[2018] Gros bilan d’avril-mai-juin.

Bon, je n’ai pas été très assidue sur le blog ces derniers temps, ce que vous aurez sans doute remarqué au vu du peu de chroniques publiées ces derniers mois. Ce qui explique ce bilan condensé des trois derniers mois de lectures, pour les titres que je ne compte pas chroniquer sérieusement par ailleurs !

Carnet de lectures.

Louise et Hetseni, Sophie Rigal-Goulard (Rageot).

Avril 1851. Jonas Pellman, jeune colon, traverse l’Ouest pour rejoindre la Californie, l’Eldorado dont rêve son père, Cody. Jonas, moins bravache que son géniteur, se verrait mieux rester à la ferme et n’a pas la moindre envie de quitter son pré carré. Or, la traversée des États-Unis, à cette époque-là, est loin d’être de tout repos. Car il faut composer avec les dangers du terrain, la nature belliqueuse de certains pionniers et, détail non négligeable… les Amérindiens, très remontés contre ces colons qui bafouent leurs droits. D’ailleurs, ça ne manque pas : Jonas se fait enlever, sans espoir de retour ! Louise, de son côté, est une collégienne d’aujourd’hui, dont le père écrit un roman. Un manuscrit qu’elle lit en catimini, et qui ressemble beaucoup, beaucoup, à l’histoire de Jonas… son père le sortira-t-il de son guêpier ou lui mettra-t-il encore plus de bâtons dans les roues ?
Voilà un roman historico-fantastique que l’on pourra proposer aux plus jeunes (dès 9 ans) : au fil des chapitres, on alterne entre les deux personnages et les deux époques, les deux personnages parvenant, par un petit procédé surnaturel, à communiquer. C’est intéressant pour leurs discussions et pour le contenu documentaire (Louise se renseignant sur l’histoire des pionniers), mais les passages consacrés à Louise viennent en général couper le rythme du récit. De plus, j’ai trouvé les péripéties de la collégienne nettement moins passionnantes que celles de Jonas, qui permettent de défaire de nombreux clichés sur les Amérindiens et l’histoire des États-Unis, tout en transmettant un message d’ouverture et de tolérance !

Poussière-fantôme, Emmanuel Chastellière (Scrinéo).

Être guide touristique spécialisé dans les mystères du Montréal hanté n’est pas facile tous les jours, malgré les pourboires et les touristes à berner. Mais ça l’est encore moins quand on peut réellement converser avec les fantômes, trop contents de trouver quelqu’un à qui parler et prêts à tout pour trouver de la compagnie ! Depuis qu’Archibald a fait la rencontre d’Elizabeth McKenzie, jeune scientifique décédée dans des circonstances étranges en 1917, sa vie a basculé. Déterminé à aider Elizabeth à lever le voile sur sa mort, Archie va devoir compter sur des amis parfois surprenants et apprendre à percer les secrets de la poussière fantôme, alors que les revenants, goules et autres spectres de la ville se montrent de plus en plus menaçants… Et tout ça si possible sans trop se fatiguer !
C’était pas vraiment un roman de saison (il serait idéal à lire aux alentours d’Halloween) mais voilà un texte qui devrait plaire aux jeunes lecteurs. Il est truffé d’actions, de rebondissements et de péripéties échevelées : avec les personnages, on traverse le Canada à bord d’un train, alors que des hordes de fantômes attaquent sans relâche les personnages. Ceux-ci luttent contre l’avènement d’un Grand Ancien (avec moult tentacules), ce qui fait que le récit flirte avec l’horreur : la référence à Lovecraft est bien présente ! Si, à titre perso, j’ai trouvé que c’était un peu trop rapide et que les personnages, hormis Archie, manquaient un peu de profondeur, je pense que j’aurais adoré étant plus jeune.

Dis au revoir à ton poisson rouge, Pascal Ruter (Didier jeunesse).

Andréas avait prévu de passer ces vacances d’été à faire du skate, du skate et encore du skate. Il avait oublié que quinze jours durant, il devait être l’agréable hôte de sa correspondante anglaise, Mary. Bye bye le skate, et bonjour les musées ! C’est la mort dans l’âme qu’Andréas rejoint l’aéroport. Or, là, tout va de mal en pis… Car ses parents disparaissent sans laisser la moindre trace, alors qu’ils étaient en train de régler le parking. Ou, pour être très précis, Andréas retrouve un bijou de sa mère… et la carte bleue de son père, abandonnés au sol. C’est louche ! Flanqué de Mary, qui a le bon goût d’être parfaitement francophone, très débrouillarde, douée en informatique et dynamique à souhait, Andréas se lance à la poursuite de ses géniteurs. Direction le Brésil !
Voilà un roman hyper agréable et prenant à lire, bardé de péripéties et plein d’humour. Sur les traces des personnages, on s’intéresse à des scientifiques peu scrupuleux, on déambule dans la jungle, on apprécie les talents informatiques de Mary et de sa bande, le Deep Pink Web, DPW pour les intimes. L’intrigue est survoltée, et même parfois à la limite de la cohérence. Mais le récit n’en reste pas moins palpitant et j’ai passé un excellente moment avec. Un titre parfait pour les vacances !

L’Adoption, tome 1 : Qinaya et tome 2 : La Garùa, Zidrou et Arno Morin (Bamboo, Grand Angle).

  

Cette BD a fait grand bruit lorsqu’elle est parue, il y a deux ans et j’ai adoré la lecture de cette série. Le premier tome narre l’histoire de Qinaya, une orpheline péruvienne de 4 ans, adoptée par une famille française. Ce qui est original, c’est que l’on ne suit pas l’adaptation de Qinaya à ses parents adoptifs… mais l’adaptation de Gabriel, le jeune grand-père, à la nouvelle vie de la famille. Lui qui n’a jamais pris le temps d’être père doit désormais apprendre à être grand-père.
Je n’en dis pas plus concernant le résumé, car cela risquerait de gâcher les révélations de la BD ! En tout cas, c’est une histoire aussi originale qu’émouvante. N’ayant absolument pas lu le résumé ni les avis sur internet, je ne savais pas à quoi m’attendre, aussi je dois dire que la fin m’a totalement surprise. Et j’ai trouvé le tome 2 tout aussi bon et touchant. Les graphismes, de plus, sont magnifiques. Très belle découverte, donc !

Cinéma et séries.

La Casa de Papel, Álex Pina.

Comme à l’accoutumée, c’est bien après tout le monde que je me suis intéressée à cette série espagnole, qui a tellement fait le buzz qu’une nouvelle saison est en préparation.
La Casa de Papel, qu’est-ce que c’est ? Tout simplement la Fabrique de la Monnaie et du Timbre espagnole, à Madrid, qu’un groupe de 8 braqueurs anonymes (uniquement désignés par des noms de villes) investit. Objectif ? Retenir à l’intérieur agents et visiteurs (y compris une classe de lycéens comprenant dans ses élèves la fille de l’ambassadeur britannique) le temps d’imprimer quelques milliards d’euros à se répartir, sans violence. Propre, net et sans bavures, le tout sans escroquer le contribuable espagnol, que demander de mieux ?
Malheureusement, l’équipe menée par El Profe va avoir du fil à retordre avec le plan, quoiqu’infaillible, mis en place par leur chef, et c’est bien ce qu’il y a de chouette dans la série. Celle-ci cumule donc les bons côtés de films de huis-clos, de grosses arnaques et d’aventures débridées. La série développe vraiment les protagonistes (pas tous, certes), avec quelques flashbacks bien placés qui nous éclairent sur leurs personnalités et motivations. Le rythme est maintenu de bout en bout et, si toutes les péripéties ne sont pas toujours très vraisemblables, l’ensemble se tient à merveille. Il n’y a guère que la fin (les quelques dernières minutes) qui ne m’ait pas franchement emballée : j’ai trouvé que cela déconstruisait totalement le personnage de l’inspectrice Murillo patiemment mis en place précédemment.
De même, je suis un peu plus dubitative sur une éventuelle saison 3 : je trouvais que la fin se suffisait vraiment à elle-même. Mais comme je suis curieuse, je regarderai quand même à quoi ça ressemble quand cela sortira.
Note à celles et ceux qui voudraient regarder la série en VO : le niveau de langue est très accessible, malgré quelques accents un peu prononcés (Denver, si tu nous entends…). Point bonus : vous apprendrez une quantité de vulgarités pour le moins impressionnante !

Riverdale, saison 2.

J’aime beaucoup cette série et la première saison avait été une révélation ! C’est donc avec enthousiasme que j’ai attaqué la saison 2, que j’ai regardée avec autant d’enthousiasme que prévu, mais peut-être un peu moins de passion que précédemment. Sans doute parce qu’il s’y passe énormément de choses… un peu trop, peut-être. Il y a des allégeances de personnages, des contre-attaques, des petits complots, de grands plans machiavéliques et un tas de rebondissements du genre et de révélations fracassantes. C’est vraiment chouette mais parfois cela part franchement dans tous les sens, comme si les scénaristes avaient voulu tout mettre d’un coup, de peur de rater une bonne idée. Voilà qui m’a de temps en temps fait décrocher, malheureusement. Bons moments dans l’ensemble, mais j’attends de la saison 3 qu’elle redresse la barre !

Ocean’s 8, Gary Ross.

La série des Ocean’s a remis au goût du jour les films de braquage. Après trois opus, j’imagine qu’Hollywood a voulu surfer sur le succès commercial de la trilogie, ce qui explique l’arrivée de ce nouveau numéro dans la franchise. Donc, on prend les mêmes et on recommence, ou presque : car cette fois, point de George Clooney, et place à une équipe entièrement féminine.
Debbie Ocean a eu plus de 5 ans pour fomenter son plan parfait : braquer discrètement le Gala du Met et barboter au nez des célébrités et du service de sécurité un légendaire collier de chez Cartier, le Toussaint, si célèbre et précieux qu’il ne sort quasiment jamais de chez lui.
Alors, évidemment, vu que c’est le Gala du Met, les robes de soirées et les têtes d’affiche sont de sortie, ce qui gâte un peu l’aspect « film d’action porté par une bande de nanas ». De fait, la féminisation du casting n’apporte pas grand-chose à l’intrigue, si ce n’est que ça change de la somme de testostérone accumulée dans les précédents opus. Car l’intrigue est vraiment dans la veine de la série : un plan infaillible, qui cache un autre plan infaillible, un minutage précis, quelques tours d’illusionniste et une réussite magistrale au bout, le tout arrosé de réparties cinglantes, d’un brin d’humour, et porté par un casting très alléchant. C’est bien rodé, c’est divertissant, mais clairement pas surprenant.

Citations.

« J’ai pris le nom de Lucifer parce que cela signifie « celui qui porte la lumière ».
– C’est aussi comme ça que les gens mortels appelaient le diable, souligna-t-elle.
Rowan haussa les épaules.
– J’imagine que c’est forcément le porteur de la torche qui projette l’ombre la plus sombre.»
Thunderhead, Neal Shusterman.

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« L’auteur est trop paresseux pour vous faire un résumé de tout ce qui s’est passé dans les deux tomes précédents ; si vous avez tout oublié, c’est votre faute, pas la sienne ! »

« Aha ! Là !
– Tu as trouvé ? s’exclama Cassandre.
– Je vous avais dit que personne n’était plus rapide que moi, se rengorgea-t-il.
– Ouais, ben j’espère que tu n’es pas aussi rapide dans tous les domaines, intervins-je.
Tout le monde se tourna vers moi et je me sentis rougir jusqu’à la racine des cheveux. Mon problème, c’était ma grande gueule. Quand je trouvais quelque chose de drôle à dire, je le faisais sans me soucier des conséquences. Eh ben voilà. Super, Chloé. »
Ici et Ailleurs, Olivier Gay.

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« J’étais déjà le genre de fillette qui tâtonnait, les yeux fermés, au fond des meubles, à la recherche de portes secrètes comme dans Narnia, où qui faisait des vœux en regardant la deuxième étoile à droite au fond du ciel façon Peter Pan, chaque fois que la nuit le permettait. Alors découvrir un livre vert et or avec un titre de conte de fées, au fond d’une commode parfaitement banale, me mit dans tous mes états… »
Hazel Wood, Melissa Albert.

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« L’avantage avec les gens qui parlent tout seuls, c’est qu’ils alimentent la conversation d’eux-mêmes et répondent aux questions que vous n’avez pas posées. Ça a quelque chose de reposant. »

« Mon grand-père était entomologiste. Le top du top dans sa catégorie. Et mon père s’y connaît pas mal aussi. Il dit toujours que les insectes survivront aux humains parce qu’ils sont moins cons. Je trouve ça moyennement rassurant.
– Mais sans doute vrai, dit-elle. »
Dis au revoir à ton poisson rouge, Pascal Ruter.

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« Anna, m’a-t-il dit, tu n’as pas eu de chance jusqu’ici, mais la vie est comme un grand arbre majestueux .
Ce n’est pas parce que tu es tombée sur plusieurs branches pourries que tu ne pourras jamais te raccrocher aux branches saines et grimper jusqu’en haut pour apercevoir l’horizon. »
Le Dossier Handle, David Moitet.

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« C’est que… je préférerais m’entretenir avec Olen le répétiteur. En privé.
– Ce que tu préfères n’a pas d’importance, c’est moi qui suis en charge, et c’est à moi que tu parles.
– En l’absence de votre chef, je suppose. Vous êtes son épouse ?
Kaelyn poussa un long soupir désabusé.
– Non, je ne suis pas son épouse, et on ne va pas y passer la journée : dis-moi ce qui t’amène.
– Une mission confidentielle. Dont je ne peux parler à personne d’autre qu’à Olen, et surtout pas à…
Devant le froncement de sourcils de la maîtresse de guerre, le reste de sa phrase s’étrangla dans un bredouillement inaudible. Surtout pas à une femme. Voilà ce qu’il voulait dire.
La colère froide qui l’habitait jour et nuit depuis qu’elle avait été en âge de porter une arme se transforma soudain en rage. Empoignant le vieux courtisan par le col, elle l’arracha violemment à la souche sur laquelle il était assis.
– Putain mais qu’est-ce qu’il te faut ? lui hurla-t-elle au visage. Qu’est-ce qu’il vous faut, à tous ?
Olen tenta de s’interposer, mais recula d’un bond pour éviter la timbale de tisane brûlante qui s’écrasa à ses pieds.
– Je dirige ce camp, j’ai formé ces hommes, j’ai tué neuf Traceurs en dix minutes, je suis allée chercher le conseiller Mladen dans son putain de manoir, avec ses putains de gardes, sans perdre un seul homme ! Tu veux quoi de plus ? Que je te fasse une omelette ? Que je t’apporte tes chaussons ? »

« Allez, viens, fit Eden Vekh en prenant son cheval par la bride. Encore une petite heure, et on y est. Tu vois les toits, tout là-bas ?
Desmeon ne voyait rien, que des sommets enneigés, des rochers et des nuages.
– Non.
– Tu n’as pas une vue de Traceur…
– Je les verrai bien assez tôt, les toits. Et on ferait bien de se mettre en route, parce que je crève de faim, et que j’en ai vraiment marre des bâtonnets de viande séchée. ça colle aux dents, et ça pue la chèvre…
Il jeta à son camarade un regard méfiant.
– D’ailleurs, je ne sais pas pourquoi, reprit-il, mais je sens qu’on ne mange pas très bien, dans ton pays.
– Pourquoi tu dis ça ? s’amusa Eden Vekh.
– Je ne sais pas, je me dis que quand on dort par terre dans une tour de guet, on n’est pas très porté sur les brochettes de poisson flambées au caramel.
– Ah ça, si tu t’attends à trouver de la nourriture tchi chez nous, tu vas être déçu.
– Je m’attends plutôt à des lentilles. Froides. Et crues.
Eden Vekh éclata de rire. »
La part des ombres, tome 2, Gabriel Katz.

***

« La clairière obscure avait été envahie par un vol de lucioles. Elles virevoltaient en silence, des milliers de lueurs minuscules qui tournoyaient autour du chêne central, comme une procession de bougies féeriques.
Parfois, il y avait un bruissement furtif, un chasseur ailé piquait dans la clairière, une luciole s’éteignait brusquement, et autour, cela faisait comme une vague lumineuse, comme les rides sur l’eau lorsqu’il pleut. Fasciné par le spectacle phosphorescent, j’en oubliai quelque temps les bleus et l’épuisement.  » J’ai toujours aimé les bois de Vaux pour ça », fit Uldrick doucement. « A chaque fois, c’est quand tu commences à ne plus la supporter que cette forêt se rachète pour la lune qui vient. Comme si elle avait besoin qu’on l’aime. » J’acquiesçai, la bouche entrouverte, envoûté par la danse lumineuse.  » On dirait des fées « , fis-je.  » On dirait que c’est la nuit qui… qui ondule.  » Uldrick me lança un regard étrange par-dessus le feu.  » C’est vrai « , fit-il.  » On dirait que la nuit ondule. »

« Nous appelons leur philosophie la Pradekke, et c’est le ciment du pays var tel qu’il existe aujourd’hui. La Pradekke, c’est la différence entre le savoir et la croyance. Croire que l’on sait est ignorant. Savoir que l’on croit ne l’est pas. L’homme sage est capable de discerner les nuances entre ce qu’il sait et ce qu’il croit, parce que la croyance est la plus dangereuse des ignorances. Les vaïdrogan n’ont jamais été vaincus parce que nous raisonnons ainsi. Voilà la première leçon qu’un enfant var apprend. L’aveu de sa propre ignorance est une démonstration de force. »

« « Je t’ai battu », poursuivit Uldrick. « Souviens-toi que, malgré la rage, je t’ai battu. Je te battrai encore, et encore, et ensuite, tu iras au-delà. » Il parlait calmement, entre ses respirations aussi lourdes que les miennes, sa voix était douce et ferme, et elle me parvenait comme depuis un rêve. « Ecoute bien, Sleitling. Ce n’est pas notre manière. Tu le verras un jour. Les hommes qui doivent se mettre en colère pour ne pas avoir peur crient, hurlent et font de grands gestes qu’ils ne comprennent qu’à moitié. Ils gaspillent leurs forces et disparaissent, avalés par la folie et la rage. » Le Var pressa son genou au creux de mes reins et lâcha mes cheveux. Je ne pleurais plus. La haine enflait de nouveau. « Ceux qui sont chanceux, les stupides contes brunides en font des héros », continua Uldrick tout en raffermissant sa prise sur mes mains. « Mais pas le vaïdrogan. Le vaïdrogan sait combien les contes sont stupides, parce qu’il a trouvé sa rage, et qu’à chaque fois il a été battu. Tu dois en passer par là, toi aussi. »

« Je fus initialement surpris par cette découverte, parce que chez les Brunides, on voue un mépris stupide à ce genre d’hommes, considérés comme inférieurs, des sortes de femmes ratées qu’il est permis de traiter avec tout le dédain que l’on souhaite. Les Vars, eux, s’en fichaient éperdument, et n’en faisaient aucun secret. Lorsque au lendemain de notre arrivée Eireck me surprit à fixer un baiser entre Sidrick Harstelebbe et son compagnon, un guerrier à la peau mate dont j’ai oublié le nom, mon expression troublée dut l’interpeller. « A Carme », me dit-il sur le ton de la discussion, « les phalangistes ont le devoir d’aimer d’autres hommes. Les généraux pensent qu’un soldat se battra plus férocement pour défendre celui qu’il aime. Là-bas, les femmes sont des matrices et rien de plus. Nous, nous pensons que chacun devrait être libre de ses préférences.  » Je pris à cœur ces paroles et, lorsque la bizarrerie initiale m’eut quitté, je les méditai souvent pour leur justesse. »
Le Cycle de Syffe, tome 1, L’Enfant de poussière, Patrick K. Dewdney.

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[2018] Petit bilan de mars.

Mars a été riche en lectures – mais, une fois de plus, pas en chroniques. Un jour, j’aurais rattrapé tout mon retard !
A défaut, le rendez-vous se dote (enfin !) d’un logo !

Carnet de lectures.

Rayon romans.

Comment un écureuil, un héron et une chouette sauvèrent le père de Casper, Horatio Clare et illustré par Jane Matthews (PKJ).
De temps en temps, je lis des romans jeunesse pour les plus jeunes (à partir de 9 ans) et celui-ci en fait partie et aborde un sujet pas si courant en littérature jeunesse, puisqu’il évoque la dépression d’un parent ! Casper coule une existence paisible dans la petite ville anglaise de Woodside Terrace… Jusqu’à cet été où son père, Jim, change du tout au tout : il ne mange plus, ne sourit plus, ne travaille plus et reste cloué au lit. Quel mauvais sort s’est abattu sur lui ? Une chose est sûre, Casper ne l’abandonnera jamais et il va pouvoir compter sur l’aide, un brin inattendue, des animaux de la forêt alentour.
C’est donc sous des dehors fantastiques que l’intrigue est abordée et, si la résolution peut sembler quelque peu tirée par les cheveux, elle véhicule avant tout des messages très positifs sur cette terrible maladie qu’est la dépression et sur ce que peuvent envisager les proches pour aider les leurs. Le texte est très abordable et les illustrations de Jane Matthews l’ornent à merveille. Une chouette découverte, donc !

Le Dernier saut, Alexandra Sirowy (PKJ).
Cette fois, c’est un thriller pour les ados auquel je n’ai pas du tout, mais alors pas du tout accroché.
Au début de l’été, Ben, le demi-frère adoré de Lana, disparaît sous ses yeux. Les vacances suivent leur cours, mais les fêtes sur la plage et les premiers émois amoureux sont teintés d’inquiétude. Quand Lana et ses amis trouvent le corps de Maggie, l’ex-petite amie de Ben, tout est remis en question : ce dernier est-il mort ? Maggie est-elle impliquée ? Et si Lana était la prochaine victime sur la liste ?
Si je n’ai pas accroché, c’est avant tout parce que l’intrigue reposait sur un élément que j’ai vu venir dès les premiers chapitres. Difficile, donc, d’être surprise par les rebondissements et la conclusion. À cela s’est ajouté le fait que l’histoire manque de rythme comme de suspens, et tente de jouer sur la corde fantastique pour meubler – sans succès. Accessoirement, j’ai trouvé les personnages cliché au possible et donc, en définitive, je n’ai pas accroché à l’histoire. Mauvaise pioche, donc.

Rayon bulles.

Issak, tome 1, Shinji Makari (Ki-oon, Seinen).
1620. L’Europe est déchirée par une guerre qui oppose catholiques et protestants. Dans la forteresse de Fuchsburg, en Allemagne, des réfugiés affluent de toute la région. Parmi eux se trouve Issak, un guerrier hors pair au talent de tireur inégalé. Avec ses longs cheveux noirs, ses yeux bridés, son sabre et son imposant fusil, il ne passe pas inaperçu… Venu du Japon, il combat comme mercenaire aux côtés des protestants. En réalité, il n’a qu’un but : laver l’honneur de son maître assassiné. Le meurtrier se serait mis au service des catholiques, et Issak parcourt les champs de bataille pour le retrouver ! Mais cette fois, la situation est désespérée : cernée par l’ennemi, Fuchsburg semble vouée à la destruction… Le samouraï errant parviendra-t-il à changer le cours de l’histoire ?
Ce n’est pas le premier manga d’inspiration historique que je lis chez Ki-oon et, une fois de plus, j’ai trouvé celui-ci passionnant. Ce premier tome permet vraiment de se faire une idée de la situation générale et l’auteur prend le temps d’installer à la fois les personnages, les lieux et les motifs de la guerre (et vu la complexité du conflit, ce n’est pas évident). Il s’est appuyé sur une gravure montrant des combattants japonais à cette époque et dans ces lieux : l’histoire est bien documentée et l’on apprend (déjà) une foule de choses dans ce premier tome. Vu qu’il s’agit de l’exposition (et qu’il s’agit avant tout d’une histoire de siège), le manga manque un peu de rythme mais, comme je le disais plus haut, la lenteur sied à la complexité de l’intrigue.

Tops & Flops.

Du côté des flops, je n’ai guère que Le Dernier saut à mentionner, et dont j’ai brièvement parlé ci-dessus. Vraiment, ce n’était pas ma came, la faute à ce rebondissement final que j’ai vu venir dès le début (pas de bol, quoi). J’ai (de la même auteure) L’Ombre de Stella dans ma PAL, je compte tout de même lui donner une chance un de ces quatre !

Côté belles découvertes, j’ai l’embarras du choix ce mois-ci avec pas moins de trois coups de cœur. Trois dans le même mois, incroyable !

Tout d’abord, il y a eu Le Gang des prodiges de Marissa Meyer, qui ne me branchait pas plus que cela. Et en fait, je suis tombée dans une histoire truffée de super-héros, sur fond de dictature bienveillante (ou qui ne dit pas son nom), avec un tas de réflexions passionnantes. Génial ! J’ai hâte de lire la suite !

Ensuite, il y a eu La longue marche des dindes, de Kathleen Karr, un roman pour les plus jeunes, qui remet à l’honneur le western avec cow-boys, esclaves en fuites, Amérindiens et autres colons égarés. C’est drôle, c’est prenant, c’est bien écrit, bref, je recommande chaudement.

Enfin, je me suis enfin (ENFIN) décidé à lire De Cape et de mots, le premier roman de Flore Vesco et, mes aïeux, quelle génialissime découverte !! C’est un excellent roman historique et de cape et d’épées à proposer aux plus jeunes, drôle, inventif et qui se lit en moins de deux. Une pure merveille !

Citations.

« Je me demande si je les aurais lus si je n’essayais pas autant de m’intégrer. Parce que j’ai beau être française, on ne me regarde pas comme française, on me regarde comme un exemple d’intégration réussie. Et ce n’est pas normal. Mes grands-parents venaient d’un autre pays, d’une autre culture, c’est eux qui se sont intégrés. Je parle arabe avec eux, mais ma mère et moi sommes nées ici et nous nous parlons dans notre langue, le français. Nous ne devrions rien avoir à prouver.. »

« J’ai à nouveau besoin d’une pause. Les terroristes sont entrés au Bataclan et Marie-Castille est morte. Elle fait partie des premiers touchés, ceux pour qui ça s’est terminé en moins de cinq minutes. Il n’était même pas 22 heures. Depuis nous nous sommes trompés. Parce que, de notre côté, nous avons patienté, nous avons espéré, nous nous sommes démenés, sans savoir que notre vie d’avant avait pris fin. Je ne comprends pas celle qui nous attend maintenant. J’ai l’impression qu’elle est comme ces fermetures Éclair que l’on n’arrive pas à remettre sur leurs rails. On hésite à jeter la trousse ou le vêtement parce qu’on y tenait, et puis peut-être que quelqu’un va arriver à réparer la fermeture, mais personne n’y arrive, ou ça ne tient pas longtemps. Mais on ne peut pas poser une vie de côté comme on le fait d’un vêtement. Non, vraiment, je ne comprends pas ce qu’il va falloir faire. »

« C’est quoi, le malaise ?
J’ai un petit rire :
– C’est marrant, comme question…
Il me regarde sans trop voir ce qu’il y a de marrant.
– Non, dis-je, c’est que vous êtes le seul à l’avoir posée. Tout le monde a mis ça sur le compte de l’adolescence et d’une année difficile…
Nous savons à quel point cet adjectif est en-dessous de ce que nous avons vécu et vivons toujours, et je lui dis soudain ce que je n’ai réussi à dire personne :
– Je ne supporte plus qu’on attende de moi que je sois un exemple. Je ne supporte plus d’avoir à prouver que si on donne une chance aux « gamins de banlieue », ils réussissent, que si on tend la main aux musulmans, ils ne se font pas sauter dans les lieux publics. Je ne supporte plus qu’on attende de moi que je prouve que le « modèle républicain » fonctionne. Je n’en peux plus de ces expectatives qui m’étouffent et m’empêchent de réfléchir pour moi-même. On ne peut pas réfléchir quand on ne peut même pas respirer !»
Paris est tout petit, Maïté Bernard.

***

« Avec la vivacité d’une étoile de mer, la princesse de Rousserolle se mit à réfléchir. C’était un exercice nouveau pour elle. »
De Cape et de mots, Flore Vesco.

***

« Simon,elle a repris, il m’est très pénible de te le dire, mais tu te rends bien compte…
-Oui, m’dame ?
– Tu te rends bien compte que tu viens d’achever ton CE1. Pour la quatrième fois.
– Oui , m’dame. Ç’a été encore plus plaisant que d’habitude.
Elle a froncé les sourcils.
– Quoi qu’il en soit… Je crois que tu as exploré jusqu’aux tréfonds les arcanes du CE1, Simon. Je crois qu’il est temps pour toi de le quitter.
J’ai sauté de joie.
– Ça veut dire que je vais enfin passer en CE2 ?
– Hélas non. Tu es déjà le plus âgé de mes élèves, Simon Green. Si fort que j’ai pu apprécier ta compagnie, il est temps pour toi d’affronter le monde. De déployer tes ailes. »
La longue marche des dindes, Kathleen Karr.

***

« Ouais, on ne t’a pas encore accepté, alors il va falloir que tu te tiennes à carreau, ajouta Nour à l’attention de Thomas. Personne ne t’a dit que la validation des copines était super importante ?
– Non, répondit-il en arquant un sourcil. C’est ennuyeux, ces produits sans mode d’emploi. On monte toujours un truc à l’envers. »

« Tu crois que tu peux occuper tes copines un instant, qu’elles ne fassent pas attention à moi ?
– Je ne veux pas te vexer, mais Célia n’a d’yeux que pour David et Nour est encore stressée de ne pas avoir compris l’exo de maths. Elles se moquent complètement de toi.
– Ci-gît mon orgueil frappé à mort. Très bien. Assure-toi que ça ne change pas. »

« Super. Amusez-vous bien. Moi, je vais m’entraîner. A un moment, il faudra aussi te préoccuper d’améliorer ta technique à l’escrime, Chloé. Tu es douée, mais tu ne maîtrises pas encore tes nouveaux pouvoirs. A l’occasion, je pourrai te donner un ou deux cours.
– A l’occasion, répondis-je d’une voix que j’espérais détachée. (UN COURS PARTICULIER AVEC DAVID WTF ZOMG CŒUR SUR LUI CŒUR CŒUR – hum). Bonne soirée !
La porte se referma sur lui et je me retournai pour voit Thomas m’observer avec un sourire un peu plus appuyé que d’habitude.
– Tu sais que je peux ressentir tes émotions, hein. Quand tu les projettes comme ça, je me retrouve inexplicablement attiré par David, et ça perturbe un peu mon univers de mâle hétéro.
J’aurais voulu mourir de honte mais comme j’étais déjà morte, bah c’était déjà ça de gagné. »
Le Calme et la Tempête, Olivier Gay.

***

« J’ai abandonné Willa et je me suis cachée dans les toilettes. Assise sur l’abattant, j’ai pleuré jusqu’au cours d’après. Les filles suivaient des règles compliquées et silencieuses. Qui savait que porter des sous-vêtements noirs voulait dire qu’on voulait coucher ? Ou que porter un anneau à l’orteil ou manger une banane dans le couloir voulait dire qu’on était une obsédée ? Pas moi. Je ne comprenais pas non plus qu’une fille qui voulait avoir des relations sexuelles soit une « pute », mais que de la part d’un garçon, ce soit normal. Le proviseur adjoint disait toujours que la jupe de Machine ou de Truc était trop courte et que ça distrayait les garçons. Accuser les filles du comportement des mecs, croire qu’une fille et un garçon désiraient des choses différentes, c’était moyenâgeux. »
Le Dernier saut, Alexandra Sirowy.

 

[2018] Petit bilan de février.

Carnet de lectures.

Rayon romans.

Un lapin peut changer une vie, Sandrine Kao (Syros).
Chez les Ribout, il y a… Agathe, l’aînée indomptable qui, par inadvertance, se retrouve molle comme une guimauve face à un garçon. Mais aussi… Paul, le père, qui fait semblant d’aller travailler et n’ose avouer où il passe réellement ses journées. Emmanuelle, la mère qui dessine des plats mijotés à défaut de pouvoir les cuisiner. Et puis Alicia, la cadette « première de la classe » devenue « paria » à cause d’une sombre histoire de poux. Et last but not least… Django, le lapin qui va tout changer !
Voilà une saga familiale à la fois enjouée, drôle et pétrie de profondes réflexions. En effet, Sandrine Kao s’est intéressée tour à tour à chacun des personnages et aux problèmes qu’ils peuvent rencontrer. Alicia, la plus jeune, est placée contre son gré aux côtés de …, une fillette de la communauté Rom et contre laquelle elle a une pléthore de préjugés (elle qui se pense si bonne !). Agathe, elle, doit se dépêtrer de ses histoires de cœur. Du côté des parents, il faut faire bouillir la marmite, et ce n’est pas toujours évident. J’ai aimé l’attention accordée à chacun des membres de la famille, mais l’histoire, dans l’ensemble, ne m’a guère passionnée. Cela partait bien, mais j’ai trouvé que c’était globalement trop plein de bons sentiments, et de moins en moins crédible au fil de l’avancée. À terme, l’intrigue desservait même le message de tolérance et de bienveillance que semblaient vouloir diffuser les Ribout. Un peu dommage !

Quand vient la vague, Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier (Rageot).
Bouleversée, Nina quitte le domicile familial et jette ses clés dans une bouche d’égout… Quelques mois plus tard, son frère Clément se met à sa recherche. De Lacanau à Bordeaux puis Paris, il découvre la raison de sa fuite, ces « vagues » qui l’ont submergée, l’obligeant à tout quitter.
Ce roman adolescent réunit deux auteurs que j’apprécie mais il faut que j’avoue que la sauce n’a pas vraiment pris, bien que le roman se lise d’une traite ou presque. J’ai apprécié la quête de vérité des personnages, mais le secret n’a guère fait long feu en ce qui me concerne, ce qui fait que l’ensemble a quelque peu manqué de surprises. Néanmoins, c’était intéressant de voir comment un même secret peut avoir des retentissements très différents sur les mêmes membres d’une famille. De plus, les révélations s’enchaînent à bon train et les descriptions donnent envie d’aller se balader du côté de Lacanau !

Le Royaume blessé, tome 1, L’âge des assassins, R. J. Barker.
Girton est l’apprenti de la plus célèbre criminelle des Terres lasses et se destine à une prometteuse carrière d’assassin… même si être affublé d’un pied bot corse légèrement l’affaire. Sa nouvelle mission lui apporte un défi inédit : il s’agit cette fois de sauver une vie. Un mystérieux traître a tenté d’assassiner l’héritier du trône, et Girton et sa maîtresse sont recrutés pour le protéger en secret, ce qui s’avèrera plus facile à dire qu’à faire dans ce milieu de mensonges, faux-semblants et autres complots.
Alors là, je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Franchement, l’histoire avait tout pour me plaire. L’ai-je lu alors que je n’étais pas dans de bonnes dispositions ou l’ai-je tout simplement comparé inconsciemment à L’Ange de la nuit de Brent Weeks (ma référence forever en matière de fantasy à capuches ?). Aucune idée. Toujours est-il que j’ai trouvé le début assez confus et que je ne me suis pas suffisamment impliquée dans l’intrigue… j’ai abandonné. Une lecture que je retenterai peut-être plus tard !

Rayon bulles.

Vies volées, Matz et Mayalen Goust.
Argentine, 1998. Mario est secoué par la révélation de l’affaire des bébés volés pendant la dictature, lui qui ne ressemble pas à ses parents. Accompagné de Santiago, son meilleur ami, il va faire des tests ADN à la clinique. Des tests dont le résultat va bouleverser les vies des deux jeunes hommes.
J’aime beaucoup tout ce qui touche à l’Amérique latine, tout comme les bandes-dessinées scénarisées par Matz. Forcément, le titre de celle-ci m’a attirée et je ne regrette pas, c’est une belle découverte ! Sans surprise, le sujet est assez lourd mais le trait de Mayalen Goust, léger, lui apporte une certaine fraîcheur bienvenue ! L’intrigue est bien menée et montre à quel point l’affaire a pu avoir des répercussions différentes (mais toujours dramatiques) sur les différentes familles. À un certain moment, j’ai trouvé que la quête des personnages prenait un peu le pas sur eux : du coup, ils n’étaient pas toujours suffisamment creusés à mon goût mais, en même temps, l’histoire parvenait à atteindre une certaine universalité (donc ça n’était pas gênant). Comme je le disais au départ, bonne découverte, donc ! Sur le même sujet (ou presque), vous pouvez lire Le Sang des papillons de Vivian Lofiego (qui parle plus des opposants qu’on a enlevés que des bébés) et Mala vida (qui évoque les bébés volés sous la dictature franquiste, en Espagne).

Tops & Flops.

J’ai parlé de trois titres qui ne m’ont pas tellement emballée juste au-dessus, alors on va passer directement à la meilleure découverte du mois, à savoir La Couleur du mensonge, d’Erin Beaty (Lumen).
En vrai, ça partait mal, car le résumé puait la romance à plein nez mais finalement, il était beaucoup plus question d’espionnage et de stratégie que de romance (même si, je ne vais pas mentir, il y en a). J’ai apprécié LE retournement de situation qui change tout dans le bouquin : même si je l’ai vu venir, j’ai trouvé qu’il était suffisamment bien mené pour donner tout même envie d’en savoir plus et de connaître la suite. J’attends désormais le tome 2 avec impatience !

J’ai terminé la nouvelle série de Ben Hatke, j’ai nommé Jack le Téméraire. Encore une fois, c’est un concentré d’aventures, d’amitié, de découvertes et d’univers étranges (on visite cette fois les bas-fonds d’un château truffé de gobelins). Si je suis un peu triste de déjà dire au revoir aux personnages, l’épilogue me laisse espérer une nouvelle série qui, peut-être, fera elle aussi des clins d’œil à Zita, la fille de l’espace – première série de l’auteur que j’aie lue et que je te recommande tout aussi chaudement. Affaire à suivre, donc !

Citations.

« Ils se sentent affreusement coupables, tu sais.
– C’est toujours comme ça. Ce sont pas les pires qui se sentent le plus coupables. C’est une des curiosités de la nature humaine. »
Vies volées, Matz & Mayalen Goust.

« Le manque de Nina est un creux palpitant qu’il sent en permanence dans sa poitrine, comme un cœur manquant, un organe fantôme. Il n’en a découvert l’existence qu’après la disparition de sa sœur. Avant, il ignorait qu’il était heureux. Et depuis, il sait qu’il ne l’est plus. »
Quand vient la vague, Manon Fargetton & Jean-Christophe Tixier.

 

 

[2018] Petit bilan de janvier

Carnet de lectures

Lectures à bulles.

J’ai lu pas mal de bande-dessinées en janvier (je chroniquerai un jour, je chroniquerai !) et, au premier chef, j’ai relu la série Zombillénium, d’Arthur de Pins – j’avais déjà lu les deux premiers tomes, mais le 3 était une découverte. Zombillénium, c’est l’histoire d’un parc d’attractions uniquement tenu par des créatures fantastiques, du directeur aux machinistes du train fantôme. Et dans l’équipe, il y a un démon et une sorcière qui tente de juguler ses pouvoirs démoniaques – pour la faire courte !
Je n’ai pas vu l’adaptation, mais replonger dans cet univers m’en a donné l’envie ; le portrait de l’univers de l’entreprise est certes cinglant, mais franchement bien vu. L’intrigue fantastique, avec ses zombies, ses vampires, sa sorcière et ses démons en goguette tient bien la route et c’est pas la fin du tome 3 qui va donner envie de s’arrêter là !

Gaspard et la malédiction du Prince-Fantôme, Isabelle Dethan (Delcourt, 2017).
Depuis Sur les Terres d’Horus, j’adore le travail d’Isabelle Dethan, donc découvrir son nouveau titre a été une bénédiction, d’autant qu’il mêle traditions de Égypte antique et antiquités égyptiennes du musée du Louvre !
Gaspard est passionnée d’antiquités égyptiennes et profite du fait que son oncle soit gardien au Louvre pour y passer tout son temps. Un jour, il remarque une petite fille qui semble perdue : il s’agit du fantôme d’une fillette égyptienne, dont les affaires mortuaires ont été éparpillées dans le musée… Qu’à cela ne tienne, il va l’aider !
Bon, vous l’avez compris, j’adore le travail d’Isabelle Dethan alors replonger dans ses aquarelles a été un très bon moment : celles-ci sont très colorées et riches en détails et reproduisent à merveille les différentes salles du Louvre ainsi que ce qui y est exposé. L’intrigue, qui mêle fantastique et histoire, tient bien la route et offre suspense, un tas d’informations et émotions. Bref, une chouette BD, accessible aux plus jeunes !

Côté ciné.

Glacé.

Cette série adapte le roman éponyme de Bernard Minier (que je n’ai pas lu, donc je ne me prononcerai pas sur la fidélité de la-dite adaptation). On y suit la capitaine Ziegler et le commandant Servaz, appelés dans un petit bled des Pyrénées où, au petit matin et sous des trombes de flocons, on vient de découvrir le cadavre décapité d’un cheval de prix, accroché à la falaise près d’une centrale hydroélectrique. Parallèlement, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre de haute sécurité psychiatrique qui domine la vallée (et dans lequel croupit, ça tombe bien, l’ennemi intime de Servaz, qu’il a mis sous les verrous quelques années plus tôt).
Voilà une série à regarder sous la couette, vu les tombereaux de neige qui traversent l’écran ! Sans surprise, l’ambiance fait écho au titre : glaciale.
Et ce n’est pas seulement dû à la saison hivernale : cela tient également au centre de haute sécurité psychiatrique, à ses détenus et aux lourds secrets qui semblent empoisser l’atmosphère. Si j’ai apprécié l’ensemble (du moins dans un premier temps), je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer que c’était quand même un brin cliché. Donc oui il y a des flics qui picolent, oui ils sont hyper borderline, évidemment ils enquêtent sur des trucs qui les touchent de bien trop près pour être objectifs, sans surprise il y a des personnages qui enquêtent eux aussi pour leur compte et oui, mille fois oui, le passé des personnages les hante terriblement. De fait, j’ai été tenue en haleine pendant la majeure partie de la série, mais j’avoue que la surenchère de secrets douloureux issus du passé et autres découvertes un brin macabres m’ont un peu perdue sur les derniers épisodes. Du coup, le cheval, ça venait de qui ? Hum, eh bien, j’ai déjà zappé… Malheureusement, en plus de cela, la fin (qui est peut-être celle du roman !) ne m’a pas du tout convaincue. Bonne découverte sur les deux premiers tiers, un peu plus décevante sur la fin.

Bon, en vrai, j’avais regardé Ascension et Dark en décembre, mais je les ai oubliés dans mon p’tit bilan et c’est bien dommage, car il s’agit ni plus ni moins de deux coups de cœur !

Ascension

Avant toute chose, sachez qu’Ascension était (originellement) une mini-série de 6 longs épisodes ; malheureusement, seule la première partie a été portée à l’écran : on a donc bien 6 épisodes, mais ils sont courts et l’histoire finit sur une fin très très très ouverte !
1963. Une mission spatiale secrète est lancée par le gouvernement américain. À son bord, des humains partis pour un voyage d’une centaine d’années, direction Proxima du Centaure, où ils seront chargés d’instaurer une nouvelle colonie. 50 ans plus tard, alors qu’ils approchent du point de non-retour, une jeune femme est mystérieusement assassinée, alors qu’il n’y a pas d’armes à bord… Tout va-t-il pour le mieux à bord de l’Ascension ?
La première chose qui m’a tapé dans l’œil, ce sont les décors et les costumes : on est dans un vaisseau construit dans les années 60 et tout, à bord, est resté dans le jus. Qu’il s’agisse des consoles et écrans, des vêtements que portent les personnages, de leurs idées ou comportements, il y a un contraste qui marche à 100% ! Côté histoire, l’intrigue tient vraiment la route car elle conjugue le huis-clos au côté SF. Je n’en dirai pas trop plus, car ce serait hyper dommage de gâcher l’intrigue, mais je l’ai trouvée absolument palpitante. J’en aurais bien repris 6 épisodes, d’ailleurs, car j’ai eu un coup de foudre pour cette histoire et tout ce qu’elle renferme !

Dark

 

Allemagne, petit village de Winden. Un enfant disparaît sans laisser de traces et, bientôt, tout le village est sur les dents. Où est Mikkel ?
Les familles sont d’autant plus anxieuses que, 33 ans plus tôt, un autre enfant avait disparu. Coïncidence : Mads aurait été l’oncle de Mikkel. Est-il possible que l’histoire se répète ?
La vraie question est-elle « Où est Mikkel » ? Ou bien… « Quand est Mikkel » ?
Deuxième série de décembre et deuxième coup de cœur !
Dark, c’est d’abord une ambiance totalement envoûtante, qui passe par de longs plans figuratifs et une bande-son aux petits oignons (à bien des égards, ça m’a rappelé l’adaptation de The Circle, que j’avais également adorée). J’étais un peu dubitative sur les deux premiers épisodes, que j’avais trouvés un peu énigmatiques mais je me suis quand même totalement laissée prendre par l’ambiance générale, les petites histoires qui commencent à se tisser et surtout les petits indices qui traînent, à droite à gauche, sur les voyages dans le temps (oui, ok, je lâche le pavé dans la mare mais en même temps, dès le premier épisode on commence à en voir !). Au final, j’ai dû me restreindre pour ne pas m’enquiller tous les épisodes d’un coup mais il y a un tel suspens que j’avais salement envie d’en savoir plus ! Gros bon point : la fin est super chouette et annonce une suite sans aucun doute intéressante (du coup, je suis impatiente de la voir).

Tops & Flops.

Deux petits flops ce mois-ci, et un tas de super découvertes. Commençons donc par les premiers !

J’avais déjà lu la première bande-dessinée d’Emma et j’ai enchaîné avec le deuxième volet de la BD Un autre regard. Comme le premier, c’était super intéressant et les strips suscitent des questionnements vraiment passionnants. Ce qui m’a gênée, c’est plus le graphisme assez simple, avec une très importante proportion de page blanche : c’est super adapté à la lecture en strips verticaux sur écran, mais passé en page, c’est un peu moins réussi, je trouve. Donc le fond, super, la forme m’a moins emballée.

Ensuite, j’ai été assez déçue par Ma vie cachée de Becca Fitzpatrick (que j’ai pourtant lu d’une traite parce que, malgré tout, c’était assez prenant). Non, ce qui m’a agacée, c’est que c’était cliché à souhait, que ce soit du point de vue des personnages ou de l’intrigue, alors que l’idée de départ était plutôt pas mal vue. Mauvaise pioche, donc.

Au rang des bonnes découvertes, il a fallu que je fasse des choix !

Ce titre, je l’avais repéré chez des copinautes (Bouchon ou Les Vénérables par exemple), donc je n’ai pas rechigné à le lire car La Fille qui avait bu la Lune, de Kelly Barnhill a été une excellente surprise. L’histoire, si elle n’est pas fondamentalement originale, s’avère extrêmement poétique, pleine d’inventivité et très prenante. Tout en étant accessible aux plus jeunes, c’est pas génial, ça ?!

Ensuite, j’ai enfin attaqué Les Sœurs Carmine d’Ariel Holzl avec le premier tome, Le Complot des corbeaux. J’ai adoré l’histoire des bas-fonds mêlée à la politique et surtout, surtout, le cynisme ambiant et les aventures un brin trash de Merryvère, la cadette des sœurs. J’ai hâte de lire le tome consacré à Tristabelle !

Enfin, en tout début de mois, j’ai lu une super bande-dessinée intitulée La Différence invisible, signée Mademoiselle Caroline et Julie Dachez et qui narre les pérégrinations (et le combat) d’une jeune femme autiste. J’ai adoré les graphismes et plus encore la découverte du quotidien de Marguerite. Et j’ai appris plein de trucs !

Citations.

« Tout le monde est un génie, mais si vous jugez un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide. »
La Différence invisible, Julie Dachez & Mademoiselle Caroline.

***

« Elle s’écarta pour scruter son visage à l’expression narquoise.
– Tu sais, Elend, des fois, c’est franchement difficile de savoir quand tu plaisantes et quand tu dis simplement des bêtises.
– Ce qui me rend plus mystérieux, non ?
– On peut dire ça, admit-elle en se blottissant de nouveau contre lui.
– Eh bien, vois-tu, tu ne comprends pas à quel point c’est intelligent de ma part. Si les gens n’arrivent pas à déterminer quand je me comporte en idiot ou en génie, peut-être qu’ils prendront mes bourdes pour de brillantes manœuvres politiques. »

« Je plaisante, El, reconnut Ham.
– Tu sais, Ham, commenta Brise. La seule chose qui soit drôle avec tes plaisanteries, c’est leur absence quasi constante de toute forme d’humour. »
Le Puits de l’ascension, Brandon Sanderson.

***

« La devise de Grisaille lui revient alors en mémoire : « Quid non occiderem occidisti primum », « Ce qui ne vous tue pas est ce que vous avez tué en premier »… »

« S’ensuivit une échauffourée inscrite sous le matricule « Incident 4752 » dans les archives administratives de la police royale. Les survivants, quant à eux, préféraient s’en souvenir comme « Quinze minutes d’un foutoir sans nom » »
Les Sœurs Carmines, Ariel Holzl.

***

« La patience ne court pas.
Ni ne pousse, ni ne vole, ni ne chancelle.
La patience est l’ondulation de l’océan,
Le soupir de la montagne,
Le froncement du Marécage.
La patience est le chœur des étoiles
Tintant à l’infini… »

« Ce n’est pas parce que tu ne vois pas une chose qu’elle n’existe pas. parmi les choses les plus merveilleuses en ce monde, bon nombre sont invisibles. La foi que l’on place en elles les rend encore plus puissantes et extraordinaires. Tu verras… »

« Une histoire pouvait dire la vérité, elle le savait, mais elle pouvait aussi mentir. Les histoires pouvaient varier, louvoyer et abuser. Maîtriser les histoires, c’était s’octroyer un pouvoir considérable… »

« La petite avait une expression grave, sceptique et intense, si bien que Gherland eut du mal à détourner le regard. Elle avait la chevelure noire et bouclée et les yeux plus sombres encore. La peau lumineuse, tel de l’ambre poli. Au milieu du front, elle portait une marque de naissance en forme de croissant de lune, identique à celle de sa mère. La tradition populaire voulait que ces gens-là soient hors du commun. Gherland détestait le folklore en général, particulièrement lorsque les citoyens du Protectorat se mettaient en tête des idées de grandeur. »
La Fille qui avait bu la lune, Kelly Barnhill.

[2017] Petit bilan de septembre.

Je n’ai pas été très assidue sur les chroniques, en septembre, mais j’ai pas mal lu – et je pense que je vais tout chroniquer, donc pas de carnet de lectures pour cette fois-ci !

Côté ciné.

Barry Seal.

Alors j’avoue, j’étais pas hyper hyper partante pour ce film, parce que je ne suis pas super fan de Tom Cruise. Mais il n’y avait pas grand-chose d’autre au ciné donc, zou, Barry Seal. Et j’ai pas regretté une seconde !
Donc c’est l’histoire de Barry Seal, Adler Berriman Seal, de son vrai nom. Car, oui, Barry Seal est un biopic, consacré à un pilote un brin casse-cou et trafiquant chevronné, travaillant également pour la CIA – en toute simplicité.
Le film dure à peine deux heures, mais ce sont deux petites heures bien remplies : les péripéties foutraques suivent des rebondissements échevelés et viennent tisser une intrigue qui aurait sans aucun doute ressemblé à du grand nawak si seulement ça n’avait pas été adapté d’une histoire vraie. J’ai donc regardé le film avec une sorte d’émerveillement totalement incrédule, me demandant jusqu’où ça allait aller (réponse : assez loin, quand même). Mais ça fonctionne, et c’est tout ce que je demandais. En plus de ça, Tom Cruise fait bien le job, donc ça ne gâche rien – les rôles de fondu du bulbe un poil casse-cou, il maîtrise. Bref, c’était une bonne surprise, je ne me suis pas ennuyée une minute, j’ai même ri à plusieurs reprises. Bon, je vais quand même râler un brin : pourquoi n’avoir pas traduit les parties en espagnol, hormis cette pauvre phrase qui ne changeait rien au schmilblick ? Mystère. Mais à part ça, c’était du fun du début à la fin !

Tops & flops.

Pas de flops ce mois-ci, mais un tas de découvertes hyper chouettes !

On commence avec Sans cœur, le quatrième (et avant-dernier :S) tome de la série Le Protectorat de l’ombrelle, de Gail Carriger qui était aussi drôle et loufoque que ce à quoi je m’attendais – et qui contenait un tas de bonnes nouvelles quant à l’univers, mais que je ne vais pas spoiler ici.

Ensuite j’ai lu The Crime, la suite de The Curse et, si j’ai eu un poil peur de la façon dont les choses avaient l’air de vouloir tourner au départ, Marie Rutkoski est vite revenue à la stratégie et à la politique, ce qui me plaisait nettement plus ! Et ce d’autant que ce tome était, comme le précédent, particulièrement riche en émotions.

Enfin, j’ai lu Erased : Re, le spin-off de la série Erased de Kei Sanbe qui vient clore la série de thriller uchronique sur une note à la fois mélancolique et poétique qui était du plus bel effet. Il n’est pas indispensable de le lire, mais c’était vraiment chouette de tourner ainsi la page de la série.

Citations.

« La voix de la comtesse Nadasdy était aussi chaude que du beurre et tout aussi onctueuse. Elle aurait pu faire rissoler des gens avec, si elle l’avait voulu. »
Sans cœur, Gail Carriger.

***

« Êtes-vous l’un de mes prétendants ? lui demanda-t-elle en le regardant droit dans les yeux.
Il lui rendit son regard. A quoi bon mentir, maintenant ?
– Lady Maria, je combattrais des dragons, je marcherais sur des charbons ardents, je traverserais la Vallée de la Mort, si je pensais avoir la moindre chance de conquérir votre cœur.
Cette déclaration la laissa sans voix. Elle avait grandi dans un monde différent du sien et était habituée aux discours fleuris, pas aux tirades passionnées. Elle comprenait à présent qu’elle avait fait naître chez cet homme droit un sentiment puissant, qui dépassait son contrôle. Il l’aimait de tout son être. »
Belgravia, Julian Fellowes.

***

« En 1900, il y avait trois cent mille éléphants sauvages dans notre pays, et cent mille captifs.
Aujourd’hui, il en reste deux mille toujours libres, et quatre mille sont nos prisonniers.
Combien faudra-t’il de temps pour qu’on ne voie plus une seule grande bête ailleurs que dans les zoos, et puis nulle part, nulle part que dans nos souvenirs ? »
La Loi du Phajaan.

***

« À la guerre, disait son père, les meilleures feintes sont celles qui n’en sont pas. Si tu veux distraire l’ennemi, l’empêcher de remarquer le piège que tu lui tends, les artifices que tu emploies, pour être efficaces, doivent être réels. »
The Crime, Marie Rutkoski.

 

[2017] Petit bilan d’avril.

Je n’ai pas énormément lu au mois d’avril (mais tout était très cool !), du coup, il n’y aura rien dans le carnet de lectures (tout sera chroniqué ou l’a déjà été) !

Côté cinéma.

13 reasons why.

C’était (j’ai l’impression) LA grosse sortie de Netflix de ce début d’année et j’étais assez curieuse de la regarder, ayant lu le livre il y a quelques années. Celui-ci m’avait laissé une très désagréable impression et je m’aperçois que ma chronique d’alors ne reflète qu’à peine le sentiment que j’en garde aujourd’hui – je ne sais pas si j’ai édulcoré à l’époque ou si mon sentiment n’a fait qu’empirer au fil du temps.
Bref. Quoi qu’il en soit, je suis ressortie de la série avec la même impression qu’en refermant le bouquin : que l’on banalisait complètement le suicide et les traumatismes subis par les adolescents (harcèlement scolaire, violences sexuelles, etc). J’ai trouvé le message assez violent et une sorte de détachement assez désagréable (je suis ressortie de là avec le même sentiment qu’à la fin du livre, avec l’idée que le message était : « Ta vie est naze ? Suicide-toi, il n’y a rien d’autre à faire ! »).
Ceci étant, dans cet enchevêtrement de messages contradictoires, il faut noter l’excellent jeu des acteurs et, pour le coup, l’adaptation vraiment excellente. Peut-être que je regarderai à nouveau cette série, plus tard, lorsque j’aurai un peu décoléré.
D’ailleurs, Netflix annonce d’ores et déjà une saison 2 : je suis assez curieuse de savoir ce qu’ils vont faire, surtout que l’histoire est terminée !

Lion.

C’est l’histoire de Saroo, un enfant de 5 ans vivant dans le (tout petit) village de Ganesh Talai (région du Madhya Pradesh), en Inde. Un jour, alors qu’il accompagne son frère aîné, Guddu, dans un petit boulot, il monte dans un train à quai pour dormir blotti sur un siège. Malheureusement, le train démarre durant son sommeil et Saroo se réveille un peu tard. Il voyagera près de deux jours dans le train fermé, jusqu’à la gare de Calcutta. Là, il va errer dans les rues jusqu’à finir dans un orphelinat, où il sera adopté par un couple d’Australiens, les Brierley, chez qui il coulera une enfance heureuse. À l’âge adulte, poussé par l’envie de savoir, il se lance dans la colossale tâche de retrouver sa famille biologique, seulement armé de ses quelques souvenirs visuels, de sa prononciation hasardeuse du nom de son village … et de Google Earth.
Le film est porté par Dev Patel (Saroo adulte) et Sunny Pawar (Saroo enfant) ; c’est assez difficile de ne pas être charmé par la petite bouille et les quenottes de Sunny Pawar et par son histoire tragique. Le film est (sans surprise) incroyablement émouvant car il retrace la douloureuse quête d’identité de Saroo : les petites réussites, les échecs et la façon dont sa recherche va, peu à peu, l’obnubiler et le couper de tout son entourage. ça l’est d’autant plus lorsqu’on se rappelle que tout cela est tiré d’une histoire vraie. D’ailleurs, ça sanglotait sec dans la salle. Un film que je ne regrette pas d’être allée voir !

Citations.

« Je savais que vous nous espionniez.
– Je m’en doutais, répondit la jeune fille, trop excitée pour se sentir coupable. Et, pour ta gouverne, je pense que tu as fait le bon choix. Vous êtes si…
– Je vous rappelle que tout commentaire de votre part sur ma vie sentimentale me donne la permission de discuter garçons avec vous, l’interrompit Sandor. Je compte sur votre discrétion. Ce n’est vraiment pas le moment de révéler ce genre de secret. »
Projet Polaris, Shannon Messenger.

***

« Sa connaissance des livres et de l’histoire de la littérature est extraordinaire, mais j’ai tendance à oublier que tous les amoureux des livres ne sont pas forcément des gens bien. »

« Les énigmes ainsi que les casse-tête étaient amusants, et elle dévorait les livres, mais c’était le côté chasse au trésor qui l’avait rendue accro à ce jeu. Elle aurait pu emprunter des livres à la bibliothèque et acheter des magazines de casse-tête dans les kiosques à journaux. Mais la combinaison des deux avec la chasse en prime était comme de jouer à un jeu de société grandeur nature, avec un livre en récompense. »
Chasseurs de livres #1, Jennifer Chambliss Bertman.  

***

« Nous sommes ceux que personne n’attendait.
Miracle, anomalie, fruit du hasard… Bien des mots ont été prononcés, utilisés pour qualifier notre venue en ce monde – du moins quand vous vous êtes enfin rendu compte de notre présence.
Longtemps nous nous sommes cachés dans le brouillard persistant qui embrumait ce siècle de fer et d’acier. Des silhouettes floues entraperçues l’espace d’un instant avant de disparaître. Le temps de fixer votre regard, de tourner la tête en notre direction, il était trop tard. »
Ferenusia, Cindy van Wilder. 

***

« Et tu trouves ça normal ! La liberté aussi, tu trouves ça normal. Et la mort, pour toi, pour tout le monde ici, c’est injuste. Mais ailleurs dans le monde, c’est la mort qui est normale. Et la vie, c’est un accident ! »

« Il lui paraît déjà inaccessible. Elle n’ose même pas signaler qu’elle est réveillée. Elle se contente de l’observer en secret, pour retarder le plus possible ce moment où il n’y aura plus rien à se dire.
Une pensée étrange lui vient : ce qui sépare le plus deux êtres humains, ce n’est pas l’âge, la langue, la fortune ou la culture.
Ce qui les sépare le plus, c’est la souffrance qu’ils n’ont pas partagée. »
Rage, Orianne Charpentier.

 

[2017] Petit bilan de mars.

Et voilà le mois d’avril ! Le mois de mars a été riche en bonnes découvertes, un peu moins en brèves, en raison du Salon du Livre de Paris ; il a également été l’occasion de revenir sur 10 héroïnes très inspirantes, le 8, pour la journée de lutte pour les droits des femmes. 

Carnet de lectures. 

Rayon romans.

Cœur piment, Les Filles au chocolat #6.5, Cathy Cassidy.
Cette fois, c’est bon, c’est le dernier tome de la saga (et il est tout petit, littéralement : il est physiquement plus petit qu’un poche !). Comme c’est un « spin-off », il n’est pas question d’une des frangines de la fratrie, mais d’Ash, le petit ami d’Honey, qu’elle a rencontré lors de ses vacances chez son père, en Australie. Je me souviens que j’avais beaucoup aimé les aventures d’Honey, car elle se posait des tas de questions et l’ensemble était bien plus mature que les premiers titres. Ash, lui aussi, se pose pas mal de questions car il n’est évidemment pas facile d’être un jeune Australien en couple avec une jeune Britannique. Voyez plutôt :
près avoir passé deux merveilleuses semaines à Tanglewood, avec Honey, Ash a repris son tour du monde. Le voilà maintenant en Europe, direction Paris ! Mais le cœur n’y est plus. Il ne retrouve pas l’excitation de ses premiers mois de voyage : Honey lui manque trop, et sans elle rien n’a plus d’intérêt. Il n’y a que lorsqu’il lui raconte ses visites et ses impressions par mail qu’il se sent heureux. C’est pourquoi la perspective de rentrer bientôt en Australie alors que Honey reste en Angleterre, inquiète Ash… Et si elle finissait par l’oublier ?
Bon, vu que la nouvelle est hyper courte, pas de chichi, on commence direct avec les questionnements intenses du jeune homme, sans aucun détail sur le voyage qu’il a entrepris ou ses aspirations – outre le fait que le-dit voyage a perdu de son intérêt, car il ne fait que penser à sa dulcinée et à la façon dont il lui racontera ses aventures. On retrouve, de fait, ce qu’on avait dans les premiers tomes : une petite histoire légère et mignonne mais certainement pas inoubliable (et sans doute assez dispensable).
Comme toujours, le volume se termine avec un échantillon de recettes en lien avec le titre, ce qui est toujours assez sympa pour les amateurs de pâtisseries !

Nicolas Eymerich, inquisiteur, Valerio Evangelisti (Intégrale, Le Livre de Poche, 2016).
Mars a aussi été synonyme de la lecture d’un énooorme pavé, le premier omnibus des aventures de Nicolas Eymerich, inquisiteur de la Sainte-Inquisition espagnole. Fantasy historique, donc, d’autant que Nicolas Eymerich a réellement existé (et commis un manuel inquisitorial très utilisé par ses pairs). Fantasy historique, mais pas que, car Valerio Evangelisti multiplie les bonds dans le temps et nous emmène à notre époque, dans les années 50, 60 ou 70, où l’on suit des personnages embarqués dans un projet scientifique qui sent le soufre. Et c’est là que l’auteur m’a un peu perdue. Autant je trouvais les allers-retours intéressants, autant ça ne m’a pas particulièrement emballée, tant je trouvais le tout éloigné des préoccupations de notre inquisiteur. Heureusement, les parties plus historiques m’ont totalement embarquée, ce qui fait que la lecture a été un peu en dents de scies. J’ai apprécié le projet, mais je suis restée un peu hermétique à la façon dont l’auteur a mené sa barque. Peut-être que je relirai cette série plus tard, à un autre moment, pour voir si je parviens à m’y plonger un peu mieux.

Rayon albums.

La Soupe au caillou, Clémentine Robach (La Chouette du Cinéma).

La soupe au caillou, vous connaissez ? C’est un grand classique des textes pour enfants. Ici, ce que j’ai trouvé intéressant, c’est d’avoir un double support, papier et numérique (si vous achetez le papier, vous avez forcément le numérique, mais vous pouvez n’acheter que le second). Clémentine Robach a quelque peu revisité le texte initial du conte : outre l’histoire autour de la solidarité et de l’entraide, elle a glissé une légère, mais néanmoins solide, critique de notre société contemporaine (égocentrée et culturellement peu curieuse). La version papier reprend les illustrations du numérique ; quant à la version numérique, interactive, elle propose plusieurs parcours de lecture (lambda, dyslexique, audio), ainsi que des petits jeux (qui ne fonctionnent pas sur toutes les plateformes, donc gare au choix du module de lecture). Je découvrais la collection, mais je garderai un œil sur leurs productions 🙂

Moi j’ai le droit, mais je dois, Elisabeth Brami & Clémence Pénicaud (Seuil Jeunesse). 
Cet album est à mi-chemin entre l’album à lire le soir (ou le matin, ou le midi…) et le petit documentaire. Elisabeth Brami et Clémence Pécaud traitent, tour à tour, des sujets d’importance (droit à l’instruction et à l’éducation, droit de rêver, d’aimer qui on veut, droit de dire non, droit de désobéir, droit à l’intimité, droit à la protection, droit d’expression et d’opinion ou de connaître ses origines…), toujours présentés de la même façon : il y a le droit, le devoir pendant et un scoop révélé. Voici un petit exemple :

« Moi, j’ai le droit de poser toutes les questions, même les plus embarrassantes ou bizarres, aux adultes.
Mais je dois trouver le bon moment pour le faire et accepter que les adultes ne soient pas toujours capables d’y répondre.
SCOOP : les parents ont l’air d’être sourds quand on parle fabrication des bébés, divorce, mort, mais ils ont toujours l’oreille fine pour les gros mots ! ».

Avec ça, les dessins sont hyper aérés, pleins de fraîcheur et apportent souvent un enrichissement (ou un petit contrepoint) au texte. J’ai beaucoup aimé cet album (à mettre entre toutes les petites mains, dès 6 ans), qui présente un très bon manuel de savoir-vivre pour devenir, dans l’ordre, un enfant bien élevé, un élève aimable, un adulte éclairé et un citoyen responsable.

Rayon bulles. 

Geronimo, Matz & Jef (Rue de Sèvres). 
Du même duo, j’avais lu l’année dernière Corps et âme, sur un scénario de Walter Hill. Cette fois, le duo auteur-illustrateur s’attaque à la figure mythique de Geronimo, ce chef indien qu’on a qualifié de « dernier Apache libre ». La BD revient longuement (en 120 pages) sur la vie et le parcours de l’homme, sur ses aspirations, ses réussites, ses échecs. Pour ce que j’en connaissais, la bande-dessinée m’a semblé historiquement assez fidèle à l’histoire de Geronimo et elle traduit bien l’ampleur de la duperie dont ont été victimes les tribus indiennes (chassées de leurs territoires ancestraux, trahies, déportées, etc).
Le scénario est vif et, une fois la B.D. entamée, j’ai eu du mal à m’arrêter. En revanche, côté dessins, j’ai été un peu moins emballée : les traits sont très anguleux et parfois j’ai eu du mal à situer qui était qui ou à comprendre l’action mise en scène. Dans le même rayon biographie historique, et toujours sur un scénario de Matz, j’avais préféré Julio Popper, dessinée par Chemineau (note à moi-même pour de nouvelles lectures).
Ceci étant dit, la B.D. est une belle porte d’entrée sur le sujet des guerres indiennes et sur celui de la colonisation des États-Unis.

Flying witch, tome 1, Chihiro Ishizuka (Nobi nobi).
Après Geronimo, changement total de style avec ce manga jeunesse publié chez Nobi nobi.
À son entrée au lycée, la jeune Makoto quitte la région de Tokyo pour le nord-est du Japon. Hébergée chez ses cousins Kei et Chinatsu, elle découvre les petits plaisirs d’une vie plus proche de la nature, où le temps semble s’écouler plus doucement. Mais le quotidien à la campagne ne s’annonce pas de tout repos pour autant, car Makoto est aussi une apprentie sorcière un peu étourdie !
J’ai été assez emballée par cette lecture, malgré quelques réserves, encore une fois liées au dessin. Celui-ci m’a semblé un peu lisse (façon anime et pas tellement publication papier) et parfois manquant un peu de richesse (au niveau des décors, notamment), ce qui fait que sur certaines pages, je suis un peu restée sur ma faim. Heureusement, l’ambiance est là pour rattraper le coup. Il y a un décalage assez drôle entre l’identité de Makoto et sa vie. Ainsi, on a l’impression que, pour certains, l’existence des sorcières est actée (Makoto essaie un balai en pleine rue) alors que, pour d’autres, c’est la découverte totale. De plus, on s’attache assez vite à la jeune fille car, outre ses pouvoirs magiques, elle est totalement dépourvue de sens de l’orientation, mais dotée d’une étourderie hallucinante. Donc elle vit un tas de mésaventures assez drôles. Finalement, le manga parle presque plus de vie quotidienne que de magie, quoique celle-ci ait droit à deux-trois scènes assez fortes (avec le livreur de printemps ou l’arrivée de la sœur aînée) et, bizarrement, cela fonctionne super bien. Du coup, je suis assez curieuse pour lire la suite.

Tops & Flops. 

Cœur piment, Cathy Cassidy. 
J’ai parlé de celui-ci un peu plus haut, donc je ne vais pas trop détailler. J’ai été un peu déçue que ce ne soit qu’une nouvelle, à peine plus fournie qu’un court chapitre de roman et qu’on en sache aussi peu sur Ash. Du coup, c’était mignon, mais pas franchement inoubliable – c’est d’autant plus dommage, car le volume précédent était vraiment chouette.

Bon, heureusement, les autres découvertes étaient vraiment chouettes.

Fangirl, Rainbow Rowell. 
J’ai sorti ce roman de ma PAL un peu par hasard et mazette ! Mais quelle riche idée ! Car j’ai carrément eu un coup de cœur pour l’histoire de Cath, une étudiante assez timide, auteure de fanfiction et qui a, il faut le reconnaître, une vie un peu mouvementée (même si tout donne l’impression que non). J’ai beaucoup aimé l’alternance entre la vie de Cath et les passages de sa fanfic : c’était surprenant, mais vraiment bien fait. Et ça m’a donné super envie de lire Carry on, qui est sorti depuis, et que j’ai découvert avec un immense plaisir aussi. Doublé gagnant !

Mercy Thompson, tome 8, La Faille de la nuit, Patricia Briggs. 
Mercy Thompson est une de mes séries favorites et ce tome 8 n’a pas dérogé à la règle. L’histoire est prenante dès le premier chapitre et permet, comme souvent, d’en savoir plus sur la mythologie de l’univers créé par Patricia Briggs – et cette fois encore, elle a mis le paquet. On refait, de plus, le lien avec ce qui s’est produit dans le tome 3 d’Alpha et Oméga donc, d’un point de vue politique, c’est tout aussi passionnant. Vivement la suite, donc !

L’Empire des tempêtes, tome 1, Hope & Red, Jon Skovron.
Et encore un bouquin passé à un cheveu du coup de cœur ! J’ai un petit faible pour la fantasy épique et le premier tome de la série de Jon Skovron a su m’emballer. Il y a des pirates (plein), des batailles navales, des courses-poursuites, de la magie ultra glauque à la limite de la technologie, une ville tentaculaire et des personnages hauts en couleur, dont j’ai suivi les aventures avec autant d’intérêt que de passion. J’ai hâte de lire la suite !

Citations.

« J’ai toujours eu un faible pour les femmes méchantes et sournoises. (Adam)
Je fronçai le nez.
– Je savais que tu les aimais sournoises, mais méchantes, je l’ignorais. D’accord. Puisque c’est ça, plus de cookies pour toi. Je les donnerai au reste de la meute.
[…]
– Je ne les aime qu’un petit peu méchantes, confia Adam d’une voix rauque qui accéléra les battements de mon cœur. La rétention de cookies est d’une méchanceté diabolique. »
La Faille de la nuit, Patricia Briggs. 

***

« Le temps qu’elles arrivent à la porte, l’estomac de Cath avait pris pleinement conscience de ce qui se passait et commençait à lui consumer les entrailles. Sa respiration, elle, frôlait de peu l’hyperventilation.
Cath n’arrivait pas pas à croire ce qu’elle était en train de faire : un garçon, une fête, des inconnus, de la bière, des inconnus, une fête, un garçon, d’innombrables contacts visuels. »

« Cath jeta un coup d’oeil en direction de Wren : elle présentait leur père à Jandro. Wren avait l’air d’une poubelle humanoïde, mais Jandro la contemplait comme s’il regardait la Dame du Lac. »

« J’aimerais pourvoir revenir à ce matin où je me suis réveillé ici, pour pouvoir avoir une vraie conversation avec moi-même. On aurait peut-être évité toute cette merde…
– D’ailleurs, si des gens avaient des machines à voyager dans le temps, dit-elle à brûle-pourpoint, tu penses qu’ils les utiliseraient pour voyager dans le futur ou qu’ils se contenteraient de vouloir modifier le passé ? »

« Elle bomba la poitrine. Tout allait bien de ce côté-là ; ça, elle le savait. En tout cas, elle en avait suffisamment pour que personne ne l’ait un jour traitée de planche à pain. Pour autant, elle aurait aimé en avoir un peu plus, histoire d’établir un semblant de cohérence avec ses hanches larges. Qui plus est, cela lui éviterait de devoir consulter la section « Poire » dans les manuels de mode qui vous prodiguaient des conseils en fonction de votre morphotype. Ces manuels essaient toujours de vous faire croire que la mode s’adapte à tout type de physique mais, lorsque votre morphologie se rapproche de celle d’un bonhomme de neige dessiné par un enfant de trois ans, l’argument perd rapidement en crédibilité. »

« Cath dévisagea Reagan. Même sans son maquillage et sa coiffure au point, cette fille était intimidante : rien ne l’effrayait. Rien ne pouvait la faire hésiter. Lui parler, c’était comme se tenir en face d’un train lancé à pleine vitesse. »
Fangirl, Rainbow Rowell.

***

« Un pouvoir incroyable m’a envahi. J’ai l’impression d’être capable de voir sans ouvrir les yeux, de me transformer en nova si j’en ai envie et de posséder ma propre galaxie. Ça fait le même effet, d’être Simon Snow ? Comme si j’avais l’infini dans ma poche ? »

« Partager la chambre de la personne dont tu as le plus envie, c’est comme cohabiter avec le feu. Il t’attire sans cesse. Et tu t’approches trop. Tu sais pourtant qu’il ne faut pas, qu’il n’y a rien de bon à attendre de ça. Mais tu le fais.
Et alors…
Et alors, tu brûles. »

« Et comment je suis censé être au courant de tout ? Il n’y a pas de livre sur la magie, si ? Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la magie : les histoires vraies et toutes les conneries que vous avez toujours crues. »

« Sa baguette magique peine même à sortir les sorts les plus courants et quand, parfois, il tente une métaphore, de façon vicieuse, la formule s’applique au pied de la lettre. Comme quand il a lancé Poils du chien ! à Agatha, en sixième année, pour l’aider à se remettre d’une gueule de bois, et qu’elle s’est retrouvée couverte de poils. Je crois que c’est la dernière fois que Simon a pointé sa baguette vers quelqu’un. Et qu’Agatha a bu. »

« Ça marcherait, sur toi ? ai-je demandé.
– Quoi ?
– Un pieu.
– Je crois qu’un pieu planté dans le cœur tuerait n’importe qui, Snow. »
Carry on, Rainbow Rowell.