’est la solitude de chacun d’entre eux.
Chacun d’entre eux s’est isolé, à sa manière, et a plus ou moins coupé les ponts avec son entourage. Jusqu’au point déclencheur : le SMS que Luce, à bout, envoie au numéro de son défunt mari… lequel a été réattribué à Titouan. Or, celui-ci comprend bien que s’il ne répond pas, l’affaire risque de mal finir. Et le voilà engagé dans une relation épistolaire avec la vieille dame – premier domino qui va déclencher tous les autres.

Premièrement, j’ai trouvé que le prétexte pour que les personnages s’entrechoque était à la fois bien trouvé, bien amené et extrêmement bien filé. Oui, il y a de bonnes raisons que tous s’entrecroisent, et à aucun moment cela ne m’a semblé artificiel.
Outre la solitude que chacun ressent et vit à sa manière, les trajectoires des personnages permettent d’évoquer une foule d’autres sujets, tous aussi bien traités les uns que les autres. Parmi ceux-ci, en vrac, le deuil, l’amour, l’amitié, les relations familiales (peut-être un des plus importants). On passe de l’un à l’autre, même si, au fond, eux aussi sont tous un peu liés les uns aux autres. Et vu les sujets traités… il faut s’attendre à quelques scènes fortes en émotion !

Autre thème vital dans ce roman : le théâtre. Il infuse littéralement le texte. D’une part parce que celui-ci est monté exactement comme une pièce de théâtre. Cela commence avec la mention des lumières, et finit avec celle du noir. Il y a des actes, des scènes (réparties par personnages) et des entractes, narrés par un personnage légèrement extérieur mais partie prenante de l’intrigue (dont l’identité est révélée à la fin, mais que l’on peut deviner avec un brin d’attention !), qui vient faire des commentaires et des résumés à la façon d’un coryphée. D’autre part, c’est un sujet qui tient à coeur d’au moins deux des personnages, Alix et Gabrielle. La première ne rêve que de devenir comédienne, la seconde est celle qui lui fait découvrir la discipline – ainsi qu’aux autres élèves du conservatoire. D’ailleurs, les scènes de Gabrielle sont écrites à la façon de scènes théâtrales, avec répliques (en vers libres !) et didascalies, parfois mêlées à de la narration. Le mieux ? On passe de façon extrêmement fluide de l’un à l’autre et j’ai trouvé que cette construction, comme l’attention portée au thème, était un des énormes points forts du roman.

Deuxièmement, ce qui m’a énormément plu, c’est que A quoi rêvent les étoiles est un excellent roman pour les ados… mais pas que. De fait, si l’on fait le compte, trois des cinq protagonistes sont des adultes. Et dans l’entourage des deux ados, Titouan et Alix, il y a d’autres adultes qui gravitent. Or, on l’a vu dans le résumé, il n’y a pas que les ados qui se posent des questions existentielles sur la vie, l’univers et le reste. Et ici, les trajectoires de leurs parents est aussi travaillée (si ce n’est plus) que les leurs. Tout en restant hyper accessible à des ados car, soyons honnêtes, les comportements des uns et des autres sont assez similaires. Dans une interview, Manon Fargetton a dit que les adultes étaient des « ados comme les autres ; des enfants qui jouent à être des adultes toute leur vie » et on voit ici combien c’est vrai. Les préoccupations autour de l’amour, de l’amitié, des relations familiales sont quasiment les mêmes. Avec des degrés divers, évidemment, mais tout cela reste parfaitement similaire. J’ai vraiment aimé que le roman joue sur les deux publics et donne à la fois des clefs de lecture des comportement ados aux parents… et des clefs de lecture des comportements parentaux aux ados, car le tout est fait sans la moindre once de moralisation ou de discours didactique.

Je crois que c’est le premier roman réaliste de Manon Fargetton que je lis et je suis ravie de ma découverte (je l’ai lu en moins d’une journée !). Elle nous propose un roman à la construction originale, qui embrasse un certain nombre de sujets. On sent une vraie tendresse pour les personnages, qui rend le récit très prenant. Surtout, le texte s’adresse à la fois à deux lectorats (les ados et les adultes), sans laisser aucun des deux de côté. Dans l’interview citée plus haut, Manon Fargetton a dit « J’espère que les adultes s’y retrouveront au moins autant que les adolescents ». Qu’elle se rassure, c’est bien le cas.

À quoi rêvent les étoiles, Manon Fargetton. Gallimard jeunesse, 17 septembre 2020, 400 p.

[2020] Petit bilan estival.

J’ai profité de la période estivale (et des transports !) pour lire (et même un peu plus que d’habitude, j’ai l’impression). En revanche je n’ai pas mis la période à profit pour écrire, je regrette un peu.

Un peu de stats :

Comme je le disais, l’été fut prolixe en lectures, puisque j’ai lu 2174 pages en juillet (dont 251 de relecture) et 4212 pages en août (dont 272 de relecture) ; j’ai écouté 589 minutes en audio.
J’ai mis à profit la période pour continuer, voire terminer des séries : j’ai lu 6 tomes de séries, et j’en ai terminé 2. Pour être honnête, il faut aussi que je précise que j’en ai commencé 3 nouvelles…

Carnet de lectures.

Autant j’ai eu d’énormes coups de cœur, autant certains titres m’ont carrément laissée sur le pas de leur porte. Je parle d’un certain nombre d’entre eux ci-dessous !

Rayon romans :

La Prophétie d’Ulysse, David Pouilloux (Fleurus).
Ulysse est un garçon comme les autres. Du moins, c’est ce qu’il croit, jusqu’au jour où son père, archéologue de renom, disparaît sans laisser de traces. Alors que personne dans son entourage ne s’inquiète, Ulysse sent que cette absence prolongée n’est pas normale. Et s’il était arrivé quelque chose de grave à son père ? Quelque chose en lien avec cette sombre prophétie dont il lui parlait si souvent, quand il était petit ? Déterminé à retrouver son père, Ulysse se rend au Louvre, où Andros devait donner une conférence juste avant sa disparition… et c’est là que les ennuis commencent ! Car Ulysse n’est pas un garçon comme les autres.
Il est l’un des trois enfants divins de la Prophétie. Et s’il rencontre en Kenza, ado et demi-déesse égyptienne, une alliée de poids, le troisième enfant divin, lui, est l’enfant maudit de la Prophétie… dont le rôle est ni plus ni moins de précipiter l’Apocalypse !
Je pourrais dire que, dès la couverture, ça semblait mal barré, mais ce serait du délit de faciès. Sauf que… le fait est que rien ne va. Sans surprise, les ressemblances avec Percy Jackson sont légion (mythologie et enfants divins obligent). On retrouve en plus de ça tous les poncifs de la fantasy : la prophétie terrible, le monde menacé, l’élu qui s’ignore, les méchants très méchants, j’en passe et des meilleures. Le style n’est pas franchement transcendant, donc ne sauve même pas l’ensemble. Sans surprise, je ne lirai pas la suite.

Même les araignées ont une maman, Alain Gagnol (Syros).
Depuis quelque temps, Thomas ne dort plus. Il a de quoi être inquiet : son chat a disparu alors qu’un tueur d’animaux sévit en ville… Une nuit, il distingue une silhouette dans son jardin. Malgré le masque d’opéra chinois qui cache son visage, Thomas reconnaît Emma, sa voisine. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est qu’Emma est télépathe, et que ce don extraordinaire pourrait peut-être les mener jusqu’au tueur. Ou mener le tueur à eux.
Voilà un thriller jeunesse qui m’a plu, mais m’a laissée un peu sur ma faim. Le mélange entre thriller et super pouvoirs est bien amené et apporte un intéressant cachet à l’intrigue. J’ai juste trouvé que le tueur sortait un peu de nulle part et qu’il manquait un brin de nuances. Mais dans l’ensemble, la lecture était plutôt prenante.

Le Royaume de Naguerre #1, L’Élixir du bourreau, Isabelle Fabula (Fleurus).
Après la mort accidentelle de son père Philippe, Richard devient comte et part vivre chez son oncle, le roi Frédéric, avec sa mère, sœur de ce dernier, au château de Crénelais où vivent également ses cousins et cousine. Un soir, une servante est retrouvée empoisonnée à l’Élixir du Bourreau, un poison lent inventé par Maître Stratus, l’alchimiste du roi, qui n’a malheureusement pas encore trouvé l’antidote. Richard et son cousin se lancent alors sur les traces de l’assassin…
Voilà un roman qui colle aux classiques du roman historique de chevalerie (on le classe en fantasy puisque le royaume est imaginaire !)… l’ennui en plus. Le style, volontairement moyenâgeux est hyper pompeux et pas toujours pertinent. Les péripéties sont hyper convenues et les personnages aussi manichéens que superficiels. L’enquête, quant à elle, est cousue de fil blanc. Là non plus, je ne lirai pas la suite !

Cannibale, Danielle Thiéry (Syros).
La nuit de la fête de la musique, une jeune fille est retrouvée au bord d’une route, incohérente et désorientée, incapable de dire qui elle est. Un peu plus loin dans la forêt, un groupe de jeunes gens célèbrent le début de l’été sur de la techno, mais l’ambiance a du mal à décoller… Ils ont participé à une course d’orientation « sans portables ni objets connectés », et ce soir deux d’entre eux sont manquants. Il fait maintenant nuit noire. Où sont Roxane et Rafaël ? Olympe, 17 ans, est visiblement plus inquiète que les autres. Au même moment, le capitaine de police Antony Marin, père d’Olympe, est dépêché au chevet de la jeune fille blessée.
Voilà un thriller qui partait super bien : ambiance mystérieuse, personnages torturés, beaucoup de questions sans réponses et donc pas mal de suspense. Malheureusement… tout cela retombe rapidement, à cause des bons points de départ : les mystères et les questions sans réponses le restent, jusqu’à la fin ce qui rend le dernier tiers du roman quelque peu paresseux. Dommage, car le départ était vraiment bon !

L’écuyer du roi, Tonke Dragt (Gallimard jeunesse).
Le destin de l’écuyer Tiuri bascule quand il accepte de délivrer une mystérieuse lettre scellée de trois sceaux au roi d’Unawen, de l’autre côté des grandes montagnes. Abandonner sa famille, ses amis, enfreindre les lois, renoncer à son rêve de devenir chevalier : Tiuri devra tout laisser derrière lui. De la réussite de sa quête dépend l’avenir du royaume. Rivières infranchissables, ennemis redoutables et alliés inespérés l’attendent en chemin.
Un très chouette roman de chevalerie et d’apprentissage, avec tout ce qu’on peut en attendre dedans… Ce qui est clairement le problème ! Le récit est hyper classique et le style a mal vieilli. Tout est très bon enfant et pontifiant (c’est écrit comme Martine à la plage en gros). Heureusement, c’est moins chiant, quoique tout aussi sexiste (du moins avec des yeux d’aujourd’hui), puisqu’il n’y a aucun personnage féminin intéressant (j’exclue la mère et la tante du héros qui ne servent qu’à lui faire à manger et lui prodiguer des encouragements). Après, il faut reconnaître que ça a été publié dans les années 1960…  Par ailleurs, le worldbuilding est hyper décevant (aucune recherche dans les noms ou les castes, par exemple. Les rivières s’appellent respectivement « Verte », « Bleue » ou « Rouge » et les rois portent les noms de leurs villes. Hyper étrange !). Mais malgré tout ça, il faut reconnaître que cela reste un roman de chevalerie jeunesse très accessible. Je regarderai peut-être la série Netflix qui en a été tirée.

Rayon bulles :

Temudjin, 1-2, Antoine Ozanam et Antoine Carrion (Daniel Maghen).
La nuit où naquit Temujin, le vieux chaman Özbeg était en retard. Quand il arriva sur les lieux les membres de la tribu étaient très agités. Il était trop tard pour sauver la mère et de sombres évènements entouraient la conception de cet enfant. mais tout ça, le chaman le savait déjà. Il avait été contacté par les esprits pour venir en aide à ce petit être, afin qu’il puisse vivre et ainsi donner libre court à sa fabuleuse destinée !
Au départ, j’ai un peu de mal à comprendre dans quoi s’embarquaient les deux auteurs. En fait, il s’agit d’une variation autour de la vie de Gengis Khan qui, ici, fait l’expérience du chamanisme (avec un lien très fort à Ayami, l’esprit de la Terre Mère. C’est super bien mené et les graphismes m’ont très clairement tapé dans l’œil. Un superbe diptyque ! (qui existe aussi sous forme d’intégrale).

Dans les yeux de Lya, tomes 1 et 2, Carbone et Justine Cunha (Dupuis).
À la veille de ses 17 ans, Lya se fait renverser par un chauffard qui prend la fuite, la laissant pour morte. Elle survivra mais devra rester en fauteuil roulant toute sa vie. Quatre années plus tard, elle termine son DUT Carrières juridiques et décroche un stage dans le cabinet d’avocats le plus prestigieux de la ville, celui du célèbre et médiatique maître Martin de Villegan. Son stage n’a pas été choisi par hasard, bien au contraire. C’est ce même cabinet qui a réglé son cas des années auparavant. Ses parents ne lui en ont rien dit mais elle a découvert qu’ils avaient été achetés pour éviter des poursuites juridiques. Bien décidée à retrouver celui qui l’a renversée et à lui faire payer, elle va se mettre en quête du dossier. Un jeu dangereux commence alors et sa soif de vengeance ne sera pas sans conséquences…
Les deux tomes sont à l’avenant : un mélange parfait d’enquête pleine de suspense (avec un tour de plus en plus dangereux), beaucoup de tendresse et de bienveillance envers et entre les personnages, le tout servi dans des graphismes sublimes. J’attends impatiemment le troisième tome !

Côté séries.

J’ai terminé la série Dark, une des meilleures séries de SF que j’ai vues. Je ne vais pas résumer car je craindrais de vous spoiler (et la découverte vaut vraiment le coup). Tout ce que j’ai à en dire, c’est que l’idée de départ est géniale et remarquablement exploitée, alors que le sujet est réputé pour être casse-gueule. La photographie est incroyable. Et le rythme ! Ce qui suit est surtout valable pour la première saison, car après tout se bouscule : mais la première saison prend vraiment son temps pour installer ambiance et intrigue et c’est hyper agréable à suivre. Je ne mentirai pas en disant que certains développements sont un peu prises de tête : il faut vraiment la regarder à tête reposée (et ne pas faire autre chose en même temps). Si vous voulez un argumentaire plus efficace, il y a des centaines d’articles qui ont été écrits dessus. Sachez juste que j’ai re-regardé les deux premières saisons avant d’attaquer la troisième et dernière, et que j’en ai été ravie !

Top / Flop.

Cet été, j’ai terminé la série La Couleur du mensonge d’Erin Beaty, dont j’avais adoré le premier tome. Malheureusement, je dois dire que la trilogie s’est terminée sur une note plus que mitigée. J’ai trouvé le tome de conclusion extrêmement lent à démarrer et, une fois lancé, j’ai été déçue que l’intrigue politique s’efface au profit de la romance, laquelle s’englue aussi dans des lenteurs et répétitions assez agaçantes. De plus, la conclusion, quoique satisfaisante, s’est avérée un peu prévisible. Je garderai donc en tête le très bon début de la série !

Bon heureusement, j’ai eu des très très bonnes surprises, et pas moins de deux coups de cœur en août !
Dans le train, j’ai fait un sort à Alma : le vent se lève, de Timothée de Fombelle, qui fait ce qu’il sait faire. Un superbe roman d’aventure (avec des pirates et un trésor caché !), un brin de fantastique et un fond historique hyper documenté, puisque le roman évoque l’esclavage et le sordide marché qui s’est monté autour au XVIIe-XVIIIe siècles. Comme toujours, c’est merveilleusement écrit : il y a un peu d’humour, des personnages vraiment intéressants et beaucoup de dignité par rapport aux épisodes les plus sordides qui nous sont contés. J’ai hâte de lire la suite de la trilogie.

Comme j’étais dans une bonne dynamique « séries », j’ai poursuivi Le Royaume de Pierre d’Angle de Pascale Quiviger, en lisant le tome 2, Les Filles de mai et c’était GÉNIALISSIME. C’est hyper bien écrit, avec un sens des effets d’annonce redoutable. Certaines annonces du T1 sont arrivées ou effleurées, ce qui m’a mise sur des charbons ardents tout au long du bouquin. Le mystère se creuse, tout en donnant quelques réponses (mais pas trop) et cela donne un suspense incroyable à l’histoire. Conclusion : vivement la suite (qui a le bon goût d’être déjà parue).

Citations.

 » Crains l’homme à la lance plus que tu ne crains l’homme à l’épée.
Crains l’homme à cheval plus que tu ne crains l’homme à la lance.
Crains l’homme à l’arbalète plus que tu ne crains l’homme à cheval.
Mais par dessus-tout, crains la vieille au couteau qui s’approche pendant que tu baignes dans ton propre sang, après la bataille. Car elle ne te craint pas du tout.
Proverbe militaire, Empire d’Émeraude, IIIe siècle de la Dynastie Divine. »
Raven Blade #1, Anthony Ryan (Bragelonne).

 » Avons-nous du sang de fée ?
– Sans doute…
– Alors nous vieillirons et mourrons aussi subitement que Mère ?
– Les gens disent que le temps s’écoule différemment quand on vieillit… Peut-être que plus on s’éloigne de la source, plus le courant s’accélère… jusqu’à ce qu’on rejoigne la mer. »
Sœurs d’Ys, M.T. Anderson & Jo Rioux (Rue de Sèvres).

 » Un esclave !
– Vous vous oubliez Schneidig. L’esclavage implique l’exploitation de l’homme par l’homme. Les Martiaux, par définition, ne sont pas des hommes.
– C’est ce que les Espagnols ont dit des Indiens d’Amérique ! Mais nous ne sommes plus au seizième siècle : Berlin ne le tolérera pas !
– Allez donc vérifier ! Selon mes ordres, votre appareil doit être en cours de révision… Vous arriverez en Allemagne une bonne semaine après le premier chargement d’éthérite, et ce sera la parole d’un petit capitaine comme huit mille mètres cubes de la substance la plus précieuse du système solaire. Allons, Schneidig… Vous le savez bien, après l’exploration vient l’exploitation. »
Le Château des étoiles, tome 5 : De Mars à Paris, Alex Alice.

Brèves de comptoir #244

Tous les dimanches (ou presque), l’actu de l’imaginaire en bref !

Un petit numéro de rentrée ! Avec des nouvelles fraîches, et d’autres un peu moins, car glanées durant les congés. Et un petit changement de classement, par type d’actu et non plus par date de décovuerte. Je réfléchis encore à mouture finale (garder l’ancienne, ou faire un petit ravalement de façade). Bonne lecture !

Actu littéraire :

Une nouvelle librairie SFFF à Paris !

La librairie La Croisée des Mondes ouvrira ses portes le mardi 15 septembre, à 10h (au 34, rue Belleville, Paris 20e). Au menu ; BD, comics, manga, roman graphique, album et littérature jeunesse, polar, S.F, fantasy. Toutes les informations sur leurs réseaux sociaux !

L’enfer du bookporn !

Sachez que si vous avez l’habitude de partager vos lectures en photos sur les réseaux sociaux, c’est mal. C’est même très dérangeant. En tout cas, c’est ce qu’en dit Géraldine Mosna-Savoye dans la chronique philo de France Culture – à lire ou à écouter ici.

Imaginaire et autres media :

La Terre du Milieu en VR !

Un fan des films de Peter Jackson a recréé en VR la scène du passage de l’Argonath, grâce à l’Oculus Rift (d’autres versions sont en préparation). Les 5 minutes sont en téléchargement libre et légal sur son site. 

Et voici l’aperçu :

Shadowlands s’affiche :

La prochaine extension de World of Warcraft, intitulée Shadowlands, sortira le 27 octobre. En attendant, Blizzard a dévoilé une série de courts-métrages consacrés aux Eternités, les quatre congrégations de l’Ombreterre : Bastion, Maldraxxus, Sylvarden et Revendreth. C’est à découvrir sur la chaîne Youtube de WoW !

Avalanche de prix !

Les nominés au Prix Livraddict 2020 :

Il est de retour !
Le prix Livraddict est né en 2014 de l’envie de la team qui désirait préparer un grand prix dans lequel tous les membres de Livraddict pourraient s’investir. Voici quelques catégories :

Fantasy :

Les Métamorphoses, tome 1, Vita Nostra, Marina et Sergueï Diatchenko (L’Atalante).
La Reine courtisane, Anna Triss (Black Ink).
Le Prieuré de l’oranger, Samantha Shannon (De Saxus).
♥ Wyld, tome 1, La Mort ou la Gloire, Nicholas Eames (Bragelonne).
Le Dernier Drae, tome 1, Pacte de Sang, Kelly St Clare et Raye Wagner (Infinity).

Science-Fiction :

Outsphere, tome 1, Guy-Roger Duvert (autoédition).
Les Furtifs, Alain Damasio (La Volte).
Terminus, Tom Sweterlitch (Albin Michel Imaginaire).
L’incivilité des fantômes, Rivers Solomon (Aux Forges de Vulcain).
Semiosis, tome 1, Sur Burke (Albin Michel Imaginaire).

Fantastique :

Dette de sang, tome 1 : Un paquet d’os et d’or, Hailey Turner (MxM Bookmark).
Les Mésaventures des sœurs Wird, tome 1, La Malédiction de Célia : Liées par un sortilège (Infinity).
Winternight, tome 1 : L’Ours et le Rossignol, Katherine Arden (Denoël).
Je suis fille de rage, Jean-Laurent Del Socorro (Actusf).
Élévation, Stephen King (Le Livre de Poche).

Les sélectionnés des autres catégories sont visibles ici ! En pratique, si vous souhaitez participer (pour une ou plusieurs catégories), vous avez jusqu’au 31 décembre 2020 pour lire les livres en lice. La phase de vote se déroulera du 1er au 31 janvier 2021 (annonce des résultats en février !)

Les lauréats du Prix Bob Morane 2020 :

Le prix Bob Morane récompense une œuvre de fiction publiée dans l’année civile du prix en cours ; il a été créé en 1999 par Marc Bailly, en hommage au personnage fictif d’Henri Vernes, créé en 1953, que vous connaissez peut-être par le biais des romans ou des bandes-dessinés dont il est le héros (à défaut, vous avez peut-être entendu la chanson d’Indochine). Comme Bob Morane a exploré tous les genres possibles et imaginables, la sélection est à son image.

Et voici les lauréats pour l’année 2020 :

  • Meilleur roman francophone : Catherine Dufour, Danse avec les lutins, L’Atalante
  • Meilleur roman traduit : Martha Wells, Défaillances systèmes : journal d’un assasynth (traduit par Mathilde Montier), L’Atalante
  • Meilleur recueil de nouvelles : Christophe Corthouts, Mémoires vivaces, Évidences Editions et Bruno Pochesci, L’espace, le temps et au-delà, Flatland
  • Coup de cœur : Jean-Pierre Andrevon, Anthologie des dystopies, les mondes indésirables de la littérature et du cinéma, Vendémiaire.

Les nominés du Prix Elbakin.net 2020 :

Le prix Elbakin.net 2020 récompense, pour chacune des 4 catégories, les meilleures œuvres fantasy parues en France entre le 1er juin de l’année précédente et le 31 mai de l’année en cours. Seules les œuvres qui ont été publiées pour la première fois en France (à l’exclusion des textes publiés uniquement à compte d’auteur ou sur Internet) dans la période précitée seront examinées par le jury. Chaque catégorie est examinée par un jury de 5 personnes, composé de critiques et de membres de l’association Elbakin.net.
Et voici les titres en lice cette année :

Fantasy francophone
  • Je suis fille de rage, Jean-Laurent Del Socorro (éditions ActuSF)
  • Le Chant des cavalières, Jeanne Mariem Corrèze (éditions Les moutons électriques)
  • Thecel, Léo Henry (éditions Folio SF)
  • Un Long voyage, Claire Duvivier (éditions Aux Forges de Vulcain)
  • Yardam, Aurélie Wellenstein (éditions Scrinéo)
Fantasy francophone Jeunesse
  • Magic Charly, Audrey Alwett (éditions Gallimard)
  • Le Monde de Lléna, Fabien Clavel (éditions Rageot)
  • Dans l’ombre de Paris, Morgan of Glencoe (éditions ActuSF)
  • La Chasse fantôme, Hermine Lefebvre (éditions Scrinéo)
  • Rouge, Pascaline Nolot (éditions Gulf Stream)
Fantasy étrangère
  • Harrison Harrison, Daryl Gregory (éditions le Bélial’, traduction de Laurent Philibert-Caillat)
  • Le dévoreur de soleil, Christopher Ruocchio (éditions Bragelonne, traduction de Nenad Savic)
  • Les miracles du bazar Namiya, Keigo Higashino (éditions Actes Sud, traduction de Sophie Refle)
  • Vita Nostra, Marina & Serguei Diatchenko (éditions l’Atalante, traduction de Denis E. Savine)
  • Vorrh, Brian Catling (Fleuve Editions, traduction de Nathalie Mège)
Fantasy étrangère Jeunesse
  • Akata Witch, Nnedi Okorafor (éditions L’École des loisirs, traduction d’Anne Cohen Beucher)
  • Le Prieuré de l’Oranger, Samantha Shannon (éditions De Saxus, traduction de Benjamin Kuntze et Jean-Baptiste Bernet)
  • Thornhill, Pam Smy (éditions du Rouergue, traduction de Julia Kerninon)
  • Malamander, Les Chroniques de Sinistre-sur-Mer, tome 1, Thomas Taylor (éditions du Seuil, traduction d’Amélie Sarn)
  • L’Hôtel de la dernière chance, Nicki Thornton (éditions Michel Lafon, traduction d’Isabelle Troin).

Les finalistes des World Fantasy Awards 2020 :

Le prix World Fantasy Award, créé en 1957, récompense des œuvres de fantasy. Les lauréats sont annoncés au cours de la World Fantasy Convention, dont les participants établissent la liste des nominations, dans laquelle tranche un jury renouvelé tous les ans. Jusqu’en 2015, la récompense était une sculpture de Gahan Wilson représentant l’écrivain H.P. Lovecraft ; en raison du caractère raciste de certains de ses écrits, le trophée a été renouvelé en 2016 – et représente désormais un arbre enserrant un globe.

Meilleur roman

  • Queen of the Conquered, Kacen Callender (Orbit US)
  • The Ten Thousand Doors of January, Alix E. Harrow (Redhook ; Orbit UK)
  • The Raven Tower, Ann Leckie (Orbit US & UK)
  • Gideon the Ninth, Tamsyn Muir (Tor.com Publishing)
  • The Memory Police, Yoko Ogawa (Pantheon ; Harvill Secker)

Meilleure Novella

  • « The Butcher’s Table », Nathan Ballingrud (Wounds)
  • Desdemona and the Deep, C.S.E. Cooney (Tor.com Publishing)
  • In an Absent Dream, Seanan McGuire (Tor.com Publishing)
  • The Deep, Rivers Solomon, avec Daveed Diggs, William Hutson & Jonathan Snipes (Saga)
  • Silver in the Wood, Emily Tesh (Tor.com Publishing)

Meilleure nouvelle

  • « For He Can Creep », Siobhan Carroll (Tor.com 7/10/19)
  • « Read After Burning », Maria Dahvana Headley (A People’s Future of the United States)
  • « The Blur in the Corner of Your Eye », Sarah Pinsker (Uncanny 7-8/19)
  • « Blood Is Another Word for Hunger », Rivers Solomon (Tor.com 7/24/19)
  • « Postlude to the Afternoon of a Faun », Jerome Stueart (F&SF 3-4/19)
  • « Everyone Knows That They’re Dead. Do You? », Genevieve Valentine (The Outcast Hours)

Meilleure Anthologie

  • Echoes: The Saga Anthology of Ghost Stories, Ellen Datlow, éd. (Saga)
  • The Outcast Hours, Mahvesh Murad & Jared Shurin, éds (Solaris)
  • The Mythic Dream, Dominik Parisien & Navah Wolfe, éds (Saga)
  • New Suns: Original Speculative Fiction by People of Color, Nisi Shawl, éd. (Solaris US & UK)
  • The Big Book of Classic Fantasy, Ann VanderMeer & Jeff VanderMeer, éds (Vintage)

Meilleure série

  • Homesick, Nino Cipri (Dzanc)
  • Song for the Unraveling of the World, Brian Evenson (Coffee House)
  • Unforeseen, Molly Gloss (Saga)
  • A Lush and Seething Hell, John Hornor Jacobs (Harper Voyager US)
  • Sooner or Later Everything Falls into the Sea, Sarah Pinsker (Small Beer)

Meilleur Artiste

  • Tommy Arnold
  • Galen Dara
  • Julie Dillon
  • Wendy Froud
  • Kathleen Jennings

Prix Spécial – Professionnels

  • C.C. Finlay, pour l’édition de F&SF
  • Leslie Klinger, pour The New Annotated H.P. Lovecraft: Beyond Arkham (Liveright)
  • Ellen Oh, pour We Need Diverse Books
  • Ebony Elizabeth Thomas, pour The Dark Fantastic: Race and the Imagination from Harry Potter to the Hunger Games (New York University Press)
  • Sheree Renée Thomas, pour ses contributions au genre

Prix Spécial – Non-Professionnels

  • Bodhisattva Chattopadhyay, Laura E. Goodin & Esko Suoranta, pour Fafnir – Nordic Journal of Science Fiction and Fantasy Research
  • Michael Kelly, pour Undertow Publications et la série The Year’s Best Weird Fiction
  • Jonathan Strahan & Gary K. Wolfe, pour le podcast The Coode Street
  • Lynne M. Thomas & Michael Damian Thomas, pour Uncanny
  • Terri Windling, pour Myth & Moor

Côté ciné & séries :

Après Game of Thrones, les créateurs de la série (David Benioff et D.B. Weiss) se penchent sur l’adaptation en série de la trilogie Le problème à trois corps de Liu Cixin, pour le compte de Netflix. Affaire à suivre !

Festivals, expos & conférences :

Lumos Maxima Festival

Comme son nom l’indique, le Lumos Maxima Festival touche à l’univers Harry Potter. Il se déroulera les 19 et 20 septembre prochain, dans le Parc de l’Arbousière, à Châteauneuf-de-Gadagne, près d’Avignon (Vaucluse, France). Au programme : initiations de quidditch, escape game, conteurs, cracheurs de feu, et des intervenants comme le magicien Fabien Solaz ou la comédienne Solange Boulanger, voix française de Dolores Ombrage, qui viendra raconter son expérience au cœur de la saga. Il faudra également compter avec un quizz du combat des maisons, une chasse aux Horcruxes ainsi qu’un grand bal des Lumossiens. Infos supplémentaires ici !

Du Big Bang aux Big Bands :

Le premier festival Du big bang aux big bands s’est tenu la nuit du 27-28 juin 2020 sur youtube pour 14h de direct permettant un croisement original entre astrophysique, SF, musique, cinéma, dessins, jonglage, observations astronomiques en direct, et un live avec des astrophysiciens en Californie. La première conférence (Science et cinéma), donnée par Roland Lehoucq, est disponible sur Youtube :

Prochains rendez-vous:

  • le jour de la nuit le 10 octobre 2020
  • du Big Bang aux big bands 2ème édition les 3 et 4 juillet 2021.

Toutes les infos sur le site de la manifestation !

En route vers Dune avec Lloyd Chéry !

Le festival Les Intergalactiques, l’association culturelle Jal & Compagnie, le podcast Mana & Plasma et l’association AOA Prod organisent une rencontre avec le journaliste Lloyd Chéry autour de Dune (dont la nouvelle adaptation sort en fin d’année). L’événement a lieu en ligne sur Youtube, le mercredi 16 septembre à 20h. Toutes les infos ici.

 

Bon dimanche !