[2016] Petit bilan de juillet.

L’été est presque terminé, il est donc plus que temps de se pencher sur les découvertes du mois de juillet !

Carnet de lectures.

Rayon albums. 

Glouton, le croqueur de livres, Emma Yartlett (Gründ).
Voilà un superbe album !! C’est l’histoire de Glouton, un drôle de petit monstre rond, jaune et velu, pourvu de crocs très pointu et gourmand de … livres ! Glouton est infernal. Il grignote sa cage, s’échappe vers la bibliothèque, grignote les couvertures et… rentre dans les histoires ! Successivement, il ira semer la pagaille dans Boucle d’Or et les Trois ours, Le Petit chaperon rouge et Jack et le Haricot magique !
Emma Yartlett signe un super bel album, original, coloré et très inventif. D’une part, parce qu’il y a plusieurs histoires dans l’histoire (prévoyez d’ailleurs les trois autres albums !). D’autre part, sur le plan de la forme ! Il y a des découpes, des rabats et des livres de format plus petits intercalés dans l’album lorsque l’on saute d’histoire en histoire. L’histoire est truffée de références et pleine d’humour – ce qui ne gâche rien. Je recommande chaudement !

Castor-Têtu, Audrey Poussier & Jean Leroy.

Deuxième très belle découverte en albums de juillet : Castor têtu, la première aventure d’un petit Indien qui n’a pas froid aux yeux !
Castor-Têtu n’a que 5 ans. Mais il a décidé de devenir un vrai brave. Pour cela, il lui faut une plume : une plume d’aigle. Et où vit l’aigle ? Au sommet de la montagne ! Son père lui donne un arc et une flèche ; sa mère, un sac de provisions ; et le voilà parti. Son voyage ne sera pas facile, ses rencontres ne seront pas toujours heureuses… Mais le papoose porte bien son nom : personne ne peut arrêter Castor-Têtu ! Ni un aiglon affamé, ni un terrible vautour ; ni même l’aigle…


Le texte est concis et les images minimalistes mais l’ensemble est particulièrement parlant : on découvre donc très vite l’entêtement de Castor Têtu et la façon dont il va mener sa petite épreuve de courage. C’est aussi une histoire qui ne manque pas d’humour et qui met en avant la bravoure du jeune enfant. Le tout dans une maquette soignée. Castor-têtu compte déjà une 2e aventure (La Monture de Castor-Têtu) et le duo d’auteurs est en train d’en préparer une troisième !

Côté ciné.

Insaisissables #2.
Un an après avoir surpassé le FBI et acquis l’admiration du grand public grâce à leurs tours exceptionnels, les 4 Cavaliers reviennent !
Pour leur retour sur le devant de la scène, ils vont dénoncer les méthodes peu orthodoxes d’un magnat de la technologie à la tête d’une vaste organisation criminelle. Ils ignorent que cet homme d’affaires, Walter Marbry, a une longueur d’avance sur eux, et les conduit dans un piège : il veut que les magiciens braquent l’un des systèmes informatiques les plus sécurisés du monde. Pour sortir de ce chantage et déjouer les plans de ce syndicat du crime, ils vont devoir élaborer le braquage le plus spectaculaire jamais conçu.

Je me souviens avoir grandement apprécié le premier opus et le deuxième est du même acabit ! On va commencer de suite avec les petites récriminations : j’ai trouvé les explications sur la défection d’Henley plus que vague et manquant clairement de consistance, j’étais un peu déçue. De plus, ce film fait moins la part belle à la magie que le précédent, qui nous laissait parfois avec de grandes interrogations sur la nature de ce qu’on voyait. En dernier lieu, j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs dont on se serait passés. Passons donc au reste.
Comme dans le premier opus, l’histoire est délicieusement complexe : il y a des complots, des traîtres, des factions opposées et tout cela donne un écheveau que l’on a, au départ, du mal à dévider (mais c’est ce qui est bien). Si le film laisse moins de place à la magie, c’est parce qu’il met le paquet sur les explications des nombreux coups réalisés : stratagèmes, petites astuces, on découvre les dessous des cartes et c’est fantastique.
Tout cela donne un film rythmé (hormis les quelques longueurs citées plus haut) et très grand spectacle, dans lequel on ne s’ennuie pas un instant. Point bonus : l’histoire est complète, comme celle du premier et n’appelle pas nécessairement de suite (mais il pourrait y en avoir une).

Nerve, Henry Joost et Ariel Schulman, en salles françaises le 24 août 2016.
Nerve est l’adaptation d’un roman de Jeanne Ryan, paru en français sous le titre Addict (chez R. Laffont, collection R). Nerve, c’est donc l’histoire de Venus, dite Vee (interprétée par Emma Roberts), en pleine période de questionnements existentiels. Sa meilleure amie, l’infatigable (mais fatigante) Sidney (Emily Meade), lui présente alors le jeu en ligne Nerve, qui propose les options « joueur » et « voyeur ». Les seconds paient pour voir les premiers accomplir les défis qu’ils leur ont lancés. Ceux-ci doivent être impérativement filmés par le téléphone du joueur et les voyeurs peuvent commenter en direct leurs performances. Si le défi est accompli dans le temps imparti, de l’argent va au joueur. Ce n’est pas compliqué. Sidney est à fond mais, comme elle a manifestement quelque chose à régler avec Vee, elle la pousse à prendre des risques, à sortir de son image de fille sage et à jouer elle aussi. Or, pas de chance pour elle, Vee fait immédiatement des émules et commence à récolter plus de vues et plus d’argent qu’elle. D’autant que dès son premier défi (embrasser un inconnu pendant 5 secondes), le jeu la met en équipe avec le-dit jeune homme, Ian (interprété, lui, par Dave Franco).
Rapidement, les défis deviennent – au mieux – de plus en plus louches et poussent les joueurs à se surpasser. Vee, sans tenir compte des avertissements de son meilleur ami Tommy (Miles Heizer, qui interprète brillamment le geek de service sous-estimé MAIS qui va sauver les miches de tout le monde) s’engage tant et plus avec ferveur, visant rien moins que la victoire. Voilà pour un bout de résumé.

Le film ne dure qu’une heure et demie mais quelle heure et demie ! L’histoire démarre assez vite et, par un astucieux montage montrant fréquemment les actions des autres joueurs, on plonge très vite en plein suspens. Plus les défis gagnent en complexité (et stupidité), plus l’adrénaline monte : on se demande à quelles extrémités vont être poussés les personnages et s’ils vont succomber ! De plus, l’action court sur une petite journée et en majorité la nuit, ce qui renforce les impressions de brièveté et de brutalité : c’est sombre, survolté et absolument palpitant.
Par ailleurs, et c’est vraiment intéressant, le suspens concerne aussi (surtout ?) les relations entre personnages. Le film s’ouvre sur les questionnements de Vee : elle a perdu son frère, rêve d’une fac à l’autre bout du pays mais sa mère veut la voir fréquenter celle du quartier. Comment lui en parler et lui faire comprendre ce qu’elle veut ? Vee et Sidney, de leur côté, sont immédiatement présentées comme étant en légère concurrence : leur amitié est fondée sur leur complémentarité de caractère et si Sidney semble en avoir assez de la discrétion de Vee, elle digèrera aussi mal sa subite notoriété : étincelles à prévoir ! Le film développe, de fait, un arc sensé et prenant autour des relations familiales et de l’amitié.
Je n’ai pas lu Addict mais, une chose est sûre : Nerve était assez réussi pour me donner envie d’y jeter un œil et, pourquoi pas, de m’offrir une seconde séance de cinéma ! Un très bon film, donc🙂

Tops & Flops.

Juillet a été riche en belles découvertes et n’a déploré que deux lectures à regrets, à savoir :

l-assassin-qui-rêvait-d-une-place-au-paradis-jonas-jonassonL’Assassin qui rêvait d’une place au paradis, de Jonas Jonasson, en premier lieu. Si j’avais adoré son Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire et se fit la malle, son dernier roman m’a laissée de marbre : je l’ai trouvé fade à souhait et l’humour ne m’a pas déridée. Dommage.

Ensuite, De Pourpre et de Soie m’a laissée sur ma faim : le projet est très de-pourpre-et-de-soie-chamberlainintéressant, l’histoire aussi, mais le personnage d’Ada m’a semblé improbable. Difficile d’accrocher aux mésaventures de la jeune écervelée, malgré l’intérêt historique du roman.

Bon, comme je le disais, juillet a aussi été riche de très belles découvertes ! Tant et si bien que je vais en présenter quatre.

l-architective-les-reliques-perdues-mel-andoryssJe l’attendais avec impatience et le dernier roman en date de Mel Andoryss, L’Architective, n’a pas failli aux attentes que je plaçais en lui. Il était court, mais il était super prenant, avec un univers, un personnage et une intrigue hautement efficaces. L’histoire se tient en un tome mais, s’il devait y en avoir un deuxième, je serai volontiers partante !

Citations.

« Minoo croyait que ce serait différent d’avoir dix-huit ans. D’être majeure. Adulte aux yeux du monde. Mais le fait de pouvoir commander des boissons alcoolisées dans un bar est une bien maigre récompense quand vous portez le destin du monde entier sur vos épaules depuis un an et demi. »

« J’aimais Max, se dit-elle. Et je croyais qu’il m’aimait lui aussi. Je lui avais demandé d’attendre jusqu’à mes dix-huit ans. Et maintenant, je les ai et je me trouve à l’endroit où il a tenté de nous tuer. Et si Max était l’unique amour de ma vie ? Ou si j’étais condamnée à n’attirer que des tueurs aux pouvoirs surnaturels atteints de graves troubles de la personnalité ? »

« Suis-moi ! Maintenant ! rugit Tommy.
Vanessa est choquée. Normalement, la seule chose qui fait du bruit, chez Tommy, ce sont ses chemises. »

« Ida voit de minuscules éclairs éclater au niveau de ses doigts, de l’autre côté de la vitre. Elle se concentre sur cette lumière rouge clignotante, imagine que c’est l’oeil d’un monstre qui s’ouvre et se ferme en permanence. Puis les éclairs s’abattent sur le boîtier en plastique blanc. Un grésillement retentit, et un mince filet de fumée s’élève de l’alarme roussie.
Le voyant rouge ne clignote plus.
Ida agite ses mains pour se débarrasser des picotements sous les regards impressionnés de ses camarades.
– Depuis combien de temps tu arrives à faire ça ? demande Anna-Karin.
– Depuis maintenant, répond Ida. »
The Circle, tome 2, Feu, Sara B. Elfgren & Mats Strandberg.

***

« Ça va, tu te plais dans ce lycée ?
Elle a haussé les épaules.
– Je n’aime pas beaucoup la mentalité, mais ça va… Heureusement, il y a Anthony…
J’ai senti un pinçon de jalousie.
– Juste une personne, ça ne suffit pas…
– Ce n’est pas la quantité qui compte. ça ne m’intéresse pas d’avoir plein d’amis. Les seuls qui m’intéressent, ce sont ceux qui savent qu’il faut se battre pour avoir le droit d’être soi-même. »

« Dès qu’il a eu fini son dessert, papa est allé faire des réussites sur sa tablette, parce qu’il était fatigué. Il paraît qu’il en a besoin, après sa journée de travail. Faire le vide. Moi, c’est le contraire. Je voudrais faire le plein. Je ne vois pas l’intérêt d’être vide. »
Les Effets du hasardMarie Leymarie.

***

« Je veux que vous me craigniez, Bluebell, car Hakon m’a nommé le kyndrepa. Cette épée, forgée avec mon propre sang, m’a été donnée par son randrman et son nom est Griđbani. Vous savez ce que ça signifie ?
Elle écarta les bras et, avec une nonchalance exagérée, haussa les épaules.
– Je ne sais pas. Bite molle, peut-être ? »
Le Sang et l’Or, tome 1, Les Filles de l’orage, Kim Wilkins.

Dresseur de fantômes, Camille Brissot.

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Le monde avait été redessiné par une série de catastrophes climatiques, les courants marins et les vents modifiés. Les anciennes cartes devenues obsolètes, les aventuriers pouvaient renaître… Pendant des années, Théophras et Valentine ont parcouru le monde pour le compte de riches employeurs, à la recherche de trésors et de pièces rares. Jusqu’au jour où Valentine est empoisonnée par le mystérieux Collectionneur, son meilleur client. Réduite à l’état de fantôme, elle devient invisible aux yeux de tous… sauf de Théophras. Aidés par le capitaine Peck, propriétaire du plus grand bateau à aubes du monde, et par la troupe du célèbre AeroCircus, flottille hétéroclite de ballons et de dirigeables, les deux amants se lancent aux trousses de l’assassin de Valentine. D’une quête de vérité à la vengeance, il n’y a qu’un pas.
Le franchiront-ils ?

Un roman aussi court qu’enthousiasmant, c’est vraiment ce qui ressort à l’issue de cette lecture. Camille Brissot marque avec une entrée en matière très forte : un des deux personnages principaux se fait assassiner. N’ayant pas relu le résumé avant de commencer, je m’attendais donc vaguement à ce que l’histoire, au choix, opère une longue analepse nous expliquant comment on en est arrivés là, ou nous montre la quête de vengeance de Théophraste. Et, de fait, quête de vengeance il y a bien, mais sous l’égide de Valentine, qui persiste en tant que fantôme – premier point original.

L’intrigue se déroule dans notre univers, mais un monde dévasté par une catastrophe et aux contours quelque peu différents, qui laissent donc libre champ aux aventuriers et inventeurs de tout poil. On plonge donc dans un univers résolument steampunk, dans lequel il est tout à fait normal de croiser des inventions mécaniques sophistiquées côtoyant des frégates à l’ancienne ou même un cirque… composé d’une immense flotille de dirigeables. Il y a une ambiance éminemment romanesque, qui rappelle les romans d’aventure du XIXe siècle, si prenants et mouvementés.

Là-dessus se greffe donc une histoire d’amour éternel qui, alors qu’on aurait pu craindre le contraire, n’est ni mignarde ni dégoulinante. Encore une fois, on est plutôt dans un schéma type de la littérature du XIXe siècle, où l’on croise des personnages certes emportés et francs, mais aussi capables de grands sentiments l’un envers et l’autre. Dans le paysage littéraire actuel, cela change et c’est bien agréable !
De plus, les personnages ne sont pas totalement tournés l’un vers l’autre et les diverses péripéties qu’ils traversent les amènent (et le lecteur avec eux) à considérer quelques questions de fond comme les violences faites aux femmes et aux enfants, l’instinct maternel ou l’amitié.

Le roman est très court (moins de 200 pages), aussi ne se perd-on pas dans les rebondissements : la trame est assez linéaire (sans toutefois être cliché), l’intrigue bien menée, même si l’on regrettera quelques rapidités – mais qui, d’un autre côté, donnent au roman un rythme incroyablement dynamique. Le récit se dévore littéralement !

Avec Dresseur de fantômes, Camille Brissot signe donc un court roman à la délicieuse ambiance steampunk, que l’on découvre et dévore avec plaisir, en en regrettant la brièveté. Nul doute que je lirai d’autres romans de l’auteur, tant sa plume et son univers m’ont séduite. 

Dresseur de fantômes, Camille Brissot. L’Atalante, avril 2014, 192 p.

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Happy anniversary !

Aujourd’hui, pas de brèves, car on a quelque chose à célébrer !

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Et une bougie de plus, une ! Voilà qui nous amène donc à la cinquième ! (Déjà ?!).

Comme tous les ans, j’aimerais remercier celles et ceux qui prennent le temps de lire ce blog et de laisser une petite trace de leur passage ! Merci !!
Sachez que tous vos commentaires sont lus avec plaisir – et si je n’y réponds pas, voyez-y un oubli bien involontaire !

Pour marquer le coup, je vous propose donc de remporter l’un des quatre titres ci-dessous, choisis parmi des titres que j’ai fortement appréciés – récemment ou non.

***

Comment participer ?

Le concours est ouvert du 21 au 31 août 2016 minuit, à la France (sauf mention contraire). Une seule participation par foyer (même nom, même adresse). Vous pouvez miser sur tous les lots mais, si le sort vous est favorable, vous ne pourrez en gagner qu’un.
Il vous suffit de remplir le formulaire correspondant au(x) lot(s) visé(s), en indiquant bien vos coordonnées complètes (qui seront supprimées à l’issue du concours).
Si vous n’indiquez pas de pseudonyme, vous acceptez que votre nom soit cité à l’affichage des résultats. 

Il va sans dire que les participations incomplètes ne seront pas prises en compte.
Vous trouverez des indices – voire les réponses – sur le blog.

Comment sait-on qu’on a gagné – ou perdu ?

Les résultats seront annoncés à partir du 03/09, sur le blog et la page Facebook du blog, avec le prénom et l’initiale du nom des gagnants, lesquels seront tirés au sort parmi les bonnes réponses (si vous souhaitez apparaître sous pseudonyme, précisez-le dans le formulaire, avec le pseudonyme choisi).
Les lots seront envoyés dans la foulée, soit par l’éditeur, soit par mes soins (et j’en profite pour signaler qu’une quelconque faille postale ne saurait nous être imputée).

Voilà, vous êtes parés, il ne vous reste qu’à découvrir les enjeux🙂

*Lot n°1 : Le Cercle des jeunes élues, Sara B. Elfgren & Mats Strandberg*

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Engelsfors. Petite ville suédoise déprimante, entourée d’immenses forêts. C’est la rentrée, et l’année commence fort : un élève est retrouvé mort dans les toilettes. Suicide ? C’est ce que tout le monde semble croire.
Tout le monde sauf 6 jeunes filles qui, par une inexplicable coïncidence vont se retrouver en pleine nuit, en pyjama, dans le parc d’attraction désaffecté, où elles ont été mystérieusement attirées. Il semblerait qu’elles soient vouées à travailler main dans la main, si elles ne veulent pas que leur bel avenir prometteur se transforme en bref et funeste destin. Unir leurs forces est désormais leur meilleure chance de survie… et leur pire cauchemar.

À l’occasion de la sortie de l’adaptation cinématographique et de la reprise de la série chez Fleuve noir, je mets en jeu mon exemplaire de ce roman – qui fut un énorme coup de cœur il y a 3 ans, à sa première parution !

Participer pour Le Cercle des jeunes élues. 

*Lot n°2 : Dresseur de fantômes, Camille Brissot*

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Le monde a été redessiné par une série de catastrophes climatiques, les courants marins et les vents modifiés. Les anciennes cartes devenues obsolètes, les aventuriers pouvaient renaître… Pendant des années, Théophras et Valentine ont parcouru le monde pour le compte de riches employeurs, à la recherche de trésors et de pièces rares. Jusqu’au jour où Valentine est empoisonnée par le mystérieux Collectionneur, son meilleur client. Réduite à l’état de fantôme, elle devient invisible aux yeux de tous sauf de Théophras. Aidés par le capitaine Peck, propriétaire du plus grand bateau à aubes du monde, et par la troupe du célèbre AeroCircus, flottille hétéroclite de ballons et de dirigeables, les deux amants se lancent dans une impitoyable quête de vérité… et de vengeance !

Une découverte récente, mais non moins enthousiasmante !

Participer pour Dresseur de fantômes. 

*Lot n°3 : Gardien des cités perdues, tome 4, Les Invisibles, Shannon Messenger*

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Finis les cours à Foxfire et les messages énigmatiques envoyés par le Cygne Noir, Sophie rejoint enfin la mystérieuse organisation clandestine qui lui a fait voir le jour ! Accompagnée de Fitz, Biana, Keefe et Dex, elle quitte les Cités perdues pour Florence, où se trouve le premier indice qui la mènera jusqu’au repaire du Cygne Noir. Là-bas, la jeune fille espère en apprendre plus sur elle-même, mais aussi sur les Invisibles, le groupe de rebelles qui cherche à déstabiliser le monde des elfes. Pour comprendre l’étrange épidémie qui décime les gnomes, préparer l’évasion de Prentice, prisonnier d’Exil, et affronter la menace grandissante que représentent les ogres, la jeune Télépathe va devoir s’appuyer sur ses camarades et se retenir de foncer tête baissée vers le danger ! D’autant que si de nouveaux alliés apparaissent, des traîtres sortent aussi de l’ombre…

Voilà un tome que je n’ai pas encore lu, mais si vous êtes familiers de ce blog, vous savez que cette série fait partie de mes séries favorites ! Je compte donc sur l’auteur pour offrir à ses personnages toujours plus d’aventures hautes en couleur.

Participer pour Les Invisibles. 

*Lot n°4 : Les Nuits de laitue, Vanessa Barbara*

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Un premier roman coup de cœur de la rentrée littéraire 2015 !

Participer pour Les Nuits de laitue. 

 

À vous de jouer !

[Ray’s Day] BookGO !

Cette année, comme les deux années précédentes, le 22 août sera le jour du Ray’s Day (petit clic sur le mot-clef en pied de page pour voir ce que j’avais fait les autres années – mais rien de révolutionnaire par rapport à 2015).
L’initiative a été lancée par Neil Jomunsi pour célébrer la mémoire de Ray Bradbury (qui aurait fêté un nouvel anniversaire ce jour-là), mais surtout pour célébrer la lecture, les lecteurs, les livres et leurs auteurs, informellement mais toujours avec passion.

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Voici ce qu’il en dit :

« Pourquoi ne pas consacrer cette belle journée du 22 août à la lecture ? Hors de question de la décréter journée internationale de quoi que ce soit, tournons ces dérives commerciales en ridicule et profitons-en juste pour célébrer le Ray’s Day d’une manière qui aurait plu à l’auteur, comme une grande fête d’anniversaire dans le jardin avec ballons et tartes aux myrtilles.

Il s’agirait d’une journée pour fêter la lecture, quel que soit le support : pas de gue-guerre papier VS numérique ; ce qui compte, ce sont les histoires, leurs auteurs et les lecteurs. Tout le monde est invité, à condition de respecter les copains. Ensuite, hors de question d’en faire un prétexte au business et au commercial : le 22 août doit être le jour où la lecture s’offre et se partage gratuitement et librement. Les auteurs pourront poster sur leur site une nouvelle inédite, ou offrir l’un de leurs livres seulement l’espace d’une journée, ou faire une lecture sur Youtube en direct, toutes les idées les plus folles sont autorisées et même fortement conseillées. Les éditeurs, eux, peuvent également proposer l’un de leurs livres gratuitement toute la journée, solliciter leurs auteurs, offrir des goodies ou imaginer des initiatives inventives pour promouvoir l’acte de lire sans tomber dans le commercial. Les librairies et les bibliothèques pourront organiser des lectures ou des rencontres. Enfin, les lecteurs ne seront pas en reste et seront invités à partager leur livre préféré, à se raconter, à faire partager leur expérience via les blogs et les réseaux sociaux. »

Vous avez envie de participer mais vous manquez d’idées ? Allez en piocher quelques-unes ici.
Vous voulez participer ? Identifiez vos participations sur les réseaux avec le hashtag #RaysDay !

Le Ray’s Day 2016 by Encres & Calames :

Les deux années précédentes, j’avais semé des livres voyageurs et je ne compte pas changer d’idée.

Cette année, je lance donc un BookGO : sauf qu’au lieu d’aller traquer le Pokémon, vous irez chercher des bouquins à Paris – l’un n’empêchant, évidemment, pas l’autre. Avec un peu de chance, vous pourrez remplir une ou deux cases de votre bibliokédex et/ou de votre Pokédex ?

Comment ça se passe ?

À chaque dépôt, les coordonnées GPS (ou, au pire, la description de l’endroit) seront révélées sur Twitter, sur mon compte. Dans l’idéal, j’aurais aimé viser les spots Pokémonesques, mais on me souffle dans l’oreillette que c’est impossible – du moins ça l’est au moment où je prépare cet article, alors que le jeu vient seulement de sortir.

Les livres seront identifiés par un bandeau, comme l’an dernier, qui comprendra quelques mots pour évoquer l’opération, une brève description du roman et l‘âge recommandé pour les romans jeunesse. Comme l’an dernier, je noterai mon adresse e-mail pour laisser aux gens qui trouveraient mes livres la possibilité de me contacter (l’an dernier, une personne m’a recontactée suite à la découverte du Sang des papillons, de Vivian Lofiego, ça m’a fait ma journée !).

Les livres en partance :

 

Bref : ouvrez les yeux !

 

L’Assassin qui rêvait d’une place au paradis, Jonas Jonasson.

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Après trente ans de prison, Johan Andersson, alias Dédé le Meurtrier, est enfin libre. Mais ses vieux démons le rattrapent vite : il s’associe à Per Persson, réceptionniste sans le sou, et à Johanna Kjellander, pasteur défroqué, pour monter une agence de châtiments corporels. Des criminels ont besoin d’un homme de main ? Dédé accourt ! Per et Johanna, eux, amassent les billets. Alors, le jour où Dédé découvre la Bible et renonce à la violence, ses deux acolytes décident de prendre les choses en main et de le détourner du droit chemin…

Il semblerait que l’adage selon lequel les plaisanteries les plus courtes soient les meilleures prenne ici tout son sens. Autant j’avais adoré Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire et se fit la malle, autant cet opus-ci m’a laissée de marbre.
Ceci étant dit, il faut reconnaître à l’auteur son aisance marquée dans le style du polar burlesque. Ce qui blesse, c’est finalement la désagréable impression de ne lire que du réchauffé.
De fait, l’histoire est loin d’être originale vu que le même schéma se répète sans arrêt (mise en place d’une arnaque, découverte du pot-aux-roses, échappée-belle et reprise à zéro ailleurs et sous une forme sensiblement différente). Une fois, passe encore, deux, cela commence déjà à faire trop…

À cette intrigue assez peu consistante vient s’ajouter un style pauvre et des répliques manquant vraiment de mordant : le roman n’est donc ni cocasse, ni prenant.
On pourrait espérer se consoler avec les personnages mais, là encore, on fait chou blanc. Le trio n’est pourtant pas inintéressant : l’auteur y oppose le dégoût blasé pour le monde entier que ressentent Per et Johanna (et qui préside à leurs multiples arnaques) à la bêtise crasse et souvent comique d’un Dédé plus que naïf. Hormis cela… rien. Les personnages sont réduits à leurs seules fonctions, ce qui n’est guère passionnant. Du côté des personnages secondaires, pas mieux, car les opposants sont rapidement interchangeables.

Bref, on peut donc dire que la sauce n’a pas pris avec ce nouveau roman de Jonas Jonasson, qui s’avère assez décevant.  

L’Assassin qui rêvait d’une place au paradis, Jonas Jonasson. Traduit du suédois par Laurence Mennerich.  Presses de la Cité, 2016, 381 p.

Brèves de comptoir #109

brèves

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : ciné-concert Game of Thrones !

Ce ne sera pas un ciné-concert complet, la série comportant quelques 60 heures de vidéo. Ainsi, le concert proposera de visionner des extraits choisis ainsi que de nouvelles images tournées spécialement pour l’occasion ce qui devrait, selon les organisateurs, permettre de découvrir Westeros et Essos sous un jour nouveau.
La tournée aura lieu du 5 février au 2 avril 2017 aux Etats-Unis et au Canada ; c’est Ramin Djawadi, le compositeur de la série, qui officiera en tant que chef d’orchestre. Aucune information, pour l’instant, pour une éventuelle tournée européenne. Stay tuned !

Mardi : manque de diversité dans la SFFF ?

C’est, en tout cas, ce que pointent Cecily Kane et Weston Allen dans leur étude #BlackSepcFic, publiée le 26 juillet dans le magazine Fireside Fiction. Selon les résultats obtenus, les auteurs auteurs noirs de nouvelles de SF sont très peu représentés dans le milieu.
Sur 2039 fictions courtes publiées, en 2015, par 63 magazines américains, 38 seulement ont été écrites par des auteurs noirs (ce qui représente à peine 2% des histoires publiées).

Selon Brian White, directeur de la publication de Fireside Fiction, la discrimination raciale règne en maître dans l’édition. Voici ce qu’il en dit dans son édito, intitulé « Fiction, nous avons un problème : le racisme — structurel, institutionnel, personnel, universel » :

« Le domaine de la nouvelle de science-fiction et de fantasy — au moins les publications américaines, qui constituent la majeure partie du domaine —, publie rarement des auteurs noirs. […] Dans le cas peu probable où seuls 2 % d’histoires ont été soumises et écrites par des auteurs noirs, nous devons examiner le problème réel : ce racisme systématique. »

Cette analyse est corroborée par celle menée par Lee & Low Books, le plus grand éditeur pour enfants des Etats-Unis, en 2015 : ils ont constaté que 80% des personnes travaillant dans l’édition américaine étaient blanches. (Tout cela expliqué en infographie ici).
Même constat chez N. K. Jemisin, qui explique pourquoi l’autoédition a tellement le vent en poupe outre-Atlantique, notamment dans la communauté des auteurs noirs :

« Il y a un gigantesque marché de l’autopublication, contrairement à celui des auteurs noirs publiés dans les magazines. Cette tendance a augmenté dans les années 90, quand cette tendance a commencé à émerger. L’industrie de l’édition traditionnelle traite les écrivains noirs comme s’ils étaient des anomalies. »

Si l’étude concerne ici spécifiquement les littératures de l’imaginaire, il faut rappeler que le problème concerne, en fait, tous les secteurs de l’édition.

Mercredi : Narnia de retour au cinéma !

Et ce sera avec Le Fauteuil d’Argent ! Le scénario a été confié à David Magee et c’est une filiale de Sony, TriStar Pictures, qui reprend le flambeau, avec The Mark Gordon Company, The C.S. Lewis Company etEntertainment One (eOne).
Aucun réalisateur et aucun acteur n’a encore été annoncé mais on peut espérer que cet opus rendra hommage à la série, Hannah Minghella, à la tête de TriStar, ayant grandi en lisant la saga de C.S. Lewis !

Mercredi encore : la chaîne Youtube d’Anthelme Hauchecorne !

L’auteur se lance sur Youtube avec l’émission Goutte d’Encre, destinée aux auteurs et créateurs d’histoires : romanciers, rôlistes, nouvellistes, scénaristes ou vidéastes y trouveront des conseils et des témoignages. L’émission pilote et les deux premiers épisodes sont d’ores et déjà en ligne !

Jeudi : Poudlard comme si vous y étiez ! 

C’est ce que propose le site Hogwarts is here : espace pour les fans, MOOC et réseau social réunis !

Vendredi : de la traduction de Words of Radiance !

Mélanie Fazi, traductrice de Stormlight Archive, soit Les Archives de Roshar en VF, s’explique sur le challenge que représente la traduction de ce roman-univers.

 

Bon dimanche !

TTT #12 : 10 univers de livres dans lesquels vous voudriez aller.

Le T.T.T., kesskeucé ?

TopTenvendreday

Le TTT est un petit rendez-vous hebdomadaire, fixé en théorie au mardi, et qui consiste à faire un petit top 10, d’où son nom : Top Ten Tuesday. On y parle, de préférence, de sujets en rapport avec les livres ou la lecture et ce rendez-vous consiste à lister 10 points (souvent 10 titres) en rapport avec le thème donné. S’ils ont été chroniqués, un petit clic sur l’image vous mènera à la chronique.

Et donc, cette semaine-là, on planchait sur le thème suivant :

les 10 univers de livres dans lesquels vous aimeriez aller

Hoouu, difficile question ! Il y en a tellement que j’aurais aimé visiter ! Mais on va tout de même tâcher de se restreindre et, plus important, de retrouver les noms exacts !
Les titres et/ou images mènent vers les chroniques des romans concernés🙂

10. Le Londres alternatif de Gail Carriger.

londres

Le Londres altenatif de Gail Carriger illustré par REM pour la version manga !

« Toute la bonne société Londonienne considérait l’Écosse comme un endroit barbare. Là-bas, les meutes faisaient peu de cas des raffinements des gens diurnes. Les loups-garous des Highlands avaient la réputation de faire des choses atroces et totalement injustifiées, comme porter des vestes d’intérieurs à la table du dîner. Lyall frémit à cette idée délicieusement épouvantable. »

Imaginez un Londres au ciel parcouru de dirigeables, aux rues arpentées par des fiacres mécaniques, hanté par les surnaturels en tous genres : vampires, loups-garous et autres ectoplasmes divers et variés. À cela, on ajoute quelques scientifiques dévoyés, des organisations opposées, des complots et une reine Victoria s’appuyant sur un Cabinet fantôme (un loup-garou, un vampire, une Sans Âme) pour gérer ces surnaturels. Dépaysant à souhait !

9. Le Roshar de Sanderson.

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Shallan, illustrée par Michael Whelan.

Roshar, monde de pierres et d’orages. D’étranges tempêtes de pouvoirs balaient les terres accidentées tellement souvent qu’elles ont influencé l’écologie et la civilisation. Les animaux se cachent dans des coquillages, les arbres rentrent leurs branches et l’herbe se rétracte dans le sol. Les cités sont construites uniquement où la topographie offre une protection. Roshar est un univers de pierres, de vents et de tempêtes d’une violence inouïe. S’y côtoient différents royaumes, peuples et civilisations avec des coutumes et conceptions bien différentes, que Sanderson nous fait découvrir avec un luxe de détail.
Alors si les tempêtes majeures ne me font guère envie, je découvrirai avec plaisir comment ces différents peuples cohabitent et je me perdrai avec plaisir dans les méandres des sociétés inventées par le prolifique Sanderson !

8. Troie (dans la version de David Gemmell).

Ulysse, vu par Peter Tikos & Richard Varas pour l’édition VO.

« « Si je m’endors, je meurs. »
Gershom resta donc obstinément accroché à son morceau de bois, secoué par la mer en furie, assourdi par le tonnerre et aveuglé par les éclairs. Une autre vague le souleva et emporta son précaire radeau dans un tourbillon effarant qui faillit lui faire lâcher prise. Il serra plus fort et sentir des échardes s’enfoncer dans ses mains ensanglantées, pendant que l’eau salée brûlait ses yeux gonflés. »

Autour de la Grande Verte, on se prépare à se faire la guerre et Hélène de Sparte n’est guère plus qu’un vague prétexte, partie qu’elle est, des années plus tôt, avec le beau Pâris.
Gemmell embrasse L’Iliade et L’Odyssée et donne corps aux personnages inventées par Homère. C’est épique, prenant, brillant et ça m’a donné envie de visiter les lieux comme d’embarquer avec Hélicon ou Ulysse (voire les deux) !

7. « For corners of civilization » par Patrick Rothfuss.

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Vu par Marc Simonetti !

« Les étudiants plus aguerris connaissaient bien entendu des raccourcis, et par quelle salle de classe couper pour atteindre leur destination.
Une des cours s’étaient trouvée complètement isolée et la seule façon d’y accéder consistait à passer par une fenêtre. Selon la rumeur, des salles auraient été entièrement murées et certaines avec des étudiants à l’intérieur. Les fantômes de ces derniers hantaient prétendument les couloirs la nuit, en se lamentant sur leur sort et se plaignant de la nourriture du Mess.»

S’il ne fallait choisir qu’un seul des lieux que Kvothe arpente sous la plume de Rothfuss, ce serait bien l’Université, rien que pour le plaisir d’arpenter ses immenses bibliothèques, ses cours, ses salles de classes et, bien sûr, ses toitures qui recèlent mille secrets.

6. Le Japon féodal des Otori.

« Après le souper, quand on eut emporté les plateaux, nous restâmes assis devant la fenêtre ouverte tandis que la nuit s’obscurcissait. Dans le jour finissant, sire Otori pointa le doigt vers le fond du jardin. Par une ouverture basse percée dans le mur d’enceinte, le torrent aux mille cascades se jetait dans le fleuve coulant de l’autre côté. Les eaux du fleuve mugissaient sans interruption et leur masse gris-vert remplissait l’ouverture comme un écran peint.
– Il fait bon rentrer chez soi, dit-il d’une voix paisible. Mais de même que le fleuve est toujours à notre porte, le monde nous attend toujours dehors. Et c’est dans le monde que nous devons vivre. »

Bon, en fait, j’ai envie d’aller au Japon. Mais c’est à cause du Clan des Otori de Lian Hearn (une série que je l’aime d’amour. Info bonus : l’auteur publie 4 tomes dans le même univers cette année !) ! Alors même si je sais que c’est de la fiction, j’aimerais aller voir écouter un parquet du rossignol (il y en a un au château de Nijō à Kyoto), voir les cascades au pied de la demeure de Shigeru, visiter les villages secrets de la Tribu et des invisibles, tout en appréciant les cerisiers en fleurs. Je sais, j’en demande beaucoup.

5. Les Royaumes du Nord et autres de Philipp Pullman.

Variation sur les Royaumes du Nord, par Tobias Trebeljahr.

« La lune s’était couchée entre-temps, et le ciel, au sud, était d’un noir absolu, malgré les milliards d’étoiles qui le parsemaient, tels des diamants sur un drap de velours. Mais leur éclat ne pouvait rivaliser avec l’Aurore. Jamais Lyra ne l’avait vue aussi brillante, aussi dramatiquement belle ; à chaque saccade, chaque tremblement, de nouveaux miracles flamboyants dansaient dans le ciel.
Derrière ce voile de lumière qui ne cessait de changer, cet autre monde, cette cité baignée de soleil apparaissait, nette et réelle. »

Alors là, c’est un peu comme avec Rothfuss, il faudrait ne choisir qu’un lieu. Mais entre l’Oxford de Lyra, le pôle, les barques de John Fa, les antres sorcières et les mille autres lieux merveilleux tout droit sortis de l’imagination de Philip Pullman, impossible de trancher. J’aimerais aller partout !

4. Anima, la Citacielle, les Pôles.

« On dit souvent des vieilles demeures qu’elles ont une âme. Sur Anima, l’arche où les objets prennent vie, les vieilles demeures ont surtout tendance à développer un épouvantable caractère.
Le bâtiment des Archives familiales, par exemple, était continuellement de mauvaise humeur. il passait ses journées à craqueler, grincer, à fuir et à souffler pour exprimer son mécontentement. Il n’aimait pas les courants d’air qui faisaient claquer les portes mal fermées en été. Il n’aimait pas les pluies qui encrassaient sa gouttière en automne. Il n’aimait pas l’humidité qui infiltrait ses murs en hiver. Il n’aimait pas les mauvaises herbes qui revenaient envahir sa cour chaque printemps.
Mais, par-dessus tout, les bâtiment des Archives n’aimait pas les visiteurs qui ne respectaient pas les horaires d’ouverture.
C’est sans doute pourquoi, en ce petit matin de septembre, le bâtiment craquelait, grinçait, fuyait et soufflait encore plus que d’habitude. Il sentait venir quelqu’un alors qu’il était encore beaucoup trop tôt pour consulter les archives. Ce visiteur-là ne se tenait même pas devant la porte d’entrée, sur le perron, en visiteur respectable. Non il pénétrait dans les lieux comme un voleur, directement par le vestiaire des Archives.
Un nez était en train de pousser au beau milieu d’une armoire à glace.
Le nez allait en avançant. Il émergea bientôt à sa suite une paire de lunettes, une arcade sourcilière, un front, une bouche, un menton, des joues, des yeux, des cheveux, un cou et des oreilles. Suspendu au milieu du miroir jusqu’aux épaules, le visage regarda à droite, puis à gauche. La pliure d’un genou affleura à son tour, un peu plus bas, et remorqua un corps qui s’arracha tout entier de l’armoire à glace, comme il l’aurait fait d’une baignoire. Une fois sortie du miroir, la silhouette ne se résumait plus qu’à un vieux manteau usé, une paire de lunettes grises, une longue écharpe tricolore.
Et sous ces épaisseurs, il y avait Ophélie. »

« Le dirigeable s’éloigna et Anima apparut entièrement encerclée par une ceinture de nuages, suspendue en l’air. Plus ils prenaient de la distance, plus elle ressemblait à une souche de terre et de gazon qu’une pelle invisible aurait arrachée à son jardin. C’était donc cela, une arche vue de loin ? Cette petite motte perdue au milieu du ciel ? Qui pourrait imaginer que des lacs, des prairies, des villes, des bois, des champs, des montagnes, des vallées s’étendaient sur ce ridicule pan de monde ? »

Les citations sont un peu longues, mais j’ai trouvé qu’elles embrassaient à merveille la réalité d’Anima – à défaut du Pôle, de la Citacielle et des innombrables autres arches que l’on peut croiser dans l’univers loufoque mais attachant de Christelle Dabos. Dans cet univers, donc, la Terre est éclatée en petites arches, sur lesquelles chaque famille a développé un pouvoir particulier – en rapport avec les objets, concernant l’arche d’Ophélie. Entre ça et l’architecture délirante – sans parler des habitants totalement foutraques – je pense qu’il y a de quoi s’amuser !

3. Ingary.

Le Château Ambulant vu par Ilona Tsymbal.

« Sophie s’attarda un moment à contempler le paysage des collines qui défilait lentement, la bruyère qui glissait sous le seuil. Le vent soufflait dans ses fines mèches de cheveux blancs. Elle écouta grincer et gronder les énormes moellons noirs du château en mouvement. Puis, elle referma la porte et se posta à la fenêtre. Et elle revit l’image du port de mer. Ce n’était pas une image de papier. Juste en face, une femme avait ouvert sa porte et balayait la poussière dans la rue. »

Allez, j’avoue, si j’ai envie de visiter Ingary, c’est aussi et surtout dans l’espoir d’y croiser le château ambulant de Hurle ! Surtout parce que celui-ci a la possibilité de lier entre elles les dimensions avec ses portes magiques. En plus, reconnaissez que c’est nettement plus sympa (et classe, au passage) que le train ou la voiture, un château qui marche !

2. Poudlard et l’univers d’Harry Potter. 

poudlard

On s’y attendait, hein ? Mais bon, que voulez-vous, les châteaux tortueux ont toujours été mon petit plaisir et je dois dire que les innombrables tours (dont celle consacrée à l’astronomie) de Poudlard ont toujours attisé ma curiosité. Sans compter les endroits sans aucun doute fabuleux que sont le Chemin de Traverse, la maison des Weasley, le 12, square Grimaud, la Forêt Interdite et j’en passe !

1. Gwendalavir.

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« Lorsque la piste du Nord, au sommet d’un col, révéla la capitale, Mathieu poussa un cri. Il avait arrêté son cheval et se tenait droit, comme pétrifié, la bouche à moitié ouverte, les yeux écarquillés, Camille, qui avait attendu cet instant avec impatience, se délecta de sa surprise.
La porte d’améthyste s’ouvrait à quelques centaines de mètres d’eux, et la cascade qui ruisselait devant elle nimbait les environs d’une lumière violette féerique. »

Gwendalavir, ses boletus edulis de bords de chemins, ses trolls, ses chevaliers en armure, ses T’sliches ! Mais aussi les Dentelles vives, l’Oeil d’Otolep, les Frontières de Glace, le Désert des Mumures, la Forêt-Maison des Petits… l’univers de Pierre Bottero fourmille de trouvailles et de lieux proprement enchanteurs.
Et encore plus lorsqu’on s’aperçoit que L’Autre et Les Âmes Croisées se déroulent dans le même univers étendu !

Et vous, quels univers aimeriez-vous visiter ?