TTT #4 : les 10 personnages secondaires les plus mémorables.

Le TTT, kesskeucé ?

Le TTT est un petit rendez-vous hebdomadaire, fixé au mardi, et qui consiste à faire un petit top 10, d’où son nom : Top Ten Tuesday. On y parle, de préférence, de sujets en rapport avec les livres, ou la lecture et ce rendez-vous consiste à lister 10 points (souvent 10 titres) en rapport avec le thème donné.
Initié sur la blogosphère anglosaxonne par The Broke & the Bookish, il a été repris en français par Iani.

TopTenTuesday

Et donc, cette semaine, on planche sur le thème suivant :

les 10 personnages secondaires les plus mémorables.

Après tout, si c’est le personnage principal qui porte l’intrigue, sans un bonsidekick, il ne serait parfois pas grand chose.
Les personnages présentés ici ont plus ou moins d’importance dans les histoires qu’ils peuplent : certains sont à la limite du centre de la scène, d’autres à la limite de la notion de personnage, et tous ont une présence qui les rend, sinon mémorables, au moins très marquants ! Suivant les possibilités, je vous laisse leur description, ou leur première apparition dans le récit avec, éventuellement, une illustration (si elle existe).
Comme toujours, ce petit top partira du dixième, pour arriver gentiment au premier – personnage secondaire le plus mémorable, donc. Un clic sur les couvertures vous mènera à la chronique du roman cité.

10. Xemerius, le démon remuant et caustique (in Bleu saphir, Kerstin Gier).

«Effarée, je reculai aussitôt en m’attendant à voir se précipiter vers nous un curé d’un autre âge, la soutane flottante et le visage courroucé. Mais ce n’était pas le curé qui avait dérangé notre baiser. Ce n’était même personne. C’était juste un petit gargouillot, accroupi sur un banc, qui me regardait, tout aussi ébahi que moi.[…]
Il avait à peu près la taille d’un chat, et son visage ressemblait aussi à celui d’un chat. Mais en plus de ses deux grandes oreilles de lynx pointues, il avait deux cornes rondes au milieu, de petites ailes sur le dos et une longue queue écailleuse de lézard, qui se terminait en triangle et remuait d’excitation.
– Et tu peux aussi me voir ! ajouta-t-il.
Je ne répondis pas.
– Alors, nous ferions mieux de partir, dit Gideon.
– Tu peux me voir et m’entendre ! s’enthousiasma le petit gargouillot.
Il se laissa tomber sur un banc depuis la galerie et se mit à sautiller sur place. Il avait la voix enrouée d’un enfant enrhumé.
– Je l’ai compris tout de suite, poursuivit-il.»
 
«- Est-ce que j’ai l’air d’un chat, esprit de mes deux? s’écria Xemerius.[…] Je ne suis pas un délire. Je suis un démon, dit-il avant de cracher d’excitation un gros paquet d’eau sur le sol. Un démon puissant. Invoqué sous la forme d’une gargouille de pierre par des magiciens et des maître d’oeuvre du XIème siècle de votre ère pour veiller sur le clocher d’une église qui n’existe plus aujourd’hui.»

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Xemerius est le parfait exemple du bon personnage secondaire : d’une part, parce qu’il est extrêmement drôle (alors que les autres personnages sont, au mieux, suprêmement agaçants), d’autre part parce qu’il permet de faire avancer l’intrigue. Heureusement que l’auteur l’a donc intégré au récit !

9. Princesse Arjumand, la chatte qui voyage dans le temps à son insu (in Sans parler du chien, Connie Willis).

«L’avenir de l’humanité était modelé tant par la nature que par le courage, les trahisons et l’amour. Auxquels il convenait d’ajouter les accidents, le hasard, les balles perdues, les télégrammes et les pourboires. Sans oublier les chats.»

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Princesse Arjumand est une chatte de bonne famille de l’époque victorienne, embarquée plus ou moins par erreur par une historienne nostalgique dans le présent. Problème : dans le-dit présent, les chats ont disparu de la surface de la Terre, ce qui risque de provoquer une monstrueuse incongruité temporelle. Lancé dans la mission – et dans l’enquête – Ned Henry est donc chargé de ramener la bestiole à bon port, dans son époque d’origine. Si vous avez un chat, vous verrez immédiatement que l’affaire n’est pas gagnée d’avance. Véritable moteur à l’intrigue, Princesse Arjumand – en digne chat qui se respecte – n’est jamais là où on l’attend, et toujours là où elle ne devrait pas. Les personnages passent beaucoup de temps à lui courir après : moteur de l’intrigue, ressort comique, élément perturbateur et nécessaire au dénouement, voilà un excellent personnage secondaire !

8. L’écharpe d’Ophélie (Les Fiancés de l’hiver, Christelle Dabos).

«Ophélie glissa derrière ses oreilles les mèches de cheveux qui lui roulaient sur le front pour se dégager le visage. Ses lunettes s’éclaircirent sur son nez, dispersant la grisaille qui s’y était accumulée depuis des heures. […] Sur ses épaules, l’écharpe se mit à remuer.
– Tu te réveilles enfin ? la taquina Ophélie.
L’écharpe roula mollement le long de son manteau, changea de position, resserra ses anneaux autour de son cou et ne bougea plus. C’était une très vieille écharpe, elle passait son temps à dormir.»

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L’écharpe d’Ophélie joue un petit, tout petit rôle… mais elle est toujours là, en arrière-plan, et fait quasiment partie du paysage. C’est un personnage secondaire très attachant, et on s’attend à la voir resurgir à chaque détour de page !

7. Sonax, le trafiquant d’objets (Oraisons, Samantha Bailly).

«Il portait une tunique brune qui était réservée aux commerçants de la cité de Lyneroy, à laquelle il avait ajouté des fanfreluches sur les manches et le col. Son visage avait une finesse toute féminine et ses yeux noirs contrastaient avec la poudre rosée qui nacrait ses paupières. La tache de naissance lie-de-vin qui colorait sa joue gauche semblait étrangement assortie à la masse ébouriffée de ses cheveux. […]
– C’est le propriétaire de ce navire, monsieur Sonax Jaspe.
– Nom d’un sang-de-lune, s’exclama la dresseuse d’une voix vibrante de colère. Si je retrouve ce fils de mécréant, je lui trancherai moi-même la gorge ! Vous deux, prévenez le quartier de Lémuran que Sonax est dans les parages. […] Bien. Aileen, Sonax n’est pas le propriétaire ce navire, c’est un homme dangereux et recherché dans les deux royaumes. Il est très malin. Comme c’est un polymorphe, et qu’il s’est débarrassé de l’objet tabou en te le donnant, il a encore réussi à filer.»

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Dans Oraisons, Sonax va et vient, occupant le second plan de temps en temps, et se hissant parfois au premier. Mystérieux, complexe, c’est un personnage étonnant et qui intrigue le lecteur. Il est si complexe que l’auteur lui consacre un spin-off, qui devrait sortir fin 2014, chez Bragelonne !

6. Auri (Chronique du Tueur de Roi, Patrick Rothfuss).

«C’est alors que j’ai entendu le bruit. Un froissement soudain, comme un animal effrayé qui aurait détalé dans la cour. Mais un autre bruit, a suivi, un bruit qu’un écureuil ou un lapin auraient été bien incapable de faire. Un choc solide, aux accents métalliques étouffés, comme si quelqu’un avait laissé tomber une lourde barre de fer.
[…]
Il y a eu un bruissement dans les broussailles et j’ai vu Auri grimper à l’arbre aussi agilement qu’un écureuil. Puis elle a couru le long du toit et s’est arrêtée net à une dizaine de mètres de moi.
J’avais cru deviner qu’Auri était un peu plus âgée que moi, mais elle n’avait sans doute pas plus de vingt ans et je la dominais d’une bonne tête. Elle était vêtue de haillons qui laissaient ses bras et ses jambes nus et était très mince. En partie en raison de son ossature gracile mais surtout parce qu’elle n’était pas bien grasse. Elle avait les joues creuses et les bras aussi frêles que des brindilles. Et ses cheveux longs étaient si fins qu’ils flottaient derrière elle comme un nuage.
Cela m’avait pris pas mal de temps pour la faire sortir de sa cachette. Je me doutais bien que quelqu’un m’écoutait depuis la cour lorsque je jouais du luth, mais il m’avait fallu près de deux espans avant de pouvoir seulement l’apercevoir. Quand j’ai compris qu’elle devait être à moitié affamée, j’ai commencé à lui apporter tout ce que je pouvais du Mess pour le laisser à sa portée. Malgré tout, cela avait encore bien pris un autre espan pour qu’elle ose me rejoindre sur le toit où je jouais. […] Elle était vive et enthousiaste. […] Elle n’aimait cependant ni les espaces ouverts, ni les lumières vives, ni les gens. […] Quand je lui avais demandé son nom, elle avait bondi dans sa cachette et n’en était pas sortie avant plusieurs jours.
Alors j’avais choisi de l’appeler Auri. Mais au plus profond de mon cœur, je pensais à elle comme à ma petite fée lunaire.»

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Dans Chronique du Tueur de roi, Auri est un personnage très fugace. Mystérieuse, secrète, elle va et vient au fil du récit. Comme Kvothe, on se surprend à la chercher dans l’ombre des cheminés, ou au faîte des toits. Auri est le petit rayon lunaire qui vient illuminer les nuits de Kvothe : fantasque, imprévisible, elle est néanmoins centrale, et le récit aurait eu nettement moins de saveur sans sa discrète présence.

5. Fafnir, le sort à tête chercheuse de Jasper (A comme Association, Erik L’Homme & Pierre Bottero).

«Je dis : pilier, libère la porte de l’au-delà et la pierre arc-en-ciel ! Et vous, porte de l’au-delà et pierre arc-en-ciel, naviguez au-delà des frontières, dans le ciel de poussière, trouvez l’assassin utilisant le cruel rayon de lumière ! Je vous remercie !»
La fumée au-dessus du chaudron s’épaissit rapidement. Des teintes dorées font leur apparition et colorent le ruban qui prend de la consistance.
Le sortilège s’enroule autour du pilier à la manière d’un lierre puis grimpe jusqu’au plafond, où il disparaît aussi facilement qu’un fantôme traverse un mur.»

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Fafnir apparaît dans Là où les mots n’existent pas, le cinquième tome de A comme Association. Fafnir débute comme un petit ruban de lumière dorée, que Jasper lance sur les traces de l’homme au Taser. Hébergé dans une clef USB, puis dans un scarabée-bijou, Fafnir n’est jamais bien loin de Jasper ou, s’il l’est, il se charge d’informer le jeune homme des situations qu’il ne peut surveiller. Le sort-espion permet donc de faire progresser l’intrigue de façon cohérente, et originale.
Fafnir ne parle pas, mais sait s’exprimer par les moyens à sa disposition. Comme Jasper, on s’attache très vite à lui.

4. Aoro (Ellana, Pierre Bottero).

«-Holà, voyageur, ah non, pardon, voyageuse !
Un homme venait de se pla
nter au milieu de la piste, bras écartés pour interdire le passage.
D’un coup d’œil, Ellana s’assura qu’il était seul puis elle arrêta sa monture.
– Que veux-tu ? demanda-t-elle.
– Une voyageuse, et jeune de surcroît ! s’exclama l’inconnu. Je me prénomme Aoro et je suis un bandit de grand chemin. Dépourvu  du moindre sens moral et capable d’une incroyable cruauté, je détrousse sans vergogne les malheureux qui ont la malchance de croiser ma route. Je leur dérobe or et bijoux et quand un matamore s’avise de vouloir résister, je lui passe ma rapière à travers le corps. Les dames frémissent en me voyant et… pourquoi riez-vous ?
Ellana s’essuya les yeux et attendit que son fou rire soit calmé pour répondre :
– J’aurais peut-être dû feindre la terreur mais tu es si ridicule que je n’ai pas réussi.
[…]
– C’est … c’est merveilleux ! s’exclama Aoro en se juchant sur le cheval […]. Comment s’appelle-t-il ?
– Son maître n’a pas eu le temps de me le dire et comme je ne le reverrai jamais, c’est à toi de le décider. Tu prendras bien soin de lui, d’accord ?
– Vous pouvez compter sur moi, madame.
– Madame ?
– Euh…
– Quel âge as-tu, Aoro ?
– Dix-neuf. Bientôt vingt. Pourquoi ?
– Pour rien. Je te souhaite bonne route.
– Bonne route à vous aussi, madame.
Ellana ferma les yeux une seconde puis choisit d’éclater de rire. Prenant cela pour un ordre, Remous commença à avancer. Elle n’intervint pas mais se retourna une dernière fois.
– Aoro ?
– Oui, madame ?
Je ne doute pas que le monde t’appartienne un jour mais laisse les autres en profiter un peu, d’accord ?»

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Faux bandit de grand chemin, vrai romantique (au sens littéraire du terme) au grand cœur, Aoro est un personnage secondaire délicieux. On le retrouve de temps en temps avec grand plaisir : sa faconde, ses discours alambiqués, et ses rêves de conquête le rendent aussi drôle qu’attachant. Il cadre tout à fait avec l’univers d’Ellana, et le rôle qu’il tient lui va à merveille ! On se passerait difficilement de ce beau parleur.

3. Licorne et Dragon (Darkwood, S. R. Green).

«Juché sur sa licorne, le prince Rupert supportait stoïquement la pluie battante qui l’accompagnait sur le chemin de Touffebois. […] Plus ça allait, plus Rupert était de méchante humeur. C’est ce moment que choisit la licorne pour trébucher.
– Du calme ! cria le prince.
La licorne eut un reniflement de mépris.
– Facile à dire pour toi. Tu restes tranquillement assis pendant que je me tape tout le travail. Ton armure pèse des tonnes. J’ai un de ces maux de dos…
– Je suis en selle depuis trois semaines, rappela Rupert sans compassion. Moi, ce n’est pas mon dos, qui me tracasse.
La licorne ricana et s’arrêta net, manquant désarçonner le prince. Rupert se rattrapa à la longue corne torsadée.
– Pourquoi on s’arrête ? La piste est trop boueuse, peut-être ? Tu as peur de te salir les sabots ?
– Si tu continues à faire l’intéressant, tu vas te retrouver à pied, le prévint la licorne. Au cas où tu n’aurais pas remarqué, il y a une grande toile d’araignée en travers du chemin.
– Et tu veux que je m’en occupe, j’imagine ?
– Ce serait gentil, oui. Tu sais que je n’aime pas les araignées.
[…]
– Rupert…, souffla la licorne.
– Laisse-moi deviner. On nous regarde ?
– Gagné.
[…]
– Licorne, dit [Rupert] doucement en scrutant l’ombre où il avait aperçu le démon, tu ferais mieux de trouver un arbre derrière lequel te cacher, histoire de rester loin du combat. Je ne voudrais pas qu’il t’arrive malheur.
– Et moi donc, répondit une voix étouffée.
La licorne s’était déjà réfugiée derrière un tronc épais, à bonne distance.
– Merci beaucoup, soupira Rupert. Et si j’avais besoin de ton aide ?
– Ce serait très gênant, répondit la licorne, parce que je ne bougerai pas d’ici. Je reconnais les démons à l’odeur. Tu sais, ils mangent les licornes…
– Ils mangent n’importe quoi.
– Ce qui inclut les licornes.»

«- Monstre impie ! Moi, Prince Rupert du royaume de la Forêt, je te défie ! Viens te battre !
Le silence s’éternisa, et une voix grave s’éleva au fond de la caverne.
– Pardon ?
Se sentant légèrement ridicule, le prince répéta son défi. Le silence s’éternisa encore, et Rupert se mit en position de combat quand le dragon émergea des ténèbres, obstruant le passage de sa masse imposante. De longues ailes membraneuses enveloppaient la créature comme une cape d’émeraude, achevées devant sa poitrine par des serres aux griffes effroyables. Long d’au moins dix mètres de la gueule à la queue, couvert d’écailles scintillantes, le dragon dominait le prince et l’étudiait de ses yeux verts. Quand Rupert leva son épée, le dragon lui lança un grand sourire, dévoilant des dizaines de crocs acérés.
[…] [Rupert] rejoignit le dragon qui l’attendait dans une grande caverne de pierre, de cent cinquante mètres de diamètre. Sur les murs s’étalait la plus grande collection de papillons naturalisés que Rupert ait jamais vue.
– Je croyais que les dragons amassaient l’or et l’argent, dit Rupert en désignant les centaines de vitrines.
Le dragon haussa les épaules, mais des étincelles dansèrent dans ses narines.
– Certains, oui. D’autres s’intéressent aux pierres précieuses. Moi, c’est les papillons. C’est aussi beau, vous ne trouvez pas ?»

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Sans surprise, Licorne est la monture du valeureux prince Rupert : peureux, ronchon, peu coopératif, l’équidé est loin du topos de la licorne pure, blanche, héroïque. Même chose avec Dragon : il n’accumule pas d’or, il collectionne les papillons. Il ne mange pas d’humains, crache rarement du feu, et est terrorisé par la princesse dont il a la garde.
On pourrait penser que l’aventure, vue comme ça, est très mal partie, mais c’est un peu le concept de La Nuit de la lune bleue : une fantasy décalée, où tous les clichés sont utilisés, réutilisés, retournés, tournés en dérision. C’est rafraîchissant, et les personnages secondaires y sont pour beaucoup !

2. Calcifer (Le Château de Hurle, D. W. Jones).


Enchaîné à la cheminée du château de Hurle (Aoru dans le dessin animé de Myazaki), Calcifer est le démon du feu qui permet au château ambulant de déambuler. Lorsque Sophie, envoûtée par la sorcière du Désert (des Landes dans le dessin animé) débarque au château, il conclut un pacte avec elle : si elle trouve et dénoue le contrat qui le lie à Hurle, il l’aidera à se défaire de son envoûtement.
Étant un démon, Calcifer n’est pas particulièrement réglo sur les termes du marché et, on s’en doute, essaie d’arnaquer tout le monde. C’est un personnage caustique, parfois grinçant, souvent de mauvaise foi et de mauvaise volonté. Pourtant, c’est un personnage très attachant et nul doute que le roman (et l’adaptation) auraient eu moins de saveur sans sa présence.

And, last but not least, si je puis dire….

1. Le Professeur Rogue (Harry Potter, J.K. Rowling).

«Le professeur Quirrell, avec son turban ridicule, parlait à l’un de ses collègues, un homme aux cheveux noirs et gras, le nez crochu, le teint cireux.
Tout se passa en un éclair. Le professeur au nez crochu regarda Harry dans les yeux et celui-ci ressentit aussitôt une douleur aiguë fulgurante, à l’endroit de sa cicatrice.
– Aïe ! s’écria Harry en se plaquant une main sur le front.
– Qu’est-ce qu’il y a ? s’inquiéta Percy.
– R… rien…
La douleur avait disparu aussi vite qu’elle était venue. En revanche, Harry n’arrivait pas à chasser la sensation qu’il avait éprouvée en croisant le regard du professeur – la sensation que cet homme ne l’aimait vraiment pas.
– Qui c’est, le prof qui parle avec Quirrell ? demanda-t-il à Percy.
– Tu connais déjà Quirell ? Pas étonnant qu’il ait l’air si nerveux, l’autre, c’est le professeur Rogue. Il est chargé des cours de potions, mais ça ne lui plaît pas. Tout le monde sait qu’il essaye de prendre la place de Quirrell. Il en connaît un rayon en magie noire, ce Rogue.
Harry observa longuement le professeur Rogue, mais celui-ci ne tourna plus les yeux vers lui. »
«Rogue acheva de faire l’appel et releva la tête. Ses yeux étaient aussi noirs que ceux de Hagrid mais ils n’avaient pas la même chaleur. Ils étaient vides et froids comme l’entrée d’un tunnel.
– Vous êtes ici pour apprendre la science subtile et l’art rigoureux de la préparation des potions, dit-il.
Sa voix était à peine plus élevée qu’un murmure, mais on entendait distinctement chaque mot. Tout comme le professeur McGonagall, Rogue avait le don de maintenir sans effort le silence dans une salle de classe.
– Ici, on ne s’amuse pas à agiter des baguettes magiques, je m’attends donc à ce que vous ne compreniez pas grand-chose à la beauté d’un chaudron qui bouillonne doucement en laissant échapper des volutes scintillantes, ni à la délicatesse d’un liquide qui s’insinue dans les veines d’un homme pour ensorceler peu à peu son esprit et lui emprisonner les sens… Je pourrais vous apprendre à mettre la gloire en bouteille, à distiller la grandeur, et même à enfermer la mort dans un flacon si vous étiez autre chose qu’une de ces bandes de cornichons à qui je dispense habituellement mes cours.
Cette entrée en matière fuit suivie d’un long silence. »

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Ah, ce cher Rogue… (Snape en V.O.). Maître des Potions, c’est un adepte reconnu du côté Obscur : dès le départ, il déteste Harry, qui le lui rend bien.
Rogue est un personnage fouillé, complexe, et éminemment intéressant -mon préféré de la saga, pour ne rien vous cacher. On le déteste bien vite, se demandant quelles sombres pensées se massent derrière ce grand front pâle et ce que cache ce nez crochu. Tel un oiseau de mauvais augure, Rogue hante les couloirs de Poudlard, sa cape noire claquant sèchement derrière lui. Il est omniscient, partial, désagréable terrifiant. Et pourtant…
Pourtant, Rogue est certainement un des personnages les plus humains de la série. Je ne m’étendrai pas ici sur son histoire, sa psychologie, ou son destin, histoire de ne pas spoiler ceux qui ne connaîtraient pas la saga. Je dirai juste que la dernière scène où on l’aperçoit dans le livre m’a laissée avec un amer sentiment de défaite. Severus Rogue a très très largement mérité la première place : d’aucuns diront que non, il n’est pas secondaire, qu’il est un personnage principal mais, dans Harry Potter, les personnages principaux sont 3, de mon point de vue ; les autres sont des personnages secondaires importants, et Rogue est le plus mémorable de tous.

Et vous, quel est le personnage secondaire que vous avez trouvé le plus mémorable ?

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25 commentaires sur “TTT #4 : les 10 personnages secondaires les plus mémorables.

  1. Mariejuliet dit :

    Joliii! Pour ma part ça demandait trop de réflexion. 

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    • Sia dit :

      Merci ! Hum, en fait, j’ai commencé l’article le 6 août, dès que le thème est sorti, parce que c’était un peu long (et j’ai pas réussi à récupérer tous les bouquins, d’ailleurs !).

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  2. souris dit :

    La plupart je n’ai pas lu les livres, pour Harry Potter j’aurais mis tous les personnages mais je me suis contentée de Ron et Hermione 😉 Jolie TTT  A bientôt

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  3. solessor dit :

    Je ne les connais pas tous, mais je dois dire que pour Rogue et Calcifer je plussoie ! 😉

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  4. Mypianocanta dit :

    J’en connais bien peu dans ton Top mais je plussoie totalement pour Rogue 🙂

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    • Sia dit :

      Ce sont des livres que j’ai lus assez récemment (ou relus). Rogue, c’est le premier personnage auquel j’ai pensé, donc il a eu droit à la 1ère place, sans aucune hésitation !

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  5. Mypianocanta dit :

    C’est marrant parce que finalement le premier à qui j’ai pensé, je ne l’ai pas mis : c’était McGonagall 😀

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    • Sia dit :

      Ah, j’ai pensé à elle aussi mais non, j’ai gardé Rogue ! En revanche, mon T.T.T a longtemps été un top 5 (heureusement que j’avais commencé bien à l’avance !).

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  6. Awalie dit :

    Joli TTT !^^ Nous n’avons aucun personnage en commun… pourtant, nous en avons des lectures en commun ! Donc ça aurait pu !^^ Bonne semaine 😉

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  7. Absolument d’accord pour Sonax, Calcifer et Rogue 🙂 !

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  8. Arwen dit :

    Joli top ! Tu as du mettre beaucoup de temps je n’ai pas ton courage ! ^^ Pour Rogue je le détestais au début mais quand je l’ai réellement découvert j’ai réalisé que c’était un personnage fort et vraiment indispensable à l’histoire. 

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  9. Cece dit :

    Oh ! Le professeeur Rogue ! *w* Si je ne m’étais pas mis une limite de deux personnages je crois que j’aurais pu remplir le top ten avec seulement l’univers de Harry Potter hé hé C’est le seul que je connaisse dans ton top ten en fait (honte à moi ?). Je note le titre « Les fiancés de l’hiver » qui me tentait déjà bien, mais si en plus une écharpe vaut d’être dans un top je dois lire ça 😉

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    • Sia dit :

      Je me suis limitée à un personnage par roman, sauf pour La Nuit de la Lune Bleue vu que Licorne et Dragon fonctionnent un peu en miroir. Sinon, je crois que j’aurais également mis plein de personnages de Harry Potter, comme Dobby, Neville, ou McGonagall (et bien d’autres encore, trop pour tous les citer). Il n’y a pas de honte à ne pas connaître des livres : il y en a bien trop pour qu’on les connaisse tous ! J’espère que Les Fiancés de l’hiver te plaira !

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  10. Cranberries dit :

    Apparemment c’est vrai qu’on a rien en commun dans ce TTT à part Rogue. Et je suis d’accord avec toi à tout point de vue ! Pour moi aussi les personnages principaux sont trois dans la série, et Rogue est le premier des personnages secondaires ! Moi aussi j’adore cet homme hyper mystérieux et tout ce qu’il représente dans les livres.   Par contre, je n’ai lu aucun autre livre de ton TTT à part la saga Rouge Rubis, et je suis d’accord avec toi sur Xémérius ! Il m’a souvent fait rire dans la saga, et j’avoue qu’il a tout de même son importance 😀

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  11. Carlie dit :

    Je suis bien d’accord avec toi pour Aoro… Quand à bleu saphir, c’est la suite de rouge rubis, non? Rouge rubis traîne dans ma bibliothèque depuis longtemps mais je ne l’ai jamais lu…. Je devrais peut être m’y mettre…  Au fait, j’aime beaucoup le design de ton blog! 

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    • Sia dit :

      Merci Carlie ! Bleu saphir est bien la suite de Rouge rubis, en effet ! J’ai trouvé de bonnes idées dedans, mais ça ne m’a pas passionnée plus que ça, j’espère que tu accrocheras plus que moi !

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  12. Zina dit :

    C’est vrai que la Princesse Arjumand m’a bien fait rire 😉

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  13. […] ! ♥ Mais, a priori, vous le saviez déjà. Je l’adore car il est sur le fil du rasoir jusqu’à la fin, entre Bien et Mal, et […]

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