Shades of magic #1, Victoria E. Schwab.

Kell est l’un des derniers Visiteurs, des magiciens capables de voyager d’un monde à l’autre. Des mondes, il y en a quatre, dont Londres est le centre à chaque fois. Le nôtre est gris, sans magie d’aucune sorte. Celui de Kell, rouge, et on y respire le merveilleux avec chaque bouffée d’air. Le troisième est blanc : les sortilèges s’y font si rares qu’on s’y coupe la gorge pour voler la moindre incantation. Le dernier est noir, noir comme la mort qui s’y est répandue quand la magie a dévoré tout ce qui s’y trouvait, obligeant les trois autres à couper tout lien avec lui.
Depuis cette contagion, il est interdit de transporter un objet d’un monde à l’autre. C’est pourtant ce que va faire Kell, un chien fou tout juste sorti de l’adolescence, pour défier la famille royale qui l’a pourtant adopté comme son fils, et le prince Rhy, son frère, pour qui il donnerait pourtant sa vie sans hésiter. Et un jour, il commet l’irréparable…

Dès que j’ai entendu parler de la future parution de ce titre, j’ai eu envie de le découvrir : et je n’ai pas du tout été déçue ! J’ai volontairement raccourci le résumé car il s’écoule plusieurs chapitres avant que l’on n’en arrive au point décrit par le résumé officiel. Sachez seulement qu’après avoir commis la fameuse bêtise, Kell va avoir bien du pain sur la planche !

Dès le départ, on plonge dans un univers follement original : imaginez quatre mondes superposés, entre lesquels on passe grâce à des portes magiques, qui peuvent être seulement activées par les Antari… une sorte de magiciens dont il ne reste que deux représentants, Kell, attaché à la couronne du monde rouge, et Holland, attaché à la couronne du monde blanc. Dans le monde gris, pas besoin de magiciens car comme on ne croit pas à la magie chez nous, personne (ou presque) ne sait qu’on peut seulement sauter d’un monde à l’autre. Et en ce qui concerne le monde noir, il a disparu, dévoré par la magie. Chaque monde a donc ses particularités, qui contribuent à créer un univers incroyablement dense.

J’ai donc immédiatement accroché à l’histoire : on y entre par le biais de Kell, jeune magicien prodige adopté par la famille royale et… trafiquant d’objets magiques, ce qui est rigoureusement interdit et punissable de la peine de mort… Tout simplement ! En même temps, on comprend les peines du jeune homme : orphelin, il a du mal à trouver sa place dans la famille royale et compense ce manque par une légère addiction au danger – laquelle va, évidemment, causer tout ses problèmes.

L’intrigue est assez linéaire mais malgré l’absence de sous-intrigues, on ne s’ennuie pas une seule seconde, car l’histoire est vraiment dense.
Elles est littéralement portée par le duo principal, Kell et Lila, qui se complètent bien, que ce soit en termes de compétences, de caractère ou d’idéaux. Néanmoins, ils ne sont pas seuls et côtoient des personnages secondaires que l’on adore adorer (Rhy, Barron…) ou que l’on adore détester (Astrid, Athos…). Au vu des antagonistes, l’histoire peut sembler parfaitement manichéenne mais, heureusement, l’auteure évite cet écueil avec des personnages hyper ambivalents, aux motivations pas toujours claires et aux parcours particulièrement torturés… qu’on ne peut même pas condamner ! Et c’est ce qui permet au roman de n’être pas totalement binaire.
Le roman s’appuie sur un petit nombre de personnages (principaux et secondaires inclus) aux personnalités bien marquées, bien différenciés les uns des autres, et que l’on suit avec plaisir.

Le style est hyper fluide, ce qui n’aide pas à s’arrêter entre deux chapitres. À ce propos, ceux-ci sont assez conséquents, mais divisés en sous-chapitres très digestes et au rythme efficace. Puisque j’en suis aux chapitres, je vais vous parler des décorations des entrées de chapitres, qui reprennent les motifs de la couverture : c’est superbe !
L’autre point qui fait que l’on a du mal à s’arrêter, c’est le rythme de l’intrigue : dans les premiers chapitres, Victoria E. Schwab prend vraiment le temps d’installer les contours de son univers et de ses personnages, ce qui nous permet de bien saisir tous les tenants et aboutissants de l’histoire dans laquelle on plonge. De plus, Kell n’est pas le seul protagoniste de cette introduction ; Lila a, elle aussi, droit à son entrée en piste. Et si l’on sent que les deux risquent d’entrer en contact, ce n’est ni immédiatement, ni bâclé : c’est amené juste comme il faut.

C’est aussi le cas du système de magie sur lequel repose le roman : les révélations sont faites par petites touches, ce qui laisse à la fois le temps de bien intégrer les modalités… et celui de vouloir en savoir bien plus ! La magie des Antari repose en partie sur le sang, les objets liés à leur monde d’origine et quelques formules dans la langue antari. Vu comme cela, ça paraît simple, mais il faut aussi être doué en dessin, choisir le bon objet et savoir faire preuve de conviction. Bref : c’est pas donné au premier venu de savoir se déplacer grâce à la magie. Celle-ci est donc source de convoitise (notamment dans le monde blanc, dans lequel on n’hésite pas à trancher la gorge de son prochain pour aspirer quelques gouttes de magie), ou de danger lorsqu’on s’en sert pour de mauvaises raisons et avec de mauvaises intentions

Voilà, en gros, pourquoi j’ai tellement apprécié ma lecture de ce premier tome de Shades of magic. J’ai plongé dans un univers hyper original et savouré les échanges – souvent caustiques ! – d’un duo bien pensé. L’intrigue, quoique linéaire, est très efficace et donne tout à fait envie d’en savoir plus, ce qui me donne vraiment très envie de lire la suite !

Shades of magic #1, Victoria E. Schwab. Traduit de l’anglais par Sarah Dali.
Lumen, 8 juin 2017, 505 p.

Carry on : grandeur et décadence de Simon Snow, Rainbow Rowell.

Simon Snow déteste cette rentrée. Sa petite amie rompt avec lui ; son professeur préféré l’évite ; et Baz, son insupportable colocataire et ennemi juré, a disparu. Qu’il se trouve à l’école de magie de Watford ne change pas grand-chose. Simon n’a rien, mais vraiment rien de l’Élu. Et pourtant, il faut avancer, car la vie continue…

Lorsque j’ai terminé Fangirl, je n’ai eu qu’une envie : ouvrir immédiatement Carry on, qui venait de sortir et qui est, en fait, le titre de la fanfiction qu’écrit Cath dans Fangirl. Lorsque Rainbow Rowell a mis le point final à Fangirl, elle s’est aperçue qu’elle avait un univers, des personnages et une histoire qui ne demandaient qu’à se déployer. Et voilà donc Carry on, un roman à la limite de l’ovni. On peut le prendre comme un pur roman de fantasy ; on peut le prendre comme la fanfic produite par Cath ; ou alors on peut le lire comme une fanfiction d’Harry PotterCar oui, indéniablement, Carry on est un hommage à l’univers de J.K. Rowling ! Et si la fanfiction vous intrigue, allez lire Fangirl 🙂

En débutant Carry on, on entre dans un univers déjà bien établi. Dans la chronologie des aventures de Simon Snow, le personnage central du roman, Carry on est le tome 8 de la série. Aussi débute-t-on dans un univers dont on découvre peu à peu les codes, au détour d’une phrase ou d’un dialogue. Le fait de débarquer en plein milieu de l’histoire, en quelque sorte, n’est pas franchement gênant car tous les détails nécessaires arrivent à point nommé. Et petit point bonus, il n’est pas nécessaire d’avoir lu Fangirl pour tout comprendre à Carry on !

On pourrait penser, au premier abord, que l’histoire met bien longtemps à démarrer : Simon est revenu à Watford, mais il angoisse car son ennemi juré et cothurne, Baz, est absent. Or, Simon, s’il est soulagé de ne pas craindre de mourir assassiné dans son sommeil, ne peut s’empêcher d’angoisser pour son camarade de chambre : va-t-il seulement bien ? D’un autre côté, c’est le moment où jamais pour lui d’essayer de recoller les morceaux avec Agatha, sa petite amie (ou ex-petite amie ?) qu’il a surprise, juste avant l’été… dans les bras de Baz. Heureusement, il peut compter sur Pénélope, sa meilleure amie et élève particulièrement douée, un de ses plus fervents soutiens.
En fait, l’histoire est vraiment centrée sur les personnages et leurs relations, tout en déployant une intrigue magique à la fois passionnante et bien troussée.

Car l’univers de Simon est menacé par le Humdrum, une créature qui tue la magie à petit feu, laissant derrière elle des zones mortes, empêchant quiconque d’utiliser la magie dans ces endroits-là. Or, plus le temps passe, plus le Humdrum progresse. Et Simon, que l’on pressent pour l’arrêter, ne maîtrise pas le moins du monde sa magie. Du coup, l’histoire est très prenante car si l’on n’est pas en train d’enquêter avec Simon et ses amis sur les façons d’arrêter l’épidémie, on se passionne pour leurs relations, petites bisbilles et autres amourettes.

J’ai parlé en début d’article de l’hommage à Harry Potter : les similitudes ne sont pas franchement difficiles à déceler ! Simon a été élevé chez les humains et on ne lui a révélé ses pouvoirs que tardivement ; son mentor, le directeur de Watford, est assez décrié dans la communauté pour ses idées et a également une part très sombre qu’il cache bien (bien plus que Dumbledore) ; les anciennes familles, dont celle de Baz, qui a des petits airs de Malefoy, sont opposées à l’éducation magique d’enfants issus d’humains ; l’école est située dans un château… j’en passe ! Pourtant, Rainbow Rowell développe des thèmes qui n’apparaissaient pas dans l’oeuvre de J.K. Rowling, ou alors tellement en filigrane qu’on pouvait passer à côté. Ses héros sont matures, majeurs et parlent assez librement de leurs sentiments : sexualité, et notamment homosexualité, sont donc au programme. Et tout cela semble parfaitement naturel, preuve que l’intrigue magique n’accapare pas tout le devant de la scène et que Rainbow Rowell a vraiment soigné ses personnages : ce sont de vrais adolescents, très humains, certes aux prises avec un problème magique de taille, mais qui vivent en même temps des choses tout à fait de leur âge ! De fait, même si l’on vient bien les liens avec Harry Potter, les aventures de Simon Snow ont un petit goût d’inédit particulièrement rafraîchissant.

J’ai donc littéralement dévoré les aventures de Simon et Baz, subjuguée que j’étais par l’univers créé par Rainbow Rowell : l’intrigue est palpitante, que ce soit côté fantasy ou côté romance. Si palpitante que j’ai adoré la romance alors que c’est, habituellement, un genre que je n’apprécie guère. Replonger dans une atmosphère si saturée de magie m’a également replongée dans un de mes plus grands bonheurs de lectrice, ce qui était loin d’être désagréable. Une très belle découverte, donc !

Carry on : grandeur et décadence de Simon Snow, Rainbow Rowell.
Traduit de l’anglais par Catherine Nabokov. Pocket Jeunesse, janvier 2017, 585 p.

Le Pari, Le Noir est ma couleur#1, Olivier Gay.

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Normalement, Alexandre le bad boy du lycée n’aurait jamais prêté attention à Manon l’intello du premier rang. Pourtant, à la suite d’un pari, il a décidé de la séduire.
Normalement, Manon n’aurait jamais toléré qu’Alexandre vole à son secours. Pourtant dans l’obscurité d’une ruelle, sa présence s’est révélée décisive.
Alexandre doit se rendre à l’évidence. Rien n’est normal dans cette histoire.
Manon acceptera-t-elle qu’il entre par effraction dans son univers ?

La fin de l’année 2016 et le début de 2017 ont donc été résolument marqués par la bibliographie d’Olivier Gay ; après avoir découvert Faux frère, vrai secret et La Main de l’empereur, me voilà donc ouvrant enfin – enfin !! – le premier volume du Noir est ma couleur, une série jeunesse encensée sur les blogs. Et à raison ! Et il faut dire que ce roman a fait commencer l’année très fort : première lecture, premier coup de cœur !

Le roman commence comme un roman adolescent un peu classique : on découvre Alexandre, lycéen de 16 ans de son état, très occupé à agacer sa mère avant de rejoindre un lycée dans lequel il fait plutôt partie des gentils amuseurs de la classe que de l’élite étudiante. Au chapitre deux, on attaque de front la fantasy urbaine. Car on y découvre Manon, élève dans la même classe d’Alexandre, en proie à un problème d’eau chaude sous la douche… qu’elle règle spontanément d’un petit coup de magie. En toute simplicité !
Les chapitres sont consacrés en alternance à Alexandre et à Manon ; ceux du premier sont rédigés au présent, tandis que ceux de la seconde sont au passé – pas moyen de confondre les deux voix, donc. Et l’alternance des deux voix nous permet, d’une part, de voir les scènes sous différents angles (et de se rendre compte que les deux personnages n’ont pas toujours les mêmes objectifs ou avis) et, d’autre part, d’instaurer un certain suspens. Car lorsqu’ils sont séparés, on se demande bien ce qu’il est en train d’arriver à l’autre !

Dès le début, Olivier Gay s’attache à nous rendre les personnages proches et sympathiques : j’ai apprécié autant Alexandre la tête-brûlée que Manon la bonne-élève et le contraste entre les deux fonctionne à plein.
Ce qui a également très bien fonctionné pour moi, une fois n’est pas coutume, ce sont les lieux communs de la littérature young-adult. Je vous dis « beau gosse mal léché habitué aux conquêtes » versus « jolie fille qui s’ignore plutôt première de la classe », vous me dites ? Romance ? Mais oui !
Sauf que, pas tout à fait. Ou pas vraiment. Ou pas comme on aurait pu s’y attendre. Au fil des chapitres, Olivier Gay va ainsi recourir à plusieurs clichés qu’il détourne, pour nous proposer une aventure parfaitement ficelée. Car s’il y a rapprochement entre les deux, c’est par pure (ou presque) nécessité. De plus, les deux personnages, sous des dehors d’un classicisme absolu, s’en tirent vraiment bien : car loin de les avoir pensés puissants/très doués/imbattables, Olivier Gay a tissé deux adolescents qui réagissent tout naturellement à ce qui leur arrive (que ce soit dans les péripéties fantastiques ou dans la vie quotidienne). En gros, ce sont de vrais ados. Du coup, ils n’en sont que plus crédibles ! Et ce duo, aussi attachant que réaliste, est vraiment le point fort du roman. Et s’ils semblent un peu cliché sur le papier, ils s’avèrent finalement assez surprenants – d’ailleurs, le plus mignon n’est pas toujours celui que l’on croit, ce qui peut être parfois assez surprenant !

Côté magie, l’auteur s’appuie sur le Spectre des couleurs ; chacune des 7 couleurs de l’arc-en-ciel donne au mage qui les convoque un type de pouvoir différent. Et les mages des couleurs se collettent méchamment avec les mages… noirs, évidemment ! Les seuls à utiliser la 8e couleur, rigoureusement interdite, puisque liée aux forces des ténèbres. Si cette partie-là peut vous sembler un peu déjà vue, la façon dont les mages se gorgent de couleurs pour lancer leurs sortilèges est plutôt originales. Chaque petit détail, surprenant et original, vient constituer un univers à la fois complexe, original et dans lequel on se fond sans aucune difficulté. Dès le départ, j’ai eu l’impression d’évoluer dans un univers à la Pierre Bottero alors que, fondamentalement, les romans ont peut de chose en commun, hormis cette façon de se rendre immédiatement accessible et terriblement attrayants au lecteur. Du coup, c’en était même difficile de le quitter.

Avant de conclure, il faudrait que je parle aussi du style, qui est certainement pour beaucoup dans le fait que j’ai littéralement dévoré ce roman. Celui-ci est alerte, enlevé, volontiers enjoué ou plein d’humour et parvient à instaurer rythme et tensions d’un bout à l’autre du roman.

Le Pari est donc une formidable découverte, qui m’a tenue en haleine de la première à la dernière page. Surtout vu l’ampleur du retournement de situation sur lequel se clôt l’histoire – rebondissement qui donne, évidemment, follement envie de lire la suite. L’intrigue, l’univers à la fois familier et original, le duo attachant, le style, tout concourt à faire de ce premier tome une sacrée réussite, qui plaira autant aux jeunes lecteurs (disons dès 12 ans) qu’à leurs aînés.

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Feu, The Circle #2, Sara B. Elfgren & Mats Strandberg.

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La canicule écrase la ville d’Engelsfors, une vague de chaleur anormale étouffe la forêt environnante. Un phénomène qui inquiète les Élues, dans l’attente de la prochaine attaque des démons. Les jeunes sorcières, ébranlées par les morts qui ont marqué la communauté, doivent encore apprendre à apprivoiser leurs pouvoirs alors que tous leurs repères s’écroulent.
Et le Conseil, loin de les guider, leur intente un procès, alors qu’une étrange animosité à l’encontre des jeunes filles se répand à travers la ville comme une traînée de poudre. Cernées, esseulées, les Élues doivent faire front ensemble, mais les tensions au sein du cercle se font de plus en plus vives.

Le premier tome de cette série, publié il y a trois ans par JC Lattès sous le titre Le Cercle des jeunes élues, avait été un immense coup de cœur. L’annonce de l’arrêt de publication de la série après un seul volume avait donc été une immense déception – mon suédois étant pour le moins inexistant. Heureusement, cette série fait un tabac en Suède et a même été adaptée, donc elle vient d’être reprise par Fleuve – et en poche chez Pocket.

Et franchement, ça en valait la peine ! Il est rare que j’ai des coups de cœur sur tous les tomes d’une série mais là, ce deuxième tome semble faire exception à la règle tant j’ai été emballée par la lecture – malgré un récit au présent, malheureusement plat et lourd, ce qui dessert l’intrigue magistrale.
Feu reprend à peu près là où le premier volume s’arrêtait : c’est l’été et les élues souffrent, comme tout le monde, de l’infernale canicule qui s’est abattue sur Enfgelsfors, tout en stressant à l’idée de l’apocalypse démoniaque à venir. Les problèmes s’accumulent. L’entente entre les filles est loin, très loin, d’être cordiale : Ida est toujours à l’écart et Linnéa a perdu la confiance des autres depuis qu’elles ont découvert qu’elle était capable, depuis quasiment le début, de lire dans leurs pensées. De plus, elles ne maîtrisent toujours pas parfaitement leurs pouvoirs – Minoo ne sait d’ailleurs toujours pas quels sont les siens et s’inquiètent d’être – peut-être – la proie des démons. Or, il semblerait que l’apocalypse soit de plus en plus proche, comme en témoigne l’affliction dont souffre la forêt d’Engelsfors.
Mais tout cela n’est rien comparé aux ennuis qui tombent sur le coin de la figure des filles : le Conseil leur intente un procès en sorcellerie et la ville est subitement prise de folie sous l’influence d’un groupe de pensée positive – qui n’est rien moins qu’une secte.

Comme dans le premier tome, Mats Strandberg et Sara B. Elfgren reprennent leur recette très efficace mêlant fantastique et éléments réalistes. Les cinq filles ont toutes des problèmes d’adolescentes très concrets qui pourront parler aux lecteurs. Ainsi, l’une d’elles, confrontée à la chute brutale de sa cote de popularité, prend conscience du caractère abominable de ses amis, qu’elle avait, jusque-là, choisi d’occulter – parce qu’elle présentait le même. D’autres se découvrent des sentiments amoureux qu’elles ont du mal à accepter, pour diverses raisons. Une autre est confrontée à la dépression d’un de ses proches et à la terrifiante perspective de perdre un membre de sa famille. La dernière voit son cœur être brisé par un sombre crétin et doit également composer avec une ambiance familiale plus qu’électrique qui la mine… Tout cela s’équilibre parfaitement avec l’intrigue fantastique et mieux, les deux fils d’intrigue se nourrissent l’un l’autre, créant un récit complexe et très bien mené.

Et ce qui est intéressant, c’est que les auteurs jouent sur les genres. Le roman prend assez vite des touches de thriller survolté, alimentées par le procès – les filles tentant d’éviter à Anna-Karin une condamnation à mort – et la montée en force de la secte Engelsfors Positif. Alors que les filles refusent de céder à la propagande positiviste de la secte, on assiste à un vrai lavage de cerveau collectif. Les thèmes sont vraiment nombreux mais, comme pour les problèmes que rencontrent les filles dans leurs vies privées, ils viennent nourrir l’intrigue fantastique et l’enrichir de nombreux fils, que l’on suit tous avec autant de plaisir.

Plus on avance, plus les péripéties s’enchaînent à un rythme effréné et contribuent à créer une ambiance de plus en plus sombre. On se surprend à espérer que la situation va s’améliorer, on tremble, on apprécie l’ingéniosité des auteurs et on les déteste cordialement pour certains développements (pourtant logiques et sans doute nécessaires).

Après un excellent premier tome, les auteurs récidivent avec un deuxième tome magistral. Les 768 pages s’avalent sans barguigner, acheminant le lecteur vers un final plein de tension, qui ne fait que donner envie de lire la suite. Alors j’espère que ce nouveau départ permettra à la série de prendre son envol, afin que le troisième et dernier tome soit traduit chez nous !

◊ Dans la même série Le Cercle des jeunes élues (1) ;

The Circle #2, Feu, Sara B. Elfgren & Mats Strandberg. Traduit du suédois par. Fleuve noir (Outrefleuve), mai 2016, 768 p.

Witch Fall, Amber Argyle.

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Par la grâce de leur chant, les sorcières président aux vents et aux marées, à la pluie et aux saisons. La jeune Lilette, élevée loin de sa terre natale suite au naufrage qui a coûté la vie à ses parents, oublie peu à peu les pouvoirs dont elle a hérité. Jusqu’au jour où, contrainte de chanter pour sauver son père adoptif, elle révèle à tous sa véritable nature. Puissante, la jeune sorcière suscite aussitôt convoitise et jalousie.
Mariée de force à un prince, menacée par d’invisibles ennemis, arrachée à son pays d’accueil, la jeune fille se retrouve simple pion sur l’échiquier des puissants. D’autant qu’entre humains et sorcières, la guerre est bel et bien déclarée. Mais Lilette refuse d’être un jouet entre leurs mains, quitte à s’élever contre ses sœurs…

Witch Fall est une préquelle à l’histoire de Senna, narrée dans Witch Song et Witch Born – qu’il n’est pas nécessaire d’avoir lus pour découvrir cet opus puisqu’il n’y est pas question de Senna, mais d’une sorcière qui a vécu bien avant elle.
Sur les traces de Lilette, on découvre le royaume d’Harshen, au sud de l’univers créé par Amber Argyle. Et cet univers est extrêmement riche ! En découvrant les mœurs de l’île sur laquelle a grandi Lilette, ou la cité impériale, bien différentes de ce qu’on a vu au cours des pérégrinations de Senna, difficile de ne pas penser à la Chine antique. Les noms, l’organisation du palais, les descriptions de nourritures (boulettes de riz et rouleaux de printemps abondent), ou de lieux, les mœurs, tout évoque un empire asiatique remanié sauce fantasy. Car, bien sûr, les légendes et mythes qui font l’identité de cette culture sont, eux, inventés, et participent de la richesse de l’ensemble.

Coexistent là-dedans plusieurs bandes, aux intérêts pas forcément convergents. L’intrigue politique de cette préquelle est nettement plus fournie et complexe que celle de la série principale, et pour cause ! On découvre pourquoi et comment les sorcières, d’êtres justes et adulés, sont devenues des parias ! Détentrices de pouvoirs insoupçonnés, les sorcières sont, évidemment très convoitées. Mais leurs talents combinés et leur grande sagesse ne les empêche pas d’être faillibles. Complots, trahisons, corruption, les personnages ne reculent devant aucune bassesse, quel que soit leur bord. De fait, l’intrigue est aussi bien plus sombre que celle des deux autres volumes. Elle est aussi mieux organisée : les aventures de Senna avaient un côté assez linéaire, celles de Lilette sont plus chaotiques. En effet, elle est d’abord enlevée, puis mariée de force, puis récupérée par ses sœurs, et instruite. Avant de découvrir qu’elle a peut-être un rôle à jouer dans ce qui se trame (plutôt que d’être un pion dans le conflit politique opposant les sorcières à Harshen) : vraiment le roman n’usurpe pas ses quelques 500 pages, l’histoire est dense à souhaits et alterne agréablement entre scènes d’actions enlevées, batailles épiques et passages plus reposants. Et la descente aux enfers est parsemée d’embûches. Car avant que la guerre n’éclate, Lilette doit échapper à sa condition pour renouer avec ses sœurs.

Côté personnages, on découvre avec plaisir des personnages un peu plus étoffés que dans la série principale. Lilette évolue au milieu de fortes personnalités avec lesquelles il lui faut composer, qu’il s’agisse de la famille impériale, des sorcières, ou des protecteurs. Et si l’on peut regretter l’opposition un peu manichéenne entre les deux princes (le gentil ex-ami d’enfance versus le méchant mari), on se console avec l’agréable ambiguïté de Jolin.

L’auteur conclue joliment son roman, bien que la fin ressemble à celle qui clôt le diptyque consacré à Senna. Néanmoins, la conclusion est bien amenée et s’inscrit bien dans l’univers de l’histoire : que demander de plus ?

En somme, si la série consacrée à Brusenna est sympathique, cet opus consacré aux pérégrinations de Lilette et à l’histoire des sorcières est meilleur : plus sombre, plus prenant, il semble aussi plus maîtrisé. Point bonus : il peut être lu tout à fait indépendamment des deux précédents – mais pour qui les a lu, d’intéressants parallèles sont établis (comme l’histoire de l’origine des Mettlemots !).

◊ Dans la même série : Witch Song (1) ; Witch Born (2).

Witch Fall, préquelle, Amber Argyle. Traduit de l’anglais par Mathilde Montier et Arnold Petit.
Lumen, septembre 2015, 534 p. 

L’Éveil, Wizards #3, Diane Duane.

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Depuis qu’elle a découvert que sa sœur Nita était une sorcière, Dairine n’a plus qu’une seule idée en tête : rejoindre ce club très fermé ! Elle brûle d’accomplir un acte héroïque qui changerait à jamais la face du monde. Sans se préoccuper des conséquences, elle plonge donc son nez dans le manuel de sorcellerie de sa sœur pour prêter serment. Lorsque, le lendemain matin, les Callahan reçoivent leur nouvel ordinateur, Dairine ne fait ni une, ni deux : elle le déballe, s’empare de la souris… et la voilà partie pour un voyage intergalactique !

Accompagnés de Picchu, l’oiseau doué de prémonition, Kit et Nita vont devoir se lancer, de planète en planète, aux trousses de la jeune insouciante, complètement inconsciente du danger qui la menace. Car c’est le Pouvoir Solitaire, et nul autre, qui l’attend au bout du périple…

Après deux aventures assez différentes l’une de l’autre – le tome 1 couvrait l’initiation de Nita et Kit, le deuxième les envoyait nager dans les abysses – nos deux apprentis sorciers embarquent pour un voyage stellaire loin d’être de tout repos ! Et ce troisième opus est, sans aucun doute, bien plus prenant que les deux premiers.

D’une part parce que Nita et Kit ne sont pas les protagonistes de l’aventure. Non, cette fois, on suit Dairine. La petite sœur de Nita, verte de jalousie à l’idée de ne pas savoir faire les mêmes choses que sa sœur, s’éveille seule à la magie et prononce le Serment. Or, Dairine n’a pas de manuel de sorcellerie. Non, elle a un ordinateur ! Là où Nita trace patiemment diagrammes et pentacles, tout en calculant ses sortilèges au dixième près, Dairine se contente de pianoter sur son clavier et décrivant ses désirs à son ordinateur qui prend les calculs en cours et exécute ses ordres. L’aventure est donc très originale et geek en diable. D’ailleurs, c’est là qu’on atteint une des limites du roman : le vocabulaire est parfois un poil ardu, même si l’on comprend globalement ce qu’il se déroule au fil des pages. D’ailleurs, le fait que le texte ait été révisé n’est pas nécessairement un avantage ici : alors que l’aventure fleure bon les années 80, les références culturelles vont toutes à la culture populaire des années 2000-2010. Le décalage est perceptible, et c’est un peu dommage.

Heureusement, le rythme est au rendez-vous, tout comme dans les aventures précédentes. Car si l’on découvre une nouvelle sorcière dans cette aventure, on comprend surtout que, une fois de plus, Dairine, Nita et Kit sont seuls sur le pont. Mais que font les véritables sorciers émérites ?! Difficile de le savoir, car les justifications avancées par les sorciers assermentés sur leur impossibilité à venir régler les problèmes sont un peu légères. Du coup, l’aventure est trépidante. Car Dairine décide, puisqu’elle en a les capacités, de s’offrir un tour de la galaxie. Après les grandes stars de la Voie Lactée, elle s’offre des astres plus confidentiels avec une seule idée en tête : faire quelque chose de grand. Un bel enthousiasme, qui ne manque pas d’attirer l’attention… notamment celle du Pouvoir Solitaire, qui n’a pas dit son dernier mot, et se ferait bien une petite sorcière en guise de quatre heures.  Raison pour laquelle Nita et Kit sont envoyés récupérer l’imprudente débutante. S’il est dommage qu’on n’ait jamais affaire à des sorciers assermentés, le fait de passer d’un objectif général (sauver le monde) à quelque chose de plus personnel (sauver Dairine) change agréablement. Et, finalement, c’est l’ensemble du volume qui est placé sous un sceau plus personnel. Alors que, jusque-là, la relation d’amitié semblait bien établie entre Nita et Kit, la jeune fille commence à se demander s’ils sont simplement de bons amis, ou s’il pourrait y avoir autre chose entre eux. La réflexion est seulement amorcée ici mais, vu qu’il reste une petite dizaine de tomes, on en saura sûrement plus au volume suivant.

L’Éveil est donc un troisième opus reprenant les ingrédients de tomes précédents : une aventure menée tambour battant et avec enthousiasme, des personnages débrouillards, un style très accessible, une touche d’originalité et une pointe d’humour. Si la balade dans les astres ne laisse pas vraiment la possibilité de développer l’univers et la mythologie de la série, elle permet de découvrir une nouvelle facette de la magie, bien plus technologique que ce que l’on a vu jusque-là. On a hâte de savoir comment magie traditionnelle et magie informatique vont cohabiter dans la suite !

◊ Dans la même série : L’Initiation (1) ; Le Sacrifice (2) ;

 

Wizards #3, L’Éveil, Diane Duane. Traduit de l’anglais par Mathilde Tamae-Bouhon.
Lumen, 2015, 306 p.

Witch Born, Witch Song #2, Amber Argyle.

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Voilà deux mois que Senna se trouve au Refuge, entourée de ses consœurs, qu’elle est parvenue à délivrer de l’emprise de la Sorcière Noire. Mais la victoire leur aura coûté un prix terrifiant : les Gardiennes ont été contraintes de maudire le territoire de Tartennie et, à présent, Brusenna ressent nuit et jours la souffrance de la terre et de ses habitants.
C’est alors qu’une nuit, la jeune fille échappe de peur à une tentative d’enlèvement… Le Refuge, que tous croyaient impénétrable, n’est plus sûr ! Sans compter que, depuis sa rencontre avec les Créatrices, la jeune Apprentie manifeste d’étranges pouvoirs. Elle sent qu’une menace pèse sur ses pairs. Malgré les dangers qui l’attendent, Senna quitte l’île en quête de réponses, soudes aux avertissements de Joshen, son Protecteur. La jeune fille est bien déterminée à lever le voile sur le sombre passé des sorcières.

 

Retour aux aventures pour Brusenna dans ce second volume, qui fait la part belle aux personnages. Si le premier tome était exclusivement centré sur notre jeune sorcière un peu godiche et son protecteur, ici on découvre d’autres figures, et les portraits sont nuancés.
Senna, tout d’abord, est nettement plus mûre et sûre d’elle… et ça ne fait pas de mal ! Joshen, en revanche, reste ce garçon un peu nouille qu’on apprécie ou qu’on déteste suivant les moments – et dans ce volume, croyez bien qu’on adore le déteste aisément. Et le portrait est diablement réussi, car d’un réalisme saisissant, ce qui rend le personnage vraiment touchant, quels que soient les sentiments qu’il nous inspire !
Le clan des Protecteurs s’étoffe avec le très charismatique Reden (qui, à mon avis, est un bien meilleur parti que Joshen. Senna, si tu m’entends…) et le très mystérieux Cord, qui est sans hésitation un des personnages les plus intéressants que l’on croise ; c’est même dommage qu’il ne soit pas plus fouillé, car sa complexité laissait présager du meilleur. Au trio de garde s’ajoute pléthore de protecteurs : si tous ne sont pas aussi fouillés que les trois vedettes, les personnages sont néanmoins suffisamment caractérisés pour ne pas sembler en carton-pâte, ce qui n’est pas désagréable.
Côté sorcières, on apprécie les portraits plus nuancés des maîtresses, qui se révèlent peu à peu : surprises au programme ! Parmi les collègues de Senna, celle qui mérite la palme est probablement Mistin, qui permet de mettre en lumière toutes les contradictions des croyances sorcières… et qui vient nettement d’atténuer le propos et les credo de la caste.

Ces portraits plus nuancés vont de pair avec un univers nettement plus fouillé que dans le premier volume. Cela commence avec la découverte d’un autre clan opposé à celui de Senna, dont l’organisation est particulièrement intéressante et bien pensée, et cela continue avec des secrets bien enfouis qui refont surface. Ces nouveautés viennent remettre en cause l’équilibre présenté jusque-là et, pire, brouiller les frontières entre Bien et Mal. Au fil des découvertes, on ne sait plus trop bien si les Sorcières sont aussi bienveillantes qu’on a voulu nous le faire croire… et c’est ce qui rend la lecture de Witch Born si intéressante. Le premier tome pouvait sembler un peu manichéen, celui-ci est nettement plus complexe, mieux équilibré. En un mot, nettement meilleur !

La magie est également affinée : si le premier volume faisait la part belle aux sorts de végétation, cette fois il y a plus de variété, et on perçoit l’étendue des possibilités des sorcières. Le tir est donc habilement corrigé ! Les scènes d’incantation ont, à nouveau, la part belle, et on ressent nettement l’aspect proprement hypnotique des mélodies entonnées. Le premier tome s’appuyait sur une mythologie originale ; on découvre ici de nouveaux aspects de l’histoire de l’univers : le contexte est riche, fouillé, étayé et sert parfaitement l’intrigue.

Witch Born est aussi plus sombre : les épreuves ne manquent pas, et l’auteur n’épargne ni les personnages, ni le lecteur. On quitte vraiment l’histoire un peu acidulée qui se profilait dans le premier volume, au profit d’un scénario qui gagne en complexité et en mystères. La première partie est assez longue et l’action ne démarre réellement qu’après le premier tiers : pourtant, on ne s’ennuie pas un instant. Le début du roman se déroule au Refuge, qui est également l’école des sorcières, et on découvre Senna dans son environnement naturel… dans lequel elle n’est, finalement, qu’une apprentie comme les autres – avec toutefois quelques facultés particulières.

Malgré cela, il reste encore quelques facilités de scénario, dont une m’a laissée quelque peu dubitative, et certaines péripéties sont malheureusement un peu expédiées, alors qu’elles offraient des ressorts dramatiques époustouflants. C’est dommage ! On aurait aimé s’angoisser encore un peu plus, et ne pas être libérés si vite de l’extrême tension des derniers chapitres. De même, l’intrigue étant absolument centrée sur les personnages, l’aspect politique général des péripéties est un peu survolé : finalement, il manque presque quelques chapitres au roman pour le faire passer de bonne à excellente découverte.

En revanche, ce qui est fort bien mis en valeur, c’est le message écologique sous-jacent, et qui passe fort bien, comme dans le volume précédent. À ce titre, il n’est pas inintéressant de noter que, si le point de départ de l’histoire est similaire à celle du premier tome, le contenu est radicalement différent : pas de redites, et un scénario bien ficelé par-dessus le marché, voilà une suite réussie !

Malgré les quelques facilités relevées, Witch Born se lit d’une traite. Le style est vif, l’intrigue rondement menée, et le mystère bien dosé. Même dans les 200 premières pages, qui ne sont pas marquées par une action trépidante, on n’a pas le temps de s’ennuyer tant il y a à découvrir. L’auteur réussit particulièrement bien les descriptions de nature déchaînée : on a quasiment l’impression de sentir les embruns sur son visage, ou les tempêtes de feuilles déchiquetées produites par les batailles.

En somme, c’est un très bon second volume que voilà. Certes, il y a des facilités et quelques points survolés que l’on déplore, mais le reste est tellement plus étoffé qu’avant que c’est ce qu’on retient en définitive. L’histoire est nettement plus sombre, et le scénario plus maîtrisé. Il s’appuie essentiellement sur des personnages forts, dont les portraits sont développés tout en nuances. L’univers est également approfondi, et on découvre toutes les nouveautés avec plaisir. L’intrigue est particulièrement prenante, et l’histoire s’achève sur une conclusion très satisfaisante. À vrai dire, on aurait volontiers pris quelques chapitres de plus !

◊ Dans la même série : Witch Song (1) ; Witch Fall (préquelle).

Witch Song #2, Witch Born. Amber Argyle. Traduit de l’anglais par Aldéric Gianoly. Lumen, 2015, 535 p.

 

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