Radium Girls, Cy.

La découverte du radium fait une entrée fracassante dans les États-Unis des années 1920.
L’élément miracle, découvert par Marie Curie, baigne l’Amérique de son aura phosphorescente.

1918, Edna Bolz s’installe aux côtés de Grace, Katherine, Mollie, Albina et Quinta devant les établis de l’USRC. Elles vont y peindre minutieusement leur quota de cadrans de montres,avec cette peinture si spéciale qu’elle permet de lire l’heure dans le noir.
Lip. Dip. Paint.
Trois mots, trois gestes qui les mèneront à leur perte.

J’ai enfin lu Radium Girls, de Cy, qui me fait de l’œil depuis sa parution ! Et l’attente valait le coup !

Le radium, découvert fin XIXe siècle, a fait une entrée fracassante dans le monde médical et industriel, et investi tous les foyers ou presque ! Pourtant, bien que les scientifiques aient pointé, dès les années 1920, les dangers de cet élément, on a continué à l’utiliser envers et contre tout, notamment contre les recommandations de prudence les plus élémentaires, comme le raconte Cy dans sa BD.

L’histoire s’attache à une bande de copines, qui se retrouvent sur les bancs de la United State Radium Corporation, une usine qui fournit l’armée en montres, et dont elles doivent peindre quotidiennement 250 exemplaires. La méthode ? « Lip » : lisser le pinceau avec les lèvres ; « Dip », le plonger dans la peinture ; « Paint » : peindre le cadran.
Ce qui fait entrer toutes ces ouvrières dans les rangs des « Ghost Girls », les filles qui brillent dans le noir – un effet secondaire assez cool, s’il n’était pas mortel.
Mais l’intrigue, au final, n’est pas centrée sur l’histoire scientifique du radium. Non : elle s’attache vraiment à la bande de jeunes femmes présentées au début, dont on suit l’émancipation, les hauts et les bas dans leur amitié et, fatalement, la descente aux enfers dès que surviennent les premiers symptômes liés à l’ingestion du radium.
La seconde partie de la BD, d’ailleurs, représente les différentes étapes du procès qui a opposé les travailleuses à l’entreprise. Même si leur combat n’a pas forcément eu l’issue espérée (et est d’ailleurs tombé globalement dans l’oubli), il a eu des répercussions majeures sur le droit du travail aux États-Unis. Ce serait dommage de l’oublier définitivement !
L’ambiance des années folles est aussi bien présente, ce qui équilibre vraiment bien la BD entre aspects tragiques et aspects plus légers dus à l’époque.

J’ai adoré les graphismes et le coup de crayon de Cy. Le découpage, assez classique, alterne entre pages en cases et pleines pages absolument splendides. Celles-ci présentent soit des scènes, soit des portraits de femmes qui mêlent le sublime au tragique. La BD est dominée par des camaïeux de violet, et de vert, ce dernier représentant – à merveille ! – la luminescence du radium. Les couleurs sont hyper bien choisies et ont participé de la super découverte !

En somme, Radium Girls a été une excellente découverte. L’intrigue évoque avec brio un scandale sanitaire mondial largement oublié, vu sous l’angle humain. Même si la BD est richement documentée, elle s’attache vraiment à la vie quotidienne et à l’histoire des jeunes femmes que l’on suit, ce qui rend l’intrigue très équilibrée. Et pour ne rien gâcher, les graphismes sont sublimes !

Radium Girls, Cy. Glénat, 2020, 136 p.

Pour en savoir plus sur le sujet, vous pouvez écouter l’émission L’Histoire oubliée des « Radium Girls », diffusée en 2019 sur France Culture : Des femmes lumineuses (épisode 1) ; Le radium au tribunal (épisode 2).


Brèves de comptoir #271

L’actu de l’imaginaire en bref !

L’Observatoire de l’Imaginaire a besoin de vous !

L’Observatoire de l’Imaginaire lance une enquête pour connaître le profil des lecteurs et lectrices de l’imaginaire. Objectif ? Mieux cerner le profil du lectorat des genres de l’imaginaire (science-fiction, fantastique, fantasy…), et les pratiques littéraires associées (papier, numérique…). Le questionnaire ne prend que quelques minutes et les réponses seront très utiles pour l’étude qui s’ensuivra ! Vous pouvez y répondre ici, jusqu’au 30 septembre 2021.

Des prix !

Prix Planète SF des Blogueurs

Créé en 2011 par des blogueurs, le prix Planète SF des Blogueurs, (également appelé prix Planète SF) récompense chaque année le meilleur ouvrage (roman ou recueil de nouvelles) de science-fiction, fantasy ou fantastique inédit publié durant l’année écoulée. La sélection a la particularité d’être semi-publique, puisque chaque année, les membres du forum sont appelés à voter pour leur titre favori : celui qui récole le plus de suffrages intègre la liste des finalistes (les autres titres étant choisis par un vote du jury). Au départ remis durant les Utopiales de Nantes, le prix est désormais décerné durant Les Intergalactiques de Lyon.
Voici les quatre titres en liste :

  • Un Long voyage de Claire Duvivier (Aux Forges de Vulcain)
  • Aucune terre n’est promise de Lavie Tidhar (Mü – Trad. Julien Bétan)
  • Vers les étoiles de Mary Robinette Kowal (Denoël – Trad. Patrick Imbert)
  • Émissaires des morts d’Adam-Troy Castro (Albin Michel Imaginaire – Trad. Benoît Domis)

Résultats en septembre !

Des festivals !

Les Imaginales

De nouveau reportées cette année au mois d’octobre, les Imaginales ont commencé à publier les listes d’auteurs invités. La liste à jour et actualisée est visible ici !

Les Intergalactiques !

Le festival lyonnais aura lieu du 9 au 14 septembre 2021. Et le salon a publié sa lettre d’intention !

Avis aux auteurs !

Réouverture de la soumission de manuscrits au Chat noir

Les éditions du Chat noir ont rouvert leurs soumissions de manuscrits jusqu’au 31/07/2021 (ou dès que sera passé le seuil de 10 manuscrits à étudier). Toutes les informations ici !

Concours de nouvelles SF !

L’Académie des Technologies, pour son 20e anniversaire, lance en partenariat avec Usbek & Rica un concours de nouvelles de SF, parrainé par Roland Lehoucq et Actusf.
Thème : Imaginez un futur, ni utopique, ni dystopique, désirable, mais soumis à des épreuves ou menaces, ou en crise, mais pas sans solutions pour s’en extraire, et dans lequel les choix sur la place des technologies seront déterminants pour aboutir au dénouement souhaité.
Les textes, de 15 000 signes maximum doivent être envoyés avant le 31 juillet 2021 à l’adresse suivante : nouvelles@academie-technologies.fr
Toutes les informations ici !

Des adaptations !

Le Seigneur des Anneaux, le retour

New Line et Warner viennent d’annoncer une adaptation du Seigneur des Anneaux en film d’animation. On connaît déjà le titre ! The War of the Rohirrim narrera l’histoire de Helm Hammerhand, l’ancêtre de Theoden qui donna son nom au Gouffre.
La réalisation a été confiée à Kenji Kamiyama (Ghost in the Shell Stand Alone Complex) ; le scénario à Jeffrey Addiss et Will Matthews (Dark Crystal : Age of Resistance), avec Philippa Boyens (scénariste de la trilogie de Peter Jackson) comme consultante. Affaire à suivre !

Terre de Brume

Le diptyque de Cindy van Wilder est en cours d’adaptation en podcast. Celui-ci sera diffusé les jeudis soirs à 17h, sur Youtube. Le premier épisode est déjà disponible !

Plus d’infos ici.

Des podcasts !

Mauvais genres

Gilles Dumay, l’éditeur d’Albin Michel Imaginaire, était au micro de François Angelier dans l’émission de France Culture Mauvais genre.

Queer : le mauvais genre de la SF

C‘est le titre de l’épisode de La Méthode scientifique. Au micro de Nicolas Martins : Sabrina Calvo (autrice, conceptrice de jeux, dessinatrice et scénariste) et Eva Sinanian (libraire).

Revue de presse !

Asimov, les robots et Fondation

Louis Cinak a signé pour SyFantasy un dossier en plusieurs chapitres, consacré à Asimov.

5 voix de la fantasy française à découvrir !

Le même Louis Cinak, pour la même revue, a signé une bibliographie des voix de la fantasy française à suivre. La partie un est lisible ici, on attend la suite !
En attendant, vous pouvez consulter les autres dossiers bibliographiques proposés sur le site.

Bon dimanche !

Summer Star Wars – The Mandalorian

Tous les étés, depuis 2010, M.Lishbei organise le Summer Star Wars. Cette 12e édition, sous-titrée The Mandalorian, se tiendra du 21 juin (solstice d’été) au 23 septembre (équinoxe d’automne).
Trois mois pour explorer deux genres de la SF : le Space Opera et le Planet Opera.

Voici les conditions de participation :

  • s’inscrire dans les commentaires de ce message sur RSFBlog.
  • chroniquer un ou plusieurs livres/BD/nouvelles/films/séries/jeux vidéos/expositions/conférences estampillés Space-opera ou Planet-opera pendant l’été (du 21 juin au 23 septembre). La dernière chronique doit être publiée le 23/09. Vous pouvez commencer vos lectures avant le début du challenge et publier votre premier billet le 21/06 (pas avant)
  • rédiger une critique sur votre blog avec le logo et un lien vers le billet
  • compléter la boîte à liens d’ExcelVador (lien fourni le jour du décollage)
  • et c’est tout… bon voyage vers l’infini et au delà !

J’ai d’ores et déjà noté deux livres de ma PAL et reste à l’affût pour la constitution de celle-ci !

Vous participez ? Qu’avez-vous prévu de lire ?

La Princesse au visage de nuit, David Bry. #PLIB2021

Dans les bois vit la princesse au visage de nuit ; ses yeux sont des étoiles et ses cheveux l’obscur.
Hugo, enfant violenté par ses parents, s’est enfui avec ses amis dans la forêt, à la recherche de la princesse au visage de nuit, qui exaucerait les vœux des enfants malheureux… Il est ressorti du bois seul et sans souvenirs, et a été placé dans une famille d’accueil.
Vingt ans plus tard, alors qu’il a tout fait pour oublier son enfance, Hugo apprend la mort de ses parents. Mais, de retour dans le village de son enfance, il découvre que ses parents auraient été assassinés, et d’étranges événements se produisent. La petite voiture de son enfance réapparaît comme par magie. De mystérieuses lueurs brillent dans les bois. Les orages soufflent des prénoms dans le vent…

Double nomination pour ce titre, au Prix Imaginales des Bibliothécaires, mais aussi au PLIB2021, ce qui lui donnait deux très bonnes raisons d’atterrir sur ma pile à lire – sans compter qu’il se trouve dans mon challenge ABC. Et j’ai passé un très bon moment avec ce titre !

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le récit commence très fort, avec l’enterrement des parents d’Hugo, qui a pour eux cette seule épitaphe : « Puissiez-vous brûler en enfer ». Au moins, c’est clair, le ton est donné !
L’affaire se corse un brin lorsqu’il s’avère que les freins de la voiture parentale ont été trafiqués. Et les empreintes… sont celles d’Hugo. Or, celui-ci avait, à onze ans, une excellente raison d’aller chercher la princesse au visage de nuit dans la forêt. La même qui l’a tenu éloigné de St-Cyr pendant vingt ans. Alors, que se passe-t-il réellement, de nos jours, dans ce petit village campagnard ?

Eh bien, la routine pour un bled : un village plutôt isolé, qui semble n’avoir pas embrassé la modernité, où tout le monde se connaît. L’ambiance, d’ailleurs, est vraiment très réussie : on retrouve tout ce qui fait les petits villages de campagne, les bons comme les mauvais côté. Les petites habitudes bien ancrées, les secrets plus ou moins dérangeants, l’attachement à « l’ancien temps », l’entraide, mais aussi les petites rancœurs qui évoluent salement. Bref, on s’y croirait et cette ambiance très prenante m’a aidée à engloutir le roman en moins de deux !

Le récit alterne entre le temps présent et l’époque de la disparition des amis d’Hugo, lorsqu’ils avaient onze ans. Si dans le premier, Hugo enquête un peu sur la mort de ses parents, et beaucoup sur celle, plus ancienne, de ses amis, dans le second, on assiste aux quelques mois qui ont précédé la fameuse disparition. Dans les deux cas, un angoissant compte à rebours avant le solstice d’été vient donner du rythme à l’intrigue.
Celle-ci mélange donc enquête policière (avec moult interventions de la gendarmerie, puisque la gendarme en charge de l’affaire n’est autre que la petite sœur de l’amie disparue !) et ambiance pour le moins fantastique. L’auteur joue ainsi sur les images de la forêt potentiellement habitée par une créature mi-divine mi-terrifiante (et cela m’a fait penser à la série Zone blanche), sur le manoir « hanté » façon Jane Eyre, sur l’ambiance (tellement réussie) des villages de l’arrière-campagne et sur tout ce qui peut tourner autour des malédictions en général.
Résultat ? Eh bien tout cela s’avère très prenant et j’avoue que je me suis bien laissée prendre au jeu de cette ambiance légèrement fantastique, parfois effrayante, très intrigante. (D’autant qu’il ne me faut pas grand-chose pour me faire dresser les cheveux sur la tête). Ceci étant dit, j’ai trouvé la fin un peu rapide, d’ailleurs, quoiqu’assez poétique.

Dans les bois vit
La princesse au visage de nuit,
Ses yeux sont étoiles
Ses cheveux l’obscur.

Dans les bois gît
La princesse au visage de nuit,
Dans sa main pâle,
Meurent les cœurs purs.

L’autre côté très prenant du roman vient des thèmes que l’auteur a mêlés au récit d’enquête. Si on comprend assez vite que l’enfance d’Hugo a été plus que sombre, les détails de ce qu’il a vécu et de ce qu’ont subi ses petits camarades sont lentement distillés dans le récit. Enquêtant sur le passé, Hugo met également au jour les horreurs qui se jouent encore dans le village. Les sujets abordés, issus de la vie quotidienne et du réalisme le plus pur, sont vraiment durs. On parle de viol, de maltraitance sur enfants, de harcèlement… C’est hyper sombre !
Ces sujets arrivent aussi par la bande d’amis (actuels) d’Hugo, tous issus, comme lui, de l’aide sociale à l’enfance, et traînant moult casseroles derrière eux. Et, finalement, c’est là que le bât blesse un tantinet. Car ces personnages véhiculent des thématiques d’une importance capitale, et pas hyper développées – en même temps, ce n’est pas le sujet ici. Or, dans la mesure où ces personnages sont extrêmement présents (ils sont dans la quasi totalité des scènes du présent !), il y a un vrai décalage entre leurs apparitions et l’intérêt accordé aux sujets qui leur sont liés.

En bref, La Princesse au visage de nuit est un thriller fantastique à l’ambiance soignée et très prenante. Au détour des chapitres et de l’enquête, des sujets de société assez durs sont évoqués (et malheureusement pas toujours de façon assez creusée pour être honnête !). Le récit est porté par une plume fluide, qui se fait parfois poétique. Si j’ai trouvé la fin un peu trop rapide, j’ai apprécié l’ambiance générale du roman !

La Princesse au visage de nuit, David Bry. L’Homme sans nom, octobre 2020, 280 p.

Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être :

Brèves de comptoir #270

L’actu de l’imaginaire en bref !

Des prix !

Les Prix Imaginales 2021 !

Créé en mai 2002, à l’initiative de la Ville d’Épinal, le Prix Imaginales est le premier prix exclusivement consacré à la fantasy en France. Il récompense à la fois des écrivains, des illustrateurs, des essayistes ou des traducteurs. Un jury composé de journalistes, de critiques et de spécialistes départage les meilleures œuvres de fantasy dans six catégories ; les six lauréats reçoivent un prix doté.
Voici les lauréats pour cette année !

Roman francophone: Thecel, de Léo HENRY (Folio SF).
Roman étranger traduit : Kra, de John CROWLEY, Patrick COUTON (traducteur), éd. L’Atalante
Jeunesse: Akata Witch, de Nnedi OKORAFOR, Anne COHEN-BEUCHER (traductrice), éd. L’École des Loisirs
Illustration : Cahier de croquis du Hobbit, Alan LEE, (illustrateur), éd. Christian Bourgois
Nouvelle: Bienvenue à Sturkeyville, de Bob LEMAN, Nathalie SERVAL (traductrice), éd. Scylla
Prix spécial du jury: La grande aventure du jeu de rôle, toute l’histoire des origines à nos jours, de Julien PIROU, Ynnis éditions
Album: Balbuzar, de Frédéric PILLOT (illustrateur) et Gérard MONCOMBLE (auteur), éd. Daniel Maghen
Bande dessinée: Les Ogres-Dieux, tome 4 : Première née de HUBERT(scénario) et Bertrand GATIGNOL (dessin), éd. Soleil
Prix Spéciale du jury BD : Pierre Christin pour l’ensemble de son œuvre.
Prix Imaginales des Collégiens : Steam Sailors, tome 1, E.S. Green (Gulf Stream)
Prix Imaginales des Lycéens : Rouge, Pascaline Nolot (Gulf Stream).
Prix Imaginales des Bibliothécaires : Vaisseau d’arcanes, Adrien Tomas (Mnémos).
Prix Imaginales BD des Bibliothécaires : Peau d’Homme, Hubert & Zanzim (Glénat).

Le festival aura lieu cette année du 14 au 17 octobre 2021.

Les lauréats des Nebula Awards 2021 !

Tous les ans, la Science Fiction & Fantasy Writters of America décerne le prix Nebula à l’œuvre de SF ou de fantasy jugée la plus novatrice. Vu l’organisme qui décerne ce prix, il n’y a que des auteurs américains primés, dans 4 catégories différentes (suivant la taille de leurs œuvres) : roman, novella, novelette, et nouvelle courte. La première édition, en 1965, a primé Dune de Frank Herbert, chef d’œuvre de la SF.
Voici les lauréats 2021 :

Meilleur roman : Network Effect, Martha Wells (Tordotcom)
Meilleure novella : Ring Shout, P. Djèlí Clark (Tordotcom)
Meilleure novellette : Two Truths and a Lie, Sarah Pinsker
Meilleure nouvelle : Open House on Haunted Hill, John Wiswell
Meilleure scénario de jeu vidéo : Hades, Greg Kasavin (Supergiant)
Ray Bradbury Award : The Good Place: Whenever You’re Ready
Andre Norton Award : A Wizard’s Guide to Defensive Baking, T. Kingfisher (Argyll)


Prix Bram Stoker 2021 !

Le prix Bram Stoker, remis par la Horror Writers Association, récompense une œuvre de dark fantasy ou d’horreur parue l’année précédente, dans 12 catégories. Créé en 1987, il rend hommage à Bram Stoker, auteur de Dracula.
Voici quelques-uns des titres récompensés :

Romans : The Only Good Indians, Stephen Graham Jones (Saga Press)
Premier roman : The Fourth Wore, EV Knight (Raw Dog Screaming Press)
Roman graphique : Mary Shelley Presents, Nancy Holder (autrice), Chiara Di Francia (dessin), et Amelia Woo (dessin) (Kymera Press)
Roman young adult : Clown in a Cornfield, Adam Cesare (Harper Teen)
Long fiction : Night of the Mannequins, Stephen Graham Jones(Tordotcom Publishing)
Short fiction : « One Last Transformation », Josh Malerman, in Miscreations : Gods, Monstrosities & others horrors (Written Backwards).
Anthologie : Black Cranes: Tales of Unquiet Women, Lee Murray et Geneve Flynn (Omnium Gatherum Media).

Les autres lauréats sont visibles ici !

Des podcasts !

Fantasy & Metal !

Le nouveau podcast d’Elbakin affiche son troisième numéro. Après deux numéros respectivement consacrés à Blind Guardian, et Michael Moorcock, cet épisode s’intéresse à Asgard et au Valhalla, qui ont inspiré pas mal d’artistes.
Et c’est à écouter ici !

Mana & Plasma, 12e !

Et cette fois, ils se sont penchés sur la littérature de jeunesse de l’imaginaire. Avec, comme invité, Stéphane Servant ! A écouter ici.

Volutes, épisode 7 !

La Volte et Radio Parleur, pour leur septième podcast, ont parlé utopie et celles créées des années 1950 à nos jours. Avec Philippe Curval écrivain de SF, journaliste et critique littéraire ; d’Ariel Kyrou, journaliste, écrivain, essayiste et chroniqueur de radio ; et Marc Ang-Cho, membre de l’équipe du podcast Mana et Plasma. Et ça se passe là !

Des adaptations !

Une série TV pour Drizzt ?

Projet assez mystérieux pour l’instant, si ce n’est que Derek Kolstad, le créateur de John Wick, en est. Wizards of the coast, lançant une série de produits dérivés autour de Drizzt Do’Urden a laissé entendre qu’une adaptation pourrait suivre. Affaire à suivre !

La Trilogie de La Terre Fracturée adaptée !

Récompensée du Prix Hugo du meilleur roman (pour chaque tome !), du Prix Sputnik (pour le tome 1, également nominé aux prix Nebula et World Fantasy), la trilogie de La Terre Fracturée pourrait être adaptée directement par l’autrice, N.K. Jemisin, la société de production Tristar ayant remporté les droits aux enchères. Là aussi, affaire à suivre !

Des événements à revoir !

Festival Étonnants Voyageurs !

Les conférences et interviews données dans le cadre du festival Étonnants voyageurs sont à revoir sur le site du festival.

La soirée d’anniversaire d’Actusf !

Jeudi, les éditions Actusf ont fêté leurs 21 printemps, en compagnie de moult auteurs et autrices ! A revoir ici.

Affaire Marsan, la suite

Il y a quelques semaines, Mediapart publiait une enquête sur Stéphane Marsan, éditeur chez Bragelonne, visé par de nombreuses accusations de comportements inadaptés envers autrices, éditrices et autres actrices du monde littéraire. Or, plus d’un mois après la publication de l’article en question, aucune enquête n’a été engagée et, surtout, aucune réaction de Bragelonne sur le sujet n’a été publiée. Dans une action commune, huit autrices publiées par la maison d’édition ont annoncé leur souhait de la quitter si rien n’est fait. Mel Andoryss, Samantha Bailly, Sabrina Calvo, Cécile Duquenne, Mélanie Fazi, Betty Piccioli, Véronique Roméo et Marie Valente ont fait part de cette volonté dans une lettre ouverte adressée à l’éditeur, dans laquelle elles exigent une prise de responsabilité de la part des sociétaires.

Bon dimanche !

Brèves de comptoir #269

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Des prix !

Titres en lice pour le Prix Babelio 2021 !

Pour la troisième année consécutive, les lecteurs de Babelio sont appelés à voter pour les livres les plus marquants, les plus incroyables, ou tout simplement les plus touchants publiés entre le 1er octobre 2020 et le 1er mai 2021. Chaque catégorie, au nombre de 10, est constituée des 10 livres les plus populaires sur le site de Babelio, c’est à dire ceux qui ont été les plus notés avec une note moyenne supérieure ou égale à 4/5.
Et voici les titres en lice pour les catégories comprenant de l’imaginaire !

Bande-dessinée :

  • L’Arabe du futur, tome 5, Riad Sattouf (Allary).
  • Sapiens, tome 1 : La naissance de l’humanité, Yuval Noah Harari, Daniel Casanave, David Vandermeulen (A. Michel).
  • L’âge d’or, tome 2, Cyril Pedrosa, Roxanne Moreil (Dupuis).
  • La Bête, tome 1, Zidrou, Frank (Dupuis)
  • Blanc autour, Wilfrid Lupano et Stéphane Fert (Dargaud).
  • Il faut flinguer Ramirez, tome 2, Nicolas Petrimaux (Glénat)
  • Je serai là !, L’Homme étoilé (Calmann-Lévy)
  • Le Château des animaux, tome 2, Xavier Dorison et Félix Delep (Casterman).
  • Ne m’oublie pas, Alix Garin (Le Lombard)
  • Le Plongeon, Séverine Vidal et L. Pinel (Bamboo).

Manga :

  • Spy x family, tome 2, Tatsuya Endo et Satoko Fujimoto (Kurokawa)
  • Blue period, tome 1, Tsubasa Yamaguchi (Pika)
  • Asadora, tome 3, Naoki Urasama (Kana)
  • La gameuse et son chat, tome 1, Wataru Nadatani (Bamboo)
  • Le Renard et le petit tanuki, tome 1, Mi Tagawa (Ki-oon)
  • Nova, tome 1, Caly (H2T)
  • My Broken Mariko, Waka Hirako (Ki-oon)
  • Jizo, Antoine Dole (Glénat)
  • Les Carnets de l’apothicaire, tome 1, Natsu Hyuuga, Itsuki Nanao et Nekokurage (Ki-oon)
  • Magus of the library, tome 4, Mitsu Izumi (Ki-oon)

Jeunesse :

  • Steam Sailors, tome 2, E.S. Green (Gulf Stream)
  • Magic Charly, tome 2, Audrey Alwett (Gallimard jeunesse)
  • Terreur à Smoke Hollow, Katherine Arden (PKJ)
  • La Fleur perdue du chaman de K, David Morosinotto (École des Loisirs)
  • Filles uniques, Anne Loyer (Slalom)
  • Les Dossiers du voile, Adrien Tomas (Fleurus)
  • Le Projet Barnabus, The Fan Brothers (Little Urban)
  • Winterwood, Shea Ernshaw (Rageot)
  • D’or et d’Oreillers, Flore Vesco (École des Loisirs)
  • J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle, Jo Witek (Actes sud)

Jeune adulte :

  • Missouri 1627, Ted Caplan & Jenni Hendriks (Bayard jeunesse)
  • L’Année de grâce, Kim Liggett (Casterman)
  • Elle est le vent furieux, collectif (Flammarion)
  • La rue qui nous sépare, Célia Samba (Hachette)
  • La Passeuse de mots, tome 1, Alric et Jennifer Twice (Hachette)
  • L’odeur de la pluie, Gwendoline Vervel (Scrineo)
  • Le syndrome du spaghetti, Marie Vareille (PKJ)
  • La ville sans vent, tome 2, Eléonore Devillepoix (Hachette)
  • Plein gris, Marion Brunet (PKJ)
  • Vampyria, tome 1 : La Cour des ténèbres, Victor Dixen (R. Laffont).

Littératures de l’imaginaire :

  • L’oiseau moqueur, Walter Tevis (Gallmeister)
  • Noir de Lune, Estelle Tolliac (Les Nouveaux auteurs)
  • Lune ardente, tome 1 : Crépuscule, Morgane Rugraff (Plume Blanche)
  • Les voleurs de fumée, tome 1, Sally Green (J’ai Lu)
  • Mother Code, Carole Stivers (Bragelonne)
  • Les Maîtres Enlumineurs, tome 1, Robert Jackson Bennett (Albin Michel)
  • Histoire de la science-fiction, Xavier Dollo & Djibril Morissette-Phan (Les Humanoïdes associés)
  • Diamants, Vincent Tassy (Mnémos)
  • Les Chroniques de St-Mary, tome 6 : En cas de problème, Jodi Taylor (H. Chopin).
  • Derniers jours d’un monde oublié, Chris Vuklisevic (Folio SF).

Conférences, émissions

Lionel Davoust, Estelle Faye & Morgan Of Glencoe discutent littérature !

Et ça se passe sur la chaîne Twitch de Morgan of Glencoe. A revoir ici !

Les émissions des Intergalactiques !

Le festival aura lieu du 9 au 14 septembre 2021. En attendant, il propose chaque semaine des émissions thématiques, là encore diffusées sur Twitch ! Pour les infos sur le festival, ça se passe là.

Rick & Morty, la SF mal polie !

Nicolas Martin recevait Simon Riaux (rédacteur en chef d’Ecran large) et Jean Baret (docteur en droit, avocat spécialisé dans le droit d’auteur et écrivain français) pour parler de la série Rick et Morty, dans La Méthode scientifique.

Des rendez-vous

Les 21 ans des éditions ActuSF !

Les éditions ActuSF soufflent leurs 21 bougies cette année. Rendez-vous le jeudi 3 juin, de 19h à 22h, sur leur page Facebook. Au programme : 3h de live avec des invités, des surprises !
Au passage, ils publient un recueil de cinq nouvelles intitulé Vingt + 1 ; au sommaire, des textes de des textes de Karim Berrouka, Jeanne-A Debats, Jean-Laurent Del Socorro, Morgan of Glencoe et Sylvie Lainé. Le recueil est offert pour tout achat de deux romans en librairie ou sur le site de l’éditeur.

La 48e BlueCon !

La 48e Convention nationale de SF aura lieu du 19 au 22 août 2021 au Campus international de Valbonne. Voici l’affiche, illustrée par Zariel :

Les inscriptions sont d’ores et déjà ouvertes !

Stéphanie Nicot a d’ailleurs répondu à quelques questions d’Ugo Bellagamba. A réécouter ici !

Cycle John Carpenter sur ArteTV !

ArteTV propose, du 7 au 14 juin, un cycle consacré au cinéma de John Carpenter. A voir ici !

Bon dimanche !

Brèves de comptoir #268

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Des prix

Les finalistes du Prix Locus 2021 !

Chaque année depuis 1971, le prix Locus récompense  les meilleures œuvres de science-fiction, de fantasy ou d’horreur ; il est décerné par les lecteurs de la revue américaine Locus, qui représentent un électorat au moins aussi grand que celui des Hugos : il est donc le prix qui reflète sans doute le mieux les goûts du public. Il a été créé par l’éditeur de Locus, Charles N. Brown.
Cette année il se tiendra au cours d’une édition numérique, du 23 au 26 juin. Les lauréats seront révélés le 26.

Et voici les titres en lice pour trois des nombreuses catégories :

Roman de science-fiction

  • Machine, Elizabeth Bear (Saga et Gollancz).
  • Attack Surface, Cory Doctorow (Tor et Ad Astra)
  • Unconquerable Sun, Kate Elliott (Tor).
  • Agency, William Gibson (Berkley et Viking UK).
  • The Relentless Moon, Mary Robinette Kowal (Tor et Solaris)
  • War of the Maps, Paul McAuley (Gollancz)
  • The Ministry for the Future, Kim Stanley Robinson (Orbit US et UK)
  • The Last Emperox = La Dernière Emperox, John Scalzi (Tor, Tor UK et L’Atalante)
  • Network Effect, Martha Wells (Tordotcom)
  • Interlibrary Loan, Gene Wolfe (Tor)

Roman de fantasy

  • The Trouble with Peace, Joe Abercrombie (Orbit US et Gollancz)
  • The Angel of the Crows, Katherine Addison (Tor et Solaris)
  • Piranesi, Susanna Clarke (Bloomsbury US et UK)
  • The Once and Future Witches, Alix E. Harrow (Redhook et Orbit)
  • The City We Became, N.K. Jemisin (Orbit US et UK)
  • Harrow the Ninth, Tamsyn Muir (Tordotcom)
  • The Left-Handed Booksellers of London, Garth Nix (Tegen Books, Allen & Unwin, et Gollancz)
  • The Midnight Bargain, C.L. Polk (Erewhon)
  • Black Sun, de Rebecca Roanhorse (Saga et Solaris)
  • The Invisible Life of Addie LaRue = La vie invisible d’Addie LaRue, V.E. Schwab(Tor, Titan UK, et Lumen)

Roman young adult

  • Over the Woodward Wall, A. Deborah Baker (Tordotcom)
  • The Silvered Serpents, Roshani Chokshi (Wednesday)
  • The Scapegracers, Hannah Abigail Clarke (Erewhon)
  • Legendborn, Tracy Deonn (McElderry et Simon & Schuster UK)
  • Deathless Divide, Justina Ireland (Balzer + Bray et Titan)
  • A Wizard’s Guide to Defensive Baking, T. Kingfisher (Red Wombat)
  • A Song Below Water, Bethany C. Morrow (Tor Teen)
  • Shadowshaper Legacy, Daniel José Older (Scholastic)
  • Race to the Sun, Rebecca Roanhorse (Rick Riordan Presents)
  • A Peculiar Peril, Jeff VanderMeer (Farrar, Straus, Giroux).

Les autres titres retenus sont visibles ici.

Les finalistes du Prix Bob Morane 2021 !

Le prix Bob Morane récompense une œuvre de fiction publiée dans l’année civile du prix en cours ; il a été créé en 1999 par Marc Bailly, en hommage au personnage fictif d’Henri Vernes, créé en 1953, que vous connaissez peut-être par le biais des romans ou des bandes-dessinés dont il est le héros (à défaut, vous avez peut-être entendu la chanson d’Indochine). Comme Bob Morane a exploré tous les genres possibles et imaginables, la sélection est à son image.
Voici les titres retenus parmi les finalistes :

Romans francophones

  • Jérémy Bouquin : Heureux qui comme Alyce, Éditions Évidence
  • Catherine Dufour : Au bal des absents, Seuil
  • Estelle Faye : Un reflet de lune, ActuSF
  • Dominique Lémuri : Sous la lumière d’Helios, Armada
  • Maud Mayeras : Les monstres, Anne Carrière
  • Laurent Whale : Skeleton Coast, Au Diable Vauvert

Romans traduits

  • Andy Davidson : Dans la vallée du soleil, Gallmeister, (traduit par Laure Manceau)
  • Cory Doctorow : Le grand abandon, Bragelonne (traduit par Sébastien Baert)
  • Eva Garcia Saenz de Urturi : Le silence de la ville blanche, Fleuve Noir (traduit par Judith Vernant)
  • N.K. Jemisin : Genèse de la cité, J’ai Lu (traduit par Michelle Charrier)
  • Nancy Kress : La fontaine des âges, Belial (traduit par Erwann Perchoc)
  • Mary Robinette Kowal : Vers les étoiles, Denoël (traduit par Patrick Imbert)

Nouvelles

  • Karine Giebel : Chambres noires, Belfond
  • Nancy Kress : Méfiez-vous du chien qui dort, ActuSF
  • Bruno Pochesci : De la chair à horloge, Malpertuis

Les lauréats du Grand Prix de l’Imaginaire 2021 !

Le GPI, qu’est-ce que c’est ? Le Grand Prix de l’Imaginaire (ou GPI) récompense, dans 12 catégories différentes, des œuvres de l’imaginaire depuis 1992 ; le prix existe en fait depuis 1974 mais se concentrait alors sur la SF. En raison de la pandémie, cette année le festival Saint-Malo Étonnants Voyageurs aura lieu durant une édition en ligne gratuite ; le prix sera décerné à ce moment-là.

Hors compétition : Dune, le Mook, dirigé par Lloyd Chéry

1) Roman francophone : Le Sanctuaire de Laurine Roux (Le Sonneur)

2) Roman étranger : Kra, Dar Duchesne dans les ruines de l’Ymr de John Crowley (L’Atalante)

3) Nouvelle francophone : Toxiques dans les prés de Claude Ecken (in Nos futurs, ActuSF)

4) Nouvelle étrangère : La Fabrique des lendemains (recueil) de Rich Larson (Le Bélial’ & Quarante-Deux)

5) Roman jeunesse francophone : Steam Sailors, tomes 1 & 2, d’E.S. Green (Gulf Stream)

6) Roman jeunesse étranger : La Trilogie de la Poussière, tomes 1 & 2, de Philip Pullman (Gallimard Jeunesse)

7) Prix Jacques Chambon de la traduction : Jean-François Le Ruyet pour Djinn City de Saad Z. Hossain (Agullo)

8) Prix Wojtek Siudmak du graphisme : Vaderetro pour Steam Sailors, tomes 1 & 2, d’E.S. Green (Gulf Stream)

9) Essai : Kaiju, envahisseurs & apocalypse. L’Âge d’or de la science-fiction japonaise de Fabien Mauro (Aardvark)

10) Prix spécial : Le Cycle des contrées de Jacques Abeille (Le Tripode)

Les Lauréats du Prix Imaginales des Bibliothécaires !

Lancé en 2018, le Prix Imaginales des Bibliothécaires est le 4e prix spécial décerné par le festival spinalien des Imaginales. À ce titre, il côtoie ceux des lycéens, des collégiens et des écoliers. Sous la houlette du comité de sélection (composé de Stéphanie Nicot, 6 bibliothécaires référents et deux responsables éditoriales de Premier Chapitre), les bibliothécaires lisent les 5 titres de la sélection, qu’ils classent à l’issue de la période de lecture (de janvier à avril).

ça y est, on a voté ! Et voici les lauréats pour cette année :

Prix Imaginales des Bibliothécaires : Vaisseau d’arcane, Adrien Tomas.
Prix Imaginales des Bibliothécaires de la bande-dessinée : Peau d’Homme, Hubert et Zanzim.

Je suis ravie, mes favoris ont gagné ! Voici ce que j’avais voté :
Romans :
1. Vaisseau d’arcane, Adrien Tomas.
2. ex-aequo (ça manque vraiment de pouvoir faire des ex-aequo dans les votes !) : Au bal des absents, Catherine Dufour et Le Chant des cavalières, Jeanne Mariem Corrèze.
4. La Princesse au visage de nuit, David Bry.
5. Quitter les monts d’automne, Emilie Querbalec.

BD :
1. ex-aequo (bis repetita) : Géante, Jean-Christophe Deveney et Nuria Tamarit et Peau d’homme (Hubert et Zanzim)
3. Le Culte de Mars, Mobidic.
4. Carbone & Silicium, Mathieu Bablet.
5. Le convoyeur, Tristan Roulot et Dimitri Armand.

Dans la presse

L’imaginaire, bientôt ennemi public numéro 1 ?

Cette interview d’Enki Bilal avec Adrien Rivierre est à lire dans Usbek & Rica !

Metoo dans l’édition, la suite

Suite à l’enquête récemment révélée par Mediapart sur les agissements douteux de Stéphane Marsan, éditeur de Bragelonne, une centaine de signataires ont publié une tribune, reprise dans Libération (contenu identique pour les deux liens). Mediapart revient également sur l’omerta présente dans le milieu, dans un nouvel article.

Comment lutter contre le sexisme dans le milieu des littératures de l’imaginaire ?

Suite directe de la brève précédente : Marcus Dupont-Besnard revient sur le sexisme dans le milieu de l’imaginaire dans cet article publié sur Numerama.

Des festivals, des rendez-vous

L’Ouest Hurlant, nouveau festival SFFF à venir !

Ce nouveau festival est organisé par l’association Le laboratoire des imaginaires et se tiendra à Rennes, du 28 avril au 1er mai 2022 (lieux à venir). Thomas Geha est chargé de la direction artistique ; Lionel Davoust et Estelle Faye sont respectivement parrain et marraine de cette première édition, qui programme d’ores et déjà conférences, spectacles, prix littéraires, ateliers d’écriture et cafés-débats, le public aura le choix entre de nombreuses activités. Affaire à suivre !

Concert musiques d’anime à la bougie !

La Chapelle des Carmélites, à Toulouse, accueillera le 30 septembre 2021 un concert de piano (solo) d’Eric Artz, illuminé à la bougie, et reprenant des musiques tirées d’animes japonais. Au programme :

  • L’Attaque des Titans : « Guren no Yumiya »
  • Demon Slayer : « Gurenge »
  • Naruto : « Sadness and Sorrow »
  • Dragon Ball Z, thème principal
  • Dragon Ball Super : « Ultra Instinct Mastered »
  • One piece : « We Are! »
  • Parasyte : « Next to You »
  • Le Tombeau des Lucioles
  • Princesse Mononoke, thème principal
  • Le Voyage de Chihiro : « One Summer’s Day »
  • Le Château dans le Ciel, thème principal
  • Mon Voisin Totoro : « Path of the Wind »
  • Le Château Ambulant, thème principal
  • Tokyo Goul : « Unravel »

Toutes les infos ici !

Bon dimanche !

Brèves de comptoir #267

Tous les dimanches, l’actualité de l’imaginaire en bref !

Des prix !

Shortlist pour Le Grand Prix de l’Imaginaire !

Le GPI, qu’est-ce que c’est ? Le Grand Prix de l’Imaginaire (ou GPI) récompense, dans 12 catégories différentes, des œuvres de l’imaginaire depuis 1992 ; le prix existe en fait depuis 1974 mais se concentrait alors sur la SF. La remise du prix a traditionnellement lieu dans la Maison de l’Imaginaire pendant le festival Saint-Malo Étonnants Voyageurs (et sera sans doute virtuelle cette année).
Voici les titres retenus en shortlist :

Hors compétition
Dune, le Mook, incontestable livre-événement de l’année 2020, est la première œuvre à figurer en parallèle d’un palmarès du GPI, sous une rubrique « hors compétition », puisque l’ouvrage dirigé par Lloyd Chéry , juré du GPI depuis un an, ne peut réglementairement concourir.
– Après discussion, les jurés ont également autorisé la participation de l’illustrateur Aurélien Police dans la catégorie Graphisme, en raison de sa remarquable création d’une nouvelle identité graphique à l’univers de Dune.

Roman francophone :
Ce qu’ici-bas nous sommes de Jean-Marie Blas de Roblès (Zulma)
Un long voyage de Claire Duvivier (Aux Forges de Vulcain)
L’Anomalie de Hervé Le Tellier (Gallimard)
Le Sanctuaire de Laurine Roux (Le Sonneur)
Images de la fin du monde de Christophe Siébert (Au diable vauvert).

Roman étranger :
Trilogie d’une nuit d’hiver, tomes 1 à 3, de Katherine Arden (Denoël)
Un océan de rouille de C. Robert Cargill (Albin Michel)
Kra, Dar Duchesne dans les ruines de l’Ymr de John Crowley (L’Atalante)
Dans la vallée du soleil d’Andy Davidson (Gallmeister)
La Fileuse d’argent de Naomi Novik (Pygmalion)
Terra Ignota, tomes 1 & 2, d’Ada Palmer (Le Bélial’)
Borne de Jeff Vandermeer (Au diable vauvert)

Nouvelle francophone :
Baiser la face cachée d’un proton de Sabrina Calvo (in Bifrost n° 97)
Les Secrets du premier coffre (recueil) de Fabien Cerutti (Mnémos)
Toxiques dans les prés de Claude Ecken (in Nos futurs, ActuSF)
À la recherche du Slan perdu de Michel Pagel (in Bifrost n° 98).

Nouvelle étrangère :
Expiration (recueil) de Ted Chiang (Denoël)
La Fabrique des lendemains (recueil) de Rich Larson (Le Bélial’ & Quarante-Deux)
Bienvenue à Sturkeyville (recueil) de Bob Leman (Scylla)
Travail d’intérêt général de Megan Lindholm (in Sorciers et magie, Pygmalion)
Histoires bizarroïdes (recueil) d’Olga Tokarczuk (Noir sur Blanc)
Perles (recueil) de Chi Ta-wei (L’Asiathèque).

Roman jeunesse francophone :
La Dernière Geste, tomes 1 & 2, de Morgan Of Glencoe (ActuSF)
Steam Sailors, tomes 1 & 2, d’E.S. Green (Gulf Stream)
♥ Le Royaume de Pierre d’Angle, tomes 1 à 3, de Pascale Quiviger (Rouergue)
Bordeterre de Julia Thévenot (Sarbacane)

Roman jeunesse étranger :
Terreur à Smoke Hollow de Katherine Arden (Pocket Jeunesse)
Les Secrets d’Andrus Kivirähk (Le Tripode)
Akata, tomes 1 & 2, de Nnedi Okorafor (L’École des loisirs)
La Voleuse d’os de Margaret Owen (Pocket Jeunesse)
La Trilogie de la Poussière, tomes 1 & 2, de Philip Pullman (Gallimard Jeunesse).

Les autres titres en lice sont visibles ici !

Les titres en lice pour le Prix Imaginales 2021 : le récap

Roman francophone :

  • Le Chant des cavalières, Jeanne Mariem Corrèze (Les Moutons Électriques).
  • Les Chats des neiges ne sont plus blancs en hiver, Noëmie Wiorek (L’Homme Sans Nom).
  • Les Chevaliers du Tintamarre, Raphaël BARDAS (Mnémos).
  • Thecel, de Léo Henry (Folio SF).
  • Un long voyage, Claire DUVIVIER (Aux Forges de Vulcain).

Roman étranger traduit :

  • Kra, John Crowley, trad. de Patrick Couton (L’Atalante).
  • La Mer sans étoiles, Erin Morgenstern, trad. de Julie Sibony (Sonatine).
  • La Guerre du pavot, Rebecca F. Kuang, trad. de Yannis Urano (Actes Sud).
  • La Fileuse d’argent, Naomi Novik, trad. de Thibaud Eliroff (Pygmalion).
  • Cochrane vs Cthulhu, Gilberto Villaroel, trad. de Jacques Fuentealba (Aux Forges de Vulcain).

Jeunesse :

Illustration :

  • Cahier de croquis du Hobbit, ill. d’Alan Lee (Christian Bourgois).
  • L’Hypothèse du lézard, ill. de Cindy Canévet (ActuSF)
  • Les Archives d’Ankh-Morpok : une anthologie du Disque-monde, volume 1, ill. de Paul Kidby (l’Atalante)
  • Le Flocon, ill. de Laurent Gapaillard éd. Gallimard jeunesse

Nouvelle :

  • La Fille feu follet et autres textes, Ursula Le Guin, trad. de Nardjès Benkhadda (Goater).
  • L’Hypothèse du lézard, Alan Moore, trad. de Patrick Marcel (ActuSF).
  • Les Secrets du premier coffre, Fabien Cerutti (Mnémos).
  • Bienvenue à Sturkeyville, Bob LEMAN, trad. de Nathalie Serval (Scylla).

Prix spécial du jury :

  • Les Enfants de l’imaginaire, anges ou démons, Jean Marigny (Terre de Brume).
  • La grande aventure du jeu de rôle, toute l’histoire des origines à nos jours, Julien Pirou (Ynnis).
  • Codex des 7 couronnes, bréviaire illustré de la saga Game of Thrones, Mathieu Demaure, ill. d’Aurélien Baudinat (Ynnis).
  • Une histoire de feu et de sang : le Moyen Age de Game of Thrones, Florian Besson et Justine Breton (Presses Universitaires de France).
  • Le Territoire des monstres, Christine Luce (Moutons électriques).
  • Merveilleux scientifique, Jean-Luc Boutel (Moutons électriques).
  • Les Chats enchantés, Christine Luce (Moutons électriques).

Album (nouvelle catégorie 2021 !!) :

  • Nuit, Anna Griot (illustratrice) et Nancy Guilbert (autrice) (Courtes et longues).
  • Balbuzar, Frédéric Pillot T (illustrateur) et Gérard Moncomble (auteur) (Daniel Maghen).
  • La Famille Passiflore, Pirouette et Nymphéas, Loïc Jouannigot (Daniel Maghen).
  • Sous les palmes d’Odilon, Jean-Charles Baty (illustrateur) et Julie Billault (autrice)(Courtes et longues)
  • Le Flocon, Laurent Gapaillard (illustrateur) et Bertrand Santini (auteur) (Gallimard jeunesse).

Prix Imaginales de la bande dessinée :

  • Aldobrando, Gipi (scénario) et Luigi Critone (illustrations) (Casterman)
  • Renaissance, Fred Duval (scénario) et Emen (dessin) (Dargaud)
  • Terre le vieux monde, Rodolphe (scénario) et Christophe Dubois (dessin) (Maghen)
  • Peau d’homme, Hubert (dessin) et Zanzim (scénario) (Glénat)
  • Carbone & Silicium, Mathieu Bablet (Ankama)

Prix Imaginales des Bibliothécaires :

  • Au bal des absents, Catherine Dufour (Seuil).
  • La Princesse au visage de nuit, David Bry (L’Homme sans nom)
  • Vaisseau d’arcane #1 : Les Hurleuses, Adrien Tomas (Mnémos)
  • Quitter les monts d’automne, Émilie Querbalec (Albin Michel)
  • Le Chant des cavalières, Jeanne Mariem Corrèze (Moutons électriques).

Prix Imaginales de la Bande dessinée des bibliothécaires :

  • Peau d’homme, Hubert (dessin) et Zanzim (scénario) (Glénat)
  • Carbone & Silicium, Mathieu Bablet (Ankama)
  • Géante, histoire de celle qui parcourut le monde à la recherche de la liberté, Nuria Tamarit et J-C Deveney (Delcourt)
  • Le Convoyeur #1 Nymphe, Dimitri Armand et Tristan Roulot (Le Lombard)
  • Le culte de Mars, MOBIDIC (Delcourt).

Appels à textes, à manuscrits !

Réouverture du service manuscrits aux éditions de l’Atalante

Les éditions de l’Atalante rouvrent leurs soumissions de manuscrits du 1er au 31 mai pour leur collection La Dentelle du Cygne !
Si vous avez un manuscrit de science-fiction, de fantasy ou de fantastique, c’est donc le moment.
Les modalités précises sont visibles ici. Attention, les manuscrits ne respectant pas ces règles ne seront pas examinés !

Fermeture des soumissions romans au Bélial’

Face à l’afflux de manuscrits, les éditions du Bélial’ se voient dans l’obligation de fermer les soumissions de romans. A l’avenir, la soumission pourrait rouvrir pour une courte période donnée.
Toutefois, les soumissions pour les nouvelles et novelettes sont toujours ouvertes ! Vous pouvez donc toujours envoyer des textes inférieurs à 200 000 signes à cette adresse : nouvelles@belial.fr.

Des interviews !

Le Mois de Sylvie Kaufhold sur Bookenstock !

Profitez du mois de mai pour poser vos questions à Sylvie Kaufhold durant l’interview participative sur Bookenstock !

SF Theory sur DoctriZ

Le cycle Podcast continue sur la chaîne DoctriZ : vendredi, Zelda recevait SF Theory. A revoir ici !

Bon dimanche !

[2021] Le Mois de la Fantasy

Emballée par ma participation de l’année dernière, j’ai eu envie de replonger dans le Mois de la Fantasy cette année, encore une fois propulsé par Pikiti Bouquine, qui explique tout dans sa vidéo.

Objectif du challenge : durant le mois de mai (du 1er au 31), il s’agit de lire des romans de fantasy (acception anglosaxone qui couvre aussi par exemple l’urban fantasy) rentrant dans différentes catégories. Certains romans peuvent rentrer dans différentes catégories ce qui peut aider à réduire le nombre de titre à lire ;).

Il est possible de partager lectures, PAL, avis, notamment sur le groupe facebook consacré.

Et voici ma pile-à-lire !

Sans plus attendre, voici les catégories sus-dites, et les titres de ma PAL sous chaque mention :

Bien au chaud dans notre monde

Nous avons appris : des romans (de fantasy !) d’apprentissage, de formation, ou qui se déroulent dans une école.
Akata Warrior, Nnedi Okorafor (oui oui, il était déjà dans mon Cold Winter mais chuuut). On y suit les aventures de Sunny Nwazue, collégienne le jour et apprentie magicienne la nuit. J’avais adoré le premier tome, je suis curieuse de lire la suite.
La Ville sans vent, Éléonore Devillepoix. Il semblerait que les personnages soient en fin de formation au tout début de l’histoire !

Nous vécu de longues aventures : un tome de saga.
Akata Warrior, Nnedi Okorafor : c’est un tome 2.
La Ville sans vent, Éléonore Devillepoix : c’est un premier tome !

Nous avons rencontrés des gens exceptionnels : où l’on croise des personnages maniant la magie, la sorcellerie, des pouvoirs particuliers.
On ne change pas une équipe qui gagne, et on reprend (encore !) les deux mêmes titres :
Akata Warrior, Nnedi Okorafor
La Ville sans vent, Éléonore Devillepoix.

Nous avons découvert que nous avons une DESTIN : où sont impliqués un élu, une quête ou quelque chose d’approchant.
Allez, enfin un nouveau titre !
Le Chant des Cavalières, Jeanne Mariem Corrèze : dès le résumé, il est question pour la protagoniste « d’affronter son destin ». Que demande le peuple ?

Nous traversons la forêt

Et commençons le périple : où l’on voyage ou bien un roman ne se déroulant pas dans un univers de type européen
Akata Warrior, Nnedi Okorafor (ça faisait longtemps, non ?) : l’intrigue se déroule au Nigéria, et c’est très dépaysant !
– Montès
, Isabelle Bauthian : la protagoniste est envoyée en territoire ennemi pour une délicate mission…

A la rencontre des autres : un roman qui fait intervenir le petit peuple
– Le jour où l’humanité a niqué la fantasy, Karim Berrouka : ça commence avec un lutin énervé. C’est good, non ?

Une partie à cloche pied : où l’on se lance un défi.
Après quelques recherches et graissages de pattes, j’ai trouvé un défi qui me semble vraiment ambitieux : lire en lecture commune La ville sans vent avec mes comparses de LC préférées et le terminer en moins d’un mois ! Oui, il est petit. Oui, c’est long un mois. Donc ça vous semble peut-être un défi un peu trop facile.
C’est le moment où je vous dis qu’on lit le tome 2 du Sorceleur en LC ? Depuis décembre 2020 ? Voilà voilà. Donc oui, c’est un gros défi.

La fin en la survolant : où des créatures volantes sont impliquées
Le Chant des cavalières, Jeanne Mariem Corrèze : je n’en ai pas parlé plus haut, mais les cavalières du titre… elles chevauchent des dragons !

Vers d’autres Contrées

Pour y trouver l’amour : une petite romance est présente dans l’histoire
Géante : Histoire de celle qui parcourut le monde à la recherche de la liberté, Jean-Christophe Deveney et Núria Tamarit. D’après le résumé, il pourrait être question d’amour dans les détours de l’intrigue ! Et ce sera ma seule BD de la sélection !

Pour y trouver un apprenti : où l’on lit de la littérature jeunesse
Akata Warrior, Nnedi Okorafor (encore lui ?! Mais oui)
La Ville sans vent, Éléonore Devillepoix (la même)

Se laisser porter : participer à une des lectures communes, ou laisser quelqu’un un choisir un titre, ou tirage au sort
Les lectures communes portent sur Elantris ou La Guerre du Pavot.
Je triche un peu, avec ma propre LC (cf. ci-dessus) !

Découvrir une nouvelle ville : un roman d’urban fantasy !
– Le jour où l’humanité a niqué la fantasy, Karim Berrouka : je n’en suis pas tout à fait sûre, mais je me demande si ce titre ne pourrait pas entrer dans cette catégorie. Affaire à suivre !

Vous participez ? Qu’avez-vous prévu de lire ?

Derniers jours d’un monde oublié, Chris Vuklisevic.

Plus de 3 siècles après la Grande Nuit, Sheltel, l’île du centre du monde, se croit seule rescapée de la catastrophe. Mais un jour, la Main, sorcière chargée de donner la vie et de la reprendre, aperçoit un navire à l’horizon. Il est commandé par une pirate impitoyable, bien surprise de trouver une île au beau milieu du Désert Mouillé.
Si la Main voit en ces étrangers une menace pour ses secrets, Arthur Pozar, commerçant sans scrupules, considère les intrus comme des clients potentiels, susceptibles d’augmenter encore, si possible, son immense fortune.
C’est une nouvelle ère qui s’ouvre. Qu’elle les mène à la gloire ou à la ruine, la sorcière, la pirate et le vieux marchand en seront les instigateurs, bien malgré eux.

Mais quelle claque, ce roman ! Si vous cherchez de la fantasy originale, bien écrite et bien menée, n’allez pas plus loin. 
Mais commençons plutôt par le commencement.

Ce one-shot nous emmène donc sur l’île de Sheltel, îlot perdu au milieu du Désert Mouillé, une immense étendue océanique, dépourvue de ressources en eau potable – et dont je trouve le nom absolument parfait. Or, voilà qu’un navire pirate, justement à court d’eau potable, tombe sur île qui n’est pas supposée exister, et dont les habitants pensent, de leur côté, être seuls au monde. L’arrivée des pirates va tout chambouler et, comme l’annonce le titre, on va assister aux douze derniers jours de ce monde en déliquescence.
Car le moins que l’on puisse dire, c’est que cette île est vraiment, vraiment spéciale. Je m’attendais évidemment à une société corsetée (puisqu’isolée depuis plus de trois siècles) mais je n’étais pas prête pour la société sans aucune concession que nous livre l’autrice ! Au détour d’un chapitre, on tombe sur des scènes de violence (et il n’est pas seulement question de meurtres ici) ou de situations glauques, le tout de préférence assez intenses. Bref : Sheltel, c’est étrange, et on y vit des choses assez sales (l’ambiance est même assez malsaine).
Et en même temps, c’est bien ce qui rend le récit si prenant car il ne fait que décrire des personnages… très humains.

Celui-ci s’appuie sur une narration triangulaire, menée tour à tour par les trois personnages clefs : la sorcière, la pirate et le vieux marchand.
La sorcière, la Main, est chargée du contrôle des naissances et de la pureté génétique des îliens. Figure puissante donc… mais qui cache deux secrets (dont l’un dans sa cave), qui peuvent lui coûter son poste et, accessoirement, sa vie.
Erika, de son côté, a été adoptée contre son gré par la Capitaine des pirates et ne rêve que de fuir le bateau, quel qu’en soit le prix. Quelque part, elle est celle par qui le malheur arrive, puisque son arrivée bouleverse la petite vie peinarde de l’île.
Quant au vieux marchand, Arthur Pozar, enfant des quartiers pauvres qui s’est élevé au rang de conseiller préféré de la Bénie, une prêtresse très proche du pouvoir, il n’a qu’une idée en tête : accroître son profit, tout en gardant sa place, ce que l’arrivée des étrangers va lui permettre de faire.
Évidemment, les objectifs des uns et des autres ne cadrent pas forcément, chacun tentant de tirer son épingle du jeu sans s’occuper des autres. Au fil des chapitres, on découvre toute l’ambiguïté de ces trois personnages, leurs motivations profondes et leurs aspects monstrueux. On pense les apprécier et saisir leur essence alors qu’au chapitre suivant, ils se montrent dans toute leur cruauté. On pense alors les détester, mais voilà qu’ils nous étonnent par des revirements pleins d’humanité. Ils sont vraiment très, très bien écrits – surtout les deux personnages féminins !

Outre ces objectifs personnels qui entrent en conflit et détériorent l’ambiance sur Sheltel, il faut préciser que l’île connaît une sécheresse terrible. Les pirates ont soif, les Sheltes meurent – littéralement – de soif, et tout cela exacerbe les tensions déjà présentes. Cette préoccupation, très actuelle, tout comme les caractères des personnages, donnent au roman une curieuse note de réalisme.

Les chapitres alternent avec des extraits choisis qui viennent éclairer l’histoire de l’île, l’univers en général ou, plus simplement, les machinations des personnages. Ces interludes sont variés et originaux : il peut s’agir de lettres, de circulaires du gouvernement (qui ressemblent à celles que l’on connaît dans le monde réel !), de rapports de jugements, d’extraits de journaux, de télégrammes, ou d’écrits intimes.  Ils n’ont l’air de rien, mais ils font tout. Car ils donnent des indices sur l’univers dans lequel on évolue et construisent habilement le lore, sans plomber le lecteur d’informations. Vu la brièveté du roman, j’ai trouvé la technique vraiment fine !
En plus de donner des informations non négligeables, cette façon de procéder augmente d’un cran le suspense. Celui-ci, déjà présent grâce au titre et au décompte des jours, se trouve régulièrement décuplé par les informations que l’on glane dans les interludes – qu’il s’agisse de menaces sur les personnages, de développements soudains et désagréables du climat politique, ou de la situation de l’île. Tout cela explique sans doute pourquoi j’ai dévoré le roman en moins de deux jours !

Avec tout ça, le roman est écrit d’une plume vive et précise, qui sait aller droit au but, sans surcharger le texte, mais sans créer de manque non plus. Pas de longueurs au programme de ce récit particulièrement efficace !

Avec Derniers jours d’un monde oublié, Chris Vuklisevic a fait une entrée fracassante en fantasy – en remportant le concours du premier roman d’imaginaire orchestré par FolioSF, excusez du peu. Bien que le roman ne soit pas si long, elle y tisse une intrigue très complète, menée sans longueurs, ni précipitation. Il se passe énormément de choses dans l’histoire, mais le récit se concentre sur ses éléments phares, tout en suggérant le reste. Résultat : c’est palpitant. L’univers se tient à la perfection, tout en nous donnant la sensation qu’il y a encore plein de choses à découvrir, mais sans laisser sur un sentiment de frustration intense. En un mot : c’est excellent !

Derniers jours d’un monde oublié, Chris Vuklisevic. FolioSF, 1er avril 2021, 351 p.