Brèves de comptoir #224

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : les meilleurs romans d’imaginaire de The Guardian !

Le journal a annoncé sa liste des meilleurs livres de SF et de fantasy parus en 2019, sélectionnés par Adam Roberts :

  • A Little Hatred, Joe Abercrombie (Gollancz)
  • The City in the Middle of the Night, Charlie Jane Anders (Titan)
  • Exhalation, Ted Chiang (Picador)
  • The Archive of Alternate Endings, Lindsey Drager (Dzanc)
  • This Is How You Lose the Time War, Amal El-Mohtar & Max Gladstone (Jo Fletcher)
  • Black Leopard, Red Wolf, Marlon James (Hamish Hamilton)
  • Always North, Vicki Jarrett (Unsung)
  • The Migration, Helen Marshall (Titan)
  • A Memory Called Empire, Arkady Martine (Tor)
  • Infinite Detail, Tim Maughan (MCD x FSG Originals)
  • The Starless Sea, Erin Morgenstern (Harvill Secker)
  • The Future of Another Timeline, Annalee Newitz (Orbit)
  • The Pursuit of William Abbey, Claire North (Orbit)
  • Doggerland, Ben Smith (4th Estate)
  • The Rosewater Redemption, Tade Thompson (Orbit)
  • Wanderers, Chuck Wendig (Del Rey).

Le journaliste a élu Infinite Detail (Tim Maughan) comme livre de l’année ! La sélection SFFF est visible ici, celle des autres genres ici.

Lundi encore : une mini-série de vampires sur Youtube !

Basée sur le roman Nevernight de Jay Kristoff, la mini-série éponyme de trois épisodes est co-produite par Screen Australia, Youtube et Google. Elle narre le voyage de Mia Corvere, la protagoniste interprétée par Piéra Forde vers l’Église Rouge.

Mardi : entretien avec Philip Pullmann !

L’équipe de France Culture a rencontré l’auteur britannique, dont la série A la Croisée des mondes vient d’être réadaptée en série. L’entretien est à regarder ici !

Mercredi : les coups de cœur 2019 de Boudicca !

La liste est à découvrir sur son blog, Le Bibliocosme. Il y a plein de bonnes choses dedans !

Mercredi encore : pourquoi les orcs sont-ils verts ?

L’historien et spécialiste de pop-culture William Blanc répond à cette vaste question dans cet article, paru sur Le Point Pop.

Jeudi : concours de nouvelles René Barjavel, 8e !

Le festival de SF lyonnais Les Intergalactiques (23-28 avril 2020) vient de révéler le thème de son 8e concours de nouvelles de SF René Barjavel :

« Il y a quelqu’un qui vit dans ma tête,
et il ne vit pas dans ce siècle-ci »

Les nouvelles sont attendues avant le 1er mars 2020, minuit. Toutes les modalités sont visibles ici.

Jeudi encore : la Grande Nuit du Steampunk !

Samedi 20 décembre, Tournefeuille accueille la Grande Nuit du Steampunk. Cette soirée multi-artistique rassemblera artistes de danse, cirque, néo-cabaret, performances mais aussi concerts, DJ et show vidéo. Programme, tarifs et autres informations disponibles ici !

Jeudi toujours : un « conlanger », qu’est-ce que c’est ?

Le linguiste Frédéric Landragin révèle sur le journal du CNRS les dessous de cette profession linguistique qui a tout à voir avec la SF.

Si le sujet vous intéresse, le youtubeur Linguisticae a consacré une série de vidéos, Lingua Franca, au sujet.

Vendredi : interview de Christian Léourier !

A l’occasion des Utopiales 2019, l’équipe de Fantastinet a rencontré l’auteur de SF. Entretien à lire sur le site !

Vendredi encore : concours de nouvelles mi-polar, mi-SF !

Le collectif Calibre 35 lance son nouveau concours de nouvelles polar :

Infos subsidiaires ici ou bien .

Vendredi toujours : entretien avec Christelle Dabos !

Vu le succès de sa saga La Passe-Miroir, les medias généraliste se bousculent au portillon pour interviewer l’autrice. Voici l’entretien qu’elle a eu avec Manon Botticelli pour France TV infos.

Week-end : marathon Buffy à Paris !

Samedi 14 décembre 2019, la Cinémathèque française (51, rue de Bercy, 75012 Paris) organise un marathon consacré à Buffy. 10 épisodes de la série seront diffusés de midi à minuit ! Plus d’infos ici.

Week-end encore : Fictions et science-fiction !

L’émission littéraire Fictions de France Culture a mis la SF à l’honneur dans une série de trois épisodes qui vient de se conclure. Le premier était consacré à Léo Henry, le deuxième à Stéphane Michaka et le dernier à Ketty Steward.

 

Bon dimanche !

Brèves de comptoir #223

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : la boutique en ligne de Marc Simonetti !

L’artiste vient d’ouvrir une boutique en ligne où il propose quelques impressions des illustrations qu’il a réalisées, notamment celles des couvertures du Nom du Vent, du Livre des Martyrs ou bien de Dune.

Mardi : que dit la SF de notre présent ?

C’est la question que se sont posée Laure Beaudonnet, journaliste, Frank Lafond, auteur du Dictionnaire fantastique et de science-fiction (Vendémiaire, 2014) et l’auteur de science-fiction Jean-Pierre Andrevon. Le podcast, Minute papillon !, est audible ici.

Mercredi : appels à texte !

Appel à textes des éditions Livr’S !

Les éditions Livr’S lancent un appel à textes pour leur nouvelle anthologie, intitulée Nouvelles Ères, à paraître en 2020. Le recueil est destiné à un public non averti et les récits futuristes/dystopiques seront privilégiés.
L’appel à textes est ouvert à tous, et sans limite de participation par auteur. Le thème, Nouvelle ère, pourra être abordé de la façon qui plaira aux auteurs. Les textes devront faire entre 10 000 et 35 000 mots. Les récits sont attendus au plus tard le 1er décembre à minuit, à l’adresse manuscrits@livrs-editions.com
Toutes les infos subsidiaires sont visibles ici.

Appel à textes Crappy Princesses !

Les éditions Nutty Sheep lancent elles aussi un appel à textes humoristiques SFFF, sur le thème de « Crappy Princesses » – dans le cadre de la collection Crappy, dirigée par Yvan Barbedette. Voici les consignes :

L’an dernier, « Crappy Heroes » avait fait subir au mythe du héros noble et farouche le supplice de la moissonneuse-batteuse… Voici venu le temps de ridiculiser son alter ego féminin : la princesse ! Mais, pour démolir un tel monument, il faut bien en connaître les plans, histoire de savoir où poser efficacement les charges ! Pour vous aider, voici donc les principales caractéristiques de la Princesse : les princesses sont belles, élégantes et photogéniques en toutes circonstances. Les princesses gardent l’haleine fraîche, même après une sieste de cent ans. Les princesses sont faibles et fragiles, une mouche anémique peut les assommer. Les princesses aiment faire le ménage, même dans un taudis habité par des nains crasseux. Les princesses ne se sentent chez elles que s’il y a des moulures au plafond. Les princesses préfèrent toujours les princes courageux aux inspecteurs des impôts. Les princesses chevauchent des licornes, jamais de condylure à nez étoilé (googlisez ça !). Les princesses n’ont ni crottes de nez, ni miel d’oreilles, ni cacas entre les orteils. Les princesses n’attrapent jamais de MST, pas même un minuscule herpès. Les princesses ne vont ni aux toilettes ni en désintox. Les princesses font toujours preuve de compassion pour les pauvres et les moches. Enfin, les princesses ne s’appellent jamais Saucissona, Gérard ou Renoncule. Nous attendons des nouvelles de moins de 15 000 signes espaces comprises, drôles et tout public ! Attention, manipuler l’humour c’est comme faire atterrir un Airbus sur une pâquerette : cela demande subtilité et précision.

Les textes sont attendus au plus tard pour le 1er février 2020 et doivent être envoyés à l’adresse nuttysheep.editions@gmail.com
Autres infos ici !

Jeudi : la shortlist du prix Aventuriales !

Le Prix Aventuriales récompense un roman appartenant aux genres de l’imaginaire : science-fiction, fantastique ou fantasy, publié au sein d’une maison d’édition à compte d’éditeur qui ne bénéficie pas d’un réseau de diffusion national.
Voici les 6 titres retenus en shortlist :

L’homme maigre, de Xavier Otzi – éditions Luciférine.
Dans l’ombre des miroirs, de Marge Nantel – éditions 1115.
Replis, d’Emmanuel Quentin – éditions Mü.
La Pierre d’Isis, Isulka la mageresse, de Morgane Stankiewiez, paru sous le pseudonyme de Dorian Lake – éditions Noir Absinthe.
Le rapport Otherlander, de Laurent Mantese – éditions Malpertuis.
Jonctions, Voyager, tome 1 de Stéphane Desienne – éditions du 38.

La liste des titres sélectionnés au premier tour est visible ici.

Vendredi : Christelle Dabos est dans Le Monde !

Ce n’est pas souvent que la presse généraliste s’intéresse à la SFFF mais la parution du tome 4 de La Passe-Miroir valait bien un article dans Le Monde !

Vendredi encore : le tarot des miroirs par Beren !

L’illustratrice avait fait de La Passe-Miroir le thème de son Inktober 2019 visible sur son compte Instagram.
Elle propose de faire voir le jour à son projet avec un financement Ulule. Si vous voulez participer (le projet est déjà financé !), il ne reste qu’une dizaine de jours pour la collecte !

Week-end : le calendrier de l’avent de La Dernière geste !

Morgan of Glencoe autrice du génial Dans l’ombre de Parisque je vais chroniquer un jour, promis ! – a concocté un calendrier de l’Avent reprenant son univers. Chaque jour, découvrez un texte lu par ses soins sur sa chaîne Youtube !

Bon dimanche !

Brèves de comptoir #222

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

 

Il n’y a pas eu de brèves ces dernières semaines, car j’étais occupée en vacances, avec la tempête Amélie (si vous pensez que les deux propositions sont antinomiques, vous avez raison, et c’est pourquoi les derniers dimanches ont été muets). Bref, de retour au sec, on reprend les brèves !

Lundi : les guides SF de Soleil !

Les éditions Soleil lancent des Guides SF à l’usage des lecteurs, conçus pour faire découvrir aux lecteurs des sous-genres spécifiques de la SF, avec une présentation de la thématique abordée, des références cinématographiques et littéraires, des conseils de lecture BD et des bonus. Leur premier guide est consacré au Space Opéra et est consultable ici.

Lundi encore : le grand entretien de Gilles Dumay !

L’éditeur d’Albin Michel imaginaire (et auparavant de Lunes d’Encres), auteur sous le pseudonyme de Thomas Day, est au micro de Nicolas Martin dans La Méthode scientifique, sur France Culture. Le podcast est audible ici.

Mardi : concours de nouvelles Visions du Futur 2020 !

Le club Présences d’Esprit lance la 23e édition de son concours de nouvelles avec 4 sujets au choix :

A. « Le monde est à eux. Enfin. » Jean-Pierre Andrevon
B. Ma vie est incertaine.
C. « Tout casser, […] mais avec du style. » Brandon Sanderson.
D. « La raison du plus fou est toujours la meilleure » Raymond Devos.

La nouvelle (totalement inédite sur tous supports) devra appartenir au genre des littératures de l’Imaginaire (en format .rtf ou .doc) et devra comporter un maximum de 40000 signes, espaces comprises. Elle est à envoyer à visionsdufutur@presences-d-esprit.com avant le dimanche 5 avril minuit.

Détails et infos subsidiaires ici !

Mercredi : un prix Aventuriales pour 2020 !

Fidèles à leur engagement de soutien aux petites maisons d’édition, et désireuses de contribuer à mettre en lumière des œuvres parues en leur sein, Les Aventuriales ont décidé de lancer un « Prix Aventuriales », qui récompensera un roman appartenant aux genres de l’imaginaire : science-fiction, fantastique ou fantasy, publié au sein d’une maison d’édition à compte d’éditeur qui ne bénéficie pas d’un réseau de diffusion national. Cette année, pour lancer ce prix, les membres du comité de sélection ont identifié 6 romans parmi leurs préférés qui seront départagés par des comités de lecteurs recrutés par nos partenaires (librairies, médiathèques). Voici les titres en lice :

Toxic de Stéphane Desienne – éditions Gephyre
Ceux du mercure, Kerys de Catherine Loiseau – éditions Hydralune
Panthère des ténèbres, Mojunsha de Sara Pintado – éditions Noir Absinthe
Alchimiste de Jean-Pierre Fayard – éditions Séma
Octavie d’Urville d’Esther Brassac – éditions du Chat Noir
Féline, d’Arnaud Pontier – éditions Rivière Blanche
Noces d’écailles d’Anthelme Hauchecorne – éditions du Chat Noir
Dans l’ombre des miroirs, de Marge Nantel – éditions 1115
Scrops, de Maëlig Duval – éditions Gephyre
La cité verte, Forestelle d’Aline Maurice – éditions Au loup édition
La Pierre d’Isis, Isulka la mageresse, de Morgane Stankiewiez, paru sous le pseudonyme de Dorian Lake – éditions Noir Absinthe
Le club des érudits Hallucinés, de Marie Lucie Bouton – éditions du Chat Noir
L’homme maigre, de Xavier Otzi – éditions Luciférine
Darkwood, Heaven Forest d’Andrea Deslacs – éditions Hydralune
Le rapport Otherlander, de Laurent Mantese – éditions Malpertuis
Vert de lierre, de Louise Le Bars – éditions Noir Absinthe
Wake the dead, de Fréderic Czilinder – éditions Armada
Cendres, de Johanna Marines – éditions Snag
Replis, d’Emmanuel Quentin – éditions Mü
Les larmes de Yada de Lille Bagage – éditions Nestiveqnen
Sur Mars, d’Arnaud Pontier – éditions 1115
Les bulles du diable, de Yann Quero – éditions L’ivre-book
Inhumaine, retour aux sources, de Sophie Moulay – éditions du 38
Fragments de fleurs aux pétales cramoisis, de Santiago Eximeno – éditions Gephyre
Jonctions, Voyager de Stéphane Desienne – éditions du 38

La shortlist sera annoncée mercredi prochain !

Mercredi encore : la couverture du dernier tome des Récits du Demi-Loup !

C’est une fin de série que j’attends avec grande impatience ! Chloé Chevalier vient de révéler la couverture du tome 4 de sa série, Clémente nous soit la pluie. La couv’ est signée, comme les précédentes, Melchior Ascaride !

La parution est prévue pour avril 2020 !

Jeudi : chasse aux sorcières, contestation sociale et antifascisme dans Harry Potter !

Cet article de Silène Edgar est à lire sur Actusf !

Vendredi : les salons du week-end prochain !

Samedi 30 novembre, ce sont les 16e Rencontres de l’imaginaire de Sèvres (8, rue de Ville d’Avray, 92310 Sèvres). L’invité d’honneur est Jean-Baptiste Baronian. Tout le programme est visible ici.

Du 28 novembre au 2 décembre, ce sera le Salon du Livre et de la presse jeunesse de Montreuil (3, rue Debergue, 93100 Montreuil). Le programme est visible ici.

 

Bon dimanche !

Les Aigles de Vishan Lour, Pierre Bottero.

Plume est une Ombre.
Grâce à ses talents d’acrobate, elle se glisse discrètement dans la nuit.
Jeune écuyer des Chevaliers du Vent, Estéblan accompagne la délégation chargée de rappeler au nouveau roi ses devoirs. Quand la délégation est assassinée, il est menacé à son tour.
Plume sera-t-elle son alliée ?

En 2005, j’étais toujours une lectrice assidue du mensuel Je Bouquine. J’avais donc été ravie d’y lire une nouvelle de Pierre Bottero, dont j’étais déjà très fan. Depuis, Les aigles de Vishan Lour a été republiée, toujours dans Je Bouquine (en 2015), mais jamais en volume tiré à part. Cette année, Rageot publie donc enfin ce texte qui manquait à l’œuvre complète de l’auteur, et c’est l’occasion de se (re)plonger dedans !

Premier point, l’intrigue ne se déroule a priori pas dans le méta-univers Gwendalavir auquel les autres romans de l’auteur nous ont habitués (quoique cela se pourrait, dans une contrée non citée dans les autres romans). Bien que la novella fasse moins de 100 pages, Pierre Bottero parvient à nous expliquer rapidement les tenants et aboutissants de l’univers, tant culturels que politiques.
De même, les personnages sont caractérisés rapidement. Les protagonistes collent à des stéréotypes (la voleuse, le chevalier), mais ce n’est pas gênant. D’une part parce que l’auteur ne sombre pas dans le cliché (du moins pour les protagonistes) et, d’autre part, parce qu’ils sont vraiment cohérents. D’ailleurs, Plume a des petits airs de Marchombre… d’Ombre à Marchombre, il n’y a peut-être qu’un pas ?

Le roman est dépourvu de concept magique hyper alambiqué – ce qui le rend donc accessible à des néophytes. L’originalité de l’univers, c’est l’importance qui y est accordée aux oiseaux. La Confrérie des Chevaliers du vent chevauche d’immenses aigles domestiqués mais néanmoins fiers. Rien que ce point avait suffi à me faire rêver à l’époque de ma première lecture, et m’a de nouveau embarquée cette fois-ci. Estéblan lui-même est maître d’un jeune autour, qu’il promène sur son bras. Plume, quant à elle, ne fait rien sans sa chouette effraie, qui lui sert aussi bien de complice que d’amie.

L’histoire débute in medias res et les lecteurs sont projetés directement dans le feu de l’action. Sur les quelques premières lignes, on peut avoir l’impression d’avoir raté des épisodes, mais rapidement l’auteur rattrape ses lecteurs. Évidemment, on a l’impression que cette petite aventure prend place dans quelque chose de bien plus vaste que l’on ne fait que toucher du doigt, mais ce n’est pas tellement gênant, car on a juste les détails dont on a besoin pour comprendre l’aventure que l’on suit.
Toutefois je mentirais en disant que je n’étais pas frustrée en terminant ma lecture. Le récit était si entraînant que j’aurais aimé en avoir plus, et je serais partie sans barguigner pour 300 pages (voire trois tomes) de plus !

En somme, retrouver l’écriture fluide et imagée de Pierre Bottero, même en relecture, était un plaisir. La nouvelle est bien menée, et propose un univers et des personnages convaincants – malgré la brièveté de l’ensemble. L’intrigue, comme le style, étant très accessible, je proposerais volontiers ce texte à de jeunes lecteurs, ou à de grands débutants en fantasy. 

Les Aigles de Vishan Lour, Pierre Bottero. Rageot, 11 septembre 2019, 96 p.

 

La Riposte, Le Noir est ma couleur #3, Olivier Gay.

Depuis que Jordan, un jeune mage, est arrivé au lycée, Manon est en danger. Il menace de révéler son secret et de la dénoncer au Conseil si elle ne s’éloigne pas d’Alexandre.
Mais l’union fait la force. Quand Alexandre découvre les manœuvres de son rival, il persuade Manon de riposter.
Violemment.
Va-t-elle commettre l’irréparable ?

Comme j’avais envie d’une lecture à la fois courte, marrante et réconfortante, j’ai pioché dans ma bibli ce troisième tome du Noir est ma couleur. Et bien m’en a pris, car cette série me semble meilleure à chaque tome !

L’intrigue reprend là où s’achevait le tome 2. Manon, aux prises avec le Noir, tente de protéger Alexandre de Jordan, lequel exerce un vilain chantage sur elle. Vous vous souvenez, au tome 2 ? J’avais peur que l’on tombe dans le triangle amoureux. Et si ça en a toutes les apparences aux yeux du commun des mortels, on en est en fait loin – on est même à deux doigts de la torture psychologique. Cela ne semble pourtant pas choquer Jordan, qui endosse de mieux en mieux les oripeaux de l’opposant principal !

Mais est-il le seul ? Si l’on suit les règles de l’univers dans lequel on évolue, Manon n’est pas hyper nette non plus de son côté. D’ailleurs, tout le Conseil des Mages est sur les dents, et tente d’arrêter les Mages noirs qui sont en ville. Au programme, donc : de très nombreuses courses-poursuites et quelques luttes acharnées, pour échapper à Jordan ou au père de Manon et à ses petits camarades – qui ne savent pas qui ils traquent, mais y mettent tout de même beaucoup d’enthousiasme. Ce volume réserve donc son lot de péripéties et d’adrénaline, et il est très, mais alors très difficile de décrocher entre deux chapitres.

Comme à l’accoutumée, ceux-ci alternent entre les points de vue de Manon et d’Alexandre, mais en inversant la tendance du tome précédent. Dans le tome 2, Manon savait ce qu’avait vécu Alexandre dans le laps de temps effacé de sa mémoire, sans lui en révéler la teneur. Cette fois c’est Manon qui est victime d’un black-out, dont Alexandre n’ignore rien, sans toutefois lui communiquer les détails manquants. Le jeu du chat et de la souris entre les deux adolescents continue donc, et repart même de plus belle.
Par ailleurs, j’ai aimé que le récit s’enrichisse de sous-intrigues parallèles, notamment concernant le futur d’Alexandre. L’intrigue magique prend certes beaucoup de place, mais la vie quotidienne des adolescents (Alexandre au premier chef), est évoquée. Et elle ne manque pas de péripéties, elle non plus !
Côté magie, j’étais ravie d’en découvrir un peu plus sur le Noir : Manon en dispose, elle va tenter quelques petites expériences aux résultats parfois déroutants (mais riches d’enseignements !). Là encore, cela promet le meilleur pour le tome suivant.

Le pli semblant bien pris, l’auteur nous laisse une fois de plus sur un cliffhanger insoutenable. C’est le troisième tome, et j’ai l’impression que c’est la troisième fois que je referme ses livres sur un petit glapissement outré de lectrice laissée en plan – heureusement, j’ai déjà la suite, mais j’ai une petite pensée compatissante pour celles et ceux qui ont lu cette série au moment où elle sortait… et devaient donc attendre la suite.

Je partais assez confiante sur ce tome 3 vu la teneur des deux précédents, mais je dois dire que l’auteur a encore réussi à me surprendre avec cette intrigue de plus en plus sombre. Le rythme, l’humour, les péripéties endiablées, tout est là. Même le retournement de situation final qui donne envie – une fois de plus ! – de lire la suite !

◊ Dans la même série : Le pari (1) ; La menace (2) ;

Le noir est ma couleur #3 : la riposte, Olivier Gay. Rageot, janvier 2015, 292 p.

Brèves de comptoir #221

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Lundi : les éditions Sharon Kena recrutent pour leur comité de lecture !

Et voici le message de la directrice du comité :

Les éditions Sharon Kena ont besoin de vous.

Si vous désirez rejoindre notre comité de lecture et participer
ainsi activement à la vie de notre maison d’éditions, rien de plus
simple, il vous suffit d’envoyer un mail à : comite@leseditionssharonkena.com
Vous recevrez une réponse d’ici la fin du mois.

Petite précision, nous demandons des personnes fiables et sérieuses.

Merci à tous.
La directrice du comité.

Lundi encore : Battlestar Galactica sur France Culture !

Nicolas Martin, dans La Méthode scientifique évoque la série de SF, en compagnie de Mehdi Achouche, maître de conférences à Lyon 3 en civilisation américaine et études culturelles, et Jean-Claude Heudin, directeur du laboratoire de recherche de l’Institut international du multimédia – Léonard de Vinci.

L’émission sera aux Utopiales vendredi prochain, le 1er novembre, de 12h à 18h30 (cité des Congrès, scène Shayol). Au menu : Science-fiction : plus c’est hard, plus c’est bon, avec Sylvie Denis et Claude Ecken.

Mardi : les lauréats des British Fantasy Awards 2019 !

Le prix British Fantasy Award, créé en 1972 par la British Fantasy Society en hommage à August Derleth et Robert Holdstock, récompense des œuvres de fantasy, parues l’année précédente.

Meilleur roman de fantasy (Robert Holdstock Award) : The Bitter Twins, Jen Williams (Headline).
Meilleur roman d’horreur (August Derleth Award) : Little Eve, Catriona Ward (W&N).
Meilleure novella : The Tea Master and the Detective, Aliette de Bodard (Subterranean).
Meilleure nouvelle : “Down Where Sound Comes Blunt”, G.V. Anderson (F&SF 3-4/18).
Meilleure série : All the Fabulous Beasts, Priya Sharma (Undertow).
Meilleure anthologie : Year’s Best Weird Fiction, Vol. 5, Robert Shearman & Michael Kelly, eds. (Undertow).
Meilleur média indépendant : Unsung Stories.
Meilleur essai : Noise and Sparks, Ruth EJ Booth (Shoreline of Infinity).
Meilleur magazine/périodique : Uncanny.
Meilleur artiste : Vince Haig.
Meilleur comic / roman graphique : Widdershins, Vol. 7: Curtain Call, Kate Ashwin (auto-publication).
Meilleur audio : Breaking the Glass Slipper Podcast.
Meilleur film / production cinématographique : Spider-Man: Into the Spider-Verse.
Meilleur jeune auteur (the Sydney J Bounds Award) : Tasha Suri, pour Empire of Sand (Orbit).

Les autres titres sélectionnés sont visibles ici.

Mardi encore : le trailer du nouveau Star Wars !

L’épisode 9 de la série, L’Ascension de Skywalker (au cinéma le 18 décembre), se dévoile dans une bande-annonce :

A noter que dans l’univers Star Wars, Lucasfilm travaille sur une adaptation en série du roman Heir to the Empire de Timothy Zahn (paru en 1991), qui met en scène le Grand Amiral Thrawn (dont le personnage a été intégré au canon moderne de la série Star Wars Rebels). Celui-ci, cinq ans après la chute de l’Empire, regroupe les forces impériales pour tenter d’écraser la nouvelle République. Pas de date annoncée pour l’instant, donc affaire à suivre !

Mercredi : 76e podcast Elbakin !

Le 76e numéro du podcast est consacré au Mois de l’imaginaire et au Paris des merveilles de Pierre Pevel !

Jeudi : les finalistes des Endeavour Awards !

Les Endeavour Awards sont attribués à un roman ou bien à l’ensemble de l’œuvre d’un auteur du Pacifique Nord-Ouest ; voici les titres en lice pour le prix cette année :

  • Trial by Treason, Dave Duncan (Night Shade)
  • Moonshine, Jasmine Gower (Angry Robot)
  • The Girl in the Green Silk Gown, Seanan McGuire (DAW)
  • Blood Orbit, K.R. Richardson (Pyr)
  • Irontown Blues, John Varley (Ace) (Blues pour Irontown, traduit par Patrick Marcel, Denoël – Lunes d’Encres).

Les jurés, cette année, sont Kij Johnson, Linda Nagata, et Bud Sparhawk. Le lauréat sera annoncé le 8 novembre, durant la convention Orycon 41, qui se déroule au Red Lion Hotel de Portland ; le prix est doté de 1000$.

Vendredi : des salons !

Utopiales.

Le week-end prochain, les Utopiales se tiendront à la cité des Congrès de Nantes. Pour la troisième fois cette année s’y tiendront les Etats Généraux de l’Imaginaire, et plus particulièrement l’Observatoire de l’Imaginaire, cette année. Pour ceux que cela intéresse, le rendez-vous est fixé au 2 novembre, de 9h à 10h45 en salle Hypérion. Tout le programme du festival est disponible en ligne.

Salon Fantastique.

Le week-end prochain également, du jeudi 31 octobre au 2 novembre 2019 à l’espace Champerret (6 Rue Jean Oestreicher, 75017 Paris). Toutes les infos ici !

Bon dimanche !

Arsène Lupin : la poudrière, Boileau-Narcejac.

1912. Alors qu’il sort du théâtre du Châtelet, le prince Sernine, alias Arsène Lupin, sauve la comtesse de Mareuse de deux gaillards mal intentionnés. Bien décidé à nouer contact avec elle, le prince déchante rapidement : la jeune femme lui a donné une fausse adresse et en a profité pour filer à l’anglaise. Voilà qui titille la curiosité du gentleman-cambrioleur. Alors qu’il remonte sa piste, il se fait enlever puis séquestrer par des geôliers parlant difficilement le français. Puis c’est au tour d’un détective privé fraîchement trucidé, et manifestement sur la piste de la comtesse lui aussi, de croiser sa route. Il n’en faut pas plus pour piquer pour de bon la curiosité du prince Sernine, d’autant qu’une jolie jeune femme est concernée. Qui sont exactement les deux groupes impliqués, et que cherchent-ils à obtenir de la comtesse ?

Comme vous le savez peut-être, j’adore la série des Arsène Lupin et ne résiste jamais à la tentation d’un bon pastiche (même si certains sont moins bons que d’autres). Du duo Boileau-Narcejac, je pense avoir lu étant plus jeune un opus de la série Sans Atout, mais cette lecture s’est perdue dans les limbes. La poudrière n’est peut-être pas le meilleur roman pour découvrir leur œuvre littéraire propre, puisqu’il s’agit du pastiche de l’œuvre d’un autre, mais ce qui est certain, c’est que ce roman m’a donné envie d’en savoir plus à leur sujet !

Car Pierre Boileau et Thomas Narcejac se sont parfaitement approprié le style de Maurice Leblanc et les caractéristiques des aventures d’Arsène Lupin. À tel point qu’au cours de ma lecture, j’ai été plusieurs fois surprise d’apercevoir du coin de l’œil leurs noms sur la couverture, tant j’avais l’impression de lire un Lupin de Leblanc !
Cette aventure s’inscrit dans celles où Lupin est plus enquêteur que cambrioleur – elles ne sont pas majoritaires, mais il y en a quelques-unes. Comme souvent dans ces cas-là, l’intrigue est fortement géopolitique. Nous sommes dans les années 1910, et le spectre de la guerre mondiale hante tous les esprits, notamment celui d’Arsène Lupin, dont le patriotisme n’est plus à prouver.
De prime abord, l’intrigue semble très emberlificotée : il y a d’abord cette mystérieuse comtesse après laquelle courent des détectives privés et des étrangers prêts à tuer, un cambriolage violent démenti par voie de presse, une sœur amnésique après une tentative de suicide, la visite d’un prince étranger issu des Balkans et des papiers de la plus haute importance, qui s’avèrent être vierges. Vraiment, on patauge, d’autant qu’on a du mal à comprendre – tout comme Lupin – qui fait exactement quoi là-dedans. Et cela fait partie du charme de l’intrigue : on cogite, on place les pièces du puzzle dans différentes positions, on s’inquiète des actions que mènent les uns et les autres. Le suspense est donc très au rendez-vous.

Et pour soutenir tout cela, Lupin est plus Lupin que jamais : comme souvent, il se parle à lui-même (pour s’invectiver ou se lancer des fleurs), s’appuie sur une organisation dont les ramifications semblent sans limites, réfléchit avec plusieurs coups d’avance, se trompe, dragouille de-ci de-là, fait des filatures, se déguise, ou n’hésite pas aller se battre frontalement avec les ennemis déclarés. On retrouve tous les codes des romans de Lupin, mais savamment dosés, sans avoir l’impression que les auteurs ont essayé de tout balancer en dépit du bon sens. Et ce qui est intéressant ici, c’est que Lupin n’est pas maître des événements. Certes, il s’adapte à merveille ou provoque précisément ce qui l’intéresse, mais c’est un autre personnage qui détient les clefs du mystère, qui ne seront révélées qu’en toute fin de roman. Et c’est diablement bien fait, car les indices sont assez ténus, disséminés, et nous amènent peu à peu à une révélation d’ampleur.

Côté style, comme je le disais en introduction, Pierre Boileau et Thomas Narcejac se sont parfaitement approprié celui de Leblanc et les caractéristiques de son personnage fétiche. Clairement, on s’y croirait, ce qui rend cette lecture d’autant plus délicieuse. Comme Leblanc, lorsque l’intrigue se pare d’une dimension internationale, ils ont intégré à merveille des intérêts géopolitiques européens fictifs et réels, en les liant au contexte historique de l’époque. Et même si une partie de l’intrigue politique relève de la pure fiction, la crédibilité est au rendez-vous. En un mot, j’ai trouvé ça génial.

Excellente pioche donc que ce pastiche d’Arsène Lupin ! J’ai été littéralement embarquée dans ma lecture et conquise par la reprise faite par le duo Boileau-Narcejac. Ce qui m’a donné très envie de lire leurs autres pastiches, mais aussi leur œuvre originale !

Arsène Lupin : la poudrière, Pierre Boileau et Thomas Narcejac.
Éditions du Masque, 2013 (1987 pour l’original), 2019 p.