TTT #13 : 10 romans avec un mode de transport sur la couverture

Le TTT est un petit rendez-vous hebdomadaire orchestré par Frogzine, fixé le mardi, et qui consiste à faire un petit top 10, d’où son nom : Top Ten Tuesday. On y parle, de préférence, de sujets en rapport avec les livres ou la lecture et ce rendez-vous consiste à lister 10 points (souvent 10 titres) en rapport avec le thème donné. S’ils ont été chroniqués, un petit clic sur l’image vous mènera à la chronique.
Pour être tout à fait honnête, ce thème était celui de la semaine dernière, mais le destin (pas moins) en ayant décidé autrement, je n’ai pas pu toucher au blog ces derniers jours. Mais je tenais vraiment au thème donc, ma foi, mieux vaut tard que jamais !

Et donc, la semaine dernière, on planchait sur le thème suivant :

10 romans avec un mode de transport sur la couverture

Et en faisant quelques petites recherches pour la constitution de ce top, je me suis aperçue que des modes de transport, en littératures SFFF, il y en a pas mal ! Évidemment, on retrouve les moyens de transport traditionnels, comme la voiture, le train ou l’avion, bref, les classiques (quoique je n’aie, de mémoire, lu aucun roman de l’imaginaire avec un bus, un tram ou un métro en couv’, même si ça peut s’y dérouler). À côté de ceux-là, il y a également quelques moyens plus originaux ou moins usités !
Pour plus de simplicité, c’est donc par type de transport que je les ai classés.

Où l’on circule en train :


Vous le voyez, là-bas, dans le fond ? Oui, c’est bien un train à vapeur. Mieux, c’est le mythique Transcontinental américain, construit à la sueur du front de milliers d’esclaves de travailleurs émigrés très volontaires au XIXe siècle, aux États-Unis. Dans Satinka, ce fameux chantier de construction a une importance capitale, au point qu’il devient quasiment un personnage de l’histoire, aussi incroyable cela puisse-t-il vous paraître ! Si le roman a quelques faiblesses, c’est une excellente plongée dans l’histoire des États-Unis.
Satinka, Sylvie Miller.

Et un deuxième train à vapeur ! Si c’est pas la preuve que ce moyen de transport reste éminemment romantique à nos yeux…
De mémoire, le train n’a pas une importance aussi capitale que dans Satinka ; il sert juste de moyen de transport, emmenant les personnages d’un point A à un point B, au gré de leurs pérégrinations. Ce qui est assez drôle, dans le fond, quand on sait que dans cet univers, ils peuvent aussi bien se déplacer en dirigeable qu’en rose des vents — un petit dispositif fort pratique qui permet peu ou prou de se téléporter dans les couloirs de la Citacielle. Du coup, le train… un moyen de transport romantique, disait-on !
La Passe-Miroir, tome 2, Les Disparus du Clair de Lune, Christelle Dabos.

Où l’on navigue gaiement – ou pas :

  

Alors là, on mise et on double ! Dans les deux premiers tomes de sa série L’Empire des tempêtes, Jon Skovron accorde une immense importance aux navires – de guerre, marchands, de pirates/corsaires… Et nos personnages y passent un temps considérable, quand ils ne sont pas directement aux commandes. Du coup, si vous aimez les romans riches en batailles maritimes… vous savez quoi lire !
L’Empire des tempêtes, tome 1 Hope & Red et tome 2, Bane & Shadow, Jon Skovron.

Là non plus, la couverture ne ment pas car, comme dans les romans cités juste au-dessus, les personnages passent un temps incroyable — si ce n’est tout le roman ! — vissés dans leur barque, parcourant les flots déchaînés dans la campagne anglaise, et tentant d’échapper à leurs redoutables poursuivants (qui n’hésitent pas à utiliser un hors-bord, les fourbes). Et puis, mine de rien, la barque est si importante qu’elle a donné son nom au titre !
La Trilogie de la poussière, tome 1, La Belle sauvage, Philip Pullman.

Où l’on pollue avec un vieux Diesel en écoutant du hard-rock à plein tubes :

C’est vrai que la pollution n’est pas la préoccupation principale des personnages dans ce futur, tant la Terre a été ravagée. Mais mine de rien, ce n’est pas évident de s’en sortir tranquillement : il y a des machines tueuses un peu partout, des personnages étranges à tous les coins de rues, et des zombies en cavale (courant ou marchant, Snyder ou Romero, au choix) par-dessus le marché. Raison de plus de rouler en faisant rugir le moteur et en chantant à tue-tête !
Le Jardin des Épitaphes, tome 2, Aimez-moi, Taï-Marc Le Thanh.

Où l’on se prend pour Philéas Fogg :

Ici, on a l’embarras du choix : dirigeable, montgolfière, à vous de choisir ce qui vous fera le plus plaisir. Il faut dire que lorsque l’on se déplace avec la troupe de l’Aero Circus, il y a de quoi faire ! Sans surprise, l’intrigue est aussi steampunk qu’elle en a l’air et on y passe un temps considérable dans les transports !
Dresseur de fantômes, Camille Brissot.

Où l’on arpente les étoiles et le vide spatial :

On voit pas mal de vaisseaux sur cette couverture, mais le plus important, c’est celui qui est au premier plan, celui dans lequel on a l’impression d’avoir posé le pied pour regarder les Brisants. À bien y réfléchir, je crois d’ailleurs que l’ensemble de l’intrigue de ce premier tome se déroule à bord du vaisseau. Je suis certaine que les deux tomes suivants se déroulent (au moins en partie) sur le plancher des vaches (galactiques), mais pour celui-ci… le doute subsiste !
Les Maîtres des Brisants, tome 1, Chien-de-la-Lune, Erik L’Homme.

Où l’on gambade au tintinnabulement des sabots de sa monture :

En fantasy, se déplacer à cheval (ou de quelconque autre équidé) est plutôt fréquent. À dos de moutons, en revanche, c’est plus original et c’est bien ce qui fait le sel de la bande-dessinée Bergères guerrières ! Ça et l’inversion des rôles totalement assumée entre gents masculine et féminine… qui s’avère extrêmement efficace en termes de révélations ! Bref : ne vous fiez pas (totalement) à la couverture.
Bergères guerrières #1, Amélie Fléchais et Jonathan Garnier.

 

J’aimerais vous dire qu’on ne se déplace pas si souvent que ça à cheval en SF, mais le fait est que j’ai au moins un autre titre qui me vient en tête (Sanglornis Prima de Didier Quesne).
Dans Les Damnés, il ne reste pas vraiment d’autre façon de se déplacer, si on ne veut pas traînasser à pieds : le carburant a disparu et l’hélico solaire reste rare. En plus, nos personnages partent de la Côte d’Azur pour rallier Tortosa en Espagne – ça n’a pas l’air si loin que ça sur la carte, mais il y a quand même des montagnes au milieu. Du coup, on pataclope gaiement en tentant d’échapper aux écueils du trajet !
Les Damnés de l’asphalte, Laurent Whale.

Où la monture a plutôt tendance à cracher du feu et à fumer sec :


Ici, on se déplace quand même pas mal à pieds, sauf sur la fin quand, vraiment, tout part en cacahuètes et qu’il faut aller vite. Vous le voyez, le petit dragon mignon, à droite ? Eh bien la monture, c’est lui ! Mais oui ! Je ne vous divulgâche rien, mais sachez que les apparences sont souvent trompeuses. Et si vous voulez en savoir plus, ma foi, foncez lire cet excellent roman jeunesse !
La Fille qui avait bu la Lune, Kelly Barnhill.

Et on est déjà à 10 !

Et vous, avez-vous des moyens de transports originaux, surprenants, ou bien classiques, croisés en littérature, à partager ?

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[2018] Gros bilan d’avril-mai-juin.

Bon, je n’ai pas été très assidue sur le blog ces derniers temps, ce que vous aurez sans doute remarqué au vu du peu de chroniques publiées ces derniers mois. Ce qui explique ce bilan condensé des trois derniers mois de lectures, pour les titres que je ne compte pas chroniquer sérieusement par ailleurs !

Carnet de lectures.

Louise et Hetseni, Sophie Rigal-Goulard (Rageot).

Avril 1851. Jonas Pellman, jeune colon, traverse l’Ouest pour rejoindre la Californie, l’Eldorado dont rêve son père, Cody. Jonas, moins bravache que son géniteur, se verrait mieux rester à la ferme et n’a pas la moindre envie de quitter son pré carré. Or, la traversée des États-Unis, à cette époque-là, est loin d’être de tout repos. Car il faut composer avec les dangers du terrain, la nature belliqueuse de certains pionniers et, détail non négligeable… les Amérindiens, très remontés contre ces colons qui bafouent leurs droits. D’ailleurs, ça ne manque pas : Jonas se fait enlever, sans espoir de retour ! Louise, de son côté, est une collégienne d’aujourd’hui, dont le père écrit un roman. Un manuscrit qu’elle lit en catimini, et qui ressemble beaucoup, beaucoup, à l’histoire de Jonas… son père le sortira-t-il de son guêpier ou lui mettra-t-il encore plus de bâtons dans les roues ?
Voilà un roman historico-fantastique que l’on pourra proposer aux plus jeunes (dès 9 ans) : au fil des chapitres, on alterne entre les deux personnages et les deux époques, les deux personnages parvenant, par un petit procédé surnaturel, à communiquer. C’est intéressant pour leurs discussions et pour le contenu documentaire (Louise se renseignant sur l’histoire des pionniers), mais les passages consacrés à Louise viennent en général couper le rythme du récit. De plus, j’ai trouvé les péripéties de la collégienne nettement moins passionnantes que celles de Jonas, qui permettent de défaire de nombreux clichés sur les Amérindiens et l’histoire des États-Unis, tout en transmettant un message d’ouverture et de tolérance !

Poussière-fantôme, Emmanuel Chastellière (Scrinéo).

Être guide touristique spécialisé dans les mystères du Montréal hanté n’est pas facile tous les jours, malgré les pourboires et les touristes à berner. Mais ça l’est encore moins quand on peut réellement converser avec les fantômes, trop contents de trouver quelqu’un à qui parler et prêts à tout pour trouver de la compagnie ! Depuis qu’Archibald a fait la rencontre d’Elizabeth McKenzie, jeune scientifique décédée dans des circonstances étranges en 1917, sa vie a basculé. Déterminé à aider Elizabeth à lever le voile sur sa mort, Archie va devoir compter sur des amis parfois surprenants et apprendre à percer les secrets de la poussière fantôme, alors que les revenants, goules et autres spectres de la ville se montrent de plus en plus menaçants… Et tout ça si possible sans trop se fatiguer !
C’était pas vraiment un roman de saison (il serait idéal à lire aux alentours d’Halloween) mais voilà un texte qui devrait plaire aux jeunes lecteurs. Il est truffé d’actions, de rebondissements et de péripéties échevelées : avec les personnages, on traverse le Canada à bord d’un train, alors que des hordes de fantômes attaquent sans relâche les personnages. Ceux-ci luttent contre l’avènement d’un Grand Ancien (avec moult tentacules), ce qui fait que le récit flirte avec l’horreur : la référence à Lovecraft est bien présente ! Si, à titre perso, j’ai trouvé que c’était un peu trop rapide et que les personnages, hormis Archie, manquaient un peu de profondeur, je pense que j’aurais adoré étant plus jeune.

Dis au revoir à ton poisson rouge, Pascal Ruter (Didier jeunesse).

Andréas avait prévu de passer ces vacances d’été à faire du skate, du skate et encore du skate. Il avait oublié que quinze jours durant, il devait être l’agréable hôte de sa correspondante anglaise, Mary. Bye bye le skate, et bonjour les musées ! C’est la mort dans l’âme qu’Andréas rejoint l’aéroport. Or, là, tout va de mal en pis… Car ses parents disparaissent sans laisser la moindre trace, alors qu’ils étaient en train de régler le parking. Ou, pour être très précis, Andréas retrouve un bijou de sa mère… et la carte bleue de son père, abandonnés au sol. C’est louche ! Flanqué de Mary, qui a le bon goût d’être parfaitement francophone, très débrouillarde, douée en informatique et dynamique à souhait, Andréas se lance à la poursuite de ses géniteurs. Direction le Brésil !
Voilà un roman hyper agréable et prenant à lire, bardé de péripéties et plein d’humour. Sur les traces des personnages, on s’intéresse à des scientifiques peu scrupuleux, on déambule dans la jungle, on apprécie les talents informatiques de Mary et de sa bande, le Deep Pink Web, DPW pour les intimes. L’intrigue est survoltée, et même parfois à la limite de la cohérence. Mais le récit n’en reste pas moins palpitant et j’ai passé un excellente moment avec. Un titre parfait pour les vacances !

L’Adoption, tome 1 : Qinaya et tome 2 : La Garùa, Zidrou et Arno Morin (Bamboo, Grand Angle).

  

Cette BD a fait grand bruit lorsqu’elle est parue, il y a deux ans et j’ai adoré la lecture de cette série. Le premier tome narre l’histoire de Qinaya, une orpheline péruvienne de 4 ans, adoptée par une famille française. Ce qui est original, c’est que l’on ne suit pas l’adaptation de Qinaya à ses parents adoptifs… mais l’adaptation de Gabriel, le jeune grand-père, à la nouvelle vie de la famille. Lui qui n’a jamais pris le temps d’être père doit désormais apprendre à être grand-père.
Je n’en dis pas plus concernant le résumé, car cela risquerait de gâcher les révélations de la BD ! En tout cas, c’est une histoire aussi originale qu’émouvante. N’ayant absolument pas lu le résumé ni les avis sur internet, je ne savais pas à quoi m’attendre, aussi je dois dire que la fin m’a totalement surprise. Et j’ai trouvé le tome 2 tout aussi bon et touchant. Les graphismes, de plus, sont magnifiques. Très belle découverte, donc !

Cinéma et séries.

La Casa de Papel, Álex Pina.

Comme à l’accoutumée, c’est bien après tout le monde que je me suis intéressée à cette série espagnole, qui a tellement fait le buzz qu’une nouvelle saison est en préparation.
La Casa de Papel, qu’est-ce que c’est ? Tout simplement la Fabrique de la Monnaie et du Timbre espagnole, à Madrid, qu’un groupe de 8 braqueurs anonymes (uniquement désignés par des noms de villes) investit. Objectif ? Retenir à l’intérieur agents et visiteurs (y compris une classe de lycéens comprenant dans ses élèves la fille de l’ambassadeur britannique) le temps d’imprimer quelques milliards d’euros à se répartir, sans violence. Propre, net et sans bavures, le tout sans escroquer le contribuable espagnol, que demander de mieux ?
Malheureusement, l’équipe menée par El Profe va avoir du fil à retordre avec le plan, quoiqu’infaillible, mis en place par leur chef, et c’est bien ce qu’il y a de chouette dans la série. Celle-ci cumule donc les bons côtés de films de huis-clos, de grosses arnaques et d’aventures débridées. La série développe vraiment les protagonistes (pas tous, certes), avec quelques flashbacks bien placés qui nous éclairent sur leurs personnalités et motivations. Le rythme est maintenu de bout en bout et, si toutes les péripéties ne sont pas toujours très vraisemblables, l’ensemble se tient à merveille. Il n’y a guère que la fin (les quelques dernières minutes) qui ne m’ait pas franchement emballée : j’ai trouvé que cela déconstruisait totalement le personnage de l’inspectrice Murillo patiemment mis en place précédemment.
De même, je suis un peu plus dubitative sur une éventuelle saison 3 : je trouvais que la fin se suffisait vraiment à elle-même. Mais comme je suis curieuse, je regarderai quand même à quoi ça ressemble quand cela sortira.
Note à celles et ceux qui voudraient regarder la série en VO : le niveau de langue est très accessible, malgré quelques accents un peu prononcés (Denver, si tu nous entends…). Point bonus : vous apprendrez une quantité de vulgarités pour le moins impressionnante !

Riverdale, saison 2.

J’aime beaucoup cette série et la première saison avait été une révélation ! C’est donc avec enthousiasme que j’ai attaqué la saison 2, que j’ai regardée avec autant d’enthousiasme que prévu, mais peut-être un peu moins de passion que précédemment. Sans doute parce qu’il s’y passe énormément de choses… un peu trop, peut-être. Il y a des allégeances de personnages, des contre-attaques, des petits complots, de grands plans machiavéliques et un tas de rebondissements du genre et de révélations fracassantes. C’est vraiment chouette mais parfois cela part franchement dans tous les sens, comme si les scénaristes avaient voulu tout mettre d’un coup, de peur de rater une bonne idée. Voilà qui m’a de temps en temps fait décrocher, malheureusement. Bons moments dans l’ensemble, mais j’attends de la saison 3 qu’elle redresse la barre !

Ocean’s 8, Gary Ross.

La série des Ocean’s a remis au goût du jour les films de braquage. Après trois opus, j’imagine qu’Hollywood a voulu surfer sur le succès commercial de la trilogie, ce qui explique l’arrivée de ce nouveau numéro dans la franchise. Donc, on prend les mêmes et on recommence, ou presque : car cette fois, point de George Clooney, et place à une équipe entièrement féminine.
Debbie Ocean a eu plus de 5 ans pour fomenter son plan parfait : braquer discrètement le Gala du Met et barboter au nez des célébrités et du service de sécurité un légendaire collier de chez Cartier, le Toussaint, si célèbre et précieux qu’il ne sort quasiment jamais de chez lui.
Alors, évidemment, vu que c’est le Gala du Met, les robes de soirées et les têtes d’affiche sont de sortie, ce qui gâte un peu l’aspect « film d’action porté par une bande de nanas ». De fait, la féminisation du casting n’apporte pas grand-chose à l’intrigue, si ce n’est que ça change de la somme de testostérone accumulée dans les précédents opus. Car l’intrigue est vraiment dans la veine de la série : un plan infaillible, qui cache un autre plan infaillible, un minutage précis, quelques tours d’illusionniste et une réussite magistrale au bout, le tout arrosé de réparties cinglantes, d’un brin d’humour, et porté par un casting très alléchant. C’est bien rodé, c’est divertissant, mais clairement pas surprenant.

Citations.

« J’ai pris le nom de Lucifer parce que cela signifie « celui qui porte la lumière ».
– C’est aussi comme ça que les gens mortels appelaient le diable, souligna-t-elle.
Rowan haussa les épaules.
– J’imagine que c’est forcément le porteur de la torche qui projette l’ombre la plus sombre.»
Thunderhead, Neal Shusterman.

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« L’auteur est trop paresseux pour vous faire un résumé de tout ce qui s’est passé dans les deux tomes précédents ; si vous avez tout oublié, c’est votre faute, pas la sienne ! »

« Aha ! Là !
– Tu as trouvé ? s’exclama Cassandre.
– Je vous avais dit que personne n’était plus rapide que moi, se rengorgea-t-il.
– Ouais, ben j’espère que tu n’es pas aussi rapide dans tous les domaines, intervins-je.
Tout le monde se tourna vers moi et je me sentis rougir jusqu’à la racine des cheveux. Mon problème, c’était ma grande gueule. Quand je trouvais quelque chose de drôle à dire, je le faisais sans me soucier des conséquences. Eh ben voilà. Super, Chloé. »
Ici et Ailleurs, Olivier Gay.

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« J’étais déjà le genre de fillette qui tâtonnait, les yeux fermés, au fond des meubles, à la recherche de portes secrètes comme dans Narnia, où qui faisait des vœux en regardant la deuxième étoile à droite au fond du ciel façon Peter Pan, chaque fois que la nuit le permettait. Alors découvrir un livre vert et or avec un titre de conte de fées, au fond d’une commode parfaitement banale, me mit dans tous mes états… »
Hazel Wood, Melissa Albert.

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« L’avantage avec les gens qui parlent tout seuls, c’est qu’ils alimentent la conversation d’eux-mêmes et répondent aux questions que vous n’avez pas posées. Ça a quelque chose de reposant. »

« Mon grand-père était entomologiste. Le top du top dans sa catégorie. Et mon père s’y connaît pas mal aussi. Il dit toujours que les insectes survivront aux humains parce qu’ils sont moins cons. Je trouve ça moyennement rassurant.
– Mais sans doute vrai, dit-elle. »
Dis au revoir à ton poisson rouge, Pascal Ruter.

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« Anna, m’a-t-il dit, tu n’as pas eu de chance jusqu’ici, mais la vie est comme un grand arbre majestueux .
Ce n’est pas parce que tu es tombée sur plusieurs branches pourries que tu ne pourras jamais te raccrocher aux branches saines et grimper jusqu’en haut pour apercevoir l’horizon. »
Le Dossier Handle, David Moitet.

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« C’est que… je préférerais m’entretenir avec Olen le répétiteur. En privé.
– Ce que tu préfères n’a pas d’importance, c’est moi qui suis en charge, et c’est à moi que tu parles.
– En l’absence de votre chef, je suppose. Vous êtes son épouse ?
Kaelyn poussa un long soupir désabusé.
– Non, je ne suis pas son épouse, et on ne va pas y passer la journée : dis-moi ce qui t’amène.
– Une mission confidentielle. Dont je ne peux parler à personne d’autre qu’à Olen, et surtout pas à…
Devant le froncement de sourcils de la maîtresse de guerre, le reste de sa phrase s’étrangla dans un bredouillement inaudible. Surtout pas à une femme. Voilà ce qu’il voulait dire.
La colère froide qui l’habitait jour et nuit depuis qu’elle avait été en âge de porter une arme se transforma soudain en rage. Empoignant le vieux courtisan par le col, elle l’arracha violemment à la souche sur laquelle il était assis.
– Putain mais qu’est-ce qu’il te faut ? lui hurla-t-elle au visage. Qu’est-ce qu’il vous faut, à tous ?
Olen tenta de s’interposer, mais recula d’un bond pour éviter la timbale de tisane brûlante qui s’écrasa à ses pieds.
– Je dirige ce camp, j’ai formé ces hommes, j’ai tué neuf Traceurs en dix minutes, je suis allée chercher le conseiller Mladen dans son putain de manoir, avec ses putains de gardes, sans perdre un seul homme ! Tu veux quoi de plus ? Que je te fasse une omelette ? Que je t’apporte tes chaussons ? »

« Allez, viens, fit Eden Vekh en prenant son cheval par la bride. Encore une petite heure, et on y est. Tu vois les toits, tout là-bas ?
Desmeon ne voyait rien, que des sommets enneigés, des rochers et des nuages.
– Non.
– Tu n’as pas une vue de Traceur…
– Je les verrai bien assez tôt, les toits. Et on ferait bien de se mettre en route, parce que je crève de faim, et que j’en ai vraiment marre des bâtonnets de viande séchée. ça colle aux dents, et ça pue la chèvre…
Il jeta à son camarade un regard méfiant.
– D’ailleurs, je ne sais pas pourquoi, reprit-il, mais je sens qu’on ne mange pas très bien, dans ton pays.
– Pourquoi tu dis ça ? s’amusa Eden Vekh.
– Je ne sais pas, je me dis que quand on dort par terre dans une tour de guet, on n’est pas très porté sur les brochettes de poisson flambées au caramel.
– Ah ça, si tu t’attends à trouver de la nourriture tchi chez nous, tu vas être déçu.
– Je m’attends plutôt à des lentilles. Froides. Et crues.
Eden Vekh éclata de rire. »
La part des ombres, tome 2, Gabriel Katz.

***

« La clairière obscure avait été envahie par un vol de lucioles. Elles virevoltaient en silence, des milliers de lueurs minuscules qui tournoyaient autour du chêne central, comme une procession de bougies féeriques.
Parfois, il y avait un bruissement furtif, un chasseur ailé piquait dans la clairière, une luciole s’éteignait brusquement, et autour, cela faisait comme une vague lumineuse, comme les rides sur l’eau lorsqu’il pleut. Fasciné par le spectacle phosphorescent, j’en oubliai quelque temps les bleus et l’épuisement.  » J’ai toujours aimé les bois de Vaux pour ça », fit Uldrick doucement. « A chaque fois, c’est quand tu commences à ne plus la supporter que cette forêt se rachète pour la lune qui vient. Comme si elle avait besoin qu’on l’aime. » J’acquiesçai, la bouche entrouverte, envoûté par la danse lumineuse.  » On dirait des fées « , fis-je.  » On dirait que c’est la nuit qui… qui ondule.  » Uldrick me lança un regard étrange par-dessus le feu.  » C’est vrai « , fit-il.  » On dirait que la nuit ondule. »

« Nous appelons leur philosophie la Pradekke, et c’est le ciment du pays var tel qu’il existe aujourd’hui. La Pradekke, c’est la différence entre le savoir et la croyance. Croire que l’on sait est ignorant. Savoir que l’on croit ne l’est pas. L’homme sage est capable de discerner les nuances entre ce qu’il sait et ce qu’il croit, parce que la croyance est la plus dangereuse des ignorances. Les vaïdrogan n’ont jamais été vaincus parce que nous raisonnons ainsi. Voilà la première leçon qu’un enfant var apprend. L’aveu de sa propre ignorance est une démonstration de force. »

« « Je t’ai battu », poursuivit Uldrick. « Souviens-toi que, malgré la rage, je t’ai battu. Je te battrai encore, et encore, et ensuite, tu iras au-delà. » Il parlait calmement, entre ses respirations aussi lourdes que les miennes, sa voix était douce et ferme, et elle me parvenait comme depuis un rêve. « Ecoute bien, Sleitling. Ce n’est pas notre manière. Tu le verras un jour. Les hommes qui doivent se mettre en colère pour ne pas avoir peur crient, hurlent et font de grands gestes qu’ils ne comprennent qu’à moitié. Ils gaspillent leurs forces et disparaissent, avalés par la folie et la rage. » Le Var pressa son genou au creux de mes reins et lâcha mes cheveux. Je ne pleurais plus. La haine enflait de nouveau. « Ceux qui sont chanceux, les stupides contes brunides en font des héros », continua Uldrick tout en raffermissant sa prise sur mes mains. « Mais pas le vaïdrogan. Le vaïdrogan sait combien les contes sont stupides, parce qu’il a trouvé sa rage, et qu’à chaque fois il a été battu. Tu dois en passer par là, toi aussi. »

« Je fus initialement surpris par cette découverte, parce que chez les Brunides, on voue un mépris stupide à ce genre d’hommes, considérés comme inférieurs, des sortes de femmes ratées qu’il est permis de traiter avec tout le dédain que l’on souhaite. Les Vars, eux, s’en fichaient éperdument, et n’en faisaient aucun secret. Lorsque au lendemain de notre arrivée Eireck me surprit à fixer un baiser entre Sidrick Harstelebbe et son compagnon, un guerrier à la peau mate dont j’ai oublié le nom, mon expression troublée dut l’interpeller. « A Carme », me dit-il sur le ton de la discussion, « les phalangistes ont le devoir d’aimer d’autres hommes. Les généraux pensent qu’un soldat se battra plus férocement pour défendre celui qu’il aime. Là-bas, les femmes sont des matrices et rien de plus. Nous, nous pensons que chacun devrait être libre de ses préférences.  » Je pris à cœur ces paroles et, lorsque la bizarrerie initiale m’eut quitté, je les méditai souvent pour leur justesse. »
Le Cycle de Syffe, tome 1, L’Enfant de poussière, Patrick K. Dewdney.

[2018] Petit bilan de mars.

Mars a été riche en lectures – mais, une fois de plus, pas en chroniques. Un jour, j’aurais rattrapé tout mon retard !
A défaut, le rendez-vous se dote (enfin !) d’un logo !

Carnet de lectures.

Rayon romans.

Comment un écureuil, un héron et une chouette sauvèrent le père de Casper, Horatio Clare et illustré par Jane Matthews (PKJ).
De temps en temps, je lis des romans jeunesse pour les plus jeunes (à partir de 9 ans) et celui-ci en fait partie et aborde un sujet pas si courant en littérature jeunesse, puisqu’il évoque la dépression d’un parent ! Casper coule une existence paisible dans la petite ville anglaise de Woodside Terrace… Jusqu’à cet été où son père, Jim, change du tout au tout : il ne mange plus, ne sourit plus, ne travaille plus et reste cloué au lit. Quel mauvais sort s’est abattu sur lui ? Une chose est sûre, Casper ne l’abandonnera jamais et il va pouvoir compter sur l’aide, un brin inattendue, des animaux de la forêt alentour.
C’est donc sous des dehors fantastiques que l’intrigue est abordée et, si la résolution peut sembler quelque peu tirée par les cheveux, elle véhicule avant tout des messages très positifs sur cette terrible maladie qu’est la dépression et sur ce que peuvent envisager les proches pour aider les leurs. Le texte est très abordable et les illustrations de Jane Matthews l’ornent à merveille. Une chouette découverte, donc !

Le Dernier saut, Alexandra Sirowy (PKJ).
Cette fois, c’est un thriller pour les ados auquel je n’ai pas du tout, mais alors pas du tout accroché.
Au début de l’été, Ben, le demi-frère adoré de Lana, disparaît sous ses yeux. Les vacances suivent leur cours, mais les fêtes sur la plage et les premiers émois amoureux sont teintés d’inquiétude. Quand Lana et ses amis trouvent le corps de Maggie, l’ex-petite amie de Ben, tout est remis en question : ce dernier est-il mort ? Maggie est-elle impliquée ? Et si Lana était la prochaine victime sur la liste ?
Si je n’ai pas accroché, c’est avant tout parce que l’intrigue reposait sur un élément que j’ai vu venir dès les premiers chapitres. Difficile, donc, d’être surprise par les rebondissements et la conclusion. À cela s’est ajouté le fait que l’histoire manque de rythme comme de suspens, et tente de jouer sur la corde fantastique pour meubler – sans succès. Accessoirement, j’ai trouvé les personnages cliché au possible et donc, en définitive, je n’ai pas accroché à l’histoire. Mauvaise pioche, donc.

Rayon bulles.

Issak, tome 1, Shinji Makari (Ki-oon, Seinen).
1620. L’Europe est déchirée par une guerre qui oppose catholiques et protestants. Dans la forteresse de Fuchsburg, en Allemagne, des réfugiés affluent de toute la région. Parmi eux se trouve Issak, un guerrier hors pair au talent de tireur inégalé. Avec ses longs cheveux noirs, ses yeux bridés, son sabre et son imposant fusil, il ne passe pas inaperçu… Venu du Japon, il combat comme mercenaire aux côtés des protestants. En réalité, il n’a qu’un but : laver l’honneur de son maître assassiné. Le meurtrier se serait mis au service des catholiques, et Issak parcourt les champs de bataille pour le retrouver ! Mais cette fois, la situation est désespérée : cernée par l’ennemi, Fuchsburg semble vouée à la destruction… Le samouraï errant parviendra-t-il à changer le cours de l’histoire ?
Ce n’est pas le premier manga d’inspiration historique que je lis chez Ki-oon et, une fois de plus, j’ai trouvé celui-ci passionnant. Ce premier tome permet vraiment de se faire une idée de la situation générale et l’auteur prend le temps d’installer à la fois les personnages, les lieux et les motifs de la guerre (et vu la complexité du conflit, ce n’est pas évident). Il s’est appuyé sur une gravure montrant des combattants japonais à cette époque et dans ces lieux : l’histoire est bien documentée et l’on apprend (déjà) une foule de choses dans ce premier tome. Vu qu’il s’agit de l’exposition (et qu’il s’agit avant tout d’une histoire de siège), le manga manque un peu de rythme mais, comme je le disais plus haut, la lenteur sied à la complexité de l’intrigue.

Tops & Flops.

Du côté des flops, je n’ai guère que Le Dernier saut à mentionner, et dont j’ai brièvement parlé ci-dessus. Vraiment, ce n’était pas ma came, la faute à ce rebondissement final que j’ai vu venir dès le début (pas de bol, quoi). J’ai (de la même auteure) L’Ombre de Stella dans ma PAL, je compte tout de même lui donner une chance un de ces quatre !

Côté belles découvertes, j’ai l’embarras du choix ce mois-ci avec pas moins de trois coups de cœur. Trois dans le même mois, incroyable !

Tout d’abord, il y a eu Le Gang des prodiges de Marissa Meyer, qui ne me branchait pas plus que cela. Et en fait, je suis tombée dans une histoire truffée de super-héros, sur fond de dictature bienveillante (ou qui ne dit pas son nom), avec un tas de réflexions passionnantes. Génial ! J’ai hâte de lire la suite !

Ensuite, il y a eu La longue marche des dindes, de Kathleen Karr, un roman pour les plus jeunes, qui remet à l’honneur le western avec cow-boys, esclaves en fuites, Amérindiens et autres colons égarés. C’est drôle, c’est prenant, c’est bien écrit, bref, je recommande chaudement.

Enfin, je me suis enfin (ENFIN) décidé à lire De Cape et de mots, le premier roman de Flore Vesco et, mes aïeux, quelle génialissime découverte !! C’est un excellent roman historique et de cape et d’épées à proposer aux plus jeunes, drôle, inventif et qui se lit en moins de deux. Une pure merveille !

Citations.

« Je me demande si je les aurais lus si je n’essayais pas autant de m’intégrer. Parce que j’ai beau être française, on ne me regarde pas comme française, on me regarde comme un exemple d’intégration réussie. Et ce n’est pas normal. Mes grands-parents venaient d’un autre pays, d’une autre culture, c’est eux qui se sont intégrés. Je parle arabe avec eux, mais ma mère et moi sommes nées ici et nous nous parlons dans notre langue, le français. Nous ne devrions rien avoir à prouver.. »

« J’ai à nouveau besoin d’une pause. Les terroristes sont entrés au Bataclan et Marie-Castille est morte. Elle fait partie des premiers touchés, ceux pour qui ça s’est terminé en moins de cinq minutes. Il n’était même pas 22 heures. Depuis nous nous sommes trompés. Parce que, de notre côté, nous avons patienté, nous avons espéré, nous nous sommes démenés, sans savoir que notre vie d’avant avait pris fin. Je ne comprends pas celle qui nous attend maintenant. J’ai l’impression qu’elle est comme ces fermetures Éclair que l’on n’arrive pas à remettre sur leurs rails. On hésite à jeter la trousse ou le vêtement parce qu’on y tenait, et puis peut-être que quelqu’un va arriver à réparer la fermeture, mais personne n’y arrive, ou ça ne tient pas longtemps. Mais on ne peut pas poser une vie de côté comme on le fait d’un vêtement. Non, vraiment, je ne comprends pas ce qu’il va falloir faire. »

« C’est quoi, le malaise ?
J’ai un petit rire :
– C’est marrant, comme question…
Il me regarde sans trop voir ce qu’il y a de marrant.
– Non, dis-je, c’est que vous êtes le seul à l’avoir posée. Tout le monde a mis ça sur le compte de l’adolescence et d’une année difficile…
Nous savons à quel point cet adjectif est en-dessous de ce que nous avons vécu et vivons toujours, et je lui dis soudain ce que je n’ai réussi à dire personne :
– Je ne supporte plus qu’on attende de moi que je sois un exemple. Je ne supporte plus d’avoir à prouver que si on donne une chance aux « gamins de banlieue », ils réussissent, que si on tend la main aux musulmans, ils ne se font pas sauter dans les lieux publics. Je ne supporte plus qu’on attende de moi que je prouve que le « modèle républicain » fonctionne. Je n’en peux plus de ces expectatives qui m’étouffent et m’empêchent de réfléchir pour moi-même. On ne peut pas réfléchir quand on ne peut même pas respirer !»
Paris est tout petit, Maïté Bernard.

***

« Avec la vivacité d’une étoile de mer, la princesse de Rousserolle se mit à réfléchir. C’était un exercice nouveau pour elle. »
De Cape et de mots, Flore Vesco.

***

« Simon,elle a repris, il m’est très pénible de te le dire, mais tu te rends bien compte…
-Oui, m’dame ?
– Tu te rends bien compte que tu viens d’achever ton CE1. Pour la quatrième fois.
– Oui , m’dame. Ç’a été encore plus plaisant que d’habitude.
Elle a froncé les sourcils.
– Quoi qu’il en soit… Je crois que tu as exploré jusqu’aux tréfonds les arcanes du CE1, Simon. Je crois qu’il est temps pour toi de le quitter.
J’ai sauté de joie.
– Ça veut dire que je vais enfin passer en CE2 ?
– Hélas non. Tu es déjà le plus âgé de mes élèves, Simon Green. Si fort que j’ai pu apprécier ta compagnie, il est temps pour toi d’affronter le monde. De déployer tes ailes. »
La longue marche des dindes, Kathleen Karr.

***

« Ouais, on ne t’a pas encore accepté, alors il va falloir que tu te tiennes à carreau, ajouta Nour à l’attention de Thomas. Personne ne t’a dit que la validation des copines était super importante ?
– Non, répondit-il en arquant un sourcil. C’est ennuyeux, ces produits sans mode d’emploi. On monte toujours un truc à l’envers. »

« Tu crois que tu peux occuper tes copines un instant, qu’elles ne fassent pas attention à moi ?
– Je ne veux pas te vexer, mais Célia n’a d’yeux que pour David et Nour est encore stressée de ne pas avoir compris l’exo de maths. Elles se moquent complètement de toi.
– Ci-gît mon orgueil frappé à mort. Très bien. Assure-toi que ça ne change pas. »

« Super. Amusez-vous bien. Moi, je vais m’entraîner. A un moment, il faudra aussi te préoccuper d’améliorer ta technique à l’escrime, Chloé. Tu es douée, mais tu ne maîtrises pas encore tes nouveaux pouvoirs. A l’occasion, je pourrai te donner un ou deux cours.
– A l’occasion, répondis-je d’une voix que j’espérais détachée. (UN COURS PARTICULIER AVEC DAVID WTF ZOMG CŒUR SUR LUI CŒUR CŒUR – hum). Bonne soirée !
La porte se referma sur lui et je me retournai pour voit Thomas m’observer avec un sourire un peu plus appuyé que d’habitude.
– Tu sais que je peux ressentir tes émotions, hein. Quand tu les projettes comme ça, je me retrouve inexplicablement attiré par David, et ça perturbe un peu mon univers de mâle hétéro.
J’aurais voulu mourir de honte mais comme j’étais déjà morte, bah c’était déjà ça de gagné. »
Le Calme et la Tempête, Olivier Gay.

***

« J’ai abandonné Willa et je me suis cachée dans les toilettes. Assise sur l’abattant, j’ai pleuré jusqu’au cours d’après. Les filles suivaient des règles compliquées et silencieuses. Qui savait que porter des sous-vêtements noirs voulait dire qu’on voulait coucher ? Ou que porter un anneau à l’orteil ou manger une banane dans le couloir voulait dire qu’on était une obsédée ? Pas moi. Je ne comprenais pas non plus qu’une fille qui voulait avoir des relations sexuelles soit une « pute », mais que de la part d’un garçon, ce soit normal. Le proviseur adjoint disait toujours que la jupe de Machine ou de Truc était trop courte et que ça distrayait les garçons. Accuser les filles du comportement des mecs, croire qu’une fille et un garçon désiraient des choses différentes, c’était moyenâgeux. »
Le Dernier saut, Alexandra Sirowy.

 

[2018] Petit bilan de février.

Carnet de lectures.

Rayon romans.

Un lapin peut changer une vie, Sandrine Kao (Syros).
Chez les Ribout, il y a… Agathe, l’aînée indomptable qui, par inadvertance, se retrouve molle comme une guimauve face à un garçon. Mais aussi… Paul, le père, qui fait semblant d’aller travailler et n’ose avouer où il passe réellement ses journées. Emmanuelle, la mère qui dessine des plats mijotés à défaut de pouvoir les cuisiner. Et puis Alicia, la cadette « première de la classe » devenue « paria » à cause d’une sombre histoire de poux. Et last but not least… Django, le lapin qui va tout changer !
Voilà une saga familiale à la fois enjouée, drôle et pétrie de profondes réflexions. En effet, Sandrine Kao s’est intéressée tour à tour à chacun des personnages et aux problèmes qu’ils peuvent rencontrer. Alicia, la plus jeune, est placée contre son gré aux côtés de …, une fillette de la communauté Rom et contre laquelle elle a une pléthore de préjugés (elle qui se pense si bonne !). Agathe, elle, doit se dépêtrer de ses histoires de cœur. Du côté des parents, il faut faire bouillir la marmite, et ce n’est pas toujours évident. J’ai aimé l’attention accordée à chacun des membres de la famille, mais l’histoire, dans l’ensemble, ne m’a guère passionnée. Cela partait bien, mais j’ai trouvé que c’était globalement trop plein de bons sentiments, et de moins en moins crédible au fil de l’avancée. À terme, l’intrigue desservait même le message de tolérance et de bienveillance que semblaient vouloir diffuser les Ribout. Un peu dommage !

Quand vient la vague, Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier (Rageot).
Bouleversée, Nina quitte le domicile familial et jette ses clés dans une bouche d’égout… Quelques mois plus tard, son frère Clément se met à sa recherche. De Lacanau à Bordeaux puis Paris, il découvre la raison de sa fuite, ces « vagues » qui l’ont submergée, l’obligeant à tout quitter.
Ce roman adolescent réunit deux auteurs que j’apprécie mais il faut que j’avoue que la sauce n’a pas vraiment pris, bien que le roman se lise d’une traite ou presque. J’ai apprécié la quête de vérité des personnages, mais le secret n’a guère fait long feu en ce qui me concerne, ce qui fait que l’ensemble a quelque peu manqué de surprises. Néanmoins, c’était intéressant de voir comment un même secret peut avoir des retentissements très différents sur les mêmes membres d’une famille. De plus, les révélations s’enchaînent à bon train et les descriptions donnent envie d’aller se balader du côté de Lacanau !

Le Royaume blessé, tome 1, L’âge des assassins, R. J. Barker.
Girton est l’apprenti de la plus célèbre criminelle des Terres lasses et se destine à une prometteuse carrière d’assassin… même si être affublé d’un pied bot corse légèrement l’affaire. Sa nouvelle mission lui apporte un défi inédit : il s’agit cette fois de sauver une vie. Un mystérieux traître a tenté d’assassiner l’héritier du trône, et Girton et sa maîtresse sont recrutés pour le protéger en secret, ce qui s’avèrera plus facile à dire qu’à faire dans ce milieu de mensonges, faux-semblants et autres complots.
Alors là, je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Franchement, l’histoire avait tout pour me plaire. L’ai-je lu alors que je n’étais pas dans de bonnes dispositions ou l’ai-je tout simplement comparé inconsciemment à L’Ange de la nuit de Brent Weeks (ma référence forever en matière de fantasy à capuches ?). Aucune idée. Toujours est-il que j’ai trouvé le début assez confus et que je ne me suis pas suffisamment impliquée dans l’intrigue… j’ai abandonné. Une lecture que je retenterai peut-être plus tard !

Rayon bulles.

Vies volées, Matz et Mayalen Goust.
Argentine, 1998. Mario est secoué par la révélation de l’affaire des bébés volés pendant la dictature, lui qui ne ressemble pas à ses parents. Accompagné de Santiago, son meilleur ami, il va faire des tests ADN à la clinique. Des tests dont le résultat va bouleverser les vies des deux jeunes hommes.
J’aime beaucoup tout ce qui touche à l’Amérique latine, tout comme les bandes-dessinées scénarisées par Matz. Forcément, le titre de celle-ci m’a attirée et je ne regrette pas, c’est une belle découverte ! Sans surprise, le sujet est assez lourd mais le trait de Mayalen Goust, léger, lui apporte une certaine fraîcheur bienvenue ! L’intrigue est bien menée et montre à quel point l’affaire a pu avoir des répercussions différentes (mais toujours dramatiques) sur les différentes familles. À un certain moment, j’ai trouvé que la quête des personnages prenait un peu le pas sur eux : du coup, ils n’étaient pas toujours suffisamment creusés à mon goût mais, en même temps, l’histoire parvenait à atteindre une certaine universalité (donc ça n’était pas gênant). Comme je le disais au départ, bonne découverte, donc ! Sur le même sujet (ou presque), vous pouvez lire Le Sang des papillons de Vivian Lofiego (qui parle plus des opposants qu’on a enlevés que des bébés) et Mala vida (qui évoque les bébés volés sous la dictature franquiste, en Espagne).

Tops & Flops.

J’ai parlé de trois titres qui ne m’ont pas tellement emballée juste au-dessus, alors on va passer directement à la meilleure découverte du mois, à savoir La Couleur du mensonge, d’Erin Beaty (Lumen).
En vrai, ça partait mal, car le résumé puait la romance à plein nez mais finalement, il était beaucoup plus question d’espionnage et de stratégie que de romance (même si, je ne vais pas mentir, il y en a). J’ai apprécié LE retournement de situation qui change tout dans le bouquin : même si je l’ai vu venir, j’ai trouvé qu’il était suffisamment bien mené pour donner tout même envie d’en savoir plus et de connaître la suite. J’attends désormais le tome 2 avec impatience !

J’ai terminé la nouvelle série de Ben Hatke, j’ai nommé Jack le Téméraire. Encore une fois, c’est un concentré d’aventures, d’amitié, de découvertes et d’univers étranges (on visite cette fois les bas-fonds d’un château truffé de gobelins). Si je suis un peu triste de déjà dire au revoir aux personnages, l’épilogue me laisse espérer une nouvelle série qui, peut-être, fera elle aussi des clins d’œil à Zita, la fille de l’espace – première série de l’auteur que j’aie lue et que je te recommande tout aussi chaudement. Affaire à suivre, donc !

Citations.

« Ils se sentent affreusement coupables, tu sais.
– C’est toujours comme ça. Ce sont pas les pires qui se sentent le plus coupables. C’est une des curiosités de la nature humaine. »
Vies volées, Matz & Mayalen Goust.

« Le manque de Nina est un creux palpitant qu’il sent en permanence dans sa poitrine, comme un cœur manquant, un organe fantôme. Il n’en a découvert l’existence qu’après la disparition de sa sœur. Avant, il ignorait qu’il était heureux. Et depuis, il sait qu’il ne l’est plus. »
Quand vient la vague, Manon Fargetton & Jean-Christophe Tixier.

 

 

[2018] Petit bilan de janvier

Carnet de lectures

Lectures à bulles.

J’ai lu pas mal de bande-dessinées en janvier (je chroniquerai un jour, je chroniquerai !) et, au premier chef, j’ai relu la série Zombillénium, d’Arthur de Pins – j’avais déjà lu les deux premiers tomes, mais le 3 était une découverte. Zombillénium, c’est l’histoire d’un parc d’attractions uniquement tenu par des créatures fantastiques, du directeur aux machinistes du train fantôme. Et dans l’équipe, il y a un démon et une sorcière qui tente de juguler ses pouvoirs démoniaques – pour la faire courte !
Je n’ai pas vu l’adaptation, mais replonger dans cet univers m’en a donné l’envie ; le portrait de l’univers de l’entreprise est certes cinglant, mais franchement bien vu. L’intrigue fantastique, avec ses zombies, ses vampires, sa sorcière et ses démons en goguette tient bien la route et c’est pas la fin du tome 3 qui va donner envie de s’arrêter là !

Gaspard et la malédiction du Prince-Fantôme, Isabelle Dethan (Delcourt, 2017).
Depuis Sur les Terres d’Horus, j’adore le travail d’Isabelle Dethan, donc découvrir son nouveau titre a été une bénédiction, d’autant qu’il mêle traditions de Égypte antique et antiquités égyptiennes du musée du Louvre !
Gaspard est passionnée d’antiquités égyptiennes et profite du fait que son oncle soit gardien au Louvre pour y passer tout son temps. Un jour, il remarque une petite fille qui semble perdue : il s’agit du fantôme d’une fillette égyptienne, dont les affaires mortuaires ont été éparpillées dans le musée… Qu’à cela ne tienne, il va l’aider !
Bon, vous l’avez compris, j’adore le travail d’Isabelle Dethan alors replonger dans ses aquarelles a été un très bon moment : celles-ci sont très colorées et riches en détails et reproduisent à merveille les différentes salles du Louvre ainsi que ce qui y est exposé. L’intrigue, qui mêle fantastique et histoire, tient bien la route et offre suspense, un tas d’informations et émotions. Bref, une chouette BD, accessible aux plus jeunes !

Côté ciné.

Glacé.

Cette série adapte le roman éponyme de Bernard Minier (que je n’ai pas lu, donc je ne me prononcerai pas sur la fidélité de la-dite adaptation). On y suit la capitaine Ziegler et le commandant Servaz, appelés dans un petit bled des Pyrénées où, au petit matin et sous des trombes de flocons, on vient de découvrir le cadavre décapité d’un cheval de prix, accroché à la falaise près d’une centrale hydroélectrique. Parallèlement, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre de haute sécurité psychiatrique qui domine la vallée (et dans lequel croupit, ça tombe bien, l’ennemi intime de Servaz, qu’il a mis sous les verrous quelques années plus tôt).
Voilà une série à regarder sous la couette, vu les tombereaux de neige qui traversent l’écran ! Sans surprise, l’ambiance fait écho au titre : glaciale.
Et ce n’est pas seulement dû à la saison hivernale : cela tient également au centre de haute sécurité psychiatrique, à ses détenus et aux lourds secrets qui semblent empoisser l’atmosphère. Si j’ai apprécié l’ensemble (du moins dans un premier temps), je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer que c’était quand même un brin cliché. Donc oui il y a des flics qui picolent, oui ils sont hyper borderline, évidemment ils enquêtent sur des trucs qui les touchent de bien trop près pour être objectifs, sans surprise il y a des personnages qui enquêtent eux aussi pour leur compte et oui, mille fois oui, le passé des personnages les hante terriblement. De fait, j’ai été tenue en haleine pendant la majeure partie de la série, mais j’avoue que la surenchère de secrets douloureux issus du passé et autres découvertes un brin macabres m’ont un peu perdue sur les derniers épisodes. Du coup, le cheval, ça venait de qui ? Hum, eh bien, j’ai déjà zappé… Malheureusement, en plus de cela, la fin (qui est peut-être celle du roman !) ne m’a pas du tout convaincue. Bonne découverte sur les deux premiers tiers, un peu plus décevante sur la fin.

Bon, en vrai, j’avais regardé Ascension et Dark en décembre, mais je les ai oubliés dans mon p’tit bilan et c’est bien dommage, car il s’agit ni plus ni moins de deux coups de cœur !

Ascension

Avant toute chose, sachez qu’Ascension était (originellement) une mini-série de 6 longs épisodes ; malheureusement, seule la première partie a été portée à l’écran : on a donc bien 6 épisodes, mais ils sont courts et l’histoire finit sur une fin très très très ouverte !
1963. Une mission spatiale secrète est lancée par le gouvernement américain. À son bord, des humains partis pour un voyage d’une centaine d’années, direction Proxima du Centaure, où ils seront chargés d’instaurer une nouvelle colonie. 50 ans plus tard, alors qu’ils approchent du point de non-retour, une jeune femme est mystérieusement assassinée, alors qu’il n’y a pas d’armes à bord… Tout va-t-il pour le mieux à bord de l’Ascension ?
La première chose qui m’a tapé dans l’œil, ce sont les décors et les costumes : on est dans un vaisseau construit dans les années 60 et tout, à bord, est resté dans le jus. Qu’il s’agisse des consoles et écrans, des vêtements que portent les personnages, de leurs idées ou comportements, il y a un contraste qui marche à 100% ! Côté histoire, l’intrigue tient vraiment la route car elle conjugue le huis-clos au côté SF. Je n’en dirai pas trop plus, car ce serait hyper dommage de gâcher l’intrigue, mais je l’ai trouvée absolument palpitante. J’en aurais bien repris 6 épisodes, d’ailleurs, car j’ai eu un coup de foudre pour cette histoire et tout ce qu’elle renferme !

Dark

 

Allemagne, petit village de Winden. Un enfant disparaît sans laisser de traces et, bientôt, tout le village est sur les dents. Où est Mikkel ?
Les familles sont d’autant plus anxieuses que, 33 ans plus tôt, un autre enfant avait disparu. Coïncidence : Mads aurait été l’oncle de Mikkel. Est-il possible que l’histoire se répète ?
La vraie question est-elle « Où est Mikkel » ? Ou bien… « Quand est Mikkel » ?
Deuxième série de décembre et deuxième coup de cœur !
Dark, c’est d’abord une ambiance totalement envoûtante, qui passe par de longs plans figuratifs et une bande-son aux petits oignons (à bien des égards, ça m’a rappelé l’adaptation de The Circle, que j’avais également adorée). J’étais un peu dubitative sur les deux premiers épisodes, que j’avais trouvés un peu énigmatiques mais je me suis quand même totalement laissée prendre par l’ambiance générale, les petites histoires qui commencent à se tisser et surtout les petits indices qui traînent, à droite à gauche, sur les voyages dans le temps (oui, ok, je lâche le pavé dans la mare mais en même temps, dès le premier épisode on commence à en voir !). Au final, j’ai dû me restreindre pour ne pas m’enquiller tous les épisodes d’un coup mais il y a un tel suspens que j’avais salement envie d’en savoir plus ! Gros bon point : la fin est super chouette et annonce une suite sans aucun doute intéressante (du coup, je suis impatiente de la voir).

Tops & Flops.

Deux petits flops ce mois-ci, et un tas de super découvertes. Commençons donc par les premiers !

J’avais déjà lu la première bande-dessinée d’Emma et j’ai enchaîné avec le deuxième volet de la BD Un autre regard. Comme le premier, c’était super intéressant et les strips suscitent des questionnements vraiment passionnants. Ce qui m’a gênée, c’est plus le graphisme assez simple, avec une très importante proportion de page blanche : c’est super adapté à la lecture en strips verticaux sur écran, mais passé en page, c’est un peu moins réussi, je trouve. Donc le fond, super, la forme m’a moins emballée.

Ensuite, j’ai été assez déçue par Ma vie cachée de Becca Fitzpatrick (que j’ai pourtant lu d’une traite parce que, malgré tout, c’était assez prenant). Non, ce qui m’a agacée, c’est que c’était cliché à souhait, que ce soit du point de vue des personnages ou de l’intrigue, alors que l’idée de départ était plutôt pas mal vue. Mauvaise pioche, donc.

Au rang des bonnes découvertes, il a fallu que je fasse des choix !

Ce titre, je l’avais repéré chez des copinautes (Bouchon ou Les Vénérables par exemple), donc je n’ai pas rechigné à le lire car La Fille qui avait bu la Lune, de Kelly Barnhill a été une excellente surprise. L’histoire, si elle n’est pas fondamentalement originale, s’avère extrêmement poétique, pleine d’inventivité et très prenante. Tout en étant accessible aux plus jeunes, c’est pas génial, ça ?!

Ensuite, j’ai enfin attaqué Les Sœurs Carmine d’Ariel Holzl avec le premier tome, Le Complot des corbeaux. J’ai adoré l’histoire des bas-fonds mêlée à la politique et surtout, surtout, le cynisme ambiant et les aventures un brin trash de Merryvère, la cadette des sœurs. J’ai hâte de lire le tome consacré à Tristabelle !

Enfin, en tout début de mois, j’ai lu une super bande-dessinée intitulée La Différence invisible, signée Mademoiselle Caroline et Julie Dachez et qui narre les pérégrinations (et le combat) d’une jeune femme autiste. J’ai adoré les graphismes et plus encore la découverte du quotidien de Marguerite. Et j’ai appris plein de trucs !

Citations.

« Tout le monde est un génie, mais si vous jugez un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide. »
La Différence invisible, Julie Dachez & Mademoiselle Caroline.

***

« Elle s’écarta pour scruter son visage à l’expression narquoise.
– Tu sais, Elend, des fois, c’est franchement difficile de savoir quand tu plaisantes et quand tu dis simplement des bêtises.
– Ce qui me rend plus mystérieux, non ?
– On peut dire ça, admit-elle en se blottissant de nouveau contre lui.
– Eh bien, vois-tu, tu ne comprends pas à quel point c’est intelligent de ma part. Si les gens n’arrivent pas à déterminer quand je me comporte en idiot ou en génie, peut-être qu’ils prendront mes bourdes pour de brillantes manœuvres politiques. »

« Je plaisante, El, reconnut Ham.
– Tu sais, Ham, commenta Brise. La seule chose qui soit drôle avec tes plaisanteries, c’est leur absence quasi constante de toute forme d’humour. »
Le Puits de l’ascension, Brandon Sanderson.

***

« La devise de Grisaille lui revient alors en mémoire : « Quid non occiderem occidisti primum », « Ce qui ne vous tue pas est ce que vous avez tué en premier »… »

« S’ensuivit une échauffourée inscrite sous le matricule « Incident 4752 » dans les archives administratives de la police royale. Les survivants, quant à eux, préféraient s’en souvenir comme « Quinze minutes d’un foutoir sans nom » »
Les Sœurs Carmines, Ariel Holzl.

***

« La patience ne court pas.
Ni ne pousse, ni ne vole, ni ne chancelle.
La patience est l’ondulation de l’océan,
Le soupir de la montagne,
Le froncement du Marécage.
La patience est le chœur des étoiles
Tintant à l’infini… »

« Ce n’est pas parce que tu ne vois pas une chose qu’elle n’existe pas. parmi les choses les plus merveilleuses en ce monde, bon nombre sont invisibles. La foi que l’on place en elles les rend encore plus puissantes et extraordinaires. Tu verras… »

« Une histoire pouvait dire la vérité, elle le savait, mais elle pouvait aussi mentir. Les histoires pouvaient varier, louvoyer et abuser. Maîtriser les histoires, c’était s’octroyer un pouvoir considérable… »

« La petite avait une expression grave, sceptique et intense, si bien que Gherland eut du mal à détourner le regard. Elle avait la chevelure noire et bouclée et les yeux plus sombres encore. La peau lumineuse, tel de l’ambre poli. Au milieu du front, elle portait une marque de naissance en forme de croissant de lune, identique à celle de sa mère. La tradition populaire voulait que ces gens-là soient hors du commun. Gherland détestait le folklore en général, particulièrement lorsque les citoyens du Protectorat se mettaient en tête des idées de grandeur. »
La Fille qui avait bu la lune, Kelly Barnhill.

[2017] Petit bilan de décembre.

Ce dernier mois de l’année n’aura pas été bien riche en chroniques (faute de temps à leur consacrer), mais en lectures, si !

Carnet de lectures.

Cœurs hybrides, Anna Combelles (Sudarènes).
Cela va faire deux ans que ce roman traîne dans ma PAL et il n’attendait que le moment où j’aurais envie d’une romance pour être lu : moment qui a fini par arriver. Malheureusement, on ne peut pas dire que ça l’ait vraiment fait.
Au XIXe siècle, dans un monde où les dirigeables ont conquis le ciel et où les robes à dentelles frémissent dans tout Paris, les femmes sont pourtant considérées comme des êtres inférieurs. Rebelle, Jade, issue de la lignée des « Charismas » aux dons extraordinaires, décide alors de fuir la capitale, ravagée par une guerre fratricide entre sangs purs et hybrides. À des milliers de kilomètres de là, Ethan parti chercher l’oubli, rencontre un homme qui va changer le cours de sa vie. Les destins de Jade et Ethan se trouveront liés d’une étrange façon.
Je ne fais pas de résumé maison, car j’aurais peur de spoiler quelques retournements de situation !
Alors, pourquoi ça ne l’a pas fait ? Tout simplement parce que l’histoire n’est qu’une romance, qui s’affranchit presque totalement de l’univers – ce qui est bien dommage, vu que celui-ci s’appuie sur un tas de créatures surnaturelles, vampires, loups-garous et autres métamorphes, qui se sont livré une guerre sans merci. De cette guerre, on n’aura peu de détails, hormis le fait que tout ce petit monde a bataillé sec, pour d’obscures querelles de clocher.
Évidemment, les deux personnages sont issus de deux clochers opposés, ce qui confère un petit côté Roméo et Juliette au couple, malheureusement pas franchement mis en avant, les deux personnages étant particulièrement indépendants vis-à-vis de leurs familles respectives. Du coup, j’ai trouvé que l’ensemble manquait un brin de perspectives, car exclusivement centré sur les atermoiements des personnages (dont les «Je t’aime / Moi non plus / Mais en fait je ne peux pas parce que blablabla» m’ont rapidement agacée).
La romance pure, ce n’est pas mon rayon, je pense que ça se confirme ; je ne suis de toute évidence pas le public adéquat pour cette lecture !

La Cité automate et La jeune fille au corbeau, Cécile Guillot (Miroir aux Troubles).

Voilà deux nouvelles auxquelles je n’ai guère accroché.
Dans la première, on suit Noé, jeune victime d’un accident de la route, qui se réveille dans un lieu étrange où tic-tacquent de nombreuses horloges. Le décor steampunk est léché, tout comme les illustrations qui ornent l’ouvrage. Malheureusement, j’ai trouvé l’histoire vraiment trop rapide, avec des développements un brin trop attendus. Ceci étant dit, le rythme est au rendez-vous, le style est fluide et je pense que le format et l’histoire peuvent plaire à de jeunes lecteurs (dès 8 ans) – ce point est d’ailleurs parfaitement valable pour la seconde nouvelle.
Dans la seconde, donc, on suit une jeune fille, Franny, envoyée dans un pensionnat où se déroulent (manifestement) de drôles de choses : assez vite, elle se rend compte que des jeunes filles un peu différentes (comme elles) disparaissent. Là encore, c’est trop rapide : le décor est à peine planté, les personnages à peine creusés, le tout était vraiment trop rapide à mon goût.
Petit point à noter : ces deux textes sont édités dans une police adaptée aux lecteurs DYS.

Côté ciné.

J’ai pas mal fréquenté les salles obscures, ce mois-ci et si tout ne m’a pas convaincue, j’ai eu tout de même une très bonne surprise !

Star Wars, épisode VIII : Les Derniers Jedi, Rian Johnson.


Au pays de Star Wars, c’est un brin la mouise : les rebelles sont dans la panade, le Premier Ordre est partout et Rey ne maîtrise toujours pas la Force. Objectif : trouver Luke Skywalker pour un apprentissage express, se débarrasser du Premier Ordre (et de Kylo Ren) et remporter la guerre.
Bon, sans surprise, cet épisode emprunte beaucoup à l’épisode V et, comme dans le précédent, l’intrigue fait le vide dans le rang des personnages phares. L’histoire est assez intéressante, puisqu’elle tourne autour de l’antagonisme Rey/Kylo et autour d’une question capitale : Rey cèdera-t-elle à sa part de ténèbres, comme son antagoniste ? (Question pas totalement résolue, d’ailleurs). Autour de cela vient se greffer la fuite désespérée d’une force rebelle moribonde, qui déploie les stratagèmes (un peu vides de sens) pour s’en sortir. Ce n’est pas inintéressant, mais certaines péripéties (dont tout l’arc narratif secondaire, tout de même) ne servent à rien d’autre qu’à faire, d’une part, du remplissage et, d’autre part, à préparer la suite. Du coup, malgré tout ce qui est mis en œuvre (grosses bastons, scènes graphiquement hyper réussies)…. eh bien, c’est long. C’est même par moments très très longs.
Si on ajoute à cela que le ton du film n’est pas DU TOUT en adéquation avec le contenu, on a un film qui se laisse vraiment regarder, mais qui est un peu bancal. Ainsi, les moments tragiques sont systématiquement détournés par un trait d’humour (souvent bien potache). Non seulement c’est lourd, mais ça donne en plus l’impression que les personnages n’y sont pas du tout. Exemple : tout le monde est mort mais, c’est pas grave, parce que *insérer ici un jeu de mot tout pourri qui fait rire tout le monde*. Moui. J’ai rapidement été lassée. J’irai évidemment voir la suite (future nouvelle trilogie incluse), mais avec des attentes assez basses.

Tout l’argent du monde, Ridley Scott.


Rome, 1973. Des hommes masqués kidnappent Paul, le petit-fils de J. Paul Getty, un magnat du pétrole connu pour son avarice, mais aussi l’homme le plus riche du monde. Pour le milliardaire, l’enlèvement de son petit-fils préféré n’est pas une raison suffisante pour qu’il se sépare d’une partie de sa fortune.
Gail, la mère de Paul, femme forte et dévouée, va tout faire pour obtenir la libération de son fils. Elle s’allie à Fletcher Chace, le mystérieux chef de la sécurité du milliardaire et tous deux se lancent dans une course contre la montre face à des ravisseurs déterminés, instables et brutaux.
Première chose à savoir : ce film est un biopic, inspiré du véritable kidnapping de J. Paul Getty III et le film retrace à la fois le combat de Gail, l’avarice du grand-père et la captivité du petit-fils, un projet ambitieux mais qui manque cruellement de rythme, un peu comme si à force de vouloir faire du thriller et du drame, aucun des deux n’était vraiment soigné. Il y a donc du drame familial, mais pas trop (le père et la fratrie étant totalement absents de l’histoire), du thriller mais là encore, pas trop (puisque l’un des ravisseurs a rapidement des remords et en vient à aider Paul) ; en résumé : c’est un peu mou. Reste la figure glaciale du grand-père, qui donne le ton du film, sans toutefois prendre le pas sur aucun des autres aspects. Disons que ça a bien occupé une après-midi de tempête, mais que ce n’était pas non plus le chef d’œuvre du siècle.

Le Crime de l’Orient-Express, Kenneth Brannagh.

Ici, pas de surprise sur le résumé, il s’agit de l’adaptation du roman phare d’Agatha Christie. Mais voilà le point de départ : alors qu’il rentre de mission et compte s’arrêter quelques jours à Istanbul, Hercule Poirot est rappelé d’urgence à Londres. On est en hiver et à cette époque de l’année, l’Orient Express roule habituellement quasiment à vide. Pourtant, sans l’aide du directeur de la compagnie, Hercule Poirot n’aurait pas trouvé de place à bord, comme si tous les voyageurs s’étaient donné rendez-vous dans ce train ! Dès la première nuit, un homme est assassiné. Le train est immobilisé par la neige qui empêche l’assassin de s’enfuir. Dans les wagons isolés du reste du monde, Hercule Poirot, au sommet de son art, mène l’enquête. Et ce ne sont pas les pistes qui manquent !
J’ai lu ce roman il y a vraiment longtemps mais, pour ce que je m’en rappelle, l’intrigue a été plutôt bien respectée. Et point positif : on ne voit presque pas passer les quelques deux heures de film, tant l’intrigue est menée à bon rythme ! Autre point qui m’a marquée : l’esthétique du film. Graphiquement, c’est superbe, les images sont tout bonnement splendides – et franchement, ce n’est pas gagné quand on passe 80% de l’histoire dans un train à l’arrêt dans la neige ! Enfin, je trouve que Kenneth Brannagh a planté un Hercule Poirot parfaitement crédible et très réussi (et je partais avec quelques réticences tant j’apprécie l’interprétation de David Suchet). Détail qui ne gâche rien : la brochette d’acteurs était au diapason. Bref, cette version du Crime de l’Orient-Express m’a vraiment emballée et j’ai hâte de voir celle de Meurtre sur le Nil annoncée dans la conclusion !

Tops & Flops.

Il n’y a pas eu suffisamment de flops pour les citer, alors on va passer direct aux bonnes découvertes du mois ! Et ça a été compliqué, car j’en aurais bien ajouté d’autres (comme Nocturna), par exemple !

Vivant, Roland Fuentès.
Vivant démarre sur les chapeaux de roues : deux garçons courent l’un derrière l’autre, et le second a un couteau en main (avec la ferme intention de s’en servir). 180 pages d’adrénaline et de cœur battant, truffées de réflexions pertinentes sur notre société et le vivre-ensemble. Fantastique !

Celle qui venait des plaines, Charlotte Bousquet.
Charlotte Bousquet dresse le portrait de Winona, une légende du Far West, par les mots desquels on découvre les aspects les moins glorieux (voire les plus trash) des histoires de cow-boys. Dur, mais splendide !

Dans la combi de Thomas Pesquet, Marion Montaigne.
On pourrait résumer par « C’est l’histoire de Thomas Pesquet qui décide de participer à un concours et finit par aller sur l’ISS ». Au milieu, 200 pages bourrées d’humour et d’info scientifiques. Une BD qui a le double mérite d’être hyper marrante et hautement instructive (et donc un gros coup de cœur).

Citations.

« Tu vois, j’étais aveugle, moi aussi. J’étais heureuse d’être à lui. Ce n’est pas ça, l’amour. On ne possède pas qui on aime. On se tient à ses côtés, pour le meilleur et le pire. On ne l’enferme pas. On accepte même de le laisser s’envoler, pourvu qu’il soit heureux et libre. »

« À l’autre bout du dortoir, une autre se débattait contre des monstres invisibles, rauquant des mots que je ne comprenais pas. Furieuse, notre surveillante l’a secouée jusqu’à ce que la malheureuse bascule hors de sa paillasse puis l’a traînée brutalement hors de la chambrée.
Pourquoi ? Mais, Virgil, parce que même dans nos rêves, même dans nos pires cauchemars, il nous était interdit de nous exprimer dans une langue autre que l’anglais !
Absurde, n’est-ce pas ? »
Celle qui venait des plaines, Charlotte Bousquet.

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« On fuit bien avec les Running XB 500. Un amorti impeccable, une adhérence adaptée aux reliefs irréguliers. Sous la plante du pied, relayant l’action musculaire, le gel Sentoprène garantit une tonicité optimale.
Mais la chaussure ne serait rien sans le coureur. Et celui qui progresse actuellement à flanc de colline est un athlète remarquable. On peut penser qu’en baskets plus ordinaires, voire en souliers de ville, il se déplacerait aussi très vite. On peut même imaginer qu’à la qualité du matériel et à la maîtrise du mouvement s’ajoute un autre motif : la volonté. Et cette volonté se concentre autour d’un seul mot. Fuir.
Oui. Vraiment. On fuit bien avec les Running XB 500. »

« J’ai bien conscience que si Mattéo est devenu très populaire, il n’y était pas vraiment prédestiné. Lorsque sa famille a emménagé à La Ciotat dans notre lotissement, il y a huit ans, j’ai compris tout de suite à qui j’avais affaire : les remarques racistes de ses parents, leurs plaisanteries bien grasses sur les Arabes ou sur les Noirs, les clichés enfilés comme des saucisses à propos des Anglais (rosbifs), des Chinois (chinetoques), des Allemands (boches)… Le pauvre Mattéo avait l’hérédité chargée.
Le plus pitoyable, c’est quand son père est venu taper un scandale à l’école parce que la cantinière avait demandé à sa petite sœur si elle mangeait du porc. De fait, la sœur de Mattéo est de type méditerranéen : brune de peau, des yeux noirs comme des olives, les cheveux frisés. Peut-être d’origine espagnole, mais ça, c’est pas écrit sur son front. Quand on la voit, on la prend pour une Algérienne, une Marocaine, éventuellement une Espagnole, oui, et dans ce cas elle a très probablement des ancêtres arabes, comme beaucoup d’Espagnols. C’est ce qu’a dit mon père au voisin, qui pendant trois semaines ne nous a plus adressé la parole ! »

« Lorsque Mattéo répétait bêtement les idioties parentales, je lui montrais mon désaccord, mais je n’ai jamais essayé de le fuir. Mon père dit qu’il ne faut pas laisser les crétins entre eux. Même si c’est dur, on doit s’obliger à les fréquenter, au moins pour leur fixer des limites. »
Vivant, Roland Fuentès.

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« Hannah souleva le couvercle et observa attentivement l’aléthiomètre avant de le sortir de son nid de velours bordeaux pour le déposer sur la nappe blanche. Il était plus épais que celui de Bodley, mais le cadre en or, pareillement usé à force de manipulations, brillait du même éclat dans la lumière de la lampe. Les trente-six symboles disposés autour du cadran étaient représentés de manière plus simple, en noir sur de l’émail blanc, et non pas en couleur sur de l’ivoire comme ceux de l’instrument de la Bodley : ils semblaient moins décoratifs, plus fondamentaux. Derrière les aiguilles, un soleil éclatant, gravé, occupait le centre du cadran.
Hannah sentit ses mains être attirées vers l’instrument, comme par le visage d’un amoureux. »

« Alice renifla avec mépris.
– Tu es un corniaud.
– Je ne sais pas ce que c’est.
– Regarde-toi dans la glace. »
La Belle sauvage, Philip Pullman.

[2017] Petit bilan de novembre.

Ça ne s’est pas trop vu sur le blog, car j’ai très peu écrit ce mois-ci, mais un certain nombre d’heures de train m’ont permis de lire tout mon saoul et de faire de chouettes (ou parfois moins chouettes) découvertes !

Carnet de lectures.

42 jours, Silène Edgar.
Été 1942. Sacha, 12 ans, et Jacob, son petit frère, sont à la fois surpris et très contents de partir en vacances avant la fin de l’année scolaire. D’autant qu’ils auront la chance de séjourner dans la pension de leur oncle Jean, un manoir breton au bord de la mer ! Une fois sur place, ce n’est pas tout à fait la colonie de vacances qu’ils s’imaginaient – les pensionnaires sont de drôles d’adultes qui se prennent pour Victor Hugo, Louis XIV, Néfertiti… –, mais les garçons ne s’y ennuient pas une minute avec les jumeaux Éléanore et Léandre. Sans compter que le manoir abonde en secrets sur lesquels enquêter : qui fait ces bruits étranges dans le grenier ? Que sont ces loups qui rôdent dans les parages ?…
C’est un roman jeunesse qui partait super bien, vraiment, d’autant qu’on ne sait pas immédiatement à quelle époque l’histoire se déroule – on ne le saura finalement qu’après la moitié du roman. Et c’est aussi en partie pourquoi je n’ai pas totalement adhéré au roman. Bien qu’il ait 12 ans, Sacha ignore TOTALEMENT qu’il y a la guerre – alors qu’en 42, Paris était déjà occupé depuis deux ans ! La raison donnée est que ses parents souhaitent que les enfants aient une enfance parfaitement normale – soit, mais ça me paraît quand même assez peu plausible. En plus de ça, il se comporte plus comme s’il était âgé de 6 ans, accumulant bêtise sur bêtise, souvent par orgueil ou… eh bien par pure bêtise, justement. Et au bout d’un moment, ça n’est plus si crédible que cela. J’ajouterai tout de même au crédit du roman qu’il est bien écrit et, compte tenu des choix narratifs, bien menés. Malgré cela, la sauce n’a pas pris.

DC Icons #1, Wonder Woman : Warbringer, Leigh Bardugo.
Un jour, elle sera la plus grande superhéroïne de tous les temps : Wonder Woman. Mais elle n’est encore que Diana, 17 ans, princesse des Amazones. Quand un bateau explose au large de son île, Diana porte secours à la jeune Alia, bravant ainsi l’interdiction faite aux Amazones d’accueillir des humains parmi elles. Et Diana pourrait le payer d’autant plus cher qu’Alia est une Warbringer : descendante d’Hélène de Troie, elle fait souffler partout un vent de discorde. Ensemble, de New York à la Grèce, les deux jeunes filles vont pourtant tenter de contrer la malédiction qui pèse sur Alia.
Voilà un roman que j’aurais sans doute adoré à l’adolescence. Là, je ne dirai pas que je n’ai pas aimé, mais je l’ai lu sans grande passion. Si j’ai adoré la partie purement mythologique débroussaillant les légendes autour des Amazones, ainsi que la partie plus spéculative (il y a dans l’affaire une multinationale qui utilise la science pas toujours à bon escient), j’ai moins accroché à ce qui fait de ce roman un texte à destination des ados. Car on n’échappe pas à quelques clichés, que ce soit dans les révélations (traître caché, prophéties etc.) ou dans les situations (oui oui : il y a de la romance). En outre, le rythme n’était pas toujours très palpitant (peut-être parce que je m’attendais à la plupart des révélations ?) Malgré tout, j’ai bien apprécié le concept de la série (chaque auteur s’intéresse à la jeunesse d’un super-héros), il n’est donc pas impossible que j’en lise un autre (le prochain sera consacré à Batman, sous la plume de Marie Lu).

Rayon bulles.

Flying witch, tomes 1-4, Chihiro Ishizuka.
À son entrée au lycée, la jeune Makoto quitte la région de Tokyo pour le nord-est du Japon. Hébergée chez ses cousins Kei et Chinatsu, elle découvre les petits plaisirs d’une vie plus proche de la nature, où le temps semble s’écouler plus doucement. Mais le quotidien à la campagne ne s’annonce pas de tout repos pour autant, car Makoto est aussi une apprentie sorcière un peu étourdie !


Ici, j’ai apprécié le début de la série et le concept : une petite sorcière maladroite, de la magie, la vie à la campagne… L’ennui, c’est que l’histoire manque cruellement de rythme : rapidement, la vie quotidienne prend le pas sur la magie, vraiment réduite à la portion congrue. De plus, il y des allers-retours entre présent et passé pas toujours bien définis (donc j’étais assez fréquemment perdue dans la chronologie des faits). Pour finir, j’ai trouvé que les cases étaient un peu trop pleines de vides. Après quatre tomes, j’abandonne donc là cette série.

Tops & Flops.

J’ai déjà évoqué dans le corps de cet article deux titres auxquels je n’ai pas vraiment accroché, à savoir 42 jours de Silène Edgar et Wonder Woman : Warbringer de Leigh Bardugo : je ne reviens donc pas dessus.

Il y a également eu des bonnes découvertes !

Au premier chef, le deuxième tome de La Main de l’empereur, par Olivier Gay. J’étais assez impatiente de retrouver l’ami Rekk et les retrouvailles ont été à la hauteur de mes espérances. Ce second tome est haut en couleurs, grâce aux intrigues parallèles habilement entrelacées. Le rythme est bon, l’intrigue prenante, les réparties saillantes nombreuses. La fin m’a donné bien envie de lire Les Épées de glace, dont La Main de l’empereur est la préquelle !

Après avoir acheté la version intégrale aux Imaginales, j’ai repris la lecture d’un de mes plus immenses coups de cœur d’adolescence, j’ai nommé la trilogie Les Abîmes d’Autremer, de Danielle Martinigol, dont je viens de relire les deux premiers tomes dans la foulée. Et, même si je me suis aperçue, avec stupéfaction, que j’avais tout oublié du tome 2, c’était aussi bien que dans mes souvenirs parcellaires. Si vous n’avez pas lu cette série, je vous la recommande fort chaudement !

J’ai également découvert avec un immense plaisir Passé déterré de Clément Bouhélier, un récit mêlant horreur, fantastique et thriller dans une ambiance absolument fabuleuse en période d’Halloween (au moment où j’ai lu le livre). Pour ne rien vous cacher, l’ambiance est tellement réussie que j’ai dû alterner cette lecture un brin terrifiante avec celle des Abîmes d’Autremer, bien moins traumatisante. Néanmoins, je recommande avec plaisir l’intrigue de Clément Bouhélier !

Citations.

« Une fille qui ne sait pas où se trouve un magasin de vêtements ! s’esclaffe l’homme sur le siège passage , alors !
Sonia se mord l’intérieur de la joue pour ne pas protester. Cet examinateur est un misogyne fini. Le lui faire remarquer risque de lui faire perdre ses points de courtoisie. »

« Enfin, Lou… ce n’est pas grave. ça arrive à tout le monde de se tromper.
Lou sanglote de plus belle, des sanglots qui soulagent. Se tromper. Elle a le droit de se tromper. Cette phrase lui fait un bien fou. »
Nos âmes plurielles, Samantha Bailly.

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« Par ici, seigneur.
– Je ne suis pas noble, rétorqua Rekk en poussant la porte.
Il pénétra dans la salle du trône, pas le moins du monde impressionné par la décoration fastueuse. Quand on avait vu un château, on les avait tous vus. Il avait du mal à comprendre que les hommes les plus riches de l’Empire aiment y habiter. Les salles étaient certes grandes mais mal éclairées et mal chauffées.
Et puis on était obligé d’offrir l’hospitalité lorsqu’un empereur en vadrouille venait frapper à votre porte. »

« Carlotta se précipita sur la contrebandière.
– Qu’est-ce que tu fais dehors ? Il pourrait y avoir un archer sur n’importe lequel de ces toits !
-Oui, c’est possible. Et il pourrait y avoir du poison dans ma nourriture ou un traître parmi vous. Seulement il n’y a pas une seule chose que je puisse faire. Ce n’est pas quand la barque est déjà en mer qu’on se préoccupe du temps qu’il va faire.
Carlotta avait le plus profond respect pour Dareen, mais ses métaphores piscicoles finissaient par lui taper sur les nerfs. »

« Maintenant qu’il avait un champ de vision dégagé, il apercevait lui aussi les cavaliers qui leur fonçaient dessus, lance baissée ou épée brandie. Ils n’étaient plus qu’à quelques mètres, et la poussière qui volait sous leurs sabots captait le soleil en un magnifique jeu de lumière.
Il eut le temps de trouver ça beau, puis de trouver ça dangereux, puis de se demander ce qu’il faisait là, puis les premières montures heurtèrent les rangs des soldats. »

« La porte s’ouvrit sur la sage-femme, une sorcière hideuse qui passait pour la meilleure dans son domaine et qu’il avait fait venir ici à prix d’or. Elle avait des rituels magiques étranges, comme de se laver les mains régulièrement, mais la noblesse ne jurait plus que par elle. »
La Main de l’empereur, tome 2, Olivier Gay.

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« À l’époque où je me suis rendu compte pour la première fois que j’étais peut-être un personnage de fiction, je passais mes journées au White River High School, un lycée public situé au nord d’Indianapolis où des forces – si supérieures aux miennes que j’étais incapable de les identifier – exigeaient que je déjeune entre 12h37 et 13h14. Si ces mêmes forces m’avaient attribué une autre plage horaire pour déjeuner ou si mes camarades de table, qui ont contribué à écrire mon destin, avaient choisi un autre sujet de conversation en ce jour de septembre, j’aurais connu une autre fin – du moins, un autre milieu. Mais je commençais à comprendre que l’on n’était pas l’auteur de sa vie, que c’était une histoire racontée par d’autres. »

« Je me demande si je ne sus pas comme la White River, ai-je poursuivi. Non navigable.
– Mais ce n’est pas le truc intéressant de l’histoire, Holminette. Ce qui est intéressant, c’est qu’ils ont quand même bâti la vile, tu vois ? On fait avec ce qu’on a. Ils avaient cette rivière de merde et ils se sont débrouillés pour fonder une ville correcte sur les rives. Sans doute pas une super-ville. Mais pas si mal que ça, finalement. Tu n’es pas la rivière. Tu es la ville.
– Alors, je ne suis pas si mal que ça ?
– Exact. Tu as un bon quatorze sur vingt. Or, si on arrive à fonder une ville notée quatorze sur vingt avec un onze en géographie, c’est super. »

« Je n’étais pas capable de me rendre heureuse mais, en revanche, je savais très bien rendre mon entourage malheureux. »

« J’étais attirée par des garçons, bien sûr, et j’aimais bien l’idée de sortir avec quelqu’un, mais je n’étais pas outillée pour la mécanique d’une relation. Les passages obligés qui m’angoissaient le plus étaient les suivants. 1. S’embrasser. 2. Devoir dire les choses qu’il faut pour ne pas blesser l’autre. 3. S’enfoncer davantage en essayant de s’excuser. 4. Aller au cinéma ensemble et se sentir obligée de se tenir la main, même après qu’elles ont commencé à devenir moites, et que nos transpirations se sont mélangées. Et 5. Le moment où il demande « Tu penses à quoi ? » en s’attendant à entendre répondre « Je pense à toi, mon cœur. » alors qu’en fait on est en train de réfléchir au fait que les vaches ne pourraient pas survivre sans les bactéries qui colonisent leur tube digestif, ce qui, en soir, signifie qu’elles n’ont pas d’existence propre en tant que forme de vie indépendante (et ce n’est pas le genre de réflexion susceptible d’être formulée à voix haute. Par conséquent, il ne reste que deux options : mentir ou avoir l’air bizarre.). »

« Les vieilles copines font les meilleures petites copines. »
Tortues à l’infini, John Green.

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« Moi, ma femme, je l’ai rencontrée à la guerre. Une infirmière. Autour, c’étaient les bombes, la crasse, le sang. Et moi avec plein d’éclats dans le ventre. J’étais en train de mourir, le médecin ne me le cachait pas… Soudain, cette petite blouse blanche ! Je la regardais et je me disais : « ça doit être pareil au paradis, on voit un visage, on est heureux, on n’a plus besoin de rien… » Et puis, j’ai guéri et… De nouveau, j’ai eu besoin de plein de choses. Argent, grades, bouffe, femmes. L’infirmière, je l’ai épousée… Après la guerre, elle a pris sa revanche sur la faim, a grossi, est devenue même une belle femme, une femme d’officier, quoi, autoritaire, grincheuse, un peu caporal en jupon. Et l’autre, celle que je voyais en mourant, n’existait plus… Les popes racontent comme quoi l’homme est puni pour ses péchés, bref, l’enfer et le feu éternel. Mais le vrai châtiment, ce n’est pas ça… C’est quand une femme qu’on a aimée disparaît… comment dire ? Oui, elle disparaît dans celle qui continue à vivre avec vous… »

« Le sol blanchi trahissait mieux les traces, celles de la femme mais, surtout, les empreintes variées des animaux. Je croyais reconnaître le passage d’un renard – ou était-ce la patte d’un loup ? Et cela ? Un lynx, peut-être ? Je mesurais mon incapacité d’analphabète à survivre longtemps dans ce milieu illisible. »

« Ce que je vis, arrivant là-haut, fut impossible à exprimer. L’infini, le néant, la chute dans le vide… Ma pensée articulait ces mots qui s’effaçaient devant la vertigineuse beauté qui n’en avait plus besoin. Une légère brume voilait l’horizon. L’océan uni au ciel était le seul élément qui nous entourait de toutes parts. Et le soleil, déjà bas, renforçait cette sensation de fusion, recouvrant tout d’un poudroiement doré, ne laissant pas le regard s’accrocher à un détail. Nous étions, je le voyais à présent, au point culminant d’une petite péninsule et la hauteur du lieu créait cet effet de lévitation au-dessus de l’immensité océanique. »
L’Archipel d’une autre vie, Andreï Makine.

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