[2017] Petit bilan de septembre.

Je n’ai pas été très assidue sur les chroniques, en septembre, mais j’ai pas mal lu – et je pense que je vais tout chroniquer, donc pas de carnet de lectures pour cette fois-ci !

Côté ciné.

Barry Seal.

Alors j’avoue, j’étais pas hyper hyper partante pour ce film, parce que je ne suis pas super fan de Tom Cruise. Mais il n’y avait pas grand-chose d’autre au ciné donc, zou, Barry Seal. Et j’ai pas regretté une seconde !
Donc c’est l’histoire de Barry Seal, Adler Berriman Seal, de son vrai nom. Car, oui, Barry Seal est un biopic, consacré à un pilote un brin casse-cou et trafiquant chevronné, travaillant également pour la CIA – en toute simplicité.
Le film dure à peine deux heures, mais ce sont deux petites heures bien remplies : les péripéties foutraques suivent des rebondissements échevelés et viennent tisser une intrigue qui aurait sans aucun doute ressemblé à du grand nawak si seulement ça n’avait pas été adapté d’une histoire vraie. J’ai donc regardé le film avec une sorte d’émerveillement totalement incrédule, me demandant jusqu’où ça allait aller (réponse : assez loin, quand même). Mais ça fonctionne, et c’est tout ce que je demandais. En plus de ça, Tom Cruise fait bien le job, donc ça ne gâche rien – les rôles de fondu du bulbe un poil casse-cou, il maîtrise. Bref, c’était une bonne surprise, je ne me suis pas ennuyée une minute, j’ai même ri à plusieurs reprises. Bon, je vais quand même râler un brin : pourquoi n’avoir pas traduit les parties en espagnol, hormis cette pauvre phrase qui ne changeait rien au schmilblick ? Mystère. Mais à part ça, c’était du fun du début à la fin !

Tops & flops.

Pas de flops ce mois-ci, mais un tas de découvertes hyper chouettes !

On commence avec Sans cœur, le quatrième (et avant-dernier :S) tome de la série Le Protectorat de l’ombrelle, de Gail Carriger qui était aussi drôle et loufoque que ce à quoi je m’attendais – et qui contenait un tas de bonnes nouvelles quant à l’univers, mais que je ne vais pas spoiler ici.

Ensuite j’ai lu The Crime, la suite de The Curse et, si j’ai eu un poil peur de la façon dont les choses avaient l’air de vouloir tourner au départ, Marie Rutkoski est vite revenue à la stratégie et à la politique, ce qui me plaisait nettement plus ! Et ce d’autant que ce tome était, comme le précédent, particulièrement riche en émotions.

Enfin, j’ai lu Erased : Re, le spin-off de la série Erased de Kei Sanbe qui vient clore la série de thriller uchronique sur une note à la fois mélancolique et poétique qui était du plus bel effet. Il n’est pas indispensable de le lire, mais c’était vraiment chouette de tourner ainsi la page de la série.

Citations.

« La voix de la comtesse Nadasdy était aussi chaude que du beurre et tout aussi onctueuse. Elle aurait pu faire rissoler des gens avec, si elle l’avait voulu. »
Sans cœur, Gail Carriger.

***

« Êtes-vous l’un de mes prétendants ? lui demanda-t-elle en le regardant droit dans les yeux.
Il lui rendit son regard. A quoi bon mentir, maintenant ?
– Lady Maria, je combattrais des dragons, je marcherais sur des charbons ardents, je traverserais la Vallée de la Mort, si je pensais avoir la moindre chance de conquérir votre cœur.
Cette déclaration la laissa sans voix. Elle avait grandi dans un monde différent du sien et était habituée aux discours fleuris, pas aux tirades passionnées. Elle comprenait à présent qu’elle avait fait naître chez cet homme droit un sentiment puissant, qui dépassait son contrôle. Il l’aimait de tout son être. »
Belgravia, Julian Fellowes.

***

« En 1900, il y avait trois cent mille éléphants sauvages dans notre pays, et cent mille captifs.
Aujourd’hui, il en reste deux mille toujours libres, et quatre mille sont nos prisonniers.
Combien faudra-t’il de temps pour qu’on ne voie plus une seule grande bête ailleurs que dans les zoos, et puis nulle part, nulle part que dans nos souvenirs ? »
La Loi du Phajaan.

***

« À la guerre, disait son père, les meilleures feintes sont celles qui n’en sont pas. Si tu veux distraire l’ennemi, l’empêcher de remarquer le piège que tu lui tends, les artifices que tu emploies, pour être efficaces, doivent être réels. »
The Crime, Marie Rutkoski.

 

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[2017] Petit bilan d’avril.

Je n’ai pas énormément lu au mois d’avril (mais tout était très cool !), du coup, il n’y aura rien dans le carnet de lectures (tout sera chroniqué ou l’a déjà été) !

Côté cinéma.

13 reasons why.

C’était (j’ai l’impression) LA grosse sortie de Netflix de ce début d’année et j’étais assez curieuse de la regarder, ayant lu le livre il y a quelques années. Celui-ci m’avait laissé une très désagréable impression et je m’aperçois que ma chronique d’alors ne reflète qu’à peine le sentiment que j’en garde aujourd’hui – je ne sais pas si j’ai édulcoré à l’époque ou si mon sentiment n’a fait qu’empirer au fil du temps.
Bref. Quoi qu’il en soit, je suis ressortie de la série avec la même impression qu’en refermant le bouquin : que l’on banalisait complètement le suicide et les traumatismes subis par les adolescents (harcèlement scolaire, violences sexuelles, etc). J’ai trouvé le message assez violent et une sorte de détachement assez désagréable (je suis ressortie de là avec le même sentiment qu’à la fin du livre, avec l’idée que le message était : « Ta vie est naze ? Suicide-toi, il n’y a rien d’autre à faire ! »).
Ceci étant, dans cet enchevêtrement de messages contradictoires, il faut noter l’excellent jeu des acteurs et, pour le coup, l’adaptation vraiment excellente. Peut-être que je regarderai à nouveau cette série, plus tard, lorsque j’aurai un peu décoléré.
D’ailleurs, Netflix annonce d’ores et déjà une saison 2 : je suis assez curieuse de savoir ce qu’ils vont faire, surtout que l’histoire est terminée !

Lion.

C’est l’histoire de Saroo, un enfant de 5 ans vivant dans le (tout petit) village de Ganesh Talai (région du Madhya Pradesh), en Inde. Un jour, alors qu’il accompagne son frère aîné, Guddu, dans un petit boulot, il monte dans un train à quai pour dormir blotti sur un siège. Malheureusement, le train démarre durant son sommeil et Saroo se réveille un peu tard. Il voyagera près de deux jours dans le train fermé, jusqu’à la gare de Calcutta. Là, il va errer dans les rues jusqu’à finir dans un orphelinat, où il sera adopté par un couple d’Australiens, les Brierley, chez qui il coulera une enfance heureuse. À l’âge adulte, poussé par l’envie de savoir, il se lance dans la colossale tâche de retrouver sa famille biologique, seulement armé de ses quelques souvenirs visuels, de sa prononciation hasardeuse du nom de son village … et de Google Earth.
Le film est porté par Dev Patel (Saroo adulte) et Sunny Pawar (Saroo enfant) ; c’est assez difficile de ne pas être charmé par la petite bouille et les quenottes de Sunny Pawar et par son histoire tragique. Le film est (sans surprise) incroyablement émouvant car il retrace la douloureuse quête d’identité de Saroo : les petites réussites, les échecs et la façon dont sa recherche va, peu à peu, l’obnubiler et le couper de tout son entourage. ça l’est d’autant plus lorsqu’on se rappelle que tout cela est tiré d’une histoire vraie. D’ailleurs, ça sanglotait sec dans la salle. Un film que je ne regrette pas d’être allée voir !

Citations.

« Je savais que vous nous espionniez.
– Je m’en doutais, répondit la jeune fille, trop excitée pour se sentir coupable. Et, pour ta gouverne, je pense que tu as fait le bon choix. Vous êtes si…
– Je vous rappelle que tout commentaire de votre part sur ma vie sentimentale me donne la permission de discuter garçons avec vous, l’interrompit Sandor. Je compte sur votre discrétion. Ce n’est vraiment pas le moment de révéler ce genre de secret. »
Projet Polaris, Shannon Messenger.

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« Sa connaissance des livres et de l’histoire de la littérature est extraordinaire, mais j’ai tendance à oublier que tous les amoureux des livres ne sont pas forcément des gens bien. »

« Les énigmes ainsi que les casse-tête étaient amusants, et elle dévorait les livres, mais c’était le côté chasse au trésor qui l’avait rendue accro à ce jeu. Elle aurait pu emprunter des livres à la bibliothèque et acheter des magazines de casse-tête dans les kiosques à journaux. Mais la combinaison des deux avec la chasse en prime était comme de jouer à un jeu de société grandeur nature, avec un livre en récompense. »
Chasseurs de livres #1, Jennifer Chambliss Bertman.  

***

« Nous sommes ceux que personne n’attendait.
Miracle, anomalie, fruit du hasard… Bien des mots ont été prononcés, utilisés pour qualifier notre venue en ce monde – du moins quand vous vous êtes enfin rendu compte de notre présence.
Longtemps nous nous sommes cachés dans le brouillard persistant qui embrumait ce siècle de fer et d’acier. Des silhouettes floues entraperçues l’espace d’un instant avant de disparaître. Le temps de fixer votre regard, de tourner la tête en notre direction, il était trop tard. »
Ferenusia, Cindy van Wilder. 

***

« Et tu trouves ça normal ! La liberté aussi, tu trouves ça normal. Et la mort, pour toi, pour tout le monde ici, c’est injuste. Mais ailleurs dans le monde, c’est la mort qui est normale. Et la vie, c’est un accident ! »

« Il lui paraît déjà inaccessible. Elle n’ose même pas signaler qu’elle est réveillée. Elle se contente de l’observer en secret, pour retarder le plus possible ce moment où il n’y aura plus rien à se dire.
Une pensée étrange lui vient : ce qui sépare le plus deux êtres humains, ce n’est pas l’âge, la langue, la fortune ou la culture.
Ce qui les sépare le plus, c’est la souffrance qu’ils n’ont pas partagée. »
Rage, Orianne Charpentier.

 

[2017] Petit bilan de mars.

Et voilà le mois d’avril ! Le mois de mars a été riche en bonnes découvertes, un peu moins en brèves, en raison du Salon du Livre de Paris ; il a également été l’occasion de revenir sur 10 héroïnes très inspirantes, le 8, pour la journée de lutte pour les droits des femmes. 

Carnet de lectures. 

Rayon romans.

Cœur piment, Les Filles au chocolat #6.5, Cathy Cassidy.
Cette fois, c’est bon, c’est le dernier tome de la saga (et il est tout petit, littéralement : il est physiquement plus petit qu’un poche !). Comme c’est un « spin-off », il n’est pas question d’une des frangines de la fratrie, mais d’Ash, le petit ami d’Honey, qu’elle a rencontré lors de ses vacances chez son père, en Australie. Je me souviens que j’avais beaucoup aimé les aventures d’Honey, car elle se posait des tas de questions et l’ensemble était bien plus mature que les premiers titres. Ash, lui aussi, se pose pas mal de questions car il n’est évidemment pas facile d’être un jeune Australien en couple avec une jeune Britannique. Voyez plutôt :
près avoir passé deux merveilleuses semaines à Tanglewood, avec Honey, Ash a repris son tour du monde. Le voilà maintenant en Europe, direction Paris ! Mais le cœur n’y est plus. Il ne retrouve pas l’excitation de ses premiers mois de voyage : Honey lui manque trop, et sans elle rien n’a plus d’intérêt. Il n’y a que lorsqu’il lui raconte ses visites et ses impressions par mail qu’il se sent heureux. C’est pourquoi la perspective de rentrer bientôt en Australie alors que Honey reste en Angleterre, inquiète Ash… Et si elle finissait par l’oublier ?
Bon, vu que la nouvelle est hyper courte, pas de chichi, on commence direct avec les questionnements intenses du jeune homme, sans aucun détail sur le voyage qu’il a entrepris ou ses aspirations – outre le fait que le-dit voyage a perdu de son intérêt, car il ne fait que penser à sa dulcinée et à la façon dont il lui racontera ses aventures. On retrouve, de fait, ce qu’on avait dans les premiers tomes : une petite histoire légère et mignonne mais certainement pas inoubliable (et sans doute assez dispensable).
Comme toujours, le volume se termine avec un échantillon de recettes en lien avec le titre, ce qui est toujours assez sympa pour les amateurs de pâtisseries !

Nicolas Eymerich, inquisiteur, Valerio Evangelisti (Intégrale, Le Livre de Poche, 2016).
Mars a aussi été synonyme de la lecture d’un énooorme pavé, le premier omnibus des aventures de Nicolas Eymerich, inquisiteur de la Sainte-Inquisition espagnole. Fantasy historique, donc, d’autant que Nicolas Eymerich a réellement existé (et commis un manuel inquisitorial très utilisé par ses pairs). Fantasy historique, mais pas que, car Valerio Evangelisti multiplie les bonds dans le temps et nous emmène à notre époque, dans les années 50, 60 ou 70, où l’on suit des personnages embarqués dans un projet scientifique qui sent le soufre. Et c’est là que l’auteur m’a un peu perdue. Autant je trouvais les allers-retours intéressants, autant ça ne m’a pas particulièrement emballée, tant je trouvais le tout éloigné des préoccupations de notre inquisiteur. Heureusement, les parties plus historiques m’ont totalement embarquée, ce qui fait que la lecture a été un peu en dents de scies. J’ai apprécié le projet, mais je suis restée un peu hermétique à la façon dont l’auteur a mené sa barque. Peut-être que je relirai cette série plus tard, à un autre moment, pour voir si je parviens à m’y plonger un peu mieux.

Rayon albums.

La Soupe au caillou, Clémentine Robach (La Chouette du Cinéma).

La soupe au caillou, vous connaissez ? C’est un grand classique des textes pour enfants. Ici, ce que j’ai trouvé intéressant, c’est d’avoir un double support, papier et numérique (si vous achetez le papier, vous avez forcément le numérique, mais vous pouvez n’acheter que le second). Clémentine Robach a quelque peu revisité le texte initial du conte : outre l’histoire autour de la solidarité et de l’entraide, elle a glissé une légère, mais néanmoins solide, critique de notre société contemporaine (égocentrée et culturellement peu curieuse). La version papier reprend les illustrations du numérique ; quant à la version numérique, interactive, elle propose plusieurs parcours de lecture (lambda, dyslexique, audio), ainsi que des petits jeux (qui ne fonctionnent pas sur toutes les plateformes, donc gare au choix du module de lecture). Je découvrais la collection, mais je garderai un œil sur leurs productions 🙂

Moi j’ai le droit, mais je dois, Elisabeth Brami & Clémence Pénicaud (Seuil Jeunesse). 
Cet album est à mi-chemin entre l’album à lire le soir (ou le matin, ou le midi…) et le petit documentaire. Elisabeth Brami et Clémence Pécaud traitent, tour à tour, des sujets d’importance (droit à l’instruction et à l’éducation, droit de rêver, d’aimer qui on veut, droit de dire non, droit de désobéir, droit à l’intimité, droit à la protection, droit d’expression et d’opinion ou de connaître ses origines…), toujours présentés de la même façon : il y a le droit, le devoir pendant et un scoop révélé. Voici un petit exemple :

« Moi, j’ai le droit de poser toutes les questions, même les plus embarrassantes ou bizarres, aux adultes.
Mais je dois trouver le bon moment pour le faire et accepter que les adultes ne soient pas toujours capables d’y répondre.
SCOOP : les parents ont l’air d’être sourds quand on parle fabrication des bébés, divorce, mort, mais ils ont toujours l’oreille fine pour les gros mots ! ».

Avec ça, les dessins sont hyper aérés, pleins de fraîcheur et apportent souvent un enrichissement (ou un petit contrepoint) au texte. J’ai beaucoup aimé cet album (à mettre entre toutes les petites mains, dès 6 ans), qui présente un très bon manuel de savoir-vivre pour devenir, dans l’ordre, un enfant bien élevé, un élève aimable, un adulte éclairé et un citoyen responsable.

Rayon bulles. 

Geronimo, Matz & Jef (Rue de Sèvres). 
Du même duo, j’avais lu l’année dernière Corps et âme, sur un scénario de Walter Hill. Cette fois, le duo auteur-illustrateur s’attaque à la figure mythique de Geronimo, ce chef indien qu’on a qualifié de « dernier Apache libre ». La BD revient longuement (en 120 pages) sur la vie et le parcours de l’homme, sur ses aspirations, ses réussites, ses échecs. Pour ce que j’en connaissais, la bande-dessinée m’a semblé historiquement assez fidèle à l’histoire de Geronimo et elle traduit bien l’ampleur de la duperie dont ont été victimes les tribus indiennes (chassées de leurs territoires ancestraux, trahies, déportées, etc).
Le scénario est vif et, une fois la B.D. entamée, j’ai eu du mal à m’arrêter. En revanche, côté dessins, j’ai été un peu moins emballée : les traits sont très anguleux et parfois j’ai eu du mal à situer qui était qui ou à comprendre l’action mise en scène. Dans le même rayon biographie historique, et toujours sur un scénario de Matz, j’avais préféré Julio Popper, dessinée par Chemineau (note à moi-même pour de nouvelles lectures).
Ceci étant dit, la B.D. est une belle porte d’entrée sur le sujet des guerres indiennes et sur celui de la colonisation des États-Unis.

Flying witch, tome 1, Chihiro Ishizuka (Nobi nobi).
Après Geronimo, changement total de style avec ce manga jeunesse publié chez Nobi nobi.
À son entrée au lycée, la jeune Makoto quitte la région de Tokyo pour le nord-est du Japon. Hébergée chez ses cousins Kei et Chinatsu, elle découvre les petits plaisirs d’une vie plus proche de la nature, où le temps semble s’écouler plus doucement. Mais le quotidien à la campagne ne s’annonce pas de tout repos pour autant, car Makoto est aussi une apprentie sorcière un peu étourdie !
J’ai été assez emballée par cette lecture, malgré quelques réserves, encore une fois liées au dessin. Celui-ci m’a semblé un peu lisse (façon anime et pas tellement publication papier) et parfois manquant un peu de richesse (au niveau des décors, notamment), ce qui fait que sur certaines pages, je suis un peu restée sur ma faim. Heureusement, l’ambiance est là pour rattraper le coup. Il y a un décalage assez drôle entre l’identité de Makoto et sa vie. Ainsi, on a l’impression que, pour certains, l’existence des sorcières est actée (Makoto essaie un balai en pleine rue) alors que, pour d’autres, c’est la découverte totale. De plus, on s’attache assez vite à la jeune fille car, outre ses pouvoirs magiques, elle est totalement dépourvue de sens de l’orientation, mais dotée d’une étourderie hallucinante. Donc elle vit un tas de mésaventures assez drôles. Finalement, le manga parle presque plus de vie quotidienne que de magie, quoique celle-ci ait droit à deux-trois scènes assez fortes (avec le livreur de printemps ou l’arrivée de la sœur aînée) et, bizarrement, cela fonctionne super bien. Du coup, je suis assez curieuse pour lire la suite.

Tops & Flops. 

Cœur piment, Cathy Cassidy. 
J’ai parlé de celui-ci un peu plus haut, donc je ne vais pas trop détailler. J’ai été un peu déçue que ce ne soit qu’une nouvelle, à peine plus fournie qu’un court chapitre de roman et qu’on en sache aussi peu sur Ash. Du coup, c’était mignon, mais pas franchement inoubliable – c’est d’autant plus dommage, car le volume précédent était vraiment chouette.

Bon, heureusement, les autres découvertes étaient vraiment chouettes.

Fangirl, Rainbow Rowell. 
J’ai sorti ce roman de ma PAL un peu par hasard et mazette ! Mais quelle riche idée ! Car j’ai carrément eu un coup de cœur pour l’histoire de Cath, une étudiante assez timide, auteure de fanfiction et qui a, il faut le reconnaître, une vie un peu mouvementée (même si tout donne l’impression que non). J’ai beaucoup aimé l’alternance entre la vie de Cath et les passages de sa fanfic : c’était surprenant, mais vraiment bien fait. Et ça m’a donné super envie de lire Carry on, qui est sorti depuis, et que j’ai découvert avec un immense plaisir aussi. Doublé gagnant !

Mercy Thompson, tome 8, La Faille de la nuit, Patricia Briggs. 
Mercy Thompson est une de mes séries favorites et ce tome 8 n’a pas dérogé à la règle. L’histoire est prenante dès le premier chapitre et permet, comme souvent, d’en savoir plus sur la mythologie de l’univers créé par Patricia Briggs – et cette fois encore, elle a mis le paquet. On refait, de plus, le lien avec ce qui s’est produit dans le tome 3 d’Alpha et Oméga donc, d’un point de vue politique, c’est tout aussi passionnant. Vivement la suite, donc !

L’Empire des tempêtes, tome 1, Hope & Red, Jon Skovron.
Et encore un bouquin passé à un cheveu du coup de cœur ! J’ai un petit faible pour la fantasy épique et le premier tome de la série de Jon Skovron a su m’emballer. Il y a des pirates (plein), des batailles navales, des courses-poursuites, de la magie ultra glauque à la limite de la technologie, une ville tentaculaire et des personnages hauts en couleur, dont j’ai suivi les aventures avec autant d’intérêt que de passion. J’ai hâte de lire la suite !

Citations.

« J’ai toujours eu un faible pour les femmes méchantes et sournoises. (Adam)
Je fronçai le nez.
– Je savais que tu les aimais sournoises, mais méchantes, je l’ignorais. D’accord. Puisque c’est ça, plus de cookies pour toi. Je les donnerai au reste de la meute.
[…]
– Je ne les aime qu’un petit peu méchantes, confia Adam d’une voix rauque qui accéléra les battements de mon cœur. La rétention de cookies est d’une méchanceté diabolique. »
La Faille de la nuit, Patricia Briggs. 

***

« Le temps qu’elles arrivent à la porte, l’estomac de Cath avait pris pleinement conscience de ce qui se passait et commençait à lui consumer les entrailles. Sa respiration, elle, frôlait de peu l’hyperventilation.
Cath n’arrivait pas pas à croire ce qu’elle était en train de faire : un garçon, une fête, des inconnus, de la bière, des inconnus, une fête, un garçon, d’innombrables contacts visuels. »

« Cath jeta un coup d’oeil en direction de Wren : elle présentait leur père à Jandro. Wren avait l’air d’une poubelle humanoïde, mais Jandro la contemplait comme s’il regardait la Dame du Lac. »

« J’aimerais pourvoir revenir à ce matin où je me suis réveillé ici, pour pouvoir avoir une vraie conversation avec moi-même. On aurait peut-être évité toute cette merde…
– D’ailleurs, si des gens avaient des machines à voyager dans le temps, dit-elle à brûle-pourpoint, tu penses qu’ils les utiliseraient pour voyager dans le futur ou qu’ils se contenteraient de vouloir modifier le passé ? »

« Elle bomba la poitrine. Tout allait bien de ce côté-là ; ça, elle le savait. En tout cas, elle en avait suffisamment pour que personne ne l’ait un jour traitée de planche à pain. Pour autant, elle aurait aimé en avoir un peu plus, histoire d’établir un semblant de cohérence avec ses hanches larges. Qui plus est, cela lui éviterait de devoir consulter la section « Poire » dans les manuels de mode qui vous prodiguaient des conseils en fonction de votre morphotype. Ces manuels essaient toujours de vous faire croire que la mode s’adapte à tout type de physique mais, lorsque votre morphologie se rapproche de celle d’un bonhomme de neige dessiné par un enfant de trois ans, l’argument perd rapidement en crédibilité. »

« Cath dévisagea Reagan. Même sans son maquillage et sa coiffure au point, cette fille était intimidante : rien ne l’effrayait. Rien ne pouvait la faire hésiter. Lui parler, c’était comme se tenir en face d’un train lancé à pleine vitesse. »
Fangirl, Rainbow Rowell.

***

« Un pouvoir incroyable m’a envahi. J’ai l’impression d’être capable de voir sans ouvrir les yeux, de me transformer en nova si j’en ai envie et de posséder ma propre galaxie. Ça fait le même effet, d’être Simon Snow ? Comme si j’avais l’infini dans ma poche ? »

« Partager la chambre de la personne dont tu as le plus envie, c’est comme cohabiter avec le feu. Il t’attire sans cesse. Et tu t’approches trop. Tu sais pourtant qu’il ne faut pas, qu’il n’y a rien de bon à attendre de ça. Mais tu le fais.
Et alors…
Et alors, tu brûles. »

« Et comment je suis censé être au courant de tout ? Il n’y a pas de livre sur la magie, si ? Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la magie : les histoires vraies et toutes les conneries que vous avez toujours crues. »

« Sa baguette magique peine même à sortir les sorts les plus courants et quand, parfois, il tente une métaphore, de façon vicieuse, la formule s’applique au pied de la lettre. Comme quand il a lancé Poils du chien ! à Agatha, en sixième année, pour l’aider à se remettre d’une gueule de bois, et qu’elle s’est retrouvée couverte de poils. Je crois que c’est la dernière fois que Simon a pointé sa baguette vers quelqu’un. Et qu’Agatha a bu. »

« Ça marcherait, sur toi ? ai-je demandé.
– Quoi ?
– Un pieu.
– Je crois qu’un pieu planté dans le cœur tuerait n’importe qui, Snow. »
Carry on, Rainbow Rowell.

[2017] Petit bilan de février.

Février aura été un mois plutôt faste, question lectures ! On en parle ci-dessous !

Carnet de lectures. 

En février, j’ai découvert la série de mangas Barakamon, un shonen de Satsuki Yoshino. Et si je n’ai lu que le premier volume, j’ai littéralement adoré ! Barakamon, c’est l’histoire de Seishû Handa, étoile montante de la calligraphie japonaise, qui collectionne les prix d’excellence pour son travail. Seishû est jeune, beau et talentueux, mais d’une arrogance sans bornes. Arrogance qui le pousse, un jour, à assommer un éminent conservateur (et membre du jury), qui a eu l’outrecuidance de juger son travail « formaté et sans saveur ». Pour expier son regrettable coup de sang, Seishû est expédié sur une petite île, au fin fond de la campagne, loin de toute civilisation. L’occasion idéale de pratiquer l’Art dans le plus grand calme, de méditer, de se ressourcer. Sauf que ça, ce sont les idées de citadin de Seishû : la réalité de la vie à la campagne est toute autre. Les voisins débarquent sans prévenir, les enfants du voisinage squattent en permanence et tout le monde se mêle de tout.
J’ai adoré parce que l’histoire est pleine de fraîcheur et fait s’opposer Seishû et ses idées un brin rigides (un parfait citadin arrogant) à la décontraction des villageois. Le premier tome nous fait découvrir un village où l’on vit essentiellement dehors, les uns chez les autres et les uns avec les autres – ce en quoi Seishû n’est pas hyper doué. Mention spéciale à Naru, la fillette qui semble avoir décidé que la maison de Seishû est aussi la sienne et qui parvient toujours à s’introduire chez le jeune homme – pour mettre un peu de bazar dans sa vie. Les personnages sont à la fois irritants (surtout notre cher calligraphe) et super attachants ! L’histoire, de son côté, est pleine de vie, de fantaisie et particulièrement prenante. Du coup, j’ai hâte de lire la suite 🙂

Côté ciné.

Eh bien, on reste au Japon avec le très très beau Garden of words, de Makoto Shinkai. Takao, qui rêve de devenir cordonnier (et créateur de chaussures), sèche les cours (de préférence les jours de pluie !) pour dessine des chaussures dans un jardin de style japonais. Il y fait la rencontre d’une mystérieuse femme, Yukino, qui est plus âgée que lui, et qui semble, elle aussi, passer beaucoup de temps dans ce parc. Peu à peu, les rencontres les jours de pluie se multiplient, sans qu’ils se soient concertés l’un et l’autre. À force de se côtoyer, tous deux vont lier connaissance.
La première chose qui marque dans Garden of words, c’est la beauté des images, d’une précision incroyable. Les rendus sont fabuleux, et on en prend plein les yeux. L’histoire, de son côté, est empreinte de silences et de poésie et narre une jolie rencontre. Le film est court (c’est un court-métrage d’environ 45 minutes), mais fiou, quelle claque !

Tops & Flops.

Ce mois-ci, il n’y a guère qu’une lecture qui ne m’ait pas des masses passionnée – que je n’ai pas encore chroniquée, mais ça ne va pas tarder.

Lock & Mori, d’Heather W. Petty, raconte la jeunesse de Sherlock Holmes et James Moriarty. Quitte à réécrire l’histoire, l’auteur a choisi de faire de James Moriarty une jeune fille. Evidemment, les deux ados ne vont pas se contenter de rester seulement amis. Et ce qui est dommage, c’est ce que tout cela finit par prendre le pas sur l’enquête, dont les conclusions ne sont guère difficiles à trouver. De plus, j’ai trouvé que l’ensemble (quoique prenant !) était un peu attendu. Donc c’était sympa, mais certainement pas inoubliable.

Heureusement, j’ai aussi fait quelques très chouettes découvertes.

Tout d’abord, il faut que je vous parle de l’album Je serai cet humain qui aime et qui navigue de Franck Prévot et Stéphane Girel (aux éditions HongFei, qui font vraiment de très belles choses). Là, l’album allie de superbes illustrations à l’aquarelle, lumineuses à souhait, et un texte éminemment poétique, qui évoque la transmission entre un grand-père un peu bourru et son petit-fils sensible. C’est superbe et c’est un album qui invite à plusieurs lectures !

Ensuite, j’ai découvert The Curse, de Marie Rutkoski, premier tome d’une trilogie. Je ne partais pas en confiance, d’autant qu’il y a pas mal de romance. Mais en fait, l’histoire était bien plus subtile et intéressante que ça et menée à un train d’enfer, qui fait que j’ai eu du mal à lâcher le roman. Je suis même très curieuse de lire la suite !

Je partais en totale confiance avec le nouveau titre de Neal Shusterman, La Faucheuseet j’ai bien fait, car ça a été un superbe coup de cœur ! J’y ai retrouvé le cynisme et l’art de conter de Shusterman, dans une histoire à la fois prenante et soulevant un tas de questions traitant de l’éthique et de la morale. Bref : encore un super roman de Neal Shusterman 🙂

Citations. 

« Dis, monsieur… Est-ce que tu es un boys band ?
– Quoi ?
– Naru, sois polie…
– Miwa, elle dit que les beaux mecs, c’est tous de boys band ! Et toi, tu es canon ! Donc tu en es un, c’est forcé !
– Belles capacités de déduction, mais en fait, ce monsieur est maître calligraphe…
– Ok, chef ! J’ai capté ! C’est un boys band qui sait écrire ! »
Barakamon #1, Satsuki Yoshino.

***

« La malédiction du vainqueur, c’est l’emporter à la fin, mais uniquement au prix fort. Payer si cher qu’on regrette la victoire. »

« Le bonheur se nourrit de la liberté, disait souvent son père, et la liberté de courage. »
The Curse, Marie Rutkoski.

***

« En gros, pendant qu’on était en train de faire nos courses, vous pensiez à votre future victime ? dit Rowan.
– J’ai de la peine pour vous, fit remarquer Citra. Même quand vous faites votre shopping, la mort se cache derrière le pack de lait. »

« Tu vois au-delà des apparences de ce monde, Citra Terranova. Tu ferais une bonne faucheuse.
La jeune fille tressaillit.
— Jamais je ne voudrais en devenir une.
— C’est justement la première condition.
Sur ces mots, il sortit et s’en alla tuer leur voisine. »
La Faucheuse, Neal Shusterman.

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« Le chagrin consume, et rien ne brûle sans combustible. Il emporte quelque chose de vous. »
La Maison des Reflets, Camille Brissot. 

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[2017] Petit bilan de janvier.

Si le mois m’a semblé des plus chaotiques, il y a bien un point dont la régularité m’a étonnée : les coups de cœur ! Pas moins de trois ce mois-ci, du jamais vu !

Carnet de lectures.

Rayon essais.

Nota Bene : les pires batailles de l’Histoire, Benjamin Brillaud , illustré par Arcady Picardi.

Nota Bene, vous connaissez ? C’est une de mes chaînes Youtube préférées ! Benjamin Brillaud, son créateur, y explicite l’Histoire, à grands renforts d’anecdotes aussi intéressantes qu’amusantes. Le voilà donc qui passe au format papier et avec réussite. Dans cet essai, il nous détaille 15 batailles épiques qui ont changé le cours de l’Histoire. Décisions hasardeuses, coïncidences heureuses et autres bons choix qui tombent à pic truffent les pages de l’Histoire, on s’en aperçoit à la lecture. De la bataille de Tyr à celle des Thermopyles, en passant par celle de Gravelines, le choix est vaste et nous fait passer par les quatre coins du monde. Pour chaque bataille, l’auteur nous explique les enjeux du conflit, en détaille les péripéties et en aborde les conséquences. Chaque chapitre présente également un court passage romancé pour nous permettre de mieux percevoir l’ambiance du moment. Arcady Picardi, de son côté, a mis les batailles en images (mais celles-ci tiennent plus à la partie romancée que purement historique).
Comme pour les vidéos de la chaîne, les textes sont vifs, bien écrits et mêlent précision historique et humour léger. De leur côté, les parties romancées tiennent en haleine, mais sont de style inégal – alors que les chapitres d’essai sont tous très bons. De fait, l’essai se lit avec plaisir et sans difficultés aucune, car l’auteur évite le jargon et sait nous rendre son essai accessible. Point bonus : chaque chapitre se clôt par un paragraphe intitulé « Pendant ce temps-là dans le reste du monde », qui nous permet de mettre en perspective ce que l’on vient de lire et de décrypter le puzzle mondial.
Une bonne découverte au rayon essais historiques, donc !

Rayon bulles.

Les Fleurs du mal, tomes 1 & 2, Shūzō Oshimi.

 

               

Une ville de province banale, un collège banal, un quotidien banal. Takao, élève moyen et timide, se sent enfermé dans ce monde étroit. Il n’a qu’une échappatoire : la lecture. Il est surtout fasciné par l’étrangeté des Fleurs du mal de Baudelaire. Ce recueil est devenu son livre de chevet, tout autant que son moyen de se différencier dans un monde gris où tout le monde se ressemble.  Il existe pourtant un élément de surprise incontrôlable dans son univers : Sawa, assise derrière lui en classe, refuse toute autorité en bloc. « Cafards ! », « Larves ! » : elle ne rate pas une occasion d’exprimer sa haine et son mépris, même envers ses professeurs. Crainte de tous, elle est l’élément déviant de la classe.
Takao n’en a cure et préfère se concentrer sur la populaire Nanako. Il ne lui a jamais parlé et se contente de la regarder de loin. Alors quand il trouve abandonnés dans la salle de classe les vêtements de sport de l’objet de ses fantasmes, il ne peut s’empêcher de les ramasser… Surpris par du bruit dans le couloir, il s’enfuit en emportant les affaires de Nanako. Pas de chance pour lui, Sawa l’a surpris en plein forfait… Avec un grand sourire, elle commence à le faire chanter : s’il ne veut pas qu’elle le dénonce, il doit obéir à ses ordres, même les plus fous – et les plus trash !
Croyant, à tort, lire une adaptation des authentiques Fleurs du Mal, je me suis lancé avec enthousiasme dans cette lecture… Enthousiasme qui a été vite douché par la tournure que prennent les événements. Plus que de poésie, c’est de harcèlement scolaire qu’il est question. Mais, là où A Silent voice proposait une réflexion intéressante et bien menée, Les Fleurs du Mal semble plus être destiné à évoquer toutes sortes de comportements au mieux glauques, au pire, carrément déviants. Difficile de ne pas se dire que Sawa est clairement dérangée – et que Takao devrait aller la dénoncer immédiatement. Au fond, qu’importe qu’il ait emporté les vêtements de Nanako ? Les actes de Sawa sont nettement plus répréhensibles. L’ambiance, au fil des pages, devient donc de plus en plus tendue et malsaine, et même assez difficile à supporter. Associé au fait que j’ai eu un mal fou à voir où voulait en venir l’auteur (je n’ai toujours pas trouvé), cela ne m’incite guère à en lire plus.

Côté ciné.

Bienvenue au Paradis.

La série, intitulée The Paradise en anglais, compte deux saisons d’environ 16 épisodes et a été produite par la BBC et PBS. Inspirée du roman de Zola Au bonheur des dames, la série dévoile les coulisses d’un grand magasin situé au nord de l’Angleterre et nommé The Paradise. John Moray, le propriétaire, veuf et fils de marchands de tissus, a développé ce qui était une petite boutique en véritable supermarché (mais plus type Bazar de l’Hôtel de Ville que Carrefour !), au détriment du maillage de petits commerçants de la grande rue. Denise Lovett, fraîchement débarquée de Peebles, et dont l’oncle lutte justement pour la survie de son petit commerce, est embauchée au rayon Confection Dames du Paradise. Bientôt, ses idées commencent à plaire à John Moray, au grand dam de Mademoiselle Audrey, la responsable du rayon, de Clara, une de ses collègues, et de Katherine Glendenning, la fille de Lord Glendenning, et fiancée de John Moray. Voilà pour un résumé très bref.
La série, tout en costumes, évidemment, est particulièrement prenante et les péripéties qui agitent le Paradise menées avec efficacité. On se passionne pour les petites bisbilles des vendeurs et vendeuses, pour les plans sur la comète de John Moray, ou tout simplement pour l’ambiance générale de la série – à tel point qu’on ne voit pas passer les deux saisons. Je recommande !

Tops & Flops.

Les Fleurs du Mal
Au rang des seconds, j’ai déjà cité ci-dessus Les Fleurs du Mal dont, décidément, l’ambiance particulièrement malsaine ne m’a pas branchée plus que cela, même après la lecture du deuxième tome. Une affaire que je ne suivrai sans doute pas !

Phobos : origines, Victor Dixen.phobos-origines-victor-dixen
A défaut de me mettre le troisième tome de la série martienne sous la dent, j’ai lu le recueil de nouvelles. Qui m’a quelque peu déçue. Déjà, m’apercevoir que les nouvelles ne concernaient que les garçons (et qu’il faudrait donc sans doute attendre un autre opus pour les filles), n’était pas la meilleure des surprises. Mais, par la suite, j’ai trouvé à ce recueil des défauts similaires au tome 1, et c’était un peu dommage.

Bon, à côté de ça, il y a également eu de très chouettes découvertes avec pas moins de trois coups de cœur ! Incroyable !

George d’Alex Gino.
george-alex-ginoTout d’abord, il fallait absolument que je vous parle de George, un roman d’Alex Gino. Un roman, que dis-je ?! Non, une véritable petite pépite !! Car l’auteur s’attaque à la transsexualité et aux enfants transgenres, un sujet tabou (s’il en est) et qu’il était urgent d’aborder – surtout avec autant de talent.

Le Noir est ma couleur, Olivier Gay. le-noir-est-ma-couleur-1-le-pari-olivier-gay
Premier livre lu de 2017 et hop, premier coup de cœur ! Décidément, Olivier Gay a l’art et la manière de proposer des titres prenants et très agréables à lire. D’ailleurs, j’ai terminé celui-ci avec un intense sentiment de frustration et l’envie de lire la suite assez vite !

le-septieme-guerrier-mage-paul-beornLe Septième guerrier-mage,
Paul Beorn.
Et bam, troisième coup de cœur de janvier ! C’est rare qu’ils s’enchaînent aussi vite. De Paul Beorn, je n’avais lu que 14-14, écrit à deux mains avec Silène Edgar (et que j’avais bien aimé). Ce one-shot de fantasy est tout aussi bon et tient haleine jusqu’aux dernières pages ! J’ai adoré !

Citations.

« Elle regarde son frère. Son frère la regarde. Ils regardent mes liens. La machine à laver les regarde. »

« Les mages existent, ils sont parmi nous, et personne ne s’en est jamais rendu compte. Pas étonnant, s’ils font profils bas comme ses parents. Sa mère est bibliothécaire … bibliothécaire ! D’accord elle aime les livres, mais quand même. Si j’avais possédé des pouvoirs, je serais au moins devenu, je ne sais pas, roi du monde ou un truc comme ça.
En tout cas, je ne resterai pas derrière un bureau trente-cinq heures par semaine.»
Sache, jeune Padawan, que d’une part, on fait plus que 35 heures et que, d’autre part, c’est rarement assis derrière un bureau ^^ 

« Quoi, pas de suppliques pour épargner votre vie ?
– Ça changerait quelque chose ?
– Hélas, non.
– Alors, je te crache à la gueule. »
Le Noir est ma couleur, tome 1, Le Pari, Olivier Gay.

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« Tu m’as l’air drôlement calé en astronomie, dit Bea en entraînant Marcus à l’autre bout du buffet. Tu connais aussi bien les étoiles du ciel que celles de Hollywood !
– C’est un peu la même chose, répond-il. Des cendres qui se transforment en diamants. A Hollywood, les vies humaines se condensent pour donner des légendes. Dans le ciel, la poussière cosmique se contracte pour créer des astres. J’ai lu ça à la bibliothèque publique. Il y a même un mot pour ce phénomène, la stellogenèse : la naissance des étoiles. »
Phobos : origines, Victor Dixen. 

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« George regardait par la fenêtre arrière et comptait les poteaux électriques. Quand elle était petite, son grand-père lui avait dit que si elle comptait cent poteaux de suite, un fée électrique exaucerait son premier vœu. Elle ne croyait plus à la fée électrique et ne savait pas au juste quel était son vœu, mais elle continuait à les compter par habitude. »
George, Alex Gino.

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« Écoutez ! dis-je sans élever la voix. Moi, la parlotte, ce n’est pas mon fort, alors je vais vous expliquer les choses autrement. Approchez, approchez. Je vais vous dire une bonne chose : le roi de Skavie se fout pas mal de votre petite vie, c’est clair ? Dieu a bien trop de boulot pour s’occuper de vous, et les sept saints sont tous morts depuis belle lurette. Alors votre vallée, si vous ne vous battez pas pour elle, personne d’autre ne le fera. Si vous attendez que d’autres le fassent à votre place, c’est que vous n’avez rien compris à la façon dont tourne le monde.
Un hurlement de douleur lointain me coupe la parole.
– Vous les entendez, vos maris et vos fils ? Vous croyez qu’ils ont besoin de gentilles mamans pour porter les enfants et s’occuper de la ferme, en ce moment ? Non, pas aujourd’hui ! Ils ont besoin de furies, de harpies, ouais, de femmes prêtes à bouffer de la chair humaine et qui n’ont peur de rien ! »

« Mais… commença Keerik-da, nous ne sommes que des femmes !
J’en reste sans voix.
– Et alors ? s’écrie dame Rikken. Vous n’êtes pas concernées, peut-être ?
– Ma dame, nous… nous portons les enfants, nous travaillons à la ferme, mais nous ne sommes pas faites pour la guerre.
Elle vient à peine d’éclater le crâne d’un homme à grands coups de caillasse ! Elle se paie ma tête ou quoi ? Non, même pas. Dans son esprit bien rangé de Skavienne, la réalité des faits ne pèse pas bien lourd face aux préjugés de toute une vie.
– Parce que tu crois peut-être que les hommes, eux, sont faits, pour la guerre ? Tu crois que je suis venu au monde avec un fléau d’armes entre les mains, juste pour étriper de pauvres gens, hein ? Tu crois que ça me fait plaisir de me balader sur des champs de bataille pour briser des os et trancher des veines ? »

« Il y a tout un tas d’histoires à ce sujet, souviens-toi de la légende de Karl-le-Golem… Tous les membres de son cercle étaient des hommes, ils étaient ses amants et amants entre eux.
– Entre hommes ?
– Bon Dieu, Jal, l’homosexualité, ça existe ! Tu es au courant, non ? En tout cas, le cercle était tellement solide que Karl n’a jamais été vaincu en combat. Jusqu’au jour où l’un de ses membres lui a tranché la gorge dans son sommeil – par jalousie.
– Je croyais que Karl-le-Golem avait été empoisonné par le démon Eela ?
Il glousse un peu.
– Tu ne sais pas que les contes ont toujours une double lecture ? Le démon Eela représente la jalousie. Tu es naïf, c’est mignon. Parfois, on dirait un vrai bébé. »
Le Septième Guerrier-mage, Paul Beorn. 

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[2016] Petit bilan de décembre

Décembre aura été un mois haut en couleur, avec le SLPJ de Montreuil (et un état grippal du plus bel effet !), dès le départ. Dans le cadre du premier, j’ai pu assister à une rencontre avec Brenda Drake, ainsi qu’à une présentation – ô combien alléchante – du programme de rentrée de Lumen (et il y a du lourd !). Dans le cadre du second, ma foi, le rythme du blog a été quelque peu chamboulé.

Carnet de lectures.

Côté essais.

Dark Vador VS M. Spock, Jeanne-A. Debats & Olivier Cotte.
Tout fan de SF le sait, la bataille pour savoir laquelle des deux sagas est la meilleure est aussi acharnée qu’elle est sans fin. Les deux auteurs se sont donc proposé, en 101 rounds, de la départager de façon objective (en fin de chaque analyse, un encart avec deux cases à cocher permet au lecteur de choisir). Si l’ouvrage est accessible, il s’adresse pourtant nettement plus au fan qu’au complet néophyte – pour bien tout comprendre, il est nécessaire d’avoir, a minima, une vague idée de ce dont il est question dans chaque film et dans chaque univers (et avec ce minimum seulement, il faut parfois sortir les rames).
Seront donc évoqués ici tout un tas de sujets capitaux comme le casting, la technologie, les régimes politiques, la place des femmes, la musique, les armes ou encore les costumes. Les anecdotes croustillantes suivent les analyses plus profondes ; chaque sujet a droit à une double page, l’une d’entre elles supportant les informations, l’autre une illustration en noir et blanc. De fait, les analyses sont parfois un peu trop brèves par rapport à la matière du sujet, mais l’ensemble est plein d’un enthousiasme qui rend la lecture très fluide. On regrettera toutefois que les textes semblent pencher plus en faveur d’une saga que de l’autre, ce qui rend le tout pas si objectif que cela !

Côté albums.

Petit manuel des ours à l’usage des aventuriers débutants, Michelle Robinson & David Roberts.
Si vous pensiez être prêts à déambuler en forêt en toute tranquillité, peut-être vous trompiez-vous ! C’est d’ailleurs le cas du petit garçon que l’on suit ici. L’album est assez drôle, car le texte est en décalage avec les dessins : ceux-ci perturbent le récit, lequel est obligé de s’adapter sans cesse. Et la chute est particulièrement surprenante ! Toutefois, si vous comptez vraiment arpenter une forêt avec des ours, l’album sera à compléter d’une lecture un tantinet plus sérieuse 🙂

 

Côté ciné.

Les Animaux fantastiques.
Inutile, j’imagine, de préciser que j’attendais cette sortie avec une grande impatience. Et j’ai passé, dans l’ensemble, un bon moment avec ce film.
En gros, c’est l’histoire de Norbert Dragonneau, un sorcier d’une trentaine d’années avec le tic de toujours mettre la tête sur le côté, qui entre aux États-Unis (patrie où la pratique de la magie est rigoureusement interdite !) avec une mallette bourrée d’animaux fantastiques pour le moins exotiques. Évidemment, la mallette s’ouvre et il va devoir courir à droite à gauche après ses petits protégés. Or, c’est pas de bol, un Obscurus dévaste justement la ville. Norbert tombe alors sur Tina, une ex-Auror mutée à la circulation, qui va tenter de circonscrire les dégâts. Le film est particulièrement efficace et vraiment vraiment grand public. J’étais d’ailleurs un peu déçue, je m’attendais à une ambiance aussi sombre que celle de Harry Potter 7, plutôt qu’à quelque chose approchant celle de Harry Potter 1. Mais, malgré cela (et malgré toutes les incohérences qui donnent l’impression que le film roule sur les lois de l’univers…), les péripéties s’enchaînent à bon train, l’action s’équilibre avec la réflexion, il y a de l’humour et de chouettes bestioles à découvrir. En somme, j’ai été agréablement surprise !

Rogue one.
Seconde grosse sortie attendue de décembre : le nouveau Star Wars ! Le précédent ne m’avait pas tellement bottée, aussi y allais-je avec pas mal d’attentes… qui n’ont pas été déçues ! Dans Rogue one, on suit Jyn Erso, la fille d’un grand scientifique réquisitionné par l’Empire pour la construction de l’étoile noire, alors que Jyn n’était qu’une petite fille – que son père a mise en sécurité pour lui éviter de se faire tuer. Quinze ans plus tard, l’Alliance rebelle entend faire assassiner le père scientifique, afin d’empêcher l’Empire de finaliser l’Etoile de la Mort, cette arme de destruction massive dont toute la galaxie commence à parler fiévreusement. L’Alliance intercepte donc Jyn (devenue une vraie petite rebelle solitaire), alors qu’elle fait partie d’un convoi de prisonniers et tente de l’utiliser pour atteindre son père – sans lui révéler, évidemment, la finalité du plan. Évidemment, tout ne se passe pas comme escompté, et les rebelles, comme les électrons libres, auront fort à faire…
Une fois qu’on a passé la déception initiale de n’avoir pas le générique emblématique de Star Wars (à quoi cela sert-il d’aller au ciné si ce n’est pas pour entendre le générique à pleins tubes, franchement ?), on découvre un film palpitant, bien mené, et qui présente son lot de péripéties, retournements de situations et autres belles surprises. Je regretterai seulement que l’escadron Rogue n’ait qu’une seule femme en son sein. Certes, c’est le boss. Mais quand même. Le film est nettement plus sombre que le précédent et, si l’humour n’est pas totalement absent, on sent que le ton est bien différent. D’ailleurs, la fin est à la hauteur de l’ambiance ! Côté chronologie, le film se situe entre l’épisode III (La Revanche des Sith, 2005) et l’épisode IV (Un nouvel espoir, 1977) : l’histoire fait pile poil le lien et c’est très agréable ! Je suis ressortie de là conquise, en tirant un trait sur le précédent opus, trop fade à mon goût.

Tops & Flops.

Décembre a été un mois hyper faste niveau lectures, j’ai fait un tas de superbes découvertes, dont voici le top 3 (sans ordre de préférence).

le-vent-te-prendra-camille-brissotAprès avoir grandement apprécié Dresseur de fantômes, de Camille Brissot, cet été, j’ai littéralement dévoré la réécriture qu’elle a faite des Hauts de Hurlevent (d’Emily Brontë) pour la collection In love de Rageot : Le Vent te prendraEt quelle surprise ! J’ai adoré cette histoire tourmentée, dans un paysage très vertical, battu par les vents et qui, au final, narre plus une horrible histoire de vengeance et d’ego surdimensionné qu’une belle romance. Splendide !

La fin 2016 et le début 2017 auront, semble-t-il, été placés sous le patronage d’Olivier Gay : après avoir découvert Faux frère, vrai la-main-de-l-empereur-olivier-gaysecretj’ai dévoré La Main de l’empereur – et n’ai fait qu’une bouchée, en janvier, du premier tome du Noir est ma couleur ! La Main de l’empereur est un roman de fantasy particulièrement prenant et qui se lit avec plaisir. On y découvre le jeune Rekk, un soldat à l’histoire fascinante et un empire aux envies expansionnistes bien gourmandes. J’ai hâte de lire la suite des aventures de Rekk !

louis-pasteur-contre-les-loups-garous-flore-vescoEt j’ai lu Louis Pasteur contre les loups-garous, un roman de fantasy historique jeunesse signé Flore Vesco pour lequel j’ai eu un énorme coup de cœur ! Pour faire simple : il y a de la science, de l’Histoire, de l’aventure, des jeunes gens sensés (et d’autres à claquer), des loups-garous et des combats soigneusement mitonnés, au fleuret ou au tube à essai. C’est palpitant et franchement, j’étais bien triste de le terminer. Je recommande donc chaudement !

Citations.

« Tu as un bon fond, Dareen. Je ne comprends pas pourquoi tu te livres à la contrebande.
La femme haussa les épaules en sortant de la tente.
– Tu as un bon fond, Rekk. Je ne comprends pas pourquoi tu tues des gens. »
La Main de l’empereur, Olivier Gay.

« Je me suis construit une vie. Mais je n’ai pas oublié mon enfance confisquée par les Khmers rouges.
Les souvenirs que j’en garde sont terrifiants. Il a pourtant fallu que je continue avec eux. Sans chercher à oublier le passé, je suis obligé de vivre dans le présent et pour l’avenir. Si j’y parviens, c’est peut-être que les douleurs, quelles qu’elles soient, sont plus faciles à guérir chez un enfant que chez un adulte. En tout cas, c’est ce que je me dis. »

« Je me consacre juste à survivre, ce qui me demande à la fois de savoir obéir sans réfléchir, et de réfléchir sans cesse aux moyens de désobéir. »
Sothik, Sothik Hok, Marie Desplechin & Tian.

 

[2016] Petit bilan de novembre

Novembre a été un bon mois niveau lectures, histoire de faire un contrepoint au temps !

Carnet de lectures.

Une seule lecture à glisser ici, ce mois-ci, et il s’agit d’un album pour les petits bouts !

Ça suffit mammouth, Micaela Chirif & Issa Watanabe.


« Les mammouths sont des animaux énormes et féroces. Et très rebelles. Je le sais parce que j’en ai un à la maison… Dès que je lui demande un truc, il me répond : NON ! ». Voilà ce que dit le très jeune narrateur de cette histoire. Et, en effet, un mammouth, c’est plutôt rebelle : ça ne range pas ses affaires, ça ne prend pas son sac, ça refuse de se laver en temps et en heure, on en passe et des meilleures. Pire, ça fait même un tas de bêtises !
L’album est hyper ludique. D’une part, en raison du format, à l’italienne qui, finalement, s’ouvre vers le haut. Ensuite, c’est le graphisme qui change, mêlant à la peinture le bois. Non seulement c’est original mais, en plus, cela change de ce que l’on voit habituellement. Enfin, l’histoire est aussi prenante qu’amusante : on l’aura compris, les rôles sont inversés. Le mammouth est l’enfant, tandis que celui-ci représente le parent. Une façon amusante de parler des relations parents-enfants et de l’autorité.

Tops & Flops.

la-montagne-rouge-olivier-trucCe n’était pas vraiment un flop, mais je dois avouer que La Montagne rouge,  d’Olivier Truc, m’a un tantinet déstabilisée. J’ai trouvé que l’histoire était particulièrement lente, tant les personnages sont empêtrés dans les dilemmes moraux qui les déchirent – entendons-nous bien, c’est passionnant. Du coup, l’intrigue générale en pâtit un peu, d’autant que la partie purement historique et ethnique m’a semblé moins fouillée que les précédentes. Encore une fois, c’était vraiment une excellente découverte, mais je m’attendais manifestement à autre chose (bonne résolution 2017 : arrêter avec les attentes de lecteurs pour mieux profiter des lectures).

Mais novembre a aussi été le mois de découvertes splendides.

suaire-froid-les-dossiers-dresden-5-jim-butcherSi vous suivez ce blog, vous savez combien j’aime la série Les Dossiers Dresden et déplore son absence de succès en France. Vraiment. A force d’économiser les tomes traduits, me voilà donc rendue au cinquième, Suaire froid, et mazette, quelle claque ! C’était tout simplement génial ! J’ai retrouvé mon Harry Dresden fétiche, de nouveau aux prises avec les vampires, et entouré de plus d’alliés qu’il n’y paraît. L’intrigue était absolument palpitante, riche de détails et petites découvertes sur l’univers et portée par la gouaille habituelle de notre magicien détective – même si, cette fois, il l’a un peu mauvaise et monte au carton plus facilement. Bref, je suis donc éminemment déçue de savoir qu’à partir de là, je devrai poursuivre en anglais…

À la dernière rentrée littéraire, j’avais lu In utero, de Julien Blanc-Gras ; cette fois, je me suis penchée sur Briser la glace et bien m’en a pris. briser-la-glace-julien-blanc-grasC’était passionnant, instructif et hilarant. Tout ça à la fois. L’écrivain-voyageur part, cette fois, à la découverte de l’Arctique pour en dépoussiérer le mythe (oui il y a des ours blancs et le réchauffement climatique, mais aussi des hautes technologies, des habitants épatants et des supermarchés même sur la banquise) et nous livre ses observations d’un ton plein d’humour. À dévorer et à offrir sans modération !

recits-du-demi-loup-2-les-terres-de-l-est-chloe-chevalierJe l’ai lu en majeure partie en octobre, mais je l’ai terminé en novembre, il faut donc vraiment glisser ici le coup de cœur absolu pour Les Terres de l’Est, deuxième volume des Récits du Demi-Loup de Chloé Chevalier. Absolument car, et c’est rare, le premier tome avait déjà été un coup de cœur. Autant dire que je place de grands espoirs pour le tome 3 – que je vais tenter de réfréner, cf. bonne résolution ci-dessus.

Citations.

« Regardez-nous, reprit-il enfin en relevant les yeux sur les policiers et en tendant vers eux ses mains aux ongles sales, le regard enflammé. Nous sommes coureurs de toundra, fils du vent, peuple de la nature. Devant nous les pierres se tassent, derrière nous elles se redressent, la bruyère épouse nos pas, étouffe nos souffrances, la mousse éponge nos rêves, les montagnes nourrissent notre fierté, les loups égorgent nos espoirs. Les archivistes ? C’est une invention de Suédois pour nous perdre. »
La Montagne rouge, 
Olivier Truc.

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« Je suis venu à Chicago pour vous tuer, Monsieur Dresden. Mais d’abord, j’ai une proposition à vous soumettre.
– Vous devriez vraiment revoir votre technique d’approche, dis-je. J’ai lu un livre sur l’art de la négociation. Je pourrais vous le prêter. »
Suaire froid, Jim Butcher.

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« Le bus s’arrête au bout d’une piste et au sommet d’une colline, devant un panneau « chasse interdite » criblé de balles. Je veux voir des bœufs musqués (Ovibos moschatus), comme on me l’a promis. Comme son nom ne l’indique pas, le bœuf musqué est une chèvre. »

« À peine sorti du port, je slalome entre les icebergs, au contact direct des éléments. Je frôle des montagnes de glace. Je suis l’homme balloté par les flots de son destin face aux puissances gigantesques de la nature. A moi Conrad, à moi Melville !
Cette expérience grisante dure une minute, le temps de prendre une photo, puis le Capitaine reprend les manettes, car il ne faudrait pas couler le bateau dès le départ. »

« La vie s’organise à bord, chacun trouve sa place. Le Capitaine et le Second naviguent. Le peintre les épaule adroitement. Je prépare le café. J’essaye de me rendre utile, bien que je sache à peine repérer bâbord et tribord. Je ne demande qu’à devenir un bon petit soldat, un humble mousse soucieux d’apprendre en obéissant aux professionnels. Encore faudrait-il que je comprenne de quoi ils parlent, car mes problèmes linguistiques ne se cantonnent pas à la terre ferme. J’entends des phrases étranges et dénuées de sens à mes oreilles, comme « je vais border le génois » (hypothèse : je vais coucher Christophe Colomb), « je lofe de 10 degrés » (je rigole quand il fait frais ?) ou « mets un bout en spare vers le point d’amure des fois qu’on pète une bosse de ris » (aucune hypothèse). »

« Alors comment stopper un iceberg en marche ? Nos deux vaillants marins décident de le traiter manuellement. Il n’a pas l’air si volumineux. Une dizaine de mètres de long en surface, deux en hauteur. La masse immergée reste l’inconnue de l’équation. L’équipage, téméraire, saute dans le Zodiac pour se lancer à l’assaut de cet ennemi dont il ignore les forces. Leur épopée me paraît légèrement optimiste. Le Second est aux manettes, le Capitaine tient une longue perche de bois sous le bras. Il compte s’en servir comme d’une lance pour repousser l’envahisseur. Le Zodiac prend son élan. Contact. Le Capitaine est appuyé de tout son poids sur la perche pendant que le Second pousse le moteur pour produire une force contrant l’inertie de l’ennemi. Don Quichotte et Sancho Pança chargeant le moulin-iceberg, chimère condamnée à l’échec. Les lois des la physique sont impitoyables, et peu sensibles à la beauté des causes perdues. Le glaçon ne bouge pas d’un pouce.
Nature : 1. Humains : 0.
Nous déplaçons le bateau en acceptant, dans un éclat d’humilité panthéiste, le fait de n’être tranquilles nulle part. »
Briser la glace, Julien Blanc-Gras. 

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