Derniers jours d’un monde oublié, Chris Vuklisevic.

Plus de 3 siècles après la Grande Nuit, Sheltel, l’île du centre du monde, se croit seule rescapée de la catastrophe. Mais un jour, la Main, sorcière chargée de donner la vie et de la reprendre, aperçoit un navire à l’horizon. Il est commandé par une pirate impitoyable, bien surprise de trouver une île au beau milieu du Désert Mouillé.
Si la Main voit en ces étrangers une menace pour ses secrets, Arthur Pozar, commerçant sans scrupules, considère les intrus comme des clients potentiels, susceptibles d’augmenter encore, si possible, son immense fortune.
C’est une nouvelle ère qui s’ouvre. Qu’elle les mène à la gloire ou à la ruine, la sorcière, la pirate et le vieux marchand en seront les instigateurs, bien malgré eux.

Mais quelle claque, ce roman ! Si vous cherchez de la fantasy originale, bien écrite et bien menée, n’allez pas plus loin. 
Mais commençons plutôt par le commencement.

Ce one-shot nous emmène donc sur l’île de Sheltel, îlot perdu au milieu du Désert Mouillé, une immense étendue océanique, dépourvue de ressources en eau potable – et dont je trouve le nom absolument parfait. Or, voilà qu’un navire pirate, justement à court d’eau potable, tombe sur île qui n’est pas supposée exister, et dont les habitants pensent, de leur côté, être seuls au monde. L’arrivée des pirates va tout chambouler et, comme l’annonce le titre, on va assister aux douze derniers jours de ce monde en déliquescence.
Car le moins que l’on puisse dire, c’est que cette île est vraiment, vraiment spéciale. Je m’attendais évidemment à une société corsetée (puisqu’isolée depuis plus de trois siècles) mais je n’étais pas prête pour la société sans aucune concession que nous livre l’autrice ! Au détour d’un chapitre, on tombe sur des scènes de violence (et il n’est pas seulement question de meurtres ici) ou de situations glauques, le tout de préférence assez intenses. Bref : Sheltel, c’est étrange, et on y vit des choses assez sales (l’ambiance est même assez malsaine).
Et en même temps, c’est bien ce qui rend le récit si prenant car il ne fait que décrire des personnages… très humains.

Celui-ci s’appuie sur une narration triangulaire, menée tour à tour par les trois personnages clefs : la sorcière, la pirate et le vieux marchand.
La sorcière, la Main, est chargée du contrôle des naissances et de la pureté génétique des îliens. Figure puissante donc… mais qui cache deux secrets (dont l’un dans sa cave), qui peuvent lui coûter son poste et, accessoirement, sa vie.
Erika, de son côté, a été adoptée contre son gré par la Capitaine des pirates et ne rêve que de fuir le bateau, quel qu’en soit le prix. Quelque part, elle est celle par qui le malheur arrive, puisque son arrivée bouleverse la petite vie peinarde de l’île.
Quant au vieux marchand, Arthur Pozar, enfant des quartiers pauvres qui s’est élevé au rang de conseiller préféré de la Bénie, une prêtresse très proche du pouvoir, il n’a qu’une idée en tête : accroître son profit, tout en gardant sa place, ce que l’arrivée des étrangers va lui permettre de faire.
Évidemment, les objectifs des uns et des autres ne cadrent pas forcément, chacun tentant de tirer son épingle du jeu sans s’occuper des autres. Au fil des chapitres, on découvre toute l’ambiguïté de ces trois personnages, leurs motivations profondes et leurs aspects monstrueux. On pense les apprécier et saisir leur essence alors qu’au chapitre suivant, ils se montrent dans toute leur cruauté. On pense alors les détester, mais voilà qu’ils nous étonnent par des revirements pleins d’humanité. Ils sont vraiment très, très bien écrits – surtout les deux personnages féminins !

Outre ces objectifs personnels qui entrent en conflit et détériorent l’ambiance sur Sheltel, il faut préciser que l’île connaît une sécheresse terrible. Les pirates ont soif, les Sheltes meurent – littéralement – de soif, et tout cela exacerbe les tensions déjà présentes. Cette préoccupation, très actuelle, tout comme les caractères des personnages, donnent au roman une curieuse note de réalisme.

Les chapitres alternent avec des extraits choisis qui viennent éclairer l’histoire de l’île, l’univers en général ou, plus simplement, les machinations des personnages. Ces interludes sont variés et originaux : il peut s’agir de lettres, de circulaires du gouvernement (qui ressemblent à celles que l’on connaît dans le monde réel !), de rapports de jugements, d’extraits de journaux, de télégrammes, ou d’écrits intimes.  Ils n’ont l’air de rien, mais ils font tout. Car ils donnent des indices sur l’univers dans lequel on évolue et construit habilement le lore, sans plomber le lecteur d’informations. Vu la brièveté du roman, j’ai trouvé la technique vraiment fine !
En plus de donner des informations non négligeables, cette façon de procéder augmente d’un cran le suspense. Celui-ci, déjà présent grâce au titre et au décompte des jours, se trouve régulièrement décuplé par les informations que l’on glane dans les interludes – qu’il s’agisse de menaces sur les personnages, de développements soudains et désagréables du climat politique, ou de la situation de l’île. Tout cela explique sans doute pourquoi j’ai dévoré le roman en moins de deux jours !

Avec tout ça, le roman est écrit d’une plume vive et précise, qui sait aller droit au but, sans surcharger le texte, mais sans créer de manque non plus. Pas de longueurs au programme de ce récit particulièrement efficace !

Avec Derniers jours d’un monde oublié, Chris Vuklisevic a fait une entrée fracassante en fantasy – en remportant le concours du premier roman d’imaginaire orchestré par FolioSF, excusez du peu. Bien que le roman ne soit pas si long, elle y tisse une intrigue très complète, menée sans longueurs, ni précipitation. Il se passe énormément de choses dans l’histoire, mais le récit se concentre sur ses éléments phares, tout en suggérant le reste. Résultat : c’est palpitant. L’univers se tient à la perfection, tout en nous donnant la sensation qu’il y a encore plein de choses à découvrir, mais sans laisser sur un sentiment de frustration intense. En un mot : c’est excellent !

Derniers jours d’un monde oublié, Chris Vuklisevic. FolioSF, 1er avril 2021, 351 p.

 

Une pincée de magie #1, Michelle Harrison.

Chez les Widdershins, on compte trois sœurs : Fliss, l’aînée, sage et pondérée. Charlie, la petite dernière, espiègle et à la frimousse adorable. Et au milieu, il y a Betty, qui ne rêve que d’aventures et de voyages. Pourtant, elle n’a jamais quitté la petite île brumeuse de Crowstone où les trois sœurs vivent avec leur grand-mère, Bunny. Donc, en cette soirée d’Halloween, c’est décidé : Betty part à l’aventure. Oh, pas loin, dans un premier temps, juste sur le continent, séparé de Crowstone par un petit bras de mer.
Elle est loin de se douter qu’une terrible malédiction pèse sur les femmes de sa famille… condamnées à rester à Crowstone à tout jamais, sous peine de mourir dans les 24 heures. Heureusement, avec une pincée de magie et deux sœurs aussi fantastiques qu’agaçantes, rien n’est impossible !

Une bonne pioche dans ma PAL de boulot ! Cela faisait un moment que je n’avais pas lu de fantasy pour préadolescents et j’étais assez contente de cette lecture, suffisamment pour être curieuse de lire la suite de la trilogie !

Première chose à savoir : bien qu’il s’agisse d’un premier tome, le récit propose une intrigue complète, avec une conclusion très satisfaisante.
Michelle Harrison installe son récit avec une ambiance à mi-chemin entre morose et carrément sombre. D’une part, le récit débute avec Halloween, sur un île entourée d’une brume opaque. Or, quel est LE point phare de cette île ? Sa prison. Tout à fait. On est donc assez loin de l’endroit où il fait bon vivre et où la population est hyper joyeuse. D’autant que les sœurs Widdershins sont non seulement assignées à résidence mais, en plus de cela, elles souffrent de l’absence de leur père, enfermé à la prison.

La première fois que Betty Widdershins entendit parler de la malédiction qui pesait sur sa famille, elle fêtait son treizième anniversaire. Treize est un nombre que certains considèrent comme maudit, mais pas Betty. Elle était bien trop rationnelle pour croire à cette superstition et, d’une manière générale, à la plupart des superstitions absurdes dont sa grand-mère raffolait.

Sur ces débuts ô combien riants, débarque donc l’histoire de malédiction – qui, je dois dire, m’a agréablement changée de la traditionnelle prophétie avec l’élue, même s’il y a tout de même un peu de ça ici. Et c’est en même temps que surgit la magie dont les fillettes ignoraient, jusque-là, l’existence et qui va, sans surprise, lancer l’intrigue.

Celle-ci est construite sur deux récits enchâssés. D’une part, l’histoire actuelle des sœurs Widdershins qui tentent de briser la malédiction et, d’autre part, l’histoire de Sorsha, la sorcière à l’origine de la malédiction et dont le destin semble inextricablement lié à celui des trois jeunes filles. Les deux récits sont menés à la première personne mais on sait toujours très vite dans quelle temporalité on se trouve, ce qui évite de se sentir perdu entre les deux narrations. Sans grande surprise, les chapitres alternent entre les deux récits, qui s’alimentent l’un l’autre et font grimper la tension. Les rebondissements sont dans l’ensemble bien amenés même s’ils ne sont pas toujours surprenants.

Si l’intrigue s’avère assez classique, ce sont vraiment le système de magie et les personnages qui m’ont le plus emballée dans ce roman.
La magie, donc. Elle est très peu fréquente et semble même cantonnée à la famille Widdershins. Mieux : elle est liée à trois objets (un sac à main qui permet de se téléporter, des poupées russes qui rendent invisibles, un miroir pour converser à distance), dont les pouvoirs répondent à une et une seule femme de la famille. Et je dois dire que j’ai trouvé ça plutôt original et bien trouvé !
Deuxième bon point, donc : les personnages, qui font preuve d’une belle complicité – malgré quelques chipotages, qui font partie des petits plaisirs entre frères et sœurs. J’ai aimé qu’elles n’hésitent pas à se mettre en quatre les unes pour les autres, en dépit des petits agacements qu’elles peuvent ressentir. C’est plein de tendresse ! La grand-mère, de son côté, n’est pas en reste : après une entrée en matière terrifiante (elle se téléporte sur le bateau sur lequel Betty essaie de fuir, alors qu’ils sont perdus dans la brume), et un côté très directif (très « grand-mère », quoi), elle laisse entrevoir un bon caractère, et vient compléter une chouette galerie de personnages.

J’ai donc passé un très bon moment avec Une pincée de magie, qui met en scène une sororité très attachante, luttant contre une malédiction ancestrale frappant leur famille. Si l’intrigue, qui fait intervenir deux récits enchâssés, est assez classique, l’univers, le système de magie et les personnages m’ont vraiment convaincue. Au point d’être curieuse de lire la suite, déjà parue en VO, bien que ce premier tome n’appelle pas vraiment à une suite !

Une pincée de magie #1, Michelle Harrison. Traduit de l’anglais par Elsa Whyte.
Seuil jeunesse, janvier 2021, 384 p.

Akata Witch #1, Nnedi Okorafor.

Mon nom est Sunny Nwazue et je perturbe les gens. Je suis Nigériane de sang, Américaine de naissance et albinos de peau. Être albinos fait du soleil mon ennemi. C’est pour ça que je n’ai jamais pu jouer au foot, alors que je suis douée. Je ne pouvais le faire que la nuit. Bien sûr, tout ça, c’était avant cette fameuse après-midi avec Chichi et Orlu, quand tout a changé. Maintenant que je regarde en arrière, je vois bien qu’il y avait eu des signes avant-coureurs. Rien n’aurait pourtant pu me préparer à ma véritable nature de Léopard. Être un Léopard, c’est posséder d’immenses pouvoirs. Si j’avais su en les acceptant qu’il me faudrait sauver le monde, j’y aurais peut-être réfléchi à deux fois. Mais, ce que j’ignorais alors, c’est que je ne pouvais pas empêcher mon destin de s’accomplir.

Cela fait un moment que j’ai noté les romans de Nnedi Okorafor sur ma liste-à-lire. J’avoue que je pensais plutôt à Qui a peur de la mort ? pour attaquer son œuvre, mais c’est finalement par le rayon jeunesse que je l’ai découverte. Et avec beaucoup de plaisir, je dois dire !

L’autrice déploie ici un univers fourmillant d’idées que j’ai trouvé proprement fascinant ! Je n’ai pas eu l’impression d’être assommée de descriptions et pourtant, le roman m’a laissé de fortes impressions visuelles.
Il faut dire qu’elle met le paquet : entre le funky train, les sortilèges aux effets bœufs et les mille et une petites choses de la vie – magique ou civile – qui font partie de l’intrigue (comme les matchs de foot ou les découvertes des lieux réservés aux sorciers), il est extrêmement facile de s’immerger.
Le système de magie est vraiment intéressant, surtout la façon dont les Léopards (le peuple des sorciers) gagnent des chittims, la monnaie locale : pour cela, il leur suffit d’apprendre. Plus la leçon est importante, plus la somme gagnée l’est ! En plus de cela, la valeur des chittims est inversement proportionnelle à la matière dont ils sont faits. En gros, les chittims d’or, c’est la menue monnaie, les chittims de bronze, ce sont les grosses pièces. C’est peut-être un peu classique, mais j’ai trouvé ça vraiment sympa comme trouvaille.

– T’aimerais bien l’être, toi, affirma Chichi avec un petit sourire satisfait. Bref, Kehinde et Taiwo, les jumeaux, ont passé le dernier niveau et sont devenus « les érudits des liens ». Une vieille femme nommée Sugar Cream est la quatrième, c’est « l’érudite du dedans ». Elle vit la majorité du temps dans la bibliothèque Obi. C’est la plus âgée et la plus respectée de tous. C’est elle la bibliothécaire en chef.
– La bibliothécaire ? répéta Sunny en fronçant les sourcils. En quoi est-ce si import…
– Laisse-moi t’expliquer un truc que Chichi et Sasha ont du mal à intégrer, intervient Orlu en reposant sa fourchette. Les Léopards – partout dans le monde – ne sont pas comme les Agneaux. Les Agneaux pensent que l’argent et tout ce qui est matériel sont les choses les plus importantes dans la vie. Tu peux tricher, mentir, voler, tuer, être bête à bouffer du foin, mais si tu peux te targuer d’avoir du fric et de posséder des tas d’objets, et que tu te vantes à raison, tu peux tout faire. L’argent et les possessions matérielles font de toi un roi ou une reine au royaume des Agneaux. Rien de ce que tu fais alors n’est mal, tout t’est permis. Les hommes et femmes Léopards sont différents. La seule manière de gagner des chittims, c’est en apprenant. Plus tu apprends, plus tu en obtiens. La connaissance est au centre de tout. Le bibliothécaire en chef de la bibliothèque Obi est le gardien du plus grand gisement de connaissances de toute l’Afrique de l’Ouest.

Au début du roman, j’ai eu (je dois dire) l’impression que l’autrice nous enfilait quelques clichés. La société est discrètement séparée entre Léopards et Agneaux – les Moldus locaux -, il y a une école de magie cachée, on mange des plats exotiques assez étranges et les adultes ont une fâcheuse tendance à déléguer des tâches d’une importance capitale à des petits nouveaux pas formés. Cela vous rappelle quelque chose ? Eh bien pas de panique, car c’est surtout pour les côtés roman d’apprentissage magique, école cachée et univers follement original que l’on s’y retrouve ! En effet, Nnedi Okorafor avance ses pions avant de détourner complètement les tropes et de prendre des directions un peu moins attendues. Bref, c’est drôle et bien mené !

Le récit évoque aussi à merveille les sujets de la différence et de la difficulté à s’intégrer. Sunny a en effet bien du mal. Déjà parce qu’elle est albinos et qu’aux yeux de ses compatriotes, elle n’a ni la bonne couleur, ni la bonne nationalité (puisqu’elle a grandi aux États-Unis). La vie à l’école est hyper difficile, la vie à la maison l’est tout autant, elle a du mal à se faire des amis et vit la découverte de son identité de sorcière comme une libération. Et si la part du roman d’apprentissage est importante, elle s’efface presque devant l’originalité de l’intrigue et de l’univers, ce qui forme un ensemble bien équilibré.
Outre les inventions propres aux Léopards, l’univers s’appuie fortement sur la mythologie et les coutumes nigérianes, qui s’entremêlent fortement aux pratiques magiques. Franchement ? Cela change agréablement dans le paysage de l’imaginaire ! Le texte est d’ailleurs parsemé de caractères nsibidi, une langue idéogrammatique utilisée par les Léopards. J’ai hautement apprécié le glossaire très riche en fin de volume, qui éclaire les lecteurs non seulement sur les mots utilisés en nsibidi, mais aussi dans les autres langues pratiquées au Nigeria. Tout cela permet une excellente immersion dans l’univers !

Cerise sur le gâteau ? Eh bien Akata Witch propose une véritable conclusion. Bien sûr, l’intrigue appelle à une exploration plus poussée de l’univers (et ça tombe bien, car il existe un tome 2 !), mais en proposant une fin très satisfaisante. Donc c’était parfait !

En bref, j’ai adoré commencer l’œuvre de Nnedi Okorafor par ce roman jeunesse qui propose une fantasy vraiment originale. Le récit est hyper fluide, sait se tirer des clichés que l’on sent se profiler tout en proposant une aventure complète. Excellente pioche pour ma part, donc, et je compte bien lire le tome 2 cette année !

Akata Witch #1, Nnedi Okorafor. Traduit de l’anglais (Nigeria) par Anne Cohen-Beucher.
L’École des Loisirs, 15 janvier 2020, 362 p.

L’Atelier des sorciers #4-5, Kamome Shirahama.

Agathe s’est inscrite au deuxième examen du monde des sorciers qui lui permettra de pratiquer la magie en public. Kieffrey, Coco et les autres apprenties l’accompagnent sur place, mais la présence néfaste de la Confrérie du Capuchon va bientôt venir troubler le bon déroulement de l’épreuve…

J’adore cette série à la fois pour son histoire prenante, douce (mais pas que), son univers hyper chouette et, surtout, ses magnifiques graphismes ! Je me plonge dans chaque tome avec un immense plaisir, raison pour laquelle j’ai inscrit ces deux volumes dans mon Cold Winter Challenge – et à raison, car c’est ce qui se rapproche le plus, pour moi, de la lecture feel-good !

Ce tome quatre amène enfin un peu de rythme dans une intrigue jusque-là centrée sur l’apprentissage de Coco et la découverte de l’univers. Non pas que l’on s’ennuyait, mais cela fait enfin bouger un peu les choses, et c’est fort agréable. En effet, cet opus voit Agathe et Trice (inscrite par Kieffrey) passer leur deuxième examen de magie.
Cet examen est l’occasion d’introduire de nouveaux personnages, à commencer par Yinny, élève de Messire Cuckrow. Ce qui nous donne aussi un aperçu des différences éducatives dans la communauté des sorciers. Si Kieffrey prône un apprentissage basé sur la confiance en soi, la culture de ses points forts et l’identification bienveillante des points faibles, messire Cuckrow estime, lui, que ses élèves doivent progresser à coups d’insulte et d’indifférence. Le troisième personnage à apparaître est Dame Alyra, une sorcière amie de Kieffrey, chargée d’évaluer les trois adolescents.

L’évaluation est justement l’épisode qui va introduire de nouvelles informations sur l’univers et… du rythme ! Mais commençons par l’univers. Le tome est presque entièrement consacré au-dit examen des trois concurrents. On les voit donc pratiquer la magie en temps réel, tout en découvrant l’histoire de la magie – ici avec un empire antique, Romonon, qui a peu à peu basculé dans une recherche de la pureté et de l’utilité délétère. Le récit des origines (fait par Kieffrey à Coco et Tetia) s’intercale aux scènes de l’examen, qui met Agathe, Trice et Yinny en bute à quelques casse-têtes magiques. Cette alternance des temporalités introduit un rythme hyper confortable qui fait que les pages se dévorent toutes seules.

Et alors que l’on est bien installés dans ce petit rythme, une péripétie (pas incroyable, tout de même, mais bien amenée), nous fait basculer dans le suspense ! Car la Confrérie du Capuchon (opposant principal de cet univers) débarque avec perte et fracas.
Le découpage se fait alors beaucoup plus serré, plein de suspense et on se surprend à lire encore plus vite. D’autant plus que l’action se fait de plus en plus trépidante sur la fin, laquelle laisse les personnages dans une situation pour le moins critique (les uns comme les autres).

Comme toujours, Kamome Shirahama narre son histoire avec des graphismes absolument splendides. Les planches sont pleines de petits détails, les traits des personnages précis et détaillés, les costumes et les décors travaillés. C’est un régal pour les yeux !

Une fois de plus, une excellente lecture ! Kamome Shirahama continue l’exposition de son univers, tout en introduisant un peu plus précisément les opposants, ce qui fait de ce tome un opus haut en couleurs et bourré de péripéties… qui donne évidemment très envie de lire la suite !

L’Atelier des sorciers #4, Kamome Shirahama. Traduit du japonais par Fédoua Lamodière.
Pika, avril 2019, 192 p.

En plein second examen de sorcellerie, Agathe, Trice et le timide Yinny se font attaquer par un sorcier renégat de la Confrérie du Capuchon. Celui-ci utilise un sort interdit pour transformer Yinny en bête sauvage…
Coco, Tetia et Kieffrey sont eux aussi dans une bien triste posture : ils sont encerclés par les anciens habitants de Romonon, qui semblent vouer une haine farouche aux sorciers. Comble de malheur, Kieffrey est gravement blessé… Comment vont-ils s’en sortir ?

Ce tome est vraiment la suite et fin du précédent puisque l’on y assiste à la fin de la bataille entre nos sorciers et la Confrérie du Capuchon.
C’est donc un tome haut en couleurs et péripéties ! Le rythme et le suspense sont au rendez-vous et le manga m’a donné l’impression d’être mené tambour battant. Comme à chaque opus, une des apprenties se détache un peu plus que les autres : le tome 4 était celui de Trice et sa magie délicate, celui-ci est celui de Tetia (même si l’arc consacré à Trice est également conclu).

Alors que je trouvais, dans les premiers tomes, que cela manquait un peu de batailles magiques, ici j’ai été ser-vie ! L’examen des adolescents, mal embouché dans le tome précédent, continue sur sa lancée et oblige Agathe et Trice à unir leurs forces pour, d’une part, sauver Yinny (transformé en loup écailleux) et, d’autre part, se débarrasser des deux sorciers au capuchon. Astuce, sortilèges et camaraderie seront leurs maîtres-mots. C’est classique, mais cela fonctionne du tonnerre.
De l’autre côté, Kieffrey, Coco et Tetia sont attaqués par les anciens habitants de Romonon et le maître sorcier est plus que mal en point. On assiste donc en parallèle à deux combats épiques, à grands renforts de sortilèges.

Le découpage est de nouveau hyper dynamique, et j’ai l’impression d’avoir englouti ce tome en moins de deux. Outre le rythme, le récit est de nouveau porté par des illustrations absolument sublimes. A ce titre, gros coup de cœur pour le loup écailleux qu’est devenu Yinny car l’animal est absolument sublime !

Mais le gros point fort de ce volume, ce sont les informations qu’il apporte sur l’univers. On en découvre enfin un peu plus sur les plans de la Confrérie (obliger Coco à utiliser des sortilèges interdits dans de bonnes intentions afin de réhabiliter toutes formes de magie) et sur les personnes qui la composent, puisque le visage de l’un des sorciers est révélé. Une chose est sûre : celui-ci ne passera jamais inaperçu avec la tête qu’il a, et quand on la découvre, on comprend pourquoi certains sortilèges ne doivent pas être utilisés ! De plus, la milice magique est de nouveau impliquée dans l’histoire – mais au vu de la conclusion, je suppose qu’on la reverra dans le tome suivant – et nous rappelle que Coco… n’est pas tout à fait tirée d’affaire suite à sa pratique de la magie devant un jeune garçon ! Suspense, suspense….
Mieux, et j’ai vraiment aimé découvrir cela, il semblerait que maître Kieffrey ait de petits secrets… et je suis terriblement curieuse de découvrir de quoi il s’agit !!

Enfin, la série met toujours à l’honneur la réflexion sur la façon d’agir pour faire le bien : faut-il jeter l’éthique aux orties si la fin le nécessite, ou bien faut-il faire preuve d’un peu de morale ? Et se couper d’une part de puissance ? La réflexion est vraiment intelligemment menée, sans vraiment donner de réponse (du moins pour l’instant) et c’est parfait ainsi ! Trice amène aussi toute une réflexion sur la construction de soi : doit-elle obéir aux consignes des adultes, et prendre le risque de se perdre au passage ? Doit-elle au contraire perdre un peu d’elle-même pour réellement s’accomplir ? Tout cela est traité assez finement, et c’est aussi ce qui fait le sel de la série !

J’avais eu un petit coup de mou au tome 3, mais ces deux volumes ont clairement relancé mon enthousiasme. La série est intelligemment menée, pose une base de réflexion hyper intéressante, mais sans occulter l’aventure et le rythme du récit. Les graphismes sont un pur régal pour les yeux, tant chaque planche fourmille de petits détails dans les coins. C’est splendide ! J’ai hâte de pouvoir lire la suite !

L’Atelier des sorciers, tome 5, Kamome Shirahama. Traduit du japonais par Fédoua Lamodière.
Pika, octobre 2019, 192 p.

Et hop ! Menu Under the misteltoe du Cold Winter Challenge validé ! A moi la suite !

Héritages, Gardiens des Cités perdues #8, Shannon Messenger.

Sophie n’en peut plus de vivre dans le mensonge et l’illusion : cette fois, il lui faut des réponses. Mais la vérité n’est pas toujours bonne à entendre, surtout quand elle apporte son lot de nouvelles responsabilités… Et que la jeune fille n’est pas la seule concernée. Car le passé trouble de certains de ses amis n’a rien d’un hasard. Beaucoup sont porteurs d’un destin qui les dépasse, qui se joue d’eux et de leurs principes.Commence alors un jeu de pistes dangereux, où la fidélité de chacun se voit remise en cause. Et si les indices s’accumulent, le doute, lui, s’insinue dans le petit groupe à mesure que la frontière entre le bien et le mal se trouble. Une question occupe désormais tous les esprits : qui est véritablement digne de confiance ?À force de creuser pour découvrir ce que cachent les mystères qui l’entourent, Sophie Foster se retrouve dans ce huitième tome de Gardiens des Cités perdues face à elle-même et à ses illusions perdues. L’heure de vérité a sonné. Il ne reste plus qu’à savoir si notre héroïne et ses amis sont prêts à l’affronter…

Gardiens des Cités perdues est une série que j’apprécie, et ce depuis le début, malgré le caractère impossible de Sophie (disons que si vous n’aimez pas les premières de la classe parfaites, passez votre chemin).

Mais là… cette fois, la magie n’a pas du tout pris. J’ai peiné sur chacune des pages de cet interminable pavé (qui pèse plus de 760 pages, quand même !).

Déjà, dès le départ, quelque chose a coincé : le fait que l’on investisse Sophie de nouvelles responsabilités. Je trouvais déjà dans les tomes précédents qu’il y en avait un peu trop, mais là, on dépasse vraiment les bornes. Que font donc les adultes dans cet univers ?! Même Dumbledore n’a pas autant osé charger la mule, et pourtant on sait qu’il n’a pas lésiné quand il s’agissait de confier de lourdes responsabilités à des gamins à peine pubères.
Bref. Sophie se retrouve assortie d’une nouvelle mission, d’un nouveau titre (Régente, donc elle intègre la Noblesse sans passer par la case « Niveaux d’élite de Foxfire ») et d’un tas de nouvelles choses à faire. J’ai donc eu énormément de mal à adhérer à cette partie de l’intrigue, d’autant qu’il y avait déjà fort à faire avec TOUT ce qui est en suspens depuis le début (et il y en a !).

Sans surprise, tout cela vient alourdir une intrigue déjà bien embourbée. J’ai trouvé le roman terriblement long et mou. Les rares révélations ne surprennent que les personnages tant tout m’a semblé téléphoné, qu’il s’agisse de la situation avec les nains, ou la recherche de Sophie sur ses parents biologiques. Tout cela me semblait tellement évident ! En plus, cela prend complètement le pas sur la recherche de l’héritage de Keefe, qui était supposé être au centre de l’intrigue.
Dès lors, difficile de se passionner pour les péripéties (nombreuses) qui accablent (il n’y a pas d’autre mot) nos personnages.

Pour ne rien arranger, j’ai trouvé que tout traînait en longueur. Les dialogues sont excessivement longs, soit qu’on nous ressasse des informations que l’on connaît déjà / qui ne méritent pas autant d’explications, soit que le suspense est manifestement poussé au maximum sur des révélations qui, malheureusement, ne sont pas surprenantes tant elles ont été bien amenées. Du coup, on peut noter ce point positif : tout se tient, tout a été (peut-être trop) bien préparé en amont. J’avoue tout net que j’ai parcouru en diagonale certains de ces dialogues justement conçus pour « faire monter le suspense », tant j’étais à deux doigts de m’endormir dessus.
L’autre point qui m’a fortement agacée, c’est la façon dont sont résolues les péripéties. C’est quoi cette insolente facilité ? On nous répète depuis le départ combien c’est difficile, combien la situation est tendue (limite désespérée) et les personnages s’en sortent haut la main sans déplacer une mèche de leur brushing ? Mais ce n’est pas crédible !

Parlons maintenant des personnages. Dans le tome précédent, je regrettais que l’on intègre encore de nouveaux personnages à la cohorte déjà en présence. Cette fois, heureusement, pas de nouvelle tête : Stina Heks (la meilleure ennemie) est certes intégrée à la Brigade Prodigieuse souhaitée par le Conseil, mais il s’agit d’une tête déjà connue. Malgré cela, j’ai encore trouvé qu’on avait du mal à naviguer entre les très (trop !) nombreux protagonistes. Tous sont importants, et c’est assez difficile de s’intéresser tour à tour à chacun. Ils se retrouvent donc généralement réduits à leur capacité principale, ce qui les rend tous légèrement monolithiques (et c’est bien dommage).
Est-ce qu’on parle de l’arc narratif dévolu à la romance ? Allez, le triangle amoureux nous tient tout de même en haleine depuis le premier volume ! Ici, rien de neuf, hormis que Fitz glisse de plus en plus sur la (dangereuse) pente du pervers narcissique. Pourquoi personne ne lui met deux claques ? Il les mérite amplement ! Je sais qu’au départ de la saga, ma préférence allait à Fitz dans le triangle reliant Sophie, Fitz et Keefe, mais ma préférence va désormais à ce dernier (ou à aucun des deux, tiens, ce serait très bien aussi).

On peut donc dire que ce tome a été une intense déception. Je suis même déçue d’avoir été déçue, car j’apprécie vraiment la série (du moins, jusque-là). Malgré le côté entraînant de l’intrigue, en raison des multiples péripéties, difficile d’être complètement passionnée par le récit, qui était paradoxalement mou et lent. Au vu de la densité de retournement de situation aux cent pages, c’en est même étonnant !
J’espère donc vivement que ce tome était une petite baisse de rythme dans l’économie générale de la saga, et que celle-ci repartira d’un meilleur pied dans le prochain opus.

◊ Dans la même série : Gardiens des cités perdues (1) ; Exil (2) ; Le Grand Brasier (3) ; Les Invisibles (4) ; Projet Polaris (5) ; Nocturna (6) ; Réminiscences (7) ;

Gardiens des Cités perdues #8, Héritages, Shannon Messenger.
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Mathilde Tamae-Bouhon et Laureline Chaplain.
Lumen, novembre 2019, 763 p.

Destinée, Alex Verus, #1, Benedict Jacka.

Alex Verus vit à Londres et il est devin. Il peut voir le futur comme un faisceau de probabilités. Pour le commun des mortels, c’est un don impressionnant, mais pour les autres mages, c’est le bas de l’échelle des arts occultes. De toute façon, Alex a tourné le dos à cette confrérie. Trop de rivalités, de secrets, de complots, trop de morts… Sa seule ambition est de mener une existence sans histoires, caché dans sa petite boutique d’accessoires pour magiciens amateurs. Dans l’arrière-salle, il continue à faire un peu de marché noir, c’est risqué mais le commerce des vrais objets magiques lui permet de payer le loyer.
Quand une relique puissante échoue entre ses mains, il se retrouve la proie des forces auxquelles il avait essayé d’échapper, forcé de choisir un camp dans une bataille qui le dépasse.
Voir le futur n’est pas toujours drôle, surtout quand le sien semble à ce point compromis.

Cette série m’a été plus que chaudement recommandée par Frangin n°1 (qui est à jour en VO). Donc autant dire que je partais plutôt confiante, car nos goûts en fantasy urbaine sont assez similaires. Et j’avais bien raison, car ce début de série m’a bien plu !

L’histoire se déroule à Londres, de nos jours. Un Londres tout à fait moderne, donc, mais qui abrite un ordre de magiciens, gouverné par un Conseil omnipotent qui fait la pluie et le beau temps. Le début m’a beaucoup rappelé les aventures d’Harry Dresden (qui est d’ailleurs cité dès le départ) et donc cela ne pouvait que me plaire.

J’ai aimé que ce premier tome soit à la fois hyper introductif à la série et très immersif. Certes, l’auteur prend le temps d’installer pas à pas les modalités de son univers, et installe tranquillement ses personnages. Mais ce premier tome comporte aussi une vraie intrigue, complète, et bien menée, à grands renforts de suspense et de scènes d’actions souvent trépidantes (quand elles ne sont pas carrément glauques !). Il arrive non seulement à mener l’histoire à bon rythme, tout en donnant en temps et en heure toutes les explications dont on pourrait avoir besoin sur l’univers, sans aucune lourdeur. Bref : un parfait équilibre.

Ceci étant dit, j’ai trouvé les personnages légèrement manichéens, avec des méchants très méchants et des gentils d’une immense gentillesse. Soyons honnête : cela fonctionne, mais cela manque un brin de nuances. Mais ! La série aligne déjà douze tomes ! Donc j’ai mis cela sur le compte du côté introductif de la série, et j’attends de voir ce qu’il en est par la suite.

D’autant que j’ai adoré le personnage d’Alex, cynique à souhait, parfait anti-héros. Son idéal de vie est de ne pas se faire remarquer, avoir une vie simple, éviter au maximum les emmerdes et donc ses collègues magiciens. Il se retrouve dans la panade ? Il va tenter de se débarrasser du problème le plus rapidement et donc le plus facilement possible, afin de retourner à sa petite routine pépère. Cela change un peu des magiciens « conquistadors », prêts à partir à l’assaut dès qu’apparaît le moindre bout d’oreille d’un ennemi !
De plus, il doit composer avec la faiblesse de son pouvoir. Pas de boules de feu, pas de tempêtes d’éclair ! Alex est un devin et son pouvoir consiste « seulement » à entrevoir l’avenir. Ce qui peut s’avérer bénéfique quand la vision vous montre comment vous tirer du pétrin, moins pratique lorsque 99% des voies possibles aboutissent à votre mort. Cette prescience assure une grosse part du suspense et du rythme de l’intrigue !

Je terminerai en parlant de la classification de ce roman. Chez Anne Carrière, il est classé en young adult. Si vous n’aimez pas lire de young adult, pas de panique : il est lisible par tous ! Oui, l’intrigue est un peu facile. Mais l’univers bien construit, le cynisme des personnages et le rythme de l’histoire font que le roman peut vraiment plaire à un large public (et pas uniquement les 15-30 ans).

Je partais assez confiante sur cette série et je ressors enchantée de ma découverte. J’ai trouvé l’univers et les personnages bien introduits, à travers une intrigue hyper prenante. Il y a un côté parfois un peu facile dans les péripéties, mais tout étant bien amené, cela ne m’a pas tellement gênée. Une fois tournée la dernière page, j’étais ravie de savoir que j’avais encore 11 tomes devant moi !

Alex Verus #1, Destinée, Benedict Jacka. Traduit de l’anglais par Marie de Prémonville.
Anne Carrière, juin 2018, 440 pages.

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Sorcery of Thorns, Margaret Rogerson

Élisabeth, élevée au milieu des dangereux grimoires magiques d’une des Grandes Bibliothèques d’Austermeer, le sait depuis son plus jeune âge. D’ailleurs, peu de temps après le passage à la bibliothèque du sorcier Nathaniel Thorn, un des ouvrages se transforme en monstre de cuir et d’encre, semant mort et destruction. Et c’est Élisabeth qui se retrouve accusée de l’avoir libéré. Forcée de comparaître devant la justice à la capitale, elle se retrouve prise au cœur d’une conspiration vieille de plusieurs siècles.
Bien malgré elle, elle n’a d’autre choix que de se tourner vers son ennemi Nathaniel, et son mystérieux serviteur, Silas.
Car ce ne sont pas seulement les Grandes Bibliothèques qui sont en danger, mais le monde entier… et face à ce terrible complot, Élisabeth va devoir remettre en question tout ce qu’elle croyait jusqu’ici, y compris sur elle-même.

Voilà un roman jeunesse avec lequel j’ai passé un bon moment… malgré quelques défauts.

L’intrigue nous embarque dans un univers haut en couleurs, dans lequel on trouve deux instances de même importance : le collège des Magiciens, face aux Grandes Bibliothèques. Si les premiers pactisent avec des démons pour se retrouver doués de magie, les secondes, garantes de la sécurité du royaume, veillent en permanence sur les grimoires magiques et les tiennent à l’œil, les empêchant de se transformer en Maléficts (monstrueuses créatures de cuir et d’encre qui répandent mort et terreur sur leur passage). Il est donc tout naturel, dans cet univers, de croiser des bibliothécaires lourdement armés d’épées et cartouchières de fer et de sel, tant pour repousser les grimoires puissants que les démons. La classe, non ?

Élisabeth, l’héroïne, est donc une apprentie bibliothécaire, dont la vie s’arrête alors qu’elle est jugée coupable d’avoir libéré un Maléfict. L’intrigue débute donc comme un roman d’apprentissage classique (avec les aventures, si l’on peut dire, d’Élisabeth à la bibliothèque), mais prend rapidement des accents de polar, puisque la jeune fille va tenter de déterminer qui l’a ainsi mise dans la panade et ce qu’il se trame réellement.

Je dirais que le premier point d’achoppement se situe dans ces eaux-là. En effet, en quittant sa pampa natale, Élisabeth, désormais à la capitale, finit par comprendre assez tardivement – et le lecteur avec – que les sorciers ne sont peut-être pas si maléfiques qu’on le lui a fait croire – la faute à des professeurs un peu datés. Ce flou artistique donne aux premiers chapitres un côté un peu brouillon, comme si l’univers n’était pas encore bien défini.
Rapidement, un intérêt amoureux se profile et il faut reconnaître que cette partie-là de l’intrigue n’est pas franchement surprenante. Pourtant, une fois n’est pas coutume, je n’ai pas tellement plissé le nez devant les multiples étapes de cette romance, puisque j’ai trouvé qu’elle s’intégrait assez bien à l’aventure en général.

Celle-ci est rondement menée : les péripéties s’enchaînent sans qu’on ait le temps de souffler, les révélations aussi, le tout avec une bonne dose d’actions et de suspense. Mais là encore, tout n’est pas rose ! En effet, Élisabeth et Nathaniel ont (je trouve) la désagréable manie de se sortir du guêpier où ils sont fourrés en un tour de main ! C’est même à la limite du crédible. Exemple typique : après avoir été discréditée, Élisabeth aurait grand besoin de s’introduire frauduleusement à la Bibliothèque royale pour voler des documents. Par chance, une domestique vient de démissionner ! Elle obtient tout naturellement le poste et peut gambader à loisir dans la Bibliothèque – et commettre son larcin. C’est un peu trop facile !

Malgré cela, je me suis laissée emporter par le récit car l’univers mis en place m’a beaucoup plu. Évidemment, gros coup de cœur pour les bibliothèques infestées de pou de livres, abritant de dangereux grimoires prêts à vous arracher la tête quand vous passez devant. C’est sans doute une déformation professionnelle, mais j’ai adoré !

Décrocher un emploi à la Bibliothèque royale se révélé moins compliqué qu’Élisabeth l’avait cru. Par chance, une domestique avait donné son congé le matin même parce qu’un énorme pou de livres lui avait grimpé sur la jambe, et l’établissement avait besoin de trouver rapidement une remplaçante. Élisabeth démontra à l’intendant qu’elle était une parfaite candidate en soulevant le coin d’une commode de son bureau pour débusquer un pou de livres qui se cachait dessous. Elle l’écrasa même d’un coup de talon, au grand plaisir d’un jeune apprenti qui passait par là. Elle s’assit ensuite face à lui pour répondre à une série de questions telles que : à quelle vitesse pouvez-vous courir ? ou, accordez-vous une importance cruciale au fait de conserver l’ensemble de vos dix doigts ? L’intendant parut impressionné qu’Élisabeth trouve son interrogatoire tout à fait raisonnable. C’était d’ordinaire le moment, lui expliqua-t-il, où les postulants s’enfuyaient à toutes jambes.

– Mais il s’agit d’une bibliothèque, s’exclama Élisabeth avec surprise. A quoi s’attendent-ils ? A ce que les livres n’essaient pas de leur mordre les doigts ?


J’ai également aimé le système de magie, qui donne l’impression… que la magie n’existe pas, en fait. En effet, les sorciers sont obligés de connaître le nom véritable d’un démon et de passer un pacte avec lui pour être doués de magie (sans cela, ils ne peuvent rien faire). J’ai trouvé que cela changeait un peu. Et surtout, cela amène sans doute le meilleur personnage de l’histoire, en la personne de Silas, démon-domestique-attitré de Nathaniel, qui amène du piquant à l’intrigue (si on comptait sur les deux autres qui sont clairement monolithiques et quelque peu stéréotypés, c’était en effet mal barré).

Malgré quelques bémols (qui peuvent sembler rédhibitoire, et je comprends tout à fait !), j’ai passé un bon moment avec ce roman de fantasy jeunesse. L’univers inventif, l’action rondement menée et quelques petites trouvailles sympa ont suffi à me faire oublier l’intrigue parfois trop faciles et des personnages avec quelques stéréotypes. Une bonne découverte dans l’ensemble !

Sorcery of Thorns, Margaret Rogerson. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Vincent Basset.
Bragelonne (Big Bang), septembre 2020, 570 p.

Rouge, Pascaline Nolot. #PLIB2021


Accroché au versant du mont Gris et cerné par Bois-Sombre se trouve Malombre, hameau battu par les vents et la complainte des loups. C’est là que survit Rouge, rejetée à cause d’une particularité physique. Rares sont ceux qui, comme le père François, éprouvent de la compassion à son égard. Car on raconte qu’il ne faut en aucun cas toucher la jeune fille sous peine de finir comme elle : marqué par le Mal.
Lorsque survient son premier sang, les villageois sont soulagés de la voir partir, conformément au pacte maudit qui pèse sur eux. Comme tant d’autres jeunes filles de Malombre avant elle, celle que tous surnomment la Cramoisie doit s’engager dans les bois afin d’y rejoindre l’inquiétante Grand-Mère. Est-ce son salut ou un sort pire que la mort qui attend Rouge ? Nul ne s’en préoccupe et nul ne le sait, car aucune bannie n’est jamais revenue…

Lecture plutôt mitigée avec ce titre… et j’en étais la première déçue, car l’ensemble partait vraiment très bien !

Premier bon point : l’univers. Pascaline Nolot situe son roman aux alentours du Mont Gris, soit en pleine pampa non identifiée. Au vu des mœurs et des mentalités, on pourrait être dans un bon vieux XIXe siècle mais, là encore, nous n’avons pas de précisions particulières. Et cela fonctionne parfaitement ainsi !
Dès le début, l’intrigue s’attache à Rouge, une jeune fille défigurée par une tache de naissance sur le visage, qui fait craindre à ses congénères qu’elle ne soit marquée par le Diable. Il faut dire que sa mère a sombré dans la folie peu avant sa naissance, ce qui suffit aux villageois pour être terrorisés. On s’en doute, la jeune fille ne vit donc pas une existence pacifique et radieuse, alors même qu’elle ne demande qu’un peu de considération. Ce qui induit une intéressante réflexion autour de la différence et de l’apparence.
Il se trouve par ailleurs que les jeunes filles du village sont toutes promises à la Grand-Mère, une maléfique sorcière vivant au fond des bois.

Cependant, Rouge n’avait pas chuté dans le puits sans fonds de la haine et de la cruauté. Elle n’aspirait plus qu’au bien et excluait d’office d’apprendre les noirs maléfices.
Quitte, pour conséquence de cette résolution, à ne jamais être libérée de cette laideur. Une laideur dont elle s’accomodait de mieux en mieux, du reste. En fait, même si cela paraissait simpliste, presque bête, elle avait réalisé qu’il était bien plus aisé de s’accepter quand personne ne passait ses journées à se moquer de vous et à vous humilier. Il finissait même par vous venir des moments d’optimisme insoupçonné, à songer que peut-être vous n’étiez pas si défigurée, juste un brin tachetée, le sourcil à peine boursouflé…

Le récit mêle donc plusieurs ambiances, et ce avec brio. Évidemment, la fantasy se mêle aux contes, d’une part dans la façon dont sont présentés les événements (pas de lieu ni de temporalité précis, des thèmes universels), d’autre part dans la réécriture, puisque Rouge est une libre réinterprétation du Petit Chaperon rouge (ce que je n’ai fini par percuter qu’aux alentours… de la moitié !). À tout cela se mêle un brin d’horreur du plus bel effet, qui peut venir soit des créatures qui peuplent la forêt, soit des épreuves auxquelles Rouge est soumise.

À ce stade, je dois préciser que j’ai attaqué ce roman sans en relire le résumé, donc je dois dire la partie « jeunes filles bannies auprès de la sorcière » avait totalement échappé à ma mémoire. Et ce qui est bien, c’est que l’autrice prend vraiment le temps d’installer l’intrigue et l’univers, avant qu’il soit temps, pour Rouge, de rejoindre la sorcière dans les bois. Cette menace de la sorcière monte en puissance au fil des pages, et contribue grandement à l’ambiance très sombre du début du roman. Celui-ci, d’ailleurs, n’épargne en rien la jeune fille. Or, la suite est à l’avenant, et elle doit encore surmonter de très nombreuses épreuves, qui proposent une certaine surenchère dans la violence – pas toujours très utile.

Mon premier point de regret viendra finalement de ce qu’il se passe dans la forêt, chez la Grand-Mère, qui est nettement moins accueillante que dans la version de Perrault. L’autrice fait d’ailleurs appel à d’autres motifs de contes dans l’histoire de ce personnage (la jalousie des parents, le meurtre, le lien à l’objet magique, la malédiction…). Au fil des chapitres faisant monter le suspense autour de ce qu’il se passe réellement dans la forêt, je pense que je me suis forgé un horizon d’attente complètement erroné, ce qui explique sans doute que la révélation m’a laissée sur ma faim. J’imaginais quelque chose d’à la fois plus sombre, et sans doute plus « girl power ». Or, finalement, les motivations de la sorcière m’ont semblé un peu faible et j’ai également trouvé que Rouge triomphait, finalement, assez facilement de ce qui se présentait à elle (le tir à l’arc et la magie en premiers chefs). De plus, cette partie du récit fait appel à de nombreuses ellipses, que j’ai trouvées assez frustrantes. Les états d’âme de Rouge sont largement détaillés, et je pense que je m’attendais à un peu plus d’action dans cette partie. D’autant que lorsque celle-ci arrive enfin, l’autrice s’ingénie à faire tomber à l’eau les plans de sa protagoniste. Narrativement, c’est vraiment très bien fait et c’est même intéressant du point de vue de la construction du personnage mais… mais cela ne m’a pas aidée à me passionner pour cette seconde partie. De même, j’ai trouvé le retournement de situation final parfaitement amené et maîtrisé… mais peut-être un poil tardif. Alors que j’ai trouvé que le récit manquait d’enjeux clairs (hormis le désir de vengeance de Rouge, que j’ai trouvé, à la longue, un peu agaçant), en voilà un qui arrive sur un plateau d’argent mais vraiment dans les dernières pages. Tout cela m’a laissé une désagréable impression d’intrigue un peu confuse.

Avant de conclure, il me faut encore parler du style. L’autrice a choisi un style assez soutenu, qui fait intervenir pas mal de vocabulaire un peu ancien. Pas de panique, la plupart sont dotés d’une note de bas de page (et sinon, on comprend avec le contexte). Là encore, je ne sais sur quel pied danser : j’ai aimé pour la l’immersion totale dans l’ambiance (car il faut avouer que c’est un style qui colle parfaitement au conte), mais j’ai trouvé que cela alourdissait inutilement certaines phrases et rendait parfois le récit un peu indigeste. Ce qui, je dois quand même le préciser, ne m’a pas empêchée de lire ce roman en quelques petits jours !

Rouge est donc une réécriture du Petit Chaperon rouge, avec options magie, ambiance légèrement horrifique et vengeance à accomplir. Si le début était vraiment très chouette, la seconde partie m’a nettement moins passionnée. J’ai trouvé l’intrigue parfois brouillonne et reposant sur des motivations un peu faibles. De plus, si le style colle à merveille à l’ambiance du roman, il m’a parfois semblé un peu artificiel. Ceci étant dit, la réécriture du conte originel fourmille de bonnes idées et propose une intéressante réflexion autour de la différence.

Rouge, Pascaline Nolot. Gulf Stream, avril 2020, 312 p.
#ISBN9782354887858

Edit 22/11 : ce titre est présélectionné au #PLIB2021 !

 

 

Cuits à point, Elodie Serrano.

Gauthier Guillet et Anna Cargali parcourent la France pour résoudre des mystères qui relèvent plus souvent d’arnaques que de véritables phénomènes surnaturels. Mais leur nouvelle affaire est d’un tout autre calibre : pourquoi la ville de Londres subit-elle une véritable canicule alors qu’on est en plein hiver et que le reste de l’Angleterre ploie sous la neige ? Se pourrait-il que cette fois des forces inexpliquées soient vraiment en jeu ?

Cuits à point est un très court roman de fantasy urbaine et un seul tome, s’il vous plaît !
L’intrigue va suivre deux paires d’enquêteurs en affaires magiques, des démystificateurs, séparées par un fossé de convictions : le duo français est persuadé que magie = arnaque, tandis que le duo britannique, lui, est convaincu de l’existence du merveilleux. Vous l’aurez compris : le débat va faire rage entre les personnages.

L’autrice joue donc sur cet antagonisme pour créer une dynamique entre eux, qui se ressent particulièrement dans les dialogues, aucun n’étant avare de réparties cinglantes. Elodie Serrano s’approprie également les clichés inhérents à chaque nation. Fatalement, le français est donc ronchon, l’italienne a le sang chaud et les deux britanniques font preuve d’un flegme à toute épreuve… Loin d’être pénibles, ces exagérations servent souvent le ressort comique l’intrigue !
Celle-ci est donc assez légère et va droit au but. Le quatuor enquête (plus souvent à la bibliothèque que sur le terrain), fait rapidement des déductions (justes) et tente de résoudre le problème qui se présente à lui. Les péripéties et rebondissements s’enchaînent à bon train, ce qui assure un roman un rythme de lecture très prenant.

Le style, avec ça, est très fluide. L’équilibre entre scènes d’actions, de réflexion, et descriptions est vraiment bien trouvé. L’ambiance steampunk, présente en toile de fond, est très accessible (nettement plus accessibles pour des néophytes que Le Protectorat de l’ombrelle, par exemple). D’ailleurs il en va de même pour l’intrigue plus liée à la magie : pas besoin d’être de vieux routards de la fantasy urbaine pour apprécier ce roman. L’humour, de plus, y est bien présent, ce qui allège indéniablement le récit.

Cuits à point est donc un roman de fantasy urbaine à la fois court et hyper facile à lire. L’intrigue nous plonge directement dans le vif du sujet et ne s’embarrasse pas de mille considérations sur l’univers, gardant l’ambiance steampunk en toile de fond. Les péripéties s’enchaînent sans coup férir et le récit ménage quelques touches d’humour. Ce n’est pas forcément le style de roman de fantasy urbaine que je préfère, mais je retiens ce titre pour une entrée en matière dans le genre !

Cuits à point, Elodie Serrano. Actusf (Bad Wolf), février 2020, 283 p.

Chasseuse de fantômes, Cassidy Blake #1, Victoria E. Schwab.

Faites la connaissance de Cassidy, une adolescente presque comme les autres. Elle vit avec ses parents et son chat, aime prendre des photos et passe tout son temps libre avec son meilleur ami, Jacob… À ceci près que Jacob n’est autre qu’un fantôme : depuis un peu plus d’un an, Cass a le pouvoir de voir les morts et de parler avec eux ! Alors, lorsque ses parents lui annoncent que toute la famille part passer l’été à Édimbourg pour y tourner une émission de télévision consacrée aux spectres, Cassidy et Jacob embarquent pour un voyage… riche en péripéties !

Fantômes et Ecosse : deux thèmes pour me plaire ! Et ça n’a pas loupé !
Ce très court premier tome nous embarque pour une intrigue complète – premier bon point à mes yeux. Celle-ci est plutôt linéaire, et je mentirais en disant qu’elle était pleine de rebondissements inattendus, mais j’ai néanmoins passé un excellent moment aux côté de Cassidy.

Celle-ci est une adolescente banale. A ceci près que son meilleur ami est un fantôme, et qu’elle a tendance à passer le Voile par inadvertance. Là où cette nature est cocasse, c’est que ses propres parents sont des spécialistes des fantômes, qui animent une émission télévisée consacrée au sujet (l’une traite le sujet de façon historique, l’autre de façon plus scientifique). Évidemment, aucun des deux n’a les capacités de leur fille. Bon an mal an, l’adolescente fait avec ses capacités, discute avec Jacob, passe discrètement le voile, et assouvit sa passion des photos étranges en déclenchant son appareil de l’autre côté du Voile. Oui parce que le point original, c’est que Cassidy déteste sa capacité à voir les fantômes : les passages derrière le Voile ne lui sont guère agréables et, hormis y avoir gagné un meilleur ami, elle ne fait pas grand-chose de sa surnaturelle capacité. D’où son désespoir lorsque ses parents lui annoncent des vacances à Edimbourg, une ville riche en ectoplasmes.

Comme je le disais, l’intrigue est assez simple – et donc accessible aux jeunes lecteurs, dès 9 ans – mais pas moins effrayante pour autant. Car Cassidy va se frotter à la Corneille rouge, une fantôme antique et terrifiante. Soyons honnête, il y a quelques passages effrayants dans l’intrigue, car l’univers des fantômes n’est pas follement accueillant, et les visites de cryptes et autres cimetières hantés sont parfaitement décrites. Heureusement, l’histoire sait aussi être légère et pleine d’humour, ce qui équilibre parfaitement le roman. D’ailleurs, il faut noter que Victoria Schwab est de toute évidence hyperfan d’Harry Potter, car les allusions à la saga de J.K. Rowling sont légion !
Autre point que j’ai vraiment apprécié : l’autrice achève l’intrigue sur un retournement de situation bien trouvé et assez ironique, qui va sans doute changer la donne pour Cassidy – celle-ci n’ayant pas totalement pris conscience des responsabilités accompagnant son don. Rien que pour cela, ça me donne envie de lire la suite.

En somme, très bonne pioche au rayon jeunesse. J’ai trouvé l’histoire assez originale, alors que le thème semblait éculé. L’intrigue, simple et linéaire, est bien menée et dispose d’une vraie conclusion – ce qui ne l’empêche pas de donner envie d’en savoir plus. Le récit est bien équilibré entre humour, vie quotidienne, et scènes effrayantes avec des fantômes remontés. J’ai hâte d’en savoir plus !

Cassidy Blake #1 : Chasseuse de fantômes, Victoria E. Schwab. Traduit de l’anglais par Sarah Dali.
Lumen, janvier 2020, 304 p.

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