Thunderhead, La Faucheuse#2, Neal Shusterman.

Intelligence artificielle omnipotente qui gère la Terre pour l’humanité, le Thunderhead ne peut en aucun cas intervenir dans les affaires de la Communauté des Faucheurs. Il ne peut qu’observer… et il est loin d’aimer ce qu’il voit.
Une année s’est écoulée depuis que Rowan a volontairement disparu des radars. Depuis, il est devenu une véritable légende urbaine, un loup solitaire qui traque les Faucheurs corrompus et les immole par le feu. La rumeur de ses faits d’armes se propage bientôt à travers tout le continent Méricain.
Désormais connue sous le nom de Dame Anastasia, Citra glane ses sujets avec beaucoup de compassion, manifestant ouvertement son opposition aux idéaux du « Nouvel Ordre » institué par Maître Goddard. Mais lorsque sa vie est menacée et ses méthodes remises en question, il devient clair que les faucheurs ne sont pas tous prêts à embrasser le changement qu’elle propose.
Le Thunderhead interviendra-t-il ? Ou se contentera-t-il d’observer la lente descente aux enfers de ce monde parfait ?

Vous le savez sans doute si vous traînez souvent vos basques dans le coin, Neal Shusterman fait partie de mes auteurs fétiches. Donc j’attendais avec une impatience à peine quantifiable la suite de sa série La Faucheuse (que j’ai lue le mois dernier, mais que je n’avais pas pris le temps de chroniquer, shame on me). Et, une fois de plus, il m’a ravie, alors que je démarrais avec quelques appréhensions.

Je ne vais pas mentir, on sent très clairement que Thunderhead est un tome de transition mais, quoi qu’il en soit, il est excellent ! La situation a bien changé depuis le premier volume : Citra a remporté le combat, elle est désormais une Faucheuse assermentée, tandis que Rowan, lui, embrasse avec ferveur une carrière nettement moins légale. Tour à tour, on suit les deux Faucheurs, ce qui instaure dans le récit un agréable suspense. D’autant que la galerie des personnages ne tarde pas à s’enrichir de deux autres points de vue récurrents : celui de Grayson, une pupille du Thunderhead dont le parcours va subitement connaître quelques péripéties dont il se serait passé et celui, bien plus surprenant… du Thunderhead lui-même. Les passages narratifs consacrés à l’intelligence artificielle qui régit désormais l’univers sont absolument passionnants et éclairent d’un jour nouveau (et pas toujours très rose) les choix et agissements de la Communauté des Faucheurs. Ces deux points de vue amènent de nouvelles et passionnantes perspectives sur l’affaire en cours – notamment celui du Thunderhead, dont on découvre subitement toute la puissance… et l’impuissance.
Ainsi, au fil des chapitres, on s’interroge sur les conséquences politiques, mais surtout éthiques, des décisions prises par la Communauté. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a foule de questionnements à envisager et que les choix moraux opérés laissent rarement indifférents !

La première partie est assez posée, voire un peu lente, car elle met en place une foule d’éléments qui serviront dans la suite. L’action prend peu à peu, alimentant les tensions du récit, qui grimpent jusqu’au final littéralement explosif  – et qui nous laisse très clairement sur les dents dans l’attente du troisième tome !

Thunderhead est donc un très bon tome de transition : si le rythme est globalement plutôt lent, c’est pour mieux installer de nouveaux personnages et de nouvelles situations. Les rebondissements sont nombreux et maintiennent parfaitement le suspens, alimentant une tension qui va crescendo, jusqu’au final trépidant. Comme dans le premier tome, le roman pose un tas de questions, notamment éthiques, laissées à la libre interprétation des lecteurs, ce qui fait partie du côté hautement addictif du roman. Bref : vivement la suite !

◊ Dans la même série : La Faucheuse (1) ;

La Faucheuse #2, Thunderhead, Neal Shusterman. Traduit de l’anglais par Stéphanie Leigniel.
R. Laffont, mars 2018, 571 p.
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Brèves de comptoir #178


Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Suite à la pause due aux vacances, un petit brassage de nouvelles plus ou moins fraîches !

 

Lundi : la théorie qui explique tout dans Harry Potter !

Et c’est une vidéo de xio nixes !

En restant dans le sujet Harry Potter, sachez que celui-ci sera l’invité d’honneur du prochain festival Cidre & Dragons, qui se déroule à Merville-Franceville (Calvados) les 15 et 16 septembre 2018. Il sera accompagné d’autres sorciers et sorcières issus des univers de l’imaginaire !

Dans un autre registre, il y a du changement à prévoir chez Pottermore : d’une part, la mention « from J.K. Rowling » va disparaître et, d’autre part, de nombreux licenciements ont été opérés dans l’équipe de rédacteurs. Pour en savoir plus, la Gazette du Sorcier a consacré un article au sujet.

Lundi encore : le plein de podcasts !

Les séries SF sur France Culture :

Et comme bien souvent, c’est Nicolas Martin dans La Méthode scientifique (sur France Culture) qui régale avec un épisode intitulé Séries : la SF contre-attaque, consacré aux séries de SF et à leur évolution depuis les années 60/70.

Les sorcières, toujours sur France Culture :

Cette fois, c’est Géraldine Mosna-Savoye qui est aux commandes, dans l’émission Le Journal de la philo. Thème du moment : Pour une philosophie des sorcières.

Chez les mêmes, Léo Henry :

L’auteur évoque son dernier titre Les Dits d’Hildegarde au micro de Mauvais genres !

Steven Erikson sur Elbakin :

Elbakin.net consacre un podcast spécial à Steven Erikson, auteur canadien dont le Livre malazéen des glorieux défunts vient d’être réédité par les éditions Leha !

Philip K. Dick sur France Inter.

Fabrice Drouel et Ariel Kyrou parlent du maître de la SF dans La porte de Tannhäuser.

Lundi toujours : enquête sur les lecteurs de SF !

HaH tient un blog consacré aux littératures de l’imaginaire et y mène une vaste enquête sur les pratiques de lecture, les motivations et les préférences des lecteurs de l’imaginaire. Pour répondre à l’enquête, ça se passe !

Mardi : le plein de prix !

Les Prix Imaginales 2018 !

Créé en mai 2002, à l’initiative de la Ville d’Epinal, le Prix Imaginales est le premier prix exclusivement consacré à la fantasy en France. Il récompense à la fois des écrivains, des illustrateurs, des essayistes ou des traducteurs. Un jury composé de journalistes, de critiques et de spécialistes départage les meilleures œuvres de fantasy dans six catégories ; les six lauréats reçoivent un prix doté.
L’annonce des prix se fait début mai, afin de pouvoir, dans la mesure du possible, accueillir les auteurs récompensés aux Imaginales à Épinal. (Elle vient donc de se dérouler, puisque les Imaginales, c’est en ce moment !)

Catégorie francophone : Pierre Bordage, Arkane, tome 1 : La Désolation (Bragelonne)
Catégorie Jeunesse : Ariel Holzl, Les Sœurs Carmines tome 1 : Le complot des corbeaux (Naos)
Catégorie Étranger : Lisa Goldstein, Sombres cités souterraines, traduction de Patrick Marcel (Les Moutons Électriques)
Catégorie Nouvelles : Angélica Gorodischer, Kalpa Imperial, (Éditions La Volte)
Catégorie Illustration : Yana Moskaluk, Boudicca, (Actusf)
Catégorie Prix Spécial : Melchior Ascaride / Julien Bétan / Mathieu Rivero, Tout au milieu du monde, (Les Moutons Électriques).

Prix Imaginales des Bibliothécaires 2018 :

Cette année, les Imaginales lancent leur 4e prix de lecteurs : après le prix des lycéens, celui des collégiens, celui des écoliers, voici venu l’heure du prix des bibliothécaires. Sous la houlette du comité de sélection (composé de Stéphanie Nicot, 6 bibliothécaires référents et deux responsables éditoriales de Premier Chapitre), les bibliothécaires liront les 5 titres de la sélection, qu’ils classeront à l’issue de la période de lecture (de janvier à avril). L’heureux élu de l’année est…

Jean-Laurent Del Socorro, avec Boudicca !

J’ai participé cette année avec mes collègues à ce prix et, au sein de notre équipe, j’avais mis Les Seigneurs de Bohen (Estelle Faye) en premier, Boudicca en deuxième ! Je suis donc ravie du résultat final ! Les autres titres en lice sont visibles ici.

Résultats du GPI 2018 !

Le GPI, qu’est-ce que c’est ? Le Grand Prix de l’Imaginaire (ou GPI) récompense, dans 12 catégories différentes, des œuvres de l’imaginaire depuis 1992 ; le prix existe en fait depuis 1974 mais se concentrait alors sur la SF. La remise du prix aura lieu, comme les années précédentes, dans la Maison de l’Imaginaire pendant le festival Saint-Malo Étonnants Voyageurs, le 20 mai 2018, vers 18 h. Voici les lauréats :

1) Roman francophone

Toxoplasma de Calvo (La Volte)

2) Roman étranger

L’Arche de Darwin de James Morrow (Au diable Vauvert)

3) Nouvelle francophone

« Serf-Made-Man ? ou la créativité discutable de Nolan Peskine » d’Alain Damasio (in Au bal des actifs, La Volte)

4) Nouvelle étrangère

Danses aériennes de Nancy Kress (Le Bélial’ & Quarante-Deux)

5) Roman jeunesse francophone

Sang maudit d’Ange (Castelmore)

6) Roman jeunesse étranger

Les Cartographes, tomes 1 à 3 de S.E. Grove (Nathan)

7) Prix Jacques Chambon de la traduction

Jean-Daniel Brèque pour Certains ont disparu et d’autres sont tombés de Joel Lane (Dreampress), La Bibliothèque de Mount Char de Scott Hawkins (Denoël, Lunes d’encre) et Apex de Ramez Naam (Presses de la Cité)

8) Prix Wojtek Siudmak du graphisme

Daniel Egneus pour American Gods et Le Monarque de la vallée de Neil Gaiman (Au diable Vauvert)

9) Essai

Étoiles rouges. La littérature de science-fiction soviétique de Viktoriya Lajoye et Patrice Lajoye (Piranha)

10) Prix spécial

Ellen Herzfeld et Dominique Martel pour leur travail au service de la science-fiction depuis plus de 30 ans, dont le site internet Quarante-Deux et les recueils de la collection Quarante-Deux aux éditions du Bélial’.

Les autres titres présélectionnés sont visibles ici !

Lauréat du prix des Horizons imaginaires 2018 !

Le Prix des Horizons Imaginaires  est un prix Canadien récompensant des oeuvres fantastiques ou de science-fiction sélectionnés par un comité de spécialistes (libraires, enseignants, critiques, auteurs, etc). Le prix, inspiré des Prix Imaginales des Collégiens et Lycéens, invite les collégiens à découvrir cinq romans ou recueils de nouvelles écrits en français par des auteurs canadiens.
Le lauréat 2018 est François Blais, pour son roman Les Rivières suivi de Les Montagnes : deux histoires de fantômes (L’Instant Même).

Les autres romans sélectionnés étaient : La chambre verte de Martine Desjardins (Alto), Et si le diable le permet de Cédric Ferrand (Les moutons électriques), Les Cendres de Sedna d’Ariane Gélinas (Alire) et Rénovation de Renaud Jean (Éditions du Boréal).

Mercredi : le Festival de Fantasía de Fuenlabrada recherche des bénévoles !

Le Festival a lieu les 15, 16 et 17 juin 2018 à l’Espace Joven La Plaza de Fuenlabrada (Plaza de España nº 1, 28944 Fuenlabrada, Madrid).

Il leur faut des bénévoles hispanophones pour : guider ou récupérer les invités dans la zone du festival ; fournir en eau les invités et artisans du Marché Troll ; répartir les programmes et pallier aux divers problèmes de dernière minute, ainsi qu’aux demandes des invités.
Les frais de transport, ainsi que les repas (dîners des vendredi et samedi, déjeuners des samedi et dimanche) sont pris en charge par le festival.

Pour en savoir plus sur le festival et postuler, ça se passe !

Jeudi : expo Fantastique ! Armes et armures dans les mondes imaginaires !

Le Château de Morges (Rue du Château ; 1110 Morges – Suisse) accueille depuis le 27 avril et jusqu’au 2 décembre 2018 l’exposition temporaire Fantastique ! Armes et armures dans les mondes imaginaires. Au programme : animations, conférences (qui seront ensuite disponibles sur Youtube) et autres ateliers. Le détail est sur le site du musée.

Jeudi encore : rencontre post-Imaginales chez Bragelonne !

Comme désormais tous les ans, Bragelonne organise une rencontre post-Imaginales le lundi 28 mai 2018, à la librairie La Dimension Fantastique (106 avenue La Fayette, Paris 10e), à partir de 18h, en présence de R. J. Barker (Le Royaume blessé, tome 1 : L’Âge des Assassins), Stephen Aryan (L’Âge des Ténèbres, tome 1 : Mague de Guerre) et Thomas Olde Heuvelt (Hex).

Infos supplémentaires sur la page de l’événement.

Vendredi : présentation des Saisons de l’étrange !

Les Moutons électriques organisent une le vendredi 1er juin une conférence de présentation de leur nouvelle collection Les Saisons de l’étrange. Elle aura lieu au Studio Ausone (8 rue de la Vieille Tour, Bordeaux), à 18h et sera suivie d’une séance de dédicace Melchior Ascaride, Olav Koulikov et Jean-Philippe Depotte chez Mollat.

Une dédicace similaire est organisée le 9 juin à Lyon, à la librairie Trollune en présence de de Melchior Ascaride, Olav Koulikov, Lazare Guillemot et Adrien Party.

Vendredi encore : soirée de l’Imaginaire chez Decitre !

La librairie Decitre de Grenoble organise, le samedi 9 juin 2018, une soirée de l’Imaginaire, de 19h15 à 21h30, dans ses locaux (9-11 Grande Rue, Grenoble). Voici le programme :

Un événement exceptionnel en compagnie de Fabien Cerutti pour la parution du quatrième tome, Le testament d’involution de son cycle Le bâtard de Kosigan (Mnémos), ainsi que Stefan Platteau pour le troisième volume, Meijo de son cycle Les sentiers des astres (Les Moutons Électriques).

Toutes les infos ici !

Bon dimanche !

Brèves de comptoir #177

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : titres sélectionnés aux Gemmell Awards !

On connaît désormais la shortlist. Voici les titres qui restent en lice :

The Legend Award – Meilleur roman de fantasy.

  • Fall of Dragons, Miles Cameron (Orbit)
  • Assassin’s Fate = Le Fou et l’Assassin, tome 5, Robin Hobb (Del Rey / Pygmalion)
  • Red Sister = Le Livre des Anciens, tome 1, Sœur rouge, Mark Lawrence (Harper Collins / Bragelonne)
  • Scorched Shadows, Steve McHugh (47North)
  • The Stormlight Archivei, 3, Oathbringer, Brandon Sanderson (Tor)

The Morningstar Award – Meilleur premier roman de fantasy

  • Age of Assassins = L’Âge des assassins, RJ Barker (Orbit / Bragelonne)
  • The Tethered Mage, Melissa Caruso (Orbit)
  • Kings of the Wyld, Nicholas Eames (Orbit)
  • Blackwing, tome 1, La Marque du corbeau, Ed McDonald (Ace/Bragelonne)
  • The Court of Broken Knives, Anna Smith Spark (Harper Collins)

The Ravenheart Award – Meilleure couverture fantasy

  • Richard Anderson pour Kings of the Wyld de Nicholas Eames
  • Kerem Beyit pour The Fall of Dragons de Miles Cameron
  • Sam Green pour Oathbringer de Brandon Sanderson
  • Jackie Morris et Stephen Raw  pour Assassin’s Fate de Robin Hobb
  • Kerby Rosanes pour Godsgrave de Jay Kristoff.

Les votes sont ouverts jusqu’au 1er juin ; les gagnants seront annoncés le 14 juillet. Vous pouvez voter ici !

Lundi encore : 2001, l’Odyssée de l’espace dans La Méthode scientifique !

Nicolas Martion, dans son émission sur France Culture célèbre les 50 ans du film de Stanley Kubrick.

Lundi toujours : Sur les Terres de l’Unique recherche des bénévoles !

La convention consacrée à l’univers de Tolkien, qui aura lieu les 29 et 30 septembre 2018 à Plouha recherche des bénévoles pour son village Hobbit pour les conférences, la buvette, l’espace boutique et renseignements, la sécurité, la surveillance du marché artisanal la nuit, l’entretien de l’espace extérieur et pour accompagner les conférenciers. Il leur faut également un traducteur anglais – français et un traducteur en langue des signes, ainsi que du matériel pour la création de décors.
Vous pouvez contacter l’association par mail (surlesterresdelunique@gmail.com),  sur leur site et via leur page Facebook.

Mardi : les Futuriales, samedi prochain !

Le festival d’Aulnay-sous-Bois se tiendra le 5 mai, soit samedi prochain. Retrouvez le programme complet en ligne!

Mardi encore : bande-annonce pour The Rain!

La nouvelle série post-apocalyptique produite par Netflix, diffusée à partir du 4 mai, se dévoile dans une bande-annonce.

Mercredi : Game of Thrones, l’expo du tournage !

Du 1er juin au 2 septembre, l’expo Game of Thrones : The Touring Exhibition pose ses valises à Paris, à la Porte de Versailles. Seront exposés sur 2 000 m² des costumes, décors, accessoires (y compris la fausse main de Jaime Lannister), ainsi que des secrets de tournage. L’expo s’adresse aussi bien aux fans qu’aux curieux – à l’entrée il y aura donc une petite vidéo de présentation, ainsi qu’une carte pour se repérer. L’entrée plein tarif est à 21.90€, en vente sur les sites habituels.
Des infos sur l’expo sur son site officiel.

Mercredi encore : lancement des Saisons de l’étrange !

La librairie Le Nuage vert (41, rue Monge, Paris 5e) accueillera samedi 5 mai, à partir de 16h, le lancement des Saisons de l’étrange en présence de en présence de Melchior Ascaride, Julien Heylbroeck, Olav Koulikov, François Peneaud et Jean-Philippe Depotte.
Toutes les infos ici !

Mercredi toujours : des prix aux Intergalactiques !

Le festival lyonnais a vu se tenir deux remises de prix : celle du Prix Barjavel, qui revient à Céline Maltère pour sa nouvelle « La Coupole » (prochainement éditée par ActuSF).

Le Prix Planète SF des blogueurs revient, quant à lui, Jo Walton pour Nos vrais enfants (Denoël).

Jeudi : la SF a-t-elle un plan pour sauver le monde ?

C’est un article sur les liens entre écologie, changement climatique et science-fiction à lire sur Ulyces.co !

Jeudi encore : un parc studio Ghibli !

Le parc officiel des studios Ghibli ouvrira ses portes en 2022 ; celle-ci a été confirmée par Hideaki Ohmura, gouverneur de la préfecture d’Aichi au Japon (Nagoya). Le site abrite déjà la maison, grandeur nature, de Satsuki et Mei, les deux sœurs que l’on croise dans Mon voisin Totoro.
On sait que le parc reproduira des paysages des films, mais aucune info n’a filtré sur le contenu des attractions. Quelques illustrations sont visibles sur Twitter.

Vendredi : le coup de cœur des Imaginales !

Et cette année, c’est Jean-Laurent Del Socorro, dont je vous recommande les deux titres !

  

Vendredi encore : The Witcher sur Netflix, en 2020 !

Après l’adaptation en jeu vidéo, la série romanesque d’Andrzej Sapkowski va être adaptée pour Netflix. La scénariste et productrice Lauren Schmidt Hissrich a annoncé 8 épisodes pour la première saison. Voici ce qu’elle en dit :

« Je sais que cela pourrait ne pas être assez pour vous mais, d’une manière créative, c’est la bonne décision. Les épisodes peuvent être concis, spectaculaires, riches en personnages et en histoires, sans ronronner au milieu de la saison. […] Il n’y aura pas d’édulcoration. Croyez moi sur parole ».

Andrzej Sapkowski sera consultant créatif. Encore un peu de patience !

 

Bon dimanche !

 

N.B. : Je pars en congés au soleil (on y croit !) : il n’y aura donc pas de brèves durant les trois semaines à venir ! À la revoyure !

Face au roi des Gobelins, Jack le Téméraire #2, Ben Hatke.

Maddy, la petite soeur de Jack, a été enlevée dans un autre monde par un ogre. Jack et Lilly poursuivent le ravisseur et passent le portail qui leur permet de se trouver sur la Terre des Géants, où ils seront séparés par le carrefour flottant entre les mondes. S’ensuit une course contre la montre pour sauver Maddy avec l’aide de Phelix et des lutins et combattre l’effrayant roi des Gobelins dans les égouts de l’enfer. Une lutte de pouvoir s’installe entre les mondes et les créatures. Des duels, des évasions, des sauvetages, des explosions, des trahisons et des lutins mignons !

J’avais adoré le premier tome de ce diptyque (car oui, malheureusement, c’est terminé !) et j’étais extrêmement curieuse de lire ce second tome, qui s’est avéré tout aussi entraînant.

Côté forme, Ben Hatke reste fidèle à sa ligne : le comic est épais, certes, mais les textes sont courts, voire inexistants. En effet, les illustrations sont très parlantes et on se passe volontiers d’explications supplémentaires, tant les dessins sont expressifs. On peut donc proposer le titre à d’assez jeunes lecteurs !

Du côté de l’intrigue, c’est à nouveau une histoire très entraînante. Plus de jardin maléfique, cette fois, mais un univers peu accueillant, dans lequel Jack et Lilly doivent lutter à la fois contre l’environnement et les créatures qui le peuplent (les gobelins au premier chef, donc). Comme nos deux héros sont vite séparés, on suit leurs trajectoires en parallèle, ce qui garantit un certain suspens – d’autant que leurs  réponses aux obstacles qu’ils rencontrent sont souvent originales, inventives et inattendues ! Jack et Lilly ont deux approches assez différentes : lui a tendance à foncer dans le tas, tandis qu’elle apprécie les plans mûrement réfléchis. Ce qui n’est pas plus mal, car le premier aura bien besoin d’une arrière-garde pour couvrir ses arrières dans les nombreuses batailles qu’ils mènent. Le rythme est donc nettement plus élevé que dans le premier volume, ce qui fait que j’ai lu ce tome avec une certaine avidité, curieuse de savoir comment les personnages allaient s’en sortir.

Petite cerise sur le gâteau : on retrouve la référence à Zita, la fille de l’espace car, à la fin du volume, celle-ci apparaît, accompagnée de Pipeau et Madrigal (qui étaient, pour leur part, déjà présents dans le premier tome)… ce qui laisse un espoir de voir paraître un jour un cross-over entre les deux séries ?

Quoi qu’il en soit, Ben Hatke a signé avec Jack le Maléfique un comic jeunesse de qualité, qui revisite le conte traditionnel de Jack et le haricot magique, le mâtinant de science-fiction et d’aventures hautes en couleurs. La brièveté des textes rend l’album accessible à de jeunes lecteurs – tout en laissant à des lecteurs plus âgés de quoi se mettre sous la dent.

◊ Dans la même série : Le Jardin maléfique (1) ;

Jack le Téméraire #2, Face au roi des Gobelins, Ben Hatke. Traduit de l’anglais par Fanny Soubiran.
Rue de Sèvres, 14 février 2018.

Brèves de comptoir #176

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : appel à textes Luciférines !

Les éditions Luciférines se lancent dans la littérature régionale. Mais, attention, de la littérature régionale et imaginaire !
Thème de ce premier appel à textes : l’Alsace. Chaque histoire devra se concentrer sur une légende ou un phénomène culturel typique de l’Alsace et appartenir au genre du fantastique ou de l’horreur. Les nouvelles doivent pas dépasser les 35 000 signes.
Les textes pourront être envoyés jusqu’au 20 juin, à l’adresse suivante : contact@editionsluciferines.com. La parution est prévue à l’automne 2018.

Attention ! Les auteurs doivent impérativement être originaires ou résidents d’Alsace ! (Pas de panique, les autres régions arrivent).
Infos subsidiaires ici.

Lundi encore : concours de nouvelles chez Banshee !

Les éditions de la Banshee prolongent d’un mois leur concours de nouvelles, dont la nouvelle deadline est fixée au 15 mai. Voici le thème du concours : sortir de sentiers battus.
Le texte doit relever du fantastique et ne pas excéder les 30 000 signes (environ 10 pages). Toutes les conditions de participation sont réunies ici.

Lundi toujours : 23e émission du Palais des Déviants !

L’émission, présentée par Étienne Barillier & Laurent Queyssi, présente son nouveau numéro après une longue absence. Et ça s’écoute ici !

Mardi : découvrez ou redécouvrez la Gunpowder/Flintlock Fantasy !

Apophis vous propose un guide très complet du genre, pour le découvrir, le redécouvrir ou progresser dans votre découverte ! Ne manquez pas ses autres guides !

Mardi : Tolkien dans tous ses états !

La revue Le Point Pop propose son dernier hors-série en date, entièrement consacré au Seigneur des Anneaux de Tolkien et illustré par John Howe. Pour en savoir plus sur le contenu, rendez-vous ici. Et pour vous le procurer, rendez-vous dans toutes les bonnes librairies !

Si vous êtes des inconditionnels de Tolkien, notez également la convention organisée par Sur les Terres de l’Unique, à Plouha (Côtes d’Armor), du 16 au 30 septembre (ce qui inclut donc le Hobbit Day, le 22 septembre).

La convention proposera moult animations, conférences, ateliers, concours, ainsi qu’un marché artisanal. Pour ne rien rater, ça se passe .

Enfin, la Bodleian Library d’Oxford accueillera, du 1er juin au 28 octobre, une exposition exceptionnelle consacrée à l’auteur : Tolkien, Maker of Middle Earth. Y seront exposés manuscrits, correspondances, objets privés et autres documents relatifs à son œuvre. Toutes les infos ici.

Mardi encore : le festival Spoilers !

C’est un festival tout neuf, né d’une collaboration entre l’association Happy Spoilers et le festival Court Métrange, consacré à la projection et l’étude des séries télévisées fantastiques et de SF.
Il aura lieu à Rennes (université Rennes II), du mardi 24 au jeudi 26 avril. Toutes les infos et le programme !

Mercredi : Chasse aux sorcières sur France Culture !

La Série Documentaire (LSD), présentée par Perrine Kervran, diffuse un reportage de Céline du Chéné et Laurent Paulré, en quatre parties, que vous pouvez écouter en podcast ici.

Mercredi encore : Dawn of Crime, saison 4 !

La websérie française, tournée aux alentours de Rouen, vient de mettre en ligne sur Youtube le premier épisode de sa 4e saison ; l’histoire s’inspire des personnages de DC Comics.

Jeudi : Harry Potter !

Bruguières (site du Bascala) accueille, du 26 au 28 avril 2018, le festival Échos et merveilles et, dans ce cadre, le groupe japonais Neko Light  Orchestra donnera le concert Échos de Poudlard, avec les thèmes de John Williams réalisés pour la saga. Le concert a lieu le vendredi 27 avril, à 21h30. A priori, il reste des places disponibles, que vous pouvez acheter ici.
Le reste du programme du festival est disponible ici.

Et ne manquez pas Le Bureau des Plaintes spécial Harry Potter concocté par Golden Moustache :

Jeudi encore : week-end steampunk à Condé-sur-l’Escaut !

Le Quai Médiathèque (13, impasse Berthelot, 59163 Condé-sur-l’Escaut) accueillera les 26 et 27 mai le Quai des merveilles Steampunk, pour célébrer le 190e anniversaire de l’auteur Jules Verne. Au programme : expo de costumes, librairie nomade, conférences, cabinet curiosités, duels de thé, maquettes, et autres curiosités. Tout le programme est en ligne ici et vous pouvez suivre l’événement sur leur page Facebook.

Vendredi :  Star Wars !

Apéro-quizz.

À l’occasion de May the 4th, la librairie parisienne La Dimension Fantastique (106 rue La Fayette, Paris 10e) vous convie à un apéro-quizz spécial Star Wars. Rendez-vous le 4 mai, de 18h à 19h30 dans leurs locaux ! Infos ici.

Génération Star Wars et Science-Fiction.

La convention se tiendra les 28 et 29 avril, à l’espace Chambon (2, rue du Faubourg du Chambon, 03 300 Cusset). L’entrée est gratuite et tout le programme est visible ici.

Vendredi encore : une nouvelle librairie de l’Imaginaire !

Arras accueillera bientôt une nouvelle librairie spécialisée dans les genres de l’imaginaire : Légendarium (au 20, rue Émile Legrelle, à Arras, donc). Vous pouvez suivre leur actu ici !

Vendredi toujours : le prochain dimanche de l’imaginaire !

Les dimanches de l’imaginaire, qu’est-ce que c’est ? Un rendez-vous mensuel qui se déroule à Toulouse le premier dimanche du mois. Il regroupe des passionnés autour des Imaginaires, toutes disciplines confondues (littérature, films et séries, jeux de société, jeux grandeur nature). Prochaine date : dimanche 6 mai, au Safe House (68 rue Dayde, 31200 Toulouse) à 13 heures. Infos ici.

 

Bon dimanche !

Le Gang des prodiges #1, Marissa Meyer.


Il y a plus de dix ans, les Renégats, un groupe d’hommes et de femmes détenteurs de pouvoirs surhumains, ont vaincu les super-vilains. Ils font désormais régner la paix et la justice. Mais les super-vilains n’ont pas disparu…
Parmi eux, Nova, qui a dédié sa vie à la lutte contre les Renégats, responsables de la mort de sa famille.
Prête à tout, elle se fait passer pour l’un des Renégats et infiltre leur repaire afin de les espionner. Mais lorsqu’elle se lie d’amitié avec le fils adoptif des deux principaux Renégats, ses certitudes vacillent…

En finissant ce roman (que j’avais commencé un peu à contre-cœur, pour le travail), j’ai eu l’impression que cela faisait un petit moment que je n’avais pas été autant emballée par un roman ado ! Pour un livre pris sans enthousiasme, je trouve ça plutôt pas mal !

Premier point qui m’a éminemment plu : l’univers. Dès les premières pages, on plonge dans un univers à la X-Men, truffé de super-héros aux pouvoirs délirants : les heureux élus peuvent balancer des boules de feu, manipuler l’électricité, parler aux abeilles, ou tout simplement faire basculer dans la réalité leurs dessins. Le choix est large et c’est plutôt varié !
Évidemment, comme dans toute histoire de super-héros, on a en face des super-vilains. Lesquels ont eux aussi des pouvoirs cools ou moins utiles, mais surtout la propension à ricaner méchamment en fomentant des coups bas. Eh oui car, au moment où débute l’histoire, les super-vilains ont été peu ou prou anéantis par les Renégats (un gang qui s’est montré plus fort que les autres dix ans plus tôt et détient désormais le pouvoir) : l’histoire débute donc dans un univers apaisé, qui tourne à peu près rond, sous la houlette des Renégats. Les méchants ont disparu (ou presque), la société a été reconstruite et tout roule plutôt pour le mieux. Ce qui est plutôt original, puisqu’en général, on se concentre sur l’action, en l’occurrence le renversement de la tyrannie en place. Or là, c’est déjà fait et on va justement suivre une super-vilaine qui n’a pas digéré la défaite, ni les mensonges institutionnels qui l’ont accompagnée et qui ronge gentiment son frein, ce que j’ai trouvé assez intéressant comme point de départ.

Après ce bon départ, l’histoire rebascule finalement sur un thème plus conventionnel : si la situation est apaisée, on a de quoi douter de la sincérité des uns et des autres et c’est cette absence de transparence qui va motiver Nova à enquêter et à se poser un tas de questions. C’est assez classique, mais l’ensemble est bien mené : il y a à la fois des révélations fracassantes et des retournements de situation un peu attendus, ce qui fait que le suspense se maintient, à grands renforts de batailles rangées.
Surtout, ce qui est intéressant, c’est toute la réflexion autour du bien et du mal qui est mise en place : est-ce qu’on fait forcément le bien lorsqu’on est du côté des gentils ? Les méchants sont-ils forcément malfaisants ? Évidemment, c’est un peu du déjà vu, mais dans la mesure où ce sont les jeunes protagonistes qui se posent ces questions, la réflexion est intéressante – et, comme je le disais plus haut, l’ensemble est vraiment bien mené.

Les personnages offrent une intéressante galerie et de chouettes entre-deux. Tout d’abord, on a donc les Renégats, soit les super-héros, très héroïques, très bienveillants, très positifs. Mais pour certains, ce n’est qu’une apparence, tant leurs propos sont détestables et leurs idées nauséabondes, preuve que l’étiquette super-héros ne suffit pas à asseoir la légitimité. À l’inverse, on a des super-vilains vraiment hyper machiavéliques (et manichéens, on en conviendra) et, à côté de ceux-là, d’autres plus nuancés, qui ont simplement le tort de lutter dans le mauvais camp dès le départ (et qui ont donc tort par principe) : c’est une position intéressante, puisqu’elle vient alimenter le débat sur les protagonistes et les antagonistes. En définitive, si les personnages ont les mêmes qualités, qu’est-ce qui les différencie et permet de les placer dans des cases aussi hermétiques ?
Enfin, il y a les « non-affiliés ». Parmi ceux-ci, la Sentinelle est un personnage vraiment intéressant, dont on a du mal à déterminer le bord (d’ailleurs, le personnage lui-même est en balance entre les deux partis). Il y a également Nova, dont la situation d’agent infiltré va amener tout un tas de réflexions sur son positionnement, les étiquettes qu’on colle les uns aux autres ou, tout simplement, le bien-fondé des plans de chacune des deux parties.

Puisque Nova infiltre les Renégats et qu’elle cherche à démasquer leurs plans secrets, le roman a des airs de polar et de roman d’espionnage, le tout mixé à la sauce super-héros. Ce mélange s’avère très entraînant et on se pique assez vite au jeu de trouver des indices, de les relier entre eux et d’en tirer des conclusions. Marissa Meyer ménage ses effets et, à plusieurs reprises, alors que l’on pense voir où elle va en venir, elle entraîne le récit dans une toute autre direction. Plus celui-ci avance, plus il montre les limites du système des Renégats et plus l’on s’approche d’une dystopie (sans toutefois y entrer franchement).

J’ai attaqué ce roman sans grande conviction et, finalement, ça a été un gros coup de cœur. J’ai été emballée par l’univers, riche en super-héros et qui propose de très intéressantes réflexions. J’ai également apprécié la galerie de personnages, très matures et qui vont s’interroger justement sur tous ces points qui fâchent. La conclusion, quoi qu’un peu attendue, est néanmoins magistrale et m’a convaincue de lire la suite !

Le Gang des Prodiges #1, Marissa Meyer. Traduit de l’anglais par Guillaume Fournier. Pocket Jeunesse (PKJ), 1er février 2018, 599 p.

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[2018] Petit bilan de mars.

Mars a été riche en lectures – mais, une fois de plus, pas en chroniques. Un jour, j’aurais rattrapé tout mon retard !
A défaut, le rendez-vous se dote (enfin !) d’un logo !

Carnet de lectures.

Rayon romans.

Comment un écureuil, un héron et une chouette sauvèrent le père de Casper, Horatio Clare et illustré par Jane Matthews (PKJ).
De temps en temps, je lis des romans jeunesse pour les plus jeunes (à partir de 9 ans) et celui-ci en fait partie et aborde un sujet pas si courant en littérature jeunesse, puisqu’il évoque la dépression d’un parent ! Casper coule une existence paisible dans la petite ville anglaise de Woodside Terrace… Jusqu’à cet été où son père, Jim, change du tout au tout : il ne mange plus, ne sourit plus, ne travaille plus et reste cloué au lit. Quel mauvais sort s’est abattu sur lui ? Une chose est sûre, Casper ne l’abandonnera jamais et il va pouvoir compter sur l’aide, un brin inattendue, des animaux de la forêt alentour.
C’est donc sous des dehors fantastiques que l’intrigue est abordée et, si la résolution peut sembler quelque peu tirée par les cheveux, elle véhicule avant tout des messages très positifs sur cette terrible maladie qu’est la dépression et sur ce que peuvent envisager les proches pour aider les leurs. Le texte est très abordable et les illustrations de Jane Matthews l’ornent à merveille. Une chouette découverte, donc !

Le Dernier saut, Alexandra Sirowy (PKJ).
Cette fois, c’est un thriller pour les ados auquel je n’ai pas du tout, mais alors pas du tout accroché.
Au début de l’été, Ben, le demi-frère adoré de Lana, disparaît sous ses yeux. Les vacances suivent leur cours, mais les fêtes sur la plage et les premiers émois amoureux sont teintés d’inquiétude. Quand Lana et ses amis trouvent le corps de Maggie, l’ex-petite amie de Ben, tout est remis en question : ce dernier est-il mort ? Maggie est-elle impliquée ? Et si Lana était la prochaine victime sur la liste ?
Si je n’ai pas accroché, c’est avant tout parce que l’intrigue reposait sur un élément que j’ai vu venir dès les premiers chapitres. Difficile, donc, d’être surprise par les rebondissements et la conclusion. À cela s’est ajouté le fait que l’histoire manque de rythme comme de suspens, et tente de jouer sur la corde fantastique pour meubler – sans succès. Accessoirement, j’ai trouvé les personnages cliché au possible et donc, en définitive, je n’ai pas accroché à l’histoire. Mauvaise pioche, donc.

Rayon bulles.

Issak, tome 1, Shinji Makari (Ki-oon, Seinen).
1620. L’Europe est déchirée par une guerre qui oppose catholiques et protestants. Dans la forteresse de Fuchsburg, en Allemagne, des réfugiés affluent de toute la région. Parmi eux se trouve Issak, un guerrier hors pair au talent de tireur inégalé. Avec ses longs cheveux noirs, ses yeux bridés, son sabre et son imposant fusil, il ne passe pas inaperçu… Venu du Japon, il combat comme mercenaire aux côtés des protestants. En réalité, il n’a qu’un but : laver l’honneur de son maître assassiné. Le meurtrier se serait mis au service des catholiques, et Issak parcourt les champs de bataille pour le retrouver ! Mais cette fois, la situation est désespérée : cernée par l’ennemi, Fuchsburg semble vouée à la destruction… Le samouraï errant parviendra-t-il à changer le cours de l’histoire ?
Ce n’est pas le premier manga d’inspiration historique que je lis chez Ki-oon et, une fois de plus, j’ai trouvé celui-ci passionnant. Ce premier tome permet vraiment de se faire une idée de la situation générale et l’auteur prend le temps d’installer à la fois les personnages, les lieux et les motifs de la guerre (et vu la complexité du conflit, ce n’est pas évident). Il s’est appuyé sur une gravure montrant des combattants japonais à cette époque et dans ces lieux : l’histoire est bien documentée et l’on apprend (déjà) une foule de choses dans ce premier tome. Vu qu’il s’agit de l’exposition (et qu’il s’agit avant tout d’une histoire de siège), le manga manque un peu de rythme mais, comme je le disais plus haut, la lenteur sied à la complexité de l’intrigue.

Tops & Flops.

Du côté des flops, je n’ai guère que Le Dernier saut à mentionner, et dont j’ai brièvement parlé ci-dessus. Vraiment, ce n’était pas ma came, la faute à ce rebondissement final que j’ai vu venir dès le début (pas de bol, quoi). J’ai (de la même auteure) L’Ombre de Stella dans ma PAL, je compte tout de même lui donner une chance un de ces quatre !

Côté belles découvertes, j’ai l’embarras du choix ce mois-ci avec pas moins de trois coups de cœur. Trois dans le même mois, incroyable !

Tout d’abord, il y a eu Le Gang des prodiges de Marissa Meyer, qui ne me branchait pas plus que cela. Et en fait, je suis tombée dans une histoire truffée de super-héros, sur fond de dictature bienveillante (ou qui ne dit pas son nom), avec un tas de réflexions passionnantes. Génial ! J’ai hâte de lire la suite !

Ensuite, il y a eu La longue marche des dindes, de Kathleen Karr, un roman pour les plus jeunes, qui remet à l’honneur le western avec cow-boys, esclaves en fuites, Amérindiens et autres colons égarés. C’est drôle, c’est prenant, c’est bien écrit, bref, je recommande chaudement.

Enfin, je me suis enfin (ENFIN) décidé à lire De Cape et de mots, le premier roman de Flore Vesco et, mes aïeux, quelle génialissime découverte !! C’est un excellent roman historique et de cape et d’épées à proposer aux plus jeunes, drôle, inventif et qui se lit en moins de deux. Une pure merveille !

Citations.

« Je me demande si je les aurais lus si je n’essayais pas autant de m’intégrer. Parce que j’ai beau être française, on ne me regarde pas comme française, on me regarde comme un exemple d’intégration réussie. Et ce n’est pas normal. Mes grands-parents venaient d’un autre pays, d’une autre culture, c’est eux qui se sont intégrés. Je parle arabe avec eux, mais ma mère et moi sommes nées ici et nous nous parlons dans notre langue, le français. Nous ne devrions rien avoir à prouver.. »

« J’ai à nouveau besoin d’une pause. Les terroristes sont entrés au Bataclan et Marie-Castille est morte. Elle fait partie des premiers touchés, ceux pour qui ça s’est terminé en moins de cinq minutes. Il n’était même pas 22 heures. Depuis nous nous sommes trompés. Parce que, de notre côté, nous avons patienté, nous avons espéré, nous nous sommes démenés, sans savoir que notre vie d’avant avait pris fin. Je ne comprends pas celle qui nous attend maintenant. J’ai l’impression qu’elle est comme ces fermetures Éclair que l’on n’arrive pas à remettre sur leurs rails. On hésite à jeter la trousse ou le vêtement parce qu’on y tenait, et puis peut-être que quelqu’un va arriver à réparer la fermeture, mais personne n’y arrive, ou ça ne tient pas longtemps. Mais on ne peut pas poser une vie de côté comme on le fait d’un vêtement. Non, vraiment, je ne comprends pas ce qu’il va falloir faire. »

« C’est quoi, le malaise ?
J’ai un petit rire :
– C’est marrant, comme question…
Il me regarde sans trop voir ce qu’il y a de marrant.
– Non, dis-je, c’est que vous êtes le seul à l’avoir posée. Tout le monde a mis ça sur le compte de l’adolescence et d’une année difficile…
Nous savons à quel point cet adjectif est en-dessous de ce que nous avons vécu et vivons toujours, et je lui dis soudain ce que je n’ai réussi à dire personne :
– Je ne supporte plus qu’on attende de moi que je sois un exemple. Je ne supporte plus d’avoir à prouver que si on donne une chance aux « gamins de banlieue », ils réussissent, que si on tend la main aux musulmans, ils ne se font pas sauter dans les lieux publics. Je ne supporte plus qu’on attende de moi que je prouve que le « modèle républicain » fonctionne. Je n’en peux plus de ces expectatives qui m’étouffent et m’empêchent de réfléchir pour moi-même. On ne peut pas réfléchir quand on ne peut même pas respirer !»
Paris est tout petit, Maïté Bernard.

***

« Avec la vivacité d’une étoile de mer, la princesse de Rousserolle se mit à réfléchir. C’était un exercice nouveau pour elle. »
De Cape et de mots, Flore Vesco.

***

« Simon,elle a repris, il m’est très pénible de te le dire, mais tu te rends bien compte…
-Oui, m’dame ?
– Tu te rends bien compte que tu viens d’achever ton CE1. Pour la quatrième fois.
– Oui , m’dame. Ç’a été encore plus plaisant que d’habitude.
Elle a froncé les sourcils.
– Quoi qu’il en soit… Je crois que tu as exploré jusqu’aux tréfonds les arcanes du CE1, Simon. Je crois qu’il est temps pour toi de le quitter.
J’ai sauté de joie.
– Ça veut dire que je vais enfin passer en CE2 ?
– Hélas non. Tu es déjà le plus âgé de mes élèves, Simon Green. Si fort que j’ai pu apprécier ta compagnie, il est temps pour toi d’affronter le monde. De déployer tes ailes. »
La longue marche des dindes, Kathleen Karr.

***

« Ouais, on ne t’a pas encore accepté, alors il va falloir que tu te tiennes à carreau, ajouta Nour à l’attention de Thomas. Personne ne t’a dit que la validation des copines était super importante ?
– Non, répondit-il en arquant un sourcil. C’est ennuyeux, ces produits sans mode d’emploi. On monte toujours un truc à l’envers. »

« Tu crois que tu peux occuper tes copines un instant, qu’elles ne fassent pas attention à moi ?
– Je ne veux pas te vexer, mais Célia n’a d’yeux que pour David et Nour est encore stressée de ne pas avoir compris l’exo de maths. Elles se moquent complètement de toi.
– Ci-gît mon orgueil frappé à mort. Très bien. Assure-toi que ça ne change pas. »

« Super. Amusez-vous bien. Moi, je vais m’entraîner. A un moment, il faudra aussi te préoccuper d’améliorer ta technique à l’escrime, Chloé. Tu es douée, mais tu ne maîtrises pas encore tes nouveaux pouvoirs. A l’occasion, je pourrai te donner un ou deux cours.
– A l’occasion, répondis-je d’une voix que j’espérais détachée. (UN COURS PARTICULIER AVEC DAVID WTF ZOMG CŒUR SUR LUI CŒUR CŒUR – hum). Bonne soirée !
La porte se referma sur lui et je me retournai pour voit Thomas m’observer avec un sourire un peu plus appuyé que d’habitude.
– Tu sais que je peux ressentir tes émotions, hein. Quand tu les projettes comme ça, je me retrouve inexplicablement attiré par David, et ça perturbe un peu mon univers de mâle hétéro.
J’aurais voulu mourir de honte mais comme j’étais déjà morte, bah c’était déjà ça de gagné. »
Le Calme et la Tempête, Olivier Gay.

***

« J’ai abandonné Willa et je me suis cachée dans les toilettes. Assise sur l’abattant, j’ai pleuré jusqu’au cours d’après. Les filles suivaient des règles compliquées et silencieuses. Qui savait que porter des sous-vêtements noirs voulait dire qu’on voulait coucher ? Ou que porter un anneau à l’orteil ou manger une banane dans le couloir voulait dire qu’on était une obsédée ? Pas moi. Je ne comprenais pas non plus qu’une fille qui voulait avoir des relations sexuelles soit une « pute », mais que de la part d’un garçon, ce soit normal. Le proviseur adjoint disait toujours que la jupe de Machine ou de Truc était trop courte et que ça distrayait les garçons. Accuser les filles du comportement des mecs, croire qu’une fille et un garçon désiraient des choses différentes, c’était moyenâgeux. »
Le Dernier saut, Alexandra Sirowy.