Dans la combi de Thomas Pesquet, Marion Montaigne.

Le 2 juin dernier, le Français Thomas Pesquet, 38 ans, astronaute, rentrait sur Terre après avoir passé 6 mois dans la Station spatiale internationale. La réalisation d’un rêve d’enfant pour ce type hors-norme qui après avoir été sélectionné parmi 8413 candidats, suivit une formation intense pendant 7 ans, entre Cologne, Moscou, Houston et Baïkonour? Dans cette bande dessinée de reportage, Marion Montaigne raconte avec humour ? sa marque de fabrique ? le parcours de ce héros depuis sa sélection, puis sa formation jusqu’à sa mission dans l’ISS et son retour sur Terre.

De Marion Montaigne, j’avais vaguement lu un Tu mourras moins bête : je me souviens que j’avais beaucoup ri et appris un tas de trucs. J’étais donc assez curieuse de lire sa bande-dessinée sur Thomas Pesquet, d’autant que le sujet me bottait carrément. Et je n’ai pas regretté une seconde !

On plonge dans une grosse bande-dessinée (de quelques 200 pages) dans laquelle Marion Montaigne retrace tout le parcours de l’astronaute français, de sa décision de participer au concours (avec quelques autres 8400 candidats) à son retour sur Terre.
Sous la plume et les crayons de Marion Montaigne, on découvre un parcours pour le moins complexe. Car le concours est suivi de 7 années de formation, durant laquelle Thomas Pesquet apprendra à gérer tous les aspects techniques de la station spatiale (pensez-y une seconde, pas de plombier ni d’électricien à bord !), à se laver les dents en apesanteur ou à réaliser des sorties extra-véhiculaires. C’est varié, c’est dense et le tout est mis en scène avec beaucoup d’humour.

En effet, Marion Montaigne a inséré de très nombreux gags, que ce soit dans les bulles, la narration ou dans les dessins qui viennent alléger le récit et, pour beaucoup, apporter une illustration concrète des explications scientifiques. L’objectif est donc parfaitement atteint : on se cultive tout en se divertissant. Je me suis marrée de bout en bout, ce qui m’a attiré quelques regards en coin de mes congénères, notamment dans les transports publics.

En quelques mots, Marion Montaigne signe une bande-dessinée absolument géniale : hilarante, hautement instructive, je vous la recommande plus que chaudement !

Dans la combi de Thomas Pesquet, Marion Montaigne. Dargaud, novembre 2017, 208 p.
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Au prix du monde, Saving paradise #2, Lise Syven.

Le ciel est ouvert à ceux qui ont des ailes…
Faustine se réveille à l’hôpital, certaine d’avoir entendu Chevalier l’appeler. La jeune femme est très inquiète de la disparition de l’ambassadrice de la Fondation du Griffon, d’autant qu’elle est la seule à la croire en danger.
Pendant ce temps, le professeur Mésanger met tout en œuvre afin de rendre le Tumorex inoffensif, et Imago sème des cadavres sur son passage devant des autorités impuissantes face aux forces surnaturelles en présence. Seule Chevalier pourrait arrêter ce monstre, du moins s’il ne la tue pas avant…
Faustine trouvera-t-elle la force de défendre le paradis promis ? Parviendra-t-elle à convaincre Nato de la suivre sur cette voie ? Ne risque-t-elle pas de se brûler les ailes ?

Dans le premier tome, on découvrait une Faustine au plan de carrière déjà presque tout tracé : de bonnes études, pas d’histoire d’amour, un futur bon boulot… Or là, on a presque l’impression d’avoir affaire à une nouvelle Faustine tant ses préoccupations ont changé : oubliées les études et les bonnes résolutions, place à la survie. Cela donne au récit un petit goût de quête un brin désespéré qui alimente à merveille la tension et le suspens, qui règnent en maître sur l’intrigue.

Celle-ci fait la part belle aux péripéties. L’histoire est palpitante de bout en bout et nous offre son lot de scènes d’action musclées, tout en ménageant quelques pauses réflexives. Celles-ci permettent (évidemment) de faire avancer l’enquête, mais aussi d’embrouiller le lecteur. On en vient à douter de tout et de tous, soupçonnant tour à tour tous les personnages d’être des traîtres à la solde d’Imago. Dans les deux premiers tiers, ce suspens-là est parfaitement entretenu, ce qui ne fait que rendre la lecture plus addictive.

Dans cet opus, j’ai eu l’impression que l’intrigue tournant autour des sciences était nettement plus présentes : manipulations génétiques, trafics de vaccins, théories scientifiques confiant à l’eugénisme se télescopent. C’est trapu, certes, mais passionnant. Et un peu flippant, car ce que décrit Lise Syven est affreusement réaliste et ne peut que faire frémir lorsque l’on pense aux conséquences que de telles manipulations pourraient engendrer.
Ceci étant, la partie fantastique n’est pas en reste, car Lise Syven étoffe sérieusement la mythologie des créatures fantastiques. À la fin du premier volume, je trouvais que tout cela restait un brin obscur mais là, tout est clair. C’est très original, inventif à souhait et tout se tient à merveille ! (Je n’en dis volontairement pas plus afin de ne pas gâcher de futures lectures).

Au prix du monde conclut un diptyque riche en aventures, en suspens et en questionnements intéressants. Le tout est porté par une mythologie et un univers inventifs à souhait. L’intrigue s’agence avec une incroyable netteté, ce qui fait qu’à la fin, on a la sensation qu’aucun détail, si minime soit-il n’a été négligé, pas même la très belle ouverture sur laquelle s’achève cet opus.

◊ Dans la même série : En proie au rêve (1).

Saving paradise #2, Au prix du monde, Lise Syven. Castelmore, novembre 2017, 311 p.

Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être :

Nouvelle Sparte, Erik L’Homme.

Deux siècles après les grands bouleversements qui ont balayé le monde-d’avant, Nouvelle-Sparte vit en paix au bord du lac Baïkal. Valère et Alexia, seize ans, se préparent à devenir pilotes d’élite quand une série d’attentats sème le chaos dans la cité. Qui se cache derrière ces lâches attaques ? Les fanatiques du Darislam ? Les patriciens corrompus de Paradise ? Valère est chargé par le Directoire de mener l’enquête. Une mission périlleuse qui va le plonger dans les sombres entrailles de l’Occidie et faire voler son univers en éclats…

Valère vit au bord du lac Baïkal, dans une cité grandiose nommée Nouvelle-Sparte et dont le fonctionnement est entièrement inspiré de sa lointaine ancêtre lacédémonienne, mâtiné de discipline soviétique. Ainsi, les enfants vivent en famille jusqu’à l’âge de sept ans, puis vont étudier à l’agogè où on les répartit selon différentes castes aux limites bien définies, correspondant aux métiers exercés. Tout cela sous l’égide d’un Panthéon richement fourni et qui découle tout droit du polythéisme grec. Et on retrouve même le rituel de la Kryptie, au cours duquel commencent les ennuis (si l’on peut dire) de Valère !

Le texte d’Erik L’Homme joue sur l’antagonisme bien connu États-Unis/URSS de la Guerre froide, dont on reconnaît aisément les motifs derrière les civilisations présentées… Mais il joue aussi sur des thèmes qui s’avèrent vraiment d’actualité, puisqu’il est également question de terrorisme et d’attentats meurtriers. Tout ce qu’il faut pour donner à ce roman une ambiance proprement rétro-futuriste, alimentée par l’imprégnation spartiate.
Au-delà de cette influence notoire, on remarque évidemment les très fortes similitudes que présentent l’univers d’Erik L’Homme avec le nôtre. Orient et Occident s’y opposent aussi, cette dernière partie du monde étant encore divisée entre deux doctrines, que l’on pourrait résumer – grossièrement – ainsi : les consuméristes issus du capitalisme (l’Occidie), les ascètes tournés vers la vie en communauté (la Baïkalie). Résumé ainsi, cela pourrait paraître affreusement manichéen mais dans les faits, ça ne l’est pas, l’auteur parvenant à surpasser cette apparente binarité. D’ailleurs, c’est assez intéressant car Valère étant un baïkalien (qui prône donc une vie plus tournée vers la Terre et plus respectueuse des ressources naturelles), on note au fil des chapitres un vrai questionnement de nos modes de vie, qu’ils concernent la (sur)consommation, les relations sociales ou le système de castes qui s’instaure. Et la vision n’est pas binaire, heureusement : Valère est jeune et il goûte (avec un certain plaisir) aux charmes de la vie opulente qu’il découvre en Occidie.

De fait, le roman est riche en nuances. Alors qu’il se présente sous des auspices un brin manichéens, on se rend finalement compte que chaque parti présente de bons et de mauvais côtés, et qu’il n’est pas toujours bon de juger sur les seules apparences. Au vu de certains soupçons qui planent sur la majeure partie du récit et de l’écho qu’ils rencontrent avec notre actualité, cela donne bien envie de mettre ce roman entre toutes les mains.

Mais ce n’est pas tellement pour son aspect très actuel que ce roman m’a beaucoup plu (au contraire, les nombreux appels du pied à notre quotidien ont failli avoir raison de ma patience). Non, ce qui m’a le plus emballée ici, c’est le petit côté post-moderne que confère au récit l’ambiance dans laquelle il se déroule. Comme je le disais en introduction, c’est un récit post-apocalytpique marqué (comme souvent) par un retour aux sources qui, ici, s’incarne dans la lutte ancestrale opposant les deux blocs géants de l’Est et de l’Ouest. De plus, les baïkaliens ont adopté corps et âme la discipline spartiate, ainsi qu’un mode de vie bien plus proche de la Nature, qui rencontrent une technologie très avancé, un peu comme si deux époques avaient fusionné le meilleur d’elles-mêmes. Et cet aspect rétrofuturiste fonctionne à plein !

L’intrigue, quant à elle, joue sur trois tableaux : la quête d’identité (Valère étant de père Baïkalien et de mère Occidienne, il se pose beaucoup de questions), l’espionnage (car on est bien au-delà du polar ici !) et la philosophie (le texte étant truffé de perles tantôt philosophiques, tantôt poétiques, empruntées aux cultures grecques). Le mélange s’est avéré passionnant !

Enfin, dernier point – et sans doute celui qui m’a le plus impressionnée : le travail sur le langage. Il est perceptible dès la première phrase. Erik L’Homme a usé ici d’un style qui rappelle, par son phrasé, les épopées orales anciennes, avec une poésie et une musicalité internes assez marquées. De plus, il présente un langage qui, comme l’univers, a grandement évolué : on remarque de nombreux glissements sémantiques et des mots-valises vraiment bien trouvés, qui ouvrent d’incroyables perspectives symboliques, quand on y pense. Et le mieux, c’est que malgré ces innovations ou modifications, le texte est d’une incroyable fluidité (sans doute grâce à la musicalité que j’évoquais plutôt).

J’étais (évidemment) curieuse de lire ce nouveau roman d’Erik L’Homme et, si certains détails m’ont un tantinet agacée, il a su m’emporter dans cet univers qui a tout à voir avec le nôtre, tout en étant original. L’intrigue nous transporte dans une histoire d’espionnage bien troussée, sur fond de conflit mondial larvé. On y retrouve des thèmes chers à l’auteur, mais qui prennent ici tout leur sens : proximité avec la nature, liberté, bienveillance et philosophie sont au cœur du récit, lequel parvient à passer tous ses messages sans être moralisateur (un vrai bon point). Enfin, j’ai été conquise par la langue du texte : mots-valises et rythme des épopées m’ont vraiment parlé !

Nouvelle Sparte, Erik L’Homme. Gallimard jeunesse, octobre 2017, 316 p.

Brèves de comptoir #164

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : un biopic sur J. K. Rowling ?

Rien n’est encore fait, mais la scénariste Anna Klassen a un scénario dans son tiroir, intitulé When Lightning Strikes, consacré à l’histoire de J. K. Rowling. Voici ce qu’elle en dit :

« Ce scénario raconte l’histoire d’une femme qui surmonte des obstacles inimaginables – la pauvreté, la violence conjugale, la dépression, pour créer quelque chose né, miraculeusement, de l’amour. C’est un récit dont nous avons désespérément besoin en 2017 »

Il figure actuellement sur la Black List, le recensement annuel des meilleurs scénarios non encore mis en production. Bref : affaire à suivre !

Mardi : Star Wars à toutes les sauces !

Eh oui, le film VIII vient de sortir, donc c’est le moment ou jamais de parler de Star Wars et le film est partout !

Star Wars, que la science soit avec vous !

C’est Roland Lehoucq au micro de La Méthode scientifique (sur France Culture), qui présente cette émission, consacrée aux sciences dans Star Wars.

Star Wars, la fin des mythes !

Thomas Schauder, professeur en philosophie analyse l’impact du rachat par Disney de nombreuses licences cinématographiques, parmi lesquelles Star Wars.

Les planètes de Star Wars plus proches qu’on ne le croit.

Le magazine National Geographic vous emmène sur les lieux de tournage !

Mardi encore : le nouveau film de Peter Jackson !

Après ses interprétations de l’œuvre de J.R.R. Tolkien, Peter Jackson s’attaque au steampunk avec Mortal Engines, dont la sortie est prévue au 14 décembre 2018.

Mardi toujours : expo Génération SF !

L’exposition Génération science-fiction pose ses valises jusqu’au 18 mars à la galerie Saint-Jacques de Saint-Quentin (14, rue de la Sellerie). L’expo propose des décors, accessoires et costumes de films de SF, du train du Cinquième élément à l’œuf du tournage d’Alien Résurrection en passant par la combi de Tom Cruise dans Minority Report, le tout étant issu de la collection privée d’Arnaud Gunberg. Infos subsidiaires ici.

Mercredi : qu’est-ce que la pop culture ?

L’émission est à écouter sur Midi Magazine. Y interviennent Vincent Brunner, auteur de Les super-héros. Un panthéon moderne (Robert Laffont), Olivier Cotte, scénariste, réalisateur, auteur et historien du cinéma, pour Dark Vador vs Monsieur Spock (Dunod), Jeanne-A Debats, romancière et directrice artistique des Utopiales, pour Dark Vador vs Monsieur Spock (Dunod) et Richard Mèmeteau, professeur de philosophie, et auteur de Pop culture. Réflexions sur les industries du rêve et l’invention des identités (Zones).

Jeudi : adaptation Artemis Fowl sur les rails !

Ce sont les studios Disney qui s’en chargent, avec Kenneth Branagh en tant que réalisateur. On connaît une partie du casting : Ferdia Shaw (dont c’est le premier rôle au cinéma) interprétera Artemis Fowl et Lara McDonnell sera Holly Short ; celui-ci affichera également Judi Dench dans le rôle du commandant Root, Josh Gad dans celui de Mulch Digumms, ainsi que Nonso Anozie qui interprétera Butler.
Le début du tournage est annoncé pour l’année prochaine et la sortie du film pour le 9 aout 2019. Le premier film sera une adaptation des deux premiers tomes de la série.
Espérons que Disney saura garder l’esprit de la série.

Jeudi encore : appel à candidatures pour résidence d’auteur à San Francisco !

Vous êtes un auteur ou une autrice français.e ? Cette info est pour vous !
La résidence d’écriture A Room with a View  propose à des auteurs français d’initier, de poursuivre ou de finaliser un projet d’écriture au cœur de San Francisco.
La troisième session de « A Room with a View » aura lieu entre fin avril et mi-mai 2018. Les auteurs souhaitant postuler sont invités à déposer leur dossier sur la plateforme de l’Institut Français avant le 4 février 2018. 

Vendredi : la sélection Révélation des Futuriales 2018 !

Le Prix Révélation Futuriales récompense un premier ou deuxième roman francophone paru dans l’année civile précédente. Voici les 10 titres en lice, sélectionnés par Jean-Luc Rivera et l’équipe de la librairie Folies d’Encres.

Les larmes de Yada, Lilie Bagage (Nestiveqnen).
Espérer le soleil, Nelly Chadour (Les Moutons Électriques).
Célestopol, Emmanuel Chastellière (Éditions de l’Instant).
Sénéchal, Grégory Da Rosa (Mnémos).
Sorcières associées, Alex Evans (ActuSf).
– L’empire électrique, Victor Fleury (Bragelonne).
– Les sœurs Carmines, Ariel Holzl (Naos).
– Le Lys noir, Francois Larzem (Naos).
Les papillons géomètres, Christine Luce (Les Moutons Électriques).
 La mère des eaux, Rod Marty (Scrinéo).

Vendredi encore : Pullman, Tolkien et la sexualité !

D’après Pullman, Tolkien échoue en laissant la sexualité de côté. L’article est à lire sur Le Point !

 

Bon dimanche et bonnes fêtes de fin d’année !

Dans la hotte du Père Noël

Eh oui, vous avez remarqué, on est en décembre et pour certains, on se demande bien ce qu’on va pouvoir mettre au pied du sapin. Heureusement, les libraires ne comptent pas leurs heures à cette période de l’année, et ça peut vous sauver la mise !
Alors voilà ce que je vous recommande chaudement, dans mes lectures de l’année !
PS : il y a de l’imaginaire (ok : beaucoup), mais j’ai tenté de brasser large 🙂
PPS : des fois il y a des tomes 2 (ou 3), mais ça veut dire que je recommande la série !

                               

Et vous, avez-vous envie de découvrir des livres au pied du sapin ? Si oui, lesquels ?

 

Bonnes fêtes à toutes et à tous !

Brèves de comptoir #163

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : concours de dessin !

Le festival ImaJ’nère vous propose un concours de dessin. Thème : dessinez votre monstre caché. Les participations devront être envoyées avant fin février 2018 à l’adresse suivante : contact@imajnere.fr

Retrouvez les modalités sur le site.

Lundi encore : promo Mü façon Willy Wonka !

Du 12 décembre au 31 janvier 2018, Mü propose une promotion originale. Achetez des romans sur leur site : si, à la réception, vous découvrez dedans un ticket doré, vous avez gagné un nouveau titre à choisir dans le catalogue !

Mardi : présélection pour le Prix Littéraire de l’Imaginaire Booktubers App !

Les jurés du prix ont chacun soumis 3 livres ; la colossale présélection est donc prête : d’ici mars, tous les chroniqueurs inscrits connaîtront la liste des titres en lice. En attendant, voici les sélectionnés au premier tour !

Mardi encore : la librairie d’Aziraphale !

Neil Gaiman travaille toujours sur l’adaptation de De bons présages. Il partage sur son compte Instagram quelques clichés de l’intérieur de la librairie d’Aziraphale !

Mercredi : Steven Erikson aux éditions Leha !

Le Livre Malazéen des glorieux défunts va être de nouveau traduit en français (peut-être jusqu’à la fin, cette fois ?), aux éditions Leha. Jean-Philippe Mocci, l’éditeur, a répondu à quelques questions d’Elbakin. Notez également que l’auteur sera un des invités des Imaginales 2018.

Mercredi encore : des adaptations !

Un film pour La Brigade chimérique !

La série de bande-dessinée (en 6 tomes), scénarisée par Serge Lehman et Fabrice Colin, dessinée par Gess, colorisée par Céline Bessonneau, met en scène 4 super-héros, dont les pérégrinations se déroulent pendant l’entre-deux-guerres en Europe. C’est la société Sacrebleu Productions qui a acquis les droits ; pour l’instant, aucune date annoncée, mais le projet semblait suffisamment avancé pour que l’Atalante en parle sur ses réseaux sociaux.

Un trailer pour Metro : Exodus

Il s’agit du troisième volet de la saga Exodus, développée par le studio ukrainien 4A Games et adaptée de la série Metro de Dmitry Glukhovsky.

Un trailer pour Carbone modifié !

Netflix vient de diffuser un trailer pour la série adaptée des romans de Richard Morgan.

Jeudi : les interviews des Utos par Mollat !

La librairie bordelaise diffuse sur sa chaîne Youtube les interviews des auteurs réalisées durant les Utopiales, qui se sont déroulées à Nantes en novembre 2017. Elles sont mises en ligne au fur et à mesure, c’est donc une chaîne à suivre !

Vendredi : steampunk et arts martiaux !

On n’y pense pas assez, mais comment font les héroïnes de romans steampunk pour se battre avec autant de jupons et des corsets ? La vidéo date un peu mais Marie Brennan, auteure de nombreux romans, s’est attelée à la question !

Vendredi encore : un cycle de ciné-débats à Paris !

Ce cycle est organisé par Perig Pitrou, Roland Lehoucq et Jean-Sébastien Steyer, financé par Paris Sciences et Lettres et inscrit dans un projet interdisciplinaire de l’Observatoire de Paris portant sur les « Origines et conditions d’apparition de la vie ». Voilà le programme des projections, qui se font toutes au cinéma Le Grand Action (5, rue des Ecoles, Paris) :

– 7 janvier 2018, 20h00 : The Thing, J. Carpenter. Discussion animée par B. Le Maître (Univ. Paris Nanterre) & F. Moutou (ANSES).
– 14 février 2018, 20h00 : Pacific Rim, G. del Toro. Discussion animée par R. Lehoucq (CEA) & J.-S. Steyer (CNRS/MNHN).
– 14 mars 2018, 20h00 : District 9, N. Blomkamp. Discussion animée par A. Musset (EHESS/PSL) & J.-S. Steyer (CNRS/MNHN).
– 11 avril 2018, 20h00 : Under the skin, Jonathan Glazer. Discussion animée par É. Bapteste (CNRS) & P. -L. Patoine (Univ. Sorbonne-Nouvelle).
– 16 mai 2018, 20h00 : Midnight Special, J. Nichols. Discussion animée par P. Pitrou (CNRS/PSL) & A. Esquerre (CNRS).
– 26 juin 2018, 20h00 : Premier contact, D. Villeneuve. (entrée libre, sur réservation). Discussion animée par R. Lehoucq (CEA) & V. Vapnarsky (CNRS) – Séance suivie d’un cocktail.

Les tarifs sont accessibles sur le site du cinéma ; les cartes UGC illimitées et CIP sont acceptées.

 

Bon dimanche !

 

La Main de l’Empereur #2, Olivier Gay.


Les guerres koushites sont finies mais l’Empire ne connaît toujours pas la paix. Les barons profitent de la situation pour se rebeller, et la corruption règne au sein de la capitale. Aux côtés du jeune duc Gundron, Rekk reprend du service. Il peut toujours compter sur les femmes de sa vie, Bishia et Dareen, pour le guider dans la bonne direction. Mais est-ce vraiment la bonne ? Pour protéger ceux qu’il aime, le Boucher est prêt à tout.

L’issue du premier tome m’avait laissée sur des charbons ardents car, malgré tous ses défauts (et il n’en manque pas !), Rekk est un personnage que l’on suit avec passion.
Ce second tome reprend ses péripéties en douceur, semble-t-il. La campagne koushite est terminée et Rekk sait qu’il a été manipulé (quoi qu’il ne sache pas encore tout à fait jusqu’à quel point). Le voilà donc parti pour une retraite bien méritée, du moins le pense-t-il.

Le premier tome offrait une débauche de violence, motivée par l’extrême besoin de vengeance du personnage ; cette fois, il n’a plus ce besoin lancinant de se venger, mais il a toujours des fourmis dans les jambes, ce qui l’amène à aller mater une révolte de barons avant de mettre le nez dans la corruption qui règne en ville. Du coup, pas le temps de s’ennuyer. Le roman accumule les sous-intrigues, certaines se déroulant totalement en parallèle les unes des autres, tandis que d’autres vont savamment s’imbriquer, les péripéties des unes influant sur les développements des autres. Sans surprise, le suspense est donc au rendez-vous, d’autant qu’assez vite, tous les protagonistes vont se masser à Musheim, provoquant leur lot d’étincelles.

Si, depuis le premier tome, on a une idée assez nette des identités des traîtres, ce second volume nous réserve encore bien des surprises : des masques tombent, de nouvelles grandes traîtrises et quelques petits coups bas font leur apparition, ce qui ne fait qu’alimenter le suspens bien présent. C’est sans doute pour quoi j’ai littéralement dévoré ce tome 2, partagée entre l’envie irrépressible de savoir comment l’affaire allait tourner et la volonté – un brin moins ferme – de faire durer un peu plus le plaisir. Cette tension ne fait que monter crescendo et offre un final royal : malgré les ellipses temporelles nécessaires aux derniers chapitres, cette préquelle se conclut de la plus belle des façons.

J’avais beaucoup aimé le premier tome, mais j’ai trouvé que celui-ci était encore un cran au-dessus. Tout au long de ces quelques 300 pages, j’ai été littéralement embarquée par le rythme du récit et par la personnalité malgré tout attachante de Rekk. J’ai retrouvé le mélange d’émotions fortes du premier tome, suscité par un suspense maintenu de bout en bout – car Olivier Gay mêle aux enjeux politiques et stratégiques des enjeux sentimentaux et plus personnels, qui s’avèrent tout aussi (et si ce n’est plus !) passionnants. Une des raisons pour lesquelles cette lecture a été un formidable coup de cœur ! Si la lecture du premier tome m’avait laissé sur la féroce envie de lire cette suite, celle-ci me laisse avec l’envie équivalente de découvrir Les Épées de glace, la suite des aventures de Rekk !

◊ Dans la même série : La Main de l’empereur (1) ;

La Main de l’Empereur #2, Olivier Gay. Bragelonne, octobre 2017, 382 p.