Brèves de comptoir #237

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Mardi : titres en lice pour le prix Babelio 2020 !

Le prix Babelio récompense 10 titres, dans 10 catégories différentes, parus entre octobre de l’année précédente et mai de l’année en cours. Le jury se compose des utilisateurs du site ; chaque catégorie présente les 10 titres les plus populaires sur Babelio (soit les dix livres les plus ajoutés dans des bibliothèques de lecteurs). Les votes sont ouverts jusqu’au 2 juin et les lauréats seront annoncés le 19.

Voici les titres en lice pour les catégories Imaginaire et Jeunes adultes (car il y a pas mal d’imaginaire dedans). Les autres titres sont visibles ici.

Imaginaire :

Je suis fille de rage, Jean-Laurent Del Socorro (Actusf)
Les Chroniques de St-Mary, tome 4 : Une trace dans le temps, Jodi Taylor (HC Editions)
Nécropolitains, Rodolphe Casso (Critic)
Les Miracles du Bazar Namiya, Keigo Higashino (Actes Sud)
Les Livres d’Emmett Farmer, Bridget Collins (Lattès)
Journal d’un AssaSynth, tome 4 : Stratégie de sortie, Martha Wells (L’Atalante)
La Piste de cendres, Emmanuel Chastellière (Critic)
Vita Nostra, tome 1 : Les Métamorphoses, Marina et Sergueï Diatchenko (L’Atalante)
Rois du Monde, tome 5 : Chasse royale partie 4, Curée chaude, Jean-Philippe Jaworski (Les Moutons électriques)
Jardins de poussière, Ken Liu (Le Bélial’).

Jeunes adultes :

Les Brumes de Cendrelune, tome 1 : Le Jardin des âmes, Georgia Caldera (J’ai Lu)
Aurora squad, tome 1, Amie Kaufman
Et le désert disparaîtra, Marie Pavlenko (Flammarion)
Romance, Arnaud Cathrine (R. Laffont)
Falalalala, Emilie Chazerand (Sarbacane)
Heartstopper, tome 1 : Deux garçons. Une rencontre, Alice Oseman (Hachette)
Chronique des Cinq Trônes, tome 1 : Moitiés d’âme, Anthelme Hauchecorne (Gulf Stream).
Extincta, Victor Dixen (R. Laffont)
Killing november, tome 1, Adriana Mather (Pocket jeunesse).
La Faucheuse, tome 3 : Le Glas, Neal Shusterman (R. Laffont).

Pour voir les titres en lice pour toutes les autres catégories, c’est ici !

Mardi encore : la SF, une littérature intelligente !

Jeanne Gosselin signe sur Daily Geek Show un article en faveur de la science-fiction, intitulé La Science-fiction, une littérature intelligente, loin des clichés qui lui sont attribués. C’est à lire ici !

Mercredi : les finalistes du prix Bob Morane !

Le prix Bob Morane récompense une œuvre de fiction publiée dans l’année du prix en cours (en pratique : du 1er avril au 31 mars de l’année suivante) ; il a été créé en 1999 par Marc Bailly, en hommage au personnage fictif d’Henri Vernes, créé en 1953, que vous connaissez peut-être par le biais des romans ou des bandes-dessinés dont il est le héros (à défaut, vous avez peut-être entendu la chanson d’Indochine). Comme Bob Morane a exploré tous les genres possibles et imaginables, la sélection est à son image.
Et voici les finalistes de cette année !

Romans francophones :

Gwenn Ael : Les Mutilés, Évidence Éditions
Barbéri Jacques : L’Enfer des masques, La Volte
Serge Brussolo : Anatomik, Bragelonne
Sandrine Destombes : Madame B, Hugo
Catherine Dufour : Danse avec les lutins, L’Atalante
Karine Giebel : Ce que tu as fait de moi, Belfond

Romans traduits :

Katherine Arden : L’Ours et le rossignol, Éditions Denoël (traduit par Jacques Collin)
Robert Anson Heinlein : Waldo, Le Belial’ (traduit par Pierre-Paul Durastanti)
Stephen King : L’Outsider, Albin Michel (traduit par Jean Esch)
Kim Stanley Robinson : Aurora, Bragelonne (traduit par Florence Dolisi)
Martha Wells : Journal d’un assasynth, l’Atalante (traduit par Mathilde Montier)

Nouvelles :

Christophe Corthouts-Collins : Mémoires vivaces, Évidence Éditions
Lionel Davoust : Contes hybrides, Éditions Mille Cent Quinze
Bruno Pochesci : L’Espace, le temps et au-delà, Flatland
Tade Thompson : Les Meurtres de Molly Southbourne, Le Bélial’

Coup de cœur :

Jean-Pierre Andrevon : Anthologie des dystopies, les mondes indésirables de la littérature et du cinéma, Vendémiaire
Xavier Maumejean & Didier Graffet : Effluvium, Bragelonne
♥ Tolkien, voyage en Terre du milieu, le catalogue de l’exposition publié par la BNF

Pour retrouver les présélections successives, ça se passe là.

Mercredi encore : antidépresseur ou personnage tolkinien ?

À vous de jouer ici pour tester votre connaissance des personnages de Tolkien (ou de la pharmacopée) ! J’ai réussi à afficher un score de 19/24 au premier essai, je n’étais pas peu fière 😀

Jeudi : dans les coulisses des Imaginales 2020 !

En raison de la crise sanitaire, du confinement, et autres joyeusetés, il n’y a pas eu d’Imaginales cette année (à mon grand dam, car je ne suis pas sûre de pouvoir y être l’année prochaine). L’équipe d’Elbakin s’est entretenue avec Stéphane Wieser, le directeur du festival, à propos de cette édition fantôme.

Vendredi : concours de scénarios de JDR !

L’association Nickel organise son deuxième concours de scénario de JDR. Thème : Mettez en avant une légende locale autour des créatures de la nuit. Vampire, Loup-Garou, Fantôme, Sorcière, Mort-Vivant ou encore Chasseur de monstres, plongez les joueurs au cœur de la Légende !
Deadline : 4 septembre 2020. Le règlement complet est lisible ici, les informations autour du concours ici.

Vendredi encore : les lauréats du prix BSFA 2020 !

Le prix British Science Fiction est un prix littéraire créé en 1970 par la British Science Fiction Association et récompensant des œuvres de science-fiction. Les prix sont décernés chaque année lors des conventions nationales de science-fiction britanniques (Eastercon) suite aux votes des membres de l’association. Voici les lauréats pour l’année 2020 :

Meilleur roman :  Children of Ruin, Adrian Tchaikovsky (Tor).
Meilleure nouvelle :  This is How You Lose the Time War, Amal El-Mohtar & Max Gladstone (Jo Fletcher).
Meilleure non-fiction :  The Pleasant Profession of Robert A. Heinlein, Farah Mendlesohn (Unbound).
Meilleure illustration : Couverture du livre Wourism and Other Stories by Ian Whates, Chris Baker (Luna).

Les autres titres en lice sont visibles ici.

 

Bon dimanche !

La Mort ou la Gloire, Wyld #1, Nicholas Eames.

Clay Cooper et ses hommes étaient jadis les meilleurs des meilleurs, la bande de mercenaires la plus crainte et la plus renommée de ce côté-ci des Terres du Wyld – de véritables stars adulées de leurs fans. Pourtant leurs jours de gloire sont loin. Les redoutables guerriers se sont perdus de vue. Ils ont vieilli, se sont épaissis et ont abusé de la bouteille – pas forcément dans cet ordre, d’ailleurs.
Mais un jour, un ancien compagnon se présente à la porte de Clay et le supplie de l’aider à sauver sa fille, prisonnière d’une cité assiégée par une horde de monstres sanguinaires. Même si cela revient à se lancer dans une mission que seuls les plus braves et les plus inconscients seraient capables d’accepter. Le temps est venu de reformer le groupe… et de repartir en tournée.

Quand j’ai tourné la dernière page de ce roman (en fin d’année dernière, en majorité durant un voyage épique – de 12h…- en train), je me suis dit que cela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu un roman de fantasy aussi déjanté, marrant et bien mené !

Premier point qui m’a éminemment plu : la bande de guerriers que l’on suit. Alors qu’on a l’habitude, en fantasy, de côtoyer des guerriers fringants, on a là affaire à une roquebande (une bande de mercenaires) de vieux croulants. La gloire de Saga est loin derrière les membres qui la composent et ceux-ci n’ont pas tous hyper bien veilli. On est donc plus dans l’ambiance arthrose et tours de rein que dans la fringance. Et ça fonctionne vraiment super bien, en plus de changer un peu des poncifs du genre.
Pourtant, c’est aussi au chapitre des personnages que se situe mon seul point de râlerie. Franchement, ça manque de personnages féminins ! Alors, pour être honnête, il y en a. Mais bouh, il y avait une réduction sur les clichés ou bien ? Hormis Jane qui tire son épingle du lot (mais n’est pas follement présente), les autres sont caricaturales à souhait : prenez les méchantes Disney et vous aurez une petite idée de ce à quoi on a affaire côté gent féminine. J’espère que le tome 2 est un peu mieux loti de ce point de vue-là …

Hormis ce point-là, je dois quand même reconnaître que je me suis bien amusée dans cette lecture. Déjà parce que le roman ressemble à un album de métal ou de hard-rock. Les bandes de mercenaires sont appelées des roquebandes, elles sont cornaquées par des managers qui leur organisent des tournées triomphales. Elles sont pourvues de bardes qui chantent leurs mérites (et meurent plus souvent qu’à leur tour) et, une fois par an, elles se retrouvent dans un immense festival, simplement appelé… La Route du Roque. C’est vraiment cet aspect qui donne à l’intrigue tout son sel. Soyons honnêtes, en dehors de cela, on est plutôt dans de la fantasy hyper classique, avec un récit très linéaire, agréablement rythmé par ce qu’il faut de scènes d’actions, de descriptions et de moments plus calmes. Rien de neuf sous le soleil, mais l’ambiance générale donne vraiment l’impression que l’auteur a su faire du neuf avec du vieux – et qu’il a fait ça bien, en plus. Il aligne moult créatures classiques comme plus originales (les druines, par exemple, des hommes aux oreilles de lapin qui, malgré cela, font preuve d’une certaine classe) et un mélange entre univers médiéval (on se bat à l’épée, on circule à cheval ou en chariot) et aspects plus novateurs (comme des vaisseaux se déplaçant avec des moteurs assez spécifiques).

« Pourquoi êtes-vous venus à Kaladar ? demanda Gabriel. Pour exhiber vos peintures faciales ? Vos nouveaux tatouages ? Vos cheveux teints ? Ou êtes-vous venus pour trouver autre chose ? Une roquebande ? Un manager ? La célébrité ? La gloire, peut-être ?
En entendant le mot « gloire », Clay eut l’impression qu’on soufflait sur les braises qui lui brûlaient le ventre. Quelle importance s’il était vieux ? S’il était fatigué ? S’il s’était rassasié plus souvent qu’à son tour en buvant au calice de la victoire et de la renommée ? Un guerrier entendant le mot « gloire » était comme un chien entendant le mot « promenade » : il se mettait aussitôt à remuer la queue.»

Il faut également noter que le rythme des péripéties est particulièrement enlevé, l’auteur n’hésitant pas à jeter ses personnages dans des situations toutes plus improbables les unes que les autres. À certains endroits, je me suis demandé si je n’étais pas en train de suivre une partie de jeu de rôle, tant j’avais l’impression d’une part, d’être remise entre les mains d’un maître du jeu machiavélique et, d’autre part, de subir des décisions prises au dé.  Mais aussi incroyable cela puisse-t-il paraître, cela fonctionne parfaitement ainsi. Le côté exagéré de certaines péripéties colle parfaitement à l’ambiance générale.

Celle-ci, malgré le tragique de la quête (les mercenaires partent quand même traverser une forêt dangereuse pour tenter d’enrayer un siège…), fait la part belle à l’humour. Les réparties cinglantes fusent et certains personnages, malgré une vraie profondeur, assurent le côté comique de l’entreprise (le sorcier Moog, pour ne citer que lui. Même s’il est tout entier accaparé par sa recherche d’un remède à une maladie dégénérative, c’est difficile de s’ennuyer avec lui).

« Admire ! Les Silk Arrows ! Comme tu peux le voir, j’ai vachement recruté. Au fait, t’as vraiment une sale gueule. Qu’est-ce qui t’est arrivé à la tronche ?
Clay haussa les épaules.
– Je suis né comme ça.
– Ta mère gardait une hache entre les jambes ? L’idée est intéressante. ça tiendrait les mecs à distance.
Barrett éclata de rire.
– Je l’aime bien, cette môme, dit-il.»

Nos personnages n’étant plus de toute première fraîcheur, ils croisent fatalement des roquebandes un peu plus gaillardes et pleines d’allant, ce qui ne manque pas d’occasionner quelques affrontements mi-bon enfant, mi-prétentieux. Évidemment, c’était mieux avant, du temps de Saga et des autres roquebandes légendaires, lorsque les mercenaires partaient la fleur à la flamberge tatanner du monstre dans le Coeur du Wyld. Les petits jeunes d’aujourd’hui se contentent d’affronter des monstres sous-alimentés dans des arènes gigantesques (dont l’entrée est évidemment payante). Sous couvert d’action trépidantes et de bastons interminables, il y a donc quelques petites réflexions qui affleurent, comme ça, et c’est bien agréable.

Bonne découverte, donc, que ce début de saga. J’ai aimé suivre des personnages vieillissants avec les aléas que cela implique (genoux qui craquent, dos qui se bloquent en plein combat), embarqués dans une quête héroïque et complètement désespérée. Malgré le classicisme de l’ensemble, l’intrigue qui ressemble à la tournée d’un groupe de hard rock, les péripéties façon jeu de rôle et l’humour bien présent rendent le tout hyper prenant. Mon seul regret tiendra aux personnages féminins que j’ai trouvés assez mauvais dans l’ensemble, l’auteur ayant manifestement privilégié l’option « méchantes Disney », ce qui est un peu dommage. Hormis cet aspect du roman, j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman qui a, en outre, le bon goût de proposer une véritable fin.

Wyld #1 : La Mort ou la Gloire, Nicholas Eames. Traduit de l’anglais (Canada) par Olivier Debernard.
Bragelonne, octobre 2019, 576 p.

Point bonus : il y a une playlist créée par l’auteur pour accompagner le roman !

Red Flag, Feed #3, Mira Grant.

2041, Amérique post-zombie. La cabale secrète qui détient le pouvoir dans l’ombre se porte bien. On ne peut pas en dire autant des blogueurs qui ont osé révéler la vérité à la population. À peine sortis des griffes de leurs ennemis, Shaun Mason et son équipe sont de nouveau sur le sentier de la guerre. Le temps leur est compté, et les obstacles s’avèrent nombreux : une meute de savants fous, une administration politique corrompue et même un ours zombie. Une chose est sûre, dans l’Amérique d’après le Jour des Morts : la situation peut toujours empirer.

C’est plutôt rare que j’enchaîne les tomes de séries mais une fois n’est pas coutume, je n’ai pas fait de pause entre les deux derniers volumes de la série.
A l’issue de ce tome 3, avec lequel j’ai passé un bon moment, je dois quand même reconnaître que le premier restera dans ma mémoire comme le meilleur de la trilogie.

Attention, il y a des spoilers dans cette chronique. La conclusion est sûre !

Alors qu’un an s’était écoulé entre les deux premiers tomes, celui-ci reprend immédiatement après la fin du tome 2 (lequel finissait, en plus, sur un cliffhanger pas possible). Dans le tome précédent, je n’avais pas toujours trouvé Shaun hyper convaincant comme narrateur. Cette fois, l’autrice a choisi une narration alternée entre Georgia et Shaun, qui amène un certain suspense et fonctionne plutôt bien. Du moins jusqu’à ce que les personnages soient réunis. Car là, il y a eu à mon goût trop de scènes répétitives. Je vois bien l’intérêt de montrer de part et d’autre comment sont perçus les événements, mais répéter au mot près sans grand ajout (hormis quelques verbes d’incise) la scène lue précédemment n’est pas hyper passionnant. Pire, il y a même une scène où il ne se passe pas la même chose… Alors que l’une dit qu’un personnage tiers lui « tend les mains », l’autre narrateur parle carrément d’une chaleureuse accolade. On n’est pas exactement sur le même registre.
De fait, les répétitions m’ont un peu gênée dans ce volume. Car il y a en a également dans les explications. Or, celles-ci ne sont pas toujours très complètes – ou convaincantes – et ce n’est pas en les répétant mot pour mot que cela les rend meilleures. J’avais l’impression de retrouver ma prof de maths de seconde qui, à une demande de réexplication d’un point, répétait inlassablement les mêmes phrases. Spoiler alert : ça ne fonctionne pas dans la vraie vie, dans les livres non plus.
Par ailleurs, il faut reconnaître que les voix des personnages sont parfaitement indissociables. Ce qui fait qu’à partir de la réunion, le nom du narrateur apparaît subitement en haut des chapitres. C’est certes pratique… mais un peu artificiel – et c’est dommage.

J’ai également regretté que les personnages les plus détaillés soient Shaun et Georgia, car les personnages secondaires valent vraiment le coup. Vraiment, j’aurais adoré qu’Alaric, Maggie, Mahir et Becks (même si elle devient caricaturale sur la fin) prennent un poil plus de place dans la narration car à de nombreux moments, je les ai trouvés nettement plus passionnants que le duo de tête.

Autre point qui m’a quelque peu désappointée, c’est le tour pris par l’intrigue. J’avais adoré le premier tome, dont l’intrigue était très politique. Cet aspect était clairement estompé dans le deuxième et là… il est pour ainsi dire absent. Plus l’on avance dans la trilogie, plus l’on tourne vers une conspiration mondiale orchestrée par de mauvaises personnes, pour de mauvaises raisons, et que nos personnages vont tâcher de faire tomber. Or, ce n’est pas follement réaliste. Certes, le CCPM maîtrise le clonage. Autant je vois l’utilité de dépenser des mille et des cents pour cloner la Première Dame et faire ainsi pression sur le Président, autant cloner une blogueuse, certes renommée, j’ai un peu plus de mal à adhérer. Georgia est-elle si influente que cela ? On lit certes des extraits des blogs de toute l’équipe, mais le fait que la narration se fasse en première personne, par les protagonistes eux-mêmes, nous empêche de savoir ce qu’en pense leurs lecteurs et donc de se faire une idée de la réelle influence du personnage. D’où une certaine circonspection de ma part quant au plan hautement machiavélique du CCPM.

Malgré tout cela, j’ai quand même passé un très bon moment de lecture, car il faut reconnaître à l’autrice une plume entraînante et un bon dosage entre les rebondissements. C’est assez difficile de s’ennuyer, car les péripéties s’enchaînent à bon train. Le style est hyper fluide, ce qui fait que j’ai enchaîné les chapitres sans barguigner. Pour mon plus grand plaisir, il y a un peu plus de combats contre des zombies que dans le volume précédent, ce qui induit des scènes très rythmées. Comme dans les aventures précédentes, il y a de l’humour, un brin de cynisme et des réparties cinglantes qui portent le récit.
Pour l’anecdote, j’ai quand même halluciné devant les quantités industrielles de Coca qu’ils ingurgitent au fil des chapitres (une cannette minimum par chapitre quand même). À leur place, plus que les zombies, je pense que je craindrais plus l’hyperglycémie et les dommages sur les organes internes…

Des trois tomes, ce sera donc celui que j’ai le moins aimé, essentiellement à cause de la transformation de l’intrigue, très politique et réfléchie du départ, à une sorte de récit block-buster qui ne nécessite pas vraiment de s’interroger sur les conséquences de ce qu’il se passe. Néanmoins, le rythme reste très prenant, ce qui rend le récit palpitant et permet d’oublier que l’intrigue est nettement moins bien construite que dans le début de la série. Malgré tout, c’est quand même une série que je recommande, d’une part parce que c’est fun, d’autre part parce que, vraiment, le début est génialissime et vaut le coup d’être lu !

◊ Dans la même série : Feed (1) ; Deadline (2).

Feed #3 : Red Flag, Mira Grant. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Benoît Domis.
Bragelonne, janvier 2014, 501 p.

Brèves de comptoir #236

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : le bestiaire de The Witcher !

Netflix s’attarde sur les inspirations d’Andrzej Sapkowski (et des scénaristes) pour les créatures rencontrées dans la première moitié de la saison 1.


Mardi : les lauréats du prix Vampires & Sorcières 2020 !

Après deux ans d’absence, c’est le grand retour des V&S Awards ! Pour ce millésime 2020 l’équipe a réalisé une sélection de ses titres préférés de l’année 2019 et c’est aux lecteurs que revient la charge de choisir qui sera sacré dans chaque catégorie. Les titres en lice sont visibles ici et voici les lauréats 2020 par catégorie :

Fantasy et urban fantasy : Dans l’ombre de Paris, Morgan of Glencoe.
Science-fiction : Les Furtifs, Alain Damasio.
Fantastique : Je suis fille de rage, Jean-Laurent Del Socorro.
Graphique et beaux livres : Noces d’écailles, Anthelme Hauchecorne
Recueil et anthologie : Contes et récits du Paris des merveilles, Pierre Pevel.
Illustration : Xavier Collette pour Contes et récits du Paris des merveilles
Série SFFF : The Witcher
Film SFFF : Joker, Todd Phillips.

N’hésitez pas à aller regarder sur le site, pour connaître la répartition des voix au sein de chaque catégorie !

Mardi encore : la SF au service de l’analyse du réel !

Cet entretien avec Raphaël Granier de Cassagnac, réalisé par Cécile Danjou et Julien Le Corre est à lire sur Soon soon soon.

Mercredi : cinq sagas cultes de fantasy pour s’évader !

Cette sélection d’Hubert Prolongeau est à retrouver sur Télérama.

(PS : je crois que je n’aurais cité aucune des cinq 😀 )

Jeudi : tous les Prix Imaginales 2020 !

Prix Imaginales :

Créé en mai 2002, à l’initiative de la Ville d’Epinal, le Prix Imaginales est le premier prix exclusivement consacré à la fantasy en France. Il récompense à la fois des écrivains, des illustrateurs, des essayistes ou des traducteurs. Un jury composé de journalistes, de critiques et de spécialistes départage les meilleures œuvres de fantasy dans six catégories ; les six lauréats reçoivent un prix doté.
L’annonce des prix se fait début mai, afin de pouvoir, dans la mesure du possible, accueillir les auteurs récompensés aux Imaginales à Épinal. Voici les lauréats :

Roman francophone : Catherine DUFOUR, Danse avec les lutins (L’Atalante)
Roman étranger traduit : Marina et Sergueï DIATCHENKO, Vita Nostra – Les Métamorphoses 1 (L’Atalante)  traduction : Denis SAVINE
♥ Roman jeunesse francophone : Flore VESCO, L’Estrange malaventure de Mirella (L’École des loisirs)
Illustration : François BARANGER, Les Montagnes hallucinées 1 (Bragelonne)
Nouvelle : Thomas GEHA, Chuchoteurs du dragon et autres murmures (Elenya)
Prix Spécial du jury : S.T. JOSHI, Lovecraft je suis providence tomes 1 et 2 (ActuSF)
♥ Prix Imaginales de la BD : Stéphane FERT, Peau de Mille Bêtes (Delcourt Soleil BD)
Prix Imaginales de la BD – prix spécial du jury : Georges BESS, Bram Stoker Dracula (Glénat BD)

Les autres titres en lice sont visibles ici.

Prix Imaginales des Ecoliers :

En raison du confinement, les écoliers n’ont pas pu voter pour leur titre préféré ; le vote est donc reporté au 30 juin.

Prix Imaginales des Collégiens :

Créé en 2009, le Prix Imaginales des Collégiens, PIC pour les intimes, a pour but de promouvoir les littératures de l’imaginaire auprès du jeune public, en lui proposant des sélections riches et variées. Tous les ans, les collégiens sont appelés à voter pour leur titre préféré, qui se voit attribuer la prestigieuse récompense au cours des Imaginales (Épinal).
Et cette année, il revient à Carina Rozenfeld pour Je peux te voir (Gulf Stream) ! Les autres titres en lice sont visibles ici.

Prix Imaginales des Lycéens :

Le Prix Imaginales des Lycéens, PIL pour les intimes, a pour but de promouvoir les littératures de l’imaginaire auprès du jeune public, en lui proposant des sélections riches et variées. Tous les ans depuis 2005, les lycéens sont appelés à voter pour leur titre préféré, qui se voit attribuer la prestigieuse récompense au cours des Imaginales.
Cette année, il récompense Victor Dixen pour Cogito (R. Laffont) ! Les autres titres en lice sont visibles ici.

Prix Imaginales des Bibliothécaires :

Lancé en 2018, le Prix Imaginales des Bibliothécaires est le 4e prix spécial décerné par le festival spinalien des Imaginales. À ce titre, il côtoie ceux des lycéens, des collégiens et des écoliers. Sous la houlette du comité de sélection (composé de Stéphanie Nicot, 6 bibliothécaires référents et deux responsables éditoriales de Premier Chapitre), les bibliothécaires lisent les 5 titres de la sélection, qu’ils classent à l’issue de la période de lecture (de janvier à avril).
Et il revient à Mers mortes d’Aurélie Wellenstein (Scrineo) ! Avec le classement suivant :

Prix Imaginales BD

Le Prix Imaginales de la Bande-Dessinée récompense des bandes-dessinées appartenant aux divers genres de l’imaginaire : prioritairement la fantasy, mais également le fantastique ou la science-fiction. Les BD retenues le sont en raison de leurs qualités littéraire, scénaristique et graphique, de la richesse de leur imagination ou de leur capacité à susciter la réflexion et le débat chez les lecteurs, quels qu’ils soient et doivent pouvoir s’adresser à des adultes.
Les titres devront être francophones, et avoir été publiés durant l’année civile précédente – du 1er janvier au 31 décembre 2019 pour le prix 2020 – en édition originale, à compte d’éditeur, diffusés et disponibles en librairie sur le territoire national.

La sélection :

Aristophania, tome 2, Progredientes, Joël Parnotte (dessin) et Xavier Dorison (scénario) (Dargaud).
Bram Stoker Dracula, Georges Bess (dessin et scénario) (Éditions Glénat BD)
Danthrakon, Olivier G. Boiscommun (dessin) et Christophe Arleston (scénario) (Drakoo).
Le Vagabond des étoiles, Riff Reb’s (dessin et scénario) (Éditions Soleil)
♥ Peau de mille bêtes, Stéphane Fert (dessin et scénario) (Editions Delcourt)

Et c’est ce dernier qui remporte le prix ! Je suis ravie car j’avais eu un coup de coeur pour cette merveilleuse BD !

Week-end : Mana & Plasma, deuxième capsule !

Les chroniqueurs de Mana & Plasma ont mis en ligne un nouvel épisode des capsules. Au menu : des coups de cœur !

 

Bon dimanche !

Fin de série #2 – Bilan 2019

Il y a cinq ans – cinq ans !!!! – je me suis inscrite au défi Fin de Série d’Acr0 – dont le dernier bilan en date, car elle est nettement plus assidue que moi, est lisible ici.

Objectif (pour rappel) :

Continuer et terminer mes séries dans un délai respectable (c’est à dire, pas 15 ans, hein !) toute série, partant de la trilogie, passant par la moitié d’une série de dix ou les derniers tomes publiés d’une série en cours d’écriture. Le plus important est de se donner du baume au cœur et un peu de motivation pour continuer et finir ses séries qui le méritent.

Notez bien que lorsque j’ai débuté ce challenge, je suis partie direct sur un « pas 30 ans, hein » (en doublant donc d’office la durée allouée initialement par Acr0. C’est dire si j’avais confiance en mes capacités.) Or, cinq ans après le départ, qu’en est-il des séries que j’ai notées comme « en cours » à ce moment-là ?
Il s’agissait de toutes les séries dont j’avais la suite dans ma PAL (point tricherie : 1) et comptant plus de deux tomes.
(La liste complète des dites-séries, plus les autres en cours, est visible ici ; celles que j’ai inscrites en 2015 ici).

Voyons donc ce que ça donne au bout de 5 ans (si c’est marron, c’est terminé, si c’est orange j’ai progressé dans la série, si c’est barré, c’est abandonné et s’il n’y a rien… bah je n’ai rien lu. Shame !) :

Alera, Cayla Kluver.
Le Temps de la vengeance (2).
Ange de la nuit (L’), Brent Weeks.
L’Ombre parfaite (préquelle).
Balance Brisée (La), Lise Syven.
Phénoménale (2)
Chaos en marche (Le), Patrick Ness.
Le Cercle et la Flèche. (2)
Cycles des Princes d’Ambre (Le), Roger Zelazny.
– du tome 3 à la fin.
Dossiers Dresden (Les), Jim Butcher.
Suaire froid (5)
– et tous les autres jusqu’au 16 en VO…
Enchantements d’Ambremer (Les), Pierre Pevel.
Le Royaume immobile (3).
♦ Expérience Noa Torson, Michelle Gagnon
Ne regarde pas (2).
– N’oublie pas (3).
Extraordinaires et Fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé (Les), Raphaël Albert.
Avant le déluge. (2)
Fausses bonnes questions (Les), Lemony Snicket.
Quand l’avez-vous vue pour la dernière fois ? (2).
Feed / Newsflesh, Mira Grant. (PS : je viens de la terminer, mais comme on est en 2020, ce sera pour l’année prochaine !)
Deadline. (2)
Red flag. (3)
Femmes de l’Autremonde, Kelley Armstrong.
Capture (2).
Fils-des-Brumes, Brandon Sanderson.
Le Puits de l’ascension (2). Lu mais pas chroniqué, comme le T1.
Le Héros des siècles (3).
Graceling, Kristin Cashore.
Le Don de Katsa (1).
Livre de Saskia (Le), Marie Pavlenko.
Enkidarre (3).
Percheron, Fiona McIntosh.
Émissaire (2).
Déesse (3).
Protectorat de l’ombrelle (Le), Gail Carriger.
Sans cœur (4).
Sianim, Patricia Briggs.
L’Épreuve du loup (2).
Six Royaumes (Les), Adrien Tomas.
La Maison des mages (2).
Trilogie du Baztan (La), Dolores Redondo.
De chair et d’os (2).
Trône de  Fer (Le), G. R. R. Martin.
– Intégrales 2, 3 et 4.
♦ Witch Song, Amber Argyle.
Witch Fall (préquelle).
♦ Wizards, Diane Duane.
L’éveil (3).

Conclusion : 3 séries terminées (pas brillant) ; 4 séries poursuivies (mouais bof) ; 5 écrémages de PAL (enfin du concret).
Peut-on donc dire que j’ai donc 11 séries en cours ? (Puisque je partais avec 23 à ce moment-là). Que nenni ! Parce qu’en cinq ans, j’en ai évidemment commencé PLEIN d’autres ! (Franchement, ce ne serait pas marrant sinon). Si j’en crois l’outil « Saga » de Livraddict, j’ai actuellement 121 sagas en cours.

MAIS !

Là-dedans il y a des sagas « complètes à ce jour » dont j’ai lu tous les tomes disponibles, et dont j’attends fermement la suite (oui Patrick Rothfuss, je pense à toi en écrivant ces mots).
Il y a aussi pas mal de séries dont je n’ai pas la suite dans ma PAL (et donc je triche en ne les comptant pas, haha !), notamment au rayon BD. Il y a des séries comportant des tomes hors-séries qui ne contiennent pas d’histoires (making-off, artbooks et autres) et que je ne compte pas spécialement lire ou encore des séries dont la suite ne sera manifestement jamais publiée par l’éditeur (et ça, c’est chiant. C’est le cas avec Dresden, par exemple, que je laisse dans mon compte alors qu’on sait très bien qu’il peut s’écouler plusieurs décennies avant que je me décide à les lire en VO).

Une fois qu’on enlève tout cela… je pense que l’on est plutôt aux alentours des 60 séries (y compris les séries BD que je prends à la bibli et les choses dont je n’ai pas encore la suite que j’avais soigneusement écartées de mon comptage initial).
Il est évident que les stats de lecture présentées ci-dessus sont complètement fausses, puisque c’est mon premier bilan en 5 ans… Difficile de mesurer sérieusement la progression de toute cette affaire !

Suite à cette loooongue intro, quel est le bilan de l’année 2019 ? (On est en mai, il n’est pas trop tard !).

J’ai terminé 5 séries : Les Filles de l’astrologue (dont je n’ai jamais chroniqué les tomes 2 et 3) ; L’Empire des Tempêtes (même tarif, et pourtant c’était génial) ; Les Sœurs Carmines (cf. parenthèse précédente) ; La Faucheuse et La Passe-Miroir (dont la chronique finale tarde un peu, j’avoue).
On notera que j’ai lu, mais pas vraiment écrit.

J’ai lu 10 tomes de 9 séries : Le Projet Starpoint (tome 2) ; Bergères guerrières (tomes 2 et 3) ; Gardiens des Cités perdues (tome 7) ; Au Service de Sa Majesté la Mort (tome 2) ; L’Île des disparus (tome 2) ; Le Gang des prodiges (tome 2) ; La Couleur du mensonge (tome 2) ; Le Noir est ma couleur (tome 3) ; Alpha et Oméga (tome 4).

J’ai commencé et abandonné une série : Black Wings (au deuxième tome).

J’ai commencé et continué deux séries (des mangas) : Magus of the library (deux tomes) ; BL Métamorphoses (deux tomes).

J’ai commencé tout court 9 séries (et je n’ai presque rien chroniqué) : Chevauche-brumes (mais peut-être est-ce un dyptique) ; American Royals (même question) ; Calame ; Le Royaume de Pierre d’Angle ; Dans l’ombre de Paris ; Les Chroniques de Prydhain ; Wyld ; La Cité des Chimères.

 

J’aimerais bien vous dire que, pour 2020, je vais inverser la tendance et terminer plus de séries que je n’en commence mais à l’heure actuelle j’en ai déjà commencé 10 (dont sans doute quelques dyptiques… et trois abandons fermes) et j’en ai terminé… 2 (dont Feed qui était dans l’article de départ en 2015, donc tout n’est pas perdu). Voilà voilà… !

 

Et vous les séries, ça avance ?

Deadline, Feed #2, Mira Grant.

Shaun Mason est un homme à la dérive. Même le site d’information qu’il a construit avec sa sœur Georgia n’exerce plus le même attrait. Et jouer avec les morts-vivants ne semble tout simplement plus aussi amusant quand on a tant perdu.
Mais quand une chercheuse du CCPM simule sa propre mort et apparaît sur le pas de sa porte avec une horde de zombies affamés sur les talons, Shaun est soulagé de trouver un nouveau but à sa vie. Parce qu’elle apporte des nouvelles : le monstre qui est responsable de la mort de Georgia a peut-être été détruit, mais le complot est loin d’être enterré.
Shaun est bien décidé à découvrir la vérité, au bout d’un fusil s’il le faut.

Attention, cette chronique contient des spoilers sur le tome 1.

J’avais eu un énorme coup de coeur en lisant le premier volet de cette trilogie, Feed (et qui pouvait se lire indépendamment du reste. L’inverse n’est pas vrai). J’avais bien envie d’une petite histoire de zombies, donc je me suis dit qu’il était temps de lire la suite de cette trilogie. Même si au cours de ma lecture, je me suis plusieurs fois interrogée sur le choix judicieux de lire un roman de zombies… en pleine pandémie, tant les réflexions sur la santé (catastrophique) du milieu hospitalier entraient en résonance avec la réalité.

Le Jour des Morts a anéanti la communauté médicale. Les médecins et infirmières qui se trouvaient en première ligne ont subi l’infection de plein fouet, plongeant les hôpitaux du monde entier dans une grave situation de sous-effectif, même après que les premières batailles contre les zombies ont été livrées et, en théorie, gagnées. Je dis « en théorie », parce que j’ai du mal à considérer comme une victoire un conflit ayant fait autant de victimes.

Je me souvenais particulièrement bien de la fin (insoutenable !) du premier tome, ce qui m’a grandement aidée dans cette reprise. Cette fois, le narrateur est Shaun. Mais pas le Shaun baroudeur et tête brûlée que l’on a rencontrée dans le tome précédent. Shaun est au bout du rouleau, a quitté les irwins pour prendre la direction du site et… parle à sa sœur morte (l’année précédente) à longueur de journée. Heureusement, il ne faut pas longtemps pour qu’un complot mondial lui tombe dessus, ce qui lui redonne un peau de baume au coeur.
D’un strict point de vue narratif, j’avais préféré Georgia ; Shaun est moins convaincant, d’une part parce que ses sautes de génies viennent souvent de son dialogue intérieur avec sa sœur (ce qui n’est pas toujours très crédible), d’autre part parce que…. eh bien parce qu’il me sortait par les trous de nez avec sa violence permanente. Je pense qu’à la place de ses collègues, le holster m’aurait quelque peu démangée !

Le récit est d’ailleurs centré autour de quelques personnages, parmi lesquels beaucoup de rédacteurs et rédactrices du site – dont je ne me souviens pas vraiment s’ils étaient présents au tome 1. L’étaient-ils ? Dans la mesure où c’est toujours Shaun qui parle (et qu’il est handicapé des relations sociales), les portraits de ses collègues sont assez vite brossés, souvent en s’appuyant sur leurs fonctions au sein du site (rédacteurs, irwins ou bardes). C’est au début un peu schématique, mais cela s’améliore au fil des pages – et j’espère recroiser certaines têtes dans le tome 3. L’autrice réintroduit également des personnages secondaires croisés ou évoqués dans le tome 1, comme les Dr Joseph Wynne et Kelly Connolly du CCPM (l’institut qui chapeaute toutes les histoires de zombies), plus adaptés au monde médical et scientifique qui prend ici toute la place.

L’intrigue est donc assez logiquement dans la droite lignée de la précédente – sauf que, cette fois, on sait bien plus vite qu’il se trame des choses très louches. Toutefois, on quitte la sphère politique pour la sphère purement scientifique, puisqu’il est essentiellement question des recherches qui sont menées (ou, justement, ne le sont pas) sur le virus Kellis-Amberlee. Si on retrouve le mélange entre enquête et rebondissements à base de zombies, j’ai trouvé ceux-ci nettement moins présents que dans le premier opus. Les confrontations sont rares et brèves, ce qui induit un peu moins de suspense. Malgré tout, le rythme est présent, car si les rencontres sont moins présentes, elles ne sont pas moins stressantes. Et puis il faut dire que le complot, même quand on commence vaguement à le discerner, est un brin stressant aussi.

– Pourquoi est-ce que les trous du cul dans votre genre se sentent toujours obligés de balancer leurs plans diaboliques aux médias avant de nous éliminer ? demanda Becks. (Elle semblait d’un calme olympien. Je n’avais jamais été aussi fier d’elle.) C’est une exigence de votre syndicat, ou quoi ?

L’autre point qui m’a un peu gênée, c’est que j’ai trouvé l’intrigue parfois un brin confuse. Ainsi, les personnages ont des raisonnements logiques… dont la logique m’a parfois échappé (exemple type : aller directement chez les bad guys, en se présentant poliment à l’entrée, pour enquêter sous leur nez). Dans le même ordre d’idées, ils arrivent parfois à des conclusions alors que j’avais l’impression que le raisonnement n’avait pas encore démarré. Cela reste globalement à la marge, mais cela m’a donné l’impression que le tome était un poil moins efficace que le précédent. Heureusement, l’ensemble est plutôt bien mené et l’idée du complot bien trouvée. De plus, la dernière partie retrouve l’allant qu’il y avait dans le tome 1 en nous offrant rebondissements incroyables, retournements de situations improbables (mais bien amenés) et une tension très appréciable. Le roman met du temps à démarrer, mais quelle fin ! Car l’autrice a de nouveau ménagé un (double !) cliffhanger incroyable – et je suis ravie d’avoir déjà le tome 3 sous la main. Ce n’est pas possible de rester sur une telle conclusion !!

Départ mitigé donc, mais une fin à la hauteur de mes attentes. Si j’ai regretté que l’intrigue quitte la sphère politique pour les sciences et la médecine, l’autrice a su rendre l’ensemble intéressant, malgré un cheminement parfois un peu confus. Heureusement, la dernière partie, qui retrouve le niveau d’efficacité du tome 1, s’avère particulièrement palpitante. D’autant qu’elle conclut de nouveau sur un retournement de situation qui laisse sur des charbons ardents !

◊ Dans la même série : Feed (1) ;

Feed #2 : Deadline, Mira Grant. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Benoît Domis.
Bragelonne, 2013, 498 p.

Le Mois de la fantasy

Poussée par Camille (comme d’habitude 🙂 !), je me lance dans le Mois de la Fantasy qui est, sans aucun doute, mon genre littéraire de prédilection. Ce challenge est fièrement propulsé par Pikiti, qui cette année a choisi de thèmes de lectures tout tolkiniens, voyez plutôt :

Objectif du challenge : durant le mois de mai (du 1er au 31), il s’agit de lire des romans de fantasy (acception anglosaxone qui couvre aussi par exemple l’urban fantasy) rentrant dans différentes catégories. Certains romans peuvent rentrer dans différentes catégories ce qui peut aider à réduire le nombre de titre à lire ;).

Il est possible de partager lectures, PAL, avis, notamment sur le groupe facebook consacré.

   

 Sans plus attendre, voici les catégories sus-dites, et les titres de ma PAL sous chaque mention :

1) La fureur de Smaug : Créatures fantastiques

Chevauche-Brumes, Thibaud Latil-Nicolas (Mnémos).

2) Dame Arwen : une autrice/ une heroïne

Rouge, Pascaline Nolot (Gulf Stream).
– Les Brumes de Cendrelune, Georgia Caldera (J’ai Lu)

3) Tolkien le roi de la Fantasy : Un incontournable

– Les Deux Tours, J.R.R. Tolkien (Audiolib)

4) La communauté de l’anneau : une lecture commune

5) Peter Jackson : Un livre adapté

– Les Deux Tours, J.R.R. Tolkien (Audiolib) : d’ailleurs, ça me donne envie de les revoir, tout ça…

6) Du Hobbit au seigneur des anneaux : une saga

– Les Flots sombres, Thibaud Latil-Nicolas (Mnémos) : c’est un tome 2 !
– Les Deux Tours, J.R.R. Tolkien (Audiolib) : c’est un tome 2 aussi.

7) Une ballade dans le Mordor : un livre qui te fait peur

– Les Deux Tours, J.R.R. Tolkien (Audiolib) : justement parce que c’est un classique incontournable, d’ailleurs.

8) Gimli, Legolas, Aragorn, Frodon : Choisis ton camp (un roman avec des nains, des elfes, des chevaliers ou des personnages du petit peuple)

Chevauche-Brumes, Thibaud Latil-Nicolas (Mnémos) : il y a des chevaliers.
– Les Flots sombres, Thibaud Latil-Nicolas (Mnémos) : il y a des chevaliers (les mêmes qu’au tome 1 d’ailleurs)
– Les Deux Tours, J.R.R. Tolkien (Audiolib) : sans surprise, il y a là-dedans toutes les catégories citées…

9) Oh! Gandalf : une relique de ta PAL

– Les Deux Tours, J.R.R. Tolkien (Audiolib) : parce que je l’ai commencé à la fac, et abandonné au profit des partiels…
– La Musique du silence, Patrick Rothfuss (Bragelonne) : dans ma PAL depuis au moins 5 ans !

10) Un anneau pour les gouverner tous : un roman avec des artefacts

– Les Deux Tours, J.R.R. Tolkien (Audiolib) : c’est un peu le concept de base de ce roman !

11) Galadriel l’elfe aux immenses pouvoir : magie ou sorcellerie

– La Musique du silence, Patrick Rothfuss (Bragelonne) : j’espère que c’est bien le cas dans ce hors-série, mais dans les autres tomes de la série, il y a bien de la magie !

12) Le chant de Pippin : un livre avec de la musique

– La Musique du silence, Patrick Rothfuss (Bragelonne) : rien que pour le titre
– Les Brumes de Cendrelune, Georgia Caldera (J’ai Lu) : a priori, d’après la vidéo de Pikiti, il y aurait un rapport à la musique dans ce roman.

Bonus : Une relecture et de la fantasy en image:

Chevauche-Brumes, Thibaud Latil-Nicolas (Mnémos) : je l’ai lu l’année dernière, je le relis en lecture commune avec deux copines pour le Prix Imaginales des bibliothécaires. Je pensais donc valider le point 4 avec ce titre, avant de m’apercevoir que la lecture commune en question devait se faire soit sur Druide d’Olivier Peru, soit sur Sorceleur d’Andrzej Sapkowski et… j’ai déjà lu les deux titres !
– Les Deux Tours, J.R.R. Tolkien (Audiolib) : une relecture partielle, parce que je l’ai commencé à la fac, et abandonné au profit des partiels…

 

On verra bien à la fin du mois si j’ai réussi à lire/écouter tout ça ! Et vous, vous participez ?