Black Wings #1, Christina Henry

Rien de tel qu’être agente de la mort pour vous pourrir la vie. Pour Madeline Black, escorter les défunts dans l’au-delà est un travail à toute heure et très mal payé. Certes, on y gagne des pouvoirs magiques et une paire d’ailes impressionnantes, mais aussi un patron exaspérant, une gargouille grincheuse à supporter, et bien des factures impayées. Les choses semblent s’améliorer lorsque le séduisant Gabriel Angeloscuro s’installe dans l’appartement au-dessous du sien… jusqu’à ce qu’un monstre terrifiant ravage les rues de Chicago, et que Maddy se découvre des pouvoirs inconnus, liés à un héritage dont elle ignore tout et qui fera d’elle la cible de tous les feux de l’enfer et du paradis.

Cela faisait une paye que je n’avais pas lu de fantasy urbaine, rayon bit-lit, aussi me suis-je laissée tenter (l’année dernière…) par cette nouvelle série ! Et, si elle ne deviendra sans aucun doute pas ma nouvelle référence, je dois dire que je me suis gentiment laissée porter par ces deux premiers tomes.

Dès l’ouverture, j’ai apprécié le style plein d’humour de Christina Henry : Madeline Black, quoique Agente de la Mort et blogueuse cuisine, peine à joindre les deux bouts, ronchonne à qui mieux-mieux. Pour ce faire deux sujets de prédilection : primo, sa gargouille domestique — dont on pourrait comparer le comportement à celui d’un chat ayant clairement conscience de sa supériorité sur son humain domestique, à ceci près qu’elle sait en sus voler, adore le chocolat et les pop-corns et crèche sur une corniche de la façade. Secundo, les lourdeurs administratives de son boulot, dont le paragraphe en décrivant la totale absurdité m’a quasiment tiré des larmes d’hilarité !
Quels que soient les échanges entre personnages, les échanges sont vifs et savoureux, notre protagoniste étant loin d’avoir la langue dans sa poche.

L’intrigue s’appuie sur un univers et une mythologie que je n’ai pas l’habitude de fréquenter en fantasy urbaine (je vous spoile un peu) : celui des damnés et des déchus. Pas besoin d’avoir fait tout son catéchisme pour suivre qui fait partie des bad guys et qui fait partie des encore-plus-bad-guys, le tout est assez limpide.
Si le schéma protagonistes/opposants est clair, il n’en est malheureusement pas de même pour l’univers. Comme on finira par le comprendre, Maddy n’est pas supposée avoir de tels pouvoirs magiques. Mais la révélation est quelque peu tardive. Et l’ennui, c’est que le reste est à l’avenant : on comprend tardivement les règles de l’univers dans lequel on évolue, les règles de la magie des personnages, ou encore celles de leur mythologie et de leur organisation. On flotte donc dans une sorte de flou artistique peu agréable, qui laisse la désagréable impression qu’on a commencé l’intrigue par le tome 2 – bien que ce ne soit pas le cas.

Après avoir accepté de laisser le cerveau de côté, j’ai plutôt apprécié cette lecture qui sortait de ce que je lis habituellement. L’univers des déchus est assez sympa et la gouaille des personnages rattrapait les petits manques en explication. Comme je le disais en intro, ce ne sera pas ma nouvelle référence en matière de fantasy urbaine, mais j’ai suffisamment apprécié pour enchaîner avec le tome 2.

◊ Dans la même série : Black Night (2) ;

Black Wings #1, Christina Henry. Traduit de l’anglais par Clémentine Curie. Milady, mars 2019.

Mers mortes, Aurélie Wellenstein.

Les humains ont massacré les mers et les océans. L’eau s’est évaporée ; les animaux sont morts. Quelques années plus tard, les mers et les océans reviennent. Ils déferlent sur le monde sous la forme de marées fantômes et déplacent des vagues de poissons spectraux, tous avides de vengeance. Les fantômes arrachent leurs âmes aux hommes et les dévorent. Bientôt, les humains eux aussi seront éteints… Leur dernier rempart face à la mort : les exorcistes. Caste indispensable à l’humanité, les exorcistes sont bien entendu très convoités. L’un d’eux, Oural, va se faire kidnapper par une bande de pirates qui navigue sur les mers mortes à bord d’un bateau fantôme. Voilà notre héros embarqué de force dans une quête sanglante et obligé, tôt ou tard, de se salir les mains…

Cette année, comme les deux années précédentes, j’ai la chance de participer avec mes collègues de compèt’ au Prix Imaginales des Bibliothécaires ; contrairement aux années précédentes, je vais tâcher de chroniquer ce que je lis, en commençant par Mers mortes (même si en réalité, c’est le deuxième titre que j’ai lu dans le cadre de ce prix ; le premier c’était Chevauche-Brumes).
Malgré l’engouement général autour de ce roman (si j’en crois les multiples nominations qu’il connaît à un tas de prix !), je dois dire que j’en suis ressortie plutôt mitigée.

D’abord, il m’a globalement manqué des éléments pour pleinement profiter de l’intrigue. Celle-ci fait évoluer les personnages dans un environnement aussi hostile qu’aride, puisque l’eau s’est évaporée, ce qui a entraîné la disparition de tous les animaux, notamment des animaux marins. Or, première vraie question : si l’eau s’est évaporée, comment les personnages peuvent-ils survivre ? On parle d’une situation qui dure depuis 10 ans. J’entends bien que l’on nous dit qu’il reste « quelques poches d’eau », mais l’explication n’est pas franchement convaincante (en tout cas, elle ne m’a pas suffi). De même, si l’eau est à ce point rationnée, que mangent les personnages (et les animaux qu’ils croisent ?). Globalement, la végétation est morte, et il est assez difficile d’imaginer ce qu’ils peuvent se mettre sous la dent. Mais on nous parle d’agrumes, de céréales… comment tout cela pousse-t-il ? Comment les personnages s’hydratent-ils ?
Toujours du côté de l’intrigue, j’ai trouvé la conclusion assez brouillonne. Attention, je spoile.
Certes, les personnages parviennent à résoudre le problème qui les occupait. Pourquoi ? Comment ? Mystère. Cette absence totale d’explication m’a clairement frustrée. Je sais pourtant qu’il s’agit d’un roman fantastique, et que c’est le concept du fantastique de ne pas expliquer les tenants et aboutissants. Mais j’aurais aimé un minimum d’explications, un peu plus que « ça marche, parce que c’était supposé marcher ». Ceci étant dit, c’est assez cohérent avec le début du roman : on pose comme pré-requis que l’eau s’est évaporée, mais sans aucune explication. Si elle a disparu, où est-elle passée ? En quoi s’est-elle transformée ? Comment toute cette masse a-t-elle pu disparaître si vite ? Mystère et boule de gomme.

Par ailleurs, difficile pour moi de m’accrocher aux personnages, malgré des idées intéressantes. Oural, le personnage principal, est exorciste. Ce qui signifie qu’à l’aide de ses pouvoirs, il est supposé repousser les marées fantômes. À bord du vaisseau des pirates qui l’ont enlevé, il fait de même. Franchement, ça claque, et il ne fallait pas plus pour faire mon bonheur. Sauf que. Oural est une vraie tête à claques (justement), qui jamais ne change. Ses décisions sont – au mieux – complètement idiotes et le pire, c’est quand même qu’il s’y enlise. Dans ses récits de pensées, il se la joue « mec qui a conscience de ses failles et travaille à s’améliorer », mais ce n’est jamais suivi d’effet, et cette attitude a tendance à m’agacer prodigieusement. Pour ne rien vous cacher, j’ai même souvent souhaité qu’il trépasse. Tout cela combiné a fait que j’ai eu de plus en plus de mal à m’accrocher.

D’autant que si le message est vraiment intéressant, je l’ai malheureusement trouvé hyper moralisateur. A tel point qu’il m’a semblé empiéter complètement sur l’intrigue, au détriment de celle-ci.  Et pourtant, il y a de vrais morceaux de bravoure dans le texte. Au cours de ses – nombreux – cauchemars, Oural rêve qu’il s’incarne dans des animaux marins décimés par la cruauté humaine (au cours de « traditions » inhumaines), par la surpêche, par la pollution, soit par l’effet final de la disparition des eaux. Ces passages, beaucoup plus violents que le reste du roman, s’avèrent aussi beaucoup plus prenants et finalement nettement plus percutants que les discours très moralisateurs de Bengale.

Sentiment mitigé dans cette lecture, donc. Autant j’ai adoré l’idée de départ des marées fantômes combattues par des exorcistes, autant le côté un peu superficiel de l’intrigue, supplantée par un message un peu trop présent – quoique VRAIMENT utile – m’auront fait décrocher. Et pourtant, je le répète, le concept est bien trouvé et s’attaque à un sujet d’envergure, raison pour laquelle je n’ai pas totalement détesté ma lecture. De plus, j’ai trouvé les personnages plutôt bien trouvés (même si j’avais envie de claquer Oural) et l’intrigue narrée dans un style fluide. Difficile de trancher, donc !

Mers mortes, Aurélie Wellenstein. Scrineo, mars 2019.

J’ai lu ce roman à coups de 5 chapitres avec Camille, qui a patiemment supporté mes soupirs !

Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être :

Brèves de comptoir #229

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : histoire de la fantasy !

Le Chroniqueur se lance dans une série d’articles sur l’histoire de la fantasy. Le premier chapitre, consacré aux grands anciens, est à lire sur son (excellent) blog !

Lundi encore : l’affiche du festival ImaJ’nère !

Elle est signée Cindy Canévet ; cette année, le thème du festival est Insurrections. Il a lieu les 2 et 3 mai 2020, aux Greniers St Jean à Angers. Infos ici.

Mardi : première édition du Prix Aventuriales 2020 !

Fidèle à son engagement de soutien aux petites maisons d’édition, et désireuses de contribuer à mettre en lumière des œuvres parues en leur sein, Les Aventuriales ont décidé de lancer un « Prix Aventuriales ». Ce prix récompensera un roman appartenant aux genres de l’imaginaire : science-fiction, fantastique ou fantasy, publié au sein d’une maison d’édition à compte d’éditeur qui ne bénéficie pas d’un réseau de diffusion national. Cette année, pour lancer ce prix, les membres du comité de sélection ont identifié 6 romans parmi leurs préférés qui seront départagés par des comités de lecteurs recrutés parmi les partenaires (librairies, médiathèques).

Voici les 6 titres en lice :

L’homme Maigre de Xavier Otzi (Luciférines).
Dans l’ombre des miroirs de Marge Nantel (Éditions 1115).
Replis d’Emmanuel Quentin (Mü).
Isulka La Mageresse, tome 1 : la Pierre d’Isis de Morgane Stankiewiez (Noir d’Absinthe).
Le Rapport Oberlander de Laurent Mantese (Malpertuis).
Voyager, tome 1 : Jonctions de Stéphane Desienne (Éditions du 38).

Le prix sera remis au lauréat durant les Aventuriales 2020 (26 et 27 septembre ; Ménétrol). Les titres en présélection sont visibles ici.

Mardi encore : appel à manuscrits du label Mü !

Le label Mü (des éditions Mnémos) ouvre les soumissions de manuscrit jusqu’au 31 mai 2020. Ils recherchent des textes « oscillant entre les genres et en conformité avec leur ligne éditorial de rupture dans le réel » (150 000 signes minimum).
Les soumissions devront être accompagnées d’une lettre de motivation, ainsi que du synopsis complet du texte. Toutes les infos nécessaires sont visibles ici.

Mercredi : Prix Booktube SFFF !

Pour la sixième année consécutive, la communauté Booktube SFFF anglophone (créateurs et créatrices de contenus, mais aussi spectateurs et spectatrices), se réunit autour du Prix Booktube SFFF, lequel rend hommage aux titres qui ont marqué l’année précédente. Voici les titres en lice dans les différentes catégories :

Meilleur roman de Science Fiction

  • Recursion, Blake Crouch (Crown)
  • A Memory Called Empire, Arkady Martin (Tor)
  • Gideon the Ninth, Tamsyn Muir (Tor.com Publishing)

Meilleur roman de Fantasy

  • Gods of Jade and Shadow, Silvia Moreno-Garcia (Del Rey)
  • The Starless Sea, Erin Morgenstern (Doubleday) = La Mer sans étoiles (Sonatine).
  • The Priory of the Orange Tree, Samantha Shannon (Bloomsbury) = Le Prieuré de l’Oranger (De Saxus).

Meilleur roman Young Adult

  • The Wicked King, Holly Black (Little, Brown)
  • The Gilded Wolves, Roshani Chokshi (Wednesday)
  • Sorcery of Thorns, Margaret Rogerson (McElderry)
  • Starsight, Brandon Sanderson (Delacorte)

Meilleur roman jeunesse

  • Dead Voices, Katherine Arden (Putnam)
  • Sal & Gabi Break the Universe, Carlos Hernandez (Disney/Hyperion)
  • Dragon Pearl, Yoon Ha Lee (Disney/Hyperion)
  • Tunnel of Bones, Victoria Schwab (Scholastic) = Cassidy Blake, tome 2 (à paraître chez Lumen ?)

Meilleur premier roman

  • The Ten Thousand Doors of January, Alix E. Harrow (Redhook)
  • A Memory Called Empire, Arkady Martin (Tor)
  • Gideon the Ninth, Tamsyn Muir (Tor.com Publishing)

Meilleure novella

  • To Be Taught, If Fortunate, Becky Chambers (Harper Voyager)
  • This Is How You Lose the Time War, Amal El-Mohtar & Max Gladstone (Saga)
  • The Test, Sylvain Neuvel (Tor.com Publishing).

Toutes les infos sur le prix ici !

Jeudi : Aubusson tisse Tolkien !

La Cité internationale de la Tapisserie continue sa Tenture Tolkien, entièrement réalisée à la main dans les ateliers et manufactures Aubusson-Felletin.
Aujourd’hui, ils lancent un projet de financement participatif pour deux des 14 tapisseries tirées des illustrations de Tolkien pour Le Hobbit. Détails du projet :

Bilbo woke up with the early Sun in his eyes

Le lendemain, Bilbo se réveilla avec le soleil de l’aurore dans les yeux. Il se leva d’un bond pour voir quelle heure il était et pour mettre sa bouilloire sur le feu… mais se rendit compte qu’il n’était pas du tout chez lui. Alors il se rassit et rêva d’un savon et d’une brosse. Il ne reçut ni l’un ni l’autre, ni thé, ni toasts, ni bacon pour son petit déjeuner, seulement du lapin et du mouton froids. Puis il dut se préparer à reprendre la route. Cette fois, on lui permit de monter sur le dos d’un aigle et de s’accrocher entre ses ailes.”
Le Hobbit, extrait, chapitre 7 « Une étrange demeure »

  • Aquarelle originale : 24,7 cm x 19,4 cm, 1937, conservée à la Bodleian Library, Oxford (MS. Tolkien Drawings 28) © The Tolkien Estate Limited 1937
  • => projet de tapisserie de 3,2 m x 2,54 m (8m²)

Conversation with Smaug

“Smaug était étendu là, dragon de forme immense, rouge doré, et il dormait profondément. Un grondement émanait de ses mâchoires et de ses narines, ainsi que des volutes de fumée ; mais dans son sommeil, son feu couvait. En dessous de lui, sous ses membres et sa longue queue enroulée, et partout autour de lui, éparpillés jusque dans les recoins les plus sombres, gisaient des tas et des tas de choses précieuses, de l’or brut ou finement ouvré, des gemmes et des joyaux, et de l’argent maculé de rouge dans l’embrasement de la salle.”
Le Hobbit, extrait, chapitre 12 « Des nouvelles de l’intérieur »

  • Aquarelle originale : 22,7 cm x 17,7 cm, 1937, conservée à la Bodleian Library, Oxford (MS. Tolkien Drawings 30), © The Tolkien Estate Limited 1937
  •  => Projet de tapisserie de 3,2 m x 2,69 m (8,6m²)

Ils espèrent recueillir 108 470 $ ; il reste 26 jours pour participer !

Vendredi : les Pépites de l’Imaginaire 2020 !

Chaque année, les Indés de l’imaginaire (à savoir les éditions Mnémos, ActuSF et Les Moutons électriques) vous proposent de découvrir des titres marquants des littératures de l’imaginaire. Et voici les trois titres 2020 (clic sur les titres pour découvrir des extraits lorsqu’ils existent) :

Les chevaliers du tintamarre, Raphaël Bardas (Mnémos) :

Avant d’être héros, chevalier ou prince, il faut savoir lever le coude !
Silas, Morue et Rossignol rêvent d’aventures et de grands faits d’armes tout en vidant chope de bière sur chope de bière à la taverne du Grand Tintamarre, qu’ils peuvent à peine se payer. Lorsque la fantasque et très inégalitaire cité de Morguepierre, entassée sur les pentes d’un volcan, devient le théâtre d’enlèvements de jeunes orphelines et voit des marie-morganes s’échouer sur ses plages, les trois compères se retrouvent adoubés par un vieux baron défroqué et chargés de mener l’enquête. Les voilà lancés sur les traces d’un étrange spadassinge, d’un nain bossu et d’un terrible gargueulard, bien décidés à leur mettre des bâtons dans les roues… et des pains dans la tronche.

Pour lire l’entretien qu’il a eu avec la rédaction du site ActuSF, ça se passe là.

Cuits  à point, Elodie Serrano (Actusf) :

Gauthier Guillet et Anna Cargali parcourent la France pour résoudre des mystères qui relèvent plus souvent d’arnaques que de véritables phénomènes surnaturels. Mais leur nouvelle affaire est d’un tout autre calibre : pourquoi la ville de Londres subit-elle une véritable canicule alors qu’on est en plein hiver et que le reste de l’Angleterre ploie sous la neige ? Se pourrait-il que cette fois des forces inexpliquées soient vraiment en jeu ?

Et voici où lire l’entretien qu’elle a eu avec la rédac’ d’Actusf.

Le chant des Cavalières, Jeanne Mariem Corrèze (Les Moutons électriques) :

Dragons, cavalières et herboristes !
Un royaume divisé, instable, des forces luttant pour le pouvoir. Un Ordre de femmes chevauchant des dragons. Des matriarches, des cavalières, des écuyères et, parmi elles, Sophie, qui attend. Le premier sang, le premier vol ; son amante, son moment ; des réponses à ses questions. Pour trouver sa place, elle devra louvoyer entre les intrigues de la cour et de son Ordre, affronter ses peurs et ses doutes, choisir son propre destin, devenir qui elle est vraiment.

Et hop pour son interview !

Et ce n’est pas tout ! C’est le moment de sortir son agenda. Cette parution simultanée s’accompagne d’une dédicace de lancement, qui aura lieu à la Librairie La Dimension fantastique (106 rue La Fayette, Paris 10e), le samedi 7 mars, de 16h à 18h. Infos subsidiaires ici.

Week-end : les titres en lice pour le #PLIB2020 !

Le PLIB, Prix Littéraire de l’Imaginaire BooktubeursApp, vient de dévoiler les titres qui concourent pour le prix 2020. Les voici :

Mers mortes, Aurélie Wellenstein (Scrineo).
Je suis fille de rage, Jean-Laurent Del Socorro (Actusf).
Les Brumes de Cendrelune, Georgia Caldera (J’ai Lu).
La Cité des chimères, Vania Prates (Snag).
Félines, Stéphane Servant (Rouergue.)

 

Bon dimanche !

Brèves de comptoir #228

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

 

Lundi : la SF va-t-elle nous sauver de l’Apocalypse climatique ?

L’article de Clément Coulet est à lire sur Le Vent se lève.

Lundi encore : le retour du festival Yggdrasil !

Le festival Yggdrasil de Lyon se tient les 22 et 23 février 2020 à l’Eurexpo (Eurexpo – Boulevard de l’Europe – 69680 Chassieu). Le programme est visible ici.

Mardi : première sélection pour le Grand Prix de l’Imaginaire !

Le GPI, qu’est-ce que c’est ? Le Grand Prix de l’Imaginaire (ou GPI) récompense, dans 12 catégories différentes, des œuvres de l’imaginaire depuis 1992 ; le prix existe en fait depuis 1974 mais se concentrait alors sur la SF. La remise du prix aura lieu, comme les années précédentes, dans la Maison de l’Imaginaire pendant le festival Saint-Malo Étonnants Voyageurs.

Roman francophone :

Vie™ de Jean Baret (Le Bélial’)
Civilizations de Laurent Binet (Grasset)
Les Furtifs de Alain Damasio (La Volte)
Le Chant mortel du soleil de Franck Ferric (Albin Michel)
L’Homme électrique de Victor Fleury (Bragelonne)
Rouge impératrice de Léonora Miano (Grasset)
Les Machines fantômes d’Olivier Paquet (L’Atalante)
Chimère d’Emmanuelle Pireyre (L’Olivier).

Roman étranger :

La Fracture de Nina Allan (Tristram)
Sauvage de Jamey Bradbury (Gallmeister)
Vita Nostra de Marina & Sergueï Diatchenko (L’Atalante)
Diaspora de Greg Egan (Le Bélial’)
La Cité de l’orque de Sam J. Miller (Albin Michel)
Trop semblable à l’éclair de Ada Palmer (Le Bélial’)
L’Effondrement de l’empire de John Scalzi (L’Atalante)
Chasseurs & Collectionneurs de Matt Suddain (Au diable vauvert)
Terminus de Tom Sweterlitsch (Albin Michel).

Nouvelle francophone :

« Pitch de vente aux Archétypes » de Michèle Laframboise (in Galaxies n° 60)
« La Longue patience de la forêt » de Christian Léourier (in Bifrost n° 93)
Helstrid de Christian Léourier (Le Bélial’)
« Le Vieillard, l’enfant et la cuillère pensante » de Denis Roditi (in Solaris n° 212)
Faites comme si vous étiez morts (recueil) de Sammy Sapin (L’Arbre vengeur)
« Dans la nécropole troyenne » de Jean-Louis Trudel (in Galaxies n° 57).

Nouvelle étrangère :

Lumières noires (recueil) de N.K. Jemisin (Nouveaux Millénaires)
« Nouer des liens » de Ken Liu (in Galaxies n° 61)
« Ceux qui restent » de Ken Liu (in Galaxies n° 58)
Son corps et autres célébrations (recueil) de Carmen Maria Machado (L’Olivier)
« La Fille qui saigne » de Shweta Taneja (in Galaxies n° 58)
Les Meurtres de Molly Southbourne de Tade Thompson (Le Bélial’)
« ZeroS » de Peter Watts (in Bifrost n° 93)
Journal d’un AssaSynth, tomes 1 à 4, de Martha Wells (L’Atalante).

Roman jeunesse francophone :

Boxap 13-07 d’Amalia Anastasio (Scrineo)
L’Arrache-mots de Judith Bouilloc (Hachette jeunesse)
Cogito de Victor Dixen (Robert Laffont)
L’Odeur du jour de Danielle Martinigol (Hachette jeunesse)
Le Démêleur de rêves de Carina Rozenfeld (Scrineo)
Félinesde Stéphane Servant (Rouergue)
L’Estrange Malaventure de Mirella de Flore Vesco (L’École des loisirs).

Roman jeunesse étranger :

Le Club de l’ours polaire, tomes 1 & 2, d’Alex Bell (Gallimard jeunesse)*
L’Anti-magicien, tomes 1 à 4, de Sebastien De Castell (Gallimard jeunesse)
♥ La Voix des ombres de Frances Hardinge (Gallimard jeunesse)
Le Dernier magicien, tomes 1 & 2, de Lisa Maxwell (Casterman)
Le Prieuré de l’Oranger de Samantha Shannon (De Saxus)
La Faucheuse, tomes 1 à 3, de Neal Shusterman (Robert Laffont)
Nevermoor, tomes 1 & 2, de Jessica Townsend (Pocket jeunesse)
Les Voleurs de vœux de Jacqueline West (Milan).

Traduction : Prix Jacques Chambon

Michèle Albaret-Maatsch pour Les Testaments de Margaret Atwood (Robert Laffont)
Michelle Charrier pour Trop semblable à l’éclair de Ada Palmer (Le Bélial’)
Florence Dolisi pour Aurora de Kim Stanley Robinson (Bragelonne)
François-Michel Durazzo pour Le Testament d’Alceste de Miquel De Palol (Zulma)
Claire Duval pour La Défense du paradis de Thomas Von Steinaecker (L’Atalante)
Laure Hinckel pour Solénoïde de Mircea Cartarescu (Noir sur Blanc)
Anne-Sylvie Homassel pour La Cité de l’orque de Sam J. Miller (Albin Michel)
Nathalie Mège pour Vorrh de Brian Catling (Fleuve)
Hélène Papot pour Son corps et autres célébrations de Carmen Maria Machado (L’Olivier)
Denis E. Savine pour Vita Nostra de Marina & Sergueï Diatchenko (L’Atalante).

Graphisme : Prix Wojtek Siudmak

Philippe Aureille pour Les Îles noires de Sylvie Lainé (Organic)
François Baranger pour Les Montagnes hallucinées, tome 1, de Howard Phillips Lovecraft (Bragelonne)
Benjamin Carré pour L’Alchimie de la pierre d’Ekaterina Sedia (Pocket)
Laurent Durieux pour Chroniques martiennes de Ray Bradbury (Denoël)
Didier Graffet pour Effluvium de Didier Graffet & Xavier Mauméjean (Bragelonne)
Manchu pour Lune montante de Ian McDonald (Denoël)
Aurélien Police pour Les Machines fantômes d’Olivier Paquet (L’Atalante)
Guillaume Sorel pour l’intégrale des Nouvelles de Jack Vance (Le Bélial’).

Essai :

La revue Anticipation n°2 : L’Odyssée spatiale (Books on Demand)
Science-fiction, prothèses et cyborgs dirigé par Jérôme Goffette (Books on Demand)
Lovecraft : Je suis Providence de S.T. Joshi (ActuSF)
Station Metropolis direction Coruscant d’Alain Musset (Le Bélial’)
L’Étoffe dont sont tissés les vents d’Antoine St. Épondyle (Goater)
Anatomie comparée des espèces imaginaires de Chewbacca à Totoro de Jean-Sébastien Steyer (Le Cavalier bleu)
Tolkien et les sciences dirigé par Jean-Sébastien Steyer, Roland Lehoucq & Loïc Mangin (Belin).

Prix Spécial :

L’anthologie Dracula et autres écrits vampiriques, composée par Alain Morvan, dans la Bibliothèque de la Pléiade (Gallimard)
Les éditions de l’Arbre vengeur pour leur travail patrimonial
Les éditions du Bélial’ pour l’Intégrale des Nouvelles de Jack Vance
Les éditions Critic pour l’Intégrale Grainger des étoiles de Brian Stableford
Les éditions Publie.net et Philippe Éthuin pour avoir exhumé et publié L’Empire savant de Pierre-Marie Desmarest
Jean-Pierre Dionnet pour son parcours au service de la pop culture, relaté dans Mes moires, un pont sur les étoiles (Hors Collection)
Fleur Hopkins pour l’exposition Le Merveilleux scientifique à la BnF
♥ La BnF pour l’exposition Tolkien, Voyage en Terre du Milieu

Mercredi : les éditions Leha recherchent des partenaires blogueurs !

Et voici leur annonce :

ALERTE PARTENARIATS !!!
Blogueuses, blogueurs, bookstagrameuses, bookstagrameurs, booktubeuses, booktubeurs, critiques,… !!!
Vous êtes passionné(e)s de littérature imaginaire, en particulier de SFFF ?
Que diriez-vous d’avoir la possibilité de devenir partenaire de Leha et de recevoir des services de presse ?
Pour cela, rien de plus simple ! Envoyez votre envie de collaboration à :
contact@editions-leha.com
Toutes les candidatures seront étudiées avec bienveillance et attention !
A vous de jouer !

Jeudi : toutes les sélections des Prix Imaginales !

Alors, toutes ou presque, car la sélection du Prix Imaginales n’est pas encore connue. En revanche, on connaît les sélections des Prix Imaginales des Bibliothécaires, des Lycéens, des Collégiens et des Ecoles. Récap !

Prix Imaginales des Écoliers :

Créé en 2015, le Prix Imaginales des Écoliers invite les écoliers spinaliens à voter pour leur titre préféré parmi la sélection de l’année :

  • Alain GROUSSET – Celui qui dessinait les dieux – Scrineo
  • Betty PICCIOLI – A.I. Amis Imaginaires – Castelmore
  • Adeline RUEL – La toute petite librairie – Gulf Stream.

Prix Imaginales des Collégiens :

Créé en 2009, le Prix Imaginales des Collégiens, PIC pour les intimes, a pour but de promouvoir les littératures de l’imaginaire auprès du jeune public, en lui proposant des sélections riches et variées. Tous les ans, les collégiens sont appelés à voter pour leur titre préféré, qui se voit attribuer la prestigieuse récompense au cours des Imaginales (Épinal).

  • David BRY – Le garçon et la ville qui ne souriait plus – Lynks
  • Jérôme LEROY – Lou, après tout, T1 : le grand effondrement – Syros
  • David MOITET – Le secret de Tharanis, T1 : l’île sans nom – Didier Jeunesse
  • Carina ROZENFELD – Je peux te voir – Gulf Stream
  • Adrien TOMAS – Engrenages et sortilèges – Rageot.

Prix Imaginales des Lycéens :

Le Prix Imaginales des Lycéens, PIL pour les intimes, a pour but de promouvoir les littératures de l’imaginaire auprès du jeune public, en lui proposant des sélections riches et variées. Tous les ans depuis 2005, les lycéens sont appelés à voter pour leur titre préféré, qui se voit attribuer la prestigieuse récompense au cours des Imaginales.

  • Chloé JO BERTRAND – Apocalypse Blues, T1 – Bragelonne
  • Victor DIXEN – Cogito – Robert Laffont
  • Estelle FAYE – Les Nuages de Magellan – Scrineo
  • Katia LANERO ZAMORA – Les Ombres d’Esver – ActuSF
  • Camille LEBOULANGER – Malboire – L’Atalante.

Prix Imaginales des Bibliothécaires :

Lancé en 2018, le Prix Imaginales des Bibliothécaires est le 4e prix spécial décerné par le festival spinalien des Imaginales. À ce titre, il côtoie ceux des lycéens, des collégiens et des écoliers. Sous la houlette du comité de sélection (composé de Stéphanie Nicot, 6 bibliothécaires référents et deux responsables éditoriales de Premier Chapitre), les bibliothécaires lisent les 5 titres de la sélection, qu’ils classent à l’issue de la période de lecture (de janvier à avril).

  • Alain Damasio, Les Furtifs, Éditions La Volte
  • Mathias Malzieu, Une Sirène à Paris, Albin Michel
  • Thibaud Latil-Nicolas, Chevauche-brumes, Mnémos
  • Christian Léourier, La Lyre et le glaive T1 : Diseur de Mots, Critic
  • Aurélie Wellenstein, Mers mortes, Scrineo.

Vendredi: les villes de SF à la radio !

Nicolas Martin dans La Méthode scientifique disserte sur les villes de SF. Voici le programme :

« L’importance de l’imaginaire et des œuvres de fiction dans la construction de l’image de la ville. Comment sont représentées les villes dans les dystopies ? Sur quel schéma ces villes sont-elles bâties ? D’où vient cette idéologie anti-urbaine ». 
Autour de la table, Alain Musset (Géographe, directeur d’études à l’EHESS) et Natacha Vas-Deyres (Chercheuse associée de l’université Bordeaux Montaigne, spécialiste de la littérature d’anticipation). C’est à écouter en podcast, sur le site de France Culture.

Vendredi encore : appel à textes !

Les éditions Évidence cherchent des dystopies young adult ! Voici les conditions :

Dans la lignée de La sélection, The Book of Ivy, Hunger Games ou encore Le Labyrinthe, la Collection Imaginaire recherche des dystopies Young Adult !
Votre livre devra dépeindre un monde où le bonheur semble impossible à atteindre. Vos personnages devront être bien travaillés, l’action et les rebondissements seront au rendez-vous. Nous acceptons les one-shot, les duologies et les trilogies.Conditions de soumission :
❀ 200 000 signes espaces comprises minimum
❀ Times new roman 12
❀ Interligne 1,5
❀ Tiret cadratin pour les dialogues
❀ Texte en .docx (pas de PDF)Vous avez jusqu’au 31 août 2020 pour faire parvenir vos manuscrits à imaginaire.collection@gmail.com
Merci de mettre en objet du mail : AT Dystopie Young-Adult
A vos plumes !

Week-end : GN Princesse Sara !

Le jeu de rôle Grandeur Nature (GN pour les intimes) Princesse Sara : L’Orphélinat aura lieu le 8 mai prochain au Manoir de Longuelune (Lieu-dit Longuelune, 27130 Piseux, Haute-Normandie).
La scénariste, Audrey Alwett, et l’illustratrice Nora Moretti y seront et interprèteront des PNJ (personnages non joueurs). A l’heure de la rédaction de ces brèves, il restait extrêmement peu de places, mais peut-être le sort vous sera-t-il favorable ?
Infos supplémentaires ici.

Bon dimanche !

Vox, Christina Dalcher.

Jean McClellan est docteure en neurosciences. Elle a passé sa vie dans un laboratoire de recherches, loin des mouvements protestataires qui ont enflammé son pays. Mais, désormais, même si elle le voulait, impossible de s’exprimer : comme toutes les femmes, elle est condamnée à un silence forcé, limitée à un quota de 100 mots par jour. En effet, le nouveau gouvernement en place, constitué d’un groupe fondamentaliste, a décidé d’abattre la figure de la femme moderne. Pourtant, quand le frère du Président fait une attaque, Jean est appelée à la rescousse. La récompense ? La possibilité de s’affranchir – et sa fille avec elle – de son quota de mots. Mais ce qu’elle va découvrir alors qu’elle recouvre la parole pourrait bien la laisser définitivement sans voix…

En regardant les nouveautés à la médiathèque, je suis tombée sur ce titre, en audio. Comme ma dernière lecture audio remonte à facilement 6 ou 7 ans, je me suis dit qu’il était grand temps de réessayer cette méthode — et ce d’autant que je la conseille à tour de bras aux usagers de la bib. L’occasion faisant le larron, j’ai donc emprunté ce titre qui me faisait de l’œil depuis un moment.

Et bien m’en a pris, car j’ai vraiment aimé !
L’enregistrement est de bonne qualité, et Gaëlle Savary, la lectrice, met parfaitement le ton, ce qui rend l’écoute à la fois facile à suivre et hyper prenante (pour ne rien vous cacher, j’ai religieusement écouté sa voix 5 heures d’affilée au premier coup).
Elle parvient à nuancer sa voix afin de différencier légèrement les divers locuteurs, et je ne me suis jamais sentie perdue dans les parties dialoguées (même si certaines voix forcées m’étaient moins agréables que d’autres). Elle parvient également à moduler la différence entre les récits de pensée de la narratrice, Jean, et les parties où elle s’exprime réellement, de façon à ce que ce soit perceptible avant même que la narration ne le précise. Et, évidemment, vu le sujet du livre, cette différenciation est très précieuse !

Le récit embrasse tous les codes de la dystopie. On se situe donc dans une Amérique du XXIe siècle, dont les dérives politiques et religieuses ont poussé le patriarcat à son paroxysme. Désormais, tous les individus de sexe féminin sont équipés d’un compte-mots qui les limite, dans le meilleur des cas, à 100 mots par jour. Au-delà, des décharges électriques de plus en plus puissantes sont dispensées via le bracelet. Jean, la narratrice, a vu la société américaine évoluer vers ce changement, sans jamais rien faire pour s’y opposer, au grand désarroi de son amie Jackie, beaucoup plus impliquée – et désormais internée dans ce qui ressemble à un goulag. De fait, Jean ne fait pas grand-chose pour changer sa condition, celle de sa fille, celle de ses congénères. Elle est plutôt passive devant la situation et découvrira tardivement dans le roman qu’il existait pourtant une résistance (pas seulement menée par des femmes, d’ailleurs !). Et bizarrement, j’ai aimé ce point de vue, aussi passif soit-il. Cela change de ce à quoi je me suis habituée en dystopie !
J’ai trouvé que cela contribait au réalisme du récit. Évidemment, dans une situation similaire, on aimerait sans doute – j’imagine ? – toutes être Katniss. Mais soyons réaliste, pour une Katniss, il y a probablement mille Jean, passives et abasourdies. La bascule et le cheminement parcouru par cette Amérique puritaine et extrémiste semblent si doux et imperceptibles, que l’on imagine sans peine une telle aberration se produire, d’autant que nous sommes dans un contexte où il faut de plus en plus être vigilants sur les droits accordés, ou retirés, aux femmes (entre autres).

Pour être tout à fait honnête, bien que je sois restée suspendue à la voix de Gaëlle Savary, j’ai un peu décroché dans la seconde partie, ce qui me fait penser que si je l’avais lu en papier, j’aurais sans doute expédié certains chapitres. Non pas que ce soit inintéressant, mais dès l’instant où Jean se met dans l’action, j’ai trouvé le récit moins palpitant. Malgré tout, les fins de chapitres sont généralement assez percutantes, ce qui a relancé mon intérêt. Mais je me suis justement dit à plusieurs reprises que mon intérêt tenait sans doute au fait que le texte m’était lu. Malgré cela, le récit se tient et les péripéties sont prenantes jusqu’à la fin, quoiqu’un ou deux développements m’aient semblé un peu faciles – il y a notamment un adjuvant qui se révèle sur la fin, et j’ai trouvé ça un peu trop pratique pour être honnête.

Sans être un coup de cœur, voilà une dystopie portant sur les droits des femmes et l’égalité des sexes, qui gratte un peu aux entournures, et qui m’a bien plu, même si je dois reconnaître que le fait de l’avoir écoutée plutôt que lue y est sans doute pour beaucoup !

Vox, Christina Dalcher. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Michael Belano. Lizzie, 2019, 10h51. Lu par Gaëlle Savary.

Brèves de comptoir #227

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : vers un nouvel âge d’or de la Fantasy ?

C’est la question que se pose Jean-Sébastien Guillermou, au vu des nombreuses séries SFFF qui paraissent en ce moment, et rencontrent un certain succès. L’article est à lire ici.

Lundi encore : avez-vous voté pour le Grand Petit Prix Bookenstock ?

Tous les ans, Dup & Phooka invitent les lecteurs à voter pour le Grand Petit Prix (GpP pour les intimes), parmi leurs coups de coeur de l’année révolue. Cette année, les votes sont ouverts jusqu’au 15 février, dans les trois catégories habituelles (Imaginaire, Polars, jeunesse et YA). Toutes les infos sont visibles ici.

Lundi toujours : premier teaser pour Kaamelott !

Le premier volet de la trilogie prévue au cinéma devrait paraître le 29 juillet. En attendant la date dite, l’équipe du film a dévoilé un premier teaser.

Mardi : deux études sur l’imaginaire !

Les médiateurs de l’imaginaire :

Un collègue bibliothécaire chargé des fonds imaginaire et des formations sur le sujet cherche à cerner les pratiques des bibliothécaires et libraires, qui travaillent les littératures de l’imaginaire. Si vous faites parties de ces médiateurs, il y a un petit questionnaire (5 minutes !) à remplir ici.

Les lectorats de fantasy :

Le but de ce questionnaire-ci est de mener une « étude détaillée et approfondie auprès des lectrices et lecteurs de fantasy, afin d’en dresser un panoramique aussi complet que précis, dans le cadre d’un mémoire de Littérature générale et comparée. » A remplir ici !

Mardi encore : nouveau festival SF à Mérignac !

La médiathèque de Mérignac crée cette année le festival pluri-disciplinaire Hypermondes consacré aux littératures, jeux-vidéo, séries, cinéma, etc. Thème de cette première édition : les Robots !
Il se tiendra du 19 au 21 juin 2020 à Bordeaux. Affaire à suivre ici !

Mercredi : coup de cœur des Imaginales !

Il s’agit, pour l’année 2020, de Floriane Soulas. Félicitations !
J’en profite pour glisser l’affiche ; elle est signée Armel Gaulme.

Mercredi encore : les coulisses de The Witcher !

Dans deux vidéos publiées récemment, Netflix propose d’approfondir la série The Witcher : la première vidéo est consacrée aux épées de Geralt, tandis que la seconde décrypte le tournage de la scène de combat de Blaviken.

 

 

Et au vu du succès remporté par la série, Netflix s’est positionné sur un autre projet d’adaptation des romans d’Andrzej Sapkowski, en film d’animation, cette fois. Celui-ci, intitulé Nightmare of the Wolf, sera réalisé par le studio d’animation Studio Mir, avec Lauren Schmidt Hissrich et Beau DeMayo à la production.

Jeudi : des nouvelles offertes !

En français.

Les deux nouvelles récompensées par les lecteurs de Bifrost sont disponibles au téléchargement – gratuit et légal – sur le site du Bélial’. Il s’agit de «  ZeroS » de Peter Watts (catégorie étrangère) et « La Longue Patience de la forêt » de Christian Léourier (catégorie francophone).

En anglais.

 

 

Illustration de Micah Epstein.

Garth Nix met à disposition gratuitement une courte nouvelle intitulée « The Case of the Somewhat Mythic Sword », dans laquelle on suit Sir Magnus Holmes, cousin du célèbre détective anglais, enquêtant sur l’apparition, dans la cave d’un pub londonien, d’un chevalier muni d’une légendaire épée.

Jeudi encore : une tenture Tolkien participative !

L’association Sur les Terres de l’Unique organise depuis plusieurs années maintenant une convention dédiée à l’univers de Tolkien. Cette année, elle vous invite à participer à la création d’une tenture en patchwork, qui représentera un arbre – motif cher à J.R.R. Tolkien. Dès le 1er juillet, les couturières de l’association assembleront les différentes contributions ; la tenture sera exposée lors de la convention 2020, avec un panneau citant les participants.
Si le défi vous tente, voici les consignes :

Un carré de tissu de 21 cm de côté (20 + 1 de marge)…
Une feuille, ou un fruit, ou une fleur, ou un oiseau étrange…
Appliqué, cousu, brodé…

Les réalisations sont à envoyer avant le 25 juin à l’adresse suivante : Catherine Oudoul – 27 rue d’Armor- 22580 Plouha- France

La convention, quant à elle, aura lieu les 26 et 27 septembre. Infos supplémentaires ici.

Vendredi : les bilans 2019 des libraires de l’imaginaire !

Le site Elbakin propose cette année un nouveau rendez-vous ! En sus du désormais traditionnel « L’année des éditeurs » (dont les épisodes 2020 sont lisibles au fur et à mesure ici), voici le dernier rendez-vous en date : le bilan 2019 des libraires.
Trois articles sont déjà en ligne, ceux des librairies Decitre (Grenoble), Critic (Rennes) et Le Nuage Vert (Paris).

Vendredi encore : le catalogue Ghibli sur Netflix !

Sept films du studio Ghibli sont désormais disponibles sur Netflix :
Mon voisin Totoro
Le Château dans le Ciel
Porco Rosso
Kiki la petite sorcière
Je peux entendre l’océan
Souvenirs goutte à goutte
Les contes de Terremer

Les prochains seront en ligne les 1er mars et 1er avril !

 

Bon dimanche !

 

L’Héritage des Rois-Passeurs, Manon Fargetton.

La dernière héritière d’une lignée royale doit fuir notre monde et retourner dans celui de ses ancêtres pour échapper aux hommes qui veulent l’éliminer. Là-bas, une princesse rebelle rentre chez elle pour prendre ce qui lui est dû : le trône d’Ombre. Voici l’histoire de deux femmes, de deux mondes imbriqués, de deux retours simultanés qui bouleverseront une fois de plus le destin tortueux du royaume d’Ombre. Coïncidence, ou rencontre orchestrée de longue date ?

On ne pourra pas dire que j’ai fini l’année 2019 en beauté, puisque ma dernière lecture a été celle-ci, et que j’en suis sortie assez mitigée.
Pourtant, ça démarrait super bien : une scène de chasse aux dragons bourrée d’adrénaline mettant en scène une voltigeuse surdouée nous plonge directement dans le bain. Puis le décor change, et l’on arrive sur Terre où l’on suit Enora, qui s’apprête à célébrer dignement ses 20 ans – sauf que la fête tourne au drame. Sans trop de surprise, les deux héroïnes sont liées, Enora passant rapidement de Rive (la Terre que l’on connaît) à Ombre (l’univers dans lequel évolue Ravenn, notre chasseuse de dragons).

Alors qu’est-ce qui ne l’a pas fait ?
Tout d’abord, je crois que cela tient aux personnages. D’une part, ils sont assez nombreux, car il faut composer avec l’entourage d’Enora, celui de Ravenn, les opposants divers et variés, comme les personnages qui passent en arrière-plan. En soi, une foultitude de personnages, ce n’est pas gênant mais ici, il m’a manqué un petit quelque chose pour réellement m’y accrocher. En effet, les deux héroïnes sont assurément des femmes résilientes, très fortes et aux caractères bien trempés… et c’est tout. J’ai eu l’impression que l’on me répétait à longueur de page combien elles étaient badass, sans réellement en ressentir les effets ou les manifestations. Ce qui m’a laissée quelque peu dubitative devant les péripéties : certes, je savais que les personnages étaient très forts, mais j’avais l’impression de n’en voir que les façades, ce qui ne m’a guère aidée à adhérer à leurs aventures. D’autre part, j’ai trouvé que les personnages étaient éminemment classiques, principaux comme secondaires. En soi, à nouveau rien de gênant. Mais ajouté au fait que je ne les ai pas trouvés tout à fait assez creusés, cela a suffi à me faire décrocher.

Par ailleurs, l’intrigue générale ne m’a pas tellement passionnée, pour être tout à fait honnête. Oui, la scène d’intro est génialissime mais malheureusement, on quitte l’univers des chasseurs de dragons pour retrouver l’ancienne vie de Ravenn (qui s’appelle finalement Élouane). D’aucuns pourraient dire que je n’avais qu’à relire le résumé, la couleur y étant annoncée (et en effet, j’aurais dû), mais je me suis fait confiance en piochant ce livre dans ma PAL sans en relire l’accroche. Et j’avoue que j’aurais préféré rester avec les dragons, tant les problèmes d’Ombre me sont passés au-dessus du crâne. Les développements m’ont généralement parus assez attendus, qu’il s’agisse de traîtrises, d’alliés inattendus, ou de renversements de situation de dernière minute. Certaines péripéties m’ont même semblé assez étranges – tel l’arc narratif consacré à l’espionne des mages, qui m’a plus semblé plaqué sur l’intrigue que parfaitement crédible.

Pourquoi me suis-je donc entêtée ? Parce qu’en réalité, j’ai trouvé l’univers vraiment intéressant, tout comme le système de magie. J’ai adoré l’idée des deux univers se répondant comme deux reflets, que ce soit au niveau de la géographie, comme au niveau de la population. J’ai aimé que le pouvoir des Rois-passeurs ne soit ni le pouvoir le plus recherché qui soit, ni celui qui est conquis à la fin. Enfin, il faut reconnaître à Manon Fargetton qu’elle sait comment raconter des histoires. Car malgré tout ce que j’ai pu trouver à y redire, j’ai lu le livre jusqu’à la dernière ligne. Et j’ai même envie de lire le spin-off, c’est dire !

Si les personnages et l’intrigue du roman n’ont pas su me convaincre, j’ai apprécié de retrouver le style fluide et l’imaginaire de Manon Fargetton. Au point d’avoir envie de lire Les Illusions de Sav-Loar, malgré mon avis mitigé sur ce tome-ci !

L’Héritage des Rois-Passeurs, Manon Fargetton. Bragelonne, avril 2015, 376 p.