Foi et Beauté, Jane Thynne.


Berlin à la veille de la guerre… Alors que des soldats se pressent dans les rues et que des espions s’agitent dans l’ombre, Lotti Franke, une adolescente appartenant à l’organisation Foi et Beauté, l’école d’élite pour les jeunes femmes nazies, est retrouvée enterrée dans une fosse peu profonde. Clara Vine se voit proposer pour le cinéma le rôle le plus ambitieux qu’elle ait jamais joué. Et dans sa vie plus secrète, les services de renseignement britanniques la convoquent à Londres pour enquêter sur des rumeurs selon lesquelles les nazis et les Soviétiques envisageraient de conclure un pacte. Lorsqu’elle apprend la mort de Lotti, Clara décide de découvrir ce qui lui est arrivé. Mais ce qu’elle met au jour est a une valeur inestimable pour le régime nazi. L’objet qui a conduit au meurtre de Lotti… peut aussi la mener à sa perte.

Foi et Beauté est la quatrième aventure de Clara Vine dans le Berlin de l’avant-guerre. Cette fois, elle est plus proche que jamais, l’intrigue se déroulant durant le premier semestre de l’année 1939. Sans surprise, l’histoire est donc de plus en plus sombre et on est très loin des débuts exaltants de Clara à Berlin.
Si l’ambiance est aussi sombre, c’est que Clara est surveillée tel le lait sur le feu, non seulement par Goebbels, le ministre de la propagande, mais aussi par la Gestapo. En plus de cela, elle angoisse en raison de la religion juive de sa grand-mère – ce qui fait d’elle, aux yeux des nazis, une femme juive, bien qu’elle ne pratique pas ni n’ait été élevée selon cette foi. Conséquence immédiate :  Clara espionne nettement moins que précédemment et se contente plutôt de noter les petits faits qui sortent de l’ordinaire, sans trop se lancer dans de grandes opérations.

L’histoire n’en est pas moins prenante, loin de là ! Comme dans les tomes précédents, Clara se retrouve à devoir chercher des informations sur une macabre affaire, en l’occurrence la mort de son apprentie, Lotti. Mais, comme dans les volumes précédents, ce n’est pas tellement le cœur de l’histoire, et cela passe même durant un certain temps au second plan. C’est le tout, mis bout à bout, qui contribue à créer la tension qui sous-tend toute l’intrigue. Ça et, bien sûr, le climat de l’époque : car on sait très bien comment s’est terminé l’été 1939 et cette issue inéluctable ne fait que rendre l’intrigue en cours plus pesante.

Jane Thynne retranscrit d’ailleurs à merveille l’ambiance de l’époque, ses descriptions ne taisant rien des privations que subissent les Berlinois : pénuries de nourriture, de café, mais aussi de savon et autres produits de première nécessité. Elles ne taisent pas non plus les crimes odieux des nazis contre les populations ne trouvant pas grâce à leurs yeux. Et ce ne sont pas seulement des éléments lointains, en toile de fond : l’Arianechweis (le permis de circuler, en quelque sorte) de Clara est remis en question, transformant la moindre sortie en périlleuse expédition. On touche donc du doigt l’angoisse des Berlinois en cette fin d’été.
Mais à côté de la terrible machine à broyer nazie, le roman met aussi en valeur les réseaux de résistance installés en plein Berlin, de quelque obédience qu’ils soient. Évidemment, tout ce petit monde est soumis à haute surveillance ce qui fait que, plus l’histoire avance, plus l’on a conscience de l’importance de la mission de Clara… mais aussi du danger permanent qu’elle risque.

Côté cœur (car c’est aussi une composante importante de la série, on ne va pas le nier), on ne peut pas dire que Clara soit vraiment à la fête : après sa brève réapparition dans le tome précédent, Leo Quinn est de nouveau aux abonnés absents – et vu le climat général, l’ambiance n’est pas vraiment propice à la sensualité. Quoi qu’il en soit, le roman accorde une importance assez marquée à leur relation, en apportant de nouvelles perspectives – dont je ne dirai rien de plus, de peur de divulgâcher des éléments essentiels de l’intrigue.

En somme, la quatrième aventure de Clara nous amène au plus proche de la guerre : au terme des quelques 400 pages du roman, on est arrivés à quelques jours de l’entrée en guerre. Le roman dépeint de façon assez factuelle, mais néanmoins terrifiante, l’inexorable montée en puissance du nazisme. La conclusion, assez ouverte, laisse tout imaginer quant à l’avenir de Clara : le tome 5 étant paru en version anglaise, on peut imaginer qu’on l’aura assez vite en français. J’ai hâte de le lire !

◊ Dans la même série : Les Roses noires (1) ; Le Jardin d’hiver (2) ; La Guerre des fleurs (3).

Clara Vine #4, Foi et Beauté, Jane Thynne. Traduit de l’anglais par Philippe Bonnet.
JC Lattès, 7 février 2018, 474 p.
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Brèves de comptoir #173

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : grand procès de Cersei Lannister !

Vendredi 6 avril, à 19h30, à la Sorbonne, se tiendra le procès de Cersei Lannister : des étudiants s’affronteront ainsi devant le public avec éloquence pour défendre ou accuser le personnage de Cersei (vraisemblablement en se basant sur la série TV, elle-même inspirée de la série Le Trône de Fer de G.R.R. Martin).

L’événement est organisé par l’association de Débat et d’Éloquence de la Sorbonne et l’association des Étudiants de l’École de Droit de la Sorbonne. Vous pouvez y assister même sans être étudiant à la Sorbonne ; des formulaires d’inscription devraient être disponibles sur la page facebook de l’événement, sur laquelle vous trouverez d’autres informations.

Lundi encore : « Netflix est utile pour rentabiliser les films ! »

C’est l’avis de Jeff VanderMeer, dont vous pouvez lire l’interview dans Le Point, à l’occasion de l’adaptation de son roman Annihilation, disponible sur Netflix.

Mardi : interview de Robin Hobb !

A l’occasion de son passage en France pour le Salon du Livre de Paris, Robin Hobb est allée à la rencontre de ses lecteurs (à Lyon, ou à la bibliothèque de Port-Royal). La première rencontre a été filmée et vous la visionner ci-dessous !

Mercredi : inscriptions ouvertes au MOOC SF !

Les inscriptions au MOOC de l’Université d’Artois dédié à la découverte de la Science-Fiction viennent d’ouvrir !
Elles sont ouvertes jusqu’au 22 juin 2018. Toutes les infos sur le site de FUN !

Mercredi encore : une série Netflix basée sur la légende arthurienne !

La série est prévue en 10 épisodes et s’inspirera du roman Cursed de Tom Wheeler et Frank Miller (pour les illustrations), à paraître à l’automne 2019 en VO chez Simon & Schuster.
L’histoire réinterprétera le mythe et tournera autour de l’histoire de la jeunesse de Nimue, future Dame du Lac qui, juste après la mort de sa mère, fait la rencontre d’un jeune mercenaire (Arthur), à la recherche de Merlin et d’une épée mythique. L’adaptation serait confiée à Frank Miller et Tom Wheeler eux-mêmes.

Jeudi : soirée Philip K. Dick !

Elle aura lieu le 20 avril, à partir de 19h, au Méliès Saint-François (8, rue de la Valse, Saint-Étienne), dans le cadre du festival De l’écrit à l’écran. Au programme :

  • Projection du documentaire Les mondes de Philip K. Dick de Yann Coquart & Ariel Kyrou –
  • Débat ouvert : Se souvenir du présent de Philip K. Dick : littérature, cinéma, science-fiction ? avec comme invités, Ariel Kyrou (journaliste, écrivain, essayiste et animateur radio, spécialisé dans les nouvelles technologies, les musiques électroniques, la science-fiction et les grandes avant-gardes artistiques du siècle dernier) ; Arnaud Zohou (philosophe de formation, écrivain, documentariste et réalisateur) ; Nicolas Patin (maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université Bordeaux Montaigne, spécialiste de l’Allemagne et du national-socialisme et spécialiste « Dickien » de l’univers historique de l’auteur)
  • Projection du film de Richard Linklater A Scanner Darkly (2013) en copie 35mm.

Avant de participer à la soirée, les organisateurs préconisent de lire « Se Souvenir du présent », un texte d’Arnaud Zohou écrit pour la préparation de cette soirée.

L’entrée est libre et il y a possibilité de se restaurer sur place. Vous pouvez consulter l’ensemble du programme du festival ici.

Jeudi encore  : Bright Mirror, un futur idéal participatif !

Vous connaissez sans doute la série Black Mirror de Netflix, qui met en scène un futur post-apocalyptique peu enviable. Aujourd’hui, la dystopie et le post-apo sont à la mode, mais n’aident pas à se sentir de bonne humeur.
Pour pallier à cette morosité, Antoine Brachet a décidé de créer Bright Mirror, une plateforme d’écriture participative, où chacun peut écrire une micronouvelle consacrée à l’intelligence artificielle, en respectant les deux contraintes suivantes :

1. ne dériver ni vers le chaos ni vers une destruction planétaire…  Positif et optimisme sont les maîtres-mots.
2. Commencer par « 15 janvier 2050 : je suis assis paisiblement chez moi en train de lire… »

Les meilleures nouvelles seront publiées par Usbek & Rica. La phase de réception des textes est terminée, mais vous pouvez aller lire les différentes participations sur le site.

Pour rester sur les intelligences artificielles, vous pouvez écouter le podcast du Billet Culturel, présenté par Mathilde Serrell, sur France Culture et consacré au sujet.

Vous pouvez également lire la nouvelle « Impulsion naturelle », signée Olivier Paquet et publiée dans le rapport gouvernemental de Cédric Villani sur les intelligences artificielles (à partir de la page 95 pour qui ne voudrait lire que la nouvelle).

Vendredi : des news Star Wars !

A propos de la franchise, vous pouvez écouter ou réécouter la conférence sur les liens entre Star Wars, la science et la SF avec Roland Lehoucq, Jean Sébastien Steyer et Jean-Claude Heudin :

Et si vous voulez plus de news Star Wars, n’hésitez pas à aller écouter les podcasts Wookie Leaks, qui décortiquent la saga – attention aux spoilers, toutefois !

Vendredi encore : des adaptations !

The City and the City

Le roman de China Miéville est en cours d’adaptation pour la BBC.
De quoi ça parle ?

Les habitants de Beszel et d’UI Qoma, villes doubles partageant un même territoire, ont interdiction absolue d’entrer en contact avec leurs voisins.
La moindre infraction à cette règle déclenche l’intervention de la Rupture, une force de police secrète dont tous redoutent l’efficacité impitoyable. Quand le cadavre d’une inconnue est découvert dans un terrain vague de Bessel, l’inspecteur Tyador Borlù comprend vite que ses ennuis ne font que commencer. Non seulement la jeune femme, étudiante en archéologie, a été tuée à UI Qoma, mais ses recherches inquiétaient jusqu’aux plus hautes sphères.
Et menaçaient de mettre en danger l’équilibre précaire entre les deux villes…

Et voici le premier trailer !

Le problème à trois corps.

En pleine Révolution Culturelle, le pouvoir chinois construit une base militaire secrète destinée à abriter un programme de recherche de potentielles civilisations extra-terrestres.
Ye Wenjie, une jeune astrophysicienne en cours de “rééducation” parvient à envoyer dans l’espace lointain un message contenant des informations sur la civilisation humaine. Ce signal est intercepté par les Trisolariens, qui s’apprêtent à abandonner leur planète-mère, située à quatre années-lumière de la Terre et menacée d’un effondrement gravitationnel provoqué par les mouvements chaotiques des trois soleils de son système. Ye Wenjie reçoit près de huit ans plus tard la réponse des Trisolariens. Choquée par les horreurs dont elle a été témoin durant la Révolution culturelle et ayant perdu toute foi dans l’homme, elle fournit secrètement aux Trisolariens les coordonnées du système solaire, dans l’espoir que ceux-ci viennent conquérir la Terre et réformer l’humanité. Dans quatre siècles, ils seront là…

Cette fois, pas encore de projet sur les rails, mais la trilogie de Liu Cixin, prix Hugo du Meilleur roman, devrait être adapté par Amazon – la société aurait déjà engagé 1 milliard de dollars sur ce projet.
Une adaptation avait déjà été attaquée, en 2008, par le réalisateur chinois Fanfan Zhang, avant d’être abandonnée. Affaire à suivre, donc.

World War Z.

Pas de nouveau film pour le roman de Max Brooks, mais une adaptation en jeu vidéo de prévue !
Celle-ci est propulsée par Saber Interactive qui propose un shooter truffé de zombies, jouable sur Playstation 4, Xbox One et PC. Aucune date exacte de parution n’a encore été annoncée pour l’instant mais il y a déjà un trailer :

 

 

Bon dimanche !

[2018] Petit bilan de février.

Carnet de lectures.

Rayon romans.

Un lapin peut changer une vie, Sandrine Kao (Syros).
Chez les Ribout, il y a… Agathe, l’aînée indomptable qui, par inadvertance, se retrouve molle comme une guimauve face à un garçon. Mais aussi… Paul, le père, qui fait semblant d’aller travailler et n’ose avouer où il passe réellement ses journées. Emmanuelle, la mère qui dessine des plats mijotés à défaut de pouvoir les cuisiner. Et puis Alicia, la cadette « première de la classe » devenue « paria » à cause d’une sombre histoire de poux. Et last but not least… Django, le lapin qui va tout changer !
Voilà une saga familiale à la fois enjouée, drôle et pétrie de profondes réflexions. En effet, Sandrine Kao s’est intéressée tour à tour à chacun des personnages et aux problèmes qu’ils peuvent rencontrer. Alicia, la plus jeune, est placée contre son gré aux côtés de …, une fillette de la communauté Rom et contre laquelle elle a une pléthore de préjugés (elle qui se pense si bonne !). Agathe, elle, doit se dépêtrer de ses histoires de cœur. Du côté des parents, il faut faire bouillir la marmite, et ce n’est pas toujours évident. J’ai aimé l’attention accordée à chacun des membres de la famille, mais l’histoire, dans l’ensemble, ne m’a guère passionnée. Cela partait bien, mais j’ai trouvé que c’était globalement trop plein de bons sentiments, et de moins en moins crédible au fil de l’avancée. À terme, l’intrigue desservait même le message de tolérance et de bienveillance que semblaient vouloir diffuser les Ribout. Un peu dommage !

Quand vient la vague, Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier (Rageot).
Bouleversée, Nina quitte le domicile familial et jette ses clés dans une bouche d’égout… Quelques mois plus tard, son frère Clément se met à sa recherche. De Lacanau à Bordeaux puis Paris, il découvre la raison de sa fuite, ces « vagues » qui l’ont submergée, l’obligeant à tout quitter.
Ce roman adolescent réunit deux auteurs que j’apprécie mais il faut que j’avoue que la sauce n’a pas vraiment pris, bien que le roman se lise d’une traite ou presque. J’ai apprécié la quête de vérité des personnages, mais le secret n’a guère fait long feu en ce qui me concerne, ce qui fait que l’ensemble a quelque peu manqué de surprises. Néanmoins, c’était intéressant de voir comment un même secret peut avoir des retentissements très différents sur les mêmes membres d’une famille. De plus, les révélations s’enchaînent à bon train et les descriptions donnent envie d’aller se balader du côté de Lacanau !

Le Royaume blessé, tome 1, L’âge des assassins, R. J. Barker.
Girton est l’apprenti de la plus célèbre criminelle des Terres lasses et se destine à une prometteuse carrière d’assassin… même si être affublé d’un pied bot corse légèrement l’affaire. Sa nouvelle mission lui apporte un défi inédit : il s’agit cette fois de sauver une vie. Un mystérieux traître a tenté d’assassiner l’héritier du trône, et Girton et sa maîtresse sont recrutés pour le protéger en secret, ce qui s’avèrera plus facile à dire qu’à faire dans ce milieu de mensonges, faux-semblants et autres complots.
Alors là, je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Franchement, l’histoire avait tout pour me plaire. L’ai-je lu alors que je n’étais pas dans de bonnes dispositions ou l’ai-je tout simplement comparé inconsciemment à L’Ange de la nuit de Brent Weeks (ma référence forever en matière de fantasy à capuches ?). Aucune idée. Toujours est-il que j’ai trouvé le début assez confus et que je ne me suis pas suffisamment impliquée dans l’intrigue… j’ai abandonné. Une lecture que je retenterai peut-être plus tard !

Rayon bulles.

Vies volées, Matz et Mayalen Goust.
Argentine, 1998. Mario est secoué par la révélation de l’affaire des bébés volés pendant la dictature, lui qui ne ressemble pas à ses parents. Accompagné de Santiago, son meilleur ami, il va faire des tests ADN à la clinique. Des tests dont le résultat va bouleverser les vies des deux jeunes hommes.
J’aime beaucoup tout ce qui touche à l’Amérique latine, tout comme les bandes-dessinées scénarisées par Matz. Forcément, le titre de celle-ci m’a attirée et je ne regrette pas, c’est une belle découverte ! Sans surprise, le sujet est assez lourd mais le trait de Mayalen Goust, léger, lui apporte une certaine fraîcheur bienvenue ! L’intrigue est bien menée et montre à quel point l’affaire a pu avoir des répercussions différentes (mais toujours dramatiques) sur les différentes familles. À un certain moment, j’ai trouvé que la quête des personnages prenait un peu le pas sur eux : du coup, ils n’étaient pas toujours suffisamment creusés à mon goût mais, en même temps, l’histoire parvenait à atteindre une certaine universalité (donc ça n’était pas gênant). Comme je le disais au départ, bonne découverte, donc ! Sur le même sujet (ou presque), vous pouvez lire Le Sang des papillons de Vivian Lofiego (qui parle plus des opposants qu’on a enlevés que des bébés) et Mala vida (qui évoque les bébés volés sous la dictature franquiste, en Espagne).

Tops & Flops.

J’ai parlé de trois titres qui ne m’ont pas tellement emballée juste au-dessus, alors on va passer directement à la meilleure découverte du mois, à savoir La Couleur du mensonge, d’Erin Beaty (Lumen).
En vrai, ça partait mal, car le résumé puait la romance à plein nez mais finalement, il était beaucoup plus question d’espionnage et de stratégie que de romance (même si, je ne vais pas mentir, il y en a). J’ai apprécié LE retournement de situation qui change tout dans le bouquin : même si je l’ai vu venir, j’ai trouvé qu’il était suffisamment bien mené pour donner tout même envie d’en savoir plus et de connaître la suite. J’attends désormais le tome 2 avec impatience !

J’ai terminé la nouvelle série de Ben Hatke, j’ai nommé Jack le Téméraire. Encore une fois, c’est un concentré d’aventures, d’amitié, de découvertes et d’univers étranges (on visite cette fois les bas-fonds d’un château truffé de gobelins). Si je suis un peu triste de déjà dire au revoir aux personnages, l’épilogue me laisse espérer une nouvelle série qui, peut-être, fera elle aussi des clins d’œil à Zita, la fille de l’espace – première série de l’auteur que j’aie lue et que je te recommande tout aussi chaudement. Affaire à suivre, donc !

Citations.

« Ils se sentent affreusement coupables, tu sais.
– C’est toujours comme ça. Ce sont pas les pires qui se sentent le plus coupables. C’est une des curiosités de la nature humaine. »
Vies volées, Matz & Mayalen Goust.

« Le manque de Nina est un creux palpitant qu’il sent en permanence dans sa poitrine, comme un cœur manquant, un organe fantôme. Il n’en a découvert l’existence qu’après la disparition de sa sœur. Avant, il ignorait qu’il était heureux. Et depuis, il sait qu’il ne l’est plus. »
Quand vient la vague, Manon Fargetton & Jean-Christophe Tixier.

 

 

La Couleur du mensonge #1, Erin Beaty.

Sage Fowler, seize ans, est une bâtarde recueillie par un oncle riche et respecté. Sa seule chance de s’en sortir ? Épouser un beau parti. Elle se présente donc chez une entremetteuse – l’une de ces femmes chargées d’évaluer le potentiel des candidats au mariage, et dont les décisions font et défont les fortunes d’une famille, voire d’un pays tout entier. Mais avec sa légendaire indiscipline et sa langue trop acérée, la jeune fille échoue lamentablement. Amusée par son cynisme et son sens aigu de l’observation, la marieuse lui propose toutefois de devenir apprentie.Sage s’embarque donc dans un périple vers la capitale pour assister au Concordium – là où, tous les cinq ans, se décident les unions les plus importantes – avec un groupe de jeunes filles triées sur le volet. Cette précieuse cargaison est escortée, pour cette fois, par un bataillon de soldats d’élite : se pourrait-il que le voyage soit plus périlleux qu’il n’en a l’air ?

Voilà un roman ado qui m’a agréablement surprise, car il mêle plusieurs aspects qui ont tout pour me plaire (et que je n’avais pas clairement identifiés dès le départ). Tout d’abord, c’est de la fantasy : on y évolue dans le royaume fictif de Demora qui, comme tout univers d’inspiration médiévale qui se respecte, aligne ses castes de nobles/serviteurs/autres malandrins, fortement clivées. Et si les nobles et les puissants y tirent les ficelles, sans surprise, il faut aussi compter avec une autre puissance, plus originale : les marieuses.
Ces entremetteuses professionnelles font la pluie et le beau temps sur les relations matrimoniales et donc, par ricochet, sur les alliances politiques à l’intérieur et à l’extérieur du royaume. Corollaire immédiat : ces histoires de mariage vont entraîner des sous-intrigues romantiques entres les personnages – ce qui, vous le savez si vous me connaissez bien, a tendance à m’agacer très fort. Une fois n’est pas coutume, j’ai trouvé que cette partie était non seulement bien menée mais, en plus, parfaitement justifiée dans l’économie générale de l’intrigue. Bref : un vrai bon point.
Troisième aspect, auquel je m’attendais nettement moins : l’espionnage. En effet, Sage Fowler est chargée d’escorter le convoi de futures mariées et, étant donné qu’elle est apprentie marieuse, de récolter des informations utiles, aussi bien sur ses protégées que sur les soldats de l’escorte et sur leurs hôtes – chacun•e étant susceptible d’être la future moitié d’un des deux partis.
Mais, bien vite, le talent d’observatrice de Sage ne passe pas inaperçu : de fait, la jeune femme est une fouineuse née et ne peut s’empêcher  d’essayer de comprendre les ramifications des informations insolites qu’elle découvre. Un complot avec quelques traîtres traînant dans le coin, autant dire que l’on est servis de ce point de vue-là !

Comme la narration alterne les chapitres consacrés à Sage, ceux nous plongeant dans la vie des soldats et ceux faisant la part belle aux comploteurs, on se fait assez vite une idée de la situation. Autre avantage : cette alternance permet de maintenir un agréable suspense. À ce titre, certains développements ont réussi à me surprendre  – mais pas le retournement de situation majeur, que j’avais vu venir, bien qu’il soit bien amené et suffisamment tardif pour ne pas faire retomber l’intrigue comme un soufflé. L’histoire tient bien la route, sans doute en raison des sous-intrigues bien menées et qui ne sont absolument pas gratuites (un tort que je reproche à beaucoup de romans adolescents) : cela fait du bien d’avoir des interactions entre personnages qui ne sont pas juste là pour cocher les cases de ce qui est attendu dans un roman du genre. Ainsi les dialogues ne sont-ils pas uniquement au service de la romance, mais servent surtout les développements stratégiques de l’intrigue.

Ceci étant dit, j’ai tout de même trouvé quelques limites au roman – que je lui passe bien volontiers tant l’ensemble m’a emballée. Tout d’abord, si en règle générale les personnages sont plutôt creusés, j’ai trouvé que ce soin ne s’appliquait pas à tous. C’est notamment le cas de maîtresse Rodelle, dont le portrait m’a semblé peu stable. Tantôt c’est une manipulatrice retorse et fine stratège, tantôt elle se transforme quasiment en mamie gâteau envers Sage : deux facettes aux antipodes l’une de l’autre et qui m’ont semblé difficilement conciliables, un peu comme si j’étais face à deux personnages totalement différents. Dans l’ensemble, les personnages secondaires étaient à l’avenant : trop peu creusés pour réellement les différencier entre eux et s’attacher.
D’autre part, la part d’espionnage que j’ai mentionnée plus tôt arrive plutôt dans une seconde moitié, la première étant vraiment dévolue à la découverte de l’univers et du cadre de l’intrigue, ce qui fait que le rythme est assez inégal : le départ est un peu lent, la suite plus rythmée – mais, à vrai dire, ça ne m’a pas tellement gênée.
Ce qui m’a le plus perturbée, c’est l’embrouillamini de comploteurs auquel on fait face : sans en dire de trop, il y a quelques stratagèmes qui m’ont laissée au mieux, de marbre, au pire, profondément perplexe. À trop vouloir jouer dans les subtilités, l’auteure a fini par me perdre sur quelques péripéties dont je me suis contentée d’attendre le dénouement. Heureusement que les explications n’ont pas trop tardé, sans quoi j’aurais peut-être été nettement moins enchantée de ma lecture.

Je suis contente d’avoir donné sa chance à ce roman dont la partie romance – je l’avoue tout net ! – me faisait frémir d’avance. Finalement, et bien qu’il y ait effectivement de la romance dans les chapitres, c’est bien plus un roman d’espionnage dans un univers fantasy que propose Erin Beaty. Les révélations sont bien amenées et leur enchaînement maintient à merveille le suspens, même après le retournement de situation majeur, ce qui n’est pas si mal ! Vu comment j’ai accroché à ce premier tome, j’ai hâte de lire le suivant !

La Couleur des mensonges #1, Erin Beaty. Traduit de l’anglais par Jean-Baptiste Bernet.
Lumen, 22 février 2018, 506 p.

Brèves de comptoir #172

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : les titres en lice pour le PLIB 2018 !

Shortlist pour le Prix Littéraire de l’Imaginaire des Booktubers et Blogueurs !

– Le Souffle de Midas, tome 1, Alison Germain (éditions du Chat noir).
La Faucheuse, tome 1, Neal Shusterman (R. Laffont).
Lebenstunnel, Oxanna Hope (Rebelle).
Les Seigneurs de Bohen, Estelle Faye (Critic).
Les Sœurs Carmines, tome 1, Le Complot des corbeaux, Ariel Holzl (Mnémos).
Shades of magic, tome 1, V. E. Schwab (Lumen).
Sirius, Stéphane Servant.

Lundi encore : le futur dans La Grand librairie !

L’émission de littérature générale recevait romanciers, philosophes et scientifiques sur le thème du futur, le 1er mars. Le replay est à regarder ici.

Mardi : Dune au cinéma !

Denis Villeneuve vient d’annoncer qu’il prévoyait une adaptation en deux volets. Affaire à suivre !

Mardi encore : les lauréats du prix Bob Morane !

Le prix Bob Morane récompense une œuvre de fiction publiée dans l’année civile du prix en cours ; il a été créé en 1999 par Marc Bailly, en hommage au personnage fictif d’Henri Vernes, créé en 1953, que vous connaissez peut-être par le biais des romans ou des bandes-dessinés dont il est le héros (à défaut, vous avez peut-être entendu la chanson d’Indochine). Comme Bob Morane a exploré tous les genres possibles et imaginables, la sélection est à son image.
Voici les titres primés cette année :

Romans francophones : Satinka, Sylvie Miller (Critic).
Romans étrangers : Tous nos contretemps, Elan Mastai (Bragelonne – traduit par Jean Bonnefoy).
Nouvelles : Faux-semblance, Olivier Paquet avec (L’Atalante).
Coup de cœur : Crimes, aliens & châtiments, Pierre Bordage, Laurent Genefort et Laurent Whale (ActuSF).

Mercredi : votes ouverts pour le prix Petits mots des libraires !

Le site Petits mots des libraires regroupe les conseils de plusieurs libraires. Tous les ans, ils organisent un prix, visant à mettre en avant leurs coups de cœur dans trois catégories : Imaginaire, polar et littérature blanche. Et voici les titres en lice dans les deux catégories Imaginaire :

Sélection Prix Imaginaire :
La Belle sauvage, Philip Pullman (Gallimard).
Mes vrais enfants, Jo Walton (Denoël).
Luna, Ian McDonald (Denoël).
Os de lune, Jonathan Carroll (Aux Forges de Vulcain).
Crimes, aliens et châtiments, Laurent Genefort, Laurent Whale, Pierre Bordage (Hélios).
La Danse des étoiles, Spider Robinson (Actusf).

Sélection Pris Imaginaire Découverte :
Bagdad, la grande évasion, Saad Z. Hossain (Agullo)
L’Épreuve du silence, Patricia Briggs (Bragelonne).
La Forêt sombre, Cixin Liu (Actes Sud).
Les Dieux sauvages , Lionel Davoust (Critic).
Le Grand siècle, Johan Heliot (Mnémos).
Kalpa impérial, Angélica Gorodischer (La Volte).

Vous pouvez allez défendre vos titres préférés et découvrir tous les sélectionnés ici.

Mercredi encore : appel à textes et concours de nouvelles !

Malpertuis X

Les éditions Malpertuis lancent un appel à textes pour leur dixième anthologie : les textes proposés ne sont pas soumis à une restriction de thème, de style ou de longueur, mais doivent s’inscrire dans le genre fantastique et être inédits.
Date limite : 1er janvier 2019 ; la parution est prévue fin mai 2019 (normalement au moment des Imaginales).
Toutes les infos ici !

Robots domestiques

Les éditions DDK lancent un concours de nouvelles sur le thème Robots domestiques.
Les participants peuvent envoyer deux nouvelles de 20 000 caractères (espaces incluses) à Dominik Deconinck (dominik.deconinck[at]gmail.com), avant le 15 juin 2018 (minuit).
Toutes les infos utiles ici !

Jeudi : Les Animaux fantastiques : le crime de Grindelwald, premier trailer !

La sortie en salles est prévue le 14 novembre, et voici le premier trailer :

Jeudi encore : l’interview de Pascal Godbillon, le nouvel éditeur de Lunes d’Encres !

Elle a été réalisée par Jean-Laurent Del Socorro et elle est à lire sur le site d’Actusf !

Vendredi : Stephen Hawking sur France Culture !

L’astrophysicien est décédé le 14 mars ; Nicolas Martin lui rend hommage dans son émission la Méthode scientifique, diffusée sur France Culture.

Vendredi encore : fermeture du Dépôt imaginaire !

L’association lyonnaise, après deux ans d’expérimentation, de projets littéraires et de contacts avec les prescripteurs ferme ses portes. Néanmoins, l’aventure n’est pas terminée et l’équipe a annoncé de nouveaux projets. Restez à l’écoute !

 

Bon dimanche !

Le Complot des corbeaux, Les Sœurs Carmines #1, Ariel Holzl.

Merryvère Carmine est une monte-en-l’air, un oiseau de nuit qui court les toits et cambriole les manoirs pour gagner sa vie. Avec ses sœurs, Tristabelle et Dolorine, la jeune fille tente de survivre à Grisaille, une sinistre cité gothique où les mœurs sont plus que douteuses. On s’y trucide allègrement, surtout à l’heure du thé, et huit familles d’aristocrates aux dons surnaturels conspirent pour le trône.
Après un vol désastreux, voilà que Merry se retrouve mêlée à l’un de ces complots ! Désormais traquées, les Carmines vont devoir redoubler d’efforts pour échapper aux nécromants, vampires, savants fous et autres assassins qui hantent les rues…

J’étais extrêmement curieuse de débuter ce roman, car il m’avait été largement vanté par Camille – dont je suis généralement les recommandations les yeux fermés. Et une fois de plus, bien m’en a pris !

Dès les premières pages, Ariel Holzl nous plonge dans un univers bien sombre, aux accents steampunk : les coupe-gorge sont légion, la politique peut s’avérer tranchante (dans tous les sens du terme) et les habitants de la cité de Grisaille ont bien souvent les dents longues (et là encore, au sens propre du terme). La ville, quoique dirigée par une reine assez peu flexible, est placée sous la main-mise de 8 familles qui ne s’en laissent pas compter. Là-dedans, pas facile pour la plèbe de s’en sortir sans dommages et c’est bien ce qui va donner au roman une partie de son mordant, car l’on suit les trois sœurs Carmines, orphelines de leur état, qui survivent uniquement grâce aux larcins commis par la cadette, Merryvère.

Ce que j’ai adoré, dans cette histoire, c’est le fait que tout aille de mal en pis. En commençant un roman, on peut raisonnablement penser que les déboires initiaux des personnages vont se résoudre – peut-être pas tous, mais au moins quelques-uns. Là, on a l’impression que le sous-titre aurait pu être : Chronique d’un désastre annoncé, tant les sœurs Carmines vivent catastrophe sur catastrophe, leur situation étant donc de plus en plus précaire.
Et ce qui est bien, c’est que le tout s’enchaîne de façon extrêmement entraînante : on ne peut donc s’empêcher d’être pétri de curiosité et de continuer sa lecture – avec une certaine fascination, en ce qui m’a concernée !

Il faut ajouter à cela l’ambiance particulièrement morbide qui règne. Les créatures fantastiques peu recommandables forment la haute-société et ont des passes-temps mondains pour le moins sanglants. Dont découlent, sans surprise, des goûts et un sens de l’humour à peine plus respectables, mais qui tissent des dialogues savoureux !
Et les aristocrates ne sont pas les plus surprenants en la matière. Les sœurs Carmines sont trois et, si le tome est centré sur Merry, on a tout loisir de découvrir la sœur aînée, Tristabelle, et la petite benjamine, Dolorine, laquelle n’aurait sans doute pas déparé dans un film de Tim Burton. Les extraits de son journal mêlent une immense naïveté et une cruauté toutes enfantines, cette dernière étant souvent soufflée par M. Nyx, son (très étrange) doudou. Je n’en dirai pas vraiment plus pour ne pas gâcher de surprises, mais le duo apporte tout son cachet au roman. Celui-ci m’a plu dans son ensemble, mais Dolorine fait partie des raisons pour lesquelles j’ai très envie de lire la suite !

Excellente découverte, donc, que ce Complot des corbeaux : l’intrigue nous plonge dans un univers d’urban fantasy particulièrement sombre et glauque, mais étrangement très réjouissant. Peut-être est-ce dû à l’enthousiasme que mettent les sœurs Carmines à s’en sortir, ou à l’enthousiasme des autres personnages à les en empêcher, mais le fait est que l’intrigue s’est avérée toute palpitante. Voilà un roman dont je lirai sans aucun doute la suite !

Les Sœurs Carmines, tome 1, Le Complot des corbeaux, Ariel Holzl. Mnémos (Naos), mars 2017, 263 p.

Brèves de comptoir #171

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : le prix Masterton !

Les lauréats 2018 !

Créé en 2000 par Marc Bailly, le prix Masterton rend hommage à l’auteur Graham Masterton, qui a marqué la littérature fantastique depuis les années 70 avec d’excellents textes, en récompensant des œuvres relevant du fantastique. Le prix propose trois catégories : meilleur roman francophone, meilleur roman traduit, meilleure nouvelle.
Et voici la cuvée 2018 :

  • Roman francophone : Jean-Pierre Favard, La nuit de la Vouivre (La Clef d’Argent).
  • Roman traduit : Lars Kepler, Playground (Actes Sud ; traduit par Lena Grumbach).
  • Nouvelles : Frédéric Livyns, The Dark Gates of Terror (Séma Éditions).

Devenez juré du prix Masterton !

Le prix recrute de nouveaux jurés. Voici leur communiqué de presse :

« En vue d’une ouverture vers le public, le Prix Masterton recrute.
Vous voulez faire partie d’un jury prestigieux ? Vous lisez beaucoup de fantastique moderne ?

Inutile de vous dire que nous recherchons des gens sérieux, passionnés, qui s’investissent.
Que vous soyez auteurs, éditeurs, chroniqueurs ou simples lecteurs, vous êtes les bienvenus.

Ce que nous vous demandons :
– Tous les trimestres de nous envoyer la liste des livres que vous avez aimés dans 3 catégories (meilleurs romans francophones, meilleurs romans traduits, meilleurs nouvelles).
– À la fin de l’année, de voter et de désigner les lauréats de l’année.

Pour de plus amples renseignements, allez voir le règlement du Prix ici : http://masterton.noosfere.org/index.php/reglement/

Si vous êtes intéressés, envoyez votre candidature et une lettre de motivation à bailly.phenix@skynet.be »

Mardi : Lovecraft dans tous ses états !

Sur France Culture, l’émission Fictions mettait La Couleur tombée du ciel d’H.P. Lovecraft à l’honneur. Vous pouvez réécouter le podcast ici.

Et le financement participatif pour l’édition prestige de ses œuvres par Mnémos est toujours en cours : il vous reste un peu moins d’un mois pour participer, bien que la somme requise soit déjà réunie ! Vous pouvez d’ailleurs lire l’interview de Frédéric Weil pour Actusf à ce propos.

Mardi encore : les lauréats du prix Libr’à nous !

Le Prix Libr’à Nous est un mouvement spontané de libraires voulant mettre en avant dans différentes catégories leurs coups de cœur. C’est un Prix pour tous les libraires francophones du monde entier en poste (ayant exercé au moins 4 mois durant l’année), que l’on travaille en petite ou grande librairie indépendante, spécialisée ou généraliste, dans une chaîne ou une maison de la presse.
Chaque libraire a le même poids et propose les titres qu’il souhaite voir concourir. Aucune présélection n’est effectuée au départ.
Pour cette 3ème année, 240 libraires de France, Belgique, Suisse, Allemagne, Grande-Bretagne, Roumanie, Chili, États-Unis et Canada participent.

Et au rayon imaginaire, c’est Espace lointain de Jarosav Melnik aux éditions Agullo (traductuit par Margarita Barakauskaite-Leborgne) qui l’emporte !

Les autres lauréats sont visibles ici. Les nominés sont visibles ici.

Mercredi : les 200 ans de Frankenstein !

Et pour célébrer l’anniversaire du personnage créé par Mary Shelley, Nicolas Martin se demande dans La Méthode scientifique (France Culture) si le personnage est à l’origine de la SF moderne.

L’équipe de L’Édito carré (France inter)  évoque également le personnage dans son émission du 7 mars !

Jeudi : dystopie sur France Culture !

Raphaël Enthoven évoque le genre dans Les Chemins de la philosophie.

Vendredi : les lauréats du Prix Bram Stoker 2017 !

Le prix Bram Stoker, remis par la Horror Writers Association, récompense une œuvre de dark fantasy ou d’horreur.
Et voici quelques-uns des lauréats :

Roman : Ararat, Christopher Golden.
Premier roman : Cold Cuts, Robert Payne Cabeen.
Roman young-adult : The Last Harvest, Kim Liggett.

Les autres lauréats sont visibles ici.

Bon dimanche !