L’Atelier des sorciers #8-9, Kamome Shirahama.

Après avoir réussi leur examen à l’Académie, Coco et les autres apprenties sorcières sont de retour à l’Atelier. C’est alors qu’arrive Tarta, qui propose à Coco et à ses amies de l’aider à tenir un stand lors du grand festival annuel des sorciers, la Fête de la Nuit d’argent. Excitées comme des puces à l’idée de prendre part à ces festivités, les petites sorcières entament les préparatifs. Alors que Coco accompagne Tarta voir son grand-père à l’hôpital, elle recroise le chemin de Kustas, le petit garçon qui s’était blessé lors de l’incident près de la rivière…

Ce tome-ci, comme l’annonce la couverture, est centré sur Tarta, le jeune apprenti de la boutique d’objets magiques, et ami de Coco.
Comme la jeune fille, Tarta questionne beaucoup la magie et sa pratique, puisqu’il y est venu sur le tard, sans y être prédestiné. C’est un personnage qui apporte un regard rafraîchissant sur le monde de la magie dans lequel baigne l’univers !
De fait, le jeune garçon se passionne pour l’herboristerie, qu’il apprend en secret à l’hôpital… une occasion de questionner la dualité magie/science existant dans l’univers. En effet, les sorciers ne peuvent pratiquer la médecine, et vice-versa, selon des lois ancestrales (les mêmes qui régissent l’existence des sorciers dans l’univers). Or, cette restriction ne semble pas toujours bien justifiée (surtout lorsque Tarta évoque sa vision de la magie et de la science, qui sont pleines de bon sens) et pousse à réfléchir !

Dans l’ensemble, ce tome amène son lot de questionnements. Car s’il est question des rapports entre magie et médecine, la place des personnes handicapées est longuement évoquée, et ce par le biais de Kustas, que Coco a sauvé lors de l’incident de la rivière au tout début de la série (à ce titre, un petit rappel dans le texte n’aurait pas été inutile !). Et c’est intéressant de voir comment l’autrice parvient à mêler à son intrigue de fantasy des thématiques très actuelles, et bien traitées.

Le rythme est nettement plus calme que dans les tomes précédents. J’ai d’ailleurs eu l’impression que le tome fonctionnait en binôme avec le suivant, tant l’intrigue semble avoir été coupée en deux (puisque c’est dans le tome 9 qu’ils vont enfin à la foire). De fait, l’amitié entre Tarta, Coco et Kustas occupe vraiment le premier plan, nettement plus que la magie ou l’apprentissage des élèves de Kieffrey. Je pensais donc avoir affaire à un tome offrant une pause dans l’intrigue liée à la Confrérie du capuchon. Erreur ! Car le chapitre final amène une soudaine explosion de violence qui rappelle que les tomes précédents étaient à la fois légers et très sombres. On dirait bien que cet aspect nous a rattrapés sur la fin !

L’autrice continue d’étoffer et son univers, et ses personnages. La pause est agréable dans le récit, mais j’avoue que j’ai préféré l’allure des tomes précédents, qui mêlaient préoccupations des adultes à celles des enfants, tout en tissant des intrigues à plusieurs niveaux de lecture. J’espère que la fin explosive de ce volume nous ramène vers quelque chose de similaire dans le tome 9 !

L’Atelier des sorciers, #8, Kamome Shirahama. Traduit du japonais par Fédoua Lamodière. Pika (Seinen), 2 juin 2021, 154 p.

Emportant chacune un objet magique de sa confection, Coco et ses amies partent pour l’île-cité d’Esrest, afin de participer à la Fête de la Nuit d’argent. Au milieu des stands et de la foule de visiteurs, la ville est plus animée que jamais. Il y flotte une atmosphère festive ! Mais parmi les convives se cachent aussi des invités indésirables. Sorciers, milice, nobles, sages… Beaucoup de forces se croisent et les contours de ce monde se dessinent peu à peu. Entre lumière et ténèbres, le rideau se lève enfin sur le grand festival des sorciers.

Et voilà, les personnages vont enfin à la foire de la Nuit d’argent !
J’ai trouvé à ce tome un rythme très posé, puis l’intrigue concerne d’une part la présence de l’atelier à la foire et, d’autre part, un chapitre consacré aux activités de la milice, ce qui occasionne un flashback dans la vie de la milicienne Lulucy.
J’étais un peu surprise de voir un trigger warning à l’ouverture de ce chapitre, mais c’était plutôt pas mal d’avertir sur le-dit contenu, puisqu’il est question d’agression sexuelle. Celle-ci n’est pas représentée, puisque l’on s’attarde plutôt sur les conséquences et la suite, avec un message très fort, que l’on aimerait voir plus souvent !

De fait, on retrouve une ambiance festive et colorée conjuguée à une noirceur vraiment très présente. Ce chapitre en est l’image même, mais ce n’est pas le seul. En effet, les personnages sont à la foire, où ils passent un très bon moment, alors qu’en coulisses se déroulent des événements assez sombres. Le dernier chapitre, notamment, annonce une suite nettement moins gaie et enthousiaste, puisque la Confrérie du capuchon a réussi à circonscrire deux personnages très proches de l’atelier et qui ont bien l’intention de s’en prendre à Coco et ses amis.

Celle-ci, par ailleurs, est toujours aux prises avec ses questionnements sur la magie, ses règles, et les raisons d’être de celles-ci.

Bref, ces deux tomes marquent une légère pause dans le récit, grâce à un rythme posé et très maîtrisé. Kamome Shirahama la met à profit pour approfondir les caractères de ses personnages, comme les aspects plus politiques de son univers. Mais sans perdre de vue l’intrigue principale, comme le prouve le retour en force de la Confrérie du capuchon dans le dernier chapitre ! Le dixième tome est annoncé pour début septembre en VF, et vu qu’un opposant apparaît sur la couverture, je suis très très curieuse de le lire !

L’Atelier des sorciers #9, Kamome Shirahama. Traduit du japonais par Fédoua Lamodière.
Pika (Seinen), 10 novembre 2021, 174 p.

BL Métamorphose #1, Kaori Tsurutani

 

À 75 ans, Yuki vit le quotidien réglé d’une petite mamie japonaise : mots-croisés deux fois par semaine, et cours de calligraphie aux enfants. En flânant un jour dans une librairie – dans laquelle elle n’est entrée que pour fuir la chaleur ! – elle craque pour un manga, intriguée par la couverture chatoyante et la chaude recommandation des libraires.
Or, ce n’est qu’en rentrant chez elle qu’elle s’aperçoit qu’elle a acheté un boy’s love, un yaoi, c’est-à-dire une romance entre garçons. Et contre toute attente, elle tombe littéralement sous le charme de ce récit dont elle n’a plus qu’une hâte : lire la suite.
C’est donc avec beaucoup de surprise qu’Urara, la jeune libraire qui a encaissé son achat la veille, voit revenir Yuki plus décidée que jamais à explorer ce segment littéraire en achetant la suite de la série, quitte à commander les tomes manquants. La jeune fille, timide, est justement accro au genre, mais ne trouve personne avec qui partager sa passion. La voici propulsée conseillère personnelle de la vieille dame en la matière. Au fil des chapitres et des lectures, le duo se fait de plus en plus complice !

Attention, alerte coup de cœur ! J’ai découvert  un peu par hasard cette série en 2019 (comme le temps passe !), très concrètement après qu’on m’ait mis le tome 1 entre les mains en me disant « Lis-le, tu vas voir, c’est extraordinaire ». Et de fait, ça l’est !

J’ai tout d’abord été happée par le dessin de Kaori Tsurutani. Son trait est simple, mais débordant de tendresse. Les planches sont plutôt dépouillées, puisque la mangaka ne dessine que le strict nécessaire, mais pas vides pour autant : le dessin est vraiment précis, ce qui rend l’immersion dans le quotidien des deux personnages vraiment facile. Bref, rien que pour ça, j’étais conquise. Mais il se trouve qu’en plus, l’histoire tient la route !

Celle-ci, donc, narre l’amitié naissante entre Yuki, notre vieille dame nouvellement amatrice de boy’s love et d’Urara, lycéenne et libraire. Sans trop de surprise, toutes deux se mettent assez vite à discuter de leur marotte : lectures en cours, découvertes, goûts personnels… Tout cela les change agréablement de leur solitude habituelle. Et c’est là que je trouve que le manga est génial. Oui, il y a évidemment un éloge discret mais vibrant au boy’s love, un genre hyper apprécié au Japon (en France aussi, je pense, mais peu visible dans la presse littéraire institutionnelle, comme toute les littératures de genre). Mais ce n’est pas tout ! Outre la superbe histoire d’amitié intergénérationnelle, l’autrice aborde quelques autres thèmes avec douceur et subtilité. Il est donc question de solitude (Urara a du mal à se lier d’amitié avec ses congénères, Yuki traverse doucement son veuvage en pensant qu’elle va, de toute façon, bientôt mourir), et de vieillesse (Yuki est en plein dedans et Urara se pose des questions sur le sujet à force de côtoyer la vieille dame). Mais le manga ne verse ni dans le pathos, ni dans la tristesse ! Bien au contraire ! Dialogues et situations sont bourrés d’humour, un humour fin et qui a fait mouche pour moi – ce qui, évidemment, n’a fait que me conquérir !

En bref, voilà un premier tome de manga qui m’a touchée et qui m’a mise dans le même état que celui de Yuki, arrivée au terme des mangas publiés de sa série en cours : en manque ! J’avais envie de connaître immédiatement la suite de ce manga tendre, rafraîchissant, empreint d’une douceur et d’une bienveillance bien agréables !

BL Métamorphose #1, Kaori Tsurutani. Traduit du japonais par Géraldine Oudin. Ki-oon, juin 2019, 139 p.

Spy x Family, #1-2, Tatsuya Endo

Twilight, le plus grand espion du monde, doit pour sa nouvelle mission créer une famille de toutes pièces afin de pouvoir s’introduire dans la plus prestigieuse école de l’aristocratie. Totalement dépourvu d’expérience familiale, il va adopter une petite fille en ignorant qu’elle est télépathe, et s’associer à une jeune femme timide, sans se douter qu’elle est une redoutable tueuse à gages. Ce trio atypique va devoir composer pour passer inaperçu, tout en découvrant les vraies valeurs d’une famille unie et aimante.

J’avais vraiment hâte de découvrir cette série de manga et quelle découverte ! J’ai adoré ces deux premiers tomes !
Twilight est un agent infiltré de Westalis, déployé en Ostania, dans la métropole de Berlint. Sa mission ? Maintenir la paix entre l’Est et l’Ouest. Si les noms ont été (légèrement) modifiés, il est évident que l’histoire reprend les codes et les grandes lignes de la guerre froide et que l’on est manifestement dans une reprise de l’Allemagne avant la chute du Mur. Ambiance complots et espionnages à tous les étages, donc, d’autant que Twilight est un as du déguisement.

Pour sa nouvelle mission, le voici chargé de se monter une fausse famille, dont l’enfant devra intégrer la prestigieuse école Éden, afin d’approcher un haut responsable politique. Parmi toutes les personnes possibles… Twilight adopte une fillette télépathe et conclut un mariage arrangé avec une tueuse à gages. Sans compter qu’il n’a aucune expérience en relations familiales (encore moins dans l’éducation d’un enfant. Bref : c’est mal embouché.

A l’espionnage se mêle donc une forte part d’humour, Spy x Family lorgnant plus du côté de la comédie que du récit d’espionnage classique et c’est un des points qui m’ont tellement plu dans cette lecture. Malgré l’aspect loufoque, le suspense est hyper présent, car l’histoire mêle trois intérêts pas forcément convergents : Twilight doit accomplir ses missions ; Anya, la fillette, est bien décidée à rester dans cette famille coûte que coûte ; Yor, la mère adoptive, doit conserver sa couverture (les vieilles filles ont tendance à être arrêtées par la Gestapo locale) pour poursuivre ses missions d’assassinat. Le récit mêle donc assez joyeusement préoccupations familiales très mignonnes à la violence la plus sauvage, le tout parsemé d’un humour qui fait mouche. L’espionnage (avec tous ses enjeux au niveau relations internationales) et les scènes de la vie quotidienne offrent un mélange complètement décalé, mais qui m’a donné follement envie de poursuivre cette histoire.

Les personnages ne sont pas en reste. Tatsuya Endo a troussé des personnages convaincants, qui sont souvent en décalage avec le récit ou les situations qu’ils vivent (et c’est drôle), ce qui les rend très attachants.

En bref : un excellent premier tome, qui m’a donné très très envie de lire la suite. J’ai été plus que convaincue par ce mélange (improbable mais efficace) entre espionnage, vie quotidienne et comédie, porté par des personnages vraiment bien campés. Une excellente découverte !

Spy x Family #1, Tatsuya Endo. Traduit par Satoko Fujimoto.
Kurokawa, 10 septembre 2020, 207 p.

Accompagné d’Anya, sa (fausse) fille adoptive, et de Yor, sa (fausse) épouse et vraie tueuse, Twilight alias Loid Forger doit approcher le chef du parti Nation Unifiée. Le plan consiste à faire admettre la petite Anya à la prestigieuse école Éden, où se retrouvent les enfants de l’élite d’Ostania, puis de la faire figurer parmi les meilleurs élèves de l’école. Un objectif qui relève de l’impossible, à moins de déployer des trésors de ruse et d’ingéniosité… Mais n’est-ce pas là, justement, le cœur du métier d’espion ?

La mission STRIX continue… et se corse. Car si Anya a intégré Éden, voilà qu’elle doit rejoindre l’élite suprême des élèves, afin de permettre à Twilight d’accéder au saint des saints. Or, & la fillette récolte un mauvais point dès la visite de rentrée scolaire, car les relations sociales ne sont pas sont fort…

On retrouve dans ce tome 2 le mélange improbable, mais ô combien efficace, du tome 1 : espionnage, personnages barrés, comique de situation, rebondissements à foison sont de la partie. Impossible de s’ennuyer !
D’autant que parallèlement à la mission STRIX, Twilight croule sous les missions d’infiltration, toutes plus loufoques les unes que les autres (mention spéciale à la récupération du microfilm caché dans un pingouin, quand même). L’ajout de ces missions (justifiées par un manque de personnel drastique dans l’organisation), empêche qu’une quelconque routine s’installe dans la narration, et c’est bien ce qui rend le manga si prenant.

Il s’attache également à creuser un peu ses personnages. Anya, évidemment, est au centre du récit, puisque c’est son parcours (chaotique !) que l’on suit à l’école. La télépathie ne l’aide pas, bien au contraire, car elle saisit aussi bien les attentes de son faux père adoptif, que les pensées de ses petits camarades, sans toujours tout bien comprendre. Ce qui donne lieu à toutes sortes de quiproquos, plus drôles les uns que les autres !
Yor est également importante dans le récit, puisque son petit frère, à cause duquel elle a demandé à Twilight de jouer les conjoints, vient enfin lui rendre visite, sans lui annoncer qu’il fait partie de la police secrète de l’état : un statut qui annonce d’intéressants développements dans la suite, que j’ai d’ores et déjà hâte de lire !

Je me suis encore plus amusée avec ce tome qu’avec le précédent ! L’humour est tordant, et le mélange entre les situations très sombres, l’histoire d’espionnage bien troussée et cet aspect comédie parfaitement dosé. Excellente pioche au rayon manga, dont j’ai hâte de lire les tomes suivants !

Spy x Family #2, Tatsuya Endo. Traduit par Satoko Fujimoto.
Kurokawa, novembre 2020, 192 p.

L’Atelier des sorciers #4-5, Kamome Shirahama.

Agathe s’est inscrite au deuxième examen du monde des sorciers qui lui permettra de pratiquer la magie en public. Kieffrey, Coco et les autres apprenties l’accompagnent sur place, mais la présence néfaste de la Confrérie du Capuchon va bientôt venir troubler le bon déroulement de l’épreuve…

J’adore cette série à la fois pour son histoire prenante, douce (mais pas que), son univers hyper chouette et, surtout, ses magnifiques graphismes ! Je me plonge dans chaque tome avec un immense plaisir, raison pour laquelle j’ai inscrit ces deux volumes dans mon Cold Winter Challenge – et à raison, car c’est ce qui se rapproche le plus, pour moi, de la lecture feel-good !

Ce tome quatre amène enfin un peu de rythme dans une intrigue jusque-là centrée sur l’apprentissage de Coco et la découverte de l’univers. Non pas que l’on s’ennuyait, mais cela fait enfin bouger un peu les choses, et c’est fort agréable. En effet, cet opus voit Agathe et Trice (inscrite par Kieffrey) passer leur deuxième examen de magie.
Cet examen est l’occasion d’introduire de nouveaux personnages, à commencer par Yinny, élève de Messire Cuckrow. Ce qui nous donne aussi un aperçu des différences éducatives dans la communauté des sorciers. Si Kieffrey prône un apprentissage basé sur la confiance en soi, la culture de ses points forts et l’identification bienveillante des points faibles, messire Cuckrow estime, lui, que ses élèves doivent progresser à coups d’insulte et d’indifférence. Le troisième personnage à apparaître est Dame Alyra, une sorcière amie de Kieffrey, chargée d’évaluer les trois adolescents.

L’évaluation est justement l’épisode qui va introduire de nouvelles informations sur l’univers et… du rythme ! Mais commençons par l’univers. Le tome est presque entièrement consacré au-dit examen des trois concurrents. On les voit donc pratiquer la magie en temps réel, tout en découvrant l’histoire de la magie – ici avec un empire antique, Romonon, qui a peu à peu basculé dans une recherche de la pureté et de l’utilité délétère. Le récit des origines (fait par Kieffrey à Coco et Tetia) s’intercale aux scènes de l’examen, qui met Agathe, Trice et Yinny en bute à quelques casse-têtes magiques. Cette alternance des temporalités introduit un rythme hyper confortable qui fait que les pages se dévorent toutes seules.

Et alors que l’on est bien installés dans ce petit rythme, une péripétie (pas incroyable, tout de même, mais bien amenée), nous fait basculer dans le suspense ! Car la Confrérie du Capuchon (opposant principal de cet univers) débarque avec perte et fracas.
Le découpage se fait alors beaucoup plus serré, plein de suspense et on se surprend à lire encore plus vite. D’autant plus que l’action se fait de plus en plus trépidante sur la fin, laquelle laisse les personnages dans une situation pour le moins critique (les uns comme les autres).

Comme toujours, Kamome Shirahama narre son histoire avec des graphismes absolument splendides. Les planches sont pleines de petits détails, les traits des personnages précis et détaillés, les costumes et les décors travaillés. C’est un régal pour les yeux !

Une fois de plus, une excellente lecture ! Kamome Shirahama continue l’exposition de son univers, tout en introduisant un peu plus précisément les opposants, ce qui fait de ce tome un opus haut en couleurs et bourré de péripéties… qui donne évidemment très envie de lire la suite !

L’Atelier des sorciers #4, Kamome Shirahama. Traduit du japonais par Fédoua Lamodière.
Pika, avril 2019, 192 p.

En plein second examen de sorcellerie, Agathe, Trice et le timide Yinny se font attaquer par un sorcier renégat de la Confrérie du Capuchon. Celui-ci utilise un sort interdit pour transformer Yinny en bête sauvage…
Coco, Tetia et Kieffrey sont eux aussi dans une bien triste posture : ils sont encerclés par les anciens habitants de Romonon, qui semblent vouer une haine farouche aux sorciers. Comble de malheur, Kieffrey est gravement blessé… Comment vont-ils s’en sortir ?

Ce tome est vraiment la suite et fin du précédent puisque l’on y assiste à la fin de la bataille entre nos sorciers et la Confrérie du Capuchon.
C’est donc un tome haut en couleurs et péripéties ! Le rythme et le suspense sont au rendez-vous et le manga m’a donné l’impression d’être mené tambour battant. Comme à chaque opus, une des apprenties se détache un peu plus que les autres : le tome 4 était celui de Trice et sa magie délicate, celui-ci est celui de Tetia (même si l’arc consacré à Trice est également conclu).

Alors que je trouvais, dans les premiers tomes, que cela manquait un peu de batailles magiques, ici j’ai été ser-vie ! L’examen des adolescents, mal embouché dans le tome précédent, continue sur sa lancée et oblige Agathe et Trice à unir leurs forces pour, d’une part, sauver Yinny (transformé en loup écailleux) et, d’autre part, se débarrasser des deux sorciers au capuchon. Astuce, sortilèges et camaraderie seront leurs maîtres-mots. C’est classique, mais cela fonctionne du tonnerre.
De l’autre côté, Kieffrey, Coco et Tetia sont attaqués par les anciens habitants de Romonon et le maître sorcier est plus que mal en point. On assiste donc en parallèle à deux combats épiques, à grands renforts de sortilèges.

Le découpage est de nouveau hyper dynamique, et j’ai l’impression d’avoir englouti ce tome en moins de deux. Outre le rythme, le récit est de nouveau porté par des illustrations absolument sublimes. A ce titre, gros coup de cœur pour le loup écailleux qu’est devenu Yinny car l’animal est absolument sublime !

Mais le gros point fort de ce volume, ce sont les informations qu’il apporte sur l’univers. On en découvre enfin un peu plus sur les plans de la Confrérie (obliger Coco à utiliser des sortilèges interdits dans de bonnes intentions afin de réhabiliter toutes formes de magie) et sur les personnes qui la composent, puisque le visage de l’un des sorciers est révélé. Une chose est sûre : celui-ci ne passera jamais inaperçu avec la tête qu’il a, et quand on la découvre, on comprend pourquoi certains sortilèges ne doivent pas être utilisés ! De plus, la milice magique est de nouveau impliquée dans l’histoire – mais au vu de la conclusion, je suppose qu’on la reverra dans le tome suivant – et nous rappelle que Coco… n’est pas tout à fait tirée d’affaire suite à sa pratique de la magie devant un jeune garçon ! Suspense, suspense….
Mieux, et j’ai vraiment aimé découvrir cela, il semblerait que maître Kieffrey ait de petits secrets… et je suis terriblement curieuse de découvrir de quoi il s’agit !!

Enfin, la série met toujours à l’honneur la réflexion sur la façon d’agir pour faire le bien : faut-il jeter l’éthique aux orties si la fin le nécessite, ou bien faut-il faire preuve d’un peu de morale ? Et se couper d’une part de puissance ? La réflexion est vraiment intelligemment menée, sans vraiment donner de réponse (du moins pour l’instant) et c’est parfait ainsi ! Trice amène aussi toute une réflexion sur la construction de soi : doit-elle obéir aux consignes des adultes, et prendre le risque de se perdre au passage ? Doit-elle au contraire perdre un peu d’elle-même pour réellement s’accomplir ? Tout cela est traité assez finement, et c’est aussi ce qui fait le sel de la série !

J’avais eu un petit coup de mou au tome 3, mais ces deux volumes ont clairement relancé mon enthousiasme. La série est intelligemment menée, pose une base de réflexion hyper intéressante, mais sans occulter l’aventure et le rythme du récit. Les graphismes sont un pur régal pour les yeux, tant chaque planche fourmille de petits détails dans les coins. C’est splendide ! J’ai hâte de pouvoir lire la suite !

L’Atelier des sorciers, tome 5, Kamome Shirahama. Traduit du japonais par Fédoua Lamodière.
Pika, octobre 2019, 192 p.

Et hop ! Menu Under the misteltoe du Cold Winter Challenge validé ! A moi la suite !

L’Atelier des sorciers #1-2, Kamome Shirahama.

Coco a toujours été fascinée par la magie. Hélas, seuls les sorciers peuvent pratiquer cet art et les élus sont choisis dès la naissance. Un jour, Kieffrey, un sorcier, arrive dans le village de la jeune fille. En l’espionnant, Coco comprend alors la véritable nature de la magie et se rappelle d’un livre de magie et d’un encrier qu’elle a achetés à un mystérieux inconnu quand elle était enfant. Elle s’exerce alors en cachette. Mais, dans son ignorance, Coco commet un acte tragique !
Dès lors, elle devient la disciple de Kieffrey et va découvrir un monde dont elle ne soupçonnait pas l’existence !

Il y des petites découvertes enthousiasmantes, comme celle-ci, dont je ne me lasse pas ! J’ai attaqué ce manga car j’étais intriguée par la couverture et fort bien m’en a pris.
L’histoire est extrêmement bien menée : Coco, fascinée par la magie, ne rêve que de parvenir à pratiquer cet art si prisé et rarissime. Or, après avoir observé un mage à l’œuvre, elle reproduit ses gestes… et ensorcelle accidentellement sa mère, découvrant au passage (bien qu’elle n’en ait pas encore conscience), que l’on ment à la population : les pouvoirs magiques ne sont en rien innés, mais totalement acquis. J’imagine que ce point interviendra à nouveau plus tard dans l’intrigue.

L’univers dans lequel on plonge est riche et passionnant : on est clairement dans un univers de fantasy, avec petites maisonnettes biscornues, grandes cités fascinantes et campagnes romantiques à souhait. Coco, dès qu’elle intègre l’atelier de Maître Kieffrey, débute un apprentissage magique. Mais l’intrigue ne se limite à cet arc : Coco a été volontairement exposée à la magie et prédisposée lorsqu’elle était plus jeune, par une personne dont on ignore l’identité et les motivations : nul doute que cela aussi ressortira plus tard.
A l’intérieur de l’atelier, on est face à une quête d’apprentissage assez classique, Coco étant tiraillée entre son désir d’apprendre et ses redoutables lacunes en matière magique. De plus, elle est mise en concurrence avec d’autres apprenties magiciennes, dont certaines font preuve d’une ambition extraordinaire – et d’un machiavélisme tout aussi incroyable. Ainsi, dès ce premier tome, l’ennemie intime de Coco semble être Agathe et j’ai hâte de voir si la suite de la série fera s’affronter les deux apprenties.

Comme c’est un manga, on va toucher deux mots des illustrations, dont la richesse m’a laissée sans voix ! Les planches fourmillent de détails tous plus enthousiasmants les uns que les autres, qu’ils se glissent dans les vêtements des personnages, des objets ou des paysages.

Un premier tome splendide, qui donne follement envie de lire la suite !

L’Atelier des sorciers #1, Kamome Shirahama.
Traduit du japonais par Fédoua Lamodière. Pika, mars 2018, 208 p.

On naît sorcier, on ne le devient pas. C’est la règle. Pourtant, Kieffrey a pris Coco sous son aile et a fait d’elle sa disciple : d’humaine normale, la voilà devenue apprentie sorcière ! Kieffrey, Coco et ses trois camarades se sont rendus à Carn, petite ville de sorciers, pour acheter des fournitures magiques. Mais soudain, les quatre fillettes tombent dans un piège tendu par un mystérieux sorcier encapuchonné : elles sont coincées dans une dimension parallèle et doivent échapper à un dragon !

C’était un plaisir de retrouver les personnages et l’univers de Kamome Shirahama !
L’intrigue, cette fois, est un peu plus sombre et commence très fort, nos quatre apprenties étant piégées dans une dimension parallèle, avec peu de chances de s’en sortir par leurs propres moyens.
Le complot dans lequel Coco a été trempée malgré elle se dévoile un peu plus cette fois avec l’apparition de la Confrérie du capuchon, dont les agissements sont assez mystérieux. Tout cela promet encore du suspens et des rebondissements dans les tomes à venir, d’autant qu’à l’issue de ce tome, les personnages n’ont pas progressé d’un iota dans le projet de sauver la mère de Coco !

Malgré tout, les personnages évoluent et leurs relations avec. Agathe est toujours aussi ambitieuses et pas toujours réfléchie, Coco toujours un peu naïve mais le jeunes filles progressent indéniablement. De plus, l’apparition d’un autre sorcier, vivant lui aussi à l’atelier, amène un peu de sang neuf, de suspense et de questions.
On en apprend également un peu plus sur les lois de l’univers, au gré d’un rebondissement tout à fait palpitant, qui oblige les jeunes filles à se confronter aux réalités de la pratique de la magie. Or, tout ne tourne pas comme attendu… et le tome se conclut sur l’arrivée fracassante de la milice magique ce qui, évidemment, laisse les lecteurs sur des charbons particulièrement ardents. Heureusement que le tome 3 est annoncé pour octobre !

Ce deuxième tome s’avère un peu plus sombre que le premier, mais tout aussi palpitant, si ce n’est plus : on en découvre un peu plus sur l’univers, les personnages et la magie en général, et la conclusion donne extrêmement envie d’en savoir plus. Vivement la suite !

L’Atelier des sorciers #2, Kamome Shirahama.
Traduit du japonais par Fédoua Lamodière. Pika, juin 2018, 192 p.

 

Erased : Re, Kei Sanbe.

Avec l’aide de ses amis, Satoru a réussi à piéger le tueur d’enfants, qui s’apprêtait à prendre la petite Kumi pour cible ! La vie peut enfin reprendre pour celui que le temps avait oublié… et sa carrière de mangaka s’annonce plus prometteuse que lors de sa première existence, peu à peu effacée de sa mémoire.
Il reste cependant quelques zones d’ombre… Que faisaient ses proches quand Satoru était plongé dans le coma ? Quelle influence son long sommeil a-t-il eu sur leurs choix, leur destin ?

Erased aura été, dans l’ensemble, un gros coup de cœur. J’étais donc ravie de voir que, malgré la série menée à son terme, Kei Sanbe nous réservait encore un tome, sous forme de spin-off, et s’intéressant aux autres personnages de la série, et à leurs trajectoires durant le coma de Satoru.

Tour à tour, le manga s’intéresse à Kayo, que Satoru a sauvée, à Kenya, son meilleur ami, à Sachiko, sa mère et à Airi, sa collègue de la pizzeria et complice de début de cavale. Alors soyons clairs : la lecture de ce volume n’est clairement pas indispensable, puisque les deux derniers tomes nous ont appris ce qu’ils étaient devenus et qu’on les croise même au retour de Satoru à la vie. Mais, de fait, on n’avait pas tous les détails et, dans le cas de certains, il restait vraiment des questions en suspens. Par exemple : pourquoi diable, dans la scène finale, Airi semblait-elle retrouver Satoru avec plaisir, sous ce pont les abritant de la neige, alors même qu’elle ne peut pas se souvenir de lui dans cet arc temporel ? Eh bien Kei Sanbe m’a comblée en apportant à cette question une vraie réponse, dans ce qui est sans doute le chapitre le plus poétique de l’ensemble.

L’ambiance de ce volume est assez étrange : on retrouve les motifs du thriller, évidemment, puisqu’à ce moment-là de l’histoire, Satoru est toujours plongé dans le coma et le meurtrier toujours dehors. Si Sachiko et Kayo ont plutôt laissé tomber cet aspect de la chose, Kenya, que l’on suit un peu plus longuement, ne lâche en rien l’affaire et reprend l’enquête à son compte. Mais ce côté assez sombre est pallié par un sentiment assez prégnant de nostalgie et de poésie qui se dégage des récits – sans que j’aie su déterminer si cela venait du fait qu’on retrouve ces personnages dans des circonstances particulières, ou si cela tient plutôt des regards à la fois assez lucides et tendres (pas toujours, mais un peu quand même) qu’ils portent sur la vie et leur entourage. Malgré ces deux aspects, les histoires sont bien rythmées, donc on ne s’ennuie pas une seconde !

J’étais à la fois ravie de découvrir ce spin-off et un peu inquiète, car l’ensemble de la série a été une excellente découverte. Mais Kei Sanbe maîtrise son art et nous sert un tome certes pas indispensable, mais qui tourne la page avec élégance. Je n’ai pas boudé mon plaisir avec cette conclusion et je suis certaine que je relirai la série un jour !

◊ Dans la même série : tomes 1 à 3 ; tomes 4 et 5 ; tomes 6 à 8.

Erased : Re, Kei Sanbe. Traduit du japonais par David Le Quéré. Ki-oon, août 2017, 194 p.

Erased #6-8, Kei Sanbe.

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Grâce aux efforts conjugués de Satoru et Kenya, Kayo et Aya Nakanishi ont été sauvées ! Mais l’affaire n’est pas tout à fait réglée : Satoru est resté coincé, en 1988, dans son corps d’enfant. Et il y a toujours un tueur en série en goguette !

Il ne reste que deux tomes et autant dire que ce sixième volume laisse le lecteur sur des charbons ardents_ un peu comme le cinquième volume, qui s’achevait sur un redoutable cliffhanger.
Cette fois, plus aucun doute n’est permis sur l’identité du coupable et l’on se doute bien qu’il ne compte pas s’embarrasser d’un témoin gênant, fut-il un jeune enfant.
Finalement, c’est dans ce sixième volume que l’on prend enfin la mesure de l’intrigue uchronique : bon an mal an, on finit par revenir en 2006. Sauf que Satoru n’est plus du tout dans le même état qu’au début de l’histoire. Il est d’ailleurs presque absent de l’histoire, coincé qu’il est dans son coma, sur son lit d’hôpital. De plus, le suspense est maintenu jusqu’au bout. Si, dans un premier temps, Satoru est mis hors d’état de nuire, dans la suite, il est tout simplement privé de ses souvenirs… et donc bien moins utile que prévu !

C’est Sachiko, la mère de Satoru, qui a la part belle dans ce volume. On la découvre autrement que par les yeux de son fils et le portrait qu’en fait Kei Sanbe est riche et la montre bien plus présente que ne le pensait son fils. L’histoire, de plus, s’enrichit de nouveaux personnages qui apportent de nouvelles nuances.

Kei Sanbe mène son intrigue de main de maître et offre, à nouveau, un redoutable retournement de situation final, surprenant, qui laisse sur des charbons ardents pour la suite ! Heureusement qu’elle est annoncée pour juillet !

Erased #6, Kei Sanbe. Traduit du japonais par David Le Quéré. Ki-oon, février 2016, 194 p.

Après 15 ans, Satoru est enfin sorti de son coma. Cependant, une lourde rééducation l’attend, et sa perte de mémoire le tourmente. En effet, le jeune homme semble avoir oublié qu’il possède la faculté de retourner dans le passé, et ne comprend donc pas d’où lui viennent toutes ses connaissances largement avancées pour un élève de primaire.
Bien que durant ces 15 ans, sa mère ait tout fait pour préserver le corps de son fils et qu’elle veuille désormais le protéger de son passé, elle décide de le laisser lire les dossiers que lui a laissés son ami Ken’ya, qui relatent l’affaire à laquelle les deux enfants s’intéressaient avant l’accident de Satoru. Cependant, ceux-ci ne font que semer davantage le doute dans l’esprit du jeune homme.
Airi pourrait-elle être la clef permettant de déverrouiller la porte dans son esprit ?

Vu qu’on approche dangereusement de la fin, le suspens est à son comble dans cet opus. Ici, ce que j’ai trouvé chouette, c’est que puisque que Satoru a réussi dans le passé, on est sur une nouvelle ligne temporelle : Kayo est toujours en vie, Satoru a un corps d’adulte à apprivoiser et… d’intempestifs flash-backs avec lesquels composer. C’est ainsi qu’il se rappelle nettement d’Airi… dont il va inopinément croiser la route. Peu à peu, tous les fils convergent.

Si la ligne temporelle a été modifiée, on reparle beaucoup de l’affaire sur laquelle enquêtait Satoru étant enfant. Kenya, son ami d’enfance, est devenu avocat et n’a jamais lâché l’affaire. D’autant que les meurtres semblent avoir repris – mais sans que l’on soit sûr de pouvoir vraiment tous les raccorder.

Le volume est centré sur la rééducation de Satoru mais le suspens est relancé lorsque l’on s’aperçoit qu’il est placé sous étroite surveillance – sans doute du tueur. Le tome est donc sous tension mais, paradoxalement, plus lent dans ses péripéties, ce qui peut parfois laisser l’impression qu’il ne s’y passe pas grand-chose.

Le tome 7 se maintient dans un bon équilibre : il y a plein de suspens mais, en même temps, l’accent est mis sur la rééducation de Satoru, sa vie nouvellement prise en main et sur ses relations avec ses amis. Du coup, on patiente, mais on trépigne encore !

Erased #7, Kei Sanbe. Traduit du japonais par David Le Quéré. Ki-oon, juillet 2016, 194 p.

Après s’être réveillé d’un long coma, Satoru récupère peu à peu ses capacités et ses souvenirs. Néanmoins, le jeune homme ne se rappelle toujours pas de qui est le meurtrier, et ignore que celui-ci l’observe. Toutefois, avec l’aide de Kenya, Satoru va tenter d’attirer le meurtrier afin de l’arrêter en servant d’appât…

Voilà, c’est déjà le dernier tome de la série Erased et, si j’avais vraiment hâte de le lire, j’étais un peu triste de déjà arriver à la fin. Dans le tome précédent, j’avais été un peu frustrée, avec l’impression qu’il ne s’était pas passé grand-chose malgré l’intérêt apporté aux personnages. Du coup, on attaque le tome 8 en plein suspens puisque, désormais, Satoru est très très proche du but – et qu’on sait que la fin est proche.

Le voilà embarqué dans une sortie à l’étang des Camélias avec d’autres patients, sa mère, la jeune Kumi qu’il a rencontrée à l’hôpital et… le tueur.
Le suspens est augmenté par la façon dont Kei Sanbe nous donne à voir les minutieux préparatifs de Satoru et de la personne à qui il s’oppose. Assez vite, aux préparatifs succède l’affrontement entre les deux, qui occupe deux bons tiers du manga. Et, là aussi, le suspens est à son comble : on a déjà une idée assez précise des motivations du tueur et de comment les faits se sont déroulés, mais la confrontation est passionnante. De plus, le fait que la ligne temporelle ait été modifiée autant de fois alimente à merveille l’intrigue – vu que Satoru a des réminiscences de ses vies antérieures.
Le sujet, d’ailleurs, est éminemment casse-gueule, mais l’auteur s’en sort avec les honneurs !

Kei Sanbe apporte une vraie conclusion à son intrigue, mais je n’ai pas pu m’empêcher de la trouver un peu expédiée, sans doute parce que la traque s’est étalée sur sept tomes – et que j’ai adoré la série. Pas de feu d’artifice final, donc, mais une conclusion à l’image de la série, pleine de tension et qui apporte un beau point final. J’avais un peu peur, au vu des lignes temporelles bouleversées, que certains éléments de l’intrigue passent à la trappe (Airi, notamment), mais non, Kei Sanbe réussit à ramener tous les fils de l’histoire à la fin !

En somme, Erased fait partie de mes séries de manga favorites : le thème du voyage temporel, le thriller et tout ce que l’auteur développe autour des personnages m’a beaucoup plu ; le suspens ne se dément presque jamais tout au long de la série et j’avais vraiment hâte de savoir comment l’auteur s’en sortirait avec le thème choisi.
Si la série vous a plu, je vous recommande tout aussi chaudement la série animée parue l’année dernière – et j’attends maintenant avec impatience le film en préparation !

Erased #8, Kei Sanbe. Traduit du japonais par David Le Quéré. Ki-oon, janvier 2017, 210 p.

 

Bungô stray dogs #1-2, Kafka Asagiri & Harukawa 35.

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Après avoir été expulsé de son centre d’accueil, Atsushi Nakajima se retrouve seul et à la rue… il rencontre alors un étrange jeune homme du nom d’Osamu Dazai. Ce dernier fait partie de l’Agence des Détectives armés, une troupe d’enquêteurs aux pouvoirs paranormaux, à la recherche d’un mystérieux tigre mangeur d’hommes. Atsushi semble avoir d’étroits liens avec ce tigre, et se retrouve enrôlé malgré lui parmi ces fameux Détectives sur l’initiative de Dazai. Action et batailles entre illustres écrivains à Yokohama !

Lorsqu’Atsushi, jeune orphelin expulsé de son orphelinat pour raisons budgétaires, rencontre Dazai, celui-ci teste une nouvelle méthode de suicide – son objectif principal dans la vie. On peut dire que l’introduction ne manque ni de piquant, ni d’originalité.
Et la suite est à l’avenant !

Car si Atsushi est un jeune homme assez naïf, Dazai fait, lui partie, de l’Agence des Détectives Armés, qui regroupe des enquêteurs aux pouvoirs surnaturels, de fins limiers au service de la justice et de la vérité. D’ailleurs, cela tombe bien, car Dazai enquête sur un énorme tigre mangeur d’hommes qui sème la panique en ville et va requérir l’aide d’Atsushi.

Bien qu’il s’agisse du premier tome, le volume comprend pas moins de trois enquêtes, qui nous permettent de mieux comprendre l’univers dans lequel évoluent nos jeunes détectives. Les rebondissements s’enchaînent à bon rythme, jusqu’à la fin, gardant un suspens bien équilibré… jusqu’au retournement de situation final ! Question rythme, révélations et découverte de l’univers, ce premier tome est tout simplement excellent !

Côté personnages, on découvre une palette d’agents aux pouvoirs surnaturels aux noms… pas très évocateurs. Et c’est ce qui fait le sel des personnages : on a le nom du pouvoir (par exemple « Poète solitaire » !) et on attend de savoir, dans le feu de l’action, à quoi cela correspond. Cela crée un effet de suspense vraiment bienvenu !

Au dessin, Harukawa 35 fait merveille avec des traits très clairs et des scènes très lisibles, y compris dans les combats les plus échevelés (et il y en a !).

En somme, ce premier tome nous fait découvrir un univers peuplé de personnages aux pouvoirs tous plus surnaturels les uns que les autres, embarqués dans des enquêtes passionnantes et dans une opposition tout aussi intéressante avec la mafia !

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Après l’attaque d’Akutagawa et de sa subordonnée Higushi, Atsushi se réveille à l’Agence, qui est maintenant prise pour cible par la mafia dans le but de récupérer l’homme-tigre. Le jeune détective va alors devoir prendre une décision…

Maintenant qu’Atsushi est assuré d’avoir un avenir, on peut souffler ! Sauf que la mafia, elle, n’a pas dit son dernier mot.
Ce deuxième tome nous propose encore une fois son lot de rebondissements inattendues, palpitants et faisant monter la tension. Car l’antagonisme entre la mafia et l’Agence des détectives prend des tours et des formes inattendues. L’histoire n’est donc pas lassante le moins du monde.

Le gros point fort de cette série, que je n’ai pas encore invoqué, ce sont toutes les références liées aux personnages. En effet, l’Agence des Détectives Armés regroupe des avatars d’auteurs, poètes ou novellistes japonais. Vous n’êtes pas une pointure en littérature classique japonaise ? Pas de panique ! Les personnages sont décrits, avec leurs références littéraires, dans les inter-chapitres. Et voir comment les auteurs jouent sur les noms, les pouvoirs et les références est passionnant : car les pouvoirs des détectives sont, presque toujours, issus des œuvres des auteurs dont ils prennent les noms.  Voilà qui ajoute un côté original non négligeable à ce manga.

Dans ce tome-ci, les auteurs font à nouveau preuve de leur sens du rythme et de la lisibilité des scènes, ce qui fait qu’on arrive au bout de l’histoire quasiment sans s’en rendre compte.

Bungô stray dogs est donc un manga seinen extrêmement bien mené, passionnant de bout en bout, dont le rythme est tout simplement excellent. Il n’est pas difficile de s’attacher aux personnages, dont on cherche à découvrir et la teneur du pouvoir, et la référence littéraire qu’ils comportent. En somme, une excellente découverte et, au vu des révélations des deux premiers tomes, j’ai hâte de lire la suite !

Bungô stray dogs #1 et #2, Kafka Asagiri (scénario) et Harukawa 35 (illustrations).
Traduit du japonais par Nicolas Pujol. Ototo (Seinen), 4 février 2017, 192 p.

ReLIFE #1-3, Yayoiso.

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Arata a 27 ans et sa vie est loin, très loin d’être celle qu’il imaginait 10 ans plus tôt. Au chômage, célibataire, il n’a même pas le courage d’avouer à ses amis qu’il est sans emploi et se force à jouer la comédie – débarquant à leurs afterworks en costume trois pièces, comme s’il sortait lui aussi du bureau. Et comme il a démissionné de son premier emploi après seulement 3 mois, il n’est pas près de retrouver un poste… D’ailleurs les entretiens d’embauche se suivent et se ressemblent, se soldant tous par des échecs cuisants. Or, il n’a pas encore atteint le fond, ce qui ne tarde pas à arriver : sa mère lui annonce de but en blanc la fin du soutien financier parental … C’est alors que surgit le mystérieux Ryo Yoake, employé de l’institut de recherche ReLIFE, pour lui proposer de participer à une expérience de réinsertion sociale, réservée aux chômeurs, passant par… une année de retour au lycée ! Pour ce faire, Arata est prié d’avaler une simple pilule, lui redonnant l’apparence de ses 17 ans. Il reprend donc le chemin de la terminale… et c’est bien moins facile qu’il n’y paraît.

ReLife est un manga atypique. En effet, il est tout en couleurs, alors que traditionnellement, s’il y a des couleurs, seules les premières pages y ont droit. En effet, le manga a d’abord été publié en tant que web-série en couleurs et le passage au format papier a conservé ce caractère.

L’histoire de Yayoiso mêle donc allègrement science-fiction et tranches de vie adolescentes : car, si Arata retourne au lycée, il y découvre également Ryo, son « contrôleur de mission ». Ce retour en arrière est vraiment drôle : Arata cumule les bourdes et a bien du mal à se remettre dans le bain – franchement, j’ai compati.

L’histoire ne propose pas un suspens haletant, mais je me suis tout de même laissée emporter par ma lecture, parce que je voulais savoir si Arata réussirait à faire coïncider ses deux existences en cours ou pas.

Côté dessins, j’ai pleinement apprécié d’avoir un manga tout en couleurs, ce qui apporte un air nouveau. A ce titre, l’adaptation (du format vertical adapté à la lecture sur smartphones au format papier normal) est très réussie.

Une fois ce premier tome terminé, j’avais hâte de savoir comment Arata allait se débrouiller dans sa nouvelle existences adolescente. J’ai donc passé un bon moment avec les aventures de ce jeune homme, et je suis curieuse de lire la suite de ses aventures lycéennes. 

ReLIFE #1, Yayoiso. Ki-oon, mai 2016, 184 p.

 

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Pour Arata, pas facile de se remettre dans le bain! Les vieilles habitudes ont la vie dure, et le programme de terminale est bien loin…Bref, les premiers contrôles de l’année ne sont pas une réussite, sans compter le savon magistral que lui passe son professeur principal en trouvant des cigarettes dans son sac!
Heureusement, le jeune homme lie rapidement connaissance avec plusieurs élèves de sa classe, dont Kazuomi Oga, Rena Kariu et Chizuru Hishiro. Cette dernière, extrêmement timide, a beaucoup de mal à se faire des amis: notre « redoublant » décide alors de lui donner un coup de pouce, mais la tâche promet d’être ardue…

Eh non, la reprise n’est pas facile pour Arata. Après avoir obtenu des notes déplorables aux examens généraux, Arata se démet une épaule et s’écorche un genou en sport. ReLife est un programme destiné à favoriser la réinsertion des chômeurs mais, s’il donne aux participants l’apparence d’adolescents, il ne leur en donne pas les capacités physiques ! De même, Arata n’oublie pas qu’il a 27 ans et non 17 : tout cela contribue à conserver le décalage constant entre le jeune homme et ses camarades de classe.

Dans ce volume, l’accent est mis sur les relations entre eux, ce qui peut être un peu frustrant, vu que l’aspect ReLIFE est peu exploité. Arata est bien décidé à rendre service à Chizuru, laquelle semble particulièrement peu douée en relations sociales – ce qui est souvent assez comique, notamment lorsqu’elle tente de conquérir Rena à coups de sourires carnassiers, qui tiennent plus de la tête de psychopathe que de la future bonne copine.
L’histoire est vraiment centrée sur les histoires adolescentes, et moins sur le retour dans le passé d’Arata. Ceci-dit, les chapitres sont entrecoupés des rapports envoyés par Yoake à son responsable, qui nous rappellent de temps en temps que tout cela n’est qu’une expérience scientifique appelée à s’arrêter un an plus tard.

Côté dessins, c’est toujours aussi sympa d’avoir un manga tout en couleurs, cela change un peu de ce que l’on lit habituellement. Mais c’est parfois un peu difficile de différencier les garçons entre eux, qui se ressemblent un peu les uns les autres – ce qui est un peu dommage.

Ce deuxième tome est parvenu, lui aussi, à me tenir en haleine, alors même qu’il ne se passe pas grand-chose de trépidant – rien d’autre que les péripéties lycéennes d’une classe lambda. Mais rien qu’avec ça, Yayoiso réussit à nous installer une ambiance prenante, qui donne envie d’en savoir plus à la fin !

ReLIFE #2, Yayoiso. Ki-oon, août 2016,192 p.

 

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Devant les notes désastreuses d’Arata, Kazuomi lui propose de l’aider à réviser pour les rattrapages… An se joint à eux, et la petite bande commence à se lier d’amitié, même si les résultats scolaires de notre cobaye sont toujours au plus bas !
Mais Chizuru se débrouille beaucoup moins bien : convaincue que Rena l’apprécie, elle ne se rend pas compte qu’elle excite au contraire la jalousie de sa camarade. Lorsque celle-ci vole son sac sur un coup de tête, Arata la prend en flagrant délit et tombe avec elle dans les escaliers ! À son réveil, il décide de tout dire à Chizuru…

Le tome 3 reprend sur les querelles et amitiés lycéennes et, de ce point de vue-là, il y a fort à faire. Et si c’est intéressant, c’est un peu frustrant du point de vue du concept de la ReLIFE.
Heureusement, le ton change vite et Arata se retrouve confronté à une situation aussi inédite qu’embarrassante, tant pour son avenir au lycée que pour la réussite de sa ReLIFE. Suspense et tensions garantis dans la deuxième moitié du tome, avec moult révélations à la clef ! Du coup, le rythme est vraiment bien maintenu et ce jusqu’à la fin !

Côté révélations, on en apprend un peu plus sur le contrôleur de mission, le très très discret Ryo Yoake. Mais aussi sur le passé d’Arata en tant qu’employé ! Toutes les zones d’ombre ne sont pas encore levées mais on commence à entrevoir pour quelles raisons il a bien pu démissionner au bout de seulement trois mois de travail.

D’ailleurs, la série commence à faire montre d’une double lecture assez intéressante. Sous des dehors de comédie scolaire, il est aussi question de l’attirance (parfois involontaire) d’Arata pour ses très jeunes camarades, mais aussi des manipulations un rien sordides auxquelles se livrent les adultes entre eux. Sur ce point, les révélations de la fin du tome ne font qu’épaissir le mystère autour de l’expérience ReLIFE… et pousser le lecteur à relire le début de la série.

Après une petite baisse de rythme, le tome 3 vient relancer tout l’intérêt pour l’histoire. C’est à la fois drôle, plein de suspens et bien plus complexe qu’il n’y paraît ! Du coup, j’attends impatiemment le tome 4 !

ReLIFE #3, Yayoiso. Ki-oon, août 2016,192 p.

A Silent voice 5-7, Yoshitoki Oima.

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Après la sortie au parc d’attractions qui a regroupé plusieurs anciens camarades, Shoya est embarqué dans le projet de film de Tomohiro, qui le propulse assistant. Premier problème : alors que l’histoire du film s’inspire de la rencontre providentielle entre Tomohiro et Shoya, qui n’aurait jamais eu lieu sans Shoko, celle-ci ne fait pas partie de l’équipe et les participants semblent trouver normal de l’écarter en raison de sa surdité, ce qui ne plaît pas du tout à Shoya. Second problème : Tomohiro veut absolument tourner une scène dans une école. Il charge donc Shoya d’aller demander l’autorisation de filmer dans son ancien établissement. Pour des raisons évidentes, celui-ci n’a pas particulièrement envie de remettre les pieds là-bas, d’autant que Tomohiro convainc Shoko de l’accompagner. C’est finalement Satoshi, un jeune homme très critique envers les enfants cruels, qui accompagne Shoya.
Celui-ci éprouve des sueurs froides à l’idée que son secret soit révélé… ce qui ne manque pas, ravivant toutes les tensions qu’il avait, jusque-là, réussi à apaiser.

Ce cinquième volume fait office de pause dans l’intrigue car il met de côté l’histoire entre Shoko et Shoya pour étudier les conséquences de l’odieux comportement de Shoya lorsqu’il était enfant.

Si la mère de Shoko l’exècre toujours au plus haut point, ses camarades de classe qu’il vient de retrouver semblent avoir passé l’éponge, ce qui ne lasse pas d’étonner un Shoya en quête de rédemption. Pire : lorsqu’il retourne dans son école, son ancien professeur semble suggérer que le problème venait de Shoko elle-même ! Ajouté au fait que l’ensemble de ses camarades participant au film semble trouver normal d’écarter Shoko en raison de son handicap, Shoya comprend qu’il y a encore un long chemin à parcourir pour atteindre la tolérance – chemin qu’il n’a, lui-même, pas fini de parcourir.
Comme le volume développe plusieurs arcs narratifs, il semble un peu plus lent que les autres. Parallèlement, Yoshitoki Oima évoque la réalisation du film, la relation amicale (mise à mal) entre Shoya et Tomohiro et, de façon plus générale, entre Shoya et ses camarades, l’étrange relation qui unit Shoya à Shoko (laquelle continue de penser qu’elle est la cause de tous les maux), ainsi que la perception du handicap dans la société (qui aurait bien besoin de progresser).
Les rumeurs allant bon train, Shoya est de nouveau au centre de toute l’attention, ce dont il se serait bien passé. À nouveau, le suspense psychologique est très fort, puisqu’on se demande si Shoya va réussir, cette fois encore, à s’en sortir.
C’est, finalement, sur les toutes dernières pages que se concentre toute l’action : les derniers événements changent beaucoup de choses, amènent encore plus de questions et, surtout, laissent le lecteur sur des charbons ardents !

Malgré une petite baisse de rythme, voilà encore un tome passionnant et qui donne de plus en plus envie de lire la suite !

A Silent voice, tome 5, Yoshitoki Oima. Traduit du japonais par Géraldine Oudin.
Ki-oon, octobre 2015, 192 p.

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A l’issue du volume précédent, Shoya sauvait in extremis Shoko d’une chute mortelle. Et c’est finalement lui qui se retrouve branché à une machine, coincé sur un lit d’hôpital…

Voilà un opus bien différent des précédents ! En effet, l’histoire tourne, généralement, autour de Shoya. Or, là, il en est totalement absent, puisque dans le coma. Cela laisse toute latitude à Yoshitoki Oima pour développer les autres personnages, comme les familles respectives de Shoya et Shoko, que l’on voit, finalement, assez peu dans le reste du manga. Ce que l’on découvre sur l’une et l’autre est vraiment intéressant et permet de remettre pas mal de choses en perspective, notamment du côté de Shoko.
Et, alors que la petite bande d’amis semble de plus en plus soudée, l’odieuse Naoka contine de représenter la frange qui pense que les personnes handicapées ne sont qu’un poids mort pour la société. Yoshitoki Oima procède à un examen des mentalités assez poussé, tout en laissant entrevoir une possible amélioration de ces mêmes mentalités.

Bon an mal an, le tome se déroule sur un rythme que l’on pourrait presque trouver monotone comparé à ce qui s’est passé avant. Mais c’est aussi l’occasion pour les personnages de se remettre en question – et il y en a à qui ça ne fait vraiment pas de mal !

Tout cela aboutit à une scène de conclusion relançant immédiatement les interrogations ! Sachant qu’il ne reste qu’un tome, on se demande comment l’auteur va parvenir à conclure cette émouvante histoire. 

A Silent voice #6, Yoshitoki Oima. Traduit du japonais par Géraldine Oudin.
Ki-oon, janvier 2016, 
192 p.

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Et voici venue la conclusion tant attendue de la série phénomène de Yoshitoki Oima !

Et, au vu des six premiers tomes, je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir une légère pointe de déception à la lecture de celui-ci. En effet, cette conclusion a un petit goût d’inachevé, comme si l’auteur n’était pas allée vraiment au bout des choses au vu des pions qu’elle avait avancés.
Bon, il faut nuancer un peu : toutes les intrigues trouvent une conclusion ici et on assiste même à l’entrée de Shoko et Shoya dans la vie adulte, main dans la main, ce qui est bien agréable quand on voit d’où ils sont partis. Mais voilà, peut-être la part de midinette qui, manifestement, se terre quelque part en moi, en espérait-elle un peu plus.

Malgré cela, A Silent voice est une série qui vaut vraiment le détour. Yoshitoki Oima signe une série lumineuse, émouvante, pleine d’émotions, qui traite avec intelligence et subtilité le thème du handicap – aujourd’hui toujours tabou et ce, quel que soit le pays dont on parle.
Elle brasse, ainsi, de nombreux thèmes, tous creusés : harcèlement scolaire, amitié, amour, adolescence. C’est une série très émouvante, mais aussi riche d’enseignements , à mettre entre toutes les mains ! 

A Silent voice #7, Yoshitoki Oima. Traduit du japonais par Géraldine Oudin.
Ki-oon, avril 2016, 192 p.

◊ Dans la même sérieA Silent voice (1-2) ; A Silent voice (3-4).