Bleu saphir, Kerstin Gier.

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Gwendolyn a la faculté de voyager dans le temps… et aussi de parler avec les fantômes, ce qui lui permet, par exemple, de tenir de longues conversations avec James, le fantôme de sa très chic école privée. Concilier ces facultés, les cours au lycée, et aussi ses devoirs de voyageuse dans le temps ne s’avère pas toujours facile. Car sur la foi d’une antique prophétie, Gwendolyn a un rôle à jouer entre les siècles. Aux côtés du beau Gideon, rien ne lui semble impossible, d’autant qu’elle est sûre de son amour. À moins que le jeune homme ne lui cache des choses ?

 

Autant le dire de suite : ce tome m’a laissé un sentiment très mitigé.
D’une part parce qu’il apporte vraiment trop peu de réponses : c’est long, c’est lent, et on a la franche impression que l’auteur délaye pour gagner du temps. L’intrigue ne progresse quasiment pas par rapport au tome précédent, et c’est bien dommage. On reste avec les mêmes questions que précédemment, puisqu’aucune n’est vraiment résolue. Pire, il y a même des incohérences dans la chronologie. On a donc du mal à adhérer à toute la mythologie présentée, puisque le tout ne fonctionne pas tout à fait correctement, et c’est vraiment très dommage. De plus, avec un titre pareil, on s’attendrait à ce que le tome soit focalisé sur Lucy (le Saphir dans la mythologie de la saga)… mais finalement, elle apparaît beaucoup trop peu.

Par ailleurs, la narratrice – si drôle dans le premier tome – semble avoir perdu une bonne partie de son allant pour se laisser gouverner par ses hormones. Certes, elle a toujours un sens de la répartie assez aiguisé, mais il fonctionne un peu au ralenti, ici. La narration est sans cesse interrompue par des séances de bécotage qui n’apportent rien à l’intrigue, d’une part, et ont la fâcheuse habitude d’intervenir aux pires moments, d’autre part. C’est exactement comme si l’auteur avait un certain quota de scènes du genre à caser pour alimenter les fantasmes des lectrices. C’est extrêmement agaçant et contribue à renforcer la très nette impression que l’on perd du temps avec un tome intermédiaire sans intérêt.

La découverte de l’univers progresse peu à peu, notamment grâce à l’introduction de nouveaux personnages, dans le passé (le grand-père de Gwendolyn, par exemple) et dans le présent. Parmi les nouveaux personnages, il y en a un qui mérite vraiment qu’on s’y attarde : il s’agit de Xemerius, l’esprit d’un démon du XIe siècle qui suit Gwendolyn, un peu à la manière d’un familier. A la limite entre le familier malfaisant et le dæmon (façon Les Royaumes du Nord, de Philip Pullman), Xemerius supporte tout l’effet comique et rentre-dedans des personnages. Jamais à court d’une bonne idée, d’un jeu de mot, ou d’une intervention aussi tonitruante que discrète (après tout, la seule à le voir et à l’entendre est Gwendolyn), il dynamise un histoire que l’on sent glisser sur la pente de l’indolence. La présence de ce personnage atypique, sans-gêne et invisible donne lieu à des scènes assez savoureuses.

Après avoir passé quelques 300 pages en se demandant s’il allait enfin se passer quelque chose, il faut reconnaître que l’on est servis : les 50 dernières pages sont enlevées, intéressantes et valent le coup d’avoir attendu. Ces derniers chapitres remettent en cause ce qu’on a lu jusque-là : traîtrises, révélations embarrassantes et plans machiavéliques sont mis au jour. Gideon glisse sur la pente d’un cynisme du plus bel effet, qui lui sied nettement mieux que l’attitude d’amoureux transi. Sur ces dernières pages, l’auteur brouille les différentes pistes ; une fois le livre refermé, on ne sait plus trop sur quel pied danser, ni quelle attitude adopter.

Bleu saphir, en somme, s’inscrit dans la continuité de Rouge rubis : il y a de bonnes idées, mais on attend encore que l’auteur révèle sa patte. Ce second opus est malheureusement marqué par une intrigue qui progresse très peu, et une narration pleine de longueurs. L’introduction d’un nouveau personnage parvient à dynamiser quelque peu le tout, sans toutefois faire oublier que l’histoire stagne. Avec toutes les questions laissées en suspens, il est évident que le troisième et dernier tome devrait apporter son quota de réponses, progressions et résolutions. Espérons donc que le papillon sortira de sa chrysalide dans Vert émeraude.

♦ Dans la même série : Rouge rubis, 1.
Vert émeraude, 3.

 

 Bleu saphir, Rouge rubis #2, Kerstin Gier. Milan, 2011, 358 p.
6/10.

 

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2 commentaires sur “Bleu saphir, Kerstin Gier.

  1. Frankie dit :

    Tu résumes parfaitement ce que j’avais aussi pensé de ce tome 2. Heureusement qu’il y a Xemerius pour apporter un peu de fantaisie.

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