La Pâle Lumière des ténèbres, Erik L’Homme.

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Jasper, jeune lycéen parisien et cornemuseur dans un groupe de rock médiéval, fréquente depuis peu le 13, rue du Horla, l’adresse ultra secrète de l’Association. L’organisation (secrète) a repéré chez lui des aptitudes certaines pour la magie et lui a proposé de devenir agent stagiaire. Armé d’une bombe lacrymogène au jus d’ail, d’un soleil en boîte et d’un humour bien à lui, Jasper est envoyé chez les vampires pour enquêter sur un trafic de drogue. Attention au retour du jet d’ail !

Jasper, 15 ans, est jeune stagiaire à l’Association… qui gère les relations entre humains Normaux, créatures Anormales, et individus Paranormaux. De temps en temps, il va au lycée, aussi. Grâce à ses parents toujours absents (son père court les réunions d’affaires de par le monde, sa mère enchaîne les stages folkloriques), il a toute latitude pour utiliser leur immense appartement… et s’y livrer à la magie. Car oui, Jasper est un mage, et un érudit: polyglotte, il maîtrise aussi bien le quenya que les runes, lesquelles se plient à sa volonté lorsqu’il en a besoin.

Lorsque l’Association le charge d’enquêter sur un trafic de drogue au sein de la communauté vampire, Jasper n’hésite pas une seule seconde! C’est donc dans une rue balayée par un vent venu des tréfonds de l’enfer que le jeune homme s’avance vaillamment, le regard tendu vers les ténèbres où s’agitent mille monstres tourmentés, méprisant la peur et bravant les signes de danger innombrables. Eh oui, car en plus de maîtriser les arcanes, Jasper est un poète dans l’âme.
C’est donc de pied ferme qu’il attend son vampire dealer, à l’angle de la rue Bram Stoker, et du passage Murnau. Cela ne s’invente pas. Vous l’aurez compris, La Pâle Lumière des ténèbres est un petit bijou de clins d’œil, références, et autres calembours -que Jasper affectionne tout particulièrement d’ailleurs. C’est armé de son attirail de magicien sur le terrain (gros sel, runes, minéraux et herbes en poudre) et de son humour aussi décapant que très particulier qu’il affronte les créatures de la nuit… et le regard d’Ombe. Autre Agent Stagiaire, la belle fait battre son cœur aussi vite qu’elle distribue les paires de claques. Jasper n’en rate pas une pour essayer de se faire remarquer par l’agent de choc qui, de son côté, semble plutôt dépitée par les piètres exploits du jeune magicien, qu’ils soient magiques ou humoristiques.

Outre un humour sous-jacent très prononcé, ce premier tome est riche en actions, rebondissements, annonces alléchantes quant à la suite. L’auteur joue avec les codes de différents genres (fantasy, polar, aventure) et les mélange joyeusement tout en les détournant. Il en résulte un mélange extrêmement divertissant et aussi incroyable qu’inqualifiable, très justement souligné par un héros qui ne répond pas non plus aux canons du héros héroïque, tant il peut s’avérer maladroit et doté d’un humour douteux. Mais c’est également un jeune homme responsable, qui ne recule pas devant le danger quand il s’agit d’accomplir sa mission ; l’équilibre entre ses facettes est donc savamment obtenu et contribue à la réussite de l’ouvrage. Le récit, très rythmé, est dynamique et, quel que soit le contexte, Jasper le porte à la perfection. C’est un jeune homme très attachant, qui a fait son éducation tout seul (du moins semble-t-il) et sait attirer et garder l’attention du lecteur en étant tour à tour comique, ou sérieux.

Ce tome inaugural fut un gros coup de cœur, et je le relis très régulièrement, avec grand plaisir, que ce soit pour rire (on trouve toujours de nouvelles références auxquelles on n’avait pas pensé à la lecture précédente), pour l’aventure, bien menée et au suspens bien dosé, ou pour l’écriture et ses magnifiques jeux de mots, où l’on sent que l’auteur s’est fait plaisir à manier les mots et l’humour : ce style presque jubilatoire laisse une saveur bien agréable une fois le roman achevé, et qui invite donc à la relecture immodérée.

◊ Dans la même série : Les Limites obscures de la magie (2)
L’Étoffe fragile du monde (3)
Le Subtil parfum du soufre  (4)
Là où les mots n’existent pas (5)
Ce qui dort dans la nuit (6)
Car nos cœurs sont hantés  (7)
Le Regard brûlant des étoiles (8).

 A comme Association #1 : La Pâle Lumière des ténèbres, Erik L’Homme. Éditions Gallimard Jeunesse, 2010, 153 p.
9,5 / 10.

ABC Critiques 2011-2012 Babelio : lettre L.

 

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2 commentaires sur “La Pâle Lumière des ténèbres, Erik L’Homme.

  1. […] donné envie de lire la suite). L’épisode 2 est consacré à une de mes séries favorites : A comme Association ! Et Hrodwulf en parle extrêmement bien, avec une analyse hyper fine et pertinente (petit conseil […]

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  2. […] Livre des Etoiles et Les Maîtres des Brisants ont été des lectures de jeunesse et, A comme Association a marqué bien des moments enchanteurs. Il n’y a, à ma connaissance, pas de titre annoncé […]

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