Projet Polaris, Gardiens des Cités Perdues #5, Shannon Messenger.

Après un passage mouvementé par Exillium, l’école réservée aux bannis, Sophie et ses amis sont de retour à l’académie Foxfire, où la jeune Télépathe n’est pas la seule, cette fois, à bénéficier de la protection d’un garde du corps. Car certains masques sont tombés : les nouveaux membres du Cygne Noir, ainsi que leurs familles, sont plus que jamais en danger… D’autant que les Invisibles, ces rebelles qui menacent les Cités perdues, multiplient les attaques.
Tandis que la tension monte avec les ogres, forçant les elfes à accepter des changements drastiques de leurs modes de vie, notre petite troupe tente d’en découvrir plus sur le plan de l’ennemi. Sophie ne dispose pourtant que de maigres indices : son nom de code est « Projet Polaris », un étrange symbole semble en être la clé et il serait depuis le début lié à… Keefe !

Vous aurez sans doute l’impression que je me répète (et j’espère bien continuer avec les tomes suivants), mais chaque nouveau tome me semble meilleur que le précédent !
À la fin du quatrième tome, la petite équipe se trouvait séparée et devait faire face à des convictions opposées : pas toujours facile à vivre au sein d’un groupe d’amis.

Cette fois, l’intrigue prend de nets accents de thriller, Sophie se chargeant de l’enquête sur le fameux Projet Polaris, cherchant à savoir de quoi il retourne et en quoi elle est concernée, au juste. Ce qui est particulièrement prenant, c’est que cette partie de l’intrigue s’entremêle merveilleusement à la partie plus politique. Depuis les événements du tome précédent, celle-ci s’avère de plus en plus complexe : les elfes et les ogres sont à couteaux tirés et leurs différends risquent de faire aussi sombrer les autres peuples des Cités Perdues, gnomes, gobelins et autres créatures magiques incluses. De fait, on sent qu’on s’achemine doucement mais sûrement vers une guerre ouverte.
D’autant que chez les elfes, le Conseil est loin de faire l’unanimité et on dénombre pas moins de trois factions, en comptant le Cygne noir et les Invisibles, chacune ayant des choses à reprocher aux autres et des intérêts pas toujours convergents. Ce qui pimente allègrement la partie et tient le lecteur en haleine de bout en bout.

L’autre excellent point, c’est la façon dont se tissent et se développent les les relations entre les personnages. On l’a vu, les dissensions entre le petit groupe viennent alimenter le débat. Plus que jamais, c’est l’union qui fera la force mais il est difficile de rester unis lorsque l’on a des points de vue totalement opposés. Mais Shannon Messenger ne se contente pas de mettre en avant nos jeunes héros. J’ai trouvé qu’elle accordait un soin particulier à ses personnages secondaires et à leurs relations, notamment du côté des adultes (les parents et Sandor ont ainsi droit à leur quart d’heure de gloire) et j’ai vraiment apprécié qu’on ne se concentre pas uniquement sur les protagonistes, tout en leur accordant aussi le soin nécessaire.

En lisant Projet Polaris, j’ai eu l’impression qu’on franchissait un cap. Jusque-là, Sophie était une enfant débarquée dans un monde d’adultes mais là, on sent clairement pointer l’adolescente (Sophie a désormais quatorze ans). Elle est plus mature et cela se ressent dans ses prises de positions, dans ses réactions, dans sa façon d’appréhender l’échiquier sur lequel elle se place. Comme c’est une adolescente, elle traverse aussi une phase qui fait la part belle aux sentiments (avec des scènes qui laisseront sans aucun doute les lecteurs sur des charbons ardents). Mais, là encore, cela sert à Shannon Messenger à étoffer son univers et à en démonter un des aspects censément utopiques : pour l’occasion, on découvre comment se marient les elfes – via des listes de compatibilité établies par une agence assermentée – ce qui permet à Shannon Messenger de dénoncer la théorie eugéniste qui gouverne la société elfique.
Ce trait, que l’on retrouve à chaque tome, fait partie des raisons pour lesquelles cette série me plaît tant. Lorsque l’on a découvert les Cités Perdues, dans le premier volume, Shannon Messenger nous les a présentées sous des traits parfaitement idylliques mais, au fil des volumes, elle nous montre comment la société elfique s’est construite sur des parti-pris parfois monstrueux. C’est fait intelligemment et subtilement et c’est donc d’autant plus percutant !

Dans cet opus, le rythme est, lui aussi, très soigné. Impossible de décrocher, car il n’y a aucun temps mort. Mieux : au fil des pages, on s’aperçoit que chaque paragraphe compte et que tout vient alimenter l’intrigue générale. Et si vous trouviez que le tome 4 se terminait sur un insupportable retournement de situation, attendez de découvrir l’incroyable conclusion choisie par Shannon Messenger : de quoi vous faire regretter de lire la série au fil des dates de parution, tant l’attente pour le tome 6 va sembler longue !

Après l’excellente surprise du quatrième tome, j’attendais ce volume de pied ferme et je n’ai pas été déçue par ce qu’a inventé, cette fois encore, Shannon Messenger. L’intrigue est hautement prenante et on ne s’ennuie pas un seul instant. L’intrigue, délicieusement dense, vient compléter un univers lui aussi merveilleusement complexe, et dont on découvre sans cesse de nouveaux aspects. Mieux : la fin est telle que l’on pressent une suite elle aussi palpitante ! Que j’attends donc, vous l’aurez compris, avec une certaine impatience. 

◊ Dans la même série Gardiens des Cités Perdues (1) ; Exil (2) ; Le Grand Brasier (3) ; Les Invisibles (4) ;

Gardiens des Cités Perdues #5, Projet Polaris, Shannon Messenger. Traduit de l’anglais par Mathilde Tamae-Bouhon. Lumen, février 2017, 664 p.

Ferenusia, Les Outrepasseurs #4, Cindy van Wilder.

« Qui étaient ces êtres, si semblables et pourtant si différents des hommes ? On ne pouvait pas nier leur peau grise, qui se détachait délicatement de la structure de fer à laquelle ils s’accrochaient avec toute l’aisance d’alpinistes chevronnés. Soudain, la caméra bascula sur le buste de la statue de la Liberté. En lettre majuscules, vert sombre, s’étalait le mot :  FERENUSIA »
Privé de la magie presque disparue, l’empire des Outrepasseurs se disloque de toutes parts. Seul survivants dans cette débâcle, les Ferreux, des fés réduits à l’esclavage, s’échappent de leurs prisons. Soutenus par Ferenusia, un réseau clandestin, ils n’ont qu’un seul objectif : obtenir les mêmes droits que les humains, dans un monde qui ignore tout de leur existence. Mais leurs anciens maîtres sont prêts à tout pour protéger leurs secrets, quitte à éliminer le moindre témoin de leurs forfaits passés…

Cette chronique est susceptible des contenir des révélations malheureuses sur la trilogie des Outrepasseurs

En débutant Ferenusia, on retrouve Peter, les Outrepasseurs et tous les autres personnages juste après la fin des événements narrés dans la trilogie initiale. La magie ayant disparu, l’empire patiemment mis en place par les Outrepasseurs part en fumée ; mais les Ferreux, après avoir été réduits en esclavage, ne vont pas se laisser faire.

Assez vite, le récit met donc en place une double intrigue. La première concerne Peter, qui a assez mal vécu la fin des événements narrés dans Le Libérateur : il n’est motivé que par l’idée de récupérer Arnault lequel, avec la disparition de la magie, se trouve en fort mauvaise posture. De l’autre, on suit les Ferreux, aux itinéraires troublés et marqués par des revendications d’importance. Ainsi, l’intrigue nous amène, d’Angleterre, en France, Belgique et même Australie.
Peter et Smokey, la jeune femme qui accueille les Ferreux, sont protagonistes de l’aventure. Mais l’on découvre (ou re-découvre) de nouveaux personnages. Ferus, l’Outrepasseur de la Maison de l’Ours, nous apparaît comme un vieil homme fatigué et presque prêt à se repentir pour les exactions commises ; Albane, son épouse, quant à elle, remplace aisément Noble en tant qu’opposant principal. Parmi les petits nouveaux, on peut citer d’éminents membres de Ferenusia, fermement engagés dans la reconnaissance des droits des Ferreux et dans celles de leurs droits.

En effet, avec Ferenusia, on quitte le « simple » sujet de lutte pour la domination magique (la magie ayant disparu) pour explorer le thème de l’identité, sous différentes formes. Il est donc question d’identité sexuelle, au travers d’un passionnant travail sur la langue (genrée ou non). Cela pourrait paraître un peu étrange mais en fait, cela colle à merveille au sujet de ce qui est mis en scène dans le roman. Car l’identité est vraiment au centre de l’histoire. Quelle est l’identité des Outrepasseurs ? Amis ou bourreaux ? La question a été plus ou moins résolue (pas pour tout le monde), dans la trilogie précédente ; maintenant, c’est l’identité des Ferreux qui est en jeu : sont-ils des terroristes ? Des miséreux avides de pouvoir ? Ou un peuple réduit en esclavage ? Difficile, pour cette population aux abois et pointée du doigt par les autorités du monde entier, de savoir qui elle est réellement. Sans compter que de nombreux Ferreux ou descendants de Ferreux (Smokey la première), sont à la recherche de leurs proches dispersés , perdus ou simplement inconnus.
Ce qui fait, finalement, de cet opus, un roman qui colle parfaitement à l’actualité : le débat sur l’identité (sexuelle, nationale…) fait rage, celui sur les familles d’immigrés déchirées par des événements traumatisants aussi.

Et de fait, l’arrivée de ces sujets assez neufs par rapport à la trilogie donne au récit une toute nouvelle saveur. Non seulement on a l’impression de redécouvrir l’univers sous un autre angle, mais en plus celle de profiter d’une suite qui tient aussi du spin-off. En bref : un tome spécial, à tous points de vue !

Par ailleurs, il contient également une nouvelle, « Tsimoka », initialement publiée dans l’anthologie Fées et automates des Imaginales 2016. Dans celle-ci, Cindy van Wilder revient sur la naissance de la première Ferreuse. La nouvelle mêle univers du cirque, féérie et ambiance délicieusement steampunk, dans un mélange si réussi que j’ai quasiment regretté que ça ne fasse pas l’objet d’un tome complet. C’est dire !

Replonger dans l’univers des Outrepasseurs a été comme une bouffée d’air fraîche : l’histoire principale était certes finie, mais il restait encore des détails à régler, ce que Cindy van Wilder fait à merveille ici, en proposant une conclusion particulièrement intéressante à la quête des Ferreux, toute d’actualité. Une raison de plus, si l’en fallait une, de découvrir cette série à la fois originale et pleine de bonnes réflexions. 

◊ Dans la même série : Les Héritiers (1) ; La Reine des neiges (2) ; Le Libérateur (3).

Les Outrepasseurs #4, Ferenusia, Cindy van Wilder. Gulf Stream, 4 mai 2017, 382 p. 

Carry on : grandeur et décadence de Simon Snow, Rainbow Rowell.

Simon Snow déteste cette rentrée. Sa petite amie rompt avec lui ; son professeur préféré l’évite ; et Baz, son insupportable colocataire et ennemi juré, a disparu. Qu’il se trouve à l’école de magie de Watford ne change pas grand-chose. Simon n’a rien, mais vraiment rien de l’Élu. Et pourtant, il faut avancer, car la vie continue…

Lorsque j’ai terminé Fangirl, je n’ai eu qu’une envie : ouvrir immédiatement Carry on, qui venait de sortir et qui est, en fait, le titre de la fanfiction qu’écrit Cath dans Fangirl. Lorsque Rainbow Rowell a mis le point final à Fangirl, elle s’est aperçue qu’elle avait un univers, des personnages et une histoire qui ne demandaient qu’à se déployer. Et voilà donc Carry on, un roman à la limite de l’ovni. On peut le prendre comme un pur roman de fantasy ; on peut le prendre comme la fanfic produite par Cath ; ou alors on peut le lire comme une fanfiction d’Harry PotterCar oui, indéniablement, Carry on est un hommage à l’univers de J.K. Rowling ! Et si la fanfiction vous intrigue, allez lire Fangirl 🙂

En débutant Carry on, on entre dans un univers déjà bien établi. Dans la chronologie des aventures de Simon Snow, le personnage central du roman, Carry on est le tome 8 de la série. Aussi débute-t-on dans un univers dont on découvre peu à peu les codes, au détour d’une phrase ou d’un dialogue. Le fait de débarquer en plein milieu de l’histoire, en quelque sorte, n’est pas franchement gênant car tous les détails nécessaires arrivent à point nommé. Et petit point bonus, il n’est pas nécessaire d’avoir lu Fangirl pour tout comprendre à Carry on !

On pourrait penser, au premier abord, que l’histoire met bien longtemps à démarrer : Simon est revenu à Watford, mais il angoisse car son ennemi juré et cothurne, Baz, est absent. Or, Simon, s’il est soulagé de ne pas craindre de mourir assassiné dans son sommeil, ne peut s’empêcher d’angoisser pour son camarade de chambre : va-t-il seulement bien ? D’un autre côté, c’est le moment où jamais pour lui d’essayer de recoller les morceaux avec Agatha, sa petite amie (ou ex-petite amie ?) qu’il a surprise, juste avant l’été… dans les bras de Baz. Heureusement, il peut compter sur Pénélope, sa meilleure amie et élève particulièrement douée, un de ses plus fervents soutiens.
En fait, l’histoire est vraiment centrée sur les personnages et leurs relations, tout en déployant une intrigue magique à la fois passionnante et bien troussée.

Car l’univers de Simon est menacé par le Humdrum, une créature qui tue la magie à petit feu, laissant derrière elle des zones mortes, empêchant quiconque d’utiliser la magie dans ces endroits-là. Or, plus le temps passe, plus le Humdrum progresse. Et Simon, que l’on pressent pour l’arrêter, ne maîtrise pas le moins du monde sa magie. Du coup, l’histoire est très prenante car si l’on n’est pas en train d’enquêter avec Simon et ses amis sur les façons d’arrêter l’épidémie, on se passionne pour leurs relations, petites bisbilles et autres amourettes.

J’ai parlé en début d’article de l’hommage à Harry Potter : les similitudes ne sont pas franchement difficiles à déceler ! Simon a été élevé chez les humains et on ne lui a révélé ses pouvoirs que tardivement ; son mentor, le directeur de Watford, est assez décrié dans la communauté pour ses idées et a également une part très sombre qu’il cache bien (bien plus que Dumbledore) ; les anciennes familles, dont celle de Baz, qui a des petits airs de Malefoy, sont opposées à l’éducation magique d’enfants issus d’humains ; l’école est située dans un château… j’en passe ! Pourtant, Rainbow Rowell développe des thèmes qui n’apparaissaient pas dans l’oeuvre de J.K. Rowling, ou alors tellement en filigrane qu’on pouvait passer à côté. Ses héros sont matures, majeurs et parlent assez librement de leurs sentiments : sexualité, et notamment homosexualité, sont donc au programme. Et tout cela semble parfaitement naturel, preuve que l’intrigue magique n’accapare pas tout le devant de la scène et que Rainbow Rowell a vraiment soigné ses personnages : ce sont de vrais adolescents, très humains, certes aux prises avec un problème magique de taille, mais qui vivent en même temps des choses tout à fait de leur âge ! De fait, même si l’on vient bien les liens avec Harry Potter, les aventures de Simon Snow ont un petit goût d’inédit particulièrement rafraîchissant.

J’ai donc littéralement dévoré les aventures de Simon et Baz, subjuguée que j’étais par l’univers créé par Rainbow Rowell : l’intrigue est palpitante, que ce soit côté fantasy ou côté romance. Si palpitante que j’ai adoré la romance alors que c’est, habituellement, un genre que je n’apprécie guère. Replonger dans une atmosphère si saturée de magie m’a également replongée dans un de mes plus grands bonheurs de lectrice, ce qui était loin d’être désagréable. Une très belle découverte, donc !

Carry on : grandeur et décadence de Simon Snow, Rainbow Rowell.
Traduit de l’anglais par Catherine Nabokov. Pocket Jeunesse, janvier 2017, 585 p.

Hope & Red, L’Empire des tempêtes #1, Jon Skovron.

Dans un empire fragmenté qui s’étend au-delà des Mers sauvages, deux êtres rebelles se découvrent une cause commune…
Hope est l’unique survivante du massacre de son village par les Biomanciens, les serviteurs mystiques de l’empereur. Recueillie par un soldat vinchen, elle a suivi un entraînement secret, faisant d’elle une guerrière qui ne vit que pour la vengeance.
Red est un orphelin adopté par une ancienne mercenaire issue de la pègre. Il est devenu un voleur et un escroc au talent inégalé.
Quand un chef de bande sanguinaire passe un marché avec les Biomanciens pour contrôler les bas-fonds de la cité de Laven, les destins de Hope et de Red se croisent. Et leur alliance improbable va les conduire bien plus loin qu’ils l’auraient imaginé…

Apparemment, j’ai de la chance question fantasy en ce moment, tout ce que je lis me plaît infiniment. Je n’ai fait d’Hope & Red qu’une seule bouchée !

Au départ, Jon Skovron nous narre, à tour de rôle, les enfances (assez désastreuses, il faut le dire) de Red et Hope, le tout de façon aussi fluide qu’efficace jusqu’au fameux moment de leur rencontre, après laquelle vont débuter des aventures épiques à souhait. Au vu de la configuration, il ne faudrait pas croire qu’il ne se passe rien du tout jusqu’à leur rencontre – car c’est loin d’être le cas ! Au contraire, les épisodes de leurs enfances sont passionnants et très utiles pour comprendre comment se sont formés les caractères (ô combien affirmés) des deux protagonistes et comment ils en sont arrivés à leur quête de vengeance.

Ce qui est intéressant, c’est que celle-ci, quoique centrale, n’est pas vraiment au premier plan. Certes, c’est le moteur de l’intrigue et nos deux personnages y pensent sans arrêt. Mais pour assouvir leur besoin de vengeance, Hope et Red doivent passer par diverses étapes cruciales auxquelles ils se soumettent volontiers – d’ailleurs, la quête de vengeance est loin d’être terminée à la fin du premier tome. Du coup, cela change agréablement des poncifs du genre.
À ce titre, l’auteur balaie des sujets assez inhabituels en fantasy ce qui, là aussi, change agréablement. Ainsi, il est question de transsexualité, de droits de femmes ou encore de sexisme. Ceci étant, ces sujets ne constituent pas le fonds du roman ; pour la plupart, ils sont évoqués en passant, mais c’est assez inhabituel dans le genre pour être noté – du moins, assez inhabituel dans ce que j’ai l’habitude de lire.

Autre point qui m’a éminemment plu : l’univers. On déambule dans un univers foncièrement maritime où îles, archipels et autres chapelets d’îlets sont légion. De fait, on se déplace beaucoup en bateaux et, donnée corollaire, on essaie d’y éviter autant que faire se peut les pirates de tous poils qui infestent les eaux. Attendez-vous donc à un bon paquet de batailles navales, qui ne laissent, bien souvent, aucun répit au lecteur – et qui font partie des raisons pour lesquelles j’ai autant apprécié cette lecture.

Lorsqu’ils ne sont pas en mer, nos personnages arpentent Laven-la-Nouvelle et, plus précisément, ses bas-fonds. Hope et Red ne font pas exactement partie des classes privilégiées, aussi fréquente-t-on de préférence la pègre (voire la pègre de la pègre dans certains cas). La société décrite par Jon Skovron fonctionne sur un système de classes sociales parfaitement hermétiques : les riches exploitent les pauvres et ces derniers sont également menacés par les biomanciens (sortes de mélange entre scientifique fou et magicien maléfique) envoyés par les forces impériales. Vous avez dit manichéen ? Oui, vu comme ça, on pourrait le penser, c’est vrai. Mais l’auteur tire son épingle du jeu et parvient à mettre en place un système assez nuancé et loin de se décliner en seules nuances de blanc et de noir.

Enfin, il faut parler du style ! Jon Skovron utilise un langage fleuri et qui fait la part belle aux inventions stylistiques et de vocabulaire. C’est riche, coloré, particulièrement inventif et pousse le réalisme à fond. C’est assez drôle et, cerise sur le gâteau, il n’est pas nécessaire d’être un crack en linguistique pour comprendre et profiter à fond de toute les inventions dont regorge le texte. Mais si vous paniquez tout de même, sachez que le roman comprend un lexique répertorié et documenté par un aristocrate curieux – ses définitions et observations valent, à elles seules, le détour !

Avec Hope & Red, j’ai mis les pieds dans un univers qui m’a littéralement passionnée, que ce soit par les différends qui opposent les classes sociales, par la géographie ou par les quêtes des personnages. Le roman est à la fois épique, plein de suspens et souvent drôle. Le style, efficace et original, fait de son côté une grosse partie du sel du roman. Il va donc sans dire que j’ai hâte de lire la suite !

L’Empire des tempêtes #1, Hope & Red, Jon Skovron. Traduit de l’anglais par Olivier Debernard.
Bragelonne, mars 2017, 432 p.

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Le Septième Guerrier-Mage, Paul Beorn.

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Lorsque Jal se réveille, perdu et agonisant, il ne se doute pas que sa survie dépendra de son serment. Dans ce petit village de la vallée de la Thorkel où il se réveille, les habitants semblent croire qu’il a occis, à lui tout seul, et d’un claquement de doigts, les quinze soldats qui le suivaient. Alors, pour les villageois, ce n’est pas compliqué : Jal, en tant que Guerrier-mage, va protéger leur village et leur vallée, face à l’immense armée conquérante d’Ostérie… qu’il vient de déserter.
Or, cette armée est menée par le plus puissant des Guerriers-Mages, le Vieux Dragon en personne, qui a l’habitude d’incendier allègrement toute campagne qu’il croise…
Malheureusement, depuis qu’il a fait cette promesse, Jal est perturbé par de violents cauchemars, vieux souvenirs des douze années qu’il a oubliées. En même temps que ces cauchemars lui viennent des capacités insoupçonnées. Se pourrait-il que les villageois ne se soient pas trompés et qu’il soit réellement un Guerrier-Mage ?

Ces derniers temps, on dirait bien que la fantasy française et francophone me réserve de bonnes, voire très bonnes surprises !
Et pourtant, en ouvrant ce roman, ce n’était pas gagné. Car l’histoire est narrée à la première personne – et si vous êtes familier de ce blog, vous savez à quel point ce procédé narratif a tendance à m’agacer. Je n’aime pas trop, car un narrateur à la première personne ne peut pas être omniscient. Mais là, et c’est fabuleux, cela fonctionne !

Jal étant amnésique, il doit reconstruire le fil de son histoire au fur et à mesure, ce qui fait qu’on la découvre à peu près en même temps que lui. Du coup, cela fonctionne plutôt bien et nous évite tous problèmes dus à un narrateur avec trop peu d’éléments en main. Et c’est dû à une histoire truffée de rebondissements, de ramifications insoupçonnées et de révélations en tous genres, qui font que l’attention du lecteur peut changer de cap au fil de l’histoire. Au départ, on se demande donc comment Jal va réussir à faire faux bond aux Skaviens et, peu à peu… on se demande comment il va leur venir en aide ! Ce qui, dit comme ça, n’a l’air de rien, mais est en fait énorme.

Car l’histoire va s’appuyer sur des personnages vraiment bien troussés, aux personnalités et motivations complexes. J’ai adoré Jal : déserteur amnésique, voleur, pillard, jamais avare de grossièretés, il sait se faire remarquer là où il passe et on s’attache très vite à ses pas. Mais Jal ne serait rien sans Gloutonne, son écureuil apprivoisé — et le duo vaut vraiment, vraiment, le coup que l’on découvre le livre (s’il ne fallait retenir qu’une paire de personnages, ce seraient ceux-là). Dans la vallée, Jal va également s’opposer à Rikken, la fille du dernier seigneur local et fervente défenseure de la vallée de la Thorkel : niveau combattante bornée, elle aussi se pose là, avec un caractère apte à faire reculer le plus grossier des soldats. Voilà une figure féminine intéressante — à la réflexion, j’aurais dû la mettre dans le top des héroïnes inspirantes, tiens. Et ce qui est intéressant, c’est que les personnages ne sont pas monolithiques (hormis peut-être le principal opposant, qui s’avère parfois un peu attendu) !

Autre très bon point : en lisant le roman, j’avais clairement l’impression que Paul Beorn faisait du neuf avec du vieux. Je m’explique : de la vallée cachée qui souhaite passer inaperçue aux effets de la magie utilisée par Jal et ses coreligionnaires, en passant par l’armée de conquête ou l’école surnaturelle, rien ne semble parfaitement inédit. Mais, et c’est là que l’auteur déploie tout son talent, on adhère sans hésiter à son univers. Car il sait comment nous rendre les personnages et leurs préoccupations proches. En effet, sous les yeux de Jal, c’est une vallée sereine, difficile d’accès et encore intacte qui se déploie ; l’auteur s’attache si bien aux descriptions qu’on pourrait s’y repérer sans soucis ! Alors que Jal nous dépeint des habitants sauvages et monstrueux, car il les déteste, on le voit changer peu à peu — alors même qu’il est assailli par de terribles cauchemars qui semblent faire resurgir un passé pour le moins horrible. Dès le départ, il y a donc une double intrigue palpitante qui se dessine : ce que Jal va devenir et… ce que Jal est devenu — et surtout comment il l’est devenu !
La magie, de son côté, repose sur un système très original, et qui induit pas mal de péripéties, ce qui n’est pas négligeable. Voilà tout ce qui fait que le roman est aussi palpitant !

Voilà un récit de fantasy hautement efficace qui, en plus de proposer son lot de combats épiques et d’affrontements épiques, s’interroge sur les notions de liberté et d’asservissement, tout en célébrant le courage et l’amitié. Et c’est, de plus, la preuve qu’on n’est pas obligé de faire des beaucoulogies et qu’un singleton peut-être excellent ! Avis aux amateurs !

Le Septième Guerrier-Mage, Paul Beorn. Milady, janvier 2017, 672 p.

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The Curse #1, Marie Rutkoski.

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Fille du plus célèbre général d’un empire conquérant, Kestrel n’a que deux choix devant elle : s’enrôler dans l’armée ou se marier. Mais à dix-sept ans à peine, elle n’est pas prête à se fermer ainsi tous les horizons. Un jour, au marché, elle cède à une impulsion et acquiert pour une petite fortune un esclave rebelle à qui elle espère éviter la mort. Bientôt, toute la ville ne parle plus que de son coup de folie. Kestrel vient de succomber à la  » malédiction du vainqueur  » : celui qui remporte une enchère achète forcément pour un prix trop élevé l’objet de sa convoitise.
Et, de fait, elle ignore encore qu’elle est loin, bien loin, d’avoir fini de payer son geste. Joueuse hors pair, stratège confirmée, elle a la réputation de toujours savoir quand on lui ment. Elle croit donc deviner une partie du passé tourmenté de l’esclave, Arin, et comprend qu’il n’est pas qui il paraît… Mais ce qu’elle soupçonne n’est qu’une infime partie de la vérité, une vérité qui pourrait bien lui coûter la vie, à elle et à tout son entourage.

Pendant le SLPJ de Montreuil, j’ai assisté à une présentation du programme éditorial à venir des éditions Lumen (fort alléchant, soit dit en passant), durant laquelle on nous a présenté The CurseLequel nous a été vendu comme une grande et belle histoire d’amour. Or, si vous me connaissez un peu, vous savez que c’est typiquement le genre d’histoire gnangnan qui m’escagace au plus haut point (celui qui me donne envie de claquer des gens, auteur et personnages inclus). Si, si.
Sauf que. Je n’ai fait qu’une bouchée de The Curse car, finalement, c’est autant une histoire d’amour qu’une histoire d’intense détestation et que c’est bien plus subtil que ce qu’on pouvait nous en révéler le jour J !

L’introduction nous fait découvrir le peuple Valorien (plutôt pâles, blonds aux yeux clairs), auquel appartient Kestrel, qui a conquis, des années plus tôt (et par la force), le peuple Herrani (plutôt bruns, mats, aux yeux foncés), désormais réduits en esclavage. Kestrel, fille unique (et adorée ?) du général Trajan est ce qu’on peut appeler une extravagante. Elle sait qu’elle a 3 ans devant elle pour choisir entre la carrière de l’armée et le mariage. La première la débecte et elle veut faire un mariage d’amour (ce qui fait figure d’exception). Mieux : c’est une musicienne accomplie, qui sèche volontiers l’entraînement militaire pour protéger ses mains, au grand dam de son père et de son entraîneur. Or, second problème, la musique est un art typiquement herrani, pratiqué par les esclaves. Du coup, l’achat de cet esclave réputé savoir chanter ne fait qu’ajouter à son image de noble excentrique – et de fille perdue pour la science, au passage.

On ne peut pas vraiment dire que les choses démarrent très bien entre Kestrel et Arin, l’homme qu’elle a acheté – on s’en serait doutés. D’ailleurs, celle-ci vit sa vie de jeune nantie tandis que l’autre est affecté à la forge de la demeure, avec assez de travail pour occuper toute une vie. Leurs interactions sont, dans un premier temps, assez limitées. Mais Kestrel est une joueuse et une stratège accomplie, accro à l’adrénaline des paris et des risques que l’on prend au cours d’une partie. Elle défie donc Arin à Crocs et Venins, un jeu très en vogue. Et, rapidement, quelques détails lui mettent la puce à l’oreille : définitivement, Arin n’a pas le comportement d’un homme du peuple. Se pourrait-il qu’il ait été un noble herrani, qu’il fasse partie de ces esclaves forcés de servir au sein de leur propre demeure d’enfance ?

Les réponses sont apportées au compte-goutte et, même si l’on a de forts soupçons sur, d’une part, l’identité probable d’Arin et, d’autre part,  ses motivations, il y a des révélations jusqu’à la fin du premier tome (et l’auteur en a encore gardé sous le pied). Difficile, du coup, de lâcher le roman avant la fin, d’autant que rythme et suspens sont maintenus de bout en bout – et dans le dernier quart, ça devient carrément de la folie.

Côté personnages, Marie Rutkoski propose un intéressant duo. Si Kestrel peut, parfois, se montrer un tantinet naïve, Arin, lui, est intrigant dès le départ. Contrairement à ce qu’aurait pu laisser croire le résumé, il n’y a pas vraiment de romance dans l’intrigue (même si un peu quand même) et on est loin du coup de foudre entre ces deux-là. Ils sont plutôt abonnés au régime des piques perfides, des petites (ou grosses) trahisons et des coups bas. Ce qui dessine des personnages crédible et une dynamique assez fascinante.
Et ce d’autant plus lorsque les plans de l’une et de l’autre commencent à se dessiner avec plus de précisions : difficile de voir comment l’histoire pourrait tourner à l’avantage de l’un ou de l’autre : tour à tour, ils sont mis en difficulté et on se surprend à s’angoisser pour l’un comme pour l’autre.

Du point de vue de la narration, l’auteur a choisi une focale externe (et un récit au passé, alleluia !), ce qui nous permet de suivre l’un ou l’autre des personnages et d’avoir une idée assez nette de ce qui se trame. L’intrigue dessine, en filigrane, la douloureuse histoire qui oppose les Valoriens aux Herranis. Mais, de ce côté-là, on manque un peu de détails : Kestrel n’a pas participé à la guerre et Arin est trop secret pour en révéler de trop, ce qui fait qu’on est parfois un peu dans le flou concernant les tenants et aboutissants de la situation. De plus, l’auteur est un peu avare en descriptions, ce qui laisse de temps à autres un léger goût de trop-peu. Ainsi, à part quelques points remarquables de la cité (le port, le col, quelques propriétés), j’ai parfois eu du mal à m’en faire une idée, mon imagination oscillant entre diverses propositions (plutôt Vikings ou plutôt Civilisation orientale étant mes favorites, cette dernière étant notamment induite par la scène finale du roman).
Malgré tout, on en sait assez pour comprendre les inimitiés entre les personnages. L’histoire d’Arin, que l’on devine peu à peu est bien menée : on compatit aux choses terribles infligées aux Herranis, sans jamais tomber dans le pathos. C’est délicat, mais l’exercice est réussi !

Bonne pioche, donc, avec ce premier tome de la série The Curse. J’ai adhéré tant aux personnages qu’à l’intrigue prenante qui, sous des accents classiques, est diablement efficace — classique, car elle a un indéniable petit côté Roméo et Juliette sauce fantasy. Et bien que l’histoire de coeur soit au centre de l’affaire, j’ai grandement hâte de découvrir le prochain tome, c’est dire si ça m’a plu !

The Curse #1, Marie Rutkoski. Traduit de l’anglais par Mathilde Montier.
Lumen, 16 février 2016, 484 p.

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Louis Pasteur contre les loups-garous, Flore Vesco.

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Paris, 1840. Louis Pasteur a 19 ans et il entre comme boursier à l’institution royale Saint-Louis pour suivre des études scientifiques. L’année scolaire sera loin d’être de tout repos. Certaines nuits, une mystérieuse menace rode dans les couloirs du pensionnat, mettant en danger étudiants et professeurs. Décidé à mener l’enquête, Louis fait équipe avec une lycéenne de l’école d’en face. Sous ses airs de jeune fille modèle, Constance se révèle une alliée intrépide et courageuse.
Entre loups-garous et complots, ils useront de vaccins autant que de coups d’épée pour sauver les élèves et même… le roi Louis-Philippe !

Louis Pasteur, fraîchement débarqué de sa campagne jurassienne, découvre les joies de la vie parisienne à l’Institution Saint-Louis, en tant qu’élève – boursier ! – de première année en sciences. De l’autre côté de la cour, l’établissement accueille quelques lycéennes qui font des études « longues » – jusqu’au baccalauréat – où on leur dispense cours de danse, de maintien, de broderie… on en passe et des meilleures.
Louis, donc, découvre avec curiosité et stupéfaction le snobisme parisien, un sexisme revendiqué, des professeurs plus en recherche de gloire personnelle que soucieux d’instruire les élèves, mais aussi… la gent féminine !

Flore Vesco ouvre chaque chapitre par sa composition chimique, laquelle reprend une partie des éléments chimiques qu’utilisera Louis au cours du récit ainsi que des éléments d’intrigue (disparition, duel d’escrime ou encore élevage de poules dans les combles). Cela crée un effet d’attente fort efficace car on se demande dans quelle mesure et comment vont apparaître les éléments cités. D’ailleurs, la façon dont tout cela s’articule est souvent assez drôle et inattendue !

Dès le départ, on plonge dans un récit d’aventures qui mêle agréablement histoire (notamment des sciences) et fantasy. Car Louis débarque plein d’idées et d’intuitions dans sa nouvelle école et va se dépêcher des les mettre en œuvre : de ce côté-là, on est servis, car Flore Vesco retrace le brillant et juvénile parcours scientifique du jeune homme. D’autre part, le mystère se pare des atours de la fantasy dès le chapitre 2, lorsqu’on commence à soupçonner la nature de la bête qui rôde dans les couloirs, laquelle a tout à voir avec celle du Gévaudan !
Au fil des pages, on revisite donc l’Histoire, sauce fantasy, dans un univers que l’on met peu de temps à apprivoiser : de sombres créatures rôdent, souvent dues aux humains et des sociétés secrètes s’affrontent pour les cantonner aux ténèbres ou tout simplement pour les éradiquer. D’ailleurs, et on ne peut que s’en réjouir, la suite des aventures de ces secrets sociétaires est déjà annoncée !

L’histoire est diablement prenante car le style de Flore Vesco est vif, enlevé et enjoué : usant d’un vocabulaire recherché et varié, elle nous entraîne à la suite de ses héros pour des aventures échevelées et pleines de suspens. Car si l’on soupçonne assez vite ce dont il est question, il faut toute la durée du roman aux personnages pour révéler l’ampleur du complot et toutes ses subtilités. Et c’est loin d’être simple, ce qui participe aussi du charme de l’histoire. D’ailleurs, dès que j’arrêtais de lire, je passais mon temps à espérer pouvoir reprendre ma lecture, tellement j’étais dedans !

Mais cela tient aussi et surtout aux personnages mis en scène, notamment à notre duo phare. Louis et Constance sont deux jeunes justiciers que l’on suit sans aucune difficulté tant ils sont attachants. Tous deux font montre d’une intelligence et d’une logique redoutables, leur permettant d’éliminer, l’un après les autres, les obstacles qui parsèment leurs routes. Et ce qui est bien, c’est que l’histoire mêle à la fantasy des histoires typiquement adolescentes. Un jeune homme poursuit donc de ses assiduités Constance – qui s’en passerait bien – et Louis, de son côté, découvre que la gent féminine peut ne pas être seulement purement décorative. En se mettant en duo, ils se découvrent également des compétences complémentaires : si notre jeune scientifique combat le mal à coup de formules chimiques et tubes à essai soigneusement mitonnés, Constance, elle, défend leurs intérêts à grands coups de fleuret, une arme pour laquelle elle s’est découvert une soudaine et brillante prédilection : une répartition des rôles vraiment intéressante et pas si courante – le plus bourrin des deux n’étant pas nécessairement celui auquel on pense spontanément !

Un duo de jeunes enquêteurs audacieux et attachants, une intrigue palpitante qui revisite Histoire, histoire des sciences et légendes du Gévaudan, un style enlevé et riche, une dose d’humour bienvenue, voilà les excellents ingrédients du roman de Flore Vesco – dont j’attends, il va sans dire très impatiemment, la suite annoncée !

Louis Pasteur contre les loups-garous, Flore Vesco.
Didier jeunesse, septembre 2016, 212 p. 

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