Brèves de comptoir #142

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Double ration de brèves, ce dimanche, vu qu’il n’y en a pas eu la semaine dernière – Imaginales obligent.

Lundi : un tas de prix !

Les finalistes des Locus Awards !

Les lauréats seront annoncés au Locus Awards Seattle, le week-end du 23 au 25 juin 2017. Et voici les titres en lice (de quelques catégories) :

Science-fiction :

Company Town, Madeline Ashby (Tor)
The Medusa Chronicles, Stephen Baxter & Alastair Reynolds (Gollancz ; Saga)
Take Back the Sky, Greg Bear (Orbit US ; Orbit UK)
Visitor, C.J. Cherryh (DAW)
Babylon’s Ashes, James S.A. Corey (Orbit US ; Orbit UK)
Death’s End, Cixin Liu (Tor ; Head of Zeus)
After Atlas, Emma Newman (Roc)
Central Station, Lavie Tidhar (Tachyon)
The Underground Railroad, Colson Whitehead (Doubleday ; Fleet)
Last Year, Robert Charles Wilson (Tor)

Fantasy :

All the Birds in the Sky, Charlie Jane Anders (Tor ; Titan)
Summerlong, Peter S. Beagle (Tachyon)
City of Blades, Robert Jackson Bennett (Broadway)
The Obelisk Gate, N.K. Jemisin (Orbit US ; Orbit UK)
Children of Earth and Sky, Guy Gavriel Kay (NAL ; Viking Canada ; Hodder & Stoughton)
The Wall of Storms, Ken Liu (Saga ; Head of Zeus)
The Last Days of New Paris, China Miéville (Del Rey ; Picador)
The Winged Histories, Sofia Samatar (Small Beer)
The Nightmare Stacks, Charles Stross (Ace ; Orbit UK)
Necessity, Jo Walton (Tor)

Horreur :

The Brotherhood of the Wheel, R.S. Belcher (Tor)
Fellside, M.R. Carey (Orbit US ; Orbit UK)
The Fireman, Joe Hill (Morrow)
Mongrels, Stephen Graham Jones (Morrow)
The Fisherman, John Langan (Word Horde)
Certain Dark Things, Silvia Moreno-Garcia (Dunne)
HEX, Thomas Olde Heuvelt (Tor ; Hodder & Stoughton)
The Family Plot, Cherie Priest (Tor)
Lovecraft Country, Matt Ruff (Harper)
Disappearance at Devil’s Rock, Paul Tremblay (Morrow)

Young-adult :

Crooked Kingdom, Leigh Bardugo (Holt)
The Girl Who Drank the Moon, Kelly Barnhill (Algonquin)
Lois Lane : Double Down, Gwenda Bond (Switch)
Truthwitch, Susan Dennard (Tor Teen ; Tor UK)
Poisoned Blade, Kate Elliott (Little, Brown)
Burning Midnight, Will McIntosh (Delacorte ; Macmillan)
Goldenhand, Garth Nix (Harper ; Allen & Unwin ; Hot Key)
Revenger, Alastair Reynolds (Gollancz ; Orbit US ’17)
This Savage Song, Victoria Schwab (Titan ; Greenwillow)
The Evil Wizard Smallbone, Delia Sherman (Candlewick)

Premier roman 

The Reader, Traci Chee (Putnam)
Waypoint Kangaroo, Curtis Chen (Dunne)
The Star-Touched Queen, Roshani Chokshi (St. Martin’s)
The Girl from Everywhere, Heidi Heilig (Greenwillow ; Hot Key)
Roses and Rot, Kat Howard (Saga)
Ninefox Gambit, Yoon Ha Lee (Solaris US ; Solaris UK)
Arabella of Mars, David D. Levine (Tor)
Infomocracy, Malka Older (Tor.com Publishing)
Everfair, Nisi Shawl (Tor)
Vigil, Angela Slatter (Jo Fletcher)

Novella :

The Lost Child of Lychford, Paul Cornell (Tor.com Publishing)
The Dream-Quest of Vellitt Boe, Kij Johnson (Tor.com Publishing)
Hammers on Bone, Cassandra Khaw (Tor.com Publishing)
The Ballad of Black Tom, Victor LaValle (Tor.com Publishing)
Every Heart a Doorway, Seanan McGuire (Tor.com Publishing)
This Census-taker, China Miéville (Del Rey ; Picador)
The Iron Tactician, Alastair Reynolds (NewCon)
The Dispatcher, John Scalzi (Audible ; Subterranean 2017)
Pirate Utopia, Bruce Sterling (Tachyon)
A Taste of Honey, Kai Ashante Wilson (Tor.com Publishing)
Les autres finalistes sont visibles ici.
Les deux sélections suivantes ont été remises au titre de l’année 2016 et ont été annoncées le 20 mai 2017, durant la conférence SFWA Nebula Conference à Pittsburgh.

Les lauréats du Prix Analog :

Meilleure Novella : The Coward’s Option, Adam-Troy Castro
Meilleure Novelette : Detroit Hammersmith : Zero-Gravity Toilet Repairman [Retired], Suzanne Palmer
Meilleure nouvelle : In the Absence of Instructions to the Contrary, Frank Wu
Meilleur article : Energy for the Future, Richard A. Lovett
Meilleur poème : Somebody I Used to Love Asks Me Who Marie Curie Is, Carly Rubin
Meilleure couverture : December 2016 by Vincent DiFate.

Les lauréats du Prix des lecteurs d’Asimov’s :

Best Novella : Lazy Dog Out, Suzanne Palmer
 Best Novelette : I Married a Monster from Outer Space, Dale Bailey
 Best Short Story : Ex aequo : The Mutants Men Don’t See, James Alan Gardner et All That Robot . . ., Rich Larson
 Best Poem : After, Herb Kauderer
 Best Cover Artist : Donato Giancola

Les finalistes du prix Hugo :

Créé en 1953, le prix Hugo (Hugo Award, officiellement intitulé Science Fiction Achievement Award jusqu’en 1992) est un prix littéraire américain. C’est la World Science Fiction Society qui le décerne chaque année aux meilleurs récits de science-fiction ou de fantasy de langue anglaise publiés l’année précédente – ainsi qu’à diverses autres catégories d’objets ou d’événements, comme les fanzines ou les productions cinématographiques ou éditoriales. Les votes sont encore ouverts – jusqu’au 15 juillet 2017.

La longue liste est à découvrir sur le site du prix Hugo.

Les finalistes du prix John Campbell :

Créé en 1973 par Harry Harrison et Brian Aldiss, le prix  prix John Wood Campbell Memorial est un prix littéraire récompensant des œuvres de science-fiction parues l’année précédente. Il est attribué par un comité composé de juges professionnels et a été créé en hommage à l’écrivain John W. Campbell, qui fut également l’éditeur du magazine Astounding Science Fiction – jusqu’à son décès en 1971.
Fun fact : en 1976, le jury décréta qu’aucun roman paru l’année précédente ne méritait le prix : il fut donc exceptionnellement décerné de manière rétrospective à une œuvre publiée en 1970 (L’Année du soleil calme., Wilson Tucker).

Et voici les auteurs finalistes de l’année :

– Sarah Gailey
– J. Mulrooney
– *Malka Older
– Ada Palmer
– *Laurie Penny
– *Kelly Robson.

Les personnes dont le nom est précédé d’une astérisque sont dans leur deuxième année d’éligibilité. Plus d’infos ici.

Le palmarès du GPI !

Le GPI, qu’est-ce que c’est ? Le Grand Prix de l’Imaginaire (ou GPI) récompense, dans 12 catégories différentes, des œuvres de l’imaginaire depuis 1992 ; le prix existe en fait depuis 1974 mais se concentrait alors sur la SF. La remise du prix aura lieu, comme les années précédentes, dans la Maison de l’Imaginaire pendant le festival Saint-Malo Étonnants Voyageurs, le 4 juin 2017, vers 18 h.

Roman francophone : Latium, tomes 1 & 2, Christian Lucazeau (Denoël).
Roman étranger : Frankenstein à Bagdad, Ahmed Saadawi (Piranha).
Nouvelle francophone : La Cité des Lamentations (recueil) de Paul Martin Gal (Nestiveqnen).
Nouvelle étrangère : Un Pont sur la brume de Kij Johnson (Bélial’).
Roman jeunesse francophone : Scorpi, tomes 1 à 3 de Roxane Dambre (Calmann-Lévy).
Roman jeunesse étranger : La Fille qui navigua autour de Féérie dans un bateau construit de ses propres mains & La fille qui tomba sous Féerie et y mena les festoiements de Catherynne M. Valente (Balivernes).
Prix Jacques Chambon de la traduction : Patrick Marcel pour Les Chroniques du Radch, tomes 1 à 3 d’Ann Leckie (Nouveaux Millénaires).
Prix Wojtek Siudmak du graphisme : Laura Vicédo, Marion et Philippe Aureille pour BOXing dolls de Pierre Bordage (Organic).
EssaiDu yéti au calmar géant. Le bestiaire énigmatique de la cryptozoologie de Benoît Grison (Delachaux et Niestlé).
Prix Spécial : Hélène Collon et Nouveaux Millénaires pour la publication de L’Exégèse de Philip K. Dick.

Tous les titres présélectionnés sont visibles ici.

Mardi : Table Ronde Intergalactique #4 !

Durant les Intergalactiques 2017, les tables rondes ont été captées et voici la troisième, qui aborde le thème de la figure du héros et du discours politique dans la science-fiction.
Etaient réuni.es autour de la table : Catherine Dufour, Léo Henry, Ketty Steward, Li Cam, Laurent Kloetzer & Karim Berrouka, sous la houlette de modérateur de Robin Michel du collectif Piratons-2017.

Mardi encore : L’Assassin Royal en deux minutes !

C’est un article proposé par Khalil du site 20minutes !

Mardi toujours : La Horde du Contrevent en musique !

Vous connaissez peut-être la bande-son signée Arno Alyvan ici (disponible ) mais, cette fois, il est question de tout autre chose ! On parle de performance scénique complexe et, osons-le dire, extraordinaire, de la Compagnie IF : dix heures de musique non-stop, par quatre musiciens, avec des instruments hors-norme construits pour l’occasion et une performance orientée par la récolte en temps réel de données sur la salle.
La première a eu lieu à Genève, le 21 mai, à l’espace culturel L’Abri – la rubrique « Ils sont passés par l’Abri », sur le site, contient quelques renseignements quant à la performance. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le projet du financement participatif (réussi et donc clos) ou bien le passionnant article que Saint-Épondyle leur a consacré.

Mercredi : The Witcher adapté sur Netflix ?

Le bruit court que Netflix a le projet d’adapter la série d’Andrzej Sapkowski, Le Sorceleur – qui comporte 3 romans, adaptés dans une série de jeux vidéo à succès, The Witcher. L’auteur serait d’ailleurs consultant créatif ! Stay tuned !

Mercredi encore : une éditrice à la Culture !

Il ne vous aura sans doute pas échappé qu’une élection présidentielle vient d’avoir lieu et, qui dit élections, dit nouvelle nomination du gouvernement. Et pour une fois, on dirait bien que quelqu’un du métier (ou du moins, d’un des métiers), sera en poste, puisque c’est Françoise Nyssen, éditrice d’Actes Sud, qui a posé ses valises au Ministère de la Culture et de la Communication. On lui souhaite le meilleur !

Mercredi toujours : un prix Lire en Poche imaginaire !

Chaque année, 4 prix sont remis durant la soirée d’ouverture de Lire en Poche : le Prix de littérature française, le Prix de littérature adulte, le Prix de littérature jeunesse et le Prix Sud Ouest / Lire en poche du polar (en partenariat avec Sud Ouest Dimanche). En 2017 s’ajoute exceptionnellement un Prix des Littératures de l’imaginaire, qui vient faire écho au thème de l’année : Pouvoirs de l’imagination. C’est donc un prix éphémère. Les lecteurs sont invités à voter pour leur auteur favori et tenter de remporter une sélection de 15 titres.
La sélection a été établie avec le concours des éditeurs, à raison de 2 à 4 auteurs par maison d’édition et regroupe des auteurs de l’imaginaire publiés au XXe siècle.

Voici les auteurs en lice :
Isaac Asimov
Ray Bradbury
Arthur C. Clarke
Philip K. Dick
Robert A. Heinlein
Franck Herbert
Stephen King
H. P. Lovecraft
Michael Moorcok
Terry Pratchett
J.R.R. Tolkien
Plus d’infos ici (site en maintenance à l’heure où je boucle ces brèves).

Jeudi : scénariser en jeu de rôle et en littérature !

C’est le titre de la rencontre organisée par Olivier Caïra avec le CRAL (Centre de Recherches sur les Arts et le Langage) et c’est à visionner ci-dessous :

Jeudi encore : Hero Corp, la série aux fans en or !

Et c’est un article à lire sur 20minutes.
La cinquième et dernière saison de la série vient de débuter sur France 4.

Jeudi toujours : Le Noir est ma couleur est au théâtre !

La troupe des Commissaires a adapté le roman d’Olivier Gay – que je vous recommande chaudement si vous ne l’avez pas encore lu – sous la houlette de Matthieu Regnaut. La pièce a été créée dans le cadre du Salon du Livre Jeunesse de Lectoure 2017. Les trois comédiens professionnels sont accompagnés par un groupe de jeunes (et moins jeunes) amateurs du Gers. Un petit extrait à visionner ici !

Vendredi : appels à textes chez Arkuiris !

Villes du futur :

Les éditions Arkuiris lancent un appel à textes pour constituer une anthologie sur le thème : « Dans les Villes du futur ». Elle sera dirigée par Yann Quero, et réalisée en partenariat avec le Prix « Écrire la ville » et le laboratoire CNRS LISST-CIEU :
Les villes sont des lieux de prédilection pour le déploiement d’un imaginaire sur des futurs envisageables, probables ou redoutables. Ce sont aussi les cadres de nombreux projets utopiques et de représentations de l’humanité en train d’advenir.
Elles sont l’un des thèmes fondamentaux des romans de science-fiction, qui oscillent entre le chaos des bas-fonds et le faste des cités impériales galactiques. Les plus grands auteurs les ont décrites de « IGH » de Ballard à « La ville est un échiquier » de John Brunner pour les romans, ou de « Blade Runner » (tout de même inspiré du roman « Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? » écrit par Philip K. Dick) à « Dark City » pour les films.
Les romans policiers ont également profondément contribué à faire émerger le thème de la ville et à en renouveler les perspectives. On sait par exemple la dette que l’on a vis-à-vis d’Arthur Conan Doyle, de Raymond Chandler ou de James Ellroy dans la connaissance parfois intime de cités comme Londres à la fin du XIXe siècle ou de Los Angeles dans les années 1930 ou 1950, tant les personnages qu’ils ont créés se fondent dans le décor de leur ville, en exprime l’humeur, parfois la violence et les contradictions…
À côté de ces deux genres littéraires que l’on pourrait qualifier d’évidents dès lors qu’il est question de ville, il serait souhaitable de mentionner un genre beaucoup plus contemporain, celui auquel le Prix « Ecrire la ville » s’efforce de rendre hommage depuis deux ans : les récits de déambulation urbaine, fourmillant de détails, livrant une perspective sensible, subjective…Objectif : imaginer des histoires qui se déroulent dans les cités du futur, sur Terre ou ailleurs ou dont le sujet est les cités du futur. Mais attention, la ville ne devra pas être un simple « décor », au contraire, il devra s’agir d’un élément fondamental ou en tout cas majeur de l’intrigue.
Tous les genres littéraires sont acceptés : science-fiction, fantastique, polar, mais aussi fictions contemporaines…
Les textes devront être inédits, y compris sur le Web. Un seul texte pourra être déposé par auteur.
 Vous pouvez soumettre vos textes jusqu’au dimanche 15 octobre, minuit (Fichiers sous format .doc ou .docs). Les textes n’excèderont pas les 50 000 signes max (espaces comprises) et devront être envoyés à : <appelsarkuiris@gmail.com>

Dyslexies :

Les dyslexies sont des troubles du langage écrit qui touchent entre 5 et 8 % de la population.
Les enfants porteurs de dyslexie ne parviennent pas à apprendre à lire normalement. Ils ont besoin de rééducations orthophoniques pour s’en sortir à l’école, et ne pas tomber dans l’illettrisme. Ils deviennent des adolescents et des adultes qui lisent lentement, avec des efforts importants, et qui gardent une orthographe très problématique.
Ces enfants et adultes dyslexiques sont aussi intelligents et curieux que d’autres, parfois beaucoup plus imaginatifs et artistes. Ils peuvent figurer en bonne place dans la littérature, dans des fictions de tous genres, avec leurs difficultés et leurs atouts dignes d’être romancés.
En tant que personnages, ils peuvent même donner envie de lire à ceux qui restent parfois à l’écart des livres.
Leurs aventures nous intéressent. Si ces personnes dyslexiques, enfants, ados ou adultes, vous inspirent, envoyez-nous votre histoire, afin de faire vivre dans la littérature celles et ceux pour qui les lettres sont un obstacle à franchir, un défi parfois douloureux.
La dyslexie devra être un élément important de l’histoire et non seulement anecdotique ; les textes pourront participer de différents genres (science-fiction, mais aussi fictions contemporaines, témoignages romancés, fantastique, polar…).
L’éditeur privilégie les textes inédits mais, pour cet appel, pourra accepter des textes déjà publiés (à préciser dans l’envoi). Une exclusivité de soumission sera demandée (les textes qui seront soumis à cet appel ne devront pas être proposés à d’autres supports  -concours, revues, anthologies… – tant que l’auteur n’aura pas reçu de réponse à sa proposition). Une seule participation par auteur !
Les textes devront faire maximum 50 000 signes, espaces comprises et devront être envoyés jusqu’au 9 juillet 2017 au format Word (Arial 10, interligne 1.5, marges 2.5 cm) aux deux adresses suivantes : <arkuiris-dys@laposte.net> et <editions.arkuiris@gmail.com>
Les auteurs des nouvelles retenues recevront un exemplaire gratuit de l’anthologie (avec possibilité d’en acquérir d’autres à tarif réduit). Ils conserveront leurs droits sur leur texte et ses éventuelles adaptations.

Vendredi encore : la maison steampunk de Jules Vernes !

La maison de Jules Verne(2, rue Charles Dubois à Amiens) devient une steamhouse, samedi 17 juin de 17h à 23h.
Dès 19h, vous pouvez y retrouver Elodie Dumoulin (réalisatrice de l’affiche), Arthur Morgan (auteur du Guide Steampunk) et Julien Hirt (auteur) en dédicace.
La soirée prévoit également un certain nombre d’animations. L’entrée est libre, le costume steampunk serait fortement apprécié !
Plus d’informations ici.

Week-end : les infos glanées aux Imaginales !

Les prochaines Imaginales :

Elles auront lieu du 24 au 27 mai 2018 ! Il se murmure déjà quelques noms d’invités… !

Le Mois de l’Imaginaire :

C’est l’annonce qui découle des États généraux de l’Imaginaire, qui se sont tenus durant les Imaginales et que vous pouvez  écouter ici et de l’appel à la mobilisation des acteurs de l’imaginaire lancé en mars.

 
Il aura lieu au mois d’octobre ! Il s’agira d’une grande fête consacrée aux littératures de l’imaginaire, propulsée par un collectif d’éditeurs qui se chargent de préparer la mise en place en librairie et dans les médias. De nombreuses actions sont d’ores et déjà prévues : opérations commerciales, rencontres et dédicaces, supports pédagogiques, tribunes d’auteurs, catalogues thématiques etc, etc.
Le collectif est ouvert à tous. Objectif : promouvoir les littératures de l’imaginaire.
Libraires, bibliothécaires, lecteurs, auteurs, journalistes, blogueurs, et éditeurs sont donc cordialement invités à participer. Pour en savoir plus, clic !

Bon dimanche !

Water Knife, Paolo Bacigalupi.

La guerre de l’or bleu fait rage autour du fleuve Colorado. Détective, assassin et espion, Angel Velasquez coupe l’eau pour la Direction du Sud Nevada qui assure la survie de Las Vegas. Lorsque remonte à la surface la rumeur d’une nouvelle source, Angel gagne la ville dévastée de Phoenix avec une journaliste endurcie et une jeune migrante texane…
Quand l’eau est plus précieuse que l’or, une seule vérité régit le désert : un homme doit saigner pour qu’un homme boive.

De Paolo Bacigalupi, j’ai lu (et adoré) La Fabrique de doute et  La Fille-flûte ; d’ailleurs, une des nouvelles du recueil, « Le Chasseur de Tamaris », se déroule dans l’univers de Water Knife – mais nul besoin d’avoir lu le recueil pour apprécier ce roman.

Ici, Paolo Bacigalupi nous décrit une Amérique post-apocalyptique, ravagée par les canicules et la sécheresse. Le désert a gagné ses droits sur les villes, les unes après les autres, et seuls les plus riches peuvent se permettre de vivre dans les arcologies, qui leur offrent eau douce à volonté, air filtré et autres commodités de la vie moderne. À côté de cela, les autres doivent composer avec leurs masques filtrants, leurs lunettes de protection et les conditions très rudes qu’impose le désert, tant physiques que psychologiques.

Là-dedans, on va s’attacher aux pas de trois personnages : Angel travaille comme water knife pour le compte de Catherine Case, la femme qui a sauvé Las Vegas et règne sur le Colorado. Lucy, journaliste primée, couvre la déchéance lente mais certaine de Phoenix. Maria, de son côté, a immigré du Texas et tente par tous les moyens de s’en sortir, de préférence sans finir au fond d’une piscine vide avec une balle entre les deux yeux. À sa façon, chacun touche à des aspects différents de ce qu’entraînent canicule et sécheresse ; différents, mais toujours un tantinet dangereux, ce qui fait qu’on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer, le suspens étant constamment présent. Il y a toutefois une sorte de désespoir assez profond, parfois teinté de cruauté, qui se dégage de ce trio : d’une part parce que chacun est engagé sur un chemin plutôt malaisé (négociation des droits pour Angel, enquête difficile pour Lucy, survie pour Maria). Et cet univers semble déteindre sur eux : il y a un indéniable dureté dans ces caractères, qui pousse les personnages à tenter d’assurer leur survie, coûte que coûte – ou plutôt, peu importe ce que cela coûtera. Mais là où Paolo Bacigalupi fait très fort, c’est qu’il parvient tout de même à les nuancer suffisamment pour qu’on se laisse émouvoir par eux. Chapeau !

Outre le suspens qui rend l’intrigue tout à fait haletante, il est aussi beaucoup question (sans surprise !) d’écologie dans ce roman. L’accès à l’eau est devenu de plus en plus compliqué et, au fil des pages, on est obligé de se demander comment on survivrait dans des conditions similaires. De fait, l’intrigue fait froid dans le dos – ce qui montre à quel point l’anticipation est réussie. Celle-ci se mêle admirablement à l’enquête poisseuse menée par Angel. Dans le futur, on se bat  (et on tue !) pour d’obscurs droits sur l’eau charriée par les fleuves – ici, celle du fleuve Colorado. On assèche sans impunité certaines villes pour en irriguer d’autres, pendant que la société s’effondre doucement mais sûrement. Cet effondrement fait resurgir le pire de l’humanité : les États américains ont laissé la place à des cités-États se moquant du bien commun ; les quartiers sont dominés par les cartels ou par les entreprises richissimes : les uns comme les autres se chargeant de faire de l’argent sur le dos des pauvres, qui s’enfoncent dans la misère. Il n’y a pas à dire, l’univers futur ne fait pas vraiment rêver.

Mais, voilà : Paolo Bacigalupi nous décrit tout cela d’une plume précise et acérée, dans un style qui m’a complètement charmée et qui me faisait regretter les contingences temporelles m’obligeant à poser ma lecture – pour aller travailler, par exemple.

Je fondais de grands espoirs sur cette lecture, que Paolo Bacigalupi n’a pas déçus : Water Knife est un thriller d’anticipation extrêmement (malheureusement, en un sens) réaliste, porté par une plume remarquable : sans fioritures, mais néanmoins avec force détails, il nous dépeint des personnages au bord du gouffre, malmenés par un univers à peine plus reluisant, mais qui se révèle curieusement fascinant. C’est donc un excellent roman que j’aimerais conseiller à tous, mais en premier lieu à tous ceux qui pensent encore que le gaspillage des ressources n’importe pas. Ce que Paolo Bacigalupi décrit ici a quitté le champ de la science-fiction pour entrer définitivement dans le champ, nettement plus proche temporellement, de l’anticipation.

Water Knife, Paolo Bacigalupi. Traduit de l’anglais par Sara Doke. Au Diable Vauvert, octobre 2016, 496 p.

Les Écailles d’or, Yin et le Dragon #2, Richard Marazano et Xu Yao.

Yin et son grand-père se sont habitués à la présence du Dragon d’or, qui les aide dans leur pêche quotidienne. Mais la guerre fait rage à Shanghai : derrière les assauts de l’armée japonaise, qui donnent lieu au terrible massacre de Nankin, c’est le Dieu Xi Qong, maître des Dragons, qui s’exprime pour dominer le monde des hommes. Tandis que Yin et ses amis survivent tant bien que mal à l’invasion japonaise, le dragon d’or, qui s’est affranchi de Xi Qong, va tenter d’affronter son ancien maître. Mais sera-t-il assez puissant face à ces forces de l’ombre ?

Le premier tome dégageait une certaine douceur mais, cette fois, on est passés aux choses sérieuses et, dès le début de ce tome 2, on sent que l’ambiance s’est considérablement noircie.
Shanghai vit toujours sous occupation japonaise et on sent que les soldats ne sont pas là pour faire dans la dentelle. D’ailleurs, les auteurs évoquent sans détour le massacre de Nankin perpétré par les troupes japonaises à la même époque. La précision historique fait partie des bons points de cette bande-dessinée ; ceci étant, l’histoire est majoritairement narrée du point de vue de Yin, aussi reste-t-elle tout adaptée à un public jeunesse.

La partie fantastique, quant à elle, fait la part belle aux mythes chinois, notamment liés aux dragons. L’amour de la littérature du capitaine japonais nous apporte de précieux éléments sur ces fameux mythes — lesquels sont mis en scène sous forme de flashbacks. On découvre alors une sombre histoire de rivalités, qui alimente un violent désir de vengeance. Et c’est justement le pire qui guette la population : les Japonais sont certes un réel danger, mais la vengeance amoureusement préparée par Xi Qong va frapper vite et fort, et on se demande si Guang Xinshi saura enrayer la menace.

L’ambiance nettement plus sombre de l’intrigue se lit également dans le graphisme : on retrouve, comme dans le premier tome, les cases opposant des tons gris-bleutés aux ors lumineux du Dragon d’Or mais, maintenant, on trouve aussi des couleurs nettement plus sombres, liées à Xi Qong, le dragon maléfique : noirs, rouges et anthracites dominent les cases. Les contrastes sont clairement lisibles et le tout très réussi !

Malheureusement, je n’ai pu m’empêcher de me sentir un tantinet déçue ; alors que le premier tome installait une ambiance assez douce (mais néanmoins tendue), ici j’ai eu l’impression que tout était nettement survolé. Les événements s’enchaînent, c’est assez peu approfondi et, au final, on n’a pas vraiment l’impression d’avoir tout à fait suivi les événements.

Si Les Écailles d’or est clairement un tome de transition, il sert à installer une ambiance prenante, empreinte d’un réel suspense. Il annonce, au passage, un tome 3 qui mettra en scène la confrontation entre les deux dragons et qui s’annonce terrible ! Voilà une série de bande-dessinée mêlant Histoire et intrigue fantastique, qui plaira aux jeunes lecteurs, et dont j’ai hâte de lire la suite et fin. 

◊ Dans la même série : Créatures célestes (1) ;

Yin et le Dragon #2, Les Écailles d’or, Richard Marazano et Xu Yao.
Rue de Sèvres, avril 2017, 60 p.

Projet Polaris, Gardiens des Cités Perdues #5, Shannon Messenger.

Après un passage mouvementé par Exillium, l’école réservée aux bannis, Sophie et ses amis sont de retour à l’académie Foxfire, où la jeune Télépathe n’est pas la seule, cette fois, à bénéficier de la protection d’un garde du corps. Car certains masques sont tombés : les nouveaux membres du Cygne Noir, ainsi que leurs familles, sont plus que jamais en danger… D’autant que les Invisibles, ces rebelles qui menacent les Cités perdues, multiplient les attaques.
Tandis que la tension monte avec les ogres, forçant les elfes à accepter des changements drastiques de leurs modes de vie, notre petite troupe tente d’en découvrir plus sur le plan de l’ennemi. Sophie ne dispose pourtant que de maigres indices : son nom de code est « Projet Polaris », un étrange symbole semble en être la clé et il serait depuis le début lié à… Keefe !

Vous aurez sans doute l’impression que je me répète (et j’espère bien continuer avec les tomes suivants), mais chaque nouveau tome me semble meilleur que le précédent !
À la fin du quatrième tome, la petite équipe se trouvait séparée et devait faire face à des convictions opposées : pas toujours facile à vivre au sein d’un groupe d’amis.

Cette fois, l’intrigue prend de nets accents de thriller, Sophie se chargeant de l’enquête sur le fameux Projet Polaris, cherchant à savoir de quoi il retourne et en quoi elle est concernée, au juste. Ce qui est particulièrement prenant, c’est que cette partie de l’intrigue s’entremêle merveilleusement à la partie plus politique. Depuis les événements du tome précédent, celle-ci s’avère de plus en plus complexe : les elfes et les ogres sont à couteaux tirés et leurs différends risquent de faire aussi sombrer les autres peuples des Cités Perdues, gnomes, gobelins et autres créatures magiques incluses. De fait, on sent qu’on s’achemine doucement mais sûrement vers une guerre ouverte.
D’autant que chez les elfes, le Conseil est loin de faire l’unanimité et on dénombre pas moins de trois factions, en comptant le Cygne noir et les Invisibles, chacune ayant des choses à reprocher aux autres et des intérêts pas toujours convergents. Ce qui pimente allègrement la partie et tient le lecteur en haleine de bout en bout.

L’autre excellent point, c’est la façon dont se tissent et se développent les les relations entre les personnages. On l’a vu, les dissensions entre le petit groupe viennent alimenter le débat. Plus que jamais, c’est l’union qui fera la force mais il est difficile de rester unis lorsque l’on a des points de vue totalement opposés. Mais Shannon Messenger ne se contente pas de mettre en avant nos jeunes héros. J’ai trouvé qu’elle accordait un soin particulier à ses personnages secondaires et à leurs relations, notamment du côté des adultes (les parents et Sandor ont ainsi droit à leur quart d’heure de gloire) et j’ai vraiment apprécié qu’on ne se concentre pas uniquement sur les protagonistes, tout en leur accordant aussi le soin nécessaire.

En lisant Projet Polaris, j’ai eu l’impression qu’on franchissait un cap. Jusque-là, Sophie était une enfant débarquée dans un monde d’adultes mais là, on sent clairement pointer l’adolescente (Sophie a désormais quatorze ans). Elle est plus mature et cela se ressent dans ses prises de positions, dans ses réactions, dans sa façon d’appréhender l’échiquier sur lequel elle se place. Comme c’est une adolescente, elle traverse aussi une phase qui fait la part belle aux sentiments (avec des scènes qui laisseront sans aucun doute les lecteurs sur des charbons ardents). Mais, là encore, cela sert à Shannon Messenger à étoffer son univers et à en démonter un des aspects censément utopiques : pour l’occasion, on découvre comment se marient les elfes – via des listes de compatibilité établies par une agence assermentée – ce qui permet à Shannon Messenger de dénoncer la théorie eugéniste qui gouverne la société elfique.
Ce trait, que l’on retrouve à chaque tome, fait partie des raisons pour lesquelles cette série me plaît tant. Lorsque l’on a découvert les Cités Perdues, dans le premier volume, Shannon Messenger nous les a présentées sous des traits parfaitement idylliques mais, au fil des volumes, elle nous montre comment la société elfique s’est construite sur des parti-pris parfois monstrueux. C’est fait intelligemment et subtilement et c’est donc d’autant plus percutant !

Dans cet opus, le rythme est, lui aussi, très soigné. Impossible de décrocher, car il n’y a aucun temps mort. Mieux : au fil des pages, on s’aperçoit que chaque paragraphe compte et que tout vient alimenter l’intrigue générale. Et si vous trouviez que le tome 4 se terminait sur un insupportable retournement de situation, attendez de découvrir l’incroyable conclusion choisie par Shannon Messenger : de quoi vous faire regretter de lire la série au fil des dates de parution, tant l’attente pour le tome 6 va sembler longue !

Après l’excellente surprise du quatrième tome, j’attendais ce volume de pied ferme et je n’ai pas été déçue par ce qu’a inventé, cette fois encore, Shannon Messenger. L’intrigue est hautement prenante et on ne s’ennuie pas un seul instant. L’intrigue, délicieusement dense, vient compléter un univers lui aussi merveilleusement complexe, et dont on découvre sans cesse de nouveaux aspects. Mieux : la fin est telle que l’on pressent une suite elle aussi palpitante ! Que j’attends donc, vous l’aurez compris, avec une certaine impatience. 

◊ Dans la même série Gardiens des Cités Perdues (1) ; Exil (2) ; Le Grand Brasier (3) ; Les Invisibles (4) ;

Gardiens des Cités Perdues #5, Projet Polaris, Shannon Messenger. Traduit de l’anglais par Mathilde Tamae-Bouhon. Lumen, février 2017, 664 p.

Rage, Orianne Charpentier.

Rage… C’est le surnom que son amie lui a donné.
C’est désormais ainsi qu »elle se nomme, pour oublier son prénom, ce nom d’avant, celui de son enfance, d’avant l’exil, la déchirure. Son pays d’origine, on ne le connaîtra pas.
Il nous suffit de deviner que Rage a eu affaire à la violence des hommes, de la guerre. Et voilà réfugiée en France, sans plus de repères, ni de famille. Telle une bête traquée, elle se méfie de tous. Mais un soir, sa route croise celle d’un chien – dangereux, blessé, visiblement maltraité. Désormais, sa propre survie passe par celle de l’animal…

Rage est un roman très court – tout juste une centaine de pages, menées par la protagoniste éponyme. Celle-ci en déborde, de rage, suite à son enfance fracassée, la fuite, l’exil, l’arrivée dans un nouveau pays dont elle ne maîtrise pas encore les codes et tellement éloignés de ce qu’elle a connu.

On est donc face à un personnage multi-traumatisé, qui a du mal à faire confiance à qui que ce soit — y compris à elle-même. Le parallèle avec la chienne blessée est donc plus que facile à faire.

Le récit est construit comme une tragédie (d’ailleurs, il en sera question au fil du texte) : l’intrigue tient sur une nuit, quasiment dans un seul lieu (les quelques kilomètres autour de la maison de Jean) et ne comporte qu’un fil d’intrigue : la reconstruction de Rage.
De celle-ci, on ignorera jusqu’à la fin le prénom, la langue et le pays d’origine, de même que l’année de son arrivée en France : le récit atteint donc très facilement un statut intemporel.

Côté style, la plume est vive et percutante mais j’ai été assez dérangée par le changement opéré aux deux tiers du récit : au départ, le texte fourmille de dialogues, qui viennent perturber le récit de Rage, celle-ci étant entourée des autres jeunes faisant la fête avec elle ; mais, lorsqu’elle se retrouve seule avec Jean et la chienne, c’est le discours indirect libre qui l’emporte. Or, j’ai trouvé cette partie-là nettement mieux écrite que la précédente, bien plus incisive et parlante à propos de l’état de la jeune femme. Les deux parties du livre m’ont donc semblé un peu déséquilibrées : je n’irai pas jusqu’à dire que je n’ai pas été intéressée par la première partie, mais seule la seconde m’a touchée, en raison de son intensité rare, et absolument passionnée.

Malgré tout, il m’a été très difficile d’arrêter ma lecture, tenue en haleine que j’étais par les événements qui s’enchaînent. Ceux-ci font d’ailleurs un douloureux écho à l’actualité : si la partie concernant les maltraitances sur animaux occupe la portion congrue, celle sur les réfugiés de guerre forcés d’immigrer et l’accueil qui leur est réservé dans les pays étrangers qui acceptent de les recevoir est absolument centrale – et on ne peut la lire sans penser à tout ce qu’il se passe en ce moment, bien évidemment. Le cas des mineurs isolés reste particulièrement tragique : coupés de tout lien familial, vivant avec des traumatismes difficiles à soigner, leur reconstruction est d’une difficulté extrême.

Avec Rage, Orianne Charpentier signe un roman court et particulièrement incisif qui fait écho à l’actualité en évoquant avec justesse les trajectoires ô combien dramatiques des mineurs isolés étrangers. L’histoire ne dure qu’une courte nuit, mais a l’intensité d’un cri primal, celui que l’on sent bouillonner dans les entrailles de Rage. Un court roman à recommander aux adolescents et qui s’avérera idéal pour une discussion autour de ce que vivent les jeunes de leur âge ailleurs dans le monde, dans des contrées moins riantes que les nôtres. 

Rage, Orianne Charpentier. Gallimard jeunesse, mars 2017, 112 p. 

Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être :

 

Brèves de comptoir #141

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : l’affiche des Halliennales !

Le festival de Hallennes-lez-Haubourdin, qui se tiendra le samedi 7 octobre, dévoile l’affiche de son édition 2017 :

Elle est signée Aurélien Police !

Mardi : les lauréats des Prix Imaginales 2017 !

Catégorie roman francophone : Anthelme Hauchecorne, Journal d’un marchand de rêves (L’Atelier Mosésu).
Catégorie roman étranger traduit : Anna Starobinets, Refuge 3/9 (Agullo), traduction de Raphaëlle Pache.
Catégorie jeunesse : Fabien Clavel, Panique dans la mythologie : l’Odyssée d’Hugo (Rageot).
Catégorie illustration : Aurélien Police, pour les couvertures de la trilogie La Voie des oracles, de Estelle Faye (Scrinéo).
Catégorie nouvelle : Jean-Claude Dunyach, Le Clin d’œil du héron (L’Atalante).
Catégorie prix spécial du jury : Tom Shippey, J.R.R Tolkien, auteur du siècle (Bragelonne), traduction de Aurélie Brémont.

Les nominés sont visibles ici.

Le programme du festival, de son côté, ne cesse de s’étoffer !

Mercredi : Tolkien, des mots, des mondes !

Arte l’avait diffusé en 2014, et vient de le rediffuser ; il sera disponible en replay, sur Arte, jusqu’au 17 mai. 

Un aperçu ici :

Jeudi : troisième et dernière édition du MOOC Fantasy !

L’Université d’Artois lance sa troisième et dernière édition du MOOC Fantasy, du 9 mai au 27 juin. Il est encore possible de s’y inscrire.
Le programme est le même que celui de la version 2.0 !

Jeudi encore : l’actu des séries !

Once Upon A Time.

Il y a quelques reconductions au programme avec, en premier lieu, Once Upon a Time qui s’offre une saison 7 – dans laquelle on nous promet de nombreux changements.

American Gods.

Du côté d’American Gods, une saison 2 est déjà prévue !
La saison 1, signée Bryan Fuller, est diffusée sur Starz jusqu’au 18 juin.

Game of Thrones et cie.

Game of Thrones (dont la 8e saison débutera le 16 juin sur HBO) ne sera pas en reste. HBO veut en effet continuer à surfer sur le succès de sa série phare en continuant de décliner l’univers via quatre séries dérivées ; chacune d’entre elles sera confiée à un scénariste différent – les noms de Carly Wray (qui a scénarisé Mad Men), de Jane Goldman (qui a signé Miss Peregrine et les enfants particuliers), de Max Borenstein (Kong : Skull Island) et de Brian Helgeland (A Knight’s Tale) se murmurent déjà.
G.R.R. Martin serait impliqué dans deux des quatre projets ; pour l’instant, aucune date n’a été annoncée, HBO préférant laisser le temps à ses scénaristes de proposer des idées bien travaillées et qui seront cohérentes avec la mythologie de Westeros.

La Guerre des mondes.

La BBC a prévu d’adapter le roman de H.G. Wells (publié en 1898) en mini-série, qui s’inspirera bien plus du roman que ne le faisait la version cinématographique de Steven Spielberg (de 2005) : l’intrigue se déroulera donc dans une Angleterre forte de son colonialisme, au début du 20e siècle, et qui se trouvera soudain aux prises avec une invasion extraterrestre.
La BBC annonce Peter Harness au scénario (il a déjà signé Doctor Who, entre autres). La date de diffusion n’est pas encore annoncée, mais le tournage débutera en 2018.

Vendredi : expo H.R. Giger !

H.R. Giger était un artiste plasticien suisse, qui a beaucoup travaillé pour le cinéma, notamment pour les grands films de SF, parmi lesquels Dune ou Alien. C’est lui qui a réalisé le design du Xénomorphe dans ce dernier titre.
Le Lieu Unique de Nantes (quai Ferdinand Fabre) annonce une exposition consacrée à l’artiste, du 16 juin au 27 août. Le vernissage, prévu le 15 juin (à partir de 18h30) est également public. Point bonus : l’entrée est libre !
Toutes les informations sont sur leur site.
Syfantasy a également consacré un dossier à l’artiste.

Sachez, par ailleurs, qu’il existe un musée H.R. Giger à Gruyères, en Suisse ; face au musée, un café est entièrement décoré de sculptures biomécaniques.

Vendredi encore : Walrus encourage les jeunes auteurs !

Les éditions Walrus ont lancé le Labo, un territoire d’expérimentation où les auteurs peuvent forger leur plume, aidés par l’éditeur.
Walrus avait lancé un appel à textes en janvier, à la suite duquel une première sélection de quatre nouvelles a été mise en ligne sur leur site, en lecture gratuite. 
Si vous avez envie de soutenir l’initiative de l’éditeur, un compte Tipee a été mis en place. 

 

Bon dimanche !

Chasseurs de livres #1, Jennifer Chambliss Bertman.

Un livre caché. Un message codé. La chasse peut commencer.
Émily est une passionnée de la Chasse aux livres, un jeu créé par son idole, le célèbre éditeur californien Garrison Griswold. Il s’agit de décrypter des messages codés pour trouver l’emplacement de livres cachés !
Mais lorsqu’elle emménage avec ses parents à San Francisco, patrie de la Chasse aux livres, elle est choquée d’apprendre que M. Griswold a été agressé alors même qu’il allait lancer une nouvelle quête livresque d’une ampleur inédite.
À elle et à ses amis de jouer !

Chasseurs de livres est un peu le mélange parfait pour les amateurs de lecture et de chasse au trésor : en effet, Émily est accro à Book Scavenger, un site qui répertorie des livres voyageurs que l’on ne peut trouver qu’en résolvant les énigmes laissées par ceux qui ont caché les livres. Vous, je ne sais pas, mais moi ça me vend du rêve.
De temps en temps, le créateur du jeu, Garrison Griswold, organise un jeu spécial dans sa ville, San Francisco. Ce qui est la seule raison pour laquelle Émily est, cette fois, contente de déménager — ses parents ayant en effet décidé d’avoir une maison dans chaque état des États-Unis, ils déménagent tous les ans, au grand dam de la jeune fille qui ne peut se lier d’amitié avec personne.

Jennifer Chambliss Bertman nous dresse le portrait d’une jeune fille solitaire, qui n’ose pas se lier avec les autres en raison de ses constants déménagements. En quelques pages, elle nous croque un portrait particulièrement touchant. Et l’intrigue de fond démarre rapidement, Émily mettant assez vite la main sur ce qu’elle pense être le départ du nouveau jeu issu du génial cerveau de Garrison Griswold. Et ce qui est palpitant, c’est que l’histoire démarre sur les chapeaux de roue, et à tous les niveaux : Émily se lance à fond dans sa quête mais, en même temps, rencontre son voisin James, lui aussi fan des crytpogrammes et avec qui elle se lie rapidement d’amitié. Parallèlement, elle doit faire face au gouffre qui se creuse entre elle et son frère, leurs goûts changeant avec l’adolescence. Tout en gérant sa propre adolescence, son arrivée dans une énième nouvelle école inconnue et une nouvelle maison !
Ainsi, sous des dehors de roman d’aventure dynamique — ce qu’il est indéniablement ! — le roman évoque des sujets de société comme le déracinement, l’amitié, les relations familiales, l’angoisse d’une nouvelle école où l’on ne connaît personne, ou la crainte de ne pas être adoubé par la majorité. Autant de thèmes susceptibles de parler au plus grand nombre !

Mais ce que j’ai préféré, c’est évidemment la chasse au trésor à laquelle se livrent Émily et James. Le texte est bardé d’énigmes, cryptogrammes et autres messages codés à décrypter — pas de panique, toutes les solutions sont données. La chasse au livre et au trésor est particulièrement prenante, d’autant qu’Émily et James ont affaire à de sérieux opposants, qui ne reculent devant aucun coup bas. J’ai également aimé que celle-ci soit fondée sur l’œuvre d’Edgar Allan Poe, dont la production sert de supports aux indices de la chasse? On en apprend donc pas mal sur la littérature du XIXe siècle, mais aussi sur l’histoire littéraire, qui dissimule elle aussi son lot de petites énigmes et de grandes disputes. Et ça m’a même donné envie de remettre le nez dans les écrits d’Edgar Allan Poe — qui m’a terrifiée au point de m’infliger de longs mois de cauchemars avec son Double assassinat dans la rue Morgue, que je n’ai jamais fini ! Mais pas seulement, car il est aussi question des écrits de Dashiell Hammett, Jack Kerouac et de la Beat Generation : idéal pour en apprendre un peu !

J’ai donc éprouvé une tendresse particulière pour la jeune héroïne de Jennifer Chambliss Bertman : Emily doit faire face à de nombreux problèmes qui touchent les adolescents (mais pas que, car les adultes ont également droit à leurs histoires) : ainsi, il est question au fil des pages de déracinement, de la vie en société, de la découverte d’un nouvel environnement, d’amitié ou de relations familiales. Le tout servi sous couvert d’une passionnante chasse au livre, truffée d’énigmes et d’anecdotes liées à la vie littéraire du XIXe siècle. L’intrigue est dynamique, les personnages attachants et le tout s’est avéré particulièrement prenant. S’il devait y avoir une suite, je ne manquerai pas de la lire !

Chasseurs de livres #1, Jennifer Chambliss Bertram. Traduit de l’anglais par . R. Laffont, février 2017, 429 p.