Erased #6-8, Kei Sanbe.

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Grâce aux efforts conjugués de Satoru et Kenya, Kayo et Aya Nakanishi ont été sauvées ! Mais l’affaire n’est pas tout à fait réglée : Satoru est resté coincé, en 1988, dans son corps d’enfant. Et il y a toujours un tueur en série en goguette !

Il ne reste que deux tomes et autant dire que ce sixième volume laisse le lecteur sur des charbons ardents_ un peu comme le cinquième volume, qui s’achevait sur un redoutable cliffhanger.
Cette fois, plus aucun doute n’est permis sur l’identité du coupable et l’on se doute bien qu’il ne compte pas s’embarrasser d’un témoin gênant, fut-il un jeune enfant.
Finalement, c’est dans ce sixième volume que l’on prend enfin la mesure de l’intrigue uchronique : bon an mal an, on finit par revenir en 2006. Sauf que Satoru n’est plus du tout dans le même état qu’au début de l’histoire. Il est d’ailleurs presque absent de l’histoire, coincé qu’il est dans son coma, sur son lit d’hôpital. De plus, le suspense est maintenu jusqu’au bout. Si, dans un premier temps, Satoru est mis hors d’état de nuire, dans la suite, il est tout simplement privé de ses souvenirs… et donc bien moins utile que prévu !

C’est Sachiko, la mère de Satoru, qui a la part belle dans ce volume. On la découvre autrement que par les yeux de son fils et le portrait qu’en fait Kei Sanbe est riche et la montre bien plus présente que ne le pensait son fils. L’histoire, de plus, s’enrichit de nouveaux personnages qui apportent de nouvelles nuances.

Kei Sanbe mène son intrigue de main de maître et offre, à nouveau, un redoutable retournement de situation final, surprenant, qui laisse sur des charbons ardents pour la suite ! Heureusement qu’elle est annoncée pour juillet !

Erased #6, Kei Sanbe. Traduit du japonais par David Le Quéré. Ki-oon, février 2016, 194 p.

Après 15 ans, Satoru est enfin sorti de son coma. Cependant, une lourde rééducation l’attend, et sa perte de mémoire le tourmente. En effet, le jeune homme semble avoir oublié qu’il possède la faculté de retourner dans le passé, et ne comprend donc pas d’où lui viennent toutes ses connaissances largement avancées pour un élève de primaire.
Bien que durant ces 15 ans, sa mère ait tout fait pour préserver le corps de son fils et qu’elle veuille désormais le protéger de son passé, elle décide de le laisser lire les dossiers que lui a laissés son ami Ken’ya, qui relatent l’affaire à laquelle les deux enfants s’intéressaient avant l’accident de Satoru. Cependant, ceux-ci ne font que semer davantage le doute dans l’esprit du jeune homme.
Airi pourrait-elle être la clef permettant de déverrouiller la porte dans son esprit ?

Vu qu’on approche dangereusement de la fin, le suspens est à son comble dans cet opus. Ici, ce que j’ai trouvé chouette, c’est que puisque que Satoru a réussi dans le passé, on est sur une nouvelle ligne temporelle : Kayo est toujours en vie, Satoru a un corps d’adulte à apprivoiser et… d’intempestifs flash-backs avec lesquels composer. C’est ainsi qu’il se rappelle nettement d’Airi… dont il va inopinément croiser la route. Peu à peu, tous les fils convergent.

Si la ligne temporelle a été modifiée, on reparle beaucoup de l’affaire sur laquelle enquêtait Satoru étant enfant. Kenya, son ami d’enfance, est devenu avocat et n’a jamais lâché l’affaire. D’autant que les meurtres semblent avoir repris – mais sans que l’on soit sûr de pouvoir vraiment tous les raccorder.

Le volume est centré sur la rééducation de Satoru mais le suspens est relancé lorsque l’on s’aperçoit qu’il est placé sous étroite surveillance – sans doute du tueur. Le tome est donc sous tension mais, paradoxalement, plus lent dans ses péripéties, ce qui peut parfois laisser l’impression qu’il ne s’y passe pas grand-chose.

Le tome 7 se maintient dans un bon équilibre : il y a plein de suspens mais, en même temps, l’accent est mis sur la rééducation de Satoru, sa vie nouvellement prise en main et sur ses relations avec ses amis. Du coup, on patiente, mais on trépigne encore !

Erased #7, Kei Sanbe. Traduit du japonais par David Le Quéré. Ki-oon, juillet 2016, 194 p.

Après s’être réveillé d’un long coma, Satoru récupère peu à peu ses capacités et ses souvenirs. Néanmoins, le jeune homme ne se rappelle toujours pas de qui est le meurtrier, et ignore que celui-ci l’observe. Toutefois, avec l’aide de Kenya, Satoru va tenter d’attirer le meurtrier afin de l’arrêter en servant d’appât…

Voilà, c’est déjà le dernier tome de la série Erased et, si j’avais vraiment hâte de le lire, j’étais un peu triste de déjà arriver à la fin. Dans le tome précédent, j’avais été un peu frustrée, avec l’impression qu’il ne s’était pas passé grand-chose malgré l’intérêt apporté aux personnages. Du coup, on attaque le tome 8 en plein suspens puisque, désormais, Satoru est très très proche du but – et qu’on sait que la fin est proche.

Le voilà embarqué dans une sortie à l’étang des Camélias avec d’autres patients, sa mère, la jeune Kumi qu’il a rencontrée à l’hôpital et… le tueur.
Le suspens est augmenté par la façon dont Kei Sanbe nous donne à voir les minutieux préparatifs de Satoru et de la personne à qui il s’oppose. Assez vite, aux préparatifs succède l’affrontement entre les deux, qui occupe deux bons tiers du manga. Et, là aussi, le suspens est à son comble : on a déjà une idée assez précise des motivations du tueur et de comment les faits se sont déroulés, mais la confrontation est passionnante. De plus, le fait que la ligne temporelle ait été modifiée autant de fois alimente à merveille l’intrigue – vu que Satoru a des réminiscences de ses vies antérieures.
Le sujet, d’ailleurs, est éminemment casse-gueule, mais l’auteur s’en sort avec les honneurs !

Kei Sanbe apporte une vraie conclusion à son intrigue, mais je n’ai pas pu m’empêcher de la trouver un peu expédiée, sans doute parce que la traque s’est étalée sur sept tomes – et que j’ai adoré la série. Pas de feu d’artifice final, donc, mais une conclusion à l’image de la série, pleine de tension et qui apporte un beau point final. J’avais un peu peur, au vu des lignes temporelles bouleversées, que certains éléments de l’intrigue passent à la trappe (Airi, notamment), mais non, Kei Sanbe réussit à ramener tous les fils de l’histoire à la fin !

En somme, Erased fait partie de mes séries de manga favorites : le thème du voyage temporel, le thriller et tout ce que l’auteur développe autour des personnages m’a beaucoup plu ; le suspens ne se dément presque jamais tout au long de la série et j’avais vraiment hâte de savoir comment l’auteur s’en sortirait avec le thème choisi.
Si la série vous a plu, je vous recommande tout aussi chaudement la série animée parue l’année dernière – et j’attends maintenant avec impatience le film en préparation !

Erased #8, Kei Sanbe. Traduit du japonais par David Le Quéré. Ki-oon, janvier 2017, 210 p.

 

La Faille de la nuit, Mercy Thompson #8, Patricia Briggs.

Fuyant son nouveau compagnon violent, Christy, l’ex-femme d’Adam, fait un retour fracassant dans les vies d’Adam et Mercy. La cohabitation n’est pas simple. Surtout lorsque Christy décide de monter la meute contre Mercy afin de récupérer Adam. Et la situation empire lorsque son petit ami retrouve sa trace : les cadavres s’empilent et Mercy va devoir mettre ses problèmes personnels de côté pour affronter une créature bien décidée à réduire son monde en miettes !

J’ai dégainé mon tome 8 en attente parce que j’étais bien malade et que j’étais sûre qu’il ferait son office de petit remontant. Et pari gagné ! J’ai l’impression de dire ça à chaque tome, mais c’était peut-être un des meilleurs jusque-là – en fait, la série se bonifie au fil des tomes et c’est génial.

Il ne faut pas longtemps avant que n’arrive le premier élément perturbateur auquel Mercy est confrontée : Christy, l’ex-femme d’Adam, la mère de Jesse, revenue en territoire conquis pour échapper à un ex un poil trop collant. Et, jusque-là, si on assistait à pas mal d’affrontements territoriaux entre loups-garous mal lunés, on va s’apercevoir qu’entre coyote et humaine, il y a aussi de quoi faire. Car si Mercy a son petit caractère, Christy n’est pas exactement ce qu’on pourrait appeler une bonne pâte. De fait, l’histoire va pas mal tourner autour des conflits territoriaux qui émergent de l’affrontement – pourtant ô combien discret ! – des deux femmes. Et oui, parce que le retour de Christy va mettre en péril la meute, rien que ça.
Et c’est l’occasion pour Patricia Briggs d’étoffer son univers, notamment quant à la mythologie autour des loups-garous, autour de la façon dont fonctionnent les meutes. Parallèlement, elle creuse ses personnages, accordant beaucoup d’importance aux trois femmes que compte la meute d’Adam – et qui ne sont pas moins territoriales que leurs homologues mâles. La présence de Christy exacerbe leurs petites bisbilles latentes. J’ai adoré (mais vraiment adoré !) détester cette dernière. J’ai même trouvé qu’elle avait un peu cherché les ennuis, c’est dire ! En peu de mots, Patricia Briggs réussit à nous montrer un personnage tout simplement horripilant – et il ne lui faut vraiment pas grand chose pour le faire. Et ce qui était également tout aussi intéressant, c’est qu’elle nous a dépeint une Mercy « maître zen », qui se pose beaucoup de questions sur les relations qu’elle a avec les autres, sa place dans la hiérarchie de la meute ou sur la façon dont ses actes peuvent impacter cette dernière.
En fait, et cela fait plusieurs tomes que c’est comme ça, on dirait qu’on part de trois fois rien, mais l’auteur parvient à tirer de ce trois fois rien des introspections, discussions et conclusions passionnantes.

Dit comme ça, on pourrait croire qu’il ne se passe rien, sinon les petits conflits domestiques de la meute. Mais, si celle-ci est plus présente sous forme humaine que lupine (il faut le reconnaître), Patricia Briggs n’en profite pas moins pour ouvrir nos horizons, avec un opposant issu d’une tradition mythologique toute neuve et encore inexplorée dans la série. L’ensemble est d’ailleurs vraiment bien ficelé et documenté (un peu comme d’habitude, en somme).
Mais revenons à ces histoires de transformations humains-loups ou humaine-coyote, selon le bon plaisir de chacun : c’est vrai que Mercy est un peu avare en transformations cette fois-ci, ce qui laisse courir un bon nombre de rumeurs parmi les aficionados – mais il va sans doute falloir attendre encore un peu avant de savoir de quoi il retourne exactement.

J’ai parlé un peu plus haut de la façon dont l’intrigue est agencée : certes, il y a beaucoup de questionnements et autres discussions, mais l’action est aussi hyper présente et, de ce côté-là, difficile de s’ennuyer. À ce titre, la conclusion de l’histoire est un peu similaire à celle du tome précédent – et j’espère que ça ne va pas devenir une habitude !

En bref, j’ai littéralement dévoré La Faille de la nuit, parce que l’intrigue est particulièrement prenante et qu’elle permet encore une fois de détailler l’univers de la série, tout en posant des jalons intéressants pour la suite – que j’ai, il va sans dire, grandement hâte de lire. 

Mercy Thompson #8, La Faille de la nuit, Patricia Briggs.
Traduit de l’anglais par Sophie Barthélémy. Milady, juin 2015, 476 p.

Partagez #unlivrepourdemain !

Comme vous le savez sans doute, à moins de ne pas vivre en France ou de vivre en ermite, à la fin de la semaine (soit dimanche 23), se tiendra le premier tour des élections présidentielles. Où nous serons appelés à choisir entre 11 clowns candidats-on-ne-peut-plus-sérieux.
Et quand on voit la mentalité ambiante entre les 11 poulains sus-nommés, ça fait peur.

Mais, heureusement, on n’est pas obligés de subir en silence. On peut encore manifester (peut-être plus pour très longtemps, d’ailleurs), dire non, résister à sa manière. Après tout, la politique, à l’origine, ça ne désigne pas seulement cette vaste mascarade que l’on nous présente aujourd’hui. Non, la politique, c’est ce qui concerne les citoyens et leur façon de vivre ensemble. À nous, donc, d’avoir des comportements un peu plus citoyens que ce qu’on nous montre !

Le rapport avec un blog littéraire ? La littérature, évidemment.
La littérature jeunesse, plus précisément. Car celle-ci s’adresse à un adulte en formation, aborde, bien souvent, des thèmes que la littérature « pour adultes » n’aborde plus depuis bien longtemps, et accorde à ses sujets un traitement bien plus saillant que ne le fait sa consœur pour lecteurs plus âgés. En ajoutant à ce paramètre les notions de partage et d’engagement littéraire, le projet #unlivrepourdemain est né dans l’esprit de Tom (La Voix du Livre).

Le principe : lâcher dans la rue ou dans un espace public #unlivrepourdemain qui vous fait réfléchir et / ou vibrer. Un livre qui vous transporte et vous fait espérer quelque chose d’autre (personnellement ou collectivement).

Comment procéder :

  1. Choisissez votre livre ;
  2. Mettez un post-it dessus indiquant « À toi de partager #unlivrepourdemain » ;
  3. Lâchez votre livre dans l’espace public ou dans la rue ;
  4. Prenez une photo ;
  5. Partagez cette photo sur les réseaux sociaux avec le hashtag #unlivrepourdemain pour inciter les gens à faire la même chose.

Pour ma part, j’ai choisi de partager Le Regard des princes à minuit d’Erik L’Homme, un court recueil de nouvelles qui, lorsque je l’avais lu, m’avait regonflée à bloc. Chaque nouvelle met en avant une perle de sagesse mais incite aussi à se rebeller contre une société toujours plus abrutissante et abêtissante, à refuser la servitude moderne (aux médias et autres réseaux dits sociaux, par exemple) et à adopter un comportement plus citoyen.
Il sera largué aujourd’hui, équipé de son post-il réglementaire et d’un petit texte à l’intérieur :

Ce livre a été lâché dans l’espace public dans le cadre du projet #unlivrepourdemain. Ce projet invite chaque lecteur, quel qu’il soit, à laisser un livre quelque part qui, quelques jours avant les élections présidentielles, donne de l’espoir, fait réfléchir peut-être, en tout cas ouvre d’autres possibles.
Trois axes qui, pour moi, sous-tendent Le Regard des princes à minuit, un livre qui m’a fait vibrer, m’a donné envie de croire à une société meilleure et m’a fait espérer.
Toi qui as trouvé ce livre, tu es libre de le garder, mais tu peux aussi continuer de le faire voyager. Tu peux également lâcher dans la nature un autre livre de ton choix qui répond au projet et en partager une photo sur les réseaux sociaux, avec le hashtag #unlivrepourdemain !

À vous de partager un livre pour demain !

Brèves de comptoir #138

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : les nominés au GPI 2017 !

Roman francophone :

Le Mur de Planck, Christophe Carpentier (P.O.L.)
Vostok, Laurent Kloetzer (Denoël)
Latium, tomes I & II, Romain Lucazeau (Denoël)
Défaite des maîtres et possesseurs, Vincent Message (Seuil)
Jardin d’hiver, Olivier Paquet (L’Atalante)

Roman étranger

Mémoires, par lady Trent, tomes 1 & 2, Marie Brennan (L’Atalante)
L’Espace d’un an, Becky Chambers (L’Atalante)
Le Problème à trois corps, Liu Cixin (Actes Sud)
Les Chroniques du Radch, tomes 1 à 3Ann Leckie (Nouveaux Millénaires)
Merfer, China Miéville (Fleuve)
Frankenstein à Bagdad, Ahmed Saadawi (Piranha)

Nouvelle francophone

« Le Syndrome Potemkine »Ayerdhal (in Scintillements, Au diable vauvert)
Dragon de Thomas Day (Bélial’)
La Cité des Lamentations (recueil), Paul Martin Gal (Nestiveqnen)
Pigeon, Canard et Patinette, Frédérick Guichen (Le Passager Clandestin)
« L’Échelle de Dieu », Brice Tarvel (in Galaxies n°44/86)

Nouvelle étrangère

« Une brève histoire des formes à venir »Adam-Troy Castro (in Angle Mort n°11)
Un Pont sur la brume, Kij Johnson (Bélial’)
L’Homme qui mit fin à l’histoire, Ken Liu (Bélial’)
« Honey Bear », Sofia Samatar (in Angle Mort n°11)
Infinités (recueil), Vandana Singh (Denoël)
Au-delà du gouffre (recueil), Peter Watts (Bélial’ & Quarante-Deux)

Roman jeunesse francophone

Scorpi, tomes 1 à 3, Roxane Dambre (Calmann-Lévy)
La Voie des Oracles, tomes 1 à 3Estelle Faye (Scrineo)
Les Sous-vivants, Johan Heliot (Seuil Jeunesse)
Jeunesse éternelle, Nathalie Le Gendre (Bayard)
Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous, Nathalie Stragier (Syros)
Les Loups chantants, Aurélie Wellenstein (Scrineo)

Roman jeunesse étranger

La Partie infinie, James Dashner (Pocket Jeunesse)
Forget Tomorrow, Pintip Dunn (Lumen)
Lady Helen – Le Club des mauvais jours, Alison Goodman (Gallimard Jeunesse)
La Malédiction Grimm, tomes 1 à 3, Polly Shulman (Bayard)
La Fille qui navigua autour de Féérie dans un bateau construit de ses propres mains & La fille qui tomba sous Féerie et y mena les festoiements, Catherynne M. Valente (Balivernes)

Prix Jacques Chambon de la traduction

Jacques Collin pour L’Inclinaison, Christopher Priest (Denoël)
Hélène Collon pour L’Exégèse, Philip K. Dick (Nouveaux Millénaires)
Patrick Marcel pour Les Chroniques du Radch, tomes 1 à 3Ann Leckie (Nouveaux Millénaires)
Nathalie Mège pour Merfer, China Miéville (Fleuve)
France Meyer pour Frankenstein à Bagdad, Ahmed Saadawi (Piranha)

Prix Wojtek Siudmak du graphisme

Nicolas Fructus pour Gotland, Thomas Day & Nicolas Fructus (Bélial’)
Todd Lockwood pour Mémoires, par lady Trent, tomes 1 & 2, Marie Brennan (L’Atalante)
Manchu pour Au-delà du gouffre (recueil), Peter Watts (Bélial’ & Quarante-Deux)
Stéphane Perger pour Adar (Dystopia)
Aurélien Police pour L’Inclinaison, Christopher Priest (Denoël)
Laura Vicédo, Marion et Philippe Aureille pour BOXing dolls, Pierre Bordage (Organic)

Essai

Pour une histoire des possibles. Analyses contrefactuelles et futurs non advenus, Quentin Deluermoz & Pierre Singaravélou (Seuil)
Les Ombres du fantastique, Claude Fierobe (Terre de Brume)
Du yéti au calmar géant. Le bestiaire énigmatique de la cryptozoologie, Benoît Grison (Delachaux et Niestlé)
Le Langage de la nuit. Essai sur la science-fiction et la fantasy, Ursula Le Guin (Aux Forges de Vulcain)
Cinema Hermetica, Pacôme Thiellement (Super 8).

Mardi : lecture musicale d’Alice automatique !

La Librairie Charybde (129, rue de Charenton, Paris 12e) organise, vendredi 21 avril, de 19h30 à 21h30, une lecture musicale d’Alice automatique, de Jeff Noon, en compagnie de Marie Surgers (sa traductrice) et de Weydo (le musicien qui accompagnera la lecture).

Mardi encore : appel à communications !

L’Association d’Art des Universités du Canada (AAUC) organise, en octobre prochain, un congrès sur le thème suivant : « L’imagination du futur par les artistes du Moyen-Orient et du Maghreb ». Un appel à communications vient donc d’être lancé : chercheurs et enseignants en arts visuels souhaitant participer peuvent envoyer leurs propositions de communication jusqu’au 5 mai 2017.
Les infos supplémentaires sont disponibles ici.

Mercredi : coup de cœur 2017 des Imaginales !

Et c’est Aurélie Wellenstein qui est à l’honneur cette année !
Stéphanie Nicot a accordé une interview à ActuSF pour évoquer l’édition à venir et celle de l’an passé.

Mercredi encore : les lauréats du concours Mission Proxima !

Le concours d’écriture Mission Proxima, lancé en octobre dernier par la Fondation Antoine de Saint-Exupéry, le Labo des Histoires et l’agence spatiale européenne, invitait les francophones de moins de 25 ans à imaginer la rencontre du Petit Prince avec une nouvelle planète et ses habitants. Les 10 textes finalistes sont lisibles ici ; en bonus, Thomas Pesquet livres ses deux coups de cœur :

Jeudi : l’évolution de la SF au cinéma en deux minutes !

Vendredi : les finalistes du Prix Rathbones Folio 2017 !

Le Rathbones Folio Prize est un prix anglais qui récompense les meilleurs travaux de littérature publiés dans l’année, tous genres confondus.
Parmi les 8 titres sélectionnés pour la finale 2017, deux livres relevant de l’imaginaire : This Census-Taker, de China Miéville (Del Rey ; Picador) et Golden Hill, de Francis Spufford (Faber & Faber).
Le vainqueur sera annoncé le 24 mai, au cours d’une cérémonie à la British Library (et remportera 20 000 £).
Toutes les informations et la liste des nominés est lisible ici.

Bon dimanche !

Fangirl, Rainbow Rowell.

 

 

 

 

 

 

 

 

Cath est fan de Simon Snow. Okay, le monde entier est fan de Simon Snow…
Mais pour Cath, être une fan résume sa vie – et elle est plutôt douée pour ça. Wren, sa sœur jumelle, et elle se complaisaient dans la découverte de la saga Simon Snow quand elles étaient jeunes. Quelque part, c’est ce qui les a aidé à surmonter la fuite de leur mère.
Lire. Relire. Traîner sur les forums sur Simon Snow, écrire des fanfictions dans l’univers de Simon Snow, se déguiser en personnages pour les avant-premières de films. La sœur de Cath s’est peu à peu éloignée du fandom, mais Cath ne peut pas s’en passer. Elle n’en éprouve pas l’envie.

Maintenant qu’elles sont à l’université, Wren a annoncé à Cath qu’elle ne voulait pas qu’elles partagent une chambre. Cath est seule, complètement en dehors de sa bulle de confort. Elle partage son quotidien entre une colocataire hargneuse qui sort malgré tout avec un mec charmant et toujours collé à ses bottes, son professeur d’écriture inventée qui pense que les fanfictions annoncent la fin du monde civilisé, et un camarade de classe au physique alléchant qui a la passion des mots… Mais elle ne peut s’empêcher de s’inquiéter à propos de son père, aimant et fragile, qui n’a jamais vraiment été seul.
Pour Cath, la question est : va-t-elle réussir à s’habituer à cette nouvelle vie ?
Peut-elle le faire sans que Wren lui tienne la main ? Est-elle prête à vivre sa propre vie ? Ecrire ses propres histoires ?
Et veut-elle vraiment grandir si c’est synonyme d’abandonner Simon Snow ?

On a beaucoup parlé de Fangirl à sa sortie et, globalement, les livres de Rainbow Rowell ont toujours un certain retentissement sur la blogosphère. Tout ça pour dire que j’étais assez curieuse de lire Fangirl. Et, en fait, j’ai plongé dedans dès les premières pages dans le roman !

Rainbow Rowell a un vrai talent pour croquer des personnages ; la galerie que l’on suit dans Fangirl est à la fois attachante et très représentative. Il y a Cath, bien sûr, le personnage central de l’histoire. Cath qui, au début, a été lâchement abandonnée (selon elle) par Wren, sa jumelle, à leur entrée à la fac – la seconde ayant décidé unilatéralement qu’elles feraient chambre à part. Cath, donc, misanthrope, terrifiée par les inconnus, se retrouve totalement isolée. Les deux frangines sont vraiment aux antipodes : Cath est aussi introvertie que Wren est extravertie, Cath est aussi fidèle et bornée que Wren est versatile. Pour autant, difficile de prendre parti pour une et de détester l’autre, malgré le comportement parfois détestable qu’a Wren. Au nombre des personnages remarquables, il y a aussi Reagan, la coloc de Cath : bourrue, un peu sèche, sarcastique à souhait, Reagan est la coloc parfaite dont Cath pouvait rêver, car elle va la faire sortir de sa zone de confort, tout en l’aidant à s’accomplir. Il y a aussi Lévi, le garçon au sourire tellement grand qu’il charme tout ce qui passe – humains, animaux, pierres et végétaux inclus. Face à lui, Nick, l’étudiant qui écrit à ses heures perdues, traîne avec Cath à la bibliothèque – et dont les intentions ne sont pas toujours super claires. A cette galerie, il faut ajouter Art, le père des jumelles, à la santé mentale parfois fragile et qui tient sa famille à bout de bras.

Alors oui, Fangirl, c’est avant tout de la romance. Mais comme ça, au détour d’une page, surgissent des thèmes absolument glaçants et que l’auteure n’évacue pas en trois lignes. On parle – évidemment – de l’hyper-alcoolisation des jeunes et des ravages que cela peut causer sur leur santé physique, mentale et sur leurs relations avec leurs proches. Il est questions de relations familiales, sur la façon dont on gère un conflit avec sa famille. Mais il est aussi question d’abandon, du traumatisme que crée un abandon et de maladies mentales, trois préoccupations majeures dans le texte : et les trois sont intelligemment traitées, en profondeur, ce qui est assez remarquable, vu que ce n’est pas vraiment le centre du récit.

Il faudrait aussi parler de la structure du roman, qui est vraiment très originale. Lâchée par sa jumelle, Cath s’immerge profondément dans ce qu’elle aime le plus et maîtrise le mieux : l’écriture de fanfictions. Justement, elle écrit Carry on, une fanfiction dans l’univers de Simon Snow, un jeune homme qui se découvre magicien et qui doit – en gros – sauver le monde. Ça vous fait penser à Harry Potter ? Gagné, ça y ressemble beaucoup.
Et Cath se colle une pression incroyable car, le tome 8 des aventures de Simon Snow étant sur le point de paraître, elle veut absolument finir sa version de l’histoire de Simon. Ainsi, le roman alterne entre les chapitres consacrés à la vie réelle de Cath et à ses écrits sur internet. Le style entre les deux est vraiment différent, alors que tout est écrit par Rainbow Rowell ! De plus, le fait de passer sans arrêt de l’un à l’autre fait monter le suspens : on a constamment envie de savoir ce qu’il se passe dans l’autre partie de l’histoire.
Vu le sujet de l’histoire, on parle beaucoup d’écriture dans le roman : parce que Cath écrit, bien sûr, mais aussi parce qu’elle suit des cours d’écriture (avec une prof qui vomit les fanfictions) et qu’elle traîne avec un étudiant qui adore écrire, lui aussi. Le roman questionne notre rapport à l’écriture, à la fiction, à la créativité et c’est absolument passionnant.

Fangirl est un roman vraiment riche, qui évoque des thèmes douloureux avec talent, tout en tissant une romance à laquelle il est facile d’adhérer. Comme il est facile de s’identifier à Cath ou à un autre des personnages mis en présence, tant la galerie est variée et attachante. Le texte est truffé de références geeks (à Harry Potter, évidemment, mais aussi à Twilight, Battlestar Galactica et tant d’autres titres), bourré d’humour, ce qui contrebalance à merveille les aspects plus difficiles des thèmes évoqués en filigrane. Au final, il est surtout question d’une adaptation sociale difficile, pour une jeune fille qui a du mal à sortir de sa zone de confort et qui apprend tout simplement à vivre. Et ça, je pense que c’est un thème qui peut parler à beaucoup de personnes !

Fangirl, Rainbow Rowell. Traduit de l’anglais par Cédrix Degottex. Castelmore, février 2015, 507 p. 

Bonus : pendant le Salon du Livre de Paris, j’ai eu la chance de pouvoir interviewer Rainbow Rowell. C’est à lire ici !

[2017] Petit bilan de mars.

Et voilà le mois d’avril ! Le mois de mars a été riche en bonnes découvertes, un peu moins en brèves, en raison du Salon du Livre de Paris ; il a également été l’occasion de revenir sur 10 héroïnes très inspirantes, le 8, pour la journée de lutte pour les droits des femmes. 

Carnet de lectures. 

Rayon romans.

Cœur piment, Les Filles au chocolat #6.5, Cathy Cassidy.
Cette fois, c’est bon, c’est le dernier tome de la saga (et il est tout petit, littéralement : il est physiquement plus petit qu’un poche !). Comme c’est un « spin-off », il n’est pas question d’une des frangines de la fratrie, mais d’Ash, le petit ami d’Honey, qu’elle a rencontré lors de ses vacances chez son père, en Australie. Je me souviens que j’avais beaucoup aimé les aventures d’Honey, car elle se posait des tas de questions et l’ensemble était bien plus mature que les premiers titres. Ash, lui aussi, se pose pas mal de questions car il n’est évidemment pas facile d’être un jeune Australien en couple avec une jeune Britannique. Voyez plutôt :
près avoir passé deux merveilleuses semaines à Tanglewood, avec Honey, Ash a repris son tour du monde. Le voilà maintenant en Europe, direction Paris ! Mais le cœur n’y est plus. Il ne retrouve pas l’excitation de ses premiers mois de voyage : Honey lui manque trop, et sans elle rien n’a plus d’intérêt. Il n’y a que lorsqu’il lui raconte ses visites et ses impressions par mail qu’il se sent heureux. C’est pourquoi la perspective de rentrer bientôt en Australie alors que Honey reste en Angleterre, inquiète Ash… Et si elle finissait par l’oublier ?
Bon, vu que la nouvelle est hyper courte, pas de chichi, on commence direct avec les questionnements intenses du jeune homme, sans aucun détail sur le voyage qu’il a entrepris ou ses aspirations – outre le fait que le-dit voyage a perdu de son intérêt, car il ne fait que penser à sa dulcinée et à la façon dont il lui racontera ses aventures. On retrouve, de fait, ce qu’on avait dans les premiers tomes : une petite histoire légère et mignonne mais certainement pas inoubliable (et sans doute assez dispensable).
Comme toujours, le volume se termine avec un échantillon de recettes en lien avec le titre, ce qui est toujours assez sympa pour les amateurs de pâtisseries !

Nicolas Eymerich, inquisiteur, Valerio Evangelisti (Intégrale, Le Livre de Poche, 2016).
Mars a aussi été synonyme de la lecture d’un énooorme pavé, le premier omnibus des aventures de Nicolas Eymerich, inquisiteur de la Sainte-Inquisition espagnole. Fantasy historique, donc, d’autant que Nicolas Eymerich a réellement existé (et commis un manuel inquisitorial très utilisé par ses pairs). Fantasy historique, mais pas que, car Valerio Evangelisti multiplie les bonds dans le temps et nous emmène à notre époque, dans les années 50, 60 ou 70, où l’on suit des personnages embarqués dans un projet scientifique qui sent le soufre. Et c’est là que l’auteur m’a un peu perdue. Autant je trouvais les allers-retours intéressants, autant ça ne m’a pas particulièrement emballée, tant je trouvais le tout éloigné des préoccupations de notre inquisiteur. Heureusement, les parties plus historiques m’ont totalement embarquée, ce qui fait que la lecture a été un peu en dents de scies. J’ai apprécié le projet, mais je suis restée un peu hermétique à la façon dont l’auteur a mené sa barque. Peut-être que je relirai cette série plus tard, à un autre moment, pour voir si je parviens à m’y plonger un peu mieux.

Rayon albums.

La Soupe au caillou, Clémentine Robach (La Chouette du Cinéma).

La soupe au caillou, vous connaissez ? C’est un grand classique des textes pour enfants. Ici, ce que j’ai trouvé intéressant, c’est d’avoir un double support, papier et numérique (si vous achetez le papier, vous avez forcément le numérique, mais vous pouvez n’acheter que le second). Clémentine Robach a quelque peu revisité le texte initial du conte : outre l’histoire autour de la solidarité et de l’entraide, elle a glissé une légère, mais néanmoins solide, critique de notre société contemporaine (égocentrée et culturellement peu curieuse). La version papier reprend les illustrations du numérique ; quant à la version numérique, interactive, elle propose plusieurs parcours de lecture (lambda, dyslexique, audio), ainsi que des petits jeux (qui ne fonctionnent pas sur toutes les plateformes, donc gare au choix du module de lecture). Je découvrais la collection, mais je garderai un œil sur leurs productions 🙂

Moi j’ai le droit, mais je dois, Elisabeth Brami & Clémence Pénicaud (Seuil Jeunesse). 
Cet album est à mi-chemin entre l’album à lire le soir (ou le matin, ou le midi…) et le petit documentaire. Elisabeth Brami et Clémence Pécaud traitent, tour à tour, des sujets d’importance (droit à l’instruction et à l’éducation, droit de rêver, d’aimer qui on veut, droit de dire non, droit de désobéir, droit à l’intimité, droit à la protection, droit d’expression et d’opinion ou de connaître ses origines…), toujours présentés de la même façon : il y a le droit, le devoir pendant et un scoop révélé. Voici un petit exemple :

« Moi, j’ai le droit de poser toutes les questions, même les plus embarrassantes ou bizarres, aux adultes.
Mais je dois trouver le bon moment pour le faire et accepter que les adultes ne soient pas toujours capables d’y répondre.
SCOOP : les parents ont l’air d’être sourds quand on parle fabrication des bébés, divorce, mort, mais ils ont toujours l’oreille fine pour les gros mots ! ».

Avec ça, les dessins sont hyper aérés, pleins de fraîcheur et apportent souvent un enrichissement (ou un petit contrepoint) au texte. J’ai beaucoup aimé cet album (à mettre entre toutes les petites mains, dès 6 ans), qui présente un très bon manuel de savoir-vivre pour devenir, dans l’ordre, un enfant bien élevé, un élève aimable, un adulte éclairé et un citoyen responsable.

Rayon bulles. 

Geronimo, Matz & Jef (Rue de Sèvres). 
Du même duo, j’avais lu l’année dernière Corps et âme, sur un scénario de Walter Hill. Cette fois, le duo auteur-illustrateur s’attaque à la figure mythique de Geronimo, ce chef indien qu’on a qualifié de « dernier Apache libre ». La BD revient longuement (en 120 pages) sur la vie et le parcours de l’homme, sur ses aspirations, ses réussites, ses échecs. Pour ce que j’en connaissais, la bande-dessinée m’a semblé historiquement assez fidèle à l’histoire de Geronimo et elle traduit bien l’ampleur de la duperie dont ont été victimes les tribus indiennes (chassées de leurs territoires ancestraux, trahies, déportées, etc).
Le scénario est vif et, une fois la B.D. entamée, j’ai eu du mal à m’arrêter. En revanche, côté dessins, j’ai été un peu moins emballée : les traits sont très anguleux et parfois j’ai eu du mal à situer qui était qui ou à comprendre l’action mise en scène. Dans le même rayon biographie historique, et toujours sur un scénario de Matz, j’avais préféré Julio Popper, dessinée par Chemineau (note à moi-même pour de nouvelles lectures).
Ceci étant dit, la B.D. est une belle porte d’entrée sur le sujet des guerres indiennes et sur celui de la colonisation des États-Unis.

Flying witch, tome 1, Chihiro Ishizuka (Nobi nobi).
Après Geronimo, changement total de style avec ce manga jeunesse publié chez Nobi nobi.
À son entrée au lycée, la jeune Makoto quitte la région de Tokyo pour le nord-est du Japon. Hébergée chez ses cousins Kei et Chinatsu, elle découvre les petits plaisirs d’une vie plus proche de la nature, où le temps semble s’écouler plus doucement. Mais le quotidien à la campagne ne s’annonce pas de tout repos pour autant, car Makoto est aussi une apprentie sorcière un peu étourdie !
J’ai été assez emballée par cette lecture, malgré quelques réserves, encore une fois liées au dessin. Celui-ci m’a semblé un peu lisse (façon anime et pas tellement publication papier) et parfois manquant un peu de richesse (au niveau des décors, notamment), ce qui fait que sur certaines pages, je suis un peu restée sur ma faim. Heureusement, l’ambiance est là pour rattraper le coup. Il y a un décalage assez drôle entre l’identité de Makoto et sa vie. Ainsi, on a l’impression que, pour certains, l’existence des sorcières est actée (Makoto essaie un balai en pleine rue) alors que, pour d’autres, c’est la découverte totale. De plus, on s’attache assez vite à la jeune fille car, outre ses pouvoirs magiques, elle est totalement dépourvue de sens de l’orientation, mais dotée d’une étourderie hallucinante. Donc elle vit un tas de mésaventures assez drôles. Finalement, le manga parle presque plus de vie quotidienne que de magie, quoique celle-ci ait droit à deux-trois scènes assez fortes (avec le livreur de printemps ou l’arrivée de la sœur aînée) et, bizarrement, cela fonctionne super bien. Du coup, je suis assez curieuse pour lire la suite.

Tops & Flops. 

Cœur piment, Cathy Cassidy. 
J’ai parlé de celui-ci un peu plus haut, donc je ne vais pas trop détailler. J’ai été un peu déçue que ce ne soit qu’une nouvelle, à peine plus fournie qu’un court chapitre de roman et qu’on en sache aussi peu sur Ash. Du coup, c’était mignon, mais pas franchement inoubliable – c’est d’autant plus dommage, car le volume précédent était vraiment chouette.

Bon, heureusement, les autres découvertes étaient vraiment chouettes.

Fangirl, Rainbow Rowell. 
J’ai sorti ce roman de ma PAL un peu par hasard et mazette ! Mais quelle riche idée ! Car j’ai carrément eu un coup de cœur pour l’histoire de Cath, une étudiante assez timide, auteure de fanfiction et qui a, il faut le reconnaître, une vie un peu mouvementée (même si tout donne l’impression que non). J’ai beaucoup aimé l’alternance entre la vie de Cath et les passages de sa fanfic : c’était surprenant, mais vraiment bien fait. Et ça m’a donné super envie de lire Carry on, qui est sorti depuis, et que j’ai découvert avec un immense plaisir aussi. Doublé gagnant !

Mercy Thompson, tome 8, La Faille de la nuit, Patricia Briggs. 
Mercy Thompson est une de mes séries favorites et ce tome 8 n’a pas dérogé à la règle. L’histoire est prenante dès le premier chapitre et permet, comme souvent, d’en savoir plus sur la mythologie de l’univers créé par Patricia Briggs – et cette fois encore, elle a mis le paquet. On refait, de plus, le lien avec ce qui s’est produit dans le tome 3 d’Alpha et Oméga donc, d’un point de vue politique, c’est tout aussi passionnant. Vivement la suite, donc !

L’Empire des tempêtes, tome 1, Hope & Red, Jon Skovron.
Et encore un bouquin passé à un cheveu du coup de cœur ! J’ai un petit faible pour la fantasy épique et le premier tome de la série de Jon Skovron a su m’emballer. Il y a des pirates (plein), des batailles navales, des courses-poursuites, de la magie ultra glauque à la limite de la technologie, une ville tentaculaire et des personnages hauts en couleur, dont j’ai suivi les aventures avec autant d’intérêt que de passion. J’ai hâte de lire la suite !

Citations.

« J’ai toujours eu un faible pour les femmes méchantes et sournoises. (Adam)
Je fronçai le nez.
– Je savais que tu les aimais sournoises, mais méchantes, je l’ignorais. D’accord. Puisque c’est ça, plus de cookies pour toi. Je les donnerai au reste de la meute.
[…]
– Je ne les aime qu’un petit peu méchantes, confia Adam d’une voix rauque qui accéléra les battements de mon cœur. La rétention de cookies est d’une méchanceté diabolique. »
La Faille de la nuit, Patricia Briggs. 

***

« Le temps qu’elles arrivent à la porte, l’estomac de Cath avait pris pleinement conscience de ce qui se passait et commençait à lui consumer les entrailles. Sa respiration, elle, frôlait de peu l’hyperventilation.
Cath n’arrivait pas pas à croire ce qu’elle était en train de faire : un garçon, une fête, des inconnus, de la bière, des inconnus, une fête, un garçon, d’innombrables contacts visuels. »

« Cath jeta un coup d’oeil en direction de Wren : elle présentait leur père à Jandro. Wren avait l’air d’une poubelle humanoïde, mais Jandro la contemplait comme s’il regardait la Dame du Lac. »

« J’aimerais pourvoir revenir à ce matin où je me suis réveillé ici, pour pouvoir avoir une vraie conversation avec moi-même. On aurait peut-être évité toute cette merde…
– D’ailleurs, si des gens avaient des machines à voyager dans le temps, dit-elle à brûle-pourpoint, tu penses qu’ils les utiliseraient pour voyager dans le futur ou qu’ils se contenteraient de vouloir modifier le passé ? »

« Elle bomba la poitrine. Tout allait bien de ce côté-là ; ça, elle le savait. En tout cas, elle en avait suffisamment pour que personne ne l’ait un jour traitée de planche à pain. Pour autant, elle aurait aimé en avoir un peu plus, histoire d’établir un semblant de cohérence avec ses hanches larges. Qui plus est, cela lui éviterait de devoir consulter la section « Poire » dans les manuels de mode qui vous prodiguaient des conseils en fonction de votre morphotype. Ces manuels essaient toujours de vous faire croire que la mode s’adapte à tout type de physique mais, lorsque votre morphologie se rapproche de celle d’un bonhomme de neige dessiné par un enfant de trois ans, l’argument perd rapidement en crédibilité. »

« Cath dévisagea Reagan. Même sans son maquillage et sa coiffure au point, cette fille était intimidante : rien ne l’effrayait. Rien ne pouvait la faire hésiter. Lui parler, c’était comme se tenir en face d’un train lancé à pleine vitesse. »
Fangirl, Rainbow Rowell.

***

« Un pouvoir incroyable m’a envahi. J’ai l’impression d’être capable de voir sans ouvrir les yeux, de me transformer en nova si j’en ai envie et de posséder ma propre galaxie. Ça fait le même effet, d’être Simon Snow ? Comme si j’avais l’infini dans ma poche ? »

« Partager la chambre de la personne dont tu as le plus envie, c’est comme cohabiter avec le feu. Il t’attire sans cesse. Et tu t’approches trop. Tu sais pourtant qu’il ne faut pas, qu’il n’y a rien de bon à attendre de ça. Mais tu le fais.
Et alors…
Et alors, tu brûles. »

« Et comment je suis censé être au courant de tout ? Il n’y a pas de livre sur la magie, si ? Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la magie : les histoires vraies et toutes les conneries que vous avez toujours crues. »

« Sa baguette magique peine même à sortir les sorts les plus courants et quand, parfois, il tente une métaphore, de façon vicieuse, la formule s’applique au pied de la lettre. Comme quand il a lancé Poils du chien ! à Agatha, en sixième année, pour l’aider à se remettre d’une gueule de bois, et qu’elle s’est retrouvée couverte de poils. Je crois que c’est la dernière fois que Simon a pointé sa baguette vers quelqu’un. Et qu’Agatha a bu. »

« Ça marcherait, sur toi ? ai-je demandé.
– Quoi ?
– Un pieu.
– Je crois qu’un pieu planté dans le cœur tuerait n’importe qui, Snow. »
Carry on, Rainbow Rowell.

Brèves de comptoir #137

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : 5 titres de SF inratables selon les Inrocks !

Le magazine a livré ses conseils de lecture SF pour le printemps. Et c’est à découvrir ici.

Mardi : rencontre avec Scott Lynch aux Imaginales !

Scott Lynch sera présent à Épinal du 18 au 21 mai ; pour l’occasion, Elbakin.net vous propose de participer à un petit-déjeuner-rencontre avec l’auteur, le dimanche 21 mai, à 9h.
Les inscriptions se font auprès d’Elbakin.net, par courriel, à cette adresse : asso@elbakin.net – ou bien sur le forum, par message privé à Izareyael. Le message devra contenir vos nom, prénom, adresse de courriel et numéro de téléphone portable. Il n’est pas nécessaire de faire partie de l’association Elbakin – mais vous pouvez bien évidemment les rejoindre.
Si vous êtes intéressé, n’hésitez pas à leur écrire assez vite : les places sont limitées ! Le repas reste à charge de chaque participant (10€, à régler sur place).
Si vous ne pouvez pas participer, mais que vous souhaitez tout de même poser des questions à l’auteur, vous pouvez les faire parvenir à Elbakin.

Mardi encore : pourquoi Ian McKellen n’a-t-il pas joué Dumbledore ?

Ian McKellen, dans l’émission Hardtalk de la chaîne BBC, a expliqué pourquoi il n’a pas repris le rôle de Dumbledore suite au décès de Richard Harris. Celui-ci, en effet, le classait dans la catégorie des acteurs techniquement doués mais jouant sans passion ; Ian McKellen n’a donc pas souhaité reprendre le rôle de quelqu’un dont il savait qu’il désapprouvait son jeu d’acteur.

Mercredi : les titres nominés au Prix Imaginales !

Créé en mai 2002, à l’initiative de la Ville d’Epinal, le Prix Imaginales est le premier prix exclusivement consacré à la fantasy en France. Il récompense à la fois des écrivains, des illustrateurs, des essayistes ou des traducteurs. Un jury composé de journalistes, de critiques et de spécialistes départage les meilleures œuvres de fantasy dans six catégories ; les six lauréats reçoivent un prix doté.
L’annonce des prix se fait début mai, afin de pouvoir, dans la mesure du possible, accueillir les auteurs récompensés aux Imaginales à Epinal.

Roman francophone :
Le Souper des maléfices, Christophe Arleston (Actusf)
Journal d’un marchand de rêves, Anthelme Hauchecorne (L’Atelier Mosésu)
La Résurrection du dragon – Les Chroniques de l’étrange, Romain d’Huissier (Critic)
Le Village, Emmanuel Chastellière (Les éditions de l’instant)
La Main de l’empereurOlivier Gay (Bragelonne)
La Stratégie des as, Damien Snyers (Actusf).

Roman étranger traduit :
Refuge 3/9, Anna Starobinets, traduction de Raphaëlle Pache (Agullo).
Merfer, China Miéville, traduction de Nathalie Mège (Outrefleuve).
Les Légions de poussière, Brandon Sanderson, traduction de Mélanie Fazi (Outrefleuve).
Le Bibliomancien – Magie ex-libris t.1, Jim C.Hines, traduction de Lionel Davoust (L’Atalante).
Le Fleuve céleste, Guy Gavriel Kay, traduction de Mikael Cabon (L’Atalante), traduction de Mikael Cabon
Le Tropique des serpents – Mémoire par Lady Trent t.2, Marie Brennan, traduction de Sylvie Denis (L’Atalante).

Jeunesse :
Les Loups chantants, Aurélie Wellenstein (Scrineo)
Les Mystères de Larispem, Lucie Pierrat-Pajot (Gallimard)
Panique dans la mythologie : l’Odyssée d’Hugo, Fabien Clavel (Rageot)
Ceux qui marchent dans les ombres – Scorpi t.1, Roxanne Dambre (Calmann-Lévy)

Illustration :
♥ Aurélien Police, pour les couvertures de la trilogie La Voie des oracles, d’Estelle Faye (Scrinéo)
Carnets de croquis, (Armada)
Nicolas Fructus, pour les illustrations de Gotland, (Le Bélial)
Marc Simonetti, pour la couverture de Le Village, d’Emmanuel Chastellière (Les éditions de l’instant)
Richard Henry, pour la couverture de L’Héritage des sombres, de Pascal Lovis (Société jurassienne d’émulation)

Catégorie nouvelle :
Le Clin d’œil du héron, Jean-Claude Dunyach (L’Atalante)
Le Truc qui ressemble à une machine, Karim Berrouka – in Anthologie officielle des Utopiales 2016 (Actusf)

Catégorie prix spécial du Jury :
J.R.R Tolkien, auteur du siècle, Tome Shippey (Bragelonne), traduction d’Aurélie Brémont
Game of Thrones, une métaphysique des meurtres, Marianne Chailland (Le passeur)
Le numéro n°1044 d’Europe, avril 2016, consacré à Lovecraft et Tolkien.

Mercredi encore : rencontres chimériques d’Égly !

La première édition des Rencontres Chimériques aura lieu les 26 et 27 mai 2017 à Égly (Foyer Jean-Claude Moulin, 6 Grande Rue, 91520 Égly) ; le salon est dédié aux littératures de l’imaginaire avec pour thème, cette année, le voyage dans le temps.
Pour connaître les invités de cette édition, direction le site ou la page Facebook !

Jeudi : rencontres d’Encre en Corrèze !

Eh non, Encres & Calames n’organise pas – encore – de meet-up 😉
Les Rencontres d’Encre, c’est un tout nouveau salon du livre dédié au polar et aux littératures de l’imaginaire, qui se tiendra les 3 et 4 juin 2017 à Tulle-en-Corrèze (près de Limoges). C’est l’association Pour l’amour des livres qui l’organise avec pour objectif la mise en valeur des auteurs et nouveaux talents des deux genres, peu invités par les autres salons. Pour cette première édition, une douzaine d’auteurs seront présents, parmi lesquels Matthieu Biasotto, Nicolas Le Breton, Michaël Fenris, Katia Campagne, Arnaud Codevilleæ, Théo Lemattre…

Autre particularité du salon : tous les auteurs invités ont participé à l’écriture d’un recueil de nouvelles, lequel sera publié à l’occasion du salon.

Notez qu’un financement participatif a été mis en place pour permettre le lancement du-dit salon (il reste encore deux jours pour participer et, à l’heure où je rédige cette brève, il manque encore quelques 30% de la somme. Le compte n’est pas loin d’être bon !).
Pour en savoir plus, jetez un œil au projet sur Ulule, ou bien à la page Facebook de l’événement.

Vendredi : les nominés au Prix Hugo !

Les titres sélectionnés en finale du Prix Hugo  viennent d’être annoncés. Il est possible de voter jusqu’au 15 juillet ; les gagnants seront annoncés au cours de la Worldcon, 75e Convention mondiale de la SF, qui se tiendra du 9 au 13 août 2017 à Helsinki (Finlande).

Voici les finalistes :

Meilleur roman :

All the Birds in the Sky, Charlie Jane Anders (Tor ; Titan UK)
A Closed and Common Orbit, Becky Chambers (Hodder & Stoughton ; Harper Voyager US)
The Obelisk Gate, N.K. Jemisin (Orbit US ; Orbit UK)
–  Ninefox Gambit, Yoon Ha Lee (Solaris US ; Solaris UK)
Death’s End, Cixin Liu (Tor ; Head of Zeus)
Too Like the Lightning, Ada Palmer (Tor)

Meilleure novella :

–  Penric and the Shaman, Lois McMaster Bujold (Spectrum Literary Agency)
The Dream-Quest of Vellitt Boe, Kij Johnson (Tor.com Publishing)
The Ballad of Black Tom, Victor LaValle (Tor.com Publishing)
Every Heart a Doorway, Seanan McGuire (Tor.com Publishing)
This Census-Taker, China Miéville (Del Rey ; Picador)
A Taste of Honey, Kai Ashante Wilson (Tor.com Publishing)

Meilleure Novelette :

« The Art of Space Travel », Nina Allan (Tor.com 7/27/16)
« Touring with the Alien », Carolyn Ives Gilman (Clarkesworld 4/16)
Alien Stripper Boned from Behind by the T-Rex, Stix Hiscock (auto-édition)
« The Tomato Thief », Ursula Vernon (Apex 1/5/16)
The Jewel and Her Lapidary, Fran Wilde (Tor.com Publishing)
« You’ll Surely Drown Here If You Stay », Alyssa Wong (Uncanny 5-6/16)

Meilleure nouvelle :

« Our Talons Can Crush Galaxies », Brooke Bolander (Uncanny 11-12/16)
« Seasons of Glass and Iron », Amal El-Mohtar (The Starlit Wood)
« The City Born Great », N.K. Jemisin (Tor.com 9/28/16)
« That Game We Played During the War », Carrie Vaughn (Tor.com 3/16/16)
« A Fist of Permutations in Lightning and Wildflowers », Alyssa Wong (Tor.com 3/2/16)
« An Unimaginable Light », John C. Wright (God, Robot)

Meilleurs travaux liés :

The Princess Diarist, Carrie Fisher (Blue Rider)
Women of Harry Potter series of posts, Sarah Gailey (Tor.com)
 The View from the Cheap Seats, Neil Gaiman (Morrow ; Headline)
The Geek Feminist Revolution, Kameron Hurley (Tor)
Words Are My Matter : Writings About Life and Books, 2000-2016, Ursula K. Le Guin (Small Beer)
Traveler of Worlds : Conversations with Robert Silverberg, Robert Silverberg & Alvaro Zinos-Amaro (Fairwood)

Meilleur roman graphique :

Black Panther, Volume 1 : A Nation Under Our Feet, Ta-Nehisi Coates & Brian Stelfreeze (Marvel)
The Vision, Volume 1 : Little Worse Than A Man, Tom King & Gabriel Hernandez Walta (Marvel)
Monstress, Volume 1 : Awakening, Marjorie Liu & Sana Takeda (Image)
Paper Girls, Volume 1, Brian K. Vaughan & Cliff Chiang (Image)
Saga, Volume 6, Brian K. Vaughan & Fiona Staples (Image)
Ms. Marvel, Volume 5 : Super Famous, G. Willow Wilson, Takeshi Miyazawa, Adrian Alphona & Nico Leon (Marvel)

Meilleur long-métrage

Arrival
 Deadpool
 Ghostbusters
 Hidden Figures
 Rogue One
 Stranger Things, Season One

Meilleur court-métrage

Black Mirror : San Junipero (S3E4)
Doctor Who : The Return of Doctor Mysterio (Noël 2016)
The Expanse : Leviathan Wakes (S1E10)
Game of Thrones : Battle of the Bastards (S6E9)
Game of Thrones : The Door (S6E5)
Splendor & Misery

Meilleur éditeur de textes courts

John Joseph Adams
Neil Clarke
Ellen Datlow
Jonathan Strahan
Lynne M. Thomas & Michael Damian Thomas
Sheila Williams

Meilleur éditeur de textes longs

Vox Day
Sheila E. Gilbert
Liz Gorinsky
Devi Pillai
Miriam Weinberg
Navah Wolfe

Meilleur artiste

Galen Dara
Julie Dillon
Chris McGrath
Victo Ngai
John Picacio
Sana Takeda

Les autres nominés sont visibles ici.

Vendredi encore : la fantasy française et les cases !

Ariane Schwab a interrogé Nathalie Prince, professeure de littérature à l’université du Maine, à propos de la fantasy francophone. L’échange est à lire sur Bookwitty !

 

Bon dimanche !