[2017] Petit bilan estival

Une fois n’est pas coutume, c’est un bilan pour les deux mois de juillet et août que je vous propose (faute de temps pour faire celui de juillet). Mine de rien, j’ai pas mal lu, mettant à profit un tas d’heures de transport et quelques jours de vacances – bien méritées, de mon point de vue !

Carnet de lectures. 

Côté romans.

Dans la peau de Sam, Camille Brissot, éd. Syros.
Charlie est belle, populaire et pas toujours des plus sympathiques, n’hésitant pas à se moquer de Sam, le loser du collège dont tout le monde se moque. En même temps, tout le monde se moque de lui, donc c’est facile. Alors qu’elle est à la fête foraine, Charlie aperçoit Sam en train de s’introduire dans une caravane dont l’accès est interdit au public. Curieuse, elle le suit… et mal lui en prend. Car dans la caravane se dissimule une attraction secrète qu’ils expérimentent un peu par inadvertance. Et c’est le drame ! Car à la sortie, Charlie est piégée dans le corps de Sam, et vice-versa. Et pas le temps de se renseigner, car voilà déjà l’heure de rentrer, chacun chez soi. Objectif : donner le change et surtout, récupérer chacun son corps !
L’intrigue est très courte (le roman fait une petite centaine de pages) et bien menée : les adolescents sont vite et bien caractérisés et l’histoire démarre très vite. Evidemment, vous vous doutez bien que les personnages vont finalement se découvrir et s’apercevoir que leurs bisbilles reposent sur du vent. Mieux, Charlie (que l’on suit plus que Sam), s’aperçoit que la position du harcelé est vraiment atroce… ce qui va la faire réfléchir à ses actes. Sans être moralisateur, le roman amène à une réflexion et c’est parfait ! En bref : une intrigue assez classique, mais néanmoins particulièrement efficace !

On n’a rien vu venir, collectif (éd. Alice).
Des manifestations de liesse populaire ont lieu dans tout le pays : le Parti de la Liberté a gagné les élections…
Mais, très vite, le nouveau pouvoir exclut tous ceux qui s’éloignent un tant soit peu de la norme – les « mal-habillés », les « trop-fonçés », les « pas-assez-valide »…- et instaure des règles de plus en plus contraignantes : une heure de lever obligatoire pour tous, des jours de congés fixes, des choses que l’on ne peut pas dire, faire, manger ou porter… La liste des nouvelles lois et prohibitions s’allonge, les contrevenants sont traqués et des caméras de surveillance sont installés dans certains domiciles.
Comment en est-on arrivé là ?
Dans ce roman à 7 voix, 7 grands noms de la littérature jeunesse (Sandrine Beau, Séverine Vidal, Fanny Robin, Agnès Laroche, Annelise Heurtier, Clémentine Beauvais, Anne-Gaëlle Balpe) livrent un roman d’anticipation reposant sur les résultats des élections, mettant au pouvoir un parti d’extrême-droite dont l’arrivée est perçue de différentes façons par les familles que l’on suit : il y a celle qui a voté pour et qui se réjouit, ceux qui partent faire le tour du monde sur un voilier, ceux qui n’ont pas la bonne teinte et sont terrifiés.
Évidemment, dans le contexte actuel, c’est une lecture frappante. Et ce d’autant plus qu’elle est narrée à hauteur d’enfants, lesquels ont des réflexions percutantes. Un roman à lire et à relire et, surtout, à faire circuler !

La Mythologie viking, Neil Gaiman (Au Diable Vauvert)
Gaiman est fin connaisseur des mythes nordiques et ça se voit. Il les reprend en une quinzaine de nouvelles, allant d’avant la création des neuf mondes au Ragnarok. Au milieu, quelques 15 textes mettant en avant la sagesse d’Odin, l’impétuosité de Thor ou la rouerie de Loki, lequel finit généralement par s’en sortir sans égratignures.
La plongée dans la mythologie est très accessible : les récits sont courts, les péripéties s’enchaînent et les histoires, si elles se dirigent toutes clairement vers le Ragnarok, semblent pourtant légèrement déconnectées les unes des autres – idéal pour une lecture morcelée, donc. Malheureusement, j’ai trouvé les récits à la fois un peu courts et un peu trop superficiels ; j’avais l’impression que l’on restait toujours trop à la surface des personnages comme des péripéties. L’avantage, c’est que l’entrée en mythologie est facile et qu’on appréhende rapidement les particularités des mythes nordiques, d’autant que les péripéties sont limitées à leurs plus stricts développements – on ne se perd pas en circonvolutions inutiles. Une chouette plongée chez les dieux nordiques, mais qui m’a laissée un poil sur ma faim.

Rose givrée, Cathy Cassidy.
On ne présente plus Cathy Cassidy. Ou bien si ? Allez, vite fait. Elle est l’auteure de la série (jeunesse) au très long cours Les Filles au chocolat qui met en scène les aventures d’une famille nombreuse recomposée. Dans Rose givrée, on suit Jude, 13 ans, dont la famille l’embarrasse énormément : sa grand-mère est atteinte de la maladie d’Alzheimer et éprouve une passion immodérée pour les écharpes de trois pieds de long qu’elle tricote n’importe où ; son père est un sosie officiel d’Elvis et ne trouve rien de mieux que de débarquer en costume de scène à la réunion parents-profs du collège ; sa mère, quant à elle, digère mal le naufrage de sa vie, le futur remariage du père de Jude, et s’est donc remise… à boire. On comprend donc que Jude tente au maximum d’éloigner ses camarades de sa famille ou de toute question trop personnelle. L’histoire ressemble à une chronique adolescente : on suit Jude dans la période plus que turbulente qu’elle traverse, marquée par des thèmes très forts (Alzheimer, alcoolisme, amour, deuil…). Le roman se présente sous des dehors acidulés mais s’avère, finalement, nettement plus profond qu’il n’y paraît. Mais Cathy Cassidy parvient à conserver une légèreté de ton bien appréciable qui rend à la fois le roman très accessible (pour de jeunes lecteurs) et pas trop déprimant (malgré quelques passages plutôt tristes). Bonne pioche, donc !

The Generations, tome 3, Alone, Scott Sigler.
On retrouve Em et les autres un an après la fin du tome précédent ; les Sauterels et eux ont noué une alliance et oeuvrent de concert sur Omeyocan, tentant de comprendre les machines dont dispose l’Observatoire. L’inquiétude règne pourtant : trois vaisseaux, plus le Xolotl, qui transporte les Adultes, font route vers la planète, avec des intentions manifestement belliqueuses. De plus, des Sauterels renégats, les Querelleurs, attaquent aussi bien leurs congénères que le peuple d’Em. Celle-ci constate en outre que les siens deviennent de plus en plus violents, et voient le meurtre comme une réponse acceptable au moindre problème… Se pourrait-il que le Dieu du Sang existe vraiment et qu’il attise la violence des uns et des autres ?
J’avais bien aimé les deux premiers tomes de cette série mais force est de constater qu’avec celui-ci, la sauce n’a pas pris. Au début, je me suis copieusement ennuyée. Pourtant, il se passe plein de choses ! Mais, pour une raison qui m’échappe, impossible d’accrocher aux aventures d’Em et compagnie. Comme dans le tome précédent, j’ai eu l’impression que l’action ne démarrait vraiment qu’une fois passée la moitié du roman (soit 300 pages, quand même, à l’issue desquelles j’étais plus lassée que véritablement intéressée). Une fois que celle-ci a été installée, j’ai eu du mal à accrocher à ce que vivaient les protagonistes ; non pas que ce ne soit pas inventif (c’est même plutôt très original !) mais je n’étais pas du tout dedans. Attention, je spoile dans la phrase suivante.
Je crois que l’aspect larve cosmique qui manipule tout le monde ne m’a pas du tout parlé.

Fin du spoiler.
Je me suis astreinte à le finir (des fois que…) mais la fin, quoique vraiment bien tournée, n’a pas réussi à m’emballer davantage.
◊ Dans la même série : Alive (1), Alight (2).

Rayon bulles. 

Un autre regard : trucs en vrac pour voir les choses autrement, Emma. 
Vous connaissez peut-être le blog d’Emma ? Elle y parle de tout un tas de sujets d’actualité, sur lesquels elle porte un regard réaliste, féministe et politique. Et elle vient de signer sa première publication papier, que j’ai lue cet été.
Premier constat : ça se lit extrêmement vite ! En fait, les illustrations sont celles du blog, sur fond blanc, donc de fait, c’est assez rapide à lire. D’autant qu’Emma expose les sujets assez rapidement et qu’elle va droit au but dans ses explications. Celles-ci sont évidemment subjectives, mais également réalistes car Emma se base sur des témoignages de personnes. Au fil des pages, il est question de violences policières contre les opprimé-es, de la charge du regard masculin (notamment en entreprise !), du mépris général que subissent les femmes (au niveau médical, social, personnel !) et d’un tas d’autres choses, de préférences pêchées dans les sujets tabous ou royalement ignorés par la presse généraliste. Et au final ? C’est drôle, vivant, hyper instructif et ça donne envie de se remonter les manches.

Culottées, tome 1, Pénélope Bagieu.
Pénélope Bagieu dresse les portraits de 15 femmes (d’origines et d’époques diverses) qui ont outrepassé les normes sociales dans lesquelles on aurait aimé les enfermer pour faire des choses extraordinaires : d’Agnodice, gynécologue de l’Antiquité grecque à N’zingha, reine Angolaise, en passant par Tove Jansson, la maman des Moomins, et Margaret Hamilton, terrifiante sorcière du Magicien d’Oz, elle brasse large. Chaque femme est croquée en deux-trois pages, dans un graphisme épuré (parfois trop à mon goût) et usant de peu de couleurs. Les portraits contiennent évidemment un tas d’infos passionnantes mais sont aussi drôles et enlevés – et pointent du doigt les incohérences de la société, au passage. L’ennui, c’est qu’un portrait en si peu de pages, c’est vraiment trop court, donc pas possible de creuser le sujet, malheureusement. Mais c’est une bonne entrée en matière pour découvrir plus avant l’oeuvre de ces pionnières !

Cinéma.

J’ai été un peu plus assidue au ciné cet été (bon, toutes proportions gardées, j’y suis allée deux fois, mais ça reste un bon score vu ma fréquentation dramatique des salles obscures en ce moment…).
Et dans l’été, je me suis fait violence, et je suis allée voir… Mission Pays Basque. Sans surprise, c’était moisi – et plus si affinités.
C’est donc l’histoire de Parisienne Blondinette qui fait un boulot chiant dans le commerce et qui débarque à Bayonne city (même si c’est Saint-Jean de Luz qui est filmé) pour racheter la quincaillerie du vieux Fernan, de préférence en l’entubant sec, puisque le cul-terreux n’y entend forcément rien en immobilier. L’ennui, c’est que le vieux n’a plus toute sa tête et qu’il ne sait plus trop où il range les 50 briques que Parisienne Blondinette lui a refilées sous le manteau en guise de promesse de vente (au cas où vous vous poseriez la question, non, ce n’est pas légal). D’ailleurs, il n’a même pas la possibilité de vendre sa boutique, vu qu’il est sous tutelle et que, pour ça, il faudrait s’adresser à Beau-Brun-Ténébreux-Basque-et-Célibataire, son neveu (chemise de bûcheron sur l’affiche, fabricant d’espadrilles et repreneur officiel de Luis Mariano. Qui a dit cliché ?).
Celui-ci n’est pas jouasse d’apprendre que la touriste espère implanter sa cochonnerie commerciale au pays et attend la donzelle de pied ferme – laquelle ne tarde pas à revenir, car son boss n’est pas content et son mec, qui est accessoirement son responsable et futur mari (spoiler : plus pour longtemps), non plus. Parisienne Blondinette débarque donc avec armes et bagages, lesquels contiennent en sus son futur (et très jeune) beau-frère, en stage pour préparer sa rentrée dans une école de commerce huppée et très chère (et à qui les scénaristes ont carrément consacré une histoire secondaire qui n’apporte rien, sinon de l’ennui). À compter de là, un seul objectif pour Parisienne Blondinette : conquérir Beau-Brun-Ténébreux-Basque-et-Célibataire afin de racheter une bouchée de pain la boutique et implanter sa supérette, de préférence en lui en mettant plein la vue avec sa supériorité de citadine – stratégie qui, on s’en doute, ne passe pas super bien : après tout, c’est un bouseux, et les bouseux, ça ne connaît rien au chic et choc.
S’ensuivent, à partir de là, une flopée consternante de clichés confinant à l’erreur, pour les biens de la prod’ (laquelle ne prend même pas la peine de corriger son abyssale connerie et s’y roule allègrement) : en vrac et dans le désordre, l’ours brun en goguette en montant à l’Atxurria entre Sare et Zugarramurdi (alors oui, il y a des ours dans les Pyrénées, mais là, certainement pas…) ; Luis Mariano ad nauseam (c’est vrai qu’il n’existe rien de plus moderne en musique en dehors de lui dans le coin) ; et, bien entendu, l’inévitable complot terrorriste orchestré par la Belle-et-Rebelle-Ex de Beau-Brun-Ténébreux-Basque-et-Célibataire-Plus-Pour-Longtemps-Non-Plus (pour laquelle le damoiseau a ÉVIDEMMENT fait de la prison. Parce que c’est bien connu, le Basque est forcément terroriste ET ex-taulard, sinon c’est du toc). Mais là, au moins, faisons contre mauvaise fortune bon coeur : les musulmans en prennent à peu près autant plein la gueule que leurs infortunés compagnons de clichés, puisque le-dit complot vise à fournir les premiers en armes automatiques. Tant qu’à faire, autant brasser large, hein, on n’est pas sectaires.
Je passe rapidement sur la fatidique romance cul-cul qui se noue entre Blondinette Parisienne et Beau-Brun-Ténébreux-Basque-plus-tellement-Célib’, parce que c’est tellement cliché que ça en devient fatigant de prévisibilité. Mais bon, vous comprenez, elle découvre subitement l’amour de la Terre et de la campagne et de l’air pur, plaque son boulot chiant et devient commerçante locale (pour diffuser ses petits producteurs amoureusement choisis) parce c’est tellement plus bio-bobo-écolo éthique et responsable. Et en plus, ils s’aaaiiiment. Mais que demande le peuple ?!
Bref. J’ai fait ma BA, on ne m’y reprendra pas – j’ai quand même noté qu’ils avaient sans doute eux aussi souffert sur Rencontre pimentée à Espelette et décidé de faire partager. Merci les gars, fallait pas. (Vraiment).

Heureusement, le reste était mieux.
Pendant la Nuit des Étoiles, vu que le temps n’était pas trop de la partie (ciel couvert), je suis allée voir Valérian et la Cité des mille planètes et je dois dire que j’ai passé un bon moment – même si j’ai pas mal grogné pendant le film.
Valérian et Laureline sont des agents spatio-temporels, mandatés par le Ministre de la Défense pour enquêter sur ce qui se cache au sein de l’Alpha, une extraordinaire cité intergalactique où se croisent des espèces venues de l’univers entier. En effet, ce qui se cache là semble être radioactif et en pleine expansion, donc autant dire que c’est pas glop.
L’histoire est un peu cousue de fil blanc mais menée à bon train, ce qui fait qu’à aucun moment je me suis dit que c’était long et pénible (premier bon point). Les dialogues sont vifs, il y a du suspens, des retournements de situation intéressants et, si le jeu des acteurs ne m’a pas toujours transcendée, Valérian est cabotin comme je l’imaginais. En revanche, je suis vachement plus circonspecte sur le rôle de Laureline qui tient lieu, au mieux, de side-kick dispensable (que Valérian va sauver, évidemment, parce qu’après tout, s’il n’y a pas de donzelle en détresse, Hollywood est grognon). Bon, et vous allez dire que je chipote, mais je n’ai pas tellement kiffé non plus l’armure de Laureline, qui semble en surajouter côté protubérances mammaires. Alors que les militaires ont toutes des gilets en kevlar plat, là, on ne sait pas pourquoi, elle a une armure avec des meules agressives. Sans doute pour terroriser l’ennemi ?
Heureusement, comme je le disais, on se rattrape sur la photographie : les combats sont cools (même si pas toujours faciles à suivre), l’univers tient visuellement la route et les aliens ont de la gueule. Mention spéciale à la longue scène montrant la construction de la cité des mille planètes, qui m’a tout l’air d’avoir été pensée comme un hommage aux grands films de SF et à leurs aliens respectifs. S’il y a une suite, j’irai la voir.

 

Au rayon séries, je me suis littéralement enfilé The 100, adapté du roman éponyme de Kiera Cass – lequel m’est, lui, littéralement tombé des mains tellement je l’ai trouvé chiant et mal écrit.
Il y a un petit siècle, un holocauste nucléaire a décimé la population terrienne ; les seuls survivants sont les 2 400 habitants des douze stations spatiales en orbite à ce moment-là, qui se regroupent pour n’en former qu’une : l’Arche. Trois générations nées dans l’espace plus tard, les ressources s’épuisent sur l’Arche et l’oxygène vient à manquer drastiquement malgré les mesures draconiennes prises pour assurer la survie (un seul enfant par famille, peine capitale sauf pour les mineurs, etc.). La direction prend donc la décision d’envoyer secrètement 100 prisonniers (mineurs, si vous avez bien suivi) à la surface de la Terre, afin de voir si celle-ci est de nouveau habitable ou non. Parmi les 100, Clarke, fille du médecin en chef de l’Arche, Wells, fils du Chancelier, Finn qui a grillé un mois d’oxygène pour offrir une sortie dans l’espace à sa copine, ou encore Bellamy et Octavia, seuls frères et soeurs de l’Arche qui vont devoir s’allier (ou pas) pour survivre et assurer la survie des leurs.
Pour ce que j’ai pu en voir, la série ne suit que d’assez loin les romans (ceux-ci tiennent sur quelques jours à peine par tomes alors que la première saison s’étale déjà sur un gros mois) et elle s’est révélée très prenante ! Le côté survival est rapidement mâtiné de polar et d’espionnage – car, évidemment, les 100 ne sont pas tous seuls et les autres ne les voient pas nécessairement débarquer d’un très bon oeil. Sans compter qu’ils ne sont pas forcément d’accord entre eux sur ce qu’il convient de faire et qu’ils peuvent s’opposer assez méchamment.
Dans les premiers épisodes, Clarke me tapait gentiment sur le système mais, le temps passant, je me suis prise d’affection pour elle. Les personnages sont vraiment soignés et proposent des personnalités à la fois tranchées et complexes. Ils sont souvent embringués dans des dilemmes moraux qu’ils résolvent à leur sauce, qui n’est pas forcément la nôtre mais qui est toujours intéressante.
L’univers est vraiment bien travaillé lui aussi : car les Terriens ont développé leurs propres sociétés, pour certains leur propre langue (j’ai trouvé que le travail sur la langue était d’ailleurs excellent) et leurs propres coutumes. Comme tout le monde essaie de survivre, je ne vous cache pas que c’est parfois assez trash – et je ne parle pas seulement de voir votre personnage favori succomber sous les coups de l’ennemi après avoir vaillamment lutté. Si les scénariste n’évitent pas quelques clichés du genre, dans l’ensemble, ils savent se renouveler pour proposer des péripéties intéressantes, qui ne tournent pas trop en rond et qui explorent quelques pistes traditionnellement délaissées (ce qui change un peu). La saison a été officiellement renouvelée pour une saison 5 (il m’en reste donc deux à voir) et c’est une bonne nouvelle !

Tops & Flops.

C’est un bilan sur deux mois, mais comme je n’ai eu que 3 lectures en demi-teinte, j’ai gardé le principe de la rubrique : 3 déceptions ou assimilés (dont je vous parle en premier), 3 chouettes découvertes.

Je l’attendais avec impatience, car le résumé me semblait prometteur : le premier tome de The Effigies, Les Flammes du destin (de Sarah Raughley) mais, malheureusement, le roman ne m’a pas tellement emballée. L’héroïne ne m’a pas toujours semblé bien crédible et la narration non plus (d’autant que c’est elle qui se charge de l’histoire). Néanmoins, l’univers était très intéressant !


J’ai déjà parlé des deux autres déceptions plus haut dans ce bilan ; je n’ai pas été tellement emballée par La mythologie viking de Neil Gaiman et par Alone de Scott Sigler qui, pourtant, se présentaient tous deux sous les meilleurs augures.

Côté excellentes découvertes, en revanche, j’ai été servie et il m’a même été assez difficile d’arrêter mon choix sur seulement trois titres. Je vais donc les présenter dans l’ordre des lectures.
J’étais très curieuse de lire la suite de Je suis Adele Wolfe, de Ryan Graudin, dont j’avais adoré le premier volume. Celui-ci a été à la hauteur de mes attentes (malgré l’absence des motos) et a carrément propulsé la série entière au rang de mes romans post-apocalyptiques favoris !

Ensuite, j’ai découvert un livre qui sort fin septembre, L’aube sera grandiose, un FABULEUX roman d’Anne-Laure Bondoux, que j’ai lu d’une traite, scotchée par l’intrigue hautement palpitante et les personnages plus qu’attachants qui l’animent. Je suivrai avec attention l’actualité éditoriale d’Anne-Laure Bondoux !

Enfin, j’ai lu cet été avec un immense plaisir le troisième tome des Récits du Demi-Loup de Chloé Chevalier, Mers brumeuses et quelle découverte, encore une fois ! J’adore cette série et chaque tome semble être un nouvel enchantement !
Si vous êtes curieux, Chloé Chevalier répond actuellement à une interview participative et au long cours ici chez Bookenstock ! (Vos questions sont les bienvenues).

 

Citations.

« Oh, beau tee-shirt, Inès, ajoute-t-il un brin railleur en le découvrant sur les épaules de la jeune fille.
– Merci. C’est près de chez moi, sourit Inès en montrant le logo du golf de Bassussary avec son index.
– Un peu touristique, non ? demande-t-il plus sérieusement cette fois. C’est le drame de l’Iparralde. C’est un paradis pour touristes mais les habitants, ceux qui y sont nés, y vivent, y travaillent, sont chassés toujours plus loin du fait du prix des terrains. »
Galeux, Bruno Jacquin.

***

« Il est systématiquement précisé (et souligné comme un fait inouï) que Wu Zetian était « redoutable », « ambitieuse » et « intransigeante ». Des traits de caractère communs (et valorisés) chez à peu près tous les empereurs de l’histoire… mais visiblement moins faciles à digérer chez une impératrice. »
Culottées, tome 1, Pénélope Bagieu.

***

« J’ai deux mules et trois maris. Je sais reconnaître une face obstinée quand j’en vois une… »
« Prydain, tu ne m’as pas menti. Ce ne sont pas les mots qui nous blessent le plus, mais bien les silences qui nous tuent. »
Boudicca, Jean-Laurent Del Socorro.

***

« Loki, déclara-t-il. C’est Loki qui a fait ça.
– Pourquoi dis-tu cela? […]
– Parce que, lui dit Thor, dès que quelque chose ne va pas, la première idée qui me vient toujours à l’esprit est d’y voir la faute de Loki. Ça fait gagner un temps considérable. »
La Mythologie viking, Neil Gaiman.

***

« Alexandre, dégageait une telle confiance qu’il parvenait à me mettre à l’aise.
Souvent.
Le reste du temps, j’avais envie de le gifler. »

« Comment réveille-t-on les princesses, d’habitude?
Je la gifle. »
Le Noir est ma couleur, tome 2, La Menace, Olivier Gay.

***

– Pourrais-tu regarder le moteur ?
A le voir, on aurait dit qu’il n’était capable de rien, à part se rendormir. Luka avait vu des plantes mortes possédant davantage d’aplomb.
Je suis Adele Wolfe, tome 2, Ryan Graudin.

***

« Vous pensez qu’ils l’ont tué ? demanda-t-elle d’un ton incertain.
– S’ils l’ont tué, je les tuerai, affirma Bluebell, qui avait envie d’occire quelqu’un. »

« Elle commençait à apprécier Lang, comme elle finissait par apprécier tout le monde. Rowan avait ce charme particulier qui faisait que les gens avaient envie de faire des choses pour elle. Depuis quelques semaines qu’il était arrivé, Lang lui avait déjà sculpté des poupées, l’avait aidée à remettre un oisillon dans son nid et s’était mis à quatre pattes pour qu’elle le chevauche comme un poney. »

« Après votre dernière visite, je l’ai trouvé triste. C’était à cause de vous ?
– J’ignore ce que Snowy a dans le coeur, marmonna Bluebell.
Cela arrivait parfois lorsqu’elle baisait un type : il tombait amoureux d’elle. Et pourtant, elle était moche comme une meule avec son nez cassé et recassé. Elle ne s’attendait pas à pareille réaction de la part de Snowy. Merde, il avait été son favori. »
Le Sang et l’Or, tome 2, Les Soeurs du feu, Kim Wilkins.

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16 commentaires sur “[2017] Petit bilan estival

  1. J’ai eu le même ressenti que toi pour Valerian et la cité des milles planètes! Je n’en garderai pas un souvenir exceptionnel! Bon mois de septembre 🙂

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  2. Julien Hirt dit :

    Ouah, quelle somme, quelle variété! C’est impressionnant, et ça fait envie, merci!

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  3. Acr0 dit :

    Tu confirmes mes a priori sur le recueil de Neil Gaiman : je pense donc je vais passer mon tour. Il faudrait que je lise Un autre regard car j’ai lu quelques uns des extraits sur le net. Ah le diptyque Culottées est vraiment formidable ! J’ai suivi la parution sur le blog éponyme et j’ai acquis les livres tant j’avais accroché.

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  4. Guenièvre dit :

    Ça fait un sacré article!
    Je suis totalement d’accord avec tout ce que tu dis sur Valérian, sauf que moi j’en suis sortie assez déçue… Le graphisme est époustouflant, mais franchement, question scénario, ils se sont pas foulés! Et pis mettre les deux héros dans une relation amoureuse, d’entrée de jeu… Ça m’a rendue grognonne parce que ça ne correspondait pas à mes souvenirs de la BD!
    On n’a rien vu venir et Un autre regard me font bien envie, je crois que je les lirai à la première occasion! 🙂

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    • Sia dit :

      Oui, en effet ^^ J’ai manqué de temps pour faire celui de juillet (qui n’était pas très plein), donc je pensais que faire un billet groupé serait mieux : je n’avais pas anticipé la masse que ça ferait à la fin !
      Je ne me souvenais pas assez des BD en voyant le film – mais si ça peut te rassurer, j’ai copieusement râlé en sortant du ciné ^^ A posteriori, je me suis dit que j’avais (étonnamment) passé un bon moment malgré tout.

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      • Guenièvre dit :

        Oui, c’est vrai que certains aspects du film sont très bons! Mais moi j’ai grandis avec ces BD, je les connais quasiment par cœur, du coup mon plaisir a été un peu gâché… 😉

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      • Sia dit :

        De mon côté, je n’en avais que des souvenirs parcellaires (on les lisait à la médiathèque), ça a sans doute joué sur mon appréciation globale (après, j’ai quand même passé tout le film à grogner, il faut le noter).

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  5. Book-Trotter dit :

    « Dans la peau de Sam » fait un peu scénario de manga je trouve 😀

    Et il y a quelques bonnes citations dans ta sélection xD

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  6. Solessor dit :

    Beau bilan ! Lectures axées féminisme pour partie 🙂
    Des fois, j’ai l’impression de vivre dans une caverne (ou alors je connais sans faire le rapprochement ?) : je ne connais pas Emma, mais j’ai très envie de découvrir son regard. C’est moi ou la couverture est légèrement facétieuse ? Sur le même thème, Culottées me fait de l’oeil depuis un moment. A découvrir, d’autant plus qu’il m’a semblé voir qu’il y avait déjà un tome 2 !

    Si tu aimes la mythologie viking, tu dois connaître la BD Mjöllnir ? C’est très beau, je te conseille si tu n’as pas encore mis la main dessus. Je m’attaquerai bien à Gaiman, moi, du coup !
    Encore une fois, ton article m’a fait remballer mes a priori sur un livre : la série de Cassidy. Je pensais ça très chick-lit YA, mais ça a l’air de traiter des sujets plus profonds. Je crois que d’avoir mentionné Alzheimer m’a convaincue. Série à lire dans l’ordre ?

    Côté ciné, je n’ai pas vu le navet sur la Basquie ^^ L’affiche, le synopsis, tout m’a fait fuir ! Par contre, Valerian, j’ai apprécié, surtout visuellement. Gros gros coup de coeur pour la présentation des différentes espèces extra-terrestres, qui m’a un peu rappelé MIB !

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    • Sia dit :

      La couv’ est évidemment facétieuse ! Pour ma part, on a parlé de ses strips au boulot, c’est comme ça que je l’ai découverte. Et tu as raison, il y a bien un tome 2 de Culottées.
      Je connais Mjöllnir de nom, uniquement, je ne l’ai jamais lue, du coup, je me note ça quelque part. Et pour Gaiman, c’est pas celui que j’ai préféré, je dois dire…
      Les bouquins de Cassidy ont l’air tous hyper superficiels mais c’est souvent un peu plus profonds qu’il n’y paraît, c’est un aspect que j’aime bien (même si c’est pas non plus toujours hyper creusé). Là c’est un one-shot, mais Les Filles au Chocolat, il vaut mieux les lire dans l’ordre (sauf les deux tomes sur les jumelles, qui doivent être les numéros 2 et 3, tu peux les lire dans le désordre).
      J’ai pas vu les MIB (shame on me, je sais !) mais, malgré tout, je ne me suis pas ennuyée pendant Valérian, donc ça faisait l’affaire. Quant à l’autre film… no comment ^^

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