[2018] Petit bilan de mars.

Mars a été riche en lectures – mais, une fois de plus, pas en chroniques. Un jour, j’aurais rattrapé tout mon retard !
A défaut, le rendez-vous se dote (enfin !) d’un logo !

Carnet de lectures.

Rayon romans.

Comment un écureuil, un héron et une chouette sauvèrent le père de Casper, Horatio Clare et illustré par Jane Matthews (PKJ).
De temps en temps, je lis des romans jeunesse pour les plus jeunes (à partir de 9 ans) et celui-ci en fait partie et aborde un sujet pas si courant en littérature jeunesse, puisqu’il évoque la dépression d’un parent ! Casper coule une existence paisible dans la petite ville anglaise de Woodside Terrace… Jusqu’à cet été où son père, Jim, change du tout au tout : il ne mange plus, ne sourit plus, ne travaille plus et reste cloué au lit. Quel mauvais sort s’est abattu sur lui ? Une chose est sûre, Casper ne l’abandonnera jamais et il va pouvoir compter sur l’aide, un brin inattendue, des animaux de la forêt alentour.
C’est donc sous des dehors fantastiques que l’intrigue est abordée et, si la résolution peut sembler quelque peu tirée par les cheveux, elle véhicule avant tout des messages très positifs sur cette terrible maladie qu’est la dépression et sur ce que peuvent envisager les proches pour aider les leurs. Le texte est très abordable et les illustrations de Jane Matthews l’ornent à merveille. Une chouette découverte, donc !

Le Dernier saut, Alexandra Sirowy (PKJ).
Cette fois, c’est un thriller pour les ados auquel je n’ai pas du tout, mais alors pas du tout accroché.
Au début de l’été, Ben, le demi-frère adoré de Lana, disparaît sous ses yeux. Les vacances suivent leur cours, mais les fêtes sur la plage et les premiers émois amoureux sont teintés d’inquiétude. Quand Lana et ses amis trouvent le corps de Maggie, l’ex-petite amie de Ben, tout est remis en question : ce dernier est-il mort ? Maggie est-elle impliquée ? Et si Lana était la prochaine victime sur la liste ?
Si je n’ai pas accroché, c’est avant tout parce que l’intrigue reposait sur un élément que j’ai vu venir dès les premiers chapitres. Difficile, donc, d’être surprise par les rebondissements et la conclusion. À cela s’est ajouté le fait que l’histoire manque de rythme comme de suspens, et tente de jouer sur la corde fantastique pour meubler – sans succès. Accessoirement, j’ai trouvé les personnages cliché au possible et donc, en définitive, je n’ai pas accroché à l’histoire. Mauvaise pioche, donc.

Rayon bulles.

Issak, tome 1, Shinji Makari (Ki-oon, Seinen).
1620. L’Europe est déchirée par une guerre qui oppose catholiques et protestants. Dans la forteresse de Fuchsburg, en Allemagne, des réfugiés affluent de toute la région. Parmi eux se trouve Issak, un guerrier hors pair au talent de tireur inégalé. Avec ses longs cheveux noirs, ses yeux bridés, son sabre et son imposant fusil, il ne passe pas inaperçu… Venu du Japon, il combat comme mercenaire aux côtés des protestants. En réalité, il n’a qu’un but : laver l’honneur de son maître assassiné. Le meurtrier se serait mis au service des catholiques, et Issak parcourt les champs de bataille pour le retrouver ! Mais cette fois, la situation est désespérée : cernée par l’ennemi, Fuchsburg semble vouée à la destruction… Le samouraï errant parviendra-t-il à changer le cours de l’histoire ?
Ce n’est pas le premier manga d’inspiration historique que je lis chez Ki-oon et, une fois de plus, j’ai trouvé celui-ci passionnant. Ce premier tome permet vraiment de se faire une idée de la situation générale et l’auteur prend le temps d’installer à la fois les personnages, les lieux et les motifs de la guerre (et vu la complexité du conflit, ce n’est pas évident). Il s’est appuyé sur une gravure montrant des combattants japonais à cette époque et dans ces lieux : l’histoire est bien documentée et l’on apprend (déjà) une foule de choses dans ce premier tome. Vu qu’il s’agit de l’exposition (et qu’il s’agit avant tout d’une histoire de siège), le manga manque un peu de rythme mais, comme je le disais plus haut, la lenteur sied à la complexité de l’intrigue.

Tops & Flops.

Du côté des flops, je n’ai guère que Le Dernier saut à mentionner, et dont j’ai brièvement parlé ci-dessus. Vraiment, ce n’était pas ma came, la faute à ce rebondissement final que j’ai vu venir dès le début (pas de bol, quoi). J’ai (de la même auteure) L’Ombre de Stella dans ma PAL, je compte tout de même lui donner une chance un de ces quatre !

Côté belles découvertes, j’ai l’embarras du choix ce mois-ci avec pas moins de trois coups de cœur. Trois dans le même mois, incroyable !

Tout d’abord, il y a eu Le Gang des prodiges de Marissa Meyer, qui ne me branchait pas plus que cela. Et en fait, je suis tombée dans une histoire truffée de super-héros, sur fond de dictature bienveillante (ou qui ne dit pas son nom), avec un tas de réflexions passionnantes. Génial ! J’ai hâte de lire la suite !

Ensuite, il y a eu La longue marche des dindes, de Kathleen Karr, un roman pour les plus jeunes, qui remet à l’honneur le western avec cow-boys, esclaves en fuites, Amérindiens et autres colons égarés. C’est drôle, c’est prenant, c’est bien écrit, bref, je recommande chaudement.

Enfin, je me suis enfin (ENFIN) décidé à lire De Cape et de mots, le premier roman de Flore Vesco et, mes aïeux, quelle génialissime découverte !! C’est un excellent roman historique et de cape et d’épées à proposer aux plus jeunes, drôle, inventif et qui se lit en moins de deux. Une pure merveille !

Citations.

« Je me demande si je les aurais lus si je n’essayais pas autant de m’intégrer. Parce que j’ai beau être française, on ne me regarde pas comme française, on me regarde comme un exemple d’intégration réussie. Et ce n’est pas normal. Mes grands-parents venaient d’un autre pays, d’une autre culture, c’est eux qui se sont intégrés. Je parle arabe avec eux, mais ma mère et moi sommes nées ici et nous nous parlons dans notre langue, le français. Nous ne devrions rien avoir à prouver.. »

« J’ai à nouveau besoin d’une pause. Les terroristes sont entrés au Bataclan et Marie-Castille est morte. Elle fait partie des premiers touchés, ceux pour qui ça s’est terminé en moins de cinq minutes. Il n’était même pas 22 heures. Depuis nous nous sommes trompés. Parce que, de notre côté, nous avons patienté, nous avons espéré, nous nous sommes démenés, sans savoir que notre vie d’avant avait pris fin. Je ne comprends pas celle qui nous attend maintenant. J’ai l’impression qu’elle est comme ces fermetures Éclair que l’on n’arrive pas à remettre sur leurs rails. On hésite à jeter la trousse ou le vêtement parce qu’on y tenait, et puis peut-être que quelqu’un va arriver à réparer la fermeture, mais personne n’y arrive, ou ça ne tient pas longtemps. Mais on ne peut pas poser une vie de côté comme on le fait d’un vêtement. Non, vraiment, je ne comprends pas ce qu’il va falloir faire. »

« C’est quoi, le malaise ?
J’ai un petit rire :
– C’est marrant, comme question…
Il me regarde sans trop voir ce qu’il y a de marrant.
– Non, dis-je, c’est que vous êtes le seul à l’avoir posée. Tout le monde a mis ça sur le compte de l’adolescence et d’une année difficile…
Nous savons à quel point cet adjectif est en-dessous de ce que nous avons vécu et vivons toujours, et je lui dis soudain ce que je n’ai réussi à dire personne :
– Je ne supporte plus qu’on attende de moi que je sois un exemple. Je ne supporte plus d’avoir à prouver que si on donne une chance aux « gamins de banlieue », ils réussissent, que si on tend la main aux musulmans, ils ne se font pas sauter dans les lieux publics. Je ne supporte plus qu’on attende de moi que je prouve que le « modèle républicain » fonctionne. Je n’en peux plus de ces expectatives qui m’étouffent et m’empêchent de réfléchir pour moi-même. On ne peut pas réfléchir quand on ne peut même pas respirer !»
Paris est tout petit, Maïté Bernard.

***

« Avec la vivacité d’une étoile de mer, la princesse de Rousserolle se mit à réfléchir. C’était un exercice nouveau pour elle. »
De Cape et de mots, Flore Vesco.

***

« Simon,elle a repris, il m’est très pénible de te le dire, mais tu te rends bien compte…
-Oui, m’dame ?
– Tu te rends bien compte que tu viens d’achever ton CE1. Pour la quatrième fois.
– Oui , m’dame. Ç’a été encore plus plaisant que d’habitude.
Elle a froncé les sourcils.
– Quoi qu’il en soit… Je crois que tu as exploré jusqu’aux tréfonds les arcanes du CE1, Simon. Je crois qu’il est temps pour toi de le quitter.
J’ai sauté de joie.
– Ça veut dire que je vais enfin passer en CE2 ?
– Hélas non. Tu es déjà le plus âgé de mes élèves, Simon Green. Si fort que j’ai pu apprécier ta compagnie, il est temps pour toi d’affronter le monde. De déployer tes ailes. »
La longue marche des dindes, Kathleen Karr.

***

« Ouais, on ne t’a pas encore accepté, alors il va falloir que tu te tiennes à carreau, ajouta Nour à l’attention de Thomas. Personne ne t’a dit que la validation des copines était super importante ?
– Non, répondit-il en arquant un sourcil. C’est ennuyeux, ces produits sans mode d’emploi. On monte toujours un truc à l’envers. »

« Tu crois que tu peux occuper tes copines un instant, qu’elles ne fassent pas attention à moi ?
– Je ne veux pas te vexer, mais Célia n’a d’yeux que pour David et Nour est encore stressée de ne pas avoir compris l’exo de maths. Elles se moquent complètement de toi.
– Ci-gît mon orgueil frappé à mort. Très bien. Assure-toi que ça ne change pas. »

« Super. Amusez-vous bien. Moi, je vais m’entraîner. A un moment, il faudra aussi te préoccuper d’améliorer ta technique à l’escrime, Chloé. Tu es douée, mais tu ne maîtrises pas encore tes nouveaux pouvoirs. A l’occasion, je pourrai te donner un ou deux cours.
– A l’occasion, répondis-je d’une voix que j’espérais détachée. (UN COURS PARTICULIER AVEC DAVID WTF ZOMG CŒUR SUR LUI CŒUR CŒUR – hum). Bonne soirée !
La porte se referma sur lui et je me retournai pour voit Thomas m’observer avec un sourire un peu plus appuyé que d’habitude.
– Tu sais que je peux ressentir tes émotions, hein. Quand tu les projettes comme ça, je me retrouve inexplicablement attiré par David, et ça perturbe un peu mon univers de mâle hétéro.
J’aurais voulu mourir de honte mais comme j’étais déjà morte, bah c’était déjà ça de gagné. »
Le Calme et la Tempête, Olivier Gay.

***

« J’ai abandonné Willa et je me suis cachée dans les toilettes. Assise sur l’abattant, j’ai pleuré jusqu’au cours d’après. Les filles suivaient des règles compliquées et silencieuses. Qui savait que porter des sous-vêtements noirs voulait dire qu’on voulait coucher ? Ou que porter un anneau à l’orteil ou manger une banane dans le couloir voulait dire qu’on était une obsédée ? Pas moi. Je ne comprenais pas non plus qu’une fille qui voulait avoir des relations sexuelles soit une « pute », mais que de la part d’un garçon, ce soit normal. Le proviseur adjoint disait toujours que la jupe de Machine ou de Truc était trop courte et que ça distrayait les garçons. Accuser les filles du comportement des mecs, croire qu’une fille et un garçon désiraient des choses différentes, c’était moyenâgeux. »
Le Dernier saut, Alexandra Sirowy.

 

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Brèves de comptoir #175

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

 

Lundi : Fondation bientôt en série ?

C’est Apple qui a acquis les droits de la série d’Isaac Asimov ; l’adaptation sera sous la responsabilité de David S. Goyer (qui a coscénarisé The Dark Knight de Christopher Nolan), qui sera également producteur et scénariste, aux côtés de Josh Friedman  (qui a écrit, entre autres, La Guerre des mondes de Spielberg). Pour l’instant aucune date de parution n’a été annoncée ; Apple, de son côté, compte lancer son service de vidéo à la demande en 2019 – ce qui laisse un peu de temps pour découvrir ou redécouvrir l’oeuvre d’Asimov, en imaginant qu’elle soit parmi les premières à visionner.

Lundi encore : la SF dans la BD française, appel à contributions !

La revue ReS Futurae prépare, pour son numéro 14, un dossier sur la présence de la SF dans la bande-dessinée d’expression française.
Les propositions d’articles (250 mots) accompagnées d’une brève bio-bibliographie sont à envoyer avant le 31 mai 2018 à Alain Boillat (alain.boillat@unil.ch). La date de remise des articles est fixée au 31 janvier 2019.
Toutes les infos ici.

Lundi toujours : la grève en trains !

En cette période de disette ferroviaire, Jacques Lob et Jean-Michel Truong vous proposent sur Actusf une sélection de romans de science-fiction qui mettent le train à l’honneur !

Mardi : Prix Imaginales des Collégiens !

Créé en 2009, le Prix Imaginales des Collégiens, PIC pour les intimes, a pour but de promouvoir les littératures de l’imaginaire auprès du jeune public, en lui proposant des sélections riches et variées. Tous les ans, les collégiens sont appelés à voter pour leur titre préféré, qui se voit attribuer la prestigieuse récompense au cours des Imaginales (Épinal).

Les collégiens ont voté et, cette année, c’est Camille Brissot qui l’emporte avec La Maison des Reflets !

Les titres sélectionnés sont visibles ici.

Mardi encore : n°12 de Gandahar en librairie aujourd’hui !

Le n°12 de la revue Gandahar, consacré aux grandes dames de la SF française est désormais disponible dans les librairies et sur leur site.

Mardi toujours : Pierre Pelot arrête l’écriture !

L’auteur, figure de proue des littératures dites de genre, vient de mettre un point final à son roman Braves gens du purgatoire, qui sera aussi celui de sa carrière littéraire. Il s’en explique sur les réseaux sociaux.

Mercredi : les auteurs présents aux Futuriales 2018 !

Elles auront lieu le 5 mai, au parc Dumont d’Aulnay-sous-Bois (92). Le site de l’événement liste les 46 auteurs présents !

Mercredi encore : Léo Henry et la première bourse Dystopia !

Les éditions Dystopia ont lancé une bourse d’aide à la création constituée par des mécènes. Le premier auteur à en bénéficier est Léo Henry et il présente son projet ici.

Mercredi toujours : des nouvelles gratuites !

Et ce sont Les Indés de l’imaginaire qui régalent avec, ce mois-ci, quatre nouvelles gratuites :
– « Une collection d’ennuis », d’Alex Evans, dans l’univers de Sorcières associées.
– « 
Fichu chaudron », d’Elisabeth Ebory, dans l’univers de La fée, la pie et le printemps.
– « 
Le gnome qui voulut être fée », d’Audrey Alwett, dans l’univers des Poisons de Katharz.
– « 
Chapeau melon et homme en noir », d’Olivier Gechter, dans l’univers du Baron noir.

Elles sont disponibles ici.

Et pour les amateurs de versions audio, n’oubliez pas le podcast Coliopod, qui vous propose gratuitement des nouvelles d’imaginaire francophone.

Jeudi : appel à texte chez Fabula !

Le centre de recherche en littérature Fabula lance un appel à textes sur le thème : Origine, filiation et famille dans l’œuvre de René Barjavel.
Les propositions de communication d’environ 600 mots, accompagnées d’une notice biobibliographique, sont à envoyer avant le 31 juillet 2018 à Natacha Vas-Deyres, Karen Vergnol-Rémont et Élisabeth Stojanov (colloque.barjavel@gmail.com)

Les articles qui auront été retenus recevront une réponse le 15 août ; le colloque, quant à lui, se déroulera les 29 et 30 octobre 2018 à Clermont-Ferrand. Infos supplémentaires ici.

Jeudi encore : les invités d’Étonnants voyageurs !

Le festival malouin invite, comme tous les ans, des auteurs d’imaginaire. La liste complète des invités est visible ici.

Vendredi : le Neverland n°32 est en ligne !

Le trimestriel des éditions Bragelonne/Milady/Castelmore est disponible en ligne.

Vendredi encore : Harry Potter : Hogwarts mystery !

Le jeu mobile adapté de la série de J.K. Rowling était prévu pour le printemps 2018 et sortirait officiellement le 25 avril ! Vous pouvez en découvrir plus sur le site officiel. (Pour ceux qui attendaient le jeu Harry Potter dérivé de Pokémon Go, il va falloir faire encore preuve d’un peu de patience : aucune nouvelle à ce jour).

En attendant la sortie, voici le trailer :

Vendredi toujours : 15e vide-grenier du Geek à Lyon !

Dimanche 22 avril se tiendra le 15e vide-grenier du Geek à la MJC Monplaisir (25, avenue des Frères Lumière, Lyon 8e), de 10h à 17h, dans le cadre du festival Les Intergalactiques. Vous y trouverez un tas d’objets de la culture geek : consoles et jeux vidéo, évidemment, mais aussi comics, BD, mangas, romans SFFF, figurines, jeux de société, films, jeux de cartes et goodies en tous genres. Les inscriptions exposants sont closes mais les badauds sont les bienvenus !
Plus d’infos ici.

Bon dimanche !

Brèves de comptoir #174

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

 

Mardi : à la découverte d’Un jardin planétaire !

Sur Un jardin planétaire, Violynea propose des articles de fond sur les féminismes, les sciences et la SF. Je vous laisse y découvrir ses écrits !

Mercredi : la réponse de Norbert Merjagnan à Muriel Pénicaud !

Si vous fréquentez le net, il ne vous aura sans doute pas échappé que la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a encore perdu une occasion de se taire. En effet, comme beaucoup de ses congénères, elle n’est pas avare de phrases qui claquent mais qui s’avèrent rapidement pleines de vide. Le rapport avec l’imaginaire ? Voici la saillie en question :

Comme le savent les lecteurs d’imaginaire, c’est fait depuis longtemps. D’ailleurs, le premier bouquin qui m’est venu à l’esprit en lisant cela, c’est L’Oiseau d’Amérique de Walter Tevis. Publié en 1980.
Mais très de bavardage, je vous laisse découvrir la réponse qu’a faite Norbert Merjagnan sur Usbek & Rica !

Vous pouvez également regarder cette vidéo !

Jeudi : des prix, plein de prix !

Shortlist du GPI !

Le GPI, qu’est-ce que c’est ? Le Grand Prix de l’Imaginaire (ou GPI) récompense, dans 12 catégories différentes, des œuvres de l’imaginaire depuis 1992 ; le prix existe en fait depuis 1974 mais se concentrait alors sur la SF. La remise du prix aura lieu, comme les années précédentes, dans la Maison de l’Imaginaire pendant le festival Saint-Malo Étonnants Voyageurs, le 20 mai 2018, vers 18 h. Et voici la shortlist :

1) Roman francophone

La Désolation de Pierre Bordage (Bragelonne)
Toxoplasma de Calvo (La Volte)
Le Temps de Palanquine de Thierry Di Rollo (Le Bélial’)
La Société des faux visages de Xavier Mauméjean (Alma)

2) Roman étranger

La Bibliothèque de Mount Char de Scott Hawkins (Denoël, Lunes d’encre)
Bagdad, la grande évasion ! de Saad Z. Hossain (Agullo)
L’Arche de Darwin de James Morrow (Au diable vauvert)
2312 de Kim Stanley Robinson (Actes Sud, Exofictions)

3) Nouvelle francophone

« Serf-Made-Man ? ou la créativité discutable de Nolan Peskine » d’Alain Damasio (in Au bal des actifs, La Volte)
L’Empire électrique  de Victor Fleury (Bragelonne)
« Carnaval, l’Aire Tripartite » de Laurent Genefort (in Bifrost n°86)
Point du jour de Léo Henry (Scylla)
Few of us de luvan (Dystopia)
« Terre de Brume » de Cindy Van Wilder (in Galaxies n°47)

4) Nouvelle étrangère

« Qui t’attendra sur le pas de la porte ? » de Lesley Nneka Arimah (in Galaxies n°46)
Danses aériennes de Nancy Kress (Le Bélial’ & Quarante-Deux)
Certains ont disparu et d’autres sont tombés de Joel Lane (Dreampress)
Des vampires dans la citronneraie de Karen Russell (Albin Michel)

5) Roman jeunesse francophone

Sang maudit d’Ange (Castelmore)
La Maison des reflets de Camille Brissot (Syros)
Power Club, tomes 1 & 2, d’Alain Gagnol (Syros)
Les Mystères de Larispem, tomes 1 & 2 de Lucie Pierrat-Pajot (Gallimard jeunesse)
Roslend, tomes 1 & 2, de Nathalie Somers (Didier jeunesse)

6) Roman jeunesse étranger

Robot sauvage de Peter Brown (Gallimard jeunesse)
Les Cartographes, tomes 1 à 3 de S.E. Grove (Nathan)
Esclaves de Vic James (Nathan)
Diabolic – Protéger ou mourir de S.J. Kincaid (Bayard)
La Faucheuse de Neal Shusterman (Robert Laffont)

7) Prix Jacques Chambon de la traduction

Jean-Daniel Brèque pour Certains ont disparu et d’autres sont tombés de Joel Lane (Dreampress), La Bibliothèque de Mount Char de Scott Hawkins (Denoël, Lunes d’encre) et Apex de Ramez Naam (Presses de la Cité)
Michelle Charrier pour La Cinquième Saison de N.K. Jemisin (Nouveaux Millénaires)
Anne Coldefy-Faucard pour Telluria de Vladimir Sorokine (Actes Sud)
Jean-François Le Ruyet pour Bagdad, la grande évasion ! de Saad Z. Hossain (Agullo)
Valérie Malfoy pour Des vampires dans la citronneraie de Karen Russell (Albin Michel)

8) Prix Wojtek Siudmak du graphisme

Peter Brown pour Robot sauvage de Peter Brown (Gallimard jeunesse)
Daniel Egneus pour American Gods et Le Monarque de la vallée de Neil Gaiman (Au diable vauvert)
Stéphane Perger pour Point du jour de Léo Henry (Scylla) et Few of us de luvan (Dystopia)
Aurélien Police pour ses couvertures de la collection Une heure-lumière (Le Bélial’)

9) Essai

Lovecraft au prisme de l’image de Christophe Gelly et Gilles Menegaldo (Le Visage vert)
Heavy Metal, l’autre Métal Hurlant de Nicolas Labarre (Presses Universitaires de Bordeaux)
Étoiles rouges. La littérature de science-fiction soviétique de Viktoriya Lajoye et Patrice Lajoye (Piranha)
Logique de la science-fiction. De Hegel à Philip K. Dick de Jean-Clet Martin (Les Impressions nouvelles)
Petit guide de la science-fiction au Québec de Jean-Louis Trudel (Alire)

10) Prix spécial

Les éditions Le Bélial’ et Dystopia pour l’intégrale du Rêve du démiurge de Francis Berthelot
Les éditions Callidor pour leur travail « archéologique » et la qualité de leurs parutions
Ellen Herzfeld et Dominique Martel pour leur travail au service de la science-fiction depuis plus de 30 ans, dont le site internet Quarante-Deux et les recueils de la collection Quarante-Deux aux éditions du Bélial’
Les éditions Mnémos pour L’Intégrale de Clark Ashton Smith

Les autres titres présélectionnés sont visibles ici !

Prix Hugo.

Voici les finalistes des prix Hugo et John W. Campbell pour le Meilleur nouveau écrivain ; les vainqueurs des différentes catégories seront sélectionnés et annoncés à la convention « Sunday Evening » le 19 août 2018.

Meilleur roman :
The Stone Sky, N.K. Jemisin (Orbit)
Six Wakes, Mur Lafferty (Orbit)
Provenance, Ann Leckie (Orbit)
Raven Stratagem, Yoon Ha Lee (Solaris)
New York 2140, Kim Stanley Robinson (Orbit)
The Collapsing Empire, John Scalzi (Tor)

Meilleure nouvelle :
River of Teeth, Sarah Gailey (Tor.com Publishing)
Down Among the Sticks and Bones, Seanan McGuire (Tor.com Publishing)
Binti : Home, Nnedi Okorafor (Tor.com Publishing)
“And Then There Were (N-One)“, Sarah Pinsker (Uncanny 3-4/17)
All Systems Red, Martha Wells (Tor.com Publishing)
The Black Tides of Heaven, JY Yang (Tor.com Publishing)

Meilleure Bande-dessinée :
Black Bolt, Volume 1 : Hard Time, Saladin Ahmed, illustrated by Christian Ward (Marvel)
Bitch Planet, Volume 2 : President Bitch, Kelly Sue DeConnick, illustrated by Valentine De Landro and Taki Soma (Image)
My Favorite Thing is Monsters, Emil Ferris (Fantagraphics)
Monstress, Volume 2 : The Blood, Marjorie Liu, illustrated by Sana Takeda (Image)
Paper Girls, Volume 3, Brian K. Vaughan, illustrated
Saga, Volume 7, Brian K. Vaughan, illustrated by Fiona Staples (Image)

Meilleur Long Métrage :
Blade Runner 2049
– Get Out
– The Shape of Water
– Star Wars : The Last Jedi
– Thor : Ragnarok
– Wonder Woman

Toutes les autres catégories sont visibles ici.

Prix BSFA.

Le prix British Science Fiction est un prix littéraire créé en 1970 par la British Science Fiction Association et récompensant des œuvres de science-fiction. Les prix sont décernés chaque année lors des conventions nationales de science-fiction britanniques (Eastercon) suite aux votes des membres de l’association. Voici les lauréats pour l’année 2017 :

Meilleur roman : The Rift, Nina Allan (Titan)
Meilleure courte fiction : The Enclave, Anne Charnock, (NewCon)
Meilleure non-fiction : Iain M. Banks, Paul Kincaid (University of Illinois Press)
Meilleure illustration : Couverture du livre The Ion Raider de Ian Whates, Jim Burns (NewCon); Illustration de Waiting on a Bright Moon de JY Yang, Victo Ngai (Tor.com)

Retrouvez tous les finalistes.

Prix Aurealis.

Le prix Aurealis (Aurealis Award for Excellence in Speculative Fiction) est un prix littéraire décerné chaque année aux meilleurs récits australiens dans les domaines de la science-fiction, de la fantasy et de l’horreur.

Meilleur roman de science-fiction : From the Wreck, Jane Rawson (Transit Lounge)
Meilleure nouvelle de science-fiction : « Girl Reporter », Tansy Rayner Roberts (Book Smugglers)
Meilleur roman de fantasy :Godsgrave, Jay Kristoff (HarperCollins)
Meilleure nouvelle de fantasy : « In Shadows We Fall », Devin Madson (self-published)
Meilleur roman d’horreur :Soon, Lois Murphy (Transit Lounge)
Meilleure nouvelle d’horreur : « The Stairwell », Chris Mason (Below The Stairs : Tales from the Cellar)
Meilleur roman jeune-adulte :In The Dark Spaces, Cally Black (Hardie Grant Egmont)
Meilleur fiction de jeunesse :Nevermoor, Jessica Townsend (Hachette Australia)
Meilleure collection :The Silver Well, Kate Forsyth & Kim Wilkins (Ticonderoga)
Meilleure anthologie :Infinity Wars, Jonathan Strahan, ed. (Rebellion/Solaris)
Meilleur roman graphique, illustré : Changing Ways : Book 3, Justin Randall (Gestalt)
Prix d’excellence : The Fictional Mother, Tansy Rayner Roberts (self-published)

Retrouvez tous les finalistes ici.

Le Prix Imaginales des Lycéens.

Le Prix Imaginales des Lycéens, PIL pour les intimes, a pour but de promouvoir les littératures de l’imaginaire auprès du jeune public, en lui proposant des sélections riches et variées. Tous les ans depuis 2005, les lycéens sont appelés à voter pour leur titre préféré, qui se voit attribuer la prestigieuse récompense au cours des Imaginales.
Et cette année, c’est Manon Fargetton qui l’emporte, avec Les Illusions de Sav-Loar (Bragelonne). Félicitations !!

La sélection complète est visible ici.

Vendredi : Sploon, web-série d’anticipation !

Sploon est une websérie créée et scénarisée par Yves Marcellin, rejoint à la réalisation par Marc Duret. Le premier épisode, Le Pouvoir de l’ubiquité, dure environ 27 minutes et est en ligne sur Youtube :

Vendredi encore : une étude sur les librairies et littératures de l’imaginaire !

Le sondage est en ligne et vous pouvez y répondre en quelques clics !

 

Bon dimanche !

Le Calme et la Tempête, La Magie de Paris #2, Olivier Gay.


Après le désastre à la tour Eiffel, Thomas et Chloé sont en probation. Sur l’ordre de Mickael, David a rejoint leur classe afin de les protéger. Ou de les surveiller. Désormais, Chloé doit jongler entre préoccupations quotidiennes, combats contre les Goules… et une quête très personnelle. Car, maintenant qu’elle connaît sa condition, la jeune fille refuse de se lamenter sur son sort. Elle veut retrouver sa vie d’avant ! Et pour cela, elle n’hésitera pas à utiliser les rituels les plus anciens et les plus obscurs que Thomas pourra dénicher, même si cela mécontente quelques Mages au passage, même si cela implique d’aller au-devant du danger – et même si David risque de se dresser contre elle.

Suite des aventures pour Thomas, Chloé et David, après le désastre à la Tour Eiffel et la révélation fracassante de la fin du premier tome.

Ce tome 2 reprend les mêmes bons ingrédients que précédemment : de l’action, de l’humour et une intrigue qui progresse à grands pas. A tel point que le roman se lit en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, laissant une légère impression de rapidité.

Et pourtant, il s’en passe des choses ! On avance sur pas mal de points de l’intrigue, sans toutefois les résoudre totalement (j’imagine que ce sera pour le tome 3). Surtout, de nouvelles révélations quant à la condition de Chloé tombent, ajoutant au danger lié aux goules et autres Mages noirs un sentiment d’urgence assez prenant.
Concernant les goules, Olivier Gay creuse également un peu plus l’univers et il semblerait que les Mages aient caché quelques informations (ou aient fait preuve d’un orgueil confinant à la stupidité : l’affaire n’est pas encore tranchée).

Ceci étant dit, on n’échappe pas à la traditionnelle romance entre les personnages, qui tourne assez vite au triangle amoureux – et plus si affinités – point désormais obligatoire, manifestement, en littérature ado. Sauf qu’ici, le cliché est largement mis à mal ! En effet, nos ados ont une conscience assez aiguë de leurs sentiments unilatéraux et perçoivent tout le ridicule de la situation, qu’ils n’hésitent pas à tourner largement en dérision. De plus, le lien très spécial qui unit Thomas et Chloé (chacun ressentant les émotions de l’autre) donne aux relations entre personnages une tournure qui est loin d’être inintéressante, puisqu’il leur est impossible d’avoir des petits secrets l’un pour l’autre. Tout cela donne des scènes assez savoureuses, où pleuvent les remarques caustiques  !
D’ailleurs, cette question de sentiments pas toujours partagés est un thème susceptible de toucher un jeune lectorat et ce n’est pas le seul à être présent dans le roman. En effet, comme dans le premier tome, à côté de leurs penchants magiques, les personnages (notamment Chloé) ont des préoccupations plus quotidiennes : relations amicales, famille, école, on touche à des thèmes qui seront très familiers aux adolescents et qui viennent agréablement compléter l’intrigue plus purement magique.

En bref, un deuxième tome qui capitalise sur les bons points du premier. L’équilibre de l’intrigue est vraiment dû à cet inextricable mélange d’actions survoltées, d’humour, de références à la pop culture, de magie et de préoccupations quotidiennes. Le tout se lit vite et bien et donne diablement envie d’en savoir plus, ce qui ne saurait tarder !

◊ Dans la même série : Le Cœur et le Sabre (1) ;

La Magie de Paris #2, Le Calme et la Tempête, Olivier Gay. Castelmore, février 2018, 313 p.

Foi et Beauté, Jane Thynne.


Berlin à la veille de la guerre… Alors que des soldats se pressent dans les rues et que des espions s’agitent dans l’ombre, Lotti Franke, une adolescente appartenant à l’organisation Foi et Beauté, l’école d’élite pour les jeunes femmes nazies, est retrouvée enterrée dans une fosse peu profonde. Clara Vine se voit proposer pour le cinéma le rôle le plus ambitieux qu’elle ait jamais joué. Et dans sa vie plus secrète, les services de renseignement britanniques la convoquent à Londres pour enquêter sur des rumeurs selon lesquelles les nazis et les Soviétiques envisageraient de conclure un pacte. Lorsqu’elle apprend la mort de Lotti, Clara décide de découvrir ce qui lui est arrivé. Mais ce qu’elle met au jour est a une valeur inestimable pour le régime nazi. L’objet qui a conduit au meurtre de Lotti… peut aussi la mener à sa perte.

Foi et Beauté est la quatrième aventure de Clara Vine dans le Berlin de l’avant-guerre. Cette fois, elle est plus proche que jamais, l’intrigue se déroulant durant le premier semestre de l’année 1939. Sans surprise, l’histoire est donc de plus en plus sombre et on est très loin des débuts exaltants de Clara à Berlin.
Si l’ambiance est aussi sombre, c’est que Clara est surveillée tel le lait sur le feu, non seulement par Goebbels, le ministre de la propagande, mais aussi par la Gestapo. En plus de cela, elle angoisse en raison de la religion juive de sa grand-mère – ce qui fait d’elle, aux yeux des nazis, une femme juive, bien qu’elle ne pratique pas ni n’ait été élevée selon cette foi. Conséquence immédiate :  Clara espionne nettement moins que précédemment et se contente plutôt de noter les petits faits qui sortent de l’ordinaire, sans trop se lancer dans de grandes opérations.

L’histoire n’en est pas moins prenante, loin de là ! Comme dans les tomes précédents, Clara se retrouve à devoir chercher des informations sur une macabre affaire, en l’occurrence la mort de son apprentie, Lotti. Mais, comme dans les volumes précédents, ce n’est pas tellement le cœur de l’histoire, et cela passe même durant un certain temps au second plan. C’est le tout, mis bout à bout, qui contribue à créer la tension qui sous-tend toute l’intrigue. Ça et, bien sûr, le climat de l’époque : car on sait très bien comment s’est terminé l’été 1939 et cette issue inéluctable ne fait que rendre l’intrigue en cours plus pesante.

Jane Thynne retranscrit d’ailleurs à merveille l’ambiance de l’époque, ses descriptions ne taisant rien des privations que subissent les Berlinois : pénuries de nourriture, de café, mais aussi de savon et autres produits de première nécessité. Elles ne taisent pas non plus les crimes odieux des nazis contre les populations ne trouvant pas grâce à leurs yeux. Et ce ne sont pas seulement des éléments lointains, en toile de fond : l’Arianechweis (le permis de circuler, en quelque sorte) de Clara est remis en question, transformant la moindre sortie en périlleuse expédition. On touche donc du doigt l’angoisse des Berlinois en cette fin d’été.
Mais à côté de la terrible machine à broyer nazie, le roman met aussi en valeur les réseaux de résistance installés en plein Berlin, de quelque obédience qu’ils soient. Évidemment, tout ce petit monde est soumis à haute surveillance ce qui fait que, plus l’histoire avance, plus l’on a conscience de l’importance de la mission de Clara… mais aussi du danger permanent qu’elle risque.

Côté cœur (car c’est aussi une composante importante de la série, on ne va pas le nier), on ne peut pas dire que Clara soit vraiment à la fête : après sa brève réapparition dans le tome précédent, Leo Quinn est de nouveau aux abonnés absents – et vu le climat général, l’ambiance n’est pas vraiment propice à la sensualité. Quoi qu’il en soit, le roman accorde une importance assez marquée à leur relation, en apportant de nouvelles perspectives – dont je ne dirai rien de plus, de peur de divulgâcher des éléments essentiels de l’intrigue.

En somme, la quatrième aventure de Clara nous amène au plus proche de la guerre : au terme des quelques 400 pages du roman, on est arrivés à quelques jours de l’entrée en guerre. Le roman dépeint de façon assez factuelle, mais néanmoins terrifiante, l’inexorable montée en puissance du nazisme. La conclusion, assez ouverte, laisse tout imaginer quant à l’avenir de Clara : le tome 5 étant paru en version anglaise, on peut imaginer qu’on l’aura assez vite en français. J’ai hâte de le lire !

◊ Dans la même série : Les Roses noires (1) ; Le Jardin d’hiver (2) ; La Guerre des fleurs (3).

Clara Vine #4, Foi et Beauté, Jane Thynne. Traduit de l’anglais par Philippe Bonnet.
JC Lattès, 7 février 2018, 474 p.

Brèves de comptoir #173

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : grand procès de Cersei Lannister !

Vendredi 6 avril, à 19h30, à la Sorbonne, se tiendra le procès de Cersei Lannister : des étudiants s’affronteront ainsi devant le public avec éloquence pour défendre ou accuser le personnage de Cersei (vraisemblablement en se basant sur la série TV, elle-même inspirée de la série Le Trône de Fer de G.R.R. Martin).

L’événement est organisé par l’association de Débat et d’Éloquence de la Sorbonne et l’association des Étudiants de l’École de Droit de la Sorbonne. Vous pouvez y assister même sans être étudiant à la Sorbonne ; des formulaires d’inscription devraient être disponibles sur la page facebook de l’événement, sur laquelle vous trouverez d’autres informations.

Lundi encore : « Netflix est utile pour rentabiliser les films ! »

C’est l’avis de Jeff VanderMeer, dont vous pouvez lire l’interview dans Le Point, à l’occasion de l’adaptation de son roman Annihilation, disponible sur Netflix.

Mardi : interview de Robin Hobb !

A l’occasion de son passage en France pour le Salon du Livre de Paris, Robin Hobb est allée à la rencontre de ses lecteurs (à Lyon, ou à la bibliothèque de Port-Royal). La première rencontre a été filmée et vous la visionner ci-dessous !

Mercredi : inscriptions ouvertes au MOOC SF !

Les inscriptions au MOOC de l’Université d’Artois dédié à la découverte de la Science-Fiction viennent d’ouvrir !
Elles sont ouvertes jusqu’au 22 juin 2018. Toutes les infos sur le site de FUN !

Mercredi encore : une série Netflix basée sur la légende arthurienne !

La série est prévue en 10 épisodes et s’inspirera du roman Cursed de Tom Wheeler et Frank Miller (pour les illustrations), à paraître à l’automne 2019 en VO chez Simon & Schuster.
L’histoire réinterprétera le mythe et tournera autour de l’histoire de la jeunesse de Nimue, future Dame du Lac qui, juste après la mort de sa mère, fait la rencontre d’un jeune mercenaire (Arthur), à la recherche de Merlin et d’une épée mythique. L’adaptation serait confiée à Frank Miller et Tom Wheeler eux-mêmes.

Jeudi : soirée Philip K. Dick !

Elle aura lieu le 20 avril, à partir de 19h, au Méliès Saint-François (8, rue de la Valse, Saint-Étienne), dans le cadre du festival De l’écrit à l’écran. Au programme :

  • Projection du documentaire Les mondes de Philip K. Dick de Yann Coquart & Ariel Kyrou –
  • Débat ouvert : Se souvenir du présent de Philip K. Dick : littérature, cinéma, science-fiction ? avec comme invités, Ariel Kyrou (journaliste, écrivain, essayiste et animateur radio, spécialisé dans les nouvelles technologies, les musiques électroniques, la science-fiction et les grandes avant-gardes artistiques du siècle dernier) ; Arnaud Zohou (philosophe de formation, écrivain, documentariste et réalisateur) ; Nicolas Patin (maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université Bordeaux Montaigne, spécialiste de l’Allemagne et du national-socialisme et spécialiste « Dickien » de l’univers historique de l’auteur)
  • Projection du film de Richard Linklater A Scanner Darkly (2013) en copie 35mm.

Avant de participer à la soirée, les organisateurs préconisent de lire « Se Souvenir du présent », un texte d’Arnaud Zohou écrit pour la préparation de cette soirée.

L’entrée est libre et il y a possibilité de se restaurer sur place. Vous pouvez consulter l’ensemble du programme du festival ici.

Jeudi encore  : Bright Mirror, un futur idéal participatif !

Vous connaissez sans doute la série Black Mirror de Netflix, qui met en scène un futur post-apocalyptique peu enviable. Aujourd’hui, la dystopie et le post-apo sont à la mode, mais n’aident pas à se sentir de bonne humeur.
Pour pallier à cette morosité, Antoine Brachet a décidé de créer Bright Mirror, une plateforme d’écriture participative, où chacun peut écrire une micronouvelle consacrée à l’intelligence artificielle, en respectant les deux contraintes suivantes :

1. ne dériver ni vers le chaos ni vers une destruction planétaire…  Positif et optimisme sont les maîtres-mots.
2. Commencer par « 15 janvier 2050 : je suis assis paisiblement chez moi en train de lire… »

Les meilleures nouvelles seront publiées par Usbek & Rica. La phase de réception des textes est terminée, mais vous pouvez aller lire les différentes participations sur le site.

Pour rester sur les intelligences artificielles, vous pouvez écouter le podcast du Billet Culturel, présenté par Mathilde Serrell, sur France Culture et consacré au sujet.

Vous pouvez également lire la nouvelle « Impulsion naturelle », signée Olivier Paquet et publiée dans le rapport gouvernemental de Cédric Villani sur les intelligences artificielles (à partir de la page 95 pour qui ne voudrait lire que la nouvelle).

Vendredi : des news Star Wars !

A propos de la franchise, vous pouvez écouter ou réécouter la conférence sur les liens entre Star Wars, la science et la SF avec Roland Lehoucq, Jean Sébastien Steyer et Jean-Claude Heudin :

Et si vous voulez plus de news Star Wars, n’hésitez pas à aller écouter les podcasts Wookie Leaks, qui décortiquent la saga – attention aux spoilers, toutefois !

Vendredi encore : des adaptations !

The City and the City

Le roman de China Miéville est en cours d’adaptation pour la BBC.
De quoi ça parle ?

Les habitants de Beszel et d’UI Qoma, villes doubles partageant un même territoire, ont interdiction absolue d’entrer en contact avec leurs voisins.
La moindre infraction à cette règle déclenche l’intervention de la Rupture, une force de police secrète dont tous redoutent l’efficacité impitoyable. Quand le cadavre d’une inconnue est découvert dans un terrain vague de Bessel, l’inspecteur Tyador Borlù comprend vite que ses ennuis ne font que commencer. Non seulement la jeune femme, étudiante en archéologie, a été tuée à UI Qoma, mais ses recherches inquiétaient jusqu’aux plus hautes sphères.
Et menaçaient de mettre en danger l’équilibre précaire entre les deux villes…

Et voici le premier trailer !

Le problème à trois corps.

En pleine Révolution Culturelle, le pouvoir chinois construit une base militaire secrète destinée à abriter un programme de recherche de potentielles civilisations extra-terrestres.
Ye Wenjie, une jeune astrophysicienne en cours de “rééducation” parvient à envoyer dans l’espace lointain un message contenant des informations sur la civilisation humaine. Ce signal est intercepté par les Trisolariens, qui s’apprêtent à abandonner leur planète-mère, située à quatre années-lumière de la Terre et menacée d’un effondrement gravitationnel provoqué par les mouvements chaotiques des trois soleils de son système. Ye Wenjie reçoit près de huit ans plus tard la réponse des Trisolariens. Choquée par les horreurs dont elle a été témoin durant la Révolution culturelle et ayant perdu toute foi dans l’homme, elle fournit secrètement aux Trisolariens les coordonnées du système solaire, dans l’espoir que ceux-ci viennent conquérir la Terre et réformer l’humanité. Dans quatre siècles, ils seront là…

Cette fois, pas encore de projet sur les rails, mais la trilogie de Liu Cixin, prix Hugo du Meilleur roman, devrait être adapté par Amazon – la société aurait déjà engagé 1 milliard de dollars sur ce projet.
Une adaptation avait déjà été attaquée, en 2008, par le réalisateur chinois Fanfan Zhang, avant d’être abandonnée. Affaire à suivre, donc.

World War Z.

Pas de nouveau film pour le roman de Max Brooks, mais une adaptation en jeu vidéo de prévue !
Celle-ci est propulsée par Saber Interactive qui propose un shooter truffé de zombies, jouable sur Playstation 4, Xbox One et PC. Aucune date exacte de parution n’a encore été annoncée pour l’instant mais il y a déjà un trailer :

 

 

Bon dimanche !

[2018] Petit bilan de février.

Carnet de lectures.

Rayon romans.

Un lapin peut changer une vie, Sandrine Kao (Syros).
Chez les Ribout, il y a… Agathe, l’aînée indomptable qui, par inadvertance, se retrouve molle comme une guimauve face à un garçon. Mais aussi… Paul, le père, qui fait semblant d’aller travailler et n’ose avouer où il passe réellement ses journées. Emmanuelle, la mère qui dessine des plats mijotés à défaut de pouvoir les cuisiner. Et puis Alicia, la cadette « première de la classe » devenue « paria » à cause d’une sombre histoire de poux. Et last but not least… Django, le lapin qui va tout changer !
Voilà une saga familiale à la fois enjouée, drôle et pétrie de profondes réflexions. En effet, Sandrine Kao s’est intéressée tour à tour à chacun des personnages et aux problèmes qu’ils peuvent rencontrer. Alicia, la plus jeune, est placée contre son gré aux côtés de …, une fillette de la communauté Rom et contre laquelle elle a une pléthore de préjugés (elle qui se pense si bonne !). Agathe, elle, doit se dépêtrer de ses histoires de cœur. Du côté des parents, il faut faire bouillir la marmite, et ce n’est pas toujours évident. J’ai aimé l’attention accordée à chacun des membres de la famille, mais l’histoire, dans l’ensemble, ne m’a guère passionnée. Cela partait bien, mais j’ai trouvé que c’était globalement trop plein de bons sentiments, et de moins en moins crédible au fil de l’avancée. À terme, l’intrigue desservait même le message de tolérance et de bienveillance que semblaient vouloir diffuser les Ribout. Un peu dommage !

Quand vient la vague, Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier (Rageot).
Bouleversée, Nina quitte le domicile familial et jette ses clés dans une bouche d’égout… Quelques mois plus tard, son frère Clément se met à sa recherche. De Lacanau à Bordeaux puis Paris, il découvre la raison de sa fuite, ces « vagues » qui l’ont submergée, l’obligeant à tout quitter.
Ce roman adolescent réunit deux auteurs que j’apprécie mais il faut que j’avoue que la sauce n’a pas vraiment pris, bien que le roman se lise d’une traite ou presque. J’ai apprécié la quête de vérité des personnages, mais le secret n’a guère fait long feu en ce qui me concerne, ce qui fait que l’ensemble a quelque peu manqué de surprises. Néanmoins, c’était intéressant de voir comment un même secret peut avoir des retentissements très différents sur les mêmes membres d’une famille. De plus, les révélations s’enchaînent à bon train et les descriptions donnent envie d’aller se balader du côté de Lacanau !

Le Royaume blessé, tome 1, L’âge des assassins, R. J. Barker.
Girton est l’apprenti de la plus célèbre criminelle des Terres lasses et se destine à une prometteuse carrière d’assassin… même si être affublé d’un pied bot corse légèrement l’affaire. Sa nouvelle mission lui apporte un défi inédit : il s’agit cette fois de sauver une vie. Un mystérieux traître a tenté d’assassiner l’héritier du trône, et Girton et sa maîtresse sont recrutés pour le protéger en secret, ce qui s’avèrera plus facile à dire qu’à faire dans ce milieu de mensonges, faux-semblants et autres complots.
Alors là, je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Franchement, l’histoire avait tout pour me plaire. L’ai-je lu alors que je n’étais pas dans de bonnes dispositions ou l’ai-je tout simplement comparé inconsciemment à L’Ange de la nuit de Brent Weeks (ma référence forever en matière de fantasy à capuches ?). Aucune idée. Toujours est-il que j’ai trouvé le début assez confus et que je ne me suis pas suffisamment impliquée dans l’intrigue… j’ai abandonné. Une lecture que je retenterai peut-être plus tard !

Rayon bulles.

Vies volées, Matz et Mayalen Goust.
Argentine, 1998. Mario est secoué par la révélation de l’affaire des bébés volés pendant la dictature, lui qui ne ressemble pas à ses parents. Accompagné de Santiago, son meilleur ami, il va faire des tests ADN à la clinique. Des tests dont le résultat va bouleverser les vies des deux jeunes hommes.
J’aime beaucoup tout ce qui touche à l’Amérique latine, tout comme les bandes-dessinées scénarisées par Matz. Forcément, le titre de celle-ci m’a attirée et je ne regrette pas, c’est une belle découverte ! Sans surprise, le sujet est assez lourd mais le trait de Mayalen Goust, léger, lui apporte une certaine fraîcheur bienvenue ! L’intrigue est bien menée et montre à quel point l’affaire a pu avoir des répercussions différentes (mais toujours dramatiques) sur les différentes familles. À un certain moment, j’ai trouvé que la quête des personnages prenait un peu le pas sur eux : du coup, ils n’étaient pas toujours suffisamment creusés à mon goût mais, en même temps, l’histoire parvenait à atteindre une certaine universalité (donc ça n’était pas gênant). Comme je le disais au départ, bonne découverte, donc ! Sur le même sujet (ou presque), vous pouvez lire Le Sang des papillons de Vivian Lofiego (qui parle plus des opposants qu’on a enlevés que des bébés) et Mala vida (qui évoque les bébés volés sous la dictature franquiste, en Espagne).

Tops & Flops.

J’ai parlé de trois titres qui ne m’ont pas tellement emballée juste au-dessus, alors on va passer directement à la meilleure découverte du mois, à savoir La Couleur du mensonge, d’Erin Beaty (Lumen).
En vrai, ça partait mal, car le résumé puait la romance à plein nez mais finalement, il était beaucoup plus question d’espionnage et de stratégie que de romance (même si, je ne vais pas mentir, il y en a). J’ai apprécié LE retournement de situation qui change tout dans le bouquin : même si je l’ai vu venir, j’ai trouvé qu’il était suffisamment bien mené pour donner tout même envie d’en savoir plus et de connaître la suite. J’attends désormais le tome 2 avec impatience !

J’ai terminé la nouvelle série de Ben Hatke, j’ai nommé Jack le Téméraire. Encore une fois, c’est un concentré d’aventures, d’amitié, de découvertes et d’univers étranges (on visite cette fois les bas-fonds d’un château truffé de gobelins). Si je suis un peu triste de déjà dire au revoir aux personnages, l’épilogue me laisse espérer une nouvelle série qui, peut-être, fera elle aussi des clins d’œil à Zita, la fille de l’espace – première série de l’auteur que j’aie lue et que je te recommande tout aussi chaudement. Affaire à suivre, donc !

Citations.

« Ils se sentent affreusement coupables, tu sais.
– C’est toujours comme ça. Ce sont pas les pires qui se sentent le plus coupables. C’est une des curiosités de la nature humaine. »
Vies volées, Matz & Mayalen Goust.

« Le manque de Nina est un creux palpitant qu’il sent en permanence dans sa poitrine, comme un cœur manquant, un organe fantôme. Il n’en a découvert l’existence qu’après la disparition de sa sœur. Avant, il ignorait qu’il était heureux. Et depuis, il sait qu’il ne l’est plus. »
Quand vient la vague, Manon Fargetton & Jean-Christophe Tixier.