Brèves de comptoir #194

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : la SF, un art du présent !

La vision du genre d’Alain Damasio, dans Le Point Pop !

Lundi encore : American Gods, saison 2 !

Elle sera visible dès le 7 avril sur Starz, aux États-Unis.

Mardi : podcast Elbakin !

Le dernier des podcasts du site est en ligne, et il est consacré au Prix Elbakin 2018.

Mardi encore : les lauréats des Nommo Awards 2018 !

Remis par l’ASFS (African Speculative Fiction Society), les Nommo Awards récompensent des auteurs africains de SF.
Voici les lauréats de l’année :

Meilleur roman : Beasts Made of Night, Tochi Onyebuchi (Razorbill)
Meilleur novella : The Murders of Molly Southbourne, Tade Thompson (Tor.com Publishing)
Meilleure nouvelle : “The Regression Test”, Wole Talabi (The Manchester Review 7/17)
Meilleur roman graphique : Lake of Tears, Kwabena Ofei & Setor Fiadzigbey (BZL)

Les autres titres en lice sont visibles ici.

Mercredi : interview de Patrick K. Dewdney !

Sous les micros de Bérénice et Gaël du Prix Virilo et cette passionnante entrevue est à lire ici !

Mercredi encore : prochaines dédicaces de John Howe !

Pour la parution de son livre Un voyageur en Terre du Milieu (éd. Bourgois, paru le 11 octobre), l’illustrateur John Howe, à qui l’on doit le Hobbit de Peter Jackson, sera en France :
vendredi 9 novembre, à partir de 17h, à la Fnac Forum des Halles (1-7, rue Pierre Lescot, Paris 1er).
jeudi 15 novembre, de 16h à 18h, à la librairie Cheminant (19, rue Joseph Le Brix, 56 000 Vannes).
samedi 17 novembre, à partir de 15h, à la Fnac de Nantes (place du Commerce, Nantes).

Jeudi : ouverture du NaNoWriMo !

Le NaNoWriMo est un challenge d’écriture consistant à écrire un roman en l’espace d’un mois, le mois de novembre. Et il vient d’ouvrir !
Pour les non-initiés, vous trouverez des infos et une communauté d’auteurs ici !

Jeudi encore : décès de Dave Duncan…

Dave Duncan, auteur des séries La Septième épée et Les Lames du roi (entre autres) est décédé le 29 octobre, à 85 ans, des suites d’une hémorragie.
Il a commencé à écrire à l’âge de 50 ans (avant cela, il était géologue pétrolier) ; outre les littératures de l’imaginaire, il a écrit des romans jeunesse et des romans historiques. Il était également fondateur et membre honoraire de SF Canada ; sa carrière littéraire a été récompensée à deux reprises du prix Aurora (qui récompense l’imaginaire canadien).
Locusmag lui a consacré une biographie un peu plus conséquente (en anglais).

Vendredi : Jonathan Strange & Mr Norrell, le jeu de plateau !

Le roman de Susanna Clarke, après une adaptation en série télévisée, va passer en jeu de plateau, édité par Osprey Games, sous le titre Jonathan Strange & Mr. Norrell : a Board Game of English Magic. Prévu pour 2 à 4 joueurs, le jeu permettra d’incarner les personnages principaux de la série (Jonathan Strange, Mr. Norrell, John Segundus ou Miss Redruth), avec pour mission d’arpenter l’Europe et l’Angleterre.
Le jeu est prévu pour 2019 !

Vendredi encore : les conférences des Utopiales !

Comme tous les ans, elles sont mises en ligne par l’équipe d’ActuSF et vous pouvez les retrouver ici.
A l’heure où je termine ces brèves, il y en a déjà pas mal en ligne !

Bon dimanche !

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Brèves de comptoir #193

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : comment parler aux extraterrestres ?

Eh oui, que ferez-vous le jour où ils débarqueront ? Frédéric Landragin, spécialiste en linguistique et en traitement automatique des langues, publie un essai au Bélial’ et répond aux questions de Victor Garcia, pour L’Express.

Lundi encore : la SF, nouvelle alliée du régime chinois ?

C’est un article de Guillaume Ledit à lire sur Usbek & Rica.

Lundi toujours : comment bien écrire son roman d’imaginaire ?

18 auteurs répondent à cette question dans Le Point Pop !

Et ne ratez pas le dernier hors-série de la revue, entièrement consacré à la SF et actuellement en kiosques !

Mardi : une série documentaire sur les dragons !

C’est Arte qui diffusera ladite série, courant décembre. Produite par Cerigo Films (comme le documentaire A la Recherche du Hobbit), la série Dragons explorera les mythes et l’imaginaire des créatures cracheurs de feu avec, aux manettes, John Howe pour les illustrations, Nicolas Mezzalira pour la narration.
Le documentaire sera produit sous la forme d’une série de quatre documentaires de 26 minutes, qui explorera le sujet de la Grande Muraille de Chine jusqu’aux jeux vidéos modernes, au fil des siècles et des cultures. Affaire à suivre concernant les dates !

Mardi encore : Dark Matter Day 2018 !

Pour la journée de la Matière noire et dans le cadre de l’exposition Les Mondes Inconnus, le Laboratoire de Physique Subatomique et de Cosmologie, l’Institut Laure Langevin et le Muséum de Grenoble organisent une journée familiale, le mercredi 31 octobre 2018 au Muséum de Grenoble (1, rue Dolomieu):
La matière noire prédomine dans l’univers : 1 dose de matière ordinaire pour 5 doses de cette matière inconnue ! Des chercheurs seront là pour échanger avec petits et grands curieux. Au programme en bonus : déguster l’univers, se balader dans la toile cosmique, découvrir des instruments géants et des détecteurs sur roulettes.
L’après-midi (14h-22h30) est tout public, ouverte à partir de 9 ans !
Toutes les infos ici !

Mardi toujours : l’anthologie des Utos !

On en connaît désormais le sommaire et la préface (lisible ici, dans l’extrait à télécharger) ; voici les auteurs et les titres des nouvelles à l’honneur :

  • « Anamnèse de la chair » de Olivier Cotte
  • « Monade Incarnate » de Li-Cam
  • « Conatus » de Laurent Genefort
  • « Le cerveau du président a disparu » de John Scalzi (traduction : Sylvie Denis / INÉDIT)
  • « Déliance » de Sabrina Calvo
  • « Ascension » de Patrick Dewdney
  • « La Première Pierre » d’Ursula K. Le Guin (traduction : Anne-Judith Descombey)
  • « Le Garçon du goûteur » de Ben H. Winters (traduction : Erwan Devos et Hermine Hémon / INÉDIT)
  • « Le Syndrome de Pan » de Morgane Caussarieu
  • « Magie des renards » de Kij Johnson (traduction : Mélanie Fazi)
  • « L’Amour au temps des chimères » d’Elisabeth Vonarburg
  • « La Pluie » d’Alex Evans
  • « Morts à crédits » de Jehanne Rousseau.

Pour la précommande de l’antho dédicacée, vous avez jusqu’au 30 octobre !

Mercredi : les lauréats des British Fantasy Awards et du Deutscher Phantastik Preis Awards !

Le prix British Fantasy Award, créé en 1972 par la British Fantasy Society en hommage à August Derleth et Robert Holdstock, récompense des œuvres de fantasy, parues l’année précédente. Le lauréat repart avec une statuette en ivoire à l’effigie de Cthulhu, la créature imaginée par H.P. Lovecraft.
Voici les lauréats de l’année :

Meilleur roman de fantasy : (the Robert Holdstock Award) : The Ninth Rain, Jen Williams (Headline)
Meilleur roman d’horreur : (the August Derleth Award) : The Changeling, Victor LaValle (Spiegel & Grau)
Meilleure Novella : Passing Strange, Ellen Klages (Tor.com Publishing)
Meilleure Nouvelle : “Looking for Laika”, Laura Mauro (Interzone 11-12/17)
Meilleur recueil :
Strange Weather, Joe Hill (Gollancz)
Meilleure anthologie  : New Fears, Mark Morris, ed. (Titan)
Meilleur titre de presse indépendante  : Unsung Stories
Meilleure non-fiction : Gender Identity and Sexuality in Science Fiction and Fantasy, Francesca T Barbini, ed. (Luna)
Meilleur Magazine  : Shoreline of Infinity
Meilleur artiste : Jeffrey Alan Love
Meilleur Comic / Roman Graphique  : Monstress Vol. 2, Marjorie Liu & Sana Takeda (Image)
Meilleur livre audio : Anansi Boys, Neil Gaiman, adapted by Dirk Maggs (Brave New Words Podcast)
Meilleur Film / Television : Get OutBlack Mirror : Series 4
Meilleur nouveau venu (the Sydney J Bounds Award) : Jeanette Ng, pour Under the Pendulum Sun (Angry Robot)
Karl Edward Wagner Award
 : N.K. Jemisin.

Félicitations ! Les autres titres en lice sont visibles ici.

Le Deutscher Phantastik Preis Awards est l’équivalent du prix précédent, en Allemagne. Voici les lauréats des premières catégories :

Meilleur roman en allemand : Die Krone der Sterne, Kai Meyer (Fischer Tor)
Meilleur roman traduit : Six of Crows, Leigh Bardugo.
Meilleur premier roman en allemand : Izara – Das ewige Feuer, Julia Dippel (Planet!).

Les autres lauréats sont visibles ici.

Mercredi encore : découvrez la collection Parallaxe !

La dernière-née des éditions du Bélial’, sous la houlette de Roland Lehoucq, astrophysicien qu’on ne présente plus, se propose de faire dialoguer science et SF sous la plume de scientifiques. Et Nicolas Martin vous en parle dans La Méthode scientifique, sur France Culture.

Jeudi : les nouvelles éditions L’Alchimiste !

Cette toute nouvelle maison d’édition publie des ouvrages qui relient l’imaginaire et l’humain, la connaissance de soi et ce qui fait se mouvoir le cœur des Hommes : fantastique, fantasy, SF, récits initiatiques, développement personnel et spiritualité laïque sont donc au programme.
Leur catalogue propose déjà quelques titres, et les soumissions de manuscrits sont ouvertes !

Jeudi encore : rencontre avec Ben H. Winters !

A l’occasion de la parution de son nouveau roman, l’auteur américain sera en France pour les Utopiales, où il donnera trois conférences. Il sera également à Paris le 6 novembre, pour une rencontre à la librairie Charybde (129, Rue de Charenton, Paris 12e), de 19 h 30 à 21 h 30.
Si vous ne pouvez aller à aucun de ces événements mais que vous voulez tout de même un exemplaire dédicacé, vous avez jusqu’au 30 octobre pour vous manifester auprès des éditions Actusf !

Vendredi : nouveau trailer pour Dragons 3 !

Le film sera en salles le 6 février 2019 et voici la dernière bande-annonce en date :

Vendredi encore : entretien avec Isabelle Bauthian !

L’autrice a répondu aux questions d’Elbakin, autour notamment de son dernier roman, Face au dragon, édité par Projets Sillex !

Bon dimanche !

Avant le déluge, Raphaël Albert.

Panam, dans les années 1880.
La ville est la capitale d’un vaste royaume où les humains côtoient des nains, ogres, lutins et autres peuples fantastiques. Des motos à vapeur y doublent coches et centaures taxis. La magie très codifiée par des mages académiciens sert à la vie de tous les jours. Sylvo Silvain, un elfe exilé de sa lointaine forêt y a jeté l’ancre et ouvert une agence de détective privé. Le voilà enfin les poches pleines, à la tête d’une équipe haute en couleur.
Les affaires tournent et l’argent fait des petits ! Nonobstant, son ami (ou presque), l’ambitieux journaliste Jacques Londres, disparaît dans des conditions louches. Aidé de ses comparses, Sylvo se lance à sa recherche. Cette fois, le tragique et la Grande Faucheuse s’invitent.

J’avais beaucoup aimé le premier tome de cette série, Rue Farfadet – l’écart temporel entre mes deux lectures n’est donc pas hyper représentatif. J’étais donc ravie de retrouver les deux détectives, Sylvo et Pixel, dans une nouvelle enquête que je serais bien en peine de vous résumer (non pas parce que ma lecture commence à dater), tant elle est complexe.
De fait, elle démarre assez simplement : le journaliste Jacques Londres a disparu et Sylvo accepte – de mauvaise grâce – d’enquêter sur la disparition du jeune homme, dont il ne pense pas une seule seconde qu’il soit en danger. Évidemment, au fil du temps, Sylvo travaille en parallèles sur d’autres affaires, lesquelles s’avèrent, au bout du compte, toutes plus ou moins liées. Mais les liens sont si emberlificotés et liés à des manigances souterraines, qu’il est difficile d’en faire un résumé plus précis – sans tout spoiler.
Alors que le début est assez léger, pour ne pas dire empreint de gaieté (nos personnages ne sont plus à la rue, il y a de l’amourette dans l’air), l’enquête prend assez vite un tour nettement plus sombre. Crimes sordides à la Jack l’Eventreur, collusion pouvoir-pègre, industriels semi-mafieux… On est servis. Au-dessus de tout cela plane l’ombre des terrifiants techno-mages, qui tiennent Panam (et le reste du monde), sous leur coupe, car ils sont détenteurs des fameuses machines qui régulent la météo.
Rapidement, donc, on ne tarde pas à suivre Sylvo dans les bas-fonds, à rencontrer la pègre, les oubliés, les opprimés et les révoltés. Sans avoir trop l’air d’y toucher, l’intrigue frôle à de nombreuses reprises le politique. Et ce que j’ai trouvé absolument génial, outre cette part assez réaliste mais parfaitement intégrée à l’univers, ce sont les clins d’œil que l’on décèle à droite à gauche, et qui donnent au roman de délicieux airs d’uchronie. J’ai également adoré l’aspect environnemental qui se dessine entre les lignes : c’est ténu, certes, mais comme c’est un sujet qui m’intéresse, j’ai apprécié de le voir apparaître discrètement de-ci de-là.

Je crois que ce qui m’a le plus tenue en haleine dans tout cela est le rythme de l’intrigue. On débute doucement, c’est sympa et puis on s’enfonce doucement dans la violence, les choix discutables, les points de non-retour, jusqu’au final en apothéose. J’ai regretté de n’avoir pas la suite sous la main immédiatement car, même si je préfère espacer mes lectures de tomes, là j’aurais bien pris directement le tome 3 tant la fin est terrible. Vraiment, le suspense monte crescendo et, passé un certain point, on en vient à se dire qu’il n’y pas vraiment de bonne issue, tant on essuie de revers, de pertes et de déconvenues. Dit comme ça, ça n’a pas l’air franchement enthousiasmant mais, promis, c’est prenant et palpitant de bout en bout.

D’autant qu’à l’enquête purement policière se greffe assez vite une tournure très personnelle. Sylvo, Pixel et Broons, leur jeune voisin et apprenti, sont assez vites embarqués dans un tourbillon qui ne leur laisse aucun répit et qui manque d’engloutir les trois autres membres de l’agence, Hobo et le Géomètre, leurs deux enquêteurs hors-pair, tout comme Zerbï, leur secrétaire-garde-du-corps-surveillante-à-temps-plein. Et on en apprend un peu plus sur le passé de Sylvo, grâce à quelques analepses qui nous montrent le jeune homme qu’il a été à Toujours-Verte. Ces révélations, si elles éclairent certains choix ou traits de caractère du personnage, entraînent aussi pas mal de nouveaux questionnements… qui sont exacerbés par cette fameuse chute ! Bref : il va me falloir la suite.

Si j’avais beaucoup aimé le premier tome des aventures de Sylvo, je dois dire que ce deuxième volume m’a encore plus emballée. L’intrigue, hyper sombre, est absolument palpitante et ne m’a laissé aucun répit. Heureusement, l’auteur use d’une plume pleine d’humour (et riche en jeux de mots), ce qui permet de détendre un brin l’atmosphère. J’ai adoré le tour qu’a pris l’aventure et les multiples révélations fracassantes qui ont été faites, et qui ont permis de pallier les (rares) longueurs. De plus, j’ai adoré le mélange magie-technologie, comme les clins d’œil à l’histoire, à la littérature ou à la toponymie parisienne (mention spéciale sur ce point tant c’est bien trouvé !). En somme, il va falloir que je me procure rapidement le tome 3 !

♦ Dans la même série : Rue Farfadet (1) ;

Les Extraordinaires et Fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé, Raphaël Albert. Mnémos (Hélios), janvier 2014, 388 p.

De Cape et de Mots, Flore Vesco.

Serine, en dépit de la volonté de sa mère, refuse de se marier. Mais pour sortir ses frères de la pauvreté, elle doit agir. Sa décision est prise : elle sera demoiselle de compagnie ! La tâche s’annonce difficile : la reine est capricieuse, antipathique, et renvoie ses demoiselles aussi souvent qu’elle change de perruque. Mais Serine ne manque pas d’audace et, tour à tour, par maladresse ou génie, se fait une place. Elle découvre alors la face cachée de la cour : les manigances, l’hypocrisie et les intrigues… et tente de déjouer un complot.

L’an dernier, j’avais eu un coup de coup pour Louis Pasteur contre les loups-garous, le deuxième roman de Flore Vesco. Poussée par Camille, toujours d’excellent conseil, j’ai donc enfin jeté un œil à De Cape et de mots… et bien m’en a pris !

Point de fantasy, cette fois, mais un roman historique en bonne et due forme — quoiqu’on ne sache jamais dans quel pays se déroule l’intrigue, ni vraiment à quel moment. Au vu des mœurs, on parie sur un XVIIe fantasmé — on s’imagine parfaitement à Versailles. Car Serine découvre en effet une Cour extrêmement hiérarchisée avec ses clans, ses castes, ses lois muettes et les petits complots qui vont avec. Dur dur, pour la jeune fille, de sereinement tirer son épingle du jeu dans ce marasme, d’autant qu’elle n’a clairement pas bénéficié ni des mêmes chances de départ, ni de la même éducation. Heureusement, elle n’a pas la langue dans sa poche !

Et la langue, c’est peut-être bien ce qui fait tout le sel de ce roman, qui mériterait d’être entièrement lu à voix haute pour rendre hommage au phrasé si riche qu’y déploie Flore Vesco. C’est tout simplement génial, à la fois hyper recherché et accessible, parfaitement lisible, tout en étant truffé d’inventions et de petites bizarreries. C’est assez rare de croiser en littérature jeunesse (surtout pour des lecteurs de cette tranche d’âge-là, à partir de 10 ans), mais c’est d’autant plus agréable quand c’est aussi bon !
L’intrigue, de son côté, mêle découverte du petit monde (de magouilles) du château, enquête en bonne et due forme, et préparation de vengeance. C’est extrêmement prenant ! Surtout lorsque certaines péripéties, que l’on ne voit pas venir, s’invitent et bousculent l’ordre des choses. J’ai frémi à plusieurs reprises et senti mon petit cœur s’emballer !

Comme on suit essentiellement Serine, elle est le personnage le plus développé et c’est d’ailleurs là mon seul petit point de déception : j’aurais aimé en savoir plus sur Léon, l’apprenti bourreau dont elle croise la route, tant le côté atypique du personnage m’a plu. Dans l’ensemble, les personnages secondaires, sans être particulièrement fouillés, sont juste assez caractérisés pour qu’on ne les mélange pas tous. Et c’est parfait, car les péripéties hautement rocambolesques retiennent bien vite toute l’attention des lecteurs, si concentrés soient-ils.

J’ai donc fort bien fait de suivre le conseil de Camille, car j’ai à nouveau eu un coup de cœur avec la plume de Flore Vesco. Elle nous embarque dans une histoire pétrie d’intrigues de cours, de facéties, d’enquête survoltée et de rebondissements tous plus rocambolesques les uns que les autres. Le tout narré dans une langue riche, recherchée, truffée de jeux de mots et autres calembours très réussis, toutes choses qui font que l’on savoure chaque miette de ce merveilleux texte, en plus de rire beaucoup. Bref : je recommande plus que vivement !

De Cape et de mots, Flore Vesco. Didier jeunesse, 2015, 182 p.

Brèves de comptoir #192

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

 

Lundi : les prochains dimanches de l’imaginaire !

« Les dimanches de l’imaginaire » est un rendez-vous mensuel qui se déroule à Toulouse, le premier dimanche du mois. Il regroupe des passionnés autour des Imaginaires, toutes disciplines confondues (littérature, films et séries, jeux de société, jeux grandeur nature, etc.). Voici leurs prochaines dates :

– 4 novembre
– 2 décembre
– 13 janvier

Toutes les infos qui vont bien sur le groupe Facebook !

Lundi encore : le gagnant du PLIB 2018 !

Et c’est Les Sœurs Carmines, d’Ariel Holzl, qui remporte la mise ! Félicitations !
Et les inscriptions sont en ligne pour la prochaine édition du prix.

Lundi toujours : programme des Rencontres de l’imaginaire de Sèvres !

Le programme complet est visible ici ! À vos agendas !

Mardi : pop-up store Harry Potter à Paris !

Du 7 novembre 2018 au 9 janvier 2019, les Galeries Lafayette (40, boulevard Haussaman, Paris 9e) accueillent une boutique éphémère consacrée à l’univers d’Harry Potter.

Mardi encore : États Généraux de l’imaginaire, acte 2 !

La deuxième édition des Etats Généraux de l’Imaginaire aura lieu durant les Utopiales, à Nantes (Cité des Congrès), le samedi 3 novembre, de 9h à 18h.sur inscription L’entrée se fait et dans la limite des places disponibles. Suivez l’actu et les infos à venir ici !
Au passage, le programme des Utos est disponible ici.

Mercredi : les Rencontres de l’Imaginaire de Sèvres !

Elles auront lieu le samedi 24 novembre, à Sèvres, en présence de Peter F. Hamilton, invité d’honneur et d’une centaine d’auteurs-trices, illustrateurs-trices. L’ensemble du programme est en ligne.

Mercredi encore : vidéo spéciale Littératures de l’imaginaire sur Babelio !

Jeudi : expos en bibliothèques !

Dans le cadre du Mois de l’imaginaire, certaines bibliothèques proposent des expositions.

Bibliothèque Rainer Maria Rilke, Paris.

La bibliothèque parisienne spécialisée en littératures de l’imaginaire (88ter, bd de Port-Royal) propose du 17 au 27 octobre une exposition sur Le Petit Chaperon rouge, provenant du fonds patrimonial La Joie par les Livres de la médiathèque Françoise Sagan. Aperçus et infos ici !

Médiathèque de Vélizy-Villacoublay (78).

Jusqu’au 3 novembre, la médiathèque (3, place Bernard Dautier) expose Robotic Pulps. Au programme : les premières représentations robotiques modernes dès le milieu du XIXe en France et aux États-Unis, leur vision de par le monde et sur différents supports (bande-dessinée, cinéma) ainsi que les robots réellement construits par l’homme, puis les années 1920-50 aux États-Unis avec les pulps, ces magazines populaires souvent décriés.

Jeudi encore : SF et médecine par Jacques Mateu !

Natacha Vas-Deyre, à l’occasion de la Convention nationale de SF et de fantasy, qui s’est déroulée cet été, a interviewé Jacques Mateu (chirurgien spécialiste en chirurgie plastique reconstructrice et esthétique) à propos des rapports entre médecine et SF.

Jeudi toujours : interview de N.K. Jemisin !

Alors que l’autrice vient d’être distinguée, pour la troisième fois consécutive, du prix Hugo du meilleur roman (pour la trilogie Les Livres de la Terre fracturée), elle répond aux questions de Locus Mag. L’interview est en anglais !

Vendredi : rencontre avec les éditions 1115 !

Samedi 27 octobre, la médiathèque iséroise de Montalieu-Vercieu (117, Grande Rue, Montalieu-Vercieu)vous invite à rencontrer les éditions 1115, agence de voyages littéraires, de 9h à 12h. Voici la présentation de la rencontre, dont l’entrée est libre :

Frédéric DUPUY dirige les éditions 1115, jeune maison lyonnaise qui se définit comme « une agence de voyages littéraires ». Il nous livrera un témoignage sur son métier, nous présentera ses collections et nous expliquera pourquoi il a choisi d’éditer (entre autres) des nouvelles.
A 10h30, intervention de l’éditeur suivie d’un temps de questions-réponses.
Frédéric Dupuy sera présent toute la matinée, vous pouvez passer quand vous voulez !

Informations supplémentaires ici.

Vendredi encore : l’anthologie Donnez-moi des nouvelles se cherche des lecteurs-trices !

Damien Snyers (La Stratégie des As) lance son anthologie Donnez-moi des nouvelles, dont le but est de proposer des textes de qualité et de promouvoir des associations. Pour assurer une plus large diffusion (et donc une aide à ces associations), l’auteur est à la recherche de blogueurs.euses, chroniqueurs.euses, booktubeurs.euses qui accepteront de lire et de chroniquer ce recueil, qui paraît le 1er décembre.

À vous de jouer !

Vendredi toujours : Masterclass de l’imaginaire !

L’an passé, l’Arald, en partenariat avec la Bibliothèque Municipale de Lyon, les éditions Actusf, Les Moutons électriques, l’Atalante, Critic et Mnémos, avait proposé une masterclass, dont la vidéo complète et le podcast sont visibles ici.
La masterclass, organisée cette année par Auvergne-Rhône-Alpes Livre et Lecture et les Indés de l’imaginaire revient le 9 novembre. Thème de l’année : L’univers de la création, la création d’un univers.

Au programme : table ronde avec Nadia Coste, Li-Cam et Nabil Ouali ; l’intervention d’un chercheur ; intervention sur Comment construit-on sa vie d’auteur ou d’autrice ? par Adrien Tomas ; clôture avec Pouvoir vivre pour écrire, témoignage d’un auteur.

La masterclass aura lieu au 25, rue Chazière (Lyon 4e) :
18h30 : Accueil – librairie
19h – 22h30 : Masterclass.

Le détail et les inscriptions, c’est par ; les autres infos, par ici.

Bon dimanche !

Le Dossier Handle, David Moitet.

Montana. Thomas Handle, 15 ans, voit sa vie basculer lorsque ses parents se font assassiner devant lui. Il n’a pas le choix, il doit fuir les criminels qui veulent le kidnapper. Un ancien policier et une petite mamie seront les seuls alliés de sa cavale. Cette équipe brinquebalante va finement mener l’enquête et aider Thomas à comprendre ce qui lui arrive. Est-il poursuivi à cause de son don particulier ? Qui sont vraiment ses parents ? Et peut-il faire confiance à la police ? En remontant le fil de son histoire, Thomas va découvrir une réalité terrifiante.

J’ai découvert David Moitet l’an dernier avec son excellent New Earth project ; mais avant d’écrire pour la jeunesse, il écrivait surtout des polars pour adultes… et son nouveau titre fait le condensé des deux !

L’intrigue démarre sur les chapeaux de roues, ou presque : alors que l’on suit Thomas, 15 ans, ses parents sont brutalement assassinés sous ses yeux et lui contraint de faire tout ce qui est en son pouvoir pour échapper aux meurtriers. Et justement, du pouvoir, Thomas en a pas mal car, tenez-vous bien, il possède la faculté de se déplacer à une vitesse surhumaine — inutile de grogner, dans le fond, car on découvre l’étendue de ses incroyables capacités aux alentours du deuxième chapitre.
Et ce qui est intéressant, c’est qu’on a affaire à un personnage certes doté d’extraordinaires capacités, mais dont les pouvoirs ne sont pas tellement au centre de l’intrigue. Alors, évidemment, c’est la raison pour laquelle il est orphelin et ils prennent une place importante dans l’enquête, mais David Moitet a vraiment axé celle-ci autour du secret de famille et de l’évolution des personnages. Les pouvoirs ne sont là qu’en toile de fond et c’est bien agréable de ne pas se retrouver totalement aspiré par l’aspect fantastique de l’intrigue. De fait, celle-ci se concentre vraiment sur les humains !

Parmi ceux-ci, Thomas tient donc la vedette et il est difficile de ne pas compatir à ses ennuis : ses parents meurent, il détient un énorme secret et, pire, la police semble salement impliquée dans l’affaire, les meurtriers s’étant réclamés des forces de l’ordre, et les enquêteurs ayant décrété qu’il ressemble à s’y méprendre à un suspect. Oui, c’est la cata. Heureusement, le jeune homme trouve assez vite du soutien en la personne de Saul, ex-policier, cantonné à sa maison de repos et à son fauteuil roulant depuis un accident de service. Et Saul, voyez-vous, a été mon coup de cœur de ce roman, tant j’ai trouvé le personnage extraordinaire. À travers lui, ce sont des sujets assez peu évoqués qui ressortent, comme la question de la fin de vie, du deuil et de la vieillesse. N’allez pourtant pas croire que cela prend le pas sur le roman ou que c’est déprimant ! Que nenni ! Mais cela offre un intéressant contre-champ à l’enquête survoltée que mène Thomas et nous place par là-même dans un décor aussi innovant qu’intéressant : la maison de retraite. Car c’est flanqué de deux pensionnaires de choc que l’on remonte la piste des meurtriers en compagnie de Thomas !
En face d’eux, la police, donc, en la personne de Duncan, qui en a gros sur la patate et pas mal de choses à se pardonner avant de pouvoir avancer. Là encore, on a un personnage vraiment fouillé (malgré la brièveté du roman), qui a du corps et pour lequel il n’est pas compliqué de se passionner. J’ai été prise par l’enquête, c’est vrai, mais j’ai vraiment craqué sur les personnages du roman !

L’enquête, de son côté, est menée tambour battant, avec moult scènes d’action, et gouvernée par un irrépressible sentiment d’urgence qui pimente allègrement le tout. Le surnaturel n’est présent qu’à petites doses et flirte sérieusement avec l’anticipation – tout comme l’intrigue. Celle-ci, de plus, aligne tous les bons éléments d’un polar, sans lorgner du côté des clichés – une vraie bénédiction !
J’ai déjà parlé des thèmes qui affleurent mais je dois vraiment avouer que c’est l’autre énorme bon point que récolte ce roman. Outre ceux cités, l’intrigue nous pousse à nous interroger sur l’éthique et notre propre morale, via des péripéties souvent assez salissantes, sombres comme il faut, parfois dérangeantes mais absolument passionnantes. Oui, c’est un polar qui n’en a pas l’air, comme ça, mais qui touche à plein de choses et qui ne laisse pas indifférent !

En somme, excellente découverte à nouveau avec ce polar survolté de David Moitet. L’auteur nous embarque dans une intrigue à la fois sombre, pleine d’espoir, portant sur un large choix de sujets (du plus émouvant au plus dérangeant), mâtinée d’un brin de surnaturel (à mi-chemin entre l’anticipation et le fantastique) et portée par des personnages lumineux. Théoriquement, c’est un roman pour adolescents, mais ce serait vraiment dommage de se priver si votre adolescence est passée depuis longtemps !

Le Dossier Handle, David Moitet. Didier jeunesse, janvier 2018, 224 p.

 

Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être :

[2018] Petit bilan de septembre.

Carnet de lectures.

Le Livre perdu des sortilèges, tome 1, Deborah Harkness.
J’avais ce bouquin dans ma PAL depuis tellement longtemps que je ne sais même plus dans quelles circonstances il l’a rejointe (ce qui est rare !). Bref, l’été étant là, j’ai eu envie de me plonger dans ce roman de sorcières (au lieu de lire les livres que j’avais emportés, c’est du propre !)
On y suit les tribulations de Diana Bishop, une jeune universitaire qui est également sorcière, mais se tient éloignée de ses pouvoirs et mène une vie simple. Jusqu’au jour où elle demande, à la bibliothèque, un manuscrit intitulé Ashmole 782, qui déchaîne les passions des créatures surnaturelles comme les vampires, les sorcières et les démons. À partir de là, Diana va devenir le centre de l’attention de ses congénères surnaturels, en bien, comme en mal, et attirer notamment un certain Matthew Clermont, vampire et chercheur de son état…
C’est une série recommandée par pas mal de lecteurs.trices dont je suis généralement les avis, ce qui a sans doute amené ce livre dans ma PAL. En plus, j’avoue tout net, je ne résiste pas aux histoires de sorcières. Et celle-ci avait vraiment tout pour me plaire ! Malheureusement, on ne peut pas dire que j’ai été conquise… Ce n’était pas un loupé total, non, mais je me suis souvent ennuyée durant ma lecture. Ce que j’ai aimé, là-dedans, c’est l’ambiance de fantasy urbaine, avec toutes ces créatures surnaturelles en goguette, aux intérêts souvent divergents. Les décors de l’université d’Oxford, évidemment, et la bibliothèque de Selden End dans laquelle se déroule une énoooorme partie de l’intrigue (mon petit cœur de bibliothécaire a évidemment été conquis instantanément). De plus, l’histoire en elle-même promet de bonnes choses, puisque l’on parle de pouvoirs secrets, de clans de surnaturels qui ne peuvent pas se blairer et d’un mystère vieux de centaines d’années qui resurgit subitement. De même, le fait d’avoir des vampires qui traversent les siècles est plutôt sympa, car cela permet de nombreuses et intéressantes plongées dans l’Histoire.
Là où le bât blesse, c’est sans doute du côté du rythme et des personnages. Diana est d’une effarante mollesse et ses atermoiements incessants ont sans doute eu raison de ma patience. Matthew, de son côté, s’il est plus actif, m’a prodigieusement agacée avec ses réflexes sexistes. Ok, il est d’une autre époque, mais s’il a réussi à se faire à la magie d’internet, des téléphones portables, et des fringues en synthétique, un petit effort social ne devrait pas lui arracher les crocs, non ? Bouh qu’il est pénible. Là-dessus, vient évidemment se greffer une romance sans intérêt tellement elle est prévisible et d’une niaiserie affligeante. Oui, je suis sévère mais oui, j’ai été plus qu’irritée par les personnages.
La suite m’interpelle malgré tout, car il semblerait que ce soit un poil moins agaçant, mais je ne sais pas encore si je la lirai. Au pire, je regarderai la série…

Opération Lovelace, Emmanuelle Kécir-Lepetit (Le Pommier, collection Les Savantissimes).
Hiver 2030 : un virus géant paralyse les systèmes informatiques occidentaux. Plus rien ne fonctionne. Au Pentagone, des experts internationaux tentent de trouver une solution. Selon le Professeur Watson, une seule issue : se transporter en 1943, à l’université de Philadelphie, où a été conçu le premier ordinateur, et réparer le mal à la source. Nancy, sa fille de 12 ans, s’empare de la machine à voyager dans le temps mais se retrouve propulsée à Londres, en 1843 ! Le programme s’est trompé d’un siècle et de continent ! Heureusement, Nancy y rencontre Oliver Holmes, un jeune garçon féru d’enquêtes et surtout Ada Lovelace, mathématicienne et première programmeuse informatique !
J’étais curieuse de découvrir cette collection de romans mettant à l’honneur les plus grandes figures de l’histoire des sciences et c’est celui portant sur Ada Lovelace qui a emporté la mise. J’avoue avoir été un brin circonspecte au départ, mais le fait est que le roman d’Emmanuelle Kécir-Lepetit est à la fois prenant, drôle, et très documenté tant du point de vue historique que scientifique. Pour Nancy, fraîchement débarquée du XXIe, le dépaysement est total : non seulement elle doit survivre dans un monde qui ne connaît ni l’eau courante, ni internet, mais qui, en plus, ne reconnaît absolument pas la place des femmes, ce qui la choque. Et ce choc ne passe pas en rencontrant Ada Lovelace puisque la mathématicienne de génie a, elle, parfaitement intégré les clivages sexistes. Le roman les déconstruit donc l’un après l’autre et c’est très bien fait, car c’est parfaitement intégré à l’intrigue, au suspense et à l’évolution des personnages. En plus de cela, le récit nous maintient parfaitement en haleine, tout en expliquant de façon limpide des concepts scientifiques qui donneraient de l’urticaire aux moins matheux du coin. Bonne pioche !

La Prophétie de l’horloge, John Bellairs (Castelmore).
À la mort de ses parents, Lewis va habiter chez son oncle Jonathan, qu’il imagine ordinaire et ennuyeux. Mais Oncle Jonathan et sa voisine, Mme Zimmermann, sont tous les deux des magiciens ! Lewis est ravi… au début. Puis il se met lui-même à faire de la magie et ressuscite par mégarde l’ancienne propriétaire de la maison, Serenna Izard. Or Serenna et son mari ont autrefois caché dans les murs de la maison une horloge, une horloge qui a le pouvoir d’anéantir l’Humanité tout entière… Et seuls les Barnavelt peuvent l’arrêter.
Ce roman a été initialement publié en 1973 et vient d’être réédité et adapté au cinéma (il doit d’ailleurs être encore en salles). Donc cela se ressent un peu côté style, mais l’intrigue n’a pas tellement vieilli, ce qui est plutôt chouette. L’histoire, assez classique, est plutôt prenante et mêle magie et adolescence, Lewis étant à l’orée de cet âge redouté. Son personnage est presque essentiellement tourné vers l’histoire de magie mais, de temps à autres affleurent d’autres thèmes comme l’obésité, le sentiment de solitude, les relations familiales et l’amitié. Sans être follement surprenant ou révolutionnaire, le roman est agréable à lire et prenant juste comme il faut. Comme il est assez court et sans grande difficulté, il peut même être lu par de plus jeunes lecteurs (dès 10 ans). PS : je vous mets la couv VO parce que celle de la VF est vraiment trop vilaine… !

Rayon bulles.

Route : End, tome 1, Kaiji Nakagawa (Ki-oon).
Taji travaille pour une entreprise de nettoyage spécialisée dans les scènes de crimes. Une voie qu’il n’a pas choisie par hasard car, enfant, c’est lui qui a trouvé le corps de sa mère alors qu’elle venait de se suicider. Les nettoyages de scènes de désolation sur lesquelles il travaille opère comme une véritable catharsis. Pourtant, son quotidien est bouleversé lorsque son quartier devient le théâtre de meurtres en série. Les victimes sont découpées en morceaux, lesquels forment à chaque fois le mot « END ». L’affaire vire au cauchemar lorsque Taji découvre que son patron, qui l’a traité comme un fils, est peut-être impliqué dans ces horribles mises en scène…
J’ai beaucoup aimé le premier tome de ce seinen. Évidemment, l’intrigue est sombre et affreusement sordide, mais pleine de suspense. Le volume ne sert pas seulement à planter le décor mais nous offre un vrai début d’enquête, comme des personnages déjà assez fouillés – du moins assez pour attiser ma curiosité et me donner envie d’en savoir un peu plus.

Je reviens vers vous, Olivier Tallec (Rue de Sèvres).
Une illustration par page, avec une petite phrase ou pas, souvent tirée du dialogue en cours dans la scène. C’est lapidaire, mais toujours suffisant et, surtout, généralement hilarant ! Le choix des sujets est aussi vaste que varié. Les dessins, sous couvert d’humour, touchent à de nombreux sujets de société : consumérisme, philosophie, art et art de vivre, éducation… On se retrouve aisément dans les planches (et si non, cela reste très drôle). Un album hyper cocasse, truffé d’absurdités et autres loufoqueries en tout genre. Caustique et facétieux, absolument génial !

Tops & Flops.

Comme je le disais en début d’article, Le Livre perdu des sortilèges ne m’a pas franchement transcendée, donc je ne m’étendrai pas plus sur la question.
Côté bonnes lectures, j’ai eu la main heureuse, avec quelques titres qui ont émaillé ma fin d’été.
Tout d’abord, le premier tome des Entremondes, de Sean Easley, L’Hôtel invisible, édité chez Lumen. Une fois n’est pas coutume, c’est un roman qui s’adresse plus aux 10-12 ans qu’aux ados (malgré son épaisseur incroyable). L’histoire est assez prenante, sise dans un univers extrêmement original et qui cachait, de façon assez surprenante, l’évocation de thèmes d’actualité vachement plus lourds que l’aspect purement divertissant des débuts du roman. Bonne surprise que ce tome 1, donc !

J’ai ensuite lu le deuxième tome des Extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé, de Raphaël Albert, intitulé Avant le déluge. Ma lecture du premier tome remontait un peu, donc j’avais quelque peu oublié certaines péripéties, mais le rythme est vite revenu. Cette deuxième enquête démarre assez doucettement et on tire peu à peu les différents fils d’une toile assez vaste. J’ai adoré retrouver le ton désabusé et cynique de Sylvo et surtout ce Panam alternatif si bien troussé. Il ne me reste qu’à lire la suite !

Citations.

« Je ne vais pas t’aimer d’avantage si tu es fort, ni cesser de t’aimer si tu es faible ! Ça ne marche pas comme ça ! Même les loups ont besoin d’être nourris par leurs parents quand ils sont petits et perdent leurs forces avec l’âge… mais ils n’en restent pas moins des loups beaux et fiers ! »
Bride Stories, tome 10, Kaoru Mori.

« De quoi s’agit-il, cette fois ?
– Il paraît que s’échanger un objet sous la corde du mât pousse le bateau à grimper des montagnes.
– Je suis pressée de voir ça… gravir les montagnes à bord d’un voilier, c’est une expérience qu’on fait rarement ! »
Isabella Bird, tome 3, Taiga Sassa.

« C’est marrant comme les nantis ont besoin de casquer pour se persuader qu’ils ont ce qui se fait de meilleur. Si vous n’êtes pas hors de prix, ils se figurent que vous êtes un médiocre, ils ont l’impression d’acheter au rabais, de consommer basse caste. (…) Mes tarifs variaient donc du simple au triple selon les contrats, voire davantage si j’étais d’humeur facétieuse. »
Avant le déluge, Sylvo Sylvain.

« Grandir ce n’est pas renoncer à ses illusions… C’est assumer ses responsabilités ! »
Un Français sur Mars, Alex Alice.