Brèves de comptoir #243

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !


Lundi : concours de nouvelles des Utopiales 2020 !

Affiche signée Alex Alice !

Les Utopiales préparent leur 20e édition, dans le contexte sanitaire actuel quelque peu chamboulé. Celui-ci n’empêche heureusement pas la tenue du concours de nouvelles (même si la date de remise est un peu décalée).

Ce concours est destiné aux auteurs de 8 à 18 ans, sur le thème « Traces ». Voici le détail des trois catégories :
Primaire : Vous êtes un animal explorant le monde que l’humanité a déserté. Racontez vos aventures.
Collège :
Vous êtes stagiaire dans une agence spatio-temporelle qui a détecté une anomalie dans le passé. Vous êtes envoyé mener l’enquête…
Lycée : Vous faites partie d’une équipe de savants extra-terrestres de différents domaines (histoire, archéologie, linguistique, biologie…) en mission sur une planète, où toute vie a disparu, pour essayer de comprendre ce qui s’est passé.Àpartir des indices que vousavez recueillis, rédigez votre rapport.
Sujet commun à tous les niveaux : En 3333, votre cyberprof vous demande de reconstituer le portrait d’un de vos ancêtres en exploitant toutes les traces numériques et génétiques à votre disposition.

Les nouvelles doivent être envoyées à utopiales-nouvelles@lacite-nantes.fr avant le vendredi 11 décembre, minuit.
Le règlement complet est disponible ici, les autres informations importantes (autorisation parentale, etc.) ici.

Lundi encore : concours de masques aux Aventuriales !

Le festival se tiendra les 26 et 27 septembre 2020 à Ménétrol (63200). Puisque les conditions sanitaires imposent le port du masque, les organisateurs proposent un concours de masques SFFF audacieux : soyez créatifs ! Infos subsidiaires ici.

Mardi : annulation des Rencontres de l’imaginaire de Sèvres…

En raison des conditions sanitaires incertaines, la ville de Sèvres annule le festival, qui devait avoir lieu le 28 novembre 2020, à Sèvres (92).

Mardi encore : … mais maintien du prix Actusf de l’uchronie !

Celui-ci est traditionnellement remis au cours des Rencontres de l’imaginaire de Sèvres : si celles-ci sont annulées, le prix est lui, maintenu. La sélection sera annoncée en octobre, les lauréats dévoilés courant novembre.

Mercredi : dix livres de fantasy pour ceux qui n’aiment pas ça !

Oui oui, on le sait, pour ses détracteurs, la fantasy est une sous-littérature truffée d’elfes se tatanant avec des nains, le tout à dos de dragon, pour réaliser une prophétie annonçant le retour de l’élu.
Nicolas Winter du site Just a word propose donc dix titres à mettre entre les mains des esprits chagrins de ceux qui n’aiment pas la fantasy!

Jeudi : appel à textes CyberPunk féérique !

L’Imaginalivres et Livresque éditions renouvellent leur partenariat pour la 6e édition et une nouvelle anthologie. Un appel à textes est donc lancé pour celle-ci, sur le thème Cyber Punk féérique.

L’univers est vaste. Dans ces étendues de bitume et de métal, de verre et de néons, s’est éveillée la féerie. Les villes ont grandi et occupent la planète. Dans l’obscurité polluée de leurs rues, dans le brouhaha constant des machines, dans les halos artificiels des enseignes, dans l’ombre des gratte-ciels immenses, les fées survivent. De chair et d’acier, bienveillantes ou mauvaises, cachées ou aux vues de tous, elles occupent ces villes du futur. Des histoires, elles pourraient nous en raconter des milliers, sur ces créatures qui évoluent dans le monde hyper-urbanisé des humains… Nous sommes curieux de découvrir les vôtres… 

Les textes sont attendus avant le 16 novembre 2020 à appelatextes.imaginalivres@gmail.com.
Le règlement est lisible ici !

Vendredi : Battlestar Galactica sur France Inter !

Frederick Sigrist reçoit, au micro de Blockbuster, Jérôme Nussbaum alias Draven, co-animateur du podcast GalactiFrak aux côtés de Karine ; Florent Favard, maître de conférences en cinéma, audiovisuel et transmédia à l’Institut Européen de Cinéma et Audiovisuel de Nancy (Université de Lorraine) ; Mehdi Achouche, maître de conférences à Lyon 3 en civilisation américaine et études culturelles. Tout ce petit monde revient sur la genèse de Battlestar Galactica !

 

Bon dimanche !

La semaine prochaine, ce sera le dernier épisode des brèves, avant une petite pause estivale 🙂

 

[2020] Petit bilan de juin.

Encore pas mal de lectures ce mois-ci : merci l’organisation du drive à la bibliothèque (donc des transports en commun pour moi puisque ce n’était pas dans mon bâtiment habituel) + le télétravail (plus de temps pour lire le matin en se levant à la même heure !). J’ai écouté pas moins de quatre livres audio (dont un commencé en mars, soyons honnête) ! Une belle perf’ pour quelqu’un qui, il y a quelques années encore, regardait le système avec circonspection !

Un peu de stats :

Ce mois-ci, j’ai lu 2986 pages et écouté 2090 minutes de lecture ! Bon, on voit s’effacer l’effet confinement + beaucoup de télétravail, le nombre de pages a déjà bien diminué 🙂

Carnet de lectures.

Son vrai visage, Karin Slaughter (Harper Collins).
J’avoue que j’ai lu ce livre parce que je n’avais jamais rien lu d’elle – et qu’en plus une adaptation en série est en cours. Dans ce roman, on suit une jeune femme, Andy, qui subit les remontrances de sa mère, Laura, car elle n’a « rien » fait de sa vie (comprenez : 31 ans, pas mariée, pas d’enfant, avec « seulement » un boulot d’assistante à la police. Précisons qu’elle a quitté sa vie à NY pour revenir s’occuper de sa mère atteinte du cancer…). Bref, une maman bien sympa comme on les aime. Alors qu’elles sont au resto, un homme entre et tire à tout va et là, c’est le drame : il s’attaque à la mère qui… le bute, façon ninja. Donc c’est le choc le plus total pour Andy qui semble découvrir sa mère. Mais ça ne s’arrête pas là ! Après ça, sa mère se conduit de plus en plus bizarrement, lui ordonne de partir, lui donne des directives complètement étranges et la chasse de chez elle.
Je suis un peu mitigée. Le début était hyper prenant : entre l’attaque au resto, la réaction de la mère et la fuite d’Andy, on est servis. Malheureusement, le soufflé retombe très très vite. Car rapidement, l’histoire alterne deux intrigues : celle qui se déroule en 2018 et une autre qui se déroule en 1986. Or, les personnages et les situations n’ont aucun rapport les uns avec les autres. Au début cela entretient super bien le suspense. Sauf que les chapitres sont affreusement longs. J’avais de plus en plus l’impression de lire deux livres différents, dont aucun ne me passionnait franchement. En fait, l’alternance, le manque de rythme et l’absence d’informations rendent l’histoire hyper confuse. Et… je me suis ennuyée. Le pire, c’est que l’intrigue fonctionne plutôt pas mal mais la fin ne m’a pas du tout convaincue. J’ai eu l’impression d’arriver devant un « Quoi, tout ça pour ça ? » Mauvaise pioche pour un premier titre de l’autrice du coup.

Les Lames du Cardinal, tome 1, Pierre Pevel (Hardigan).
J’ai lu cette série à sa parution, je pense et j’avais adoré. Pour ne rien vous cacher, j’ai dévoré ce tome 1 durant un long voyage en voiture et désespéré, à mon arrivée en Île-de-France, en constatant qu’aucune librairie n’avait la suite ! Suite que j’ai achetée dans une librairie de Chartres, alors que j’étais là pour du tourisme. Mieux : j’avais mis le tome 1 dans ma liste « pour une île déserte » sur Babelio. C’est dire si j’avais adoré !
Avec le télétravail, j’ai pris l’habitude d’écouter des livres audio – sauf quand j’avais un truc un peu trapu à terminer. Or là, c’est ce que j’avais donc… prendre un livre audio déjà lu était parfait. Malheureusement… je n’ai pas tellement accroché à la (re)lecture, alors même que j’en gardais un excellent souvenir. Premier problème : le lecteur. Je n’ai pas accroché à sa façon de lire (qui me faisait décrocher toutes les trois phrases). Pire, les voix féminines étaient exécrables ! Elles s’expriment toutes sans exception sur un ton benêt, et la moindre prise de parole semble être d’une bêtise sans fond. Mais il n’y a pas eu que ça. Au fil des chapitres, j’ai retrouvé un trait qui m’agace un peu chez Pierre Pevel : tous ses personnages semblent montés de la même façon. Si bien qu’une fois qu’on a lu un roman, on retrouve toujours les mêmes types de personnages (raison pour laquelle j’avais un peu calmé mon rythme de lecture de ses œuvres, afin de ne pas être polluée par des personnages trop proches). Là, j’ai également remarqué (à mon grand agacement, bis repetita), que les personnages féminins sont tous parfaitement décrits, avec force détails. Les hommes ? Bah ils ont une épée et des bottes. J’exagère, car en réalité, ils sont un peu plus décrits que cela, mais jamais avec autant de précisions que leurs homologues féminines. Lesquelles sont toutes sublimes… ou grosses. Pas d’entre d’eux dans le Paris des dragons. Quelle tristesse ! J’étais donc bien déçue de ne pas retrouver ce qui m’avait tellement plu à ma première lecture, dont je garde malgré tout un excellent souvenir (fantasy historique, dragons et roman de cape et d’épée, qui dit mieux ?). En plus de cela, il manque un chapitre à la version audio ! Ok c’est au tout début, mais quand même !

Côté séries

Space Force

Au début du mois, j’ai regardé cette série, attirée par la mention de conquête spatiale. Et si j’ai été assez surprise par le contenu, je dois reconnaître que j’ai vraiment accroché. On y suit les pérégrinations de Mark Naird, devenu générale 4 étoiles et à qui on confie la toute nouvelle Space Force, dont l’objectif est de conduire une mission habitée sur la Lune d’ici à 2024.
La série table plus sur le genre de la comédie potache que sur le réalisme et, une fois n’est pas coutume, cela m’a plu ! Au fil des épisodes, tout part plus ou moins en cacahuète (d’ailleurs ce n’est pas toujours vraisemblable) mais toujours dans une ambiance humoristique. À regarder si vous voulez passer un moment de détente, mais à éviter si vous cherchez une série de SF ou une série politique !

The Order

Bien partie avec Space Force, j’ai donc enchaîné avec The Order.
Jack Morton, un étudiant de première année à l’université Belgrave, décide de rejoindre l’Ordre hermétique de la rose bleue, une société secrète légendaire qui enseigne et pratique la magie. Alors que Jack approfondit l’histoire de l’organisation, il découvre de sombres secrets de famille. Franchement, ça partait bien : une université des arts occultes, des confréries secrètes, de la baston magique, des secrets de famille… Mais malgré ces bons ingrédients, je n’ai pas réussi à dépasser le troisième épisode. Déjà, l’histoire débute tellement in medias res que j’ai eu l’impression de débarquer dans la saison 2 ! Il manque la moitié des infos et celles qui sont données sont complètement inutiles. Pire : c’est d’un cliché !! Et les dialogues sont si nuls !!! Honnêtement, je n’ai regardé le 3 épisode que parce que j’étais sidérée par le jeu improbable des acteurs, la platitude des échanges et la nullitude totale du scénario. À ce stade, c’est de l’art.

Top/Flop.

J’ai été assez déçue par Son vrai visage, dont j’ai parlé ci-dessus – je ne reviens donc pas sur cette lecture. Je reste assez curieuse de regarder la série qui en est adaptée !

En revanche, il y a eu pas mal d’excellentes lectures, ce qui a rendu le choix d’un unique titre difficile ! Mais comme je n’ai eu qu’un coup de cœur roman ce mois-ci… c’est L’incroyable voyage de Coyote Sunrise de Dan Gemeinhart (PKJ) qui remporte la mise. Coyote, douze ans, vit avec son père, Rodéo, dans un ancien bus scolaire. A bord de Yageur (le bus), ils sillonnent les Etats-Unis. Or, Coyote apprend que le square de son enfance va être détruit pour y faire passer une route. Son sang ne fait qu’un tour : il faut qu’elle y soit avant la destruction totale. Il lui faut donc convaincre son père de faire en 4 jours 5700 kilomètres… sans qu’il s’aperçoive de l’endroit où ils vont. Car une chose est sûre : jamais, au grand jamais, Rodéo ne remettra les pieds volontairement dans leur ville d’origine.
A la lecture du résumé, je me demandais vraiment comment Coyote parviendrait à faire parcourir à son père autant de kilomètres sans qu’il se doute de rien : eh bien bizarrement, ça marche et l’astuce est même super bien trouvée ! Le roman débute comme un road-trip gai et ensoleillé. Sans trop de surprise, l’errance de Coyote et Rodéo cache un secret bien douloureux, que l’auteur dévoile peu à peu. Plus on cavale vers la fin, plus la charge émotionnelle est grande – et je dois avouer que j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps sur la fin. Malgré cela, l’auteur livre un roman tendre, doux, plein d’humour et de péripéties rocambolesques, que je recommande à 1000% (au moins).

Citations.

« Une amitié – une vraie -, ça ne se construit pas en un jour. Le chemin est pavé de maisons Barbie détruites, de hurlements sur un parking de cinéma et d’erreurs – parfois terribles. L’amitié, c’est un chaos de lignes tracées dans le sable, de loyautés remises en question et de réponses difficiles par messages. C’est oser se comparer et exposer ses insécurités.
Mais l’amitié, c’est aussi jouer au bowling selon ses propres règles. Rire à en avoir mal au ventre et les joues baignées de larmes. C’est savoir qu’on peut compter sur quelqu’un, des personnes en chair et en os à travers tout le pays, qu’un texto ou un appel suffit à rameuter. C’est avoir moins peur de sombrer dans les ténèbres quand on a des guides pour nous aider à progresser dans le noir.
L’amitié, ça n’a rien de simple. C’est difficile, énervant, génial, fragile, durable, impossible… Mais ça en vaut toujours la peine.
Toujours. »
Triangle amoureux (ou pas), Marisa Kanter.

« Squib plissa les paupières en les fermant presque. Il pensait que le blanc de ses yeux pouvait trahir sa présence. Hooke lui racontait-il des conneries ? Avait-il seulement attaché son bateau ?
Sans doute pas.
Il n’avait pas véritablement prévu la dernière partie de cette mission. Aussi se retrouvait-il bloqué sur cette putain d’île en compagnie des sangliers et des couguars et peut-être même d’une bande de fourmis rouges, alignées dans une file bien ordonnée, qui viendraient lui dévorer la bite. Et s’il essayait de s’enfuir en courant, Hooke lui enverrait une grenade au cul, comme un cornet de glace à réaction.
Quelle nuit délicieuse !
Everett Connard Moreau : organisateur de génie.
Comme ce petit Français qui aimait bien les grandes femmes pour se prouver quelque chose. Napoléon.
Mais pas du tout comme lui, en fait, sauf que tous les deux avaient fini coincés sur une île, s’il se souvenait bien de ses leçons d’histoire. Ou peut-être était-ce Huckleberry Finn qui s’était retrouvé en rade sur son île.
En tout cas, en cette belle soirée, c’était lui, l’imbécile bloqué sur une étendue de terre entourée d’eau. »
Le Dernier dragon sur Terre, Eoin Colfer.

« Les assassins ressemblent fort aux honnêtes gens et rien ne les en distingue dans la vie courante. Ce sont très souvent des gens charmants, polis et raisonnables. »
Cartes sur table, Agatha Christie.

« Le père Balthazar était versé dans la philosophie et la casuistique. Si le saint homme m’avait promis le gîte et le couvert, il nourrissait avant tout mon esprit.
– Vois-tu, Pablicos, il convient de distinguer deux types de pauvres : il y a ceux qui, non habentes, n’ont rien… Et ceux qui, nolentes habere, ne veulent pas avoir… et ne veulent surtout pas travailler ! Ce sont eux qui, mendiant par choix, confisquent à leur profit l’aumône des braves gens, privant ainsi de ressources les vrais nécessiteux. Confesse-le, Pablicos, tu fus de ces gueux-là !
– Peut-être, mais… et les nobles ? Eux non plus ne travaillent pas !
– Bien observé ! Mais puisqu’il existe de nobles lignées, il en est forcément d’ignobles. N’aurais-tu pas mérité, par ta naissance, le triste sort qui est le tien ?
– Qu’est-ce que le mérite a à voir là-dedans ?
– Les actes… la grâce… voilà d’épineux points de théologie ! Médite plutôt cette simple et réconfortante pensée : le bonheur n’est point pour ici-bas »
Les Indes fourbes, Ayrolles et Guarnido. 

« Les médecins ont expliqué que s’ils n’étaient pas suffisamment exposés au soleil, les orphelins risquaient de souffrir de rachitisme, une déformation du squelette qui rend les os mous et tordus. Heureusement, l’attention médicale est rigoureuse à l’Inclusa. Mais Puri a entendu des médecins se lamenter sur le fait que le taux de mortalité des nouveau-nés était particulièrement élevé en Espagne. Les cas de polio augmentent chaque année.
– Certains pays ont un nouveau vaccin contre la polio, a signalé l’une des jeunes mères. Pourquoi ne l’utilise-t-on pas en Espagne ?
– Peut-être que les autres pays ont besoin d’un vaccin parce qu’ils n’ont pas la foi pour écarter la maladie par la prière, a répondu Sœur Hortensia. Le Saint-Esprit éloignera la polio.
Vraiment ? se demande Puri. Elle se demande beaucoup de choses, mais quand elle pose des questions, on la gronde.
Quand on dit à la radio que « l’Espagne est le pays élu de Dieu », cela signifie-t-il que Dieu a abandonné les autres pays ? Et si les étrangers sont indécents, pour quelle raison l’Espagne ouvre-t-elle ses portes aux touristes ?
– Pourquoi faut-il donc toujours que tu questionnes tout ? la chapitre sa mère. N’as-tu donc aucune foi ?
Puri a une foi solide, mais elle a aussi des questions. Ne peut-on avoir les deux ? »
Hôtel Castellana, Ruta Sepetys.

Brèves de comptoir #242

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : Visions du Futur 2020, le palmarès !

Le club Présences d’esprit a rendu son verdict pour le concours Visions du Futur 2020 ! Les thèmes et citations choisis sont visibles ici. Voici les lauréats :

Accessit :
« Le voyage de Jisong » d’Olivia Cabanaz, sur la citation de Brandon Sanderson : « Tout casser, […], mais avec du style. »

2ème prix ex-aequo :
« Zone 70 » de Stéphane Miller, sur la citation de Brandon Sanderson : « Tout casser, […], mais avec du style. »
« Victoire disparaît » de Manuel Le Gourrierec, sur le thème « Ma vie est incertaine »

1er prix :
« Spin Pong » de Christophe Olry,  sur le thème « Ma vie est incertaine »

Tous ces textes seront lisibles dans Aventures Oniriques et Cie n°58 – spécial « Visions du futur » qui sortira en octobre. Le jury, quant à lui, planche sur le thème et les citations 2021 !

Mardi encore : une série radio consacrée à Stephen King !

La RTBF consacre à Stephen King une série radio tout l’été.

Les 45 épisodes de la série (5-7 min chacun), proposée par Gorian Delpature, sont diffusés depuis le 29 juin dans l’émission Le Mug (9h-10h) et ce jusqu’au 28 août.
La série évoque l’histoire de Stephen King, ses ouvrages et les adaptations qui en ont découlé. C’est audible ici !

Mercredi : Medieval Zomb’in The Dark !

Le 26 septembre, le village médiéval de Saint-Bertrand de Comminges (31) sera envahi par les zombies. Les troupes chevaleresques présentes seront-elles suffisantes pour vous protéger et vous permettre de terminer la course d’orientation ?
Les inscriptions à cet événement seront ouvertes à compter du 23 juillet. Toutes les infos ici !

Mercredi encore : salon FantastiQueer !

Le Salon du Livre de l’Imaginaire Queer et LGBTQI+ aura lieu à Strasbourg les 18, 19 et 20 septembre 2020, à La Station (7 rue des écrivains, 67000 Strasbourg), centre LGBTQI+ strasbourgeois. En cas d’annulation (situation sanitaire oblige), il serait reporté à juin 2021.
En parallèle, un site éponyme a été développé. Objectif : présenter des œuvres littéraires de l’imaginaire (romans, essais, recueils de nouvelles, romans graphiques, bandes-dessinées, comics et mangas) mettant en scène des personnages de la communauté LGBTQI+, écrites ou non par des auteurs / autrices LGBTQI+. La bibliothèque virtuelle (critique !) donne déjà pas mal d’idées de lectures.
Un crowdfunding est en cours sur Ulule jusqu’au 22 juillet ; l’objectif de ce financement est de pouvoir rémunérer les auteurs présents sur le salon !

Jeudi : l’affiche des Utopiales !

Elle est signée Alex Alice – un auteur-illustrateur dont j’adore le travail ❤

Jeudi encore : The Witcher sur France Inter !

Frederick Sigrist se penche dans Blockbuster sur la série fantasy à succès The Witcher, avec Olivier Bénis (journaliste à la rédaction numérique de France Inter), Lloyd Chéry (journaliste culture, high-tech et gaming et spécialiste en science-fiction), Stéphane Marsan (auteur et cofondateur des éditions Bragelonne) et Thimothée Montaigne (illustrateur).

Vendredi : que lire cet été ?

La sélection de Feydrautha.

Feydrautha sur L’épaule d’Orion vous propose cinq titres de SF à ne pas rater cet été.

La sélection d’Elbakin.

La rédaction d’Elbakin vous propose une bibliographie à explorer durant les vacances.
A noter que l’association du même nom vient de mettre en ligne son nouveau site, tout beau, tout neuf !

Week-end : Edgar Allan Poe lu par Pierre Michael !

L’émission « Bonnes nouvelles, grands comédiens » avait demandé, en 1982, à Pierre Michael de lire la nouvelle d’Edgar Allan Poe « L’Ange du bizarre » (1844) dans la traduction de Charles Baudelaire. Cette lecture est à réécouter sur France Culture.

 

Bon dimanche !

Orageuse, Joanne Richoux

Fêtes et virées en voiture ne suffisent pas à égayer les longues journées d’été de Violette. Depuis son retour à Saint-Crépin, la jeune fille ne se sent plus à sa place. Tous au village semblent avoir oublié son étrange disparition, trois mois plus tôt. Pas elle : le pays des Muses la hante. Un monde où les fleurs chantent, où la musique est reine et les garçons à croquer. Dans l’esprit de Violette, les questions se multiplient. Pourquoi devient-elle sensible à l’électricité ? Que fait Arpège, son premier amour ? Les Muses auraient-elles encore besoin d’elle ? Désirs enfouis ou réel danger, qu’importe ! Violette doit trouver le moyen de repasser de l’autre côté…

Voilà un roman que j’ai lu sans savoir de quoi il était question (lecture pour le travail, entre nous soit dit, d’où ce flou artistique). Et surtout sans savoir qu’il s’agissait… d’un tome 2 ! Heureusement, l’autrice a fait un excellent résumé du tome 1 au début de celui-ci, ce qui m’a permis de raccrocher les wagons sans trop de difficultés.

L’histoire ressemble quelque peu à Alice au pays des Merveilles : dans le premier opus, Violette passait accidentellement (grâce à une boîte à musique) au pays des Muses, où elle s’apercevait qu’elle était le sosie de la princesse Croche, portée disparue, et retrouvait son frère aîné, disparu depuis dix ans (la disparition étant donc un thème récurrent dans cette histoire. Oui, car il y a aussi eu la disparition de son grand-père, Jules, qui était déjà passé chez les Muses à son époque).
Or, là, Violette est revenue dans son monde (avec son frère, du reste) et, bon an mal an, a terminé son année de terminale. Le passage vers le pays des Muses est définitivement fermé, ce qui plonge la jeune femme dans le désarroi le plus total, non seulement parce qu’elle a la nostalgie de ce pays (qu’elle a aidé à vaincre ses dissensions internes), mais aussi parce qu’elle y a laissé Arpège, le premier garçon qu’elle a réellement aimé. Tout cela s’accumule à son statut de jeune bachelière, supposée faire des vœux d’orientation, alors qu’elle n’a aucune foutue idée de ce qu’elle va bien pouvoir faire de son avenir. D’ailleurs, en jetant – trop – rapidement un œil au résumé avant d’attaquer ce livre, je pensais vraiment qu’il s’agirait d’un roman contemporain évoquant le sujet de l’orientation scolaire ! Et bizarrement… c’est le cas, parce que le sujet infuse vraiment le récit. Si vous êtes un.e pur.e amateurice de fantasy, pas de panique : fantasy il y a bien.

« À peine le printemps entamé, il avait fallu songer à ça. La suite, les études, la vie d’adulte. La plupart de mes camarades avaient l’air sûrs. A croire qu’ils avaient comploté leur avenir pendant qu’on révisait au CDI ou qu’on traînait dans la cour en attendant les vacances.
Donc ils multipliaient les voeux sur Internet : psycho, droit, socio, lettres, éco. Des choix définitifs, matures et ambitieux.
J’étais la seule à être paumée. La seule à faire semblant de grandir.
C’est que tout me paraissait si… bizarre. Gamine, je me figurais que ce truc abstrait, grandir, ça inclurait des paquets de certitudes. Sans compter porter des tailleurs et bosser dans des buildings géants, allumés même la nuit. Troquer le tailleur, le soir venu, pour une robe cocktail en lamé or. Je croyais que grandir, c’était la vie des pubs de parfum.
Je m’étais trompée. »

Car, dès lors que Violette trouve le moyen de replonger chez les Muses, on débarque dans un univers particulier et très original, qui ne surprendra certainement pas les lecteurices qui auront eu la sagesse de lire la saga dans l’ordre, mais qui m’a charmée.
En effet, les Muses sont, semble-t-il, entièrement dévouées à la musique, en témoignent leurs noms : Arpège côtoie Solfège, Cadence, Alto, ou encore le professeur Tessiture. La musique elle-même est très importante dans l’histoire, que ce soit parce que l’on se bat avec (notamment avec des archets), ou parce qu’elle est omniprésente dans l’intrigue : les fleurs chantent, les personnages chantent, les paroles et petites mélodies traversent le texte (il y a d’ailleurs une petite musicographie en fin de roman). D’ailleurs, on passe d’un monde à l’autre grâce à des boîtes à musique.
L’autre thème omniprésent dans l’histoire, c’est la nature et plus particulièrement les fleurs. Les Muses vivent en harmonie avec la première, et les secondes ont investi, semble-t-il, chaque centimètre carré de leurs espaces. Mieux, on travaille le vivant ! Il est donc tout à fait naturel d’avoir une moto vivante et ronronnante, et de faire pousser sa bicyclette comme une plante verte. Les personnages traversent des lieux où la végétation est luxuriante, ce qui donne lieu à des descriptions enchanteresses qui m’ont vraiment plu. D’ailleurs, cela imprègne le système de magie, qui s’appuie sur la nature. Celui-ci n’est pas hyper détaillé, mais j’imagine qu’il l’était un peu plus dans le premier volume.
Bref, entre la nature et la musique, j’ai été royalement dépaysée par l’univers original et flamboyant – que j’imagine très coloré.

Or, autant j’ai beaucoup aimé l’univers, autant c’est plutôt côté intrigue que cela a coincé. Le début m’a rendue très curieuse : Violette a vécu quelque chose d’extraordinaire, elle est revenue dans sa triste réalite, et elle déprime. Je trouvais ça vraiment intéressant comme point de départ. Tout s’est gâté, en quelque sorte, lorsqu’elle est passée de l’autre côté. Car, évidemment, ce qui s’est passé précédemment a eu des conséquences – et celles-ci n’ont pas forcément été bénéfiques pour tout le monde. Donc lorsque Violette revient… eh bien c’est toujours le bazar. Et c’est là que l’on retombe dans les sentiers battus de la fantasy, avec un personnage extérieur à l’univers qu’il découvre pas à pas et qui a les clefs pour le sauver (lesquelles échappaient aux autochtones).
Évidemment, Violette déclenche en sus un pouvoir fantastique, pas vu depuis des générations et qui fait d’elle, en quelque sorte, l’élue. J’ai été d’autant plus déçue que l’univers était hyper original et les péripéties… pas du tout. Car à partir de là, on suit le cheminement classique, l’élue doit apprendre à se battre (car oui, c’est carrément la guerre), les anciens amis sont devenus ennemis, l’apprentissage de l’élue n’est pas hyper probant mais, ouf ! ça passe. Bref : rien de bien nouveau sous le soleil. De plus, la romance est extrêmement présente dans le récit. Ce qui, en soi, est très logique, puisque c’était quand même à cause de ce garçon que Violette tentait à toutes forces de revenir chez les Muses. D’ailleurs, j’ai aimé que cela ne se déroule pas exactement comme elle l’avait rêvé. J’ai moins aimé la place très importante de la romance dans l’histoire, mais c’est plus par (dé)goût personnel ! À ce titre, j’ai trouvé la fin un poil trop doucereuse à mon goût.

 » Assieds-toi, on commence tout de suite. On va méditer.
Je me suis installée en face d’elle. Dans mon dos, Solfège et Arpège ont placé leurs mains sur les genoux et clos les paupières. Le plus naturellement du monde.
– C’est parti. Tu prends une grande inspiration… Tu souffles par la bouche en écrasant le ventre… Tu laisses passer les pensées comme des nuages… Et tu fais le vide…
J’entrouvrais un œil à l’occasion.
Apparemment, j’étais la seule à ne pas être très branchée zen. Pendant une vingtaine de minutes les autres ont « nettoyé leur mental » et « libéré les tensions du corps ». Moi, j’ai cogité au fait que je ne devais pas cogiter et que c’était déjà une cogitation en soi, j’ai ressenti de vives démangeaisons sous les cervicales, enfin j’ai compté les galets du jardin : 347. »

Malgré tout cela, j’ai lu ce roman d’une traite car, comme je l’ai dit, l’univers est très immersif. L’autrice a un style très fluide, qui rend la lecture hyper prenante. L’humour, en plus, est bien présent dans la narration, et c’était bien agréable.

En somme, j’ai hautement apprécié l’univers original, flamboyant et enchanteur que Joanne Richoux déploie dans ce roman ! Toutefois, les péripéties assez convenues m’ont un peu moins passionnée et quelque peu lassée, à la longue. Je dois dire que j’ai lu la seconde partie avec moins d’entrain que la première – alors même que j’étais vraiment embarquée par les descriptions et l’univers. C’était assez paradoxal ! C’est sans doute dû au style très fluide de l’autrice, qui rend la lecture très prenante.

Désaccordée #2 : Orageuse, Joanne Richoux. Gulf Stream, 25 juin 2020, 279 p.

Code Ezkutu : longue portée, John Etxebeltz.

2017. Le Pays basque, devenu indépendant, est le pays le plus riche du monde grâce au sensum, trouvé dans les vieilles mines jadis exploitées par les Romains. Ce métal doté de propriétés extraordinaires permet à l’humanité de régler la plupart de ses problèmes.
Quand Kemen Otsoa est retrouvé par les services secrets de la nouvelle Euskadi, cet ancien tireur d’élite passé à la clandestinité, pense qu’il va finir en prison pour le restant de sa vie… Contre toute attente, on lui propose d’intégrer la gade rapprochée de la Lehendakari, la présidente de la Confédération des Sept Provinces Basques Unies, une femme de tête qui compte faire de son petit pays le plus influent et le plus bienveillant du monde nouveau. Kemen accepte et découvre ses nouveaux compagnons d’armes, tous dévoués et rompus à la protection de leur chef vertueuse.
Cependant, les choses dérapent très vite. Car le sensum attire les convoitises, et notamment celles de Strydom, le corrupteur le plus riche du monde qui a uni toutes les mafias pour acheter les hommes politiques, piller la planète, et exploiter ses habitants. Il ne compte pas s’arrêter aux frontières des Sept Provinces Basques Unies…

Et hop, encore un livre piqué dans la bibliothèque paternelle ! Je crois bien que je le lui avais offert, en plus. J’avoue que j’étais hyper intriguée par le mélange anticipation/espionnage/roman du terroir. Et s’il y a de bonnes idées, j’avoue que je ressors un peu mitigée de cette lecture.

Mais commençons par les bons points !
J’ai vraiment adoré le point de départ de l’histoire : il faut avouer que l’idée est géniale pour un roman mêlant uchronie et anticipation.
D’ailleurs, le roman surfe sur plusieurs genres : uchronie et anticipation sont à l’honneur, bien sûr, mais se mêlent aussi à des brins de thriller et d’espionnage qui ne déparent en rien dans le récit. Les scènes d’action sont trépidantes, et l’enchaînement des révélations et/ou retournement de situation assure un confortable rythme de lecture.

Ce qui rend le récit intrigant, c’est qu’il s’appuie fortement sur le contexte mythologique et historique local. L’auteur récupère quelques faits historiques bien connus, comme la bataille de Roncevaux, ou l’Occupation nazie. Il brode un peu sur ces réalités, inventant ici une confrérie de Protecteurs, là une cache aussi séculaire que secrète bien cachée dans les montagnes. Ajoutez à cela une pincée de légendes locales bien ancrées, et voilà une intrigue palpitante qui ressemblerait presque à celle d’un thriller ésotérique. D’ailleurs… le roman propose une fin très ouverte, avec plein de questions ou développements en suspens, exactement comme dans un thriller ésotérique !

Bref, tout cela partait bien. Malheureusement, je dois dire que j’ai à de trop nombreuses reprises levé les yeux au ciel et soufflé en tournant les pages.
Alors que le récit partait bien avec une Présidente des Provinces Unies et quelques femmes dans la société secrète, j’ai dû me rendre à l’évidence : elles sont toutes hyper stéréotypées – évidemment canon et douces, et évidemment à protéger. Même les soldates ! Heureusement, il y a (malgré tout) une certaine égalité de traitement. Car les hommes ne sont pas mieux écrits, et sont cliché en tous points. Particulièrement le personnage principal, un soldat au passé évidemment douloureux et tortueux, forcément hyper-vertueux parce que c’est un mec bien, et plus musclé et badass qu’un bodybuilder allaité aux anabolisants – ce qui lui permet donc d’aller sauver de la gonzesse en boucle. Pfff !

Alors que le récit propose un intéressant mélange de genres et donc de possibilités de retournements, ceux-ci sont soit hyper convenus (et donc peu surprenants), soit arrivent comme un cheveu sur la soupe. Ainsi en est-il de l’identité réelle du protagoniste qui nous est révélée un peu gratuitement : non seulement elle n’apporte rien de palpitant à l’intrigue, mais en plus elle fait très « Gary Stu ». À ce stade, j’avoue que j’ai laissé échapper un petit rire nerveux devant autant de lieux communs !

Ceci étant dit, ce n’est pas le seul épisode à souffrir de ce traitement un peu artificiel. En effet, si l’intrigue est tenue par ce fil rouge de la protection du pays, elle est surtout constituée d’épisodes brefs qui semblent déconnectés les uns des autres et tombent d’un coup, donnant l’impression que c’est un peu gratuit. D’un côté, j’ai apprécié le suspense qui en découlait, mais j’en ai vraiment regretté l’aspect hyper artificiel. En fait, l’auteur ne nous raconte QUE les épisodes vitaux au déroulement de l’intrigue. Vous me direz que c’est un peu la base et c’est ce qui rend le récit efficace, mais celui-ci manque de fait clairement de corps, de profondeur politique, ou même de contexte. Le style n’étant en plus pas toujours folichon, c’était un peu dommage.

En somme, John Etxebeltz signe un roman qui regorge de bonnes idées (sur l’intrigue, le contexte socio-politique), mais dont le récit s’avère à la fois convenu et quelque peu superficiel. Néanmoins, les bonnes idées le sont suffisamment pour faire accrocher à l’intrigue et permettre une lecture assez prenante, pour peu que l’on mette de côté le style pas toujours extraordinaire, et l’absence générale de surprise.

Code Ezkutu : longue portée, John Etxebeltz. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Franck Sallaberry.
Aïtamatxi, mars 2009, 342 p.

Triangle amoureux (ou pas), Marisa Kanter.

Hallie et son meilleur ami sur Internet, Nash, peuvent parler de tout… sauf de qui elle est vraiment – un secret qu’elle garde jalousement pour une raison mystérieuse. Sur les réseaux sociaux, elle incarne Kels, l’énigmatique créatrice d’un bookstagram à qui ses coups de cœurs littéraires inspirent des recettes inédites de cupcakes. Kels a tout ce dont manque Hallie : des amis par dizaine, une assurance inébranlable… et Nash.
Mais ça, c’était avant. Au détour d’un énième déménagement, Hallie tombe par hasard sur Nash, le vrai, en chair et en os. Bonne nouvelle ? Pas vraiment… Car quand vient l’instant de se présenter, dos au mur, elle choisit de mentir. Furieuse de devoir entretenir cette mascarade dans les couloirs de l’unique lycée de leur petite ville, elle commence par battre froid le garçon à qui elle révèle pourtant presque tout d’elle chaque soir sur les réseaux sociaux. Si elle franchit le pas et révèle qui elle est, c’en est fini de leur amitié et de sa notoriété sur Internet…

Un livre dont la protagoniste est blogueuse et bookstagrameuse ! Forcément, je me sens intriguée ! Et je dois avouer que j’ai englouti le roman en moins de deux jours.

On y suit donc Hallie qui, dès le départ, se trouve empêtrée dans ses problèmes de double-personnalité et de vie virtuelle cachée. Si elle a toujours entretenu le mystère sur internet, cela s’explique aisément. Outre les traditionnelles précautions autour de la vie privée (que tout adolescent devrait observer !), elle ne souhaite pas que son lectorat sache qu’elle est, d’une part, la fille de Mad et Ari Levitt, deux documentaristes-presque-oscarisés et, d’autre part, la petite fille de Miriam Levitt, légende de l’édition. Qui, en plus, éditait jusqu’à son récent décès des romans destinés aux jeunes adultes, ce qui est pile poil le genre de lectures favori d’Hallie. La jeune fille ne souhaite donc pas que son blog soit soupçonné de collusion avec le monde de l’édition, d’autant moins qu’elle aimerait bien y travailler, dans l’édition – plutôt comme attachée de presse que comme éditrice, d’ailleurs, ce qui change un peu.
À cela s’ajoute la personnalité virtuelle qu’elle s’est construite : celle d’une fille cool, qui maîtrise sa vie et ses paroles, bien entourée et sûre d’elle. Ce qui est assez éloigné de sa personnalité réelle. Or, voilà le problème : une fois qu’elle est devant son meilleur ami, IRL, elle panique. Et s’il la trouvait inintéressante ? Donc paf, omission, et voilà Hallie forcée de jongler avec son double-elle.

Bref, voilà un roman qui commence doublement bien, avec deux thèmes qui me plaisent : la lecture (et la blogosphère littéraire, en l’occurrence), et la double-vie. Quelques autres thèmes comme l’amitié et l’amour (sans surprise), les relations familiales, le deuil et les études s’ajoutent rapidement mais sont traités avec un peu moins de profondeur que les deux thèmes phares.
Ce n’est pas gênant et cela apporte même du corps à l’intrigue. Car en même temps que le pataquès qu’elle a créé, Hallie doit gérer la relation avec son grand-père que le deuil a profondément transformé. Deuil qu’elle est elle-même en train de vivre. Elle est en terminale, donc elle doit également candidater à l’université et proposer un dossier qui plaira à celle de New-York, celle qui la préparera aux métiers de l’édition. À ce titre, on se rend compte que si feu Admission-Post-Bac avait été un véritable enfer à traverser (j’imagine que son petit frère, Parcoursup, est à l’avenant), les dossiers pour les facs américaines ne sont pas non plus de tout repos. Leur orientation, leur poursuite d’études et leurs carrières futures occupent toutes les pensées des personnages – du moins celles qui ne sont pas accaparées par leurs blogs respectifs. Et, bien sûr, elle doit tenter de maintenir / réparer son amitié avec Nash, à laquelle elle tient infiniment. Et ce n’est pas facile…

« Une amitié – une vraie -, ça ne se construit pas en un jour. Le chemin est pavé de maisons Barbie détruites, de hurlements sur un parking de cinéma et d’erreurs – parfois terribles. L’amitié, c’est un chaos de lignes tracées dans le sable, de loyautés remises en question et de réponses difficiles par messages. C’est oser se comparer et exposer ses insécurités.
Mais l’amitié, c’est aussi jouer au bowling selon ses propres règles. Rire à en avoir mal au ventre et les joues baignées de larmes. C’est savoir qu’on peut compter sur quelqu’un, des personnes en chair et en os à travers tout le pays, qu’un texto ou un appel suffit à rameuter. C’est avoir moins peur de sombrer dans les ténèbres quand on a des guides pour nous aider à progresser dans le noir.
L’amitié, ça n’a rien de simple. C’est difficile, énervant, génial, fragile, durable, impossible… Mais ça en vaut toujours la peine.
Toujours. »

Autre point que j’ai apprécié : la famille d’Hallie est juive et, si elle et son frère ont été élevés dans le respect global des traditions majeures, leurs parents n’ont jamais vraiment insisté sur les offices religieux. Or, le grand-père d’Hallie et Oliver, lui, tient vraiment à cette partie de son existence. De même que les camarades de lycée d’Hallie qui, peu à peu, va s’intéresser à ce que fait la communauté. Pas de panique si le prosélytisme vous colle de l’urticaire : l’autrice ne verse pas du tout  là-dedans. C’est juste un élément du décor et comme je n’ai pas l’impression de croiser souvent celui-ci, j’ai trouvé ça plutôt chouette.

Je ne vous spoile pas tellement sur l’intrigue en vous disant qu’Hallie et Nash vont peu à peu se rapprocher, du moins autant que possible avec les mensonges qu’Hallie a dressés entre eux. De ce point de vue-là, il est possible que vous ayez envie de coller de temps en temps des baffes à la jeune fille qui a mille fois – au bas mot – la possibilité d’avouer la supercherie… et n’en fait rien. Je dois dire que c’est là ce qui m’a le plus refroidie dans ma lecture et m’a empêchée de la trouver fabuleusement géniale.
L’autre détail qui m’a agacée chez Hallie est son inflexibilité quant à la littérature young-adult. D’après elle, il n’est rien de plus fatigant qu’échanger avec des adultes persuadés que la littérature YA leur est destinée. Eh bien, jeune fille, en tant que future attachée de presse spécialisée dans la littérature young adult, n’as-tu pas l’impression que tu vas devenir toi-même… une adulte lisant et défendant de la littérature YA ? Humm ? Alors ? Allez, elle a 17 ans, on lui pardonne cette erreur de jeunesse. (Même si c’est un peu idiot).
En tant que blogueuse, j’ai apprécié toutes les péripéties qui tournent autour du blog d’Hallie. Celle-ci imagine des cupcakes en accord avec les couvertures des romans qu’elle a lus et aimés. C’est vraiment un roman qui m’a (re)donné envie de bloguer, bouquiner… et cuisiner des cupcakes (du coup j’en ai fait, mais ce n’est pas ma pâtisserie préférée, en fait). Pour cette raison, je pense que le roman plaira aux blogueurs, booktubers et autres bookstragrameurs, comme aux passionnés de lecture. Mais ceux-ci n’auront peut-être pas la folle envie de se mettre au blogging, puisque l’autrice en montre aussi les effets pervers : le minutage de l’emploi du temps de Hallie pour lui permettre de jongler entre études/vie sociale/vie familiale/alimentation du blog en contenus, la gestion de ses réseaux sociaux et des trolls qui y traînent, les réflexions autour de sa personnalité numérique et des prises de position que sa communauté attend d’elle – ou pas. Bref : beaucoup de pression pour une jeune fille.

En bref, voilà un roman ado bien sympathique et qui n’aura pas fait long feu. Certaines péripéties et certains points de vue ne m’ont pas tellement convaincue, mais le style fluide et l’enchaînement rapide des rebondissements ont rendu ma lecture très prenante. Si l’intrigue n’est pas follement surprenante, je me suis laissée porter par l’histoire d’Hallie – ses amitiés, ses amours, ses emmerdes, si l’on peut dire. Une petite lecture douceur parfaite pour l’été !

Triangle amoureux (ou pas), Marisa Kanter. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Mathilde Montier.
Lumen, juin 2020, 433 p.

Brèves de comptoir #241

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : la SF comme anxiolytique ?

C’est un article de Margaux Dussert à lire sur L’ADN ;  il est basé sur un article en anglais de The Conversation.

Lundi encore : du succès du post-apocalyptique !

La SF a le vent en poupe cette semaine. Cette fois-ci, c’est un article de Nicolas Winter à lire sur Just A Word : L’Apocalypse : pourquoi aimons-nous autant en finir avec l’humanité ?

Mardi : les nominés du prix Planète SF des blogeurs !

Créé en 2011 par des blogueurs, le prix Planète SF des Blogueurs, (également appelé prix Planète SF) récompense chaque année le meilleur ouvrage (roman ou recueil de nouvelles) de science-fiction, fantasy ou fantastique inédit publié durant l’année écoulée. La sélection a la particularité d’être semi-publique, puisque chaque année, les membres du forum sont appelés à voter pour leur titre favori : celui qui récole le plus de suffrages intègre la liste des finalistes (les autres titres étant choisis par un vote du jury). Au départ remis durant les Utopiales de Nantes, le prix est désormais décerné durant Les Intergalactiques de Lyon.
Après le choix des forumeurs la semaine dernière, les membres du jury ont indiqué leurs choix. Et voici tous les titres en liste pour ce prix :

  • Trop semblable à l’éclair de Ada Palmer / Le Bélial (Trad. Michelle Charrier)
  • L’incivilité des fantômes de Rivers Solomon / Aux Forges de Vulcain (Trad. Francis Guévremont)
  • Lumières noires de N. K. Jemisin / J’ai Lu Nouveaux Millénaires (Trad. Michelle Charrier)
  • Vita Nostra de Marina et Sergueï Diatchenko / L’Atalante (Trad. Denis E. Savine).

La délibération aura lieu en septembre !

Puisqu’Ada Palmer est dans la sélection, pourquoi ne pas en profiter pour écouter l’épisode de La Méthode scientifique que Nicolas Martin lui a consacré ?

Mardi encore : créez vos uchronies !

Ce site, créé par @FibreTigre, propose une ligne temporelle avec quelques dates, que vous pouvez choisir de modifier (avec deux choix en général, impliquant suppression et/ou modification). Chaque modification est expliquée par un petit paragraphe narratif et entraîne des conséquences sur la ligne temporelle qui en découle ! À vous de jouer !

Mercredi : un podcast rôlistique pour Chronique du tueur de roi ?

À défaut du tome 3 ( 😥 ), Patrick Rothfuss a annoncé s’être associé à The One Shot Podcast. Ensemble, ils vont produire une mini-série audio dont les personnages vont jouer à un jeu de rôle se déroulant dans l’univers de sa série. Les nouveaux épisodes seront disponibles le lundi.

Jeudi : SF et optimisme !

Elisa Thévenet signe un article dans le monde qui s’intéresse à la SF optimiste. À lire ici.

Vendredi : des salons, plein de salons !

Nouvelles dates pour Gresimaginaires.

Le salon aurait dû avoir lieu les 4 et 5 avril 2020 : il aura finalement lieu les 17 et 18 octobre 2020, à Crolles (38). Toutes les infos ici.

L’affiche des Aventuriales.

Le salon aura lieu à Ménétrol (Puy-de-Dôme), les 26 et 27 septembre 2020. Voici l’affiche, réalisée par Lohran :

Imaginales d’automne.

Puisque les Imaginales officielles n’ont pas pu avoir lieu, une petite forme de secours, les Imaginales d’automne, sera organisée en fin d’année à Épinal, le week-end du 16 au 18 octobre. Au programme ; la remise des Prix Imaginales 2020, une vingtaine d’auteurs et autrices invité.e.s, des dédicaces dans un chapiteau installé à proximité de la Basilique Saint-Maurice, des expositions et des animations
Toutes les infos ici !

Vendredi encore : devenez juré du prix Utopiales !

Les Utopiales se dérouleront du 29 octobre au 2 novembre 2020, à La Cité des Congrès de Nantes, sous la présidence de Roland Lehoucq.

Cette année encore, le festival propose à quatre lecteurs de constituer le jury du Prix Utopiales. Il s’agire de lire 5 livres, fournis par le festival, durant l’été. La délibération finale se déroulera pendant le festival, et la remise de Prix se fera sur scène le samedi 31 octobre.

Les inscriptions pour le tirage au sort se font par mail à l’adresse suivante : utopiales-contact@lacite-nantes.fr en indiquant votre prénom, votre nom, votre adresse postale. Attention, le tirage au sort sera effectué la semaine du 29 juin, les candidatures sont acceptées jusqu’au 29 minuit. Les 4 personnes sélectionnées seront contactées individuellement.
Toutes les infos ici.

Week-end : Mana & Plasma, nouvel épisode !

Celui-ci, qui sera mis en ligne aujourd’hui, devrait s’intéresser aux clichés et stéréotypes dans les littératures de l’imaginaire. À écouter sur leur site !

 

Bon dimanche !

Brèves de comptoir #240

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : changements à venir dans The Witcher 2 !

La première saison de The Witcher se démarquait par une timeline bouleversée – qui a été source de nombreuses complaintes. Lauren Schmidt Hissrich, showrunneuse de la série, assure que dans cette seconde saison, la timeline sera unifiée. Voici ce qu’elle en dit :

« Évidemment, il s’agissait de l’une des parties les plus controversées de la saison 1 et je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit aussi controversée. Mais c’est un choix que j’assume et que je soutiens vis à vis de la narration. L’ objectif était de connaître chacun des personnages de manière singulière et la seule manière d’y arriver était de séparer leurs timelines. Mais ce qui est bien désormais, c’est qu’ils se sont retrouvés. Donc ce que vous allez voir dans la saison 2, c’est que tous nos personnages existent dans la même timeline.

Ce qui va nous permettre au niveau de la narration de jouer avec le temps de différentes manières. Nous allons pouvoir faire des flashbacks, des flashforwards, d’intégrer le temps d’une manière totalement différente à la saison 1. Parce que, comme vous pouvez l’imaginer, si nous avions trois différentes timelines dans la saison 1, et que nous faisions un flashback ou un flashforward, nous aurions alors quatre, cinq ou six timelines et même moi je sais que c’est trop. Je pense qu’il serait beaucoup plus facile pour l’audience de suivre et comprendre l’histoire, spécialement pour de nouveaux spectateurs. Mais il y aura tout de même d’autres challenges amusants à faire avec le temps. »

Du point de vue de l’histoire, on devrait également rencontrer les collègues sorceleurs de Geralt. Toutefois, il faudra encore être un peu patients, puisque la situation sanitaire a interrompu le tournage de la deuxième saison.

Lundi encore : bande-annonce pour la saison 3 de Dark !

La dernière saison de cette excellentissime série paraîtra le 27 juin sur Netflix ! Bref, il reste quelques jours pour potasser les deux premières saisons… vu la complexité de l’intrigue, ça me semble vital !

Mardi : un premier titre pour la shortlist du Prix Planète SF 2020 !

Créé en 2011 par des blogueurs, le prix Planète SF des Blogueurs, (également appelé prix Planète SF) récompense chaque année le meilleur ouvrage (roman ou recueil de nouvelles) de science-fiction, fantasy ou fantastique inédit publié durant l’année écoulée. La sélection a la particularité d’être semi-publique, puisque chaque année, les membres du forum sont appelés à voter pour leur titre favori : celui qui récole le plus de suffrages intègre la liste des finalistes (les autres titres étant choisis par un vote du jury). Au départ remis durant les Utopiales de Nantes, le prix est désormais décerné durant Les Intergalactiques de Lyon.
Les membres du forum Planète SF ont voté et désigné leurs titres favoris pour la shortlist du prix Planète SF des Blogueurs 2020. À l’issue d’un vote très serré, c’est Trop semblable à l’éclair d’Ada Palmer qui arrive en tête de liste (il était au coude à coude avec Vita nostra de Marina et Sergueï Diatchenko, mais a été placé de plus nombreuses fois en tête de liste que ce dernier). On attend désormais le choix du jury pour connaître la liste des finalistes !
Pour voir les autres titres cités dans la sélection, ça se passe .

Mardi encore : les finalistes du Prix Utopiales 2020 !

Prix Utopiales :

Tous les ans depuis 2007, le festival nantais dédié à la science-fiction récompense des auteurs européens des littératures de l’imaginaire. Le prix récompense un roman ou un recueil paru en langue française durant l’année précédente, et dont l’auteur est ressortissant de la communauté européenne.

Voici les finalistes :

  • Chiens de guerre, d’Alexandre Tchaikovsky (Denoël)
  • Inkarmations, de Pierre Bordage (Leha)
  • Les furtifs d’Alain Damasio (La Volte)
  • Les machines fantômes, d’Olivier Paquet (L’Atalante)
  • Rosewater, de Tade Thompson (J’ai lu).

Prix Utopiales jeunesse :

Le Prix Utopiales Jeunesse récompense chaque année un roman ou un recueil de nouvelles d’un auteur européen, paru ou traduit en langue française durant la saison littéraire qui précède le festival, appartenant au genre des littératures de l’imaginaire et destiné à un lectorat adolescent. Il est remis par un jury de lecteurs âgés de 13 à 16 ans et doté de 2000 euros. Voici les titres en lice cette année :

  • Boxap 13-07 d’Amalia Anastasio (Scrineo)
  • Et le désert disparaîtra de Marie Pavlenko (Flammarion Jeunesse)
  • Lou, après tout. Tome 1 : Le Grand Effondrement de Jérôme Leroy (Syros).
  • Sortie 32.b d’Antonio Da Silva (Le Rouergue)
  • Survival Game de Nicky Singer ( PKJ)

Mercredi : les bibliothèques idéales de Lionel Davoust, Jean-Laurent Del Socorro et Thomas Geha !

Les trois auteurs ont confié leurs incontournables à ActuSF. C’est à découvrir ici !

Mercredi encore : le thème du Mois de l’Imaginaire 2020 !

Pour la première fois depuis sa création, le Mois de l’Imaginaire se dote d’un thème. Cette année, ce sera Pouvoirs. Voici le communiqué officiel de l’événement :

Nous avons le plaisir de vous annoncer le thème du Mois de l’imaginaire 2020 : « Pouvoirs ».

Le pouvoir est au cœur de bien des récits dans les littératures de l’imaginaire. Que ce soit pour s’en emparer ou s’en libérer, que ce soit le pouvoir d’une nation, d’un parti, d’une guilde, le pouvoir qu’on exerce sur soi ou sur les autres. À travers ce thème fédérateur, nous espérons vous faire explorer la diversité littéraire et romanesque que la science-fiction, la fantasy et le fantastique déploient pour mettre en scène les arcanes de la « comédie humaine ».
C’est la première fois que le Mois de l’imaginaire se dote d’une thématique, après trois éditions qui furent des succès. Notre philosophie est de laisser le choix à chacun de s’en emparer afin que les libraires, les bibliothécaires, les éditeurs – tous les acteurs de la chaîne du livre – puissent proposer des animations autour de ce thème : débats, listes de lectures, conférences, expositions… Toutes vos idées seront les bienvenues, nous nous ferons une joie de les accompagner.
Le Mois de l’imaginaire rassemble une quarantaine d’éditeurs mais aussi des dizaines de libraires, de médiathèques et de salons. Plus de 250 événements ont déjà eu lieu ces trois dernières années. C’est une initiative comme il y en a peu en littérature et dans le monde du livre.
Nous sommes à votre disposition pour toute question et nous vous donnons rendez-vous fin septembre pour le lancement lors d’une soirée parisienne festive !

Dans ma bibli, ce sera sans coller au thème, puisqu’on est partis sur la SF (pour coller à la Fête de la Science, qui tombe en même temps). Et vu qu’on prépare le programme d’une année sur l’autre, on ne va pas tout modifier maintenant !

Jeudi : les lauréats du prix Babelio !

Le prix Babelio récompense 10 titres, dans 10 catégories différentes, parus entre octobre de l’année précédente et mai de l’année en cours. Le jury se compose des utilisateurs du site ; chaque catégorie présente les 10 titres les plus populaires sur Babelio (soit les dix livres les plus ajoutés dans des bibliothèques de lecteurs). Et voici les 10 lauréats :

Les autres titres en lice sont visibles ici. Et voici la vidéo publiée par Babelio :

Vendredi : beaucoup trop de décès cette semaine !

Cette semaine, l’auteur Carlos Ruiz Zafon et le comédien Sir Ian Holm (Bilbo !!) sont décédés. Peter Jackson a d’ailleurs publié un hommage à Ian Holm sur sa page Facebook.

 

Bon dimanche !

Cartes sur table, Agatha Christie.

Mr Shaitana est un bien étrange personnage : longue figure, moustache cosmétiquée et sourcils en accents circonflexes qui accentuent son air de Méphisto. Et Mr Shaitana, qui est véritablement diabolique, s’est plu, ce soir-là, à convier à dîner huit hôtes triés sur le volet : quatre spécialistes du crime et quatre personnes qui seraient – à ses dires – des criminels assez habiles pour ne s’être jamais fait pincer. Il ne faut pas trop jouer avec le feu, fût-on le diable ou peu s’en faut. Au cours de la partie de bridge qui prolonge cette extravagante soirée, le rictus démoniaque s’effacera définitivement de la longue face de Mr Shaitana. Tout simplement parce que l’un de ses invités lui a donné un coup de poignard bien placé…

J’ai continué sur ma lancée télétravail et livre audio avec Cartes sur table d’Agatha Christie – dont j’ai dû voir l’adaptation une douzaine de fois, ce qui ne m’a pas empêchée d’écouter avec attention et passion !

C’est un roman à la fois classique dans la bibliographie d’Agatha Christie, puisque l’intrigue se déroule dans un univers très feutré, quasiment à huis-clos, et en même temps très étonnant, puisqu’on assiste à une joute d’enquêteurs. En effet, dès l’instant où il est certain que le meurtre a été commis, les quatre spécialistes du crime se retrouvent en compétition pour les résoudre.
Chacun y va donc de sa petite enquête et de ses méthodes : le colonel Race et le superintendant Battle façon « enquête classique », Mrs Ariadne Oliver en utilisant son intuition et son sens de l’observation, et Hercule Poirot, comme d’habitude, en utilisant ses « petites cellules grises ». Les deux premiers ne sont pas très présents dans l’intrigue, dont la résolution est vraiment menée par Hercule Poirot et Mrs Oliver. Celle-ci, autrice de romans policiers, ponctue son enquête de remarques sur l’écriture, les personnages, la création d’une intrigue, ou la réception d’un roman par ses lecteurs. Le tout avec beaucoup d’ironie – et sans doute d’autodérision de la part d’Agatha Christie, dont c’est clairement l’avatar.

L’enquête est assez complexe et, comme souvent, repose sur de très petits détails (comme les annonces du jeu de bridge qui était en cours au moment du meurtre), qui font tout son sel. L’émulation entre les enquêteurs est vraiment très prenante. Et ce qui ajoute ici du suspense, c’est que les quatre suspects ont déjà été soupçonnés dans d’autres affaires, dont les échos viennent se mêler à l’enquête en cours. Alors, meurtriers, ou pas ? Évidemment, on attend de savoir qui a vraiment fait le coup (puisqu’ils en avaient tous l’opportunité), mais on se passionne assez vite également pour leurs passés respectifs. Le tout est vraiment bien mené et monté. La preuve, bien que j’aie vu plusieurs fois l’adaptation, je n’ai pas trouvé le coupable avant d’avoir bien avancé dans mon audiolecture !

Cerise sur le gâteau, Denis Podalydès lit ce roman avec beaucoup de talent, ce qui ajoute au côté très prenant de l’histoire.

Agatha Christie est une valeur sûre, et elle me l’a encore prouvé avec Cartes sur table. J’ai adoré redécouvrir cette histoire en version audio et me suis totalement laissée porter par le rythme des péripéties, comme par la voix du lecteur. J’ai aimé la petite compétition entre les enquêteurs et le récit rondement mené. Bref, une réussite. J’ai d’autres titres d’Agatha Christie à écouter et j’ai hâte de m’y mettre !

Cartes sur table, Agatha Christie.
Traduit de l’anglais par Alexis Champon. Lu par Denis Podalydès.
Thélème, 2004, 200 minutes.

Brèves de comptoir #239

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : Les Archives de Roshar, le jeu de société !

L’adaptation ludique de la série de Brandon Sanderson s’intitulera Call to Adventure : The Stormlight Archive ; c’est une nouvelle version de Call to Adventure, jeu de Chris et Johnny O’Neal (Brotherwise Games). Il sera disponible aux États-Unis à partir du 1er juillet et des versions traduites sont prévues pour 2021.

Lundi encore : Procrastination, S04e16 !

Lionel Davoust, Mélanie Fazi et Estelle Faye se penchent, dans cet épisode, sur les réactions des éditeurs. L’épisode s’écoute ici !

Mardi : les vainqueurs du prix Nebula 2020 !

Tous les ans, la Science Fiction & Fantasy Writters of America décerne le prix Nebula à l’œuvre de SF ou de fantasy jugée la plus novatrice. Vu l’organisme qui décerne ce prix, il n’y a que des auteurs américains primés, dans 4 catégories différentes (suivant la taille de leurs œuvres) : roman, novella, novelette, et nouvelle courte. La première édition, en 1965, a primé Dune de Frank Herbert, chef d’œuvre de la SF.

  • Meilleur roman : A Song for a New Day, de Sarah Pinsker
  • Meilleure novella : This Is How You Lose the Time War, d’Amal El-Mohtar et Max Gladstone
  • Meilleure novelette : Carpe Glitter, de Cat Rambo
  • Meilleure nouvelle : Give the Family My Love, d’A. T. Greenblatt
  • Ray Bradbury Nebula Award for Outstanding Dramatic Presentation : Good Omens, le troisième épisode intitulé Hard Times écrit par Neil Gaiman (Amazon Studios et BBC Studios)
  • Andre Norton Nebula Award for Middle Grade and Young Adult Fiction : Riverland by Fran Wilde
  • Best Game Writing : The Outer Worlds de Leonard Boyarsky, Kate Dollarhyde, Paul Kirsch, Chris L’Etoile, Daniel McPhee, Carrie Patel, Nitai Poddar, Marc Soskin, et Megan Starks

Mardi encore : opération « Dix ans, dix romans » de Bragelonne !

Comme tous les étés, Bragelonne publie une nouvelle salve de romans anniversaire – même si on est plutôt dans les 20 ans que dans les 10, cette année. Voici les titres de l’année :

  • Belladone – L’Intégrale de Michelle Rowen
  • Elamia – L’Intégrale d’Erik Wietzel
  • Kull le roi atlante de Robert E. Howard
  • La Grande Route du Nord – L’Intégrale de Peter F. Hamilton
  • La Guerre des ténèbres – L’Intégrale de Raymond E. Feist
  • La Loi des Neuf de Terry Goodkind
  • Nouveau printemps de Robert Jordan
  • Serge Lehman présente – La Guerre des règnes – L’Intégrale de J.-H. Rosny aîné
  • Vivants d’Isaac Marion
  • Le Cœur du monde – Tome 1 : Farlander de Col Buchanan

Mercredi : Les Lames du Cardinal bientôt adapté !

Il est de nouveau question d’une possible adaptation télé des Lames du cardinal. Pierre Pevel et les éditions Bragelonne ont cédé les droits audiovisuels de la série à Golden Network (groupe M6). Aucune autre info pour l’instant, donc affaire à suivre.

Mercredi encore : nominés au Prix Shirley Jackson !

Ce prix, nommé en l’honneur d’une romancière américaine spécialiste du roman fantastique, distingue un accomplissement littéraire dans les genres de l’horreur, du thriller psychologique et de la dark fantasy. Les nominés de l’année viennent d’être annoncés. Dans la mesure où la liste est un peu longue, je vous invite à aller la voir directement sur le site de Locus mag.

Jeudi : Christelle Dabos vous propose de parler avec vous !

L’autrice se propose d’ouvrir un salon Discord dans lequel discuter avec ses lecteurs et lectrices. Celui-ci sera ouvert uniquement aux dates et heures de rencontres. Infos ici !

Jeudi encore : nouvelle traduction du Silmarillion !

Les éditions Bourgois viennent d’annoncer une nouvelle traduction du Silmarillion par Daniel Lauzon. La date précise de parution n’est pas encore annoncée, mais ce livre devrait paraître en 2021.

Vendredi : concert gratuit Miyazaki, Ghibli, Animation Japonaise !

Le Neko Light Orchestra propose un concert en ligne gratuit consacré aux musiques de films du studio Ghibli. Le concert aura lieu dimanche 14 juin à 21h sur la Chaîne Twitch du Neko Light Orchestra.

Toutes les informations utiles sont disponibles ici.

Vendredi encore : les sélectionnés au Prix des Horizons Imaginaires !

Le Prix des Horizons Imaginaires  est un prix Canadien récompensant des oeuvres fantastiques ou de science-fiction sélectionnés par un comité de spécialistes (libraires, enseignants, critiques, auteurs, etc). Le prix, inspiré des Prix Imaginales des Collégiens et Lycéens, invite les collégiens à découvrir cinq romans ou recueils de nouvelles écrits en français par des auteurs canadiens. Voici les trois finalistes :

– Le Marabout d’Ayavi Lake (VLB)
Oshima de Serge Lamothe (Alto)
Précis de survie hors de l’eau de Dominique Nantel (Tête première).

Les résultats seront annoncés à l’automne ; toutes les infos sont ici.

 

Bon dimanche !