Brèves de comptoir #189

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : la SF sur les bancs de la fac dans La Méthode scientifique !

Dans La Méthode scientifique (sur France Culture), Nicolas Martin s’interroge sur la façon dont la SF est étudiée aujourd’hui. Retour sur les bancs de la fac, et ça s’écoute ici !

Lundi encore : Planète Star Wars en deuil …

En effet, Gary Kurtz, producteur des premiers épisodes de la saga Star Wars, est décédé ce 23 septembre 2018, à l’âge de 78 ans.

Mardi : les finalistes du prix ActuSF de l’uchronie !

Le prix Actusf de l’Uchronie récompense des œuvres d’horizons variés mettant à l’honneur l’uchronie. Placé sous la présidence d’Eric Henriet, spécialiste de l’uchronie, le jury est composé d’Étienne Barillier, Jean-Luc Rivera, Karine Gobled, Jean Rebillat, et Bertrand Campeis. Résultats mi-novembre !
Et voici les finalistes :

Prix littéraire :

Espérer le soleil, Nelly Chadour(Les Moutons électriques).
Le Reich de la Lune, Johana Sinisalo (Actes Sud).
Rouille, Floriane Soulas (Scrinéo).
Sang maudit, Ange (Castelmore).

Prix graphique :

Mickey et l’océan perdu, Denis-Pierre Filippi et Silvio Camboni (Glénat).
– Les Trois fantômes de Tesla,
Richard Marazano et Guilhem (Le Lombard).
– Archangel,
William Gibson (Glénat)
Le Visiteur du futur : La Brigade temporelle, Alexandre Desmasiass, François Descraques et Guillaume Lapeyre (Ankama).

Prix Spécial :

Star Marx : Guide de l’aventurier des mondes imaginaires, Maximilien, La Moitié et David Cochard (Leha).
Guerres & Histoires  : Et si ça c’était passé autrement ? (Guerres & Histoires, hors-série n°3)
– Drop Frame
#1, Nariie Shinichirô (Doki Doki).
History’s creed, Ben de Nota Bene (Arte), visible ici.

Mardi encore : Imagibière à la Brasserie de l’Être !

La Brasserie de l’Être (7ter, rue Duvergier, Paris 19e) accueillera, samedi 20 octobre, Imagibière, un festival de littérature fantastique. De 15h à 22h, vous pourrez fêter la littérature et leurs bières tout à la fois. Renseignements ici.

Mardi toujours : dédicaces en librairie pour le Mois de l’imaginaire !

Librairie Critic (19, rue Hoche, Rennes) :

Samedi 13 octobre : rencontre avec Étienne Clunge
Mercredi 24 octobre : rencontre avec les éditions Aux Forges de Vulcains avec Thomas Spok et Franck Thomas.
Lundi 29 octobre : rencontre avec Mélanie Fazi.
Mardi 6 novembre : rencontre avec un invité anglo-saxon surprise et Patrick Dewdney.
Vendredi 16 novembre : rencontre avec John Howe.
Samedi 17 novembre : rencontre avec Fabien Cerruti.

Infos ici.

Librairie Omerveilles (5 rue Bayard, Grenoble) :

Le samedi 20 octobre, rendez-vous avec Étienne Clunge, Laurent Genefort et Didier Reboussin. Infos ici.

Librairie Sauramps (Le Triangle, Montpellier) :

Mercredi 10 octobre, de 19h30 à 22h30, soirée Meurtres & Mystères : Les Lames du Cardinal.
Synopsis :

« Montpellier, 1633. Il fait nuit noire dans les rues quand l’alerte est donnée : les gardes ont découvert le corps d’un homme, poignardé. Rapidement, la garde se disperse dans la ville à la recherche d’éventuels suspects. Elle est accompagnée dans sa quête par plusieurs Mousquetaires de la Maison du Roi.
Très vite, le capitaine de la garde de Montpellier, Albert de RAISSERGUES et le capitaine des Mousquetaires, Jean de BERARD de MONTALET, tombent face à cinq individus singuliers. Dont un Sang-Mêlé… »

Le tarif est de 5€ ; renseignements ici.

Vendredi 19 octobre, rencontre avec Patrick K. Dewdney et Catherine Dufour.
Samedi 20 octobre,
rencontre avec Elisabeth Ebory.

Mercredi : Les Crimes de Grindelwald, la bande-annonce !

Et voici enfin la bande-annonce de la suite des Animaux fantastiques !

Mercredi encore : interview de Christopher Priest !

A l’occasion de la parution Conséquences d’une disparition, Denoël propose une interview de Christopher Priest :

Jeudi : festival Autres Mondes à Lambesc !

La 10ème édition du Festival de l’imaginaire Autres Mondes aura lieu à Lambesc du 10 au 14 octobre.

Au programme : rencontres, dédicaces et animations, avec la participation d’auteurs et de maisons d’éditions. Vous y trouverez entre autres Jean-Luc Bizien, Frédéric Czilinder ,Cécile Duquenne, Manon Fargetton, Victor Fleury, Gilles Francescano, Pierre Gaulon, Olivier Gay, Hervé Jubert, et Nicolas Le Breton.

Les réservations, ouvertes dès le 28 septembre, se font au 04.42.17.00.63  !

Jeudi encore : clap de fin pour Ad Astra…

Après 8 ans d’existence, les éditions Ad Astra tirent leur révérence. Vous pouvez lire ici le très émouvant texte de Xavier Dollo, cofondateur de la maison.

Vendredi : Soirée de l’Imaginaire chez Decitre !

A l’occasion du Mois de l’Imaginaire, la librairie Decitre de Grenoble (9-11 Grande Rue, Grenoble) vous convie à sa Soirée de l’imaginaire, samedi 27 octobre, de 19h15 à 21h30.
Lionel Davoust, Thomas Geha et Clément Bouhélier
y seront pour célébrer le Mois de l’imaginaire !
Infos subsidiaires ici.

Vendredi encore : colloque du CERLI 2018 !

Du 3 au 5 octobre, l’université de La Rochelle accueille le colloque du CERLI sur le thème Rebelles figures et représentations de la contestation sociale dans les littératures de l’imaginaire. Infos sur leur site.

 

Bon dimanche !

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La Part des ombres #2, Gabriel Katz.

Dans le royaume de Goranie déchiré par l’occupation, la nasse se resserre autour de la rébellion naissante. Sous la poigne du redoutable chef de guerre Akhen Mekhnet, les Traceurs sont en chasse, et la fragile résistance menée par celui qu’on appelle le Fantôme semble vivre ses dernières heures.
Mais rien n’est encore joué. La lutte se poursuit sur tous les fronts, par le sang, la diplomatie ou la trahison, de forêts en marécages, de chaumières en palais… Pourquoi la princesse Miljena, après avoir échappé à un mariage forcé, est-elle retournée d’elle-même épouser une brute sanguinaire ? Où se trouve le dernier témoin du massacre qui a donné naissance à la révolte ? Dans un jeu de miroirs et de faux semblants, le roi, le gouverneur et les grandes figures de cette guerre civile s’affrontent pour le contrôle du pays… Olen, Kaelyn et Desmeon parviendront-ils à tirer leur épingle du jeu ?

Inutile de préciser, j’imagine, combien j’avais hâte de lire ce second opus de La Part des ombresni combien j’ai dû me réfréner au cours de ma lecture pour en faire un peu plus qu’une demi-bouchée.
Car une fois de plus, l’intrigue reprend là où on l’avait laissée : la princesse Miljena, revenue de sa fugue, s’apprête à épouser Inoran Slegeth, le fils du Gouverneur — et accessoirement celui qui a déclenché la guerre civile qui nous occupe. Du coup, la reprise est très fluide et on retrouve bien vite ses marques.

Et cette fois, la situation est bien plus instable que dans le premier opus : alors que nos trois personnages doivent gérer et animer au mieux la timide rébellion gorane, ils se retrouvent aussi à devoir faire avec un tas de problèmes parallèles dont ils se seraient bien passé et qui les oblige à surveiller leurs arrières plus que jamais : querelle d’amoureux qui a dégénéré, aversion viscérale entre deux personnes, bataille d’orgueil mortelle… les sous-intrigues sont riches en péripéties, elles aussi. Et tout cela fournit l’intrigue générale d’éléments et rebondissements passionnants, d’autant que chacun d’entre eux est susceptible de modifier profondément la guerre en cours.

Tout cela rend donc l’intrigue particulièrement instable et on se demande bien comment l’ensemble va évoluer. Sans surprise, le suspense est donc au rendez-vous ! Ce qui, évidemment, rend la lecture particulièrement prenante. J’ai toutefois regretté que ce soit si court et que les développements aient parfois l’air un brin sabrés. Ainsi, on découvre qu’un personnage est tout simplement doté de facultés extraordinaires, mais cela se fait en passant, sans plus de détails, ni explications. C’est un peu dommage ! Heureusement, tous les points laissés en suspense connaissent leurs conclusions.
Et celles-ci sont parfois loin de ressembler à ce qu’on aurait pu imaginer ! Gabriel Katz semble s’être donné comme ligne directrice de détourner les motifs habituels des récits de fantasy. Ainsi, un ennemi peut ici s’avérer finalement nettement plus sympa qu’il n’y paraissait, quelqu’un qui pense ne faire que des petits riens être un véritable héros et, dans tous les cas, le meilleur plan se fracasser sur les écueils de la réalité. Ce que la fin ne dément pas !

En bref, ce second volume était aussi palpitant que le premier et, en creusant encore un peu le trio de protagonistes, a permis d’éclairer quelque peu leurs positionnements précédents qui pouvaient être un peu flous. De plus, on retrouve ici tout ce qui fait un roman de fantasy palpitant : de l’aventure, des combats épiques (qu’ils soient personnels ou sur un champ de bataille), des questions existentielles, des sentiments et, comme il semble de mise avec Gabriel Katz, une fin particulièrement marquante !

◊ Dans la même série : La Part des ombres (1) ;

La Part des ombres #2, Gabriel Katz. Scrinéo, février 2018, 324 p.

[2018] Bilan estival.

Le rythme du blog tourne au point mort ces derniers temps mais ne croyez pas que je lis plus ! Cet été j’ai même fait pas mal de découvertes !

Carnet de lectures.

La Légende des quatre, Cassandra O’Donnell (Flammarion jeunesse).
Ils sont 4, tous héritiers de leurs clans de métamorphes (loups, tigres, aigles, serpents), les Yokaïs. Mais ces clans sont tous ennemis et vivent dans une fragile harmonie sur les terres des humains. Maya, héritière du clan des Loups et Bregan, héritier du clan des Tigres, sont les garants de la paix mais, scolarisés ensemble, ils nouent des relations qui pourraient n’être pas du goût des adultes. Là-dessus, débarque un complot, sans doute fomenté par des humains, qui fait surgir encore plus de tensions entre les tribus.
C’était mon premier roman de Cassandra O’Donnell et on ne peut pas dire que j’ai été follement emballée par le premier tome de ce cycle. D’une part parce que le roman est essentiellement un plantage de décors/persos en règle, d’autre part parce que je n’ai jamais été surprise, tant les clichés se suivent (et se ressemblent). Donc, en vrac, on a évidemment des personnages jeunes et donc plus futés que leurs aînés, une romance qui traîne, des inimitiés basées sur du vent, des actions faussement héroïques à gogo, traîtres, complot et tutti quanti. On ajoute à cela que le récit est volontiers sexiste et que le vocabulaire est d’une pauvreté effarante. Bref, je suis allée au bout et c’était mon maximum.

Le Gouffre, Rolland Auda (Sarbacane).
Willy-Saïd, 17 ans, narcoleptique, part à Maleroque, un village des Alpes, dans la maison de son grand-père Hans, dit Jean des Loups, un célèbre écrivain qui vient de mourir. Le jeune homme se rend rapidement compte que les sorciers et les monstres qui peuplent les histoires de son grand-père existent réellement, celui-ci s’étant trouvé embringué dans une sorte de partie d’échecs grandeur nature, mêlant vieilles légendes locales, entité maléfique qui sommeille et pouvoirs quelque peu surnaturels.
Que voilà un roman étrange ! C’est à mi-chemin entre polar et roman fantastique, sans jamais trop se décider. Dès le départ, l’auteur met en place une ambiance un brin gothique inquiétante, qui sied bien à l’intrigue. Celle-ci est pourtant assez lente à se déployer et à se mettre en place, d’autant que l’auteur fait un tas d’effets d’annonces, qui ne sont pas toujours suivies des-dites annonces. Donc c’est parfois un peu frustrant, car les explications sont minces. L’intertexte est assez important, avec pas mal de références à Stephen King et Lovecraft, notamment. Ce qui est dommage, c’est que tous ces faisceaux ne sont pas pleinement exploités. De plus, le récit est souvent heurté, avec quelques incohérences (le nom du protagoniste, pour commencer). En bref, l’idée de départ est chouette, mais je n’ai pas été emballée par l’ensemble.

La Théorie de l’iceberg, Christopher Bouix.
L’été débarque à Figerolles-sur-Mer, petite cité banale de la côte Atlantique. Dans les bagages de la haute saison, Lorraine, fille d’un photographe et surfeuse à ses heures. Noé, lui, ne compte pas vraiment surfer car, depuis son terrible accident de surf, il souffre de bégaiement et d’une phobie traumatique. Sa professeure de français l’incite à écrire de la fiction ; un concours de nouvelles sera l’occasion de peaufiner son style et, pourquoi pas, faire de belles expériences !
C’est un roman plein de douceur et dont l’intrigue, assez linéaire, réserve au final assez peu de surprises. Mais est-ce gênant ? Que nenni ! Car on n’est pas là pour le suspense, mais pour l’évolution de Noé, qu’elle soit personnelle ou scripturaire. Celui-ci, en effet, fait la rencontre, via son petit job d’été, d’un vieillard acariâtre mais versé en lettres, qu’il va convaincre de l’aider à écrire. Et finalement, c’est de là que vient le suspense. Qui est vraiment monsieur Herrera ? Un vieillard ? Ou bien un extraordinaire auteur de science-fiction venu se cacher au fin fond de la cambrousse ? Cette petite enquête parallèle apporte beaucoup de sel à l’intrigue, comme son lot de divertissements. Christopher Bouix signe un très bon roman ado, agréable à lire tant sur la fin de l’été qu’à la rentrée !

Spill zone #1, Scott Westerfeld et Alex Puvilland (Rue de Sèvres).
Il y a 3 ans, un événement a détruit la petite ville de Poughkeepsie : la ville est devenue une zone à risque, contrôlée par le gouvernement, où plus personne ne s’aventure car d’étranges phénomènes et dangers mortels guettent les curieux. Depuis cette fameuse nuit où tout a basculé, les parents d’Addison ont disparu, sa petite sœur Lexa est muette et communique avec son étrange poupée devenue animée. Addison, photographe de génie, pénètre clandestinement toujours plus loin dans la zone tout en respectant son propre code de survie. Elle y prend des photos qu’elle vend illégalement à une collectionneuse. À l’occasion d’une commande qu’elle ne peut refuser, Addison s’avancera encore plus loin dans le cœur de la no-go zone. Pour y découvrir de bien étranges choses !
Je connaissais Scott Westerfeld au rayon romans, pas en scénariste de bandes-dessinées, mais le fait est que celle-ci est vraiment sympa tout plein. Dans une ambiance post-apo du meilleur effet, l’intrigue mêle adrénaline, virées à moto et mystères en tous genres, notamment sur ce qui peuple le no man’s land. Entre zombies, créatures dantesques et autres curiosités, on est servis. L’ambiance verse même dans l’horreur avec la poupée animée et assez terrifiante de Lexa, la petite sœur d’Addison – poupée qui ressemble assez follement au M. Nyx d’Ariel Holzl. L’ensemble est palpitant à souhait, on en redemande !

 

Cinéma & séries.

A Silent voice, Naoko Yamada (en salles depuis le 22 août).

Cet été est parue l’adaptation en film d’animation du manga éponyme de Yoshitoki Oima, que j’ai beaucoup aimé. L’univers du manga a été parfaitement retranscrit par la réalisatrice, tout comme l’intrigue générale. Comme dans les livres, elle évolue assez lentement, et se concentre sur les personnages, leurs interactions et les questions qu’ils se posent (Avec, entre autres, « comment devient-on adultes ? C’est quoi l’amitié ? » ). Quelques sous-intrigues ont été écartées mais, globalement, on retrouve les thèmes importants de la série de livres.
Le gros plus est la réalisation soignée ! La doublure de Shoko a été réalisée par Mélanie Deaf, elle-même sourde, et qui anime une chaîne youtube consacrée au sujet, afin de sensibiliser le public à ce handicap. Bref, une chouette adaptation !

Mission impossible : Fallout.

Jusque-là, j’avais échappé au phénomène Mission impossible. Incroyable, je sais ! Mais une aprèm pluvieuse et les tarifs fort accessibles de mon cinéma auront eu raison de cette lacune.
Pour vous résumer la chose, en bref : l’équipe de Mission impossible doit retrouver des charges de plutonium, qui seront bientôt vendues à Paris et, évidemment, sauver le monde !
Je partais dans l’idée de voir une bouse mais, finalement, ce n’était pas si mauvais que ça. Alors, je ne vais pas mentir, on n’échappe au film américain tellement classique que c’en est prévisible avec, en vrac : des méchants très méchants et machiavéliques, un complot mondial, un méchant-qu’on-croyait-hors-d’état-de-nuire, un gentil héros avec des failles, de la castagne, des cascades, des plans retors et une fin qui finit bien. Bah oui, quand même ! Dit comme ça, ça pourrait sembler mortellement chiant mais, finalement, c’est assez prenant, car l’intrigue est assez rythmée. Et puis la photographie du film est hyper réussie, donc ça compense pas mal.

22 miles

La bande-annonce de celui-ci me disait carrément mais, finalement, quelle déception !! C’est l’histoire d’une unité d’élite qui doit convoyer un dissident chinois (?) qui a donné des infos à la police.
L’histoire est bizarrement foutue, et fait s’entrecroiser trois temporalités. D’abord, le présent, avec les efforts de l’unité d’élite pour amener leur dissident à un avion sécurisé qui l’emmènera aux États-Unis (?) – je mets des points d’interrogation car les noms de pays ne sont pas hyper clairs, mais on imagine bien cela. La seconde ligne montre une femme et un militaire au fort accent slave (des russes ?) dans un avion avec, manifestement, l’envie d’en découdre salement. Troisième ligne, le chef d’opération subit un interrogatoire qui a manifestement un rapport avec l’échec de la mention sus-nommée. Comme tout cela s’entrecroise, il n’y a pas besoin d’être un génie en scénario pour comprendre que la mission a capoté (et en poussant un peu, on comprend même pourquoi). La totale absence de suspense est compensée par un déchaînement de violence et de rebondissements tous plus rebondissants les uns que les autres, mais sans grande saveur jusqu’à la fin. En plus de cela, il y a un tas de sous-intrigues qui n’apportent franchement rien à l’histoire et dont on se demande ce qu’elles font là. Je m’interroge encore sur l’utilité de l’histoire familiale d’une des femmes de l’équipe : est-ce juste pour ajouter du drama, ou pour insinuer l’idée qu’une maman qui travaille, ça le fait pas ? Mystère. Bref, un raté pour ce film, avec lequel je me suis passablement ennuyée.

Timeless.

J’ai également terminé cet été la première saison (sur 2) de Timeless, dans laquelle une historienne, un militaire et pilote sont chargés de remonter le temps afin d’empêcher un consortium mystérieux de détraquer l’histoire. Eh bien, mine de rien, la série se laisse regarder. Évidemment, c’est parfois un tantinet répétitif et les motifs de partir dans le passé parfois un peu tirés par les cheveux mais l’ensemble est plutôt sympathique et prenant. Les épisodes couvrent un large spectre historique (de l’histoire américaine). Alors on n’échappe pas aux grands poncifs du genre, mais avec quelques bonnes surprises de temps en temps (l’épisode avec Bass Reeves, par exemple, en faisait partie). Sans surprise (encore), il y a un grand complot dans l’histoire, avec une firme malhonnête et à la moralité douteuse, dont les objectifs plus que troubles soutiennent le suspense — à cet égard, la fin du dernier épisode, si elle n’est pas surprenante, laisse sur des charbons ardents !
C’est sans doute sans prétention, mais je regarderai avec plaisir la seconde saison !

Tops et Flops.

Au chapitre des flops, je ne m’étendrai pas plus sur Le Gouffre et La Légende des 4 dont j’ai parlé plus tôt et qui ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable – et je ne lirai sans doute pas la suite du roman de Cassandra O’Donnell.

Mais j’ai eu de belles découvertes, avec même un coup de cœur ! Mais avant d’en parler, je vais évoquer les autres jolies surprises estivales, en commençant par un roman historique jeunesse, j’ai nommé Pour qui meurt Guernica ? de Sophie Doudet (Scrinéo).
Celui-ci porte donc, sans surprise, sur le bombardement de la petite cité de Guernica, sous les ordres de Franco , durant la guerre civile espagnole. On y suit le parcours de deux adolescents (donc il y a un peu de romance, mais ce n’est pas le sujet principal), qui vont se retrouvé jetés sur les routes suite au drame. Événements historiques, analyses politiques, Sophie Doudet dresse un panorama très complet de ce fait historique, dont les tenants et aboutissants sont bien décrits. Bonne pioche !

L’Anti-magicien, Sébastien De Castell (Gallimard jeunesse).
Alors là, on ne peut pas dire que je partais conquise d’avance. Mais finalement, quelle bonne surprise ! Sébastien De Castell présente un univers original, sis dans un environnement désertique avec oasis, sable et bestioles originales. L’intrigue n’est pas toujours des plus originales, mais très prenante, d’autant que le complot politique est loin d’avoir été totalement exploré à la fin du premier volume. Affaire à suivre, d’autant que le tome 2 est en passe d’être publié !

Et on en arrive donc au coup de cœur avec, sans surprise (?), le nouveau roman de Flore Vesco, Gustave Eiffel et les âmes de fer. Celui-ci se déroule quelques quinze années après Louis Pasteur contre les loups-garous, mais c’est avec un réel et immense plaisir que j’ai retrouvé l’ambiance très scientifique et aventureuse, ourlée d’un peu de steampunk sur les bords, de son univers. On lit encore une fois un roman endiablé, porté par une plume exquise, qui multiplie calembours et bons mots pour notre plus grand plaisir !

Citations.

« Tu comprends, a-t-il repris d’un coup, un titre, ce n’est pas seulement une indication de ce qui va se passer dans l’histoire. C’est aussi une promesse, un secret. Il faut que ce soit mystérieux et alléchant. Comme une boule de glace au rhum avec des petits raisins dedans. Exactement comme ça. »

« Quand mes parents ont divorcé, a-t-elle repris, j’ai eu la sensation que quelque chose se brisait en moi. Comme un vase de porcelaine très fine qui se retrouverait éclaté, du jour au lendemain, en mille morceaux. Pourtant, regarde-moi.
J’ai levé les yeux vers elle.
– J’ai tout pour être heureuse, non ? Mes parents aussi sont riches. Mon père m’emmène aux quatre coins du monde chaque année. Je suis une privilégiée, tu crois que je ne le sais pas ?
Je ne savais vraiment pas quoi dire. Quelque chose brillait dans ses yeux. Comme une lumière sombre et profonde, un peu plus vive que d’ordinaire.
– Mais essaie de recoller des morceaux de porcelaine, a-t-elle dit à mi-voix. »
La Théorie de l’iceberg, Christopher Bouix (Gallimard jeunesse).

***

« Ah, fit la femme, avant de pincer les lèvres en signe de désapprobation. Une jeune fille de votre âge ne devrait pas se résigner à travailler pour vivre. Vous devriez songer à votre mariage. Jolie comme vous êtes, il n’est pas encore trop tard pour trouver un mari bon et respectable qui puisse veiller sur vous.
– Je préfère veiller sur moi-même, madame, mais je vous remercie. J’apprécie votre sollicitude, mais certaines d’entre nous ont des soucis plus pressants que s’entraîner à faire la révérence ou à transformer des coiffes de taille délirante en expérimentations végétales.»

« Marlowe est quelqu’un de bien et c’est un inspecteur compétent, mais il voit ce que tout le monde remarquerait à sa place : tout ce qui sort de l’ordinaire. Il repère les taches de sang et les déments dans leurs pyjamas rouges. Je vois des choses plus extraordinaires encore, celles que personne d’autre ne peut deviner. Mais vous… vous remarquez les boîtes aux lettres, les poubelles et… les gens. Quelqu’un capable de voir l’ordinaire… c’est vraiment formidable, Abigail Rook. »
Jackaby, tome 1, William Ritter (Bayard).

***

« Je viens de l’ouest et je cherche à rejoindre la famille de l’autre côté de là…
D’un geste, le berger l’interrompt.
– Pas la peine de me raconter des fredaines, mon garçon. Tu n’es pas le premier que je croise dans la montagne et, hélas, tu ne seras pas le dernier… Je ne veux rien savoir. Ainsi je n’aurai rien à dire si la garde civile poussait ses rondes par ici pour discuter politique avec moi. Moi, je m’appelle Pablo et je suis berger dans cette montagne depuis mes quinze ans. C’est à peu près ton âge, non ? Depuis cette période, il en est passé des saisons, avec des troupeaux, des chiens et des loups, si tu vois ce que je veux dire. En ce moment, c’est plutôt le temps des loups. Viens avec moi, il faut te réchauffer. »
Pour qui meurt Guernica ?, Sophie Doudet.

***

« Vous êtes costaude pour une fille, dis-je, furieux quand ce dernier mot s’échappa de ma bouche.
J’avais récemment découvert que plus on me frappait, plus je disais de bêtises.
– Pour une fille, peut-être, mais pour une femme, je suis plutôt normale, répliqua-t-elle.
– Je ne connais pas beaucoup de femmes qui seraient capables de me porter, insistai-je. Je ne suis pas si petit que ça.
Allez savoir pourquoi, j’avais besoin de marquer ce point.
Furia lâcha un petit pfff qui, selon moi, était juste dédaigneux.
– Gamin, les seules femmes qu’il y a dans le coin sont destinées à jeter de gentils petits sorts et à être agréables à regarder. Comme les hommes, en somme. »
L’Anti-magicien, tome 1, Sébastien De Castell.

***

Brèves de comptoir #188

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : rally-enquête The George Project !

Dans le cadre du 10e festival Toulouse Polars du Sud et de la Fête de la Science, participez à un grand rallye-enquête, organisé en partenariat avec le Quai Des Savoirs et Toulouse Métropole.
De quoi s’agit-il ? Le temps d’un rallye, devenez enquêteur/trice dans le monde de demain. Sillonnez les rues de Toulouse à la recherche de Cerise, éminente scientifique dont la disparition pourrait compromettre l’avenir de la planète. Vous affronterez des experts, vous dénouerez des intrigues sur fond d’intelligence artificielle… mais George sera à vos côtés et George, c’est l’assistant personnel le plus intelligent du monde !
Rendez-vous le 13 octobre de 12h30 à 17h30 – Départ Allées Jules Guesde (face au Quai des Savoirs). Costumes et maquillages seront les bienvenus !
Les modalités de participation, le règlement du jeu et les inscriptions ont lieu ici. Le jeu est gratuit et notez bien qu’il est accessible en langue des signes française !

Mercredi : SF et cinéma français, une relation compliquée !

C’est un article à lire sur Journal du geek, et signé Julien Paillet !

Mercredi encore : les sélections au Prix Utopiales 2018 !

Tous les ans, le festival nantais dédié à la science-fiction récompense des auteurs européens des littératures de l’imaginaire. Le prix récompense un roman ou un recueil paru en langue française durant l’année précédente, et dont l’auteur est ressortissant de la communauté européenne. Voici les titres en lice pour les différents prix !

Prix Utopiales :

L’Or du diable, Andreas Esbach (L’Atalante).
Espace lointain, Jaroslav Melnik (Agullo).
L’Âme des horloges, David Mitchell (l’Olivier).
Amatka, Karin Tidbeck (La Volte).
Station : La Chute, Al Robertson (Denoël).

Prix Utopiales jeunesse :

The Rain, Virginia Bergin (Bayard)
Les Puissants, tome 1, Esclaves, Vic James (Nathan).
Nouvelle Sparte, Erik L’Homme (Gallimard jeunesse).
La Mort du Temps, Aurélie Wellenstein (Scrinéo).
Star Trip, Eric Senabre (Didier jeunesse).

Prix Utopiales BD :

Alt-Life, Cadène & Falzon (Le Lombard).
Essence, Flao & Bernard (Futuropolis).
L’Aimant, Lucas Harari (Sarbacane).
Contes ordinaires d’une société résignée, Karabulut (Fluide Glacial).
Ces jours qui disparaissent, Timothé Le Boucher (Glénat).
L’Homme gribouillé, Peeters & Lehman (Delcourt).

Jeudi : romans sélectionnés aux Prix Imaginales !

Prix Imaginales des Collégiens 2019 :

Créé en 2009, le Prix Imaginales des Collégiens, PIC pour les intimes, a pour but de promouvoir les littératures de l’imaginaire auprès du jeune public, en lui proposant des sélections riches et variées. Tous les ans, les collégiens sont appelés à voter pour leur titre préféré, qui se voit attribuer la prestigieuse récompense au cours des Imaginales (Épinal). Voici les titres en lice :

Les Vigilantes, tome 1, Le foyer, Fabien Clavel (Rageot).
Nouvelle Sparte, Erik L’Homme (Gallimard)
Sirius, Stéphane Servant (Rouergue).
Demain, il sera trop tard, Jean-Christophe Tixier (Rageot)
♥ Gustave Eiffel et les âmes de fer, Flore Vesco (Didier Jeunesse).

Qui succèdera à La Maison des Reflets de Camille Brissot ?

Prix Imaginales des Lycéens 2019 :

Le Prix Imaginales des Lycéens, PIL pour les intimes, a pour but de promouvoir les littératures de l’imaginaire auprès du jeune public, en lui proposant des sélections riches et variées. Tous les ans depuis 2005, les lycéens sont appelés à voter pour leur titre préféré, qui se voit attribuer la prestigieuse récompense au cours des Imaginales. Voici les titres en lice :

Le Passageur, tome 1, Le Coq et l’enfant, Andoryss (Lynks).
♥ Le Cycle de Syffe, tome 1, L’Enfant de poussière, Patrick K. Dewdney (Au diable vauvert).
Des sorciers et des hommes, Thomas Geha (CRITIC).
Rouille, Floriane Soulas (Scrinéo).
Le Dieu oiseau, Aurélie Wellenstein (Scrinéo).

Jeudi encore : Mois de l’Imaginaire en approche !

Et si vous organisez un événement, notez bien ce qui suit !

Les infos supplémentaires sont sur la page de l’événement !

Vendredi : Ondes Futures, radio et télé SFFF !

Vous connaissez Ondes Futures ? Ce rendez-vous, concocté par Lechiencritique_SFFF vous propose toutes les semaines une sélection de programmes SFFF à réécouter ou à revoir sans modération aucune !

Vendredi encore : Geekopolisxperience à Nantes !

Dans le cadre des Utopiales, Geekopolisxperience pose ses valises à Nantes, du 26 octobre au 4 novembre !
Geekopolisxperience est une aventure coopérative et immersive combinant théâtre immersif, parcours physiques, énigmes d’escape game et réalité virtuelle et augmentée dans des décors grandeur nature.
Voici le scénario :

La firme GXP a perdu le contact avec son laboratoire souterrain. Votre groupe de 8 experts a été envoyé par la multinationale pour vous infiltrer dans le complexe et y récupérer les données scientifiques !

L’expérience s’étale sur 1200m² de décors de cinéma, avec deux nouvelles escapes et une expérience en réalité virtuelle sur 100m² – totalement revisitée par rapport à ce qui a été présenté à Paris l’année dernière, pour ceux qui y étaient allé ! Les renseignements et les inscriptions peuvent se faire ici.

 

Bon dimanche !

L’Anti-magicien #1, Sébastien De Castell


Kelen, 16 ans, est l’héritier d’une des grandes familles qui se disputent le trône de la cité. Il prépare son premier duel pour devenir mage. Mais ses pouvoirs ont disparu. Il doit ruser… ou tricher, quitte à risquer l’exil, voire pire. Car les sans-magie, les Sha’Tep, ne sont destinés qu’à devenir esclaves des mages, les Jan’Tep. Et c’est inenvisageable, surtout lorsque l’on est le fils de l’un des plus grands mages de la cité. Malheureusement, les sans-magie ont rarement du soutien… Kelen ne pourra compter que sur deux alliés aux caractères aussi explosifs qu’imprévisibles : Furia, la vagabonde maîtresse des cartes et Rakis, un chacureuil féroce et acerbe.

De Sébastien de Castell, j’avais lu Les Manteaux de gloire, un roman de fantasy adulte que j’avais trouvé plaisant, sans toutefois qu’il me laisse un souvenir impérissable. J’étais donc assez curieuse de découvrir un autre de ses romans, ce qui a sans doute présidé à mon choix de lecture avec ce premier tome de sa série (prévue en six) L’Anti-magicien — destinée, cette fois, aux adolescents.

L’histoire s’ouvre avec le duel que Kelen a provoqué, dans l’espoir de réussir haut la main sa première épreuve de mage. Or, le jeune homme n’a plus de magie, ce qui fera de lui, quelques semaines plus tard, un esclave de son peuple. Un déroulé de carrière qui ne l’attire pas du tout et va le pousser à faire croire aux siens qu’il est toujours très compétent — ce qui, dans un premier temps, fonctionne à merveille. Kelen est un personnage plein de ressources et à l’incroyable bagout, qui ne manque (en plus) pas d’humour. Ce qui n’est pas plus mal car vu qu’il est notre narrateur, on suit toute l’aventure par ses yeux. Les personnages qui gravitent autour de lui ne sont pas en reste et l’on rencontre tour à tour quelques fortes têtes qui nous aident à mieux comprendre l’univers dans lequel nous circulons.

Celui-ci est essentiellement désertique : la cité dans laquelle vivent Kelen et les autres est pleine de sable, contient quelques oasis (sources du pouvoir magique des personnages) et autres menus détails qui donnent l’impression que l’on se situe dans un environnement très aride, mais aussi très isolé car, manifestement, ni Kelen ni ses compagnons (ni le lecteur, donc) ne savent ce qu’il y a au-delà des murailles de leur cité (hormis d’autres peuples qui les terrifient). Ceci étant posé, on comprend que la seule intrigue politique soit circonscrite à l’intérieur de la cité : les patriarches se battent tous pour monter sur le trône du prince de clan, ignorant totalement les contrées voisines.
Les patriarches, mais pas les matriarches, comme vous pouvez le noter. Car chez les Jan’Tep, les femmes sont, je cite : « destinées à jeter de gentils petits sorts et à être agréables à regarder ». (Pour une parfaite honnêteté intellectuelle, je me sens obligée de préciser que le personnage qui lâche cette petite bombe ajoute immédiatement « Comme les hommes, en somme. »).
Malgré les immenses pouvoirs dont elles peuvent faire preuve, les femmes sont essentiellement guérisseuses et maîtresses de maisons. Ce sexisme intervient à plusieurs reprises dans l’histoire, car Kelen rencontre Furia Perfax, une femme libre qui crée et manipule des cartes à jouer (dont certaines qu’elle lance à merveille tels des couteaux) un peu spéciales : or, Furia n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds et, au prétexte qu’elle est une femme, se laisser cantonner à des rôles préétablis. Sans être manichéenne, elle ouvre les yeux de Kelen et lui montre un des nombreux problèmes de la société dans laquelle il vit et grandit – et qui va rapidement affecter sa meilleure amie, Nephenia.

Ceci nous amène à la galerie de personnage, dont j’ai regretté que certains ne soient quasiment pas développés, notamment les camarades de classe de Kelen et sa famille. En fait, et ce n’est pas anodin, les personnages les plus développés sont ceux qui ne sont pas issus du peuple de Kelen… l’ennemi, en gros ! Ce qui inclut Furia Perfax et ses étranges manières, mais aussi une drôle de créature qui répond au doux nom de chacureuil et fait montre d’un langage d’une incroyable grossièreté, mais néanmoins très libérateur !

Au fil des pages, on s’aperçoit que l’on a peut-être mal perçu les tenants et aboutissants de la situation, qui repose sur quelques secrets bien dissimulés et dont une partie est découverte par Kelen. Ce qui relance d’autant l’intérêt pour cette histoire !

Je ne m’attendais pas à grand-chose, j’avoue, en ouvrant ce roman, mais quelle bonne surprise, finalement ! L’univers est original à souhait et repose sur un système de magie bien pensé et intéressant, qui n’a pas encore tout révélé, au vu des développements des derniers chapitres. Heureusement pour les lecteurs, le tome 2 sort tout bientôt !

L’Anti-magicien, tome 1, Sébastien de Castell. Traduit de l’anglais par Laetitia Devaux. Gallimard jeunesse, avril 2018, 464 p.

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Brèves de comptoir #187

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : présélection au prix Pierre Bottero 2018-2019 !

Le prix récompense un roman des littératures de l’imaginaire pour adolescents et est décerné par les lecteurs ados de l’est lyonnais (6 collèges et 3 médiathèques, soit 200 lecteurs participent). Le prix vise 5 objectifs :
– attirer le public adolescents sur le festival
– développer la pratique de la lecture chez les jeunes
– encourager les échanges et les débats et participer ainsi à l’éducation du sens critique
– promouvoir les littératures de l’imaginaire
– créer une dynamique territoriale en établissant des partenariats avec les bibliothèques et les collèges alentours.
La sélection de 6 titres est établie par les bibliothécaire de la BM de Meyzieu parmi des romans de l’imaginaire, donc, en langue française originale, adaptés au lectorat cible du prix et remarquables par les thèmes qu’ils traitent, leur style, la cohérence, le suspense, ou l’originalité dont ils font preuve. Le prix sera remis au cours de la prochaine édition des Oniriques de Meyzieu (8 au 10 mars 2019).

Et voici la (très bonne) sélection pour l’année :
Ceux des limbes, Camille Brissot (Syros).
La Magie de Paris, tome 1, Le Cœur et le Sabre, Olivier Gay (Castelmore).
– Les Vigilantes,
tome 1, Le Foyer, Fabien Clavel (Rageot).
New Earth Project, David Moitet (Didier jeunesse).
Dans la forêt de Hokkaido, Eric Pessan (Ecole des Loisirs).
♥ Gustave Eiffel et les âmes de fer, Flore Vesco (Didier jeunesse).

Mardi : se replonger dans Harry Potter !

Puisque l’anniversaire d’Harry Potter (le personnage, non la saga) est passé cet été, je vous propose de vous replonger dans l’histoire de la saga par Marie-France Burgain, au micro de Tewfik Hakem : c’était il y a deux ans, dans Paso Doble, sur France Inter !

Mercredi : les résultats du prix Elbakin.net !

Les romans sélectionnés doivent avoir été publiés entre le 1er juin 2017 et le 31 mai 2018, et deux jurys (adulte et jeunesse) tranchent pour les 4 catégories. La sélection se veut le reflet de la fantasy telle qu’elle est conçue par l’équipe d’Elbakin : « dans sa diversité, son originalité mais aussi son classicisme de qualité, sans oublier de tenir compte des traductions et des traducteurs, que nous citons systématiquement depuis le début de cette aventure. Même si nous l’avons déjà rappelé plusieurs fois, signalons aussi que la catégorie Jeunesse a toujours englobé le Young Adult, et ce depuis la création de la section correspondante sur le site. Nous privilégions les histoires complètes en un volume ainsi que les premiers tomes, ce qui ne signifie pas pour autant qu’il ne peut pas y avoir une exception de temps en temps. Précisons si besoin est que les œuvres d’un membre actif du site sont par nature exclues des nominations (on vous invite à consulter le règlement du prix). Il est aussi parfois plus difficile de se mettre d’accord dans telle ou telle catégorie (en général, ça change là encore d’une année à l’autre !), mais on finit toujours par y arriver, n’est-ce pas ? »

Voici les lauréats pour l’édition 2018 !

Meilleur roman fantasy français : Grish-Mère, Isabelle Bauthian (ActuSF).
Meilleur roman fantasy français jeunesse : Miss Pook et les enfants de la lune, Bertrand Santini (Grasset).
Meilleur roman fantasy traduit : La Bibliothèque de Mount Char, Scott Hawkins (Denoël Lunes d’encre, traduit de l’anglais par Jean-Daniel Brèque).
Meilleur roman fantasy traduit Jeunesse : L’Anti-Magicien, tome 1, Sébastien de Castell, (Gallimard Jeunesse, traduit de l’anglais par Laetitia Devaux).

Les autres titres qui étaient en lice sont visibles ici !

Jeudi : Mois de l’Imaginaire en approche !

Il aura lieu au mois d’octobre, comme les années précédentes. Et voici ce qu’a prévu la bibliothèque parisienne Rainer Maria Rilke (88 ter bd de Port-Royal, Paris 5e) pour l’occasion :
samedi 6 octobre, 18h-20h30 : conférence Contes dans la pop-culture, par Lloyd Chéri.
– vendredi 12 octobre, 18h-21h :
les littératures de l’imaginaire, côté libraires, avec Florian Sohard (Atout Livre) et Morgane Steinmetz (Millepages) et Xavier Vernet (Scylla) à la modération.
vendredi 19 octobre, 19h-21h : conférence Once upon a time in Wonderland, par Anne Besson.

Toutes les infos ici !

Jeudi encore : appel à textes Prix Mille Saisons !

Date butoir : 31 octobre 2018.
Les nouvelles comprendront 20 000 à 40 000 signes et posséderont un lien avec le titre de l’anthologie intitulée Revenir de l’avenir… Les auteurs ont la liberté d’interpréter et de développer les thématiques suggérées.
Les nouvelles participant au concours et qui composeront l’anthologie seront sélectionnées par le comité de lecture du Prix Mille Saisons. Lecteurs et participants pourront suivre les étapes de l’élaboration de l’anthologie et le déroulement des votes. Tous les auteurs, illustrateurs, compositeurs et réalisateurs sélectionnés dans l’anthologie se verront attribuer un lot de participation.
Le règlement complet et le bulletin d’inscription sont disponibles sur les sites de la collection Mille Saisons et des Éditions Le Grimoire.

Vendredi : Le Seigneur des Anneaux, version souris !

Ce projet de fin d’études d’un groupe d’étudiants de l’ISART DIGITAL devrait vous rappeler quelque chose…

Vendredi encore : Prix Imaginales des Lycéens 2019 !

Le Prix Imaginales des Lycéens, PIL pour les intimes, a pour but de promouvoir les littératures de l’imaginaire auprès du jeune public, en lui proposant des sélections riches et variées. Tous les ans depuis 2005, les lycéens sont appelés à voter pour leur titre préféré, qui se voit attribuer la prestigieuse récompense au cours des Imaginales. Voici les titres en lice :

Le Passageur, tome 1 : Le coq et l’enfant, Andoryss (Lynks)
♥ Le Cycle de Syffe, tome 1, L’Enfant de poussière, Patrick K. Dewdney (Au diable vauvert).
Des sorciers et des hommes, Thomas Geha (CRITIC).
Rouille, Floriane Soulas (Scrinéo).
Le Dieu oiseau, Aurélie Wellenstein (Scrinéo).

Si vous voulez profiter du colloque universitaire donné pour l’édition 2018, ça se passe sur le site d’Actusf.

 

Bon dimanche !

TTT #13 : 10 romans avec un mode de transport sur la couverture

Le TTT est un petit rendez-vous hebdomadaire orchestré par Frogzine, fixé le mardi, et qui consiste à faire un petit top 10, d’où son nom : Top Ten Tuesday. On y parle, de préférence, de sujets en rapport avec les livres ou la lecture et ce rendez-vous consiste à lister 10 points (souvent 10 titres) en rapport avec le thème donné. S’ils ont été chroniqués, un petit clic sur l’image vous mènera à la chronique.
Pour être tout à fait honnête, ce thème était celui de la semaine dernière, mais le destin (pas moins) en ayant décidé autrement, je n’ai pas pu toucher au blog ces derniers jours. Mais je tenais vraiment au thème donc, ma foi, mieux vaut tard que jamais !

Et donc, la semaine dernière, on planchait sur le thème suivant :

10 romans avec un mode de transport sur la couverture

Et en faisant quelques petites recherches pour la constitution de ce top, je me suis aperçue que des modes de transport, en littératures SFFF, il y en a pas mal ! Évidemment, on retrouve les moyens de transport traditionnels, comme la voiture, le train ou l’avion, bref, les classiques (quoique je n’aie, de mémoire, lu aucun roman de l’imaginaire avec un bus, un tram ou un métro en couv’, même si ça peut s’y dérouler). À côté de ceux-là, il y a également quelques moyens plus originaux ou moins usités !
Pour plus de simplicité, c’est donc par type de transport que je les ai classés.

Où l’on circule en train :


Vous le voyez, là-bas, dans le fond ? Oui, c’est bien un train à vapeur. Mieux, c’est le mythique Transcontinental américain, construit à la sueur du front de milliers d’esclaves de travailleurs émigrés très volontaires au XIXe siècle, aux États-Unis. Dans Satinka, ce fameux chantier de construction a une importance capitale, au point qu’il devient quasiment un personnage de l’histoire, aussi incroyable cela puisse-t-il vous paraître ! Si le roman a quelques faiblesses, c’est une excellente plongée dans l’histoire des États-Unis.
Satinka, Sylvie Miller.

Et un deuxième train à vapeur ! Si c’est pas la preuve que ce moyen de transport reste éminemment romantique à nos yeux…
De mémoire, le train n’a pas une importance aussi capitale que dans Satinka ; il sert juste de moyen de transport, emmenant les personnages d’un point A à un point B, au gré de leurs pérégrinations. Ce qui est assez drôle, dans le fond, quand on sait que dans cet univers, ils peuvent aussi bien se déplacer en dirigeable qu’en rose des vents — un petit dispositif fort pratique qui permet peu ou prou de se téléporter dans les couloirs de la Citacielle. Du coup, le train… un moyen de transport romantique, disait-on !
La Passe-Miroir, tome 2, Les Disparus du Clair de Lune, Christelle Dabos.

Où l’on navigue gaiement – ou pas :

  

Alors là, on mise et on double ! Dans les deux premiers tomes de sa série L’Empire des tempêtes, Jon Skovron accorde une immense importance aux navires – de guerre, marchands, de pirates/corsaires… Et nos personnages y passent un temps considérable, quand ils ne sont pas directement aux commandes. Du coup, si vous aimez les romans riches en batailles maritimes… vous savez quoi lire !
L’Empire des tempêtes, tome 1 Hope & Red et tome 2, Bane & Shadow, Jon Skovron.

Là non plus, la couverture ne ment pas car, comme dans les romans cités juste au-dessus, les personnages passent un temps incroyable — si ce n’est tout le roman ! — vissés dans leur barque, parcourant les flots déchaînés dans la campagne anglaise, et tentant d’échapper à leurs redoutables poursuivants (qui n’hésitent pas à utiliser un hors-bord, les fourbes). Et puis, mine de rien, la barque est si importante qu’elle a donné son nom au titre !
La Trilogie de la poussière, tome 1, La Belle sauvage, Philip Pullman.

Où l’on pollue avec un vieux Diesel en écoutant du hard-rock à plein tubes :

C’est vrai que la pollution n’est pas la préoccupation principale des personnages dans ce futur, tant la Terre a été ravagée. Mais mine de rien, ce n’est pas évident de s’en sortir tranquillement : il y a des machines tueuses un peu partout, des personnages étranges à tous les coins de rues, et des zombies en cavale (courant ou marchant, Snyder ou Romero, au choix) par-dessus le marché. Raison de plus de rouler en faisant rugir le moteur et en chantant à tue-tête !
Le Jardin des Épitaphes, tome 2, Aimez-moi, Taï-Marc Le Thanh.

Où l’on se prend pour Philéas Fogg :

Ici, on a l’embarras du choix : dirigeable, montgolfière, à vous de choisir ce qui vous fera le plus plaisir. Il faut dire que lorsque l’on se déplace avec la troupe de l’Aero Circus, il y a de quoi faire ! Sans surprise, l’intrigue est aussi steampunk qu’elle en a l’air et on y passe un temps considérable dans les transports !
Dresseur de fantômes, Camille Brissot.

Où l’on arpente les étoiles et le vide spatial :

On voit pas mal de vaisseaux sur cette couverture, mais le plus important, c’est celui qui est au premier plan, celui dans lequel on a l’impression d’avoir posé le pied pour regarder les Brisants. À bien y réfléchir, je crois d’ailleurs que l’ensemble de l’intrigue de ce premier tome se déroule à bord du vaisseau. Je suis certaine que les deux tomes suivants se déroulent (au moins en partie) sur le plancher des vaches (galactiques), mais pour celui-ci… le doute subsiste !
Les Maîtres des Brisants, tome 1, Chien-de-la-Lune, Erik L’Homme.

Où l’on gambade au tintinnabulement des sabots de sa monture :

En fantasy, se déplacer à cheval (ou de quelconque autre équidé) est plutôt fréquent. À dos de moutons, en revanche, c’est plus original et c’est bien ce qui fait le sel de la bande-dessinée Bergères guerrières ! Ça et l’inversion des rôles totalement assumée entre gents masculine et féminine… qui s’avère extrêmement efficace en termes de révélations ! Bref : ne vous fiez pas (totalement) à la couverture.
Bergères guerrières #1, Amélie Fléchais et Jonathan Garnier.

 

J’aimerais vous dire qu’on ne se déplace pas si souvent que ça à cheval en SF, mais le fait est que j’ai au moins un autre titre qui me vient en tête (Sanglornis Prima de Didier Quesne).
Dans Les Damnés, il ne reste pas vraiment d’autre façon de se déplacer, si on ne veut pas traînasser à pieds : le carburant a disparu et l’hélico solaire reste rare. En plus, nos personnages partent de la Côte d’Azur pour rallier Tortosa en Espagne – ça n’a pas l’air si loin que ça sur la carte, mais il y a quand même des montagnes au milieu. Du coup, on pataclope gaiement en tentant d’échapper aux écueils du trajet !
Les Damnés de l’asphalte, Laurent Whale.

Où la monture a plutôt tendance à cracher du feu et à fumer sec :


Ici, on se déplace quand même pas mal à pieds, sauf sur la fin quand, vraiment, tout part en cacahuètes et qu’il faut aller vite. Vous le voyez, le petit dragon mignon, à droite ? Eh bien la monture, c’est lui ! Mais oui ! Je ne vous divulgâche rien, mais sachez que les apparences sont souvent trompeuses. Et si vous voulez en savoir plus, ma foi, foncez lire cet excellent roman jeunesse !
La Fille qui avait bu la Lune, Kelly Barnhill.

Et on est déjà à 10 !

Et vous, avez-vous des moyens de transports originaux, surprenants, ou bien classiques, croisés en littérature, à partager ?