Brèves de comptoir #113

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Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : rencontre avec Brandon Sanderson !

Notez bien la date ! Elle aura lieu le samedi 22 octobre, à la librairie La Dimension Fantastique (106, rue de Lafayette, Paris 10e). Les détails (horaires et conditions d’accès à la dédicace) sont à confimer : stay tuned !

Mardi : les Sunburst Awards !

Le prix canadien récompense des romans fantastiques canadiens. Et voici le palmarès 2016 :

Prix du roman adulte : Experimental Film, Genma Files (ChiZi Publications).
Prix du roman young-adult : An Inheritance of Ashes, Leah Bobet (Scholastic Canada).
Prix de la nouvelle : « Hide & seek », Catherine McLeod (in Playground of Lost Toys, Exile Editions).

Shortlist et commentaires ici !

Mardi encore : de la SF à la bibliothèque de Charleville-Mézières !

Dans le cadre du Salon des Littératures maudites (11 et 12 septembre derniers), la médiathèque de Charleville-Mézières (place Jacques Félix) accueille une exposition sur la SF, visible jusqu’au 30 septembre.

Mardi toujours : quelle science la SF cache-t-elle ?

C’est le titre de la conversation scientifique de France Culture animée par Étienne Klein et à laquelle participe Roland Lehoucq !

Mercredi : shortlist du prix Julia Verlanger 2016 !

La fondation Julia Verlanger a été créée par Jean-Pierre Verlanger, en 1990, sous l’égide de la Fondation de France, afin de perpétuer la mémoire de son épouse (1929-1985), auteur de nombreux romans de science-fiction sous le pseudonyme de Gilles Thomas. Tous les ans, le prix récompense un ouvrage de science-fiction. Voici les titres en lice cette année, la 30e du prix :

FUTU.RE de Dmitry Glukhovsky (l’Atalante).
Le Club de Michel Pagel (Moutons électriques).
Le Club des punks et l’apocalypse zombie de Karim Berrouka (Actu SF).
La Justice de l’Ancillaire d’Anne Leckie (J’ai Lu).
Métaquine 1&2 de François Rouiller (l’Atalante).


Le lauréat (ou la lauréate) sera annoncé-e lors de la remise du prix aux Utopiales, le dimanche 30 novembre.

Mercredi encore : Scott Lynch et Bradley P. Beaulieu à Paris !

Et la rencontre se passe dans les locaux de Bragelonne (60-62 rue d’Hauteville, Paris 10e), le mardi 20 septembre, de 18h30 à 20h.

Si vous n’avez pas encore les romans, sachez que la librairie La Dimension fantastique en assurera la vente sur place.

Mercredi toujours : crowdfunding autour de Lovecraft !

Les éditions ActuSF lancent un financement participatif pour éditer Au coeur du cauchemar, d’H. P. Lovecraft. Le projet est déjà financé mais il est encore possible d’apporter votre pierre à l’édifice !

Jeudi : épisode n°1 de Procrastination !

La nouvelle émission propulsée par Elbakin.net, dont on a parlé ici, propose son premier épisode, consacré à la technique en écriture.

Jeudi encore : Mageek fanzine !

À la recherche d’un fanzine drôle et proposant de bons articles ? Notez Mageek fanzine. Cette vraie parodie des magazines féminins propose des articles de fond, tout en célébrant les figures féminines de la galaxie geek.
Le magazine aligne en moyenne 60 pages, est imprimé tout en couleurs sur du papier de qualité et paraît deux fois par an. Une bonne initiative !

Vendredi : L’Indé n°7 est en ligne !

Le magazine des Indés de l’imaginaire, sur les parutions de fin d’année, est lisible en ligne à cette adresse.

Vendredi encore : des promos !

Pour l’achat de deux titres de Pratchett de la maison d’édition L’Atalante, le roman de Terry Pratchett Le père Porcher vous est offert, durant tout le mois d’octobre !

Et vous pouvez découvrir gratuitement en ligne la nouvelle Oloh de Norbert Merjagnan. Elle fait partie du dossier L’information dans 20 ans vue par la SF de l’Ina.

 

Bon dimanche !

Le Ballet des ombres, Les Chroniques de Hallow #1, Marika Gallman.

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Abby possède le pouvoir d’absorber l’énergie des personnes qui l’entourent. Un don dont elle ignore presque tout et dont elle se sert surtout pour dévaliser des galeries d’arts. Jusqu’au jour où elle fait la connaissance d’un policier qui semble porter en lui la capacité d’annuler son pouvoir… Leur rencontre va tous les deux les propulser dans un univers qui les dépasse et leur dévoiler la face cachée de Hallow, une métropole où même les ombres peuvent vous tuer.

Dès le début du roman, Marika Gallman donne le ton : le récit est plein d’une ironie mordante. En effet, l’histoire débute un lundi matin et, comme chacun sait (et Abby plus que les autres), il se ne passe traditionnellement rien les lundis matins. Or, le concentré d’actions qui déboule dès le chapitre 2 lui donne immédiatement tort !

Marika Gallman ne laisse aucun répit à son personnage, ni à son lecteur : l’histoire est bourrée d’action, trépidante, prenante à souhait, car l’intrigue est plutôt dense. Il y a cette histoire de bijou qu’Abby, son père et son frère (cambrioleurs assermentés) sont chargés de dérober et qui s’avère être un leurre ; il y a l’incapacité d’Abby à voler l’énergie de ce policier à qui elle tente de dérober son portefeuille ; il y a, enfin, cette entité sombre qui semble vouloir prendre le contrôle de Hallow et qui va réunir ensemble tous les fils d’intrigue. Ainsi, entre les histoires de famille, les histoires de cœur et la mission de super-héros qui, subitement, échoit à Abby, on a non seulement une intrigue consistante et variée, mais aussi un rythme  palpitant.

De plus, Marika Gallman campe une galerie de personnages vraiment intéressants. Abby n’est pas une de ces mijaurées auxquelles nous a habituées la bit-lit de bas étage. C’est une jeune femme accomplie et réfléchie, que l’on suit avec un immense plaisir dans ses pérégrinations (amoureuses ou personnelles). Chris, de son côté, ne lasse pas d’étonner avec le mystère qu’il promène derrière lui – et qui n’est pas résolu en fin de roman, laissant toute latitude pour la suite ! Mais mon coup de cœur va aux personnages secondaires que son les proches d’Abby : entre son père et son frère (qui tentent de la materner mais pas trop !), aussi drôles qu’atypiques, on est servis. Et que dire de Lupita, l’employée d’Abby, sorte de condensé entre la mégère et la belle-mère horriblement autoritaire mais débordant d’un amour qui ne sait s’exprimer ? C’est, sans aucun doute, mon personnage favori du récit !

Par ailleurs, l’histoire prend place dans un univers vraiment palpitant : Hallow est une cité assez glauque, mais on arrive à percevoir l’amour que ressent Abby pour sa ville – ça a un petit côté Daredevil, avec l’amour que porte ce dernier à Hell’s Kitchen. Côté magie, les personnages qui en sont porteurs sont tous, au lieux, hautement intrigants. Le pouvoir d’Abby est déjà hyper intéressant, mais elle n’est pas la seule à être dotée de capacités spéciales. Or, tout n’étant pas expliqué, la suite promet des révélations hautes en couleurs.

En somme, voilà une série qui démarre fort bien et qui entre direct dans mon top 5 des séries de fantasy urbaine ! De plus, si ce premier tome peut se lire comme un singleton, la fin, très ouverte, promet une suite haute en couleurs – si toutefois il s’y déroule bien ce qui semble se profiler. Nul doute que je mettrai mon nez dedans à la sortie !

Les Chroniques de Hallow #1, Le Ballet des ombres, Marika Gallman. Milady, 2016, 471 p.

Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être :

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Feu, The Circle #2, Sara B. Elfgren & Mats Strandberg.

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La canicule écrase la ville d’Engelsfors, une vague de chaleur anormale étouffe la forêt environnante. Un phénomène qui inquiète les Élues, dans l’attente de la prochaine attaque des démons. Les jeunes sorcières, ébranlées par les morts qui ont marqué la communauté, doivent encore apprendre à apprivoiser leurs pouvoirs alors que tous leurs repères s’écroulent.
Et le Conseil, loin de les guider, leur intente un procès, alors qu’une étrange animosité à l’encontre des jeunes filles se répand à travers la ville comme une traînée de poudre. Cernées, esseulées, les Élues doivent faire front ensemble, mais les tensions au sein du cercle se font de plus en plus vives.

Le premier tome de cette série, publié il y a trois ans par JC Lattès sous le titre Le Cercle des jeunes élues, avait été un immense coup de cœur. L’annonce de l’arrêt de publication de la série après un seul volume avait donc été une immense déception – mon suédois étant pour le moins inexistant. Heureusement, cette série fait un tabac en Suède et a même été adaptée, donc elle vient d’être reprise par Fleuve – et en poche chez Pocket.

Et franchement, ça en valait la peine ! Il est rare que j’ai des coups de cœur sur tous les tomes d’une série mais là, ce deuxième tome semble faire exception à la règle tant j’ai été emballée par la lecture – malgré un récit au présent, malheureusement plat et lourd, ce qui dessert l’intrigue magistrale.
Feu reprend à peu près là où le premier volume s’arrêtait : c’est l’été et les élues souffrent, comme tout le monde, de l’infernale canicule qui s’est abattue sur Enfgelsfors, tout en stressant à l’idée de l’apocalypse démoniaque à venir. Les problèmes s’accumulent. L’entente entre les filles est loin, très loin, d’être cordiale : Ida est toujours à l’écart et Linnéa a perdu la confiance des autres depuis qu’elles ont découvert qu’elle était capable, depuis quasiment le début, de lire dans leurs pensées. De plus, elles ne maîtrisent toujours pas parfaitement leurs pouvoirs – Minoo ne sait d’ailleurs toujours pas quels sont les siens et s’inquiètent d’être – peut-être – la proie des démons. Or, il semblerait que l’apocalypse soit de plus en plus proche, comme en témoigne l’affliction dont souffre la forêt d’Engelsfors.
Mais tout cela n’est rien comparé aux ennuis qui tombent sur le coin de la figure des filles : le Conseil leur intente un procès en sorcellerie et la ville est subitement prise de folie sous l’influence d’un groupe de pensée positive – qui n’est rien moins qu’une secte.

Comme dans le premier tome, Mats Strandberg et Sara B. Elfgren reprennent leur recette très efficace mêlant fantastique et éléments réalistes. Les cinq filles ont toutes des problèmes d’adolescentes très concrets qui pourront parler aux lecteurs. Ainsi, l’une d’elles, confrontée à la chute brutale de sa cote de popularité, prend conscience du caractère abominable de ses amis, qu’elle avait, jusque-là, choisi d’occulter – parce qu’elle présentait le même. D’autres se découvrent des sentiments amoureux qu’elles ont du mal à accepter, pour diverses raisons. Une autre est confrontée à la dépression d’un de ses proches et à la terrifiante perspective de perdre un membre de sa famille. La dernière voit son cœur être brisé par un sombre crétin et doit également composer avec une ambiance familiale plus qu’électrique qui la mine… Tout cela s’équilibre parfaitement avec l’intrigue fantastique et mieux, les deux fils d’intrigue se nourrissent l’un l’autre, créant un récit complexe et très bien mené.

Et ce qui est intéressant, c’est que les auteurs jouent sur les genres. Le roman prend assez vite des touches de thriller survolté, alimentées par le procès – les filles tentant d’éviter à Anna-Karin une condamnation à mort – et la montée en force de la secte Engelsfors Positif. Alors que les filles refusent de céder à la propagande positiviste de la secte, on assiste à un vrai lavage de cerveau collectif. Les thèmes sont vraiment nombreux mais, comme pour les problèmes que rencontrent les filles dans leurs vies privées, ils viennent nourrir l’intrigue fantastique et l’enrichir de nombreux fils, que l’on suit tous avec autant de plaisir.

Plus on avance, plus les péripéties s’enchaînent à un rythme effréné et contribuent à créer une ambiance de plus en plus sombre. On se surprend à espérer que la situation va s’améliorer, on tremble, on apprécie l’ingéniosité des auteurs et on les déteste cordialement pour certains développements (pourtant logiques et sans doute nécessaires).

Après un excellent premier tome, les auteurs récidivent avec un deuxième tome magistral. Les 768 pages s’avalent sans barguigner, acheminant le lecteur vers un final plein de tension, qui ne fait que donner envie de lire la suite. Alors j’espère que ce nouveau départ permettra à la série de prendre son envol, afin que le troisième et dernier tome soit traduit chez nous !

◊ Dans la même série Le Cercle des jeunes élues (1) ;

The Circle #2, Feu, Sara B. Elfgren & Mats Strandberg. Traduit du suédois par. Fleuve noir (Outrefleuve), mai 2016, 768 p.

[2016] Petit bilan d’août.

Comme tous les ans, août est un mois chargé, puisqu’on célèbre l’anniversaire du blog et le Ray’s Day !
À ce propos, sachez que j’ai déjà eu des nouvelles d’un de mes livres ! Mais, à l’heure où j’écris ces mots (jeudi 1er septembre), je ne sais pas encore lequel🙂 Et ce qui est drôle, c’est que la lectrice m’annonce l’avoir trouvé aux Tuileries… où je ne suis pas allée ! J’ai donc grandement hâte de savoir de quel titre il s’agit, afin d’imaginer son parcours – je penche pour Le Jour où la guerre s’arrêta, de Pierre Bordage, déposé au square Jean XXIII, il me semble que c’est l’endroit le plus proche.

À défaut de partir en vacances, j’ai listé 10 univers livresques que j’aimerais visiter : pas de panique, si cela arrive, je ne manquerai pas d’envoyer des cartes postales !

Carnet de lectures. 

Côté romans.

⋅ Comme un livre ouvert, Liz Kessler.
Ashleigh Walker est amoureuse. Au sens le plus intense et bouleversant du terme. Un amour inconditionnel qui la consume. De quoi oublier de s’inquiéter pour ses mauvais résultats scolaires. De quoi lui faire oublier le mariage de ses parents qui s’effondre. Il y a juste une chose qui la perturbe… Pourquoi n’est-ce pas Dylan, son petit ami qui la met dans cet état, mais plutôt Mademoiselle Murray, sa prof d’anglais ?
Voilà un roman vraiment intéressant, quoiqu’un peu inégal, malheureusement, du fait de sa structure. Si la quête d’identité d’Ash est au centre de l’histoire, elle est un peu noyée dans les autres détails : ses parents divorcent, elle a quelques conflits avec sa meilleure amie, elle fait des expériences… Bref, c’est une ado normale. Or, le noyau de l’histoire n’occupe que la toute dernière partie, ce qui peut s’avérer un peu frustrant quand on s’attend à lire un roman évoquant essentiellement cette quête.
Ceci étant dit, l’auteur décrit fort bien le trouble qui étreint Ash, les questions qui la tourneboulent, la façon dont elle va tenter d’y répondre et, finalement, la façon dont elle se battra bec et ongles pour faire accepter aux autres qui elle est (de ce côté-là, elle a plutôt de la chance, d’ailleurs, même si elle doit se heurter à un de ses proches). J’ai trouvé que c’était un roman vraiment intéressant sur l’adolescence et l’homosexualité, même si j’ai regretté que le sujet vraiment central (l’homosexualité, donc) semble un peu dilué dans l’ensemble.
Comme un livre ouvert, Liz Kessler. Traduit de l’anglais par . Hugo & Cie (New way), février 2016, 312 p.

⋅ Le Voleur de chouchous, Pierre Bottero.
Juliette est bien embêtée : ses chouchous disparaissent les uns après les autres et sa maman menace, si elle en perd encore un seul, de couper ses longs cheveux ! Hors de question ! Alors Juliette fait particulièrement attention, jusqu’à ce que, malheur, son chouchou disparaisse ! Or, elle s’aperçoit assez vite que les autres filles de l’école souffrent du même problème… Le mystère s’épaissit, jusqu’à ce que Juliette entraperçoive le voleur de chouchous, une petite créature aussi étrange qu’insaisissable. Ni une ni deux, les filles montent tout un plan pour l’attraper !
Je connaissais Pierre Bottero dans les littératures de l’imaginaire, je le découvre seulement maintenant au rayon premières lectures. Et, comme toujours, il s’en sort haut la main, avec une histoire à la fois mignonne et marrante, qui dédramatise la perte des élastique à cheveux – problème récurrent que connaissent toutes les personnes portant les cheveux longs ! C’est bien écrit, le texte est court, aéré et soutenu par les illustrations de Claire Delvaux. Le petit roman sera peut-être un peu trapu pour un CP, mais devrait contenter un lecteur en CE1 ou CE2 (et plus si affinités). Une petite lecture de rentrée vraiment sympa !
Le Voleur de chouchous, Pierre Bottero. Illustré par Claire Delvaux. Rageot, 2009, 59 p.

Bulles et BD :

⋅ Enola Holmes, tome 1, La Double disparition, Serena Blasco & Nancy Springer.
Quand Enola Holmes, sœur cadette du célèbre détective Sherlock Holmes, découvre que sa mère a disparu le jour de son anniversaire, en ne lui laissant pour mot qu’un recueil sur les fleurs, et un carnet de messages codés, elle se met rapidement à sa recherche. Elle va devoir recourir à son sens de la débrouille, ainsi qu’à d’ingénieuses techniques de déguisement afin de fuir le manoir familial alors que ses deux frères se sont mis en tête de l’envoyer en pension afin de faire d’elle une vraie « Lady ». Mais rien ne la prépare à ce qui l’attend. Son chemin la conduit rapidement dans les quartiers sombres et malfamés de Londres, et elle se retrouve impliquée dans le kidnapping d’un jeune marquis. Enola arrivera-t-elle à s’en sortir seule, et continuer de suivre la piste de sa mère tout en échappant à ses deux frères?
Serena Blasco adapte les romans de Nancy Springer (que je n’ai pas lus) et, pour le peu que je puisse en juger, c’est une adaptation qui fonctionne : l’intrigue est claire et bien menée, on ne s’ennuie pas une minute et on se surprend à avoir envie de lire la suite ! Enola est une jeune fille attachante, qui a des petits airs des quatre sœurs de Malika Ferdjoukh et de Flavia de Luce ! Avec ça, les illustrations sont belles, magnifiées par des couleurs douces ; vraiment, il n’y a rien à redire, je recommande chaudement cette adaptation !

⋅ L’Homme-montagne, Séverine Gauthier et Amélie Fléchais.
Grand-père ne peut plus voyager. Les montagnes qui ont poussé sur son dos tout au long de sa vie sont devenues coupdecoeurtrop lourdes. L’heure est venue pour lui de penser à son dernier voyage, mais c’est un voyage qu’il doit faire seul. L’enfant lui fait alors promettre de ne pas partir tout de suite. Il va aller chercher pour lui le vent le plus puissant qui soit, celui qui peut soulever les montagnes.l-homme-montagne-gauthier-fléchais

En un mot ? SUBLIME. J’ai adoré cette quête initiatique profonde et poétique, tout en étant assez épique au vu des circonstances – c’est tout de même le voyage solitaire d’un enfant. Les couleurs sont hyper adaptées à l’ambiance, avec des ocres et des gris bleus magistraux. Alors certes, c’est un peu triste (il est question du décès de personnes âgées, de deuil et de se trouver soi-même) mais c’est tellement beau, bien dit et prenant que c’en est magique. Un coup de cœur !
L’Homme-montagne, Séverine Gauthier et Amélie Fléchais. Delcourt Jeunesse, 18 mai 2015, 40 p.

⋅ Alcibiade, Rémi Farnos.
En des temps reculés, un beau matin, le petit Alcibiade quitte son village d’un pas décidé et part vers l’Est à la recherche du Grand Prophète. Il veut connaître son destin… Au cours de son périple, il fera la connaissance d’Assatour, le condor, qui deviendra son fidèle ami, et d’Akim le forgeron, qui lui vendra une armure qui grandit avec son propriétaire. Il traversera la terrible chaîne de montagnes des Lapages, sera pris dans une tempête de neige, se perdra dans un labyrinthe, combattra le minotaure… et finalement deviendra un homme.
Alors ça, c’est de la BD originale !! Les illustrations sont assez petites, dans des couleurs un peu fanées (mais qui ont
tout leur charme) mais surtout, elles ne respectent pas les conventions et se jouent des cadrages et montages ! La plupart des pages aligne un quadrillage hyper régulier de cases assez triste, mais ce qui est proprement génial, c’est que le dessin se poursuit d’une case à l’autre. Du coup, il faut vraiment embrasser la page entière pour prendre la mesure des illustrations ! Lorsque le personnage chemine, il faut suivre son itinéraire (qui se joue parfois du sens de lecture) pour comprendre les enchaînements. Au premier coup, c’est déstabilisant, mais on prend vite le pli et on profite à fond du coup de génie de l’auteur !
L’histoire, de son côté offre son lot de combats épiques (récit mythologique oblige), de suspens, de questionnements et de réflexions profondes (faites comme ça, en passant, et donnant toute sa puissance au récit).
Alcibiade, Rémi Farnos. La Joie de Lire, 2015, 40 p.

Côté albums. 

⋅ Le Mystère des papas, Clément C. Fabre.


Stéphanie, Amélie et Clément ont des papas qui sont amis depuis longtemps et qui se réunissent, immanquablement, tous les vendredis. Mais que peuvent-ils bien faire le vendredi ?
Chaque enfant a sa propre théorie : il y a celui qui les voit former un groupe de stars du rock ou celui qui imagine qu’il s’agit d’un  ensemble de super-héros ! C’est parti pour l’enquête !
L’histoire est délicate, pleine d’humour, très imaginative et célèbre l’amitié solide. L’album est servi par un graphisme délicat, des aquarelles pleines de couleur, qui collent tout à fait à l’histoire. À lire dès quatre ans !
Le Mystère des papas, Clément C. Fabre. Gallimard Jeunesse, mai 2016, 28 pages. 

⋅ Au secours, la rentrée ! Éric Sanvoisin & Mylène Rigaudie. 


Aujourd’hui, Jules entre au CP, mais ça débute plutôt mal : Jules est dans une classe qui ne regroupe que des animaux. Il n’a pas du tout envie d’y rester et les animaux n’ont pas plus envie de le voir fréquenter leur classe. Ça s’annonce très compliqué…
Éric Sanvoisin et Mylène Rigaudie dédramatisent habilement ce moment horriblement stressant qu’est la rentrée, tout en transmettant une belle leçon de tolérance et d’acceptation de la différence, avec humour et subtilité !
Au secours, la rentrée ! Eric Sanvoisin & Mylène Rigaudie. ABC Melody, août 2016, 32 pages. 

Ciné & séries.

⋅ Mune, le gardien de la lune.
Je l’avais raté au cinéma mais on peut toujours compter sur la médiathèque pour des petits rattrapages de films !
L’univers de Mune compte deux peuplades : le peuple du Soleil et celui de la Lune. Les deux astres sont tirés par de gigantesques créatures, leur permettant d’accomplir leurs révolutions et apportant ce qu’il faut à la planète. Or, Mune, petit faune facétieux, est nommé par erreur gardien de la Lune, sans avoir suivi une quelconque formation que ce soit. Évidemment, il accumule les bévues et, très vite, les grosses bêtises. Ainsi, il permet – involontairement, bien sûr ! – au gardien des ténèbres de dérober le soleil. Heureusement pour lui, Sohone, gardien du Soleil et la fragile mais néanmoins volontaire Cire (au corps constitué de Cire, justement), lui apportent leur aide.
Si l’histoire est aussi simple que linéaire, c’est vraiment l’univers graphique qui fait tout le sel de ce dessin animé : c’est tout bonnement sublime, que l’on soit dans l’univers solaire ou dans l’univers solaire. L’histoire est prenante, il y a des bons sentiments et des répliques bien senties qui arrivent à point nommé : en bref, on ne s’ennuie pas un seul instant.

⋅ Quantico.
Eh bien, voilà une série que je ne regrette pas d’avoir suivi, vu le coup de cœur que ça a été ! Quantico, c’est l’histoire d’Alex Parrish, agent du FBI, qui coupdecoeurse réveille dans les décombres de Grand Central suite à un attentat terroriste… dont toutes les preuves pointent vers elle. Or, elle le sait, elle ne fait partie d’aucune cellule et elle n’a pas posé de bombe ! Mais une chose est sûre : c’est quelqu’un de sa promotion…Pour comprendre ce qui s’est passé, il faut retourner en arrière, à l’arrivée d’Alex à Quantico, l’académie de formation des agents du FBI.
La série fait donc évoluer parallèlement les deux fils narratifs : le stage d’Alex (et de sa promo) à Quantico et l’enquête-course-poursuite en cours (car le FBI adorerait se contenter de coffrer Alex pour la galerie). Résultats : 22 épisodes d’une intensité à couper le souffle, avec du suspens, des mystères, de l’humour, des histoires d’amitié (qui se font et se défont) et d’amour (même principe), des personnages intéressants et vraiment creusés et un machiavélisme à toute épreuve ! Cerise sur le gâteau : la série peut se regarder comme un one-shot, attendu que l’intrigue est bouclée à la fin de la première saison – tout en laissant une ouverture intéressante pour la deuxième, que j’attends donc avec impatience.

Tops & Flops.

le-sang-des-dieux-et-des-rois-1-eleanor-hermanLa palme du plus gros flop (depuis le début de l’année, je dirais), revient sans conteste à Le Sang des Dieux et des Rois, d’Eleanor Herman, dont aucun point n’aura su rattraper l’autre, à mon grand dam. C’est simpliste, la plume est sans saveur, la fantasy historique est maladroite et c’est truffé d’anachronismes. Voilà une série dont je m’épargnerai la suite !

Ensuite, j’ai été assez déçue par Glass Sword, la suite directe de l’excellent Red Queen, de Victoria Aveyard. L’histoire bascule dansglass-sword-red-queen-2-victoria-aveyard les poncifs les plus usés de la littérature young-adult, s’embourbe et traîne en longueur, sans jamais repartir du bon pied. C’est bien dommage, car l’univers avait franchement du potentiel. À ce stade, je ne suis même pas sûre de lire la fin.

Ceci dit, les bonnes découvertes étaient vraiment bonnes !

guerre-et-si-ça-nous-arrivait-janne-tellerTout d’abord, je voudrais vous reparler de Guerre : et si ça nous arrivait ?, un petit essai fictionnel de Janne Teller que TOUT LE MONDE devrait lire de toute urgence. Elle y évoque brillamment les problématiques liées au statut de réfugié et franchement, ça permettrait de lancer de passionnants débats et discussions avec les plus jeunes – et les moins jeunes. Un texte d’utilité publique, en quelque sorte !

Sur un thème tout aussi peu léger, mais dans un traitement qui l’est beaucoup plus, j’ai adoré etthe-memory-book-lara-avery
dévoré The Memory Book, de Lara Avery, un – énième ? – roman de sick-litt : comprenez « un roman dont un des protagonistes est très malade ». Ici, ce qui est original, c’est que le journal que tient Sam pour se rappeler de sa vie est un condensé de réflexions sur la vie, l’amour, la maladie, le reste, un journal intime, mais aussi un livre de souvenirs qui, de temps en temps, lui échappe. Le roman est triste, certes, mais c’est aussi un beau roman !

les-chroniques-de-hallow-le-ballet-des-ombres-gallmanEnfin, dans un registre vraiment plus léger, cette fois, j’ai découvert le premier tome des Chroniques de Hallow, par Marika Gallman, qui m’a sans aucun doute réconciliée avec la bit-lit (il faut dire qu’hormis deux-trois titres, je suis très difficile). L’auteur y plante une intrigue de fantasy urbaine vraiment solide, avec des personnages intéressants et un univers tout aussi prenant. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et j’attends impatiemment la suite !

Citations.

« Et si, aujourd’hui, il y avait la guerre en France … Où irais-tu ?
Si les bombes avaient détruit la plus grande partie du pays, la plus grande partie de la ville ? Si les murs de l’appartement que tu habites avec ta famille étaient percés de trous, les vitres brisées, le balcon arraché ? »
Guerre : et si ça nous arrivait ? Janne Teller.

***

« Tu devrais sortir un peu plus souvent, voir du monde, continuai-je. Tu apprendrais à quoi ressemble une personne qui s’intéresse à une autre.
– Je suis pratiquement sûr que c’est comme ça que te regarde Aaron. Et ce Will.
Je levai les yeux au ciel.
– C’est comme un frère pour moi.
Harri afficha une grimace dégoûtée.
– Le jour où je te regarderai comme ça, appelle les services sociaux, Ab’s. »

« Craig « CC » Cook, le meilleur ami de mon frère, était un banquier bien sous tout rapport de 9 heures à 18 heures. En dehors de cette plage horaire, c’était le type qui avait la descente la plus impressionnante que j’avais jamais vue, le genre de voyou bégueule avec qui les mères n’ont pas envie que leurs filles fricotent. »
Les Chroniques de Hallow, tome 1, Le Ballet des ombres, Marika Gallman.

***

« Il serait temps que le monde cesse de porter un jugement sur les gens à cause de la personne que le hasard a voulu qu’ils aiment. L’amour ne fait pas de discrimination, pas plus que la loi ne devrait en faire. Ni dans ce pays. Ni dans ce monde. Ni dans cette vie. »
Comme un livre ouvert, Liz Kessler. 

***

« Au milieu de l’après-midi, ils abordent la cité d’Halicarnasse, la porte d’entrée de la Carie. […] Dans les hauteurs qui dominent la mer, elle aperçoit un immense bâtiment, une sorte de temple doté de dizaines de colonnes posé sur un bloc taillé dans un marbre étincelant, qui donne l’impression d’avoir été édifié par un dieu. Des statues en bronze alternent avec des colonnes et défilent au bord d’un toit très pentu aux tuiles rouges. Au sommet, un chariot en bronze tiré par quatre chevaux flamboie comme un soleil ardent.
« Qu’est ce que c’est ?
– Une merveille du monde moderne : le mausolée. Bâti par la reine Artémise pour y abriter la dépouille de son mari, le roi Mausole. Tu vois les deux personnages dans ce chariot, tout là-haut ? Ce sont le roi et la reine. […] Ce monument est un poème en pierre chantant l’amour et la douleur d’avoir perdu l’être aimé. »
Le Sang des Dieux et des Rois, Eleanor Herman.

***

« Et moi qui étais contente de revoir enfin Mr Sherlock et Mr Mycroft…
Même pas un petit mot gentil pour leur mère…
Pas étonnant qu’ils ne soient pas mariés. Ils n’ont jamais pu supporter qu’une femme ait du caractère.[…]
Ce soir-là, avec tout ce que je venais d’apprendre sur Mère, je me mis à songer à elle sous un nouvel angle. C’est un peu étrange de penser à sa mère comme à une personne et non plus comme à une maman. »
Enola Holmes, tome 1, La Double disparition, Nancy Springer et Serena Blasco.

Brèves de comptoir #112

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Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !


Lundi : Laurent Genefort rafle tous les titres !

Depuis 1980, le prix Rosny aîné récompense des œuvres de science-fiction (romans et nouvelles) parues en langue française sur support papier au cours de l’année civile précédente.

Et cette année, Laurent Genefort reçoit le prix Rosny aîné 2016 dans les deux catégories (Romans et nouvelles) pour Lum’en (Le Bélial) et « Ethfrag » (in Bifrost n° 78). Félicitations !

Lundi encore : rencontre Dracula à Paris !

Elle se tiendra le 1er octobre au Café Country bar (5, rue Octave Chanute, Paris 20e), de 15h à 19h. Elle comprendra un débat sur l’oeuvre de Bram Stoker, animé par des spécialites (Alain Pozzuoli, Dominique Vibrac, Barbara Sadoul, Jacques Sirgent), suivi d’une dédicace. Toutes les infos ici.

Mardi : les lauréats du prix Elbakin.net !

Le choix a été opéré parmi des œuvres publiées entre le 1er juin 2015 et le 31 mai 2016. Et voici les heureux élus !

Meilleur roman de fantasy françaisFeuillets de cuivre, Fabien Clavel (ActuSF).
Meilleur roman de fantasy traduit : Lud-en-Brume, d’Hope Mirrless (Callidor) ; traduction de Julie Petonnet-Vincent.
Meilleur roman de fantasy jeunesse françaisLes loups chantants, Aurélie Wellenstein (Scrinéo).
Meilleur roman de fantasy jeunesse traduitUne braise sous la cendre, de Sabaa Tahir (PKJ) ; traduction d’Hélène Zylberait.

Pour l’occasion, Fabien Clavel a répondu à une interview d’ActuSF.

Mardi encore : les Dragon Awards 2016 !

Les Dragon Awards se sont créés l’an dernier, en réaction au Puppygate qui a entaché le prix Hugo. Voici les lauréats :

Meilleur roman de SF : Somewhither : A Tale of the Unwithering Realm, John C. Wright (Castalia House).
Meilleur roman de fantasy : Son of the Black Sword, Larry Correia (Baen).
Meilleur roman Young Adult / Ado : The Shepherd’s Crown, Terry Pratchett (Harper).
Meilleur roman de SF ou de Fantasy militaire : Hell’s Foundations Quiver, David Weber (Tor).
Meilleur roman de fantasy historique : League of Dragons, Téméraire #9, Naomi Novik (Del Rey)
Meilleur roman apocalyptique : Ctrl Alt Revolt !, Nick Cole (Castalia House).
Meilleur roman d’horreur : Souldancer, Brian Niemeier (auto-édition).
Meilleur Comic : Ms. Marvel
Meilleur roman graphique : The Sandman : Overture, Neil Gaiman & J.H. Williams III (Vertigo).
Meilleur série TV de SF ou de fantasy : Game of Thrones.
Meilleur film de SF ou de fantasy : Seul sur Mars. 
Meilleur jeu vidéo de SF ou de fantasy : Fallout 4, par Bethesda Softworks.
Meilleur jeu de société SF ou fantasy : Pandemic : Legacy, par ZMan Games.
Meilleure miniature SF ou fantasy /cartes à collectionner / jeu de rôle : Call of Cthulhu Roleplaying Game (7th Edition), Chaosium Inc.

Mercredi : festival de l’imaginaire à Filigranes !

La librairie de Bruxelles (39, avenue des Arts) fêtera l’imaginaire les 16 et 17 septembre. Au programme : des dédicaces, des rencontres, des tables rondes. La libraire Anne-Laure explique plus en détails le programme dans cette interview, accordée à ActuSF. Les autres infos ici !
Voici la liste des invités :
Dédicaces du vendredi 16 septembre, de 16h à 20h.
Damien Snyers.
– Stefan Platteau.
– Frédéric Livyns.
– Emilie Ansciaux.
– Sylvie Ginestet.
– Geoffroy Claustriaux.
– Vanessa Dubaniewicz.
– Philippe Sombreval.
– Delphine Schmitz.

 

Dédicaces du samedi 17 septembre, de 14h à 19h.
Damien Snyers.
– Vanessa Dubaniewicz.
– Philippe Sombreval.
– Pierre-Armand Cajot.
– Southeast Jones.
– Frédéric Livyns.
– Delphine Schmitz.
– Emilie Ansciaux.
– Sylvie Ginestet.
– Geoffroy Claustriaux.
– Bérengère Rousseau.

Mercredi encore : exposition Naïky !

Du 16 septembre 2016 au 14 janvier 2017, le Dépôt imaginaire expose les illustrations et dessins de Naïky (Fanny Liabeuf), à qui l’on doit notamment la couverture du roman Les Temps assassins, tome 1, Rouge Vertical, de Pierre Léauté (qui sort ce mois-ci aux éditions Le Peuple de Mu). Le vernissage aura lieu le samedi 17 septembre 2016, de 18h à 21h : vous pourrez y rencontrer l’illustratrice ; la rencontre sera suivie d’un apéritif, pour lequel les participants sont invités à apporter quelque chose à partager. Toutes les infos ici.

Mercredi toujours : quelle ville de SF êtes-vous ?

Voici le titre de cet amusant quizz !

Jeudi : Keleana l’assassineuse à la télé ?

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En effet, Hulu, concurrent de Netflix, est en train de développer une série s’inspirant des 5 tomes de la série fantasy de Sarah J. Maas : le scénario a été confié à Kira Snyder (qui a déjà adapté The 100, de Kass Morgan) et l’épisode pilote sera peut-être dû à Anna Foerster.

Jeudi encore : Esoterre, de David Forrest, en téléchargement gratuit !

L’auteur de thrillers revient avec une série feuilleton publiée en numérique dans la collection Snark de Bragelonne. Voici le résumé du tome 1, que vous pouvez télécharger gratuitement afin de le découvrir !

Arcames, petit village pittoresque et sans histoire… 
 Ici, l’on se tait, et l’étranger est suspect. Charles Dyer, arrivé au village sous couverture, à la recherche de la femme qu’il aime, disparue mystérieusement, n’hésitera pas à fouiller les zones d’ombres, quitte à réveiller de terrifiants et souterrains secrets.
 De leur côté, Sélène et Lucas, enquêteurs à la Cellule d’Assistance et d’Intervention en MAtière de DErives Sectaires, la CAIMADES, sont convaincus qu’une secte apocalyptique prépare l’indicible.
 Les secrets d’Arcames dépassent de loin les prérogatives de la police judiciaire, qui eux aussi ont des motivations inavouables. Traqués, menacés, passeront-ils à l’offensive ? Charles, quant à lui, a découvert l’impensable et se tient, traumatisé, au seuil d’un monde nouveau.

Jeudi encore : Tolkien !

Un poème inédit, The Lay of Aotrou and Itroun, commenté par Verlyn Flieger, paraîtra en anglais le 3 novembre 2016 chez Harper Collins ; la traduction française n’est pas annoncée mais ne devrait pas tarder.
La maison d’édition en profite aussi pour célébrer les 90 ans du Hobbit, en rééditant le 22 septembre la première édition du roman, à savoir celle qui n’a pas été remaniée pour coller au mieux avec Le Seigneur des Anneaux. Attendez-vous à quelques passages méconnus !

Jeudi toujours : les Utopiales présentées par Roland Lehoucq !

Elles se tiendront à la Cité des Congrès de Nantes du 29 octobre au 03 novembre 2016.

Vendredi : Alan Moore arrête les comics !

L’auteur, âgé de 62 ans, a annoncé qu’après les 250 pages qui restent « en lui », il arrêterait de produire des comics. Il laisse tout de même une sacré bibliographie à découvrir !

Vendredi encore : Gobledygook, un podcast d’horreur !

Neil Jomunsi vient de lancer un podcast (qui paraîtra un jeudi sur deux à 20h), dont voici le synopsis :

« Vous emménagez dans un nouvel appartement. Dans cet appartement, vous trouvez un coffre. Dans ce coffre, il y a un livre… » Découvrez le 1er épisode du podcast « Gobbledygook », dans lequel le Narrateur découvre un livre étrange aux mystérieuses propriétés…
Il y a déjà deux épisodes en ligne sur le blog dédié !

Si vous êtes plus « techniques d’écriture » que « feuilleton fantastique », vous pouvez écouter sa série Storyfication.

Vendredi toujours : prix Pierre Bottero !

C’est la deuxième année du prix qui, l’an dernier avait récompensé É-den, d’Elodie Tirel – et qui avait été remis par Erik L’Homme & Gilles Francescano.

Le prix récompense un roman des littératures de l’imaginaire pour adolescents et est décerné par les lecteurs ados de l’est lyonnais (6 collèges et 3 médiathèques, soit 200 lecteurs participent). Le prix vise 5 objectifs :
– attirer le public adolescents sur le festival
– développer la pratique de la lecture chez les jeunes
– encourager les échanges et les débats et participer ainsi à l’éducation du sens critique
– promouvoir les littératures de l’imaginaire
– créer une dynamique territoriale en établissant des partenariats avec les bibliothèques et les collèges alentours.
La sélection de 6 titres est établie par les bibliothécaire de la BM de Meyzieu parmi des romans de l’imaginaire, donc, en langue française originale, adaptés au lectorat cible du prix et remarquables par les thèmes qu’ils traitent, leur style, la cohérence, le suspense, ou l’originalité dont ils font preuve. Le prix sera remis au cours de la troisième édition des Oniriques de Meyzieu (10-12 mars 2017), en ouverture du festival, le 10 mars.
Et voici la sélection pour l’année :

Jungle park, Philippe Arnaud (Sarbacane, mai 2016 (Exprim’)).
 – Les Amants du génome, Johan Heliot (Syros, juin 2016).
 – #Bleue, Florence Hinckel (Syros, janvier 2015).
 – Le Tueur d’écume, Michel Honaker (Rageot, octobre 2015).
 – Les Mystères de Larispem, Lucie Pierrat-Pajot (Gallimard Jeunesse, avril 2016).
 – Elia, la Passeuse d’âmes, Marie Vareille (PKJ, mai 2016).

Bon dimanche !

Le Sang des Dieux et des Rois, Eleanor Herman.

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Imaginez une époque ou les dieux s’amusent des souffrances des hommes.
Ou des forces maléfiques se déchaînent aux confins du monde connu.
Ou des cendres des villes naissent des empires.
Alexandre, héritier du trône de Macédoine, est en passe de découvrir son destin de conquérant, mais il est irrésistiblement attiré par une nouvelle venue.
Katerina doit naviguer dans les eaux troubles des intrigues de la cour sans dévoiler sa mission secrète : tuer la reine.
Jacob est prêt à tout sacrifier pour gagner le cœur de Katerina. Même s’il doit pour cela se mesurer à Héphestion, tueur sous la protection d’Alexandre.
Enfin, par-delà les mers, Zofia, princesse persane fiancée à Alexandre malgré elle, part en quête des légendaires et mortels Dévoreurs d’Âmes, seuls capables d’infléchir son destin.

La fantasy historique est un de mes péchés mignons en littérature ; malheureusement, ce titre n’entrera certainement pas au panthéon des lectures du genre…

Premier point qui fâche : la narration au présent, ce qui est encore plus dommageable pour un roman se déroulant dans le passé. Comme de juste, le récit est lourd et fade – et truffé d’erreurs de syntaxe, dues à des confusions entre discours direct et discours indirect, hautement agaçantes !
D’autre part, l’auteur abuse lourdement des diminutifs pour ses personnages. Alors certes, c’est bien pratique. Mais c’est aussi parfaitement anachronique et d’autant plus malvenu lorsque le diminutif sonne nettement plus anglosaxon que… persan, par exemple (dans le cas de la princesse persane Roxane, appelée… Roxie. En toute simplicité.). Et tout cela manque tout de même de classe. Heureusement, on évite de peu le « roi Phil’ » ; mais pas le « prince Alex », malheureusement.
Ceci étant dit, tous ces diminutifs correspondent parfaitement au caractère encore foncièrement adolescent de nos personnages, dont la maturité est plus que bredouillante : entre ceux qui se boudent pour de faux prétextes et celle qui s’invente des problèmes (Katerina, pour ne pas la nommer) avant de se plaindre de la complexité de son existence, on est servis.
Cet usage va de pair avec un vocabulaire simpliste et des anachronismes incroyables, notamment dans les dialogues. Certes, les diminutifs y préparaient ; le transport à l’époque antique, à la simple lecture, est donc plus qu’ardu…Si vous aviez du Gemmell en tête, abandonnez l’idée immédiatement.

Côté intrigue, difficile de se rattraper. L’univers est assez complexe, puisque l’on doit composer avec les diverses forces en présence : Macédoniens, seigneurs ésariens (une sorte de confrérie autoproclamée rappelant douloureusement l’Inquisition) et perses – tout ce petit monde se disputant un territoire grand comme un mouchoir de poche. L’auteur prend le temps de bien dépeindre chaque partie en présence, en fournissant d’intéressants détails sur la façon dont chaque société vit et s’organise, en décrivant les lieux et les personnages. Fatalement, cela induit quelques longueurs qui, malheureusement, ne sont pas rattrapées par l’intrigue, dont le fil est d’une extrême simplicité. Or, passées les quelques péripéties qui émaillent le récit, il ne reste guère de suspens à se mettre sous la dent, les indices distillés permettant de saisir dès la première occurrence de quoi il retourne au juste. Et c’est d’autant plus vrai que nos personnages semblent bénéficier d’une chance proprement insolente : hormis Zofia à qui il arrive quelques bricoles, Katerina arpente la Carie en sifflotant et Cynané se collette joyeusement à grands coups d’épées avec des guerriers aguerris sans recevoir la moindre égratignure. À 16 ans et quand on connaît la liberté dont jouissaient les femmes dans cette aire géographique, il y a de quoi rester pantois.

De plus, l’auteur colle sur la foisonnante Antiquité un appareil magique qui manque franchement d’explications : il y a le Sang-Serpent, le Sang-Fumée, des oracles et autres pythies, des magiciens et magiciennes, des gens qui s’essaient à la magie noire, sans qu’aucun des systèmes soit expliqué ou intégré logiquement dans l’histoire… Tout cela est fort confus et colle difficilement à l’appareil proprement historique, un peu comme si les deux genres étaient incompatibles – alors que la fantasy historique propose tout de même quelques pépites.
D’autre part, ce tome étant manifestement le prologue, on a du mal à percevoir les enjeux de la présence de certains personnages : si tous ceux qui végètent dans le palais royal de Pella se croisent forcément à un moment donné, la présence de Zofia reste bien plus ambigüe – tout autant que sa quête, dont on ne sait si elle vise à éviter à la jeune fille un mariage arrangé ou si, comme l’annonce le résumé, elle consiste à aller chercher des magiciens particuliers. À cela, il faut ajouter le manichéisme qui caractérise les personnages et les développements clichés à souhait : les méchants sont très méchants, les gentils sont de sympathiques niaiseux à qui la destinée ne sourit pas. Soit.
Je passe rapidement sur l’ (les) inévitable(s) triangle(s)  amoureux, j’imagine que la seule lecture du résumé et l’annonce de la pléthore de personnages avaient vendu la mèche.

Pas de révélation, donc, avec Le Sang des Dieux et des Rois qui passera à la postérité dans la case « Oui, MAIS. » Oui, l’idée de l’intrigue est bonne mais les personnages manquant de profondeur, l’intrigue dépourvue de piquant, le manque de fluidité dans le mélange entre Histoire et fantasy et surtout – surtout !! – la plume simpliste alignant anachronismes et pauvreté stylistique, auront eu raison de ma patience. Je m’abstiendrai de lire la suite. 

Le Sang des Dieux et des Rois #1, Eleanor Herman. R. Laffont (R), avril 2016, 452 p.

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Les Filles de l’orage, Le Sang et l’Or #1, Kim Wilkins.

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Le Thyrsland va mal. Son roi, Aelthric, est dans le coma. Mais, pour l’instant, seuls ses plus proches conseillers et ses cinq filles sont au courant. Si ses ennemis venaient à l’apprendre, ce serait le chaos. Or, il semblerait que la maladie du roi n’ait rien de naturel mais, en revanche, tout de magique.
Bluebell, sa fille aînée, héritière du trône, chef des armées et guerrière prétendument invincible, décide alors de demander de l’aide à une magicienne vivant aux confins du royaume, entraînant ses quatre sœurs et leur père malade dans un périple qui est loin d’être tout repos. D’autant que chacune des sœurs dissimule un secret qui pourrait bien conduire le royaume à la ruine…

Cela faisait un moment que je n’avais pas lu un roman de fantasy qui me tienne autant en haleine !
Dès les premières pages, on plonge dans un univers plutôt rustique (même pour un univers de fantasy) que les descriptions fournies – sans être lourdes – dépeignent à merveille. Il faut imaginer des châteaux qui ont tout de grosses fermes fortifiées, organisés en longères séparées, diverses cours et bâtiments épars (cuisine, écurie, salle de réception…), bien loin, donc, de l’imaginaire des châteaux certes fortifiés, mais offrant un minimum de confort.
Autre détail qui vient trahir une certaine rusticité : la famille royale semble connaître les prénoms du petit personnel, une attitude que l’on a du mal à faire cadrer avec une famille siégeant dans un château ! D’ailleurs, le royaume se compose de bourgades, de fermes isolées et de petites villes fortifiées et l’on sent que tout cela n’est relié que par des chemins boueux et des espaces encore largement naturels. Et tout ce petit monde est aux prises avec de féroces bandes de brigands (que l’on a du mal à imaginer dans un univers plus urbanisé), aux intérêts divergents (mais visant tous à se débarrasser des puissants). Le décor est donc pour le moins pastoral – et original.
Mais il ne faudrait pas s’imaginer que décor bucolique rime avec vie idyllique. Loin de là ! Les complots politique font rage !

En effet, le Thyrsland est, en quelque sorte, la tête de proue d’une petite fédération de royaumes qui, sans former de véritable alliance, se contentent de cohabiter plus ou moins pacifiquement. Outre les habituelles querelles territoriales, il faut compter avec un litige religieux qui oppose les « païens » (dont la majorité des habitants du Thyrsland, famille royale incluse) aux adeptes de la religion trimartyre, qui ne reconnaissent que le dieu unique Maava et ont des convictions diamétralement opposées à celles qui, traditionnellement, régissaient le royaume. Ainsi, ils dénient aux femmes toute autre occupation que celles ayant trait à la cuisine ou à l’éducation des enfants – et il va sans dire que toute ressemblance avec la réalité est loin d’être fortuite ! Fatalement, la défaillance du roi tombe au plus mal, dans un contexte aussi troublé.

Ainsi présenté, on pourrait se dire que l’intrigue est plus que classique, puisqu’il s’agit seulement de sauver le roi et le royaume. Ce qui fait tout le sel du récit, ce sont vraiment ses personnages et la façon dont Kim Wilkins amène et aménage les rebondissements.
Ainsi, on suit les cinq filles, aux caractères, particularités et histoires bien différentes (et aux noms de fleurs ou de plantes). Bluebell est, en quelque sorte, le fils que le roi n’a jamais eu : elle se bat sur le terrain avec ses hommes, commande aux armées, n’a peur de rien ni de personne, manie les armes comme pas deux et s’accommoderait merveilleusement d’une vie solitaire avec son cheval et ses deux chiennes. Bref, c’est une dure à cuire – surnommée Téton d’Acier par ses adorables petites sœurs, d’ailleurs, ça veut tout dire. Pourtant, sous des dehors d’indifférence, Bluebell se montre très humaine et très concernée par le sort de son père ou de ses sœurs. Celles-ci ne le lui rendent pas toujours. Ainsi, Rose est plus obnubilée par sa romance que par le sort du royaume mais Kim Wilkins nous campe une femme tiraillée entre son cœur et son devoir, tout en montrant à quel point son propre égoïsme l’aveugle. Vraiment, l’auteur s’y entend pour trousser des personnages complexes et aux facettes multiples, c’est très agréable : car on donne difficilement tort ou raison à certaines d’entre elles, dont les dilemmes sont cornéliens.
La troisième sœur, Ash, est sans aucun doute le pendant de Bluebell. Envoyée au loin pour devenir conseillère en foi commune (un mélange aussi original qu’inédit entre prêtresse et rebouteuse), elle s’inquiète de voir ses pouvoirs grandir et devenir totalement incontrôlables. De fait, elle a vu son avenir (alors qu’elle ne devrait pas pouvoir) et sait que rien de bon ne va en sortir. Aussi craint-elle de mettre sa famille, ses sœurs et, pour finir, le royaume en danger, ce qui la pousse à caresser l’idée de s’exiler définitivement. Entre Bluebell qui doit assurer l’intérim du royaume, Rose qui met en péril le sien (elle est l’épouse d’un roi voisin) et Ash qui craint de déclencher l’apocalypse en restant, on est servis en dilemmes moraux. Ceux-ci sont à la fois bien posés et bien exploités, ce qui donne à l’intrigue beaucoup de corps, les sous-intrigues s’entrecroisant.
Il y a, enfin, les deux petites dernières, les jumelles Ivy et Willow : la première, frivole et légère, n’aspire qu’à une vie dissolue de plaisirs ; la seconde a secrètement embrassé la foi trimartyre et méprise de plus en plus les traditions familiales, mettant en péril le fragile équilibre qui, jusque-là, les maintenait tous unis.
Et ce sont leurs interactions qui sont absolument passionnantes. Comme on passe de l’une à l’autre, on connaît leurs aspirations, leurs désirs, leurs analyses sur la situation ou sur leurs propres sœurs. On décrypte les sous-textes de leurs échanges, lourds de sous-entendus, de rancœurs inavouées et d’amours inavouables (on ne peut en effet pas dire que la communication soit le point fort de la famille).

À cela s’ajoutent les bisbilles politiques qui agitent les royaumes. Le roi disparaît et Bluebell est loin de faire l’unanimité – on l’a vu, pour les trimartyrs, il est hors de question qu’une femme puisse monter sur quelque trône que ce soit et, globalement, elle enquiquine tout le monde avec son caractère de cochon et ses aptitudes au combat. Pour eux, n’importe qui plutôt que Bluebell fera l’affaire – et, de préférence, quelqu’un soigneusement placé sur le trône suite à conspirations. Elle est donc crainte, pourchassée, traquée sans relâche. Combiné à l’intrigue magique et aux autres problèmes en cours, cela donne un roman riche en poursuites, en batailles, trahisons et escarmouches jouant avec les nerfs du lecteur. Vraiment, on ne voit pas les quelques 400 pages passer tant l’ensemble est prenant et dynamique.

Dernier point, et non des moindres : le roman fait vraiment la part belle aux personnages féminins. Les cinq sœurs sont évidemment les protagonistes : elles sont guerrière, épouse, amante, mère, dévouée à la foi, amoureuse, traîtresse, magicienne, stratège… Et, évidemment, on leur demande de prouver mille fois plus de choses que si elles étaient des hommes (étonnant, non ?). Volontairement cantonnées à des rôles de seconde zone (hormis Bluebell), elles n’en portent pas moins l’écrasante pression qu’exerce sur elles un univers dominé par les hommes. Là encore, toute ressemblance avec la réalité est moins que fortuite.

Voilà un début de série du meilleur augure ! Si l’intrigue peut sembler classique, ce sont l’univers et les personnages mis en scène qui en font tout le sel. Kim Wilkins narre l’histoire de cinq sœurs prêtes à prendre leur destin et leurs armes en main, à se lancer à corps perdu dans toutes les batailles et à faire ce qu’elles pensent être juste : il va sans dire que j’ai hâte de découvrir la suite !

Le Sang et l’Or #1, Les Filles de l’orage, Kim Wilkins. Traduit de l’anglais par Nenad Savic.
Bragelonne, juin 2016, 408 p.