Chevauche-brumes, Thibaud Latil-Nicolas.

Au nord du Bleu–Royaume, la frontière est marquée par une brume noire et impénétrable, haute comme une montagne. De mémoire d’homme, il en a toujours été ainsi. Mais depuis quelques lunes, le brouillard semble se déchirer. Tandis que ce voile enfle et reflue tel un ressac malsain, de violents éclairs strient ses flancs dans de gigantesques spasmes. La nuée enfante alors des créatures immondes qui ravagent les campagnes et menacent d’engloutir le royaume tout entier.
La neuvième compagnie des légions du roy, une troupe de lansquenets aguerris au caractère bien trempé, aspire à un repos bien mérité après une campagne éprouvante. Pourtant, dernier recours d’un pouvoir aux abois, ordre lui est donné de s’opposer à ce fléau. Épaulée par des cavalières émérites et un mystérieux mage chargé d’étudier le phénomène, la troupe s’enfonce dans les terres du nord, vers cette étrange brume revenue à la vie.
Tous, de l’intendant au commandant, pressentent qu’ils se mettent en route pour leur dernier périple. Tous savent que du résultat de leurs actions dépendra le destin du royaume. Entre courage et résignation, camaraderie et terreur, ces femmes et ces hommes abandonnés par le sort, devront consentir à bien des sacrifices face à la terrible menace. En seront-ils capables ? Les légendes naissent du sang versé, de la cendre et de la boue.

Retour en terre fantasy aujourd’hui avec, une fois n’est pas coutume, un one-shot (oui, je trouve que c’est suffisamment rare pour être signalé). Petit point qu’il me semble également intéressant de signaler : ce roman a été publié dans la collection « Pépites de l’imaginaire » des Indés de l’Imaginaire qui, chaque début d’année, entend ainsi faire découvrir de jeunes auteurs et autrices.
Et donc, quid de cette « pépite » ? Eh bien pépite méritée, il faut le dire !

L’auteur nous plonge dans un univers qui semble plus tenir de la Renaissance que du sempiternel Moyen-âge. En témoignent des tuniques à crevés, des armes sophistiquées et un usage plus qu’enthousiaste de la poudre noire. Car oui, autant le dire : c’est un roman où l’on se tatanne beaucoup, et plus souvent qu’à son tour contre des bestioles cauchemardesques. La quatrième de couverture promet une ambiance horrifique et elle n’est pas usurpée. Car si l’on commence avec des monstres certes rebutant, chaque nouvelle fournée gagne en bizarrerie, en violence et en horreur. Et autant le dire de suite : des fournées, il y en a des tas. Ajoutez à cela une brume qui avance peu à peu et phagocyte une portion de territoire de plus en plus importante, et vous comprendrez que les personnages, comme les lecteurs, aient de quoi s’inquiéter. D’autant que l’on ne sait pas, de prime abord, ce que cache la brume ou les raisons de sa présence. Les informations et détails sont savamment distillés, révélant peu à peu l’ampleur du cauchemar dans lequel sont plongés les personnages. Résultat ? Une tension qui ne se dément jamais, et qui finit par prendre à la gorge !

D’ailleurs, le rythme est là pour assurer la tension : les personnages n’ont presque jamais le temps de se poser et vivent le présent dans l’urgence. Batailles rangées, sièges en règles, cavalcades vers l’inconnu : on est vraiment servis de ce point de vue-là. Tout cela est porté par un style magistral, qui ressuscite du vocabulaire un peu désuet, mais qui sied parfaitement à l’ambiance et à l’époque. De fait, le roman est plus constitué de parties narratives (souvent enlevées) que de dialogues (qui offrent de leurs côtés d’excellentes tirades et réparties). Mais ce n’est pas pesant, car les phrases sont bien rythmées et le récit épique à souhait ! Les descriptions sont hyper précises et créent une ambiance extraordinaire. Certes boueuse et flippante, mais avec une atmosphère que j’ai trouvée authentique et immersive à souhait. Il y a également une vraie recherche stylistique, que ce soit dans les mots choisis ou dans les effets de style. Mais on n’a pas pour autant l’impression de lire une dissertation ou une rédaction appliquée. C’est juste hyper fluide, hyper bien écrit, un pur régal de lecture ! Bref : que du bon !!

Côté personnages, j’ai également été servie. J’ai trouvé d’abord qu’ils étaient hyper nombreux pour un livre aussi court (l’aventure tient tout de même sur un seul tome !). Mais pas un n’est bâclé ou trop archétypique, ce qui est vraiment appréciable. Et ce n’est pas, contrairement à ce qu’on aurait pu craindre, un roman de mecs, car la compagnie menée par Saléon est rapidement rejointe par une compagnie de guerrières à cheval qui sont de vraies dures à cuire. Et le mieux c’est que ce n’est pas, une fois de plus, complètement cliché ou caricatural, dans un sens ou dans l’autre. Les personnages ont une vraie consistance, des failles, des trajectoires particulières, ce qui fait qu’il n’est pas difficile de s’attacher à eux. De plus, l’auteur a vraiment eu à cœur de leur développer un passé et une identité. Aussi n’ont-ils pas tous que des préoccupations martiales en têtes, ce qui amène de très intéressants développements. J’ai aimé la variété des personnages, tant chez ces messieurs que chez ces dames ! Ah, et je dois dire que j’ai hautement, hautement apprécié l’absence de romance comme intérêt secondaire de l’intrigue. Oui messieurs-dames, des personnages peuvent cohabiter et avoir des relations fraternelles (et plus si affinités) sans que cela tourne au mièvre ou à la dégoulinade guimauve ! Et c’est vraiment bien de leur rappeler de temps en temps !

Si tout cela m’a énormément plu, j’ai parfois déploré un léger manque d’informations quant à l’univers. Enfin, pour être tout à fait honnête, on connaît pas mal de détails et, surtout, on les apprend toujours en temps et en heure. La situation politique est dévoilée peu à peu, et l’on se fait ainsi une idée de ce qu’il se trame dans et autour du royaume. La construction est d’ailleurs assez futée : pas d’immense exposé rébarbatif ou de discours explicatif artificiel, tout se fait assez naturellement. De même, j’ai parfois manqué d’explications sur la magie ou son fonctionnement profond. En réalité, tout y est, et on sait exactement ce que l’on a besoin de savoir pour, d’une part, suivre l’intrigue et, d’autre part, saisir les enjeux de l’univers. On découvre ainsi sur le tas la profonde inimitié qui règne entre Collège des Mages et clergé, importante pour le contexte. On apprend également au détour d’une conversation qui tombe naturellement et à point nommé, que le roi est un enfant secondé par un régent, une information capitale pour le contexte politique. Mais parfois, j’aurais aimé en savoir plus sur les uns et les autres, ou sur les enjeux politiques cachés. Non pas que cela manque, encore une fois, mais il faut avouer que l’univers est particulièrement immersif et intrigant, ce qui a exacerbé ce sentiment d’extrême curiosité !

Il y a un autre point que j’ai hautement apprécié : la finalité du roman. Parce qu’on pourrait croire que le roman est un pur survival, sauce Renaissance et version fantasy : on trouve l’origine de la brume, on la dézingue, et on compte les survivants à la fin. Quelque part, oui, c’est le cas. Mais ce n’est pas vraiment le propos. Car la question se transforme assez vite pour passer de « vont-ils survivre ? » à « comment vont-ils s’en sortir » et surtout, surtout « quelles seront les conséquences de ce qui va se produire ? ». Et je dois dire que ce changement de perspective m’a agréablement surprise et tout aussi agréablement sortie des sentiers battus. J’ai trouvé que dans la dernière partie se développait une réflexion hyper intéressante sur ce point, que j’ai adorée suivre.

Très bonne pioche, donc, que ce premier roman de Thibaud Latil-Nicolas. L’intrigue qu’il propose tient en un seul excellent tome, et se lit véritablement d’une traite. L’aventure est particulièrement épique et possède, sous des dehors classiques, une vraie originalité. Les personnages, hauts en couleur, sont vraiment bien travaillés et l’auteur ne tombe ni dans les clichés sexistes, ni dans le travers inverse, ce qui est infiniment agréable. Avec ça, le tout est porté par un style magnifique, qui invite à lire certains passages à voix haute tant c’est bien écrit. Pour la faire brève : j’ai adoré, j’attends les prochains titres de pied ferme !

 

Chevauche-brumes, Thibaud Latil-Nicolas. Mnémos, février 2019, 304 p.

Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être :

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Brèves de comptoir #209

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

 

Lundi : Inter is coming !

Dans l’attente – impatiente, il semblerait – de la 8e et dernière saison de Game of Thrones, les journalistes Charline Roux et Charlotte Blum convient au micro de France Inter des spécialistes pour analyser les raisons du succès de la saga. Voici le projet :

Des origines littéraires de la saga jusqu’à la place des femmes, en passant par le rôle des meurtres et du sexe dans Game of Thrones, ce podcast décline différents thèmes très chers aux fans et apporte des éclairages sur l’univers de cette saga.

Et ça s’écoute ici !

Lundi encore : la morale dans Game of Thrones !

Décidément, les radios sont dans les starting-blocks. Cette fois, c’est France Culture qui propose du contenu avec un test moral. Sept questions pour déterminer votre maison philosophique tirée du Trône de Fer, avec des résultats allant de 0 (Stark absolu) à 7 (Lannister absolu). Quelle sera la vôtre ? Le test peut se faire même sans avoir lu les livres / vu la série !

Et vu que c’est la dernière, HBO a demandé aux acteurs quelques secrets et souvenirs de tournages !

Mardi : nominés aux Seiun Awards 2019 !

Les Seiun Awards, équivalents japonais du prix Hugo, viennent d’annoncer les titres en lice pour leur 58e édition. Le prix sera remis durant la 58e Convention japonaise de SF, « Color », qui se tient le 27 juillet à Saitama au Japon. Voici quelques nominés :

Meilleur roman étranger :

  • Six Wakes, Mur Lafferty, trad. de Takeshi Mogi (Tokyo Somotosha)
  • Provenance, Ann Leckie, trad. de Hideo Akao (Tokyo Somotosha)
  • Waking Gods, Sylvain Neuvel, trad. de Sada Chiori (Tokyo Somotosha)
  • Seveneves, Neal Stephenson, trad. de Masaru Higurashi (Hayakawa)
  • We Are Legion (We Are Bob), Dennis E. Taylor, trad. de Hiroshi Kaneko (Hayakawa)
  • Mecha Samurai Empire, Peter Tieryas, trad. de Nakahara Naoya (Hayakawa)
  • Artemis, Andy Weir, trad. de Onoda Kazuko (Hayakawa)

Meilleure nouvelle étrangère :

  • “Pevychování”, Jan Barda, trad. de Hirano Kiyoshi (Czech SF)
  • “The Circle”, Liu Cixin, trad. de Nakahara Naoya (Invisible Planets)
  • “Cybertank vs. Megazillus”, Timothy J. Gawne, trad. de Akinobu Sakai (SF Magazine 2/18)
  • “The Martian Obelisk”, Linda Nagata, trad. de Nakahara Naoya  (SF Magazine 10/18)
  • “Between Nine and Eleven”, Adam Roberts, trad. de Masayuki Uchida (SF Magazine 4/18)
  • “A Monster in the Midst”, Julio Toro San Martin, trad. de Nomura Yoshio (Fungi)
  • “Liar’s House”, Lucius Shepard, trad. de Masayuki Uchida (The Man Who Painted the Dragon Griaule)

Pour les meilleurs pratiquants du japonais dans la salle, la liste complète des titres en lice est visible ici.

Mercredi : appel à contributions pour Fabula !

En prévision d’une journée d’étude qui se tiendra les 12 et 13 décembre 2019 à Lille, l’Université catholique de Lille lance un appel à contributions sur le sujet : L’homme augmenté en Europe : rêve et cauchemar de l’entre-deux-guerres.
Les détails sont visibles ici !

Jeudi : appel à textes des Éditions Onyx !

Les éditions Onyx, spécialisées en imaginaire et dans les genres qui en découlent, ont lancé un appel à texte pour leurs deux collections. Voici les modalités :

Collection Obsidienne : envie de sentir votre corps trembler au rythme des pages ? Venez vous frotter aux délices de notre collection Obsidienne. Du frisson à l’épouvante, du paranormal à l’horreur en passant par l’occulte, laissez-vous tenter par des moments de tensions inoubliables pour les plus frileux aux plus téméraires.

Collection Azurite : un suicide improbable ? Ne s’agirait-t-il pas d’un meurtre ? Une disparition ? Un enlèvement ? Quand les enquêtes révèlent des faits troublants. Suivez des personnages prêts à tout pour résoudre des affaires surnaturelles.

Ils attendent donc des romans relevant de l’imaginaire (SF, fantasy, fantastique), mais aussi du polar, entre 50 000 et 100 000 mots. Cet appel à textes court jusqu’à nouvel ordre et est rémunéré (publications prévues en papier et numérique). Infos subsidiaires ici.

Vendredi : deuxième sélection pour le GPI !

Le GPI, qu’est-ce que c’est ? Le Grand Prix de l’Imaginaire (ou GPI) récompense, dans 12 catégories différentes, des œuvres de l’imaginaire depuis 1992 ; le prix existe en fait depuis 1974 mais se concentrait alors sur la SF. La remise du prix aura lieu, comme les années précédentes, dans la Maison de l’Imaginaire pendant le festival Saint-Malo Étonnants Voyageurs. Voici les titres en lice dans cette seconde sélection :

1) Roman francophone

– BonheurTM de Jean Baret (Le Bélial’)
– Dernières fleurs avant la fin du monde de Nicolas Cartelet (Mü Éditions)
♥ Le Cycle de Syffe, tomes 1 & 2 de Patrick K. Dewdney (Au diable vauvert)
– Rouille de Floriane Soulas (Scrineo)
– Les Pierres et les Roses, tomes 1 à 3 d’Elisabeth Vonarburg (Alire)

2) Roman étranger

– Mémoires, par Lady Trent, tomes 1 à 5 de Marie Brennan (L’Atalante)
Luna, tomes 1 & 2 de Ian McDonald (Denoël)
Anatèm, tomes 1 & 2 de Neal Stephenson (Albin Michel)
Les Chroniques de St Mary, tomes 1 & 2 de Jodi Taylor (Hervé Chopin)
Dans la toile du temps d’Adrian Tchaikovsky (Denoël)
Underground Airlines de Ben H. Winters (ActuSF)

3) Nouvelle francophone

– H+ de Pierre Bordage (in Dimension Technosciences @ venir, Rivière Blanche)
– Ex silentio
d’Olivier Caruso (in Bifrost n°91)
La Déferlante des Mères de Luc Dagenais (in Solaris n°207)
Le Patient aveugle de Cécile Ladjali (in L’Autre siècle, Fayard)

4) Nouvelle étrangère

– « La vérité est une caverne dans les Montagnes noires… » de Neil Gaiman (in Signal d’alerte, Au diable vauvert)
Voyage avec l’extraterrestre de Carolyn Ives Gilman (in Bifrost n°91)
OrgHôtes de Tendai Huchu (in Galaxies n°55)
L’Obélisque martien de Linda Nagata (in Bifrost n°89)
Retour à la maison de Mike Resnick (in Galaxies n°54)

5) Roman jeunesse francophone

– Rhizome de Nadia Coste (Seuil Jeunesse)
Les Plieurs de temps, tomes 1 à 4, de Manon Fargetton (Rageot)
Power Club, tomes 1 à 3, d’Alain Gagnol (Syros)
La Mémoire des couleurs de Stéphane Michaka (Pocket Jeunesse)
Roslend, tomes 1 à 3, de Nathalie Somers(Didier Jeunesse)

6) Roman jeunesse étranger

– Diego et les rangers du Vastlantique d’Armand Baltazar (Bayard)
L’Anti-magicien, tomes 1 & 2 de Sebastien De Castell (Gallimard Jeunesse)
L’Ars Arcana de Lisa Maxwell (Casterman)
Shades of Magic, tomes 1 à 3 de V.E. Schwab (Lumen)
La Faucheuse, tomes 1 et 2 de Neal Shusterman (Robert Laffont)

7) Prix Jacques Chambon de la traduction

– Michelle Charrier pour Les Livres de la Terre fracturée, tomes 1 à 3 de N.K. Jemisin (Nouveaux Millénaires)
– Jacques Collin pour Anatèm, tomes 1 & 2 de Neal Stephenson (Albin Michel)
– Mélanie Fazi pour Sixième du crépuscule de Brandon Sanderson (Livre de Poche)
– Francis Guévremont pour Invasion de Luke Rhinehart (Aux Forges de Vulcain)
– luvan pour Amatka de Karin Tidbeck (La Volte)

8) Prix Wojtek Siudmak du graphisme

– Armand Baltazar pour Diego et les rangers du Vastlantique d’Armand Baltazar (Bayard)
– Adrian Borda pour Musiques d’Outre-mondes (Arkuiris)
– Nicolas Fructus pour La Quête onirique de Vellitt Boe de Kij Johnson (Le Bélial’)
– Jamie Gregory pour Marqués d’Alice Broadway (Pocket jeunesse)
– Jeam Tag pour Rétrofictions de Guy Costes & Joseph Altairac (Encrage)

9) Essai

– Dictionnaire de la fantasy dirigé par Anne Besson (Vendémiaire)
Comment parler à un alien ? Langage et linguistique en science-fiction de Frédéric Landragin (Le Bélial’)
Libère-toi cyborg ! le pouvoir transformateur de la science-fiction féministe de ïan Larue (Cambourakis)
Hors des décombres du monde de Yannick Rumpala (Champ Vallon)

10) Prix spécial

Guy Costes & Joseph Altairac pour leur parcours d’érudits et de collectionneurs depuis plus de 40 ans, matérialisé par leur monumental ouvrage Rétrofictions. Encyclopédie de la Conjecture Romanesque Rationnelle Francophone (Encrage).

Les résultats seront annoncés en juin ; les nominés au premier tour sont visibles ici.

Week-end : titres en lice pour les prix Imaginales !

Prix Imaginales.

Le Prix Imaginales, créé en 2002 à l’initiative de la ville d’Épinal, est le premier prix francophone exclusivement consacré à la fantasy. Dans six catégories différentes, il récompense à la fois des écrivains, des illustrateurs, des essayistes ou des traducteurs. Le jury, composé de journalistes, de critiques et de spécialistes rendra son verdict au mois de mai. Et voici les titres parmi lesquels l’éminent jury devra choisir :

Roman francophone :

– Robert DARVEL, Femmes d’argile et d’osier (Les moutons électriques)
– Catherine DUFOUR, Entends la nuit (L’Atalante)
♥ Patrick K. DEWDNEY, L’enfant de poussière et La Peste et la vigne (Au Diable Vauvert)
– Patrick MORAN, La Crécerelle (Mnémos)
– Marge NANTEL, Dans l’ombre des miroirs (1115)
– Nicolas TEXIER, Opération Sabines (Les moutons électriques)

Roman étranger traduit :

– Charlie Jane ANDERS, Tous les oiseaux du ciel (Nouveaux Millénaires), traduction de Laurent QUEYSSI
– Kij JOHNSON, La quête onirique de Vellitt Boe (Le Bélial), traduction de Florence DOLISI
– Dmitri LIPSKEROV, Le dernier rêve de la raison (Agullo), traduction de Raphaëlle PACHE
– Ed Mc DONALD, Blackwing tome 1, La marque du corbeau (Bragelonne), traduction de Benjamin KUNTZER

Roman jeunesse :

– Mel ANDORYSS, Le Passageur-L’enfant et le coq (Lynks)
– Anthony COMBREXELLE, Presque minuit (404)
– Estelle FAYE et Nancy PENÀ, Les Guerriers de glace (Nathan)
– Fabien FERNANDEZ, Dust Bowl (Lynks)
– Pascaline NOLOT, Les Orphelins du sommeil (Chat Noir)

Illustration :

– Mélanie DELON, Shâra-Les masques d’Azr’ Khila, de Charlotte BOUSQUET (Mnémos)
– Daniel BALAGE, La cité exaugue-Les nouveaux mystères d’Abyme, tome 1, de Mathieu GABORIT (Mnémos)
– Daniel ÉGNEUS, Le Dogue noir, de Neil GAIMAN (Au Diable Vauvert)
– Nancy PENÀ, Les Guerriers de Glace, avec Estelle FAYE (Nathan)

Nouvelle :

– Neil GAIMAN, Signal d’Alerte (Au Diable Vauvert)
– Ketty STEWARD, Confession d’une séancière (Mü)
– Victor LAVALÉE, La Ballade de Black Tom, (Le Belial’)

Prix Spécial du jury :

– Anne BESSON, Dictionnaire de la Fantasy (Vendémiaire)
– Alexandre SARGOS, Entretiens avec Pierre Bordage (Au Diable Vauvert)
– JACK VANCE, Lyonesse Intégrale (Mnémos)
– Thierry DI ROLLO, Bankgreen Intégrale (Le Bélial).

Les finalistes du Prix Imaginales des Lycéens :

Rouille, Floriane Soulas (Scrineo)
Le Dieu oiseau, Aurélie Wellenstein (Scrineo).

Bon dimanche !

Le Vallon du sommeil sans fin, Éric Senabre.

Le détective des rêves Banerjee et son fidèle assistant Christopher doivent résoudre une bien étrange énigme : plusieurs clients d’une résidence thermale sont plongés depuis quelques jours dans un sommeil aux rêves agités, dont personne n’arrive à les réveiller. Plus inquiétant encore, des témoins affirment que les victimes ont été attaquées par une Ombre qui semble tout droit sortie des Enfers… Les enquêteurs ne sont pas au bout de leur cauchemar !

Quel plaisir de retrouver Banerjee et Christopher ! Après un très bon premier tome, Éric Senabre transforme l’essai dans cet excellent tome 2.
Comme dans le premier tome, on retrouve dans l’intrigue le mélange enquête, fantastique et roman historique. Cette fois, le tout est mâtiné d’une petite touche d’horreur aussi diffuse que prenante. Car l’affaire sur laquelle enquêtent nos deux compères semble être clairement parasitée par une entité insaisissable et terriblement meurtrière. Donc les cadavres et les attaques s’accumulent sans que l’on sache rien de la façon dont procède le meurtrier ou du but qu’il cherche à atteindre. Tout cela induit un délicieux sentiment d’horreur qui gouverne joyeusement la première partie. Je dois avouer que j’ai été, plus souvent qu’à mon tour, secouée de quelques savoureux frissons dus à la totale absence d’informations – mais je suis une froussarde, ceci explique sans doute cela.

N’allez pas croire pourtant qu’il ne se passe rien ! Car, en même temps qu’ils se questionnent, Banerjee et Christopher déterrent des petites choses qui, dans un premier temps, viennent complexifier l’affaire. Ainsi s’aperçoit-on que les témoins n’ont peut-être pas tout dit et que certains auraient même des liens qu’ils ont soigneusement cachés (les sacripants). Et, comme dans le premier tome, l’intrigue est parfaitement adossée au contexte historique.
On est en effet dans l’Angleterre victorienne du XIXe siècle, une puissance coloniale fort présente en Asie, et cela se ressent dans le récit. Colonies, trafics d’opium, arts martiaux exotiques et orientalisme sont donc au programme. Lequel nous fait clairement réviser nos notions d’histoire-géographie ! Le contexte géopolitique de l’époque est d’ailleurs un tantinet embrouillé mais l’auteur parvient à nous rendre ces enjeux, ces questions et cette ambiance parfaitement accessibles – sans toutefois simplifier ou jeter aux orties les détails les plus importants. Je dois dire que c’est un des points que je trouve le plus appréciable dans cette série.

Côté personnages, j’ai également été servie. J’ai trouvé que les protagonistes prenaient une intéressante épaisseur, alors que je les avais trouvés un peu faibles dans le premier tome. Ici, de plus, on découvre de nouveaux personnages – notamment féminins – fort intéressants – et dont j’espère qu’ils ne vont pas faire juste une apparition éclair. Au vu de la conclusion, j’ai bon espoir ! Par ailleurs, la complicité entre Christopher et Banerjee se fait plus fine, bien que le premier continue de ne rien comprendre aux rêves du second. Comme Banerjee utilise à plusieurs reprises son don, cela laisse tout loisir au lecteur de s’essayer à l’interprétation, ce qui fait tout à fait partie du plaisir de lecture de ce roman. À ce propos, et pour être tout à fait honnête, je pense que je suis plus Christopher que Banerjee !

J’ai été ravie de voir qu’Eric Senabre poursuivait l’aventure auprès de Banerjee et Christopher et qu’en plus il transformait l’essai ! Après ce très prenant deuxième tome, j’espère fermement qu’il y en aura un troisième !

◊ Dans la même série : Le Dernier songe de Lord Scriven (1).

Le Vallon du sommeil sans fin, Eric Senabre. Didier jeunesse, octobre 2018, 288 p.

Une immense sensation de calme, Laurine Roux.

Alors qu’elle vient d’enterrer sa grand-mère, une jeune fille rencontre Igor. Cet être sauvage et magnétique, presque animal, livre du poisson séché à de vieilles femmes isolées dans la montagne, ultimes témoins d’une guerre qui, cinquante plus tôt, ne laissa aucun homme debout, hormis les « Invisibles », parias d’un monde que traversent les plus curieuses légendes.

Première lecture pour le Prix Imaginales des Bibliothécaires, et grosse surprise !
Ce roman n’est pas du tout dans la veine de ce que j’imaginais appartenir à la sélection et je dois dire que la lecture du résumé m’a fait plisser le nez. Mais, une fois la dernière page tournée, l’intrigue est définitivement post-apocalyptique !

Laurine Roux situe ses personnages dans un univers qui semble avoir été ravagé, un demi-siècle auparavant, par un conflit nucléaire dont certains humains – isolés – portent encore les stigmates. Pour son bien, la société s’est acharnée à oublier les événements traumatiques survenus quelques 50 ans plus tôt : cet épisode ne subsiste d’ailleurs dans les mémoires que sous le titre de Grand Oubli. On n’en découvrira donc que quelques bribes, au gré du récit, les détenteurs de l’autorité empêchant toute forme de mémoire de l' »avant ». Pas de détails donc, ou d’explications sur le pourquoi du comment de la chose : ça s’est fait ainsi, et il faut faire avec. De l’autorité, on n’aura d’ailleurs pas beaucoup de nouvelles non plus. Le « Comité » – c’est son nom – est bien présent dans l’esprit des gens, mais on n’en croise jamais aucun avatar. D’ailleurs, les personnages ne luttent aucunement contre cet ordre établi : ils sont, ils vivent leur vie et certains se confient parfois sur ce qu’ils ont traversé. Bref : pas de dystopie à l’horizon.

Le bruit du vent mérite plus d’attention que les vaines paroles.

Depuis le Grand Oubli, la vie a repris son cours, en s’adaptant aux nouvelles conditions de vie, en se réappropriant des savoirs immémoriaux (semble-t-il) et en perpétuant contes, légendes et pratiques de l’ancien temps. Il ne reste plus rien, tout est à reconstruire, aussi la société est-elle donc essentiellement paysanne, débrouillarde et superstitieuse comme pas deux. La nature occupe une place prépondérante dans le récit et atteint quasiment le statut de personnage. Les descriptions de paysages sont particulièrement réussies et m’ont littéralement transportée dans les forêts et les montagnes qu’arpentent les personnages. Le roman a d’indéniables petits aspects de nature writing. Par ailleurs, le récit est empreint d’une atmosphère slave très prenante : qu’il s’agisse des noms cités (de lieux comme de personnages), de la flore ou de la faune que l’on rencontre, des rites qui se sont (re)mis en place, on s’imagine sans peine dans les immensités d’une taïga résolument hostile, qui forge des caractères âpres, de taiseux et de dures à cuire – ce que sont, d’une certaine façon, les personnages que l’on suit. Il faut dire que l’environnement dans lequel ils évoluent n’incite pas vraiment à la frivolité.

Sous mes pieds je sens quelque chose de froid. À moitié enterrées dans le sable, deux pièces de cuivre. Elles ont dû se décrocher d’une jupe pendant la nuit. Je les ramasse et vais les jeter dans l’eau. Pour payer le Passage.
Car nous sommes tous de passage. Simplement de passage.

Le récit est porté, tout du long, par un style simple, mais incroyablement évocateur. Il y a une économie de mots, un art du silence et des soupirs qui font jaillir des images puissantes et une certaine poésie du texte. Ça se lit et se relit pour le plaisir des mots !

Évidemment, il est question de survie dans ce très court roman et de survie dans un univers hostile. La nature, d’abord, aride, venteuse, implacable et qui n’a que faire des hommes. Mais les hommes, aussi, dont les superstitions s’avèrent encore plus arides et plus menaçantes encore que l’environnement. Et que reste-t-il ? Les mots pour le dire et faire vivre les souvenirs. Superbe échappée donc, que ce texte de Laurine Roux, dont le style incisif parvient à faire jaillir la poésie d’un univers pour le moins inhospitalier ! Je pense que je n’arriverai jamais à traduire combien j’ai trouvé ça beau, alors autant faire simple : lisez-le ! (En plus il n’est pas long).

Une immense sensation de calme, Laurine Roux. Éditions du Sonneur, 15 mars 2018.

Lu dans le cadre du Prix Imaginales des Bibliothécaires  :

Brèves de comptoir #208

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

 

Lundi : clap de fin pour les Gemmell Awards !

Les organisateurs des Gemmell Awards ont annoncé la fin de ce prix, après 10 ans d’existence. En cause : « un manque de volontaires qualifiés pour assumer les rôles actuels du comité et de l’effectif insuffisant pour s’acquitter des tâches les plus diverses. » L’ensemble du communiqué (en anglais) est lisible sur le site.

Lundi encore : des salons au second semestre !

Salon entre les mondes.

Le Salon Entre les mondes d’Aurillac aura lieu les 20 et 21 septembre prochains. Au programme : ptérodactyles, tentacules et petit chat. Voici déjà l’affiche, signée Jean-Mathias Xavier :

Infos supplémentaires ici.

Le thème des prochaines Utopiales !

La prochaine édition du festival nantais aura lieu du 31 octobre au 4 novembre sur le thème Coder/décoder.

Festival Autres Mondes.

Le festival du pays d’Aix, Autres Mondes, se déroulera les 12 et 13 Octobre 2019 à Lambesc, sur le thème Tous des Monstres. L’affiche est signée Laurent André. Toutes les infos ici.

Mardi : tour d’horizon de la fantasy française !

C’est un article proposé par Izareyael sur Elbakin.net. À vos listes de lectures !

Mercredi : les finalistes des prix Hugo !

Les prix Hugo récompensent chaque année les meilleures œuvres de SF et Fantasy. Le prix comporte cette année 20 catégories pour les récompensés 2019, ainsi que 11 catégories pour la rétrospective de 1944. Voici quelques-uns des sélectionnés :

Meilleur Roman :

  • The Calculating Stars, Mary Robinette Kowal (Tor).
  • Record of a Spaceborn Few, Becky Chambers (Hodder & Stoughton / Harper Voyager).
  • Revenant Gun, Yoon Ha Lee (Solaris).
  • Space Opera, Catherynne M. Valente (Saga).
  • Spinning Silver, Naomi Novik (Del Rey / Macmillan).
  • Trail of Lightning, Rebecca Roanhorse (Saga).

L’ensemble des nominés est visible ici.

Mercredi  encore : les Annales du Disque-monde font peau neuve !

Une nouvelle édition (chez Corgi) devrait voir le jour au Royaume-Uni, avec des couvertures bien différentes de celles que l’on connaissait à la série :

Objectif : toucher de nouveaux publics. Les trois premières rééditions Trois sœurcières, Mortimer et Au guet !, respectivement préfacées par Johanne Harris, Neil Gaiman et Ben Aaronovitch seront disponibles dès le 25 avril.

Jeudi : clap de fin pour les Éditions de l’Instant !

Malgré l’édition de titres qui semblent avoir bien rencontré leurs publics (comme Un Étranger en Olondre de Sofia Samatar ou Kabu Kabu de Nnedi Okorafor), suite à diverses difficultés, l’éditeur sis à Liège se voit contraint de mettre la clef sous la porte.

Jeudi : des nouvelles de Patrick Rothfuss !

S’il convient que cela n’avance pas très vite, l’auteur confirme avancer dans la rédaction du tome 3 des Chroniques du tueur de roi ! C’est à écouter dans le podcast de Barnes & Nobles.

Vendredi : podcast Elbakin n°73 !

L’équipe revient sur l’actualité éditoriale de ce début d’année !

Vendredi encore : une expo Game of Thrones permanente ?

Les studios utilisés pour le tournage en Irlande du Nord pourraient en effet être transformés en une exposition de quelques 10 000 mètres carrés : The Game of Thrones Studio Tour. Y seraient présentés aux visiteurs des armes, costumes, explications sur le tournage et des décors (utilisés en Irlande ou bien rapatriés). Sans date précise, il se murmure que l’ouverture pourrait avoir lieu au printemps 2020.

Bon dimanche !

Brèves de comptoir #207

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

 

Lundi : festival Échos et Merveilles en approche !

Le festival Echos et Merveilles posera ses valises en région toulousaine (Site du Bascala, 31150 Bruguières) le 26, 27 et 28 avril 2019. Vous y trouverez des concerts (sur les trois soirs, dans une salle de concert et sur entrée payante), ainsi qu’un village des légendes (dans le parc attenant à la salle de concert), d’accès gratuit, qui comprendra un village des artisans, un salon du livre de l’imaginaire ainsi que des animations & concerts gratuits.
Toutes les informations sont à retrouver sur leur site, ou sur leur page Facebook.

Lundi encore : steampunk et fantasy vaporiste !

La chaîne Youtube Fréquence Médiévale propose un épisode consacré à la fantasy et au steampunk, avec Arthur Morgan au micro !

Lundi toujours : Orgueil, Préjugés et Sortilèges !

C’est le titre du court-métrage que se propose de réaliser Alice Cornuau, à travers The Cocotte Show Productions. Fan de Harry Potter comme de Orgueil & Préjugés, elle aimerait que son film, d’une trentaine de minutes, voit le jour sur Youtube en 2020. Voici le synopsis :

Septembre 1791, Elizabeth Bennet, surnommée Lizzie, entame sa sixième année à l’école de magie de Poudlard aux côtés de ses trois sœurs et de leurs amis. Cette année, Poudlard accueille le Tournoi des Trois Sorciers qui fait s’affronter, tous les quatre ans, le champion de chaque école de sorcellerie européenne. Par tradition, seuls les sorciers de sang-purs posent leur candidature pour ce rôle aussi dangereux que prestigieux. Lizzie compte bien remettre en question cette coutume, d’autant plus qu’elle concerne des sorciers prétentieux et arrogants comme William Darcy, un des favoris de l’école adverse de Beauxbâtons.

Pour ce faire, elle lance un appel au crowdfundig : 50% de la somme est réunie, et il reste une petite semaine pour participer au projet ! Tous les détails sont réunis sur leur page Ulule. Et voici le teaser :

Mardi : les faux-raccord des Animaux fantastiques !

L’équipe de l’émission Faux Raccords s’est penchée sur la nouvelle série tirée de l’univers Harry Potter pour en révéler quelques bourdes :

Mardi encore : appel à textes !

Le festival Imaginaire en Tonnerrois, qui aura lieu les 13 et 15 septembre 2019, lance un appel à textes afin de créer l’anthologie du festival (publiée par Tonnerre Factory), qui sera illustrée et en vente sur le site du festival.
Le thème de l’année est Voyageurs, et les textes doivent être envoyés à l’adresse christine@tonnerre-factory.fr. Si vous êtes intéressés, vous avez jusqu’au 31 mai 2019 pour participer. Toutes les informations (nombre de signes, format, etc.) sont sur leur page Facebook. Attention toutefois, l’anthologie étant vendue pour financer le festival, il n’est pas prévu de verser des droits d’auteurs aux auteurs sélectionnés au sommaire.

Mercredi : comment communiquer avec un alien ?

Thomas Boisson vous parle astrolinguistique sur Trust my science !

Mercredi encore : une comédie musicale pour Princess Bride !

Le roman de William Goldman a déjà été adapté par Rob Reiner en 1987. Cette fois, il se rapproche de Broadway, puisque Disney Theatrical a mis en place une équipe chargée d’en faire une comédie-musicale. Aux manettes : les auteurs Rick Elice et Bob Martin, ainsi que l’auteur-compositeur David Yazbek. Il y a déjà eu deux projets non aboutis, en 2006 et 2013, d’adapter l’œuvre en comédie musicale. Affaire à suivre, donc !

Jeudi : Game of Thrones à l’honneur !

La philosophe Marianne Chaillan dresse des portraits des fameux prétendants au trône. Premier épisode : Cersei Lannister !

Par ailleurs, Ben de Nota Bene a également consacré toute une série de vidéos à la série, à retrouver sur sa chaîne, la dernière en date étant consacrée à la religion :

Par ailleurs, HBO a annoncé la diffusion, une semaine après l’épisode final, d’un documentaire (de 2h) consacré au tournage de la 8e saison, réalisé par Jeanie Finlay. Le film, intitulé Game of Thrones : The Last Watch sera disponible en France dès le 27 mai (diffusé par OCS).

Enfin, notez que la série n’a pas fini de faire couler de l’encre, puisque de nombreuses revues sortent des hors-séries ou des numéros entiers consacrés à la série. Ainsi, vous pourrez la retrouver dans Philosophie magazine (du 28 mars 2019)Tout savoir (du 2 au 19 mars 2019) ; Le Point Pop (du 5 au 7 mars) ; Lire (hors-série du 5 avril).

Vendredi : petit détour en SF hispanique !

Il se passe des choses de l’autre côté des Pyrénées ! Sept autrices valenciennes d’imaginaire (genres peu exploités par les autrices chez nos voisins) ont créé un collectif d’écriture, Proyecto Artemisia. Miriam Uriarte, Ana Lozano Cantó, Marisa Alemany, Cruz Gabaldón, Elena Denia, María Tordera et Eva G. Guerrero se sont rencontrées au cours d’un atelier d’écriture animé par Juan-Miguel Aguilera et elles viennent de publier leur premier recueil de nouvelles, Siete Mascaras et répondent aux questions du webzine El Hype. L’anthologie est publiée par Kelonia.
L’article est en espagnol, mais si cela vous intéresse et que la barrière de la langue est trop importante, je peux vous traduire cet article.

 

Bon dimanche !

Brèves de comptoir #206

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : Big Bang chez Bragelonne !

Nouvelle collection chez Bragelonne cette année, la dénommée Big Bang, qui publiera des titres young-adult ! Voici les lignes directrices de la nouvelle venue :
– des récits imaginaires accessibles et efficaces à lire dès 15 ans.
des romans et séries aux paginations modérées et aux prix attractifs.
– les écrivains francophones privilégiés, sans exclure les traductions.
des visuels de couverture adaptés.

Et le lancement se fait avec trois séries. Détail ci-dessous !

Au mois d’avril (le 10) paraîtront les deux premiers titres :

Le Serment de l’orage, de Gabriel Katz.

Morgien et Cynon, deux jeunes chevaliers, la tête pleine de rêves de gloire et de hauts faits, n’ont qu’une hâte : prouver leur valeur. Ils n’hésitent pas un instant lorsque le seigneur Edwin de Gore leur propose d’entrer à son service dans les Hautes Terres. Des landes arides et occupées par une bande armée. Sans hommes ni moyens, les deux chevaliers devront faire face à l’adversité avec bravoure et honneur. Mais il plane en ces lieux une atmosphère sombre et malsaine. Alors que la demeure seigneuriale devient le théâtre de morts inexpliquées, une forteresse macabre apparaît à la faveur de la nuit. Les phénomènes inquiétants se multiplient, et bientôt, nul doute qu’une malédiction est à l’œuvre. Le Diable approche, et avec lui, la fin du royaume.

Tome 2 en octobre, et tome 3 début 2020 !

Apocalypse blues, tome 1, La Saison des ravages, Chloé Jo Bertrand.

Ils s’appellent Kiran, Matthew, Tobias et Charly.
Ils ont quatorze, vingt, dix et seize ans.
Ils vivent en Inde, en Australie et dans l’Utah.
Ce sont des enfants du même monde, un monde où soudain tout va mal. Tornades, tsunamis, inondations – le dérèglement climatique brutal est à la hauteur de l’inconscience qui l’a précédé, et les conséquences sont cataclysmiques.
Pris dans la tourmente et livrés à eux-mêmes, tous les quatre vont se lancer dans une longue errance, fuyant territoires hostiles et folie humaine, à la recherche de leur famille, de lieux plus sûrs et, par-dessus tout, de l’espoir qu’une vie heureuse est encore possible, quelque part.

Tome 2 en août et le tome 3 en octobre !

Et au mois de juin (le 12) : Les Faucons de Raverratome 1, La sorcière captive, Melissa Caruso.
La magie est peu fréquente dans l’Empire raverrain, et ceux qui naissent avec ce pouvoir sont étroitement contrôlés : repérés dès l’enfance, ils se retrouvent enrôlés de force dans le régiment des Faucons.
Zaira a évité ce sort ; elle a grandi dans les rues en volant pour survivre et en dissimulant sa nature. Mais elle cache une magie rare et dangereuse, une magie qui pourrait menacer l’Empire tout entier. Amalia Cornaro n’était pas destinée à devenir Fauconnière. Héritière d’une puissante famille, érudite, elle vit dans le monde dangereux des machinations politiques. Mais le sort va réunir l’héritière et la sorcière en une alliance improbable. Alors que la menace de la guerre se profile, il pourrait suffire d’une étincelle pour transformer leur cité en un brasier incandescent…
Tome 2 en septembre et tome 3 en 2020 !

Lundi encore : Dmitry Glukhovsky sur France Culture !

A l’occasion de la parution de son dernier roman (Texto, un thriller édité chez L’Atalante) et du salon du livre, l’auteur russe était au micro de Frédéric Martin dans La Méthode scientifique. Sujet du jour : la SF est-elle encore politique en 2019 ?

Mardi : les lauréats du Prix Bob Morane !

Le prix Bob Morane récompense une œuvre de fiction publiée dans l’année civile du prix en cours ; il a été créé en 1999 par Marc Bailly, en hommage au personnage fictif d’Henri Vernes, créé en 1953, que vous connaissez peut-être par le biais des romans ou des bandes-dessinés dont il est le héros (à défaut, vous avez peut-être entendu la chanson d’Indochine). Comme Bob Morane a exploré tous les genres possibles et imaginables, la sélection est à son image.
Voici les titres primés cette année :

♥ Roman francophone : Les Nuages de Magellan, Estelle Faye (Scrineo).
Roman traduit : Underground Airlines, Ben H. Winters (ActuSF, traduction d’Éric Holstein).
Nouvelles : Signal d’alerte : Fictions courtes et dérangements, Neil Gaiman (Au Diable Vauvert, traduction de Patrick Marcel).
Coup de cœur : Anthologie SOS terre et mer, Flatland.

Mercredi : soirée de lancement pour Les Furtifs !

Le nouveau roman d’Alain Damasio, toujours édité par La Volte (parution le 18/04), vient de partir chez l’imprimeur. Pour l’occasion, son éditeur vous propose un petit reportage photo/vidéo.
Il y aura également une soirée de lancement le 24 avril de 18h à 22h30, à la Gaîté Lyrique (3 bis rue Papin, 75003 Paris). Au programme de la soirée : performance musicale par Alain Damasio et Yan Péchin, découverte du prototype de M.O.A., une adaptation du roman en réalité augmentée, atelier de démonstration, initiation et installation des alternatives informatiques et logiciels libres (venir avec son ordinateur), vente et dédicace des livres de La Volte dont Les Furtifs et de l’album. Attention, il est impératif de réserver au préalable !
Ce lancement sera répété les 27 et 28 avril, à Lyon, au cours des Intergalactiques (MJC Monplaisir, Lyon 8e).

Mercredi encore : Imagina’Livres, version 4 !

L’association toulousaine Imagin’arium organise la quatrième édition de son salon du livre dédié aux littératures de l’imaginaire, l’Imagina’Livres. Elle aura lieu les 4 et 5 mai à La Clé d’Echanges d’Escalquens (61, avenue de Toulouse, 31750 Escalquens). Comme les années précédentes, l’affiche est signée Arsenia.
Infos subsidiaires ici.

Mercredi toujours : ImaJnère 2019 !

Alors que le festival se rapproche, on connaît désormais le sommaire de l’anthologie 2019, intitulée Frontières. Y figurent :

Préface (Pierre Marie Soncarrieu)
Couverture : Alexandre Granger
Une journée ordinaire (Romain d’Huissier) Illustration : Antoine Delalande
Therminator Land (Philippe Caza) Illustration : Cindy Canévet
La légende de Lémutopia (Samantha Chauderon) Illustration : Philippe Caza
Messager des morts (Brice Tarvel) Illustration : Candice Roger
Traverser la frontière (B.H.Rogers) Illustration : Mathieu Seddas
Une colline avant l’enfer (Jrmy Bouquin) Illustration : Candice Roger
L’homme dans la fontaine (Ophélie Bruneau) Illustration : Lola Myr’tille Collenot
Floréal (Camille Leboulanger) Illustration : Ronald Bousseau Illustration
La Passeuse d’âmes (Myrtille Bastard) Illustration : Fabien Collenot
Tango bleu (Pierre-Paul Durastanti) Illustration : Lola Collenot
La Forêt des Ombres (Yaël July) Illustration : Cassandre De Delphes
Causes de la mort (Lionel Davoust) Illustration : Tiphs
Last Frontier (Laurent Whale) Illustration : Cassandre de Delphes
Indigo (Ms Beth Greene) Illustration : Lola Collenot
Embarras de transit (Carpentier Francis) Illustration : Fabien Collenot
La tenancière (Audrey Pleynet Auteur) Illustration : Ronald Bousseau
Si tous les aliens du monde… (Jean-Laurent Del Socorro) Illustration : Mathieu Seddas
La frontière sans loi (Julien Heylbroeck) Illustration : Lola Collenot
Cellules communicantes (Sarah Mallet & Romain Mallet) Illustration : Candice Roger
Un personnage de papier (Patrice Verry) Illustration : Mathieu Seddas
Un épisode de la chasse au P. (Robert Darvel) Illustration : Antoine Delalande
Quarante-neuf (Jérôme Verschueren) Illustration : Candice Roger
Le récit de la forêt (Pierre Marie Soncarrieu) Illustration : Cindy Canevet
Une journée ordinaire (Alex Evans) Illustration : Antoine Delalande
Postface (Jean-Hugues Villacampa) illustration: Jacques Pinbouen

Le festival, quant à lui, aura lieu les 8 et 9 juin 2019, aux Greniers Saint-Jean à Angers (Place du Tertre Saint-Laurent). Parmi le programme, notez cette année qu’il y aura un concours de cosplay !

Jeudi : appel à textes pour l’anthologie Dimension Sports et Loisirs !

Les éditions Rivière Blanche cherchent des textes pour leur anthologie de 2020, intitulée Dimension Sports et Loisirs. Voici ce qu’en dit l’éditeur :

Dimension Sports & Loisirs.
C’est le camembert orange du Trivial Pursuit : il y est question de règles, de champion(ne)s, de pratiques plus ou moins exotiques, de records… Nous cherchons des textes axés sur le sport, sous toutes ses formes et déclinaisons. Les genres de l’imaginaire n’en sont d’ordinaire guère friands, même si, ici et là, quelques exceptions font figure d’exemples à suivre. Nous pensons, entre autres, aux célèbres Olympiades truquées de Joëlle Wintrebert, au sanglant Roller Ball de James Caan, à la Balade Choréïale d’Ayerdhal… ou encore, pour les amateurs de jeu de rôle, à l’inimitable Blood Bowl.
Vecteur d’intégration ou d’exclusion, mode d’apaisement des conflits ou de dépassement de soi, cristal exacerbant les travers de nos sociétés, pratique ancestrale flirtant avec le rite – ou bien, souvent, juste un moyen de s’amuser. Comme toute chose, le sport est avant tout ce que l’on en fait. Du squash au bouzkachi, du super bowl à à la pêche à la mouche, des contreforts martiens de l’Olympus Mons aux profondeurs des salles de surf artificiel à Berlin… ciltius, altus, fortus, et même minus seront de la partie.

Les textes ne devront pas dépasser les 50 000 signes et doivent relever des genres SFFF. Ils sont à soumettre au format .doc ou .odt, auprès de l’anthologiste Sylvain Lamur (zolgzolg@gmail.com), avant le 1er septembre minuit.

Jeudi encore : les résultats du Prix Pierre Bottero !

Le prix récompense un roman des littératures de l’imaginaire pour adolescents et est décerné par les lecteurs ados de l’est lyonnais (6 collèges et 3 médiathèques, soit 200 lecteurs participent). Le prix vise 5 objectifs :
– attirer le public adolescents sur le festival
– développer la pratique de la lecture chez les jeunes
– encourager les échanges et les débats et participer ainsi à l’éducation du sens critique
– promouvoir les littératures de l’imaginaire
– créer une dynamique territoriale en établissant des partenariats avec les bibliothèques et les collèges alentours.
La sélection de 6 titres est établie par les bibliothécaire de la BM de Meyzieu parmi des romans de l’imaginaire, donc, en langue française originale, adaptés au lectorat cible du prix et remarquables par les thèmes qu’ils traitent, leur style, la cohérence, le suspense, ou l’originalité dont ils font preuve. Le prix sera remis au cours de la prochaine édition des Oniriques de Meyzieu (8 au 10 mars 2019).

Et cette année, c’est New Earth Project de David Moitet qui remporte la palme. Félicitations !
Les autres titres sélectionnés sont visibles ici.

Vendredi : #2050 le Podcast : la SF, une boussole pour notre monde !

Toutes les semaines, Rebecca Armstrong explore, dans son podcast intitulé #2050 (prononcez Hashtag2050), les futurs. Cette semaine, elle recevait l’universitaire Yannick Rumpala autour du genre de la science-fiction.

Vendredi encore : la suite des opérations pour la Team Lanfeust Mag !

Vous le savez peut-être, le magazine Lanfeust Mag a cessé de paraître. Les membres du Studi Gottferdom sont donc partis vers de nouvelles aventures : Christophe Arleston fonde les éditions DRAKOO en partenariat avec Bamboo, qui seront exclusivement consacrées aux mondes de l’imaginaire. Les premières BD devraient paraître en septembre 2019. Affaire à suivre !

 

Bon dimanche !