[2013] Du sable entre les orteils… carnet de lecture estival.

 

Les deux mois d’été tirent à leur fin, et septembre toque à la porte : rentrée, soleil du fameux « été indien », et les premières courbes rousses dans le paysage. Mais avant cela, c’est le moment de revenir sur les lectures de juillet et d’août !

Comme toujours, les titres chroniqués sont disponibles ici et là.

Côté B.D., j’ai fait quelques découvertes, et j’ai poursuivi des séries. Je ne présente que 5 titres, même si j’ai lu d’autres ouvrages à bulles cet été ! Il y en avait trop, j’ai fait une petite sélection.

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Tout d’abord, j’ai enfin lu une B.D. de Pénélope Bagieu, dont j’entendais beaucoup parler et j’ai démarré avec Cadavre exquis, qui ne m’a pas emportée plus que ça, je dois dire. C’était sympa, mais sans plus.
J’ai également lu Moi vivant, vous n’aurez jamais de pause, de Leslie Plée : à nouveau, pas d’adhésion franche. Il y a de bonnes idées, mais ce n’était pas assez caustique à mon goût.
J’ai lu le second volet de la dernière série d’Isabelle Dethan, Les Ombres du Styx. Il s’agit d’une analepse, tout du long du récit, qui raconte l’histoire personnelle de l’enquêteur, et ce qu’il cache sans sa pièce secrète : les tons sont chauds, l’histoire maîtrisée et pleine de suspens. J’ai hâte de lire la suite !
Et côté manga, j’ai lu les tomes 13 et 14 de Bakuman : le 13 était un peu en dessous du niveau général de la saga, mais le 14 valait nettement le coup !

Le Carnet de lecture.
Cet été, j’ai lu beaucoup de titres que je n’ai pas chroniqués ; je ne vais pas parler de tous ces titres ici, je vais me contenter de garder les plus marquants !

J’ai fait quelques découvertes au rayon jeunesse

Les Filles au chocolat, Cathy Cassidy.

     
A ce jour, 5 tomes sont parus : 4 romans, et une nouvelle intercalée.
Les Filles au Chocolat, c’est l’histoire d’une fratrie recomposée. D’un côté, il y a les 4 filles de Charlotte : Honey (15 ans), Skye et Summer (jumelles de 13 ans), et Coco (11 ans). De l’autre, la fille de Paddy, le futur second mari de Charlotte, Cherry (14 ans). Paddy et Charlotte démarrent une nouvelle activité de chocolaterie, dont les filles servent l’image de marque (d’où le titre de la saga), en parallèle du bed & breakfast de Charlotte.
Il y a donc un tome par soeur, plus 1 consacré à Shay Fletcher, un jeune homme du village, très ami avec les jeunes filles, et on attend le 6ème et dernier tome, qui devrait être consacré à Honey. Dans Les Filles au chocolat, Cathy Cassidy traite de nombreux thèmes liés à l’adolescence : famille recomposée, besoin de reconnaissance, quête d’identité, abandon, deuil, anorexie, passage de l’enfance à l’adolescence, accomplissement de soi, crise d’adolescence, relations parents-enfants, etc. Le tout est très bien intégré aux différentes histoires (chaque tome ayant son ambiance et son atmosphère) : c’est bien fait, intelligent, et bien écrit – les romans se lisent presque tous seuls. Le scénario est cependant un peu trop léger, parfois (notamment sur les premiers tomes) ; si l’histoire, au demeurant très divertissante, convient parfaitement à de jeunes lecteurs, on peut concevoir que de grands ados, ou de jeunes adultes restent un peu sur leur faim. Cela étant dit, il faut noter que la série se bonifie au fil des tomes.
Les Filles au chocolat était une découverte estivale fort sympathique, qu’il a été éminemment agréable de lire sur la plage.

L’Innocent de Palerme, Silvana Gandolfi.
l-innoncent-de-palerme-silvana-gandolfiPalerme, Sicile. Santino, 5 ans, se réveille dans un lit d’hôpital : il vient de survivre à un règlement de compte orchestré par la Mafia. Un juge veut le convaincre de témoigner, alors que le présent de l’enfant est désormais peuplé de cauchemars et d’affreux fkashbacks.
Lucio, de son côté, vit à Livourne, avec sa mère et sa sœur. A 11 ans, c’est lui l’homme de la famille, et il confie toutes ses peurs dans des lettres à un ami imaginaire, appelé le Chasseur. Un des garçons en sait beaucoup trop pour son âge, et l’autre se pose trop de questions.
Inspiré de faits réels, L’Innocent de Palerme est un roman très fort sur la Mafia, la loi du silence, la violence et le climat de terreur qui règne en Sicile. Envisagé du point de vue de la victime, c’est un roman très percutant, très fort, qui se lit sans aucune difficulté. Sans sombrer dans le pathos, le mélodrame, ou le jugement facile, l’auteur traite le thème avec une grande sensibilité, et en restant à la hauteur des protagonistes. Une petite merveille de sobriété !

Sa Seigneurie, Shaïne Cassim.
Simon, 17 ans, est plutôt grand, mince, a les mains fines, le teint pâle, un cou délicat, la peau veloutée, un maintien racé. Au lycée, on le surnomme d’ailleurs Bambi. Alors il met un point d’honneur à rester délicat, compassé, classe en toute circonstance. Il répète à satiété des expressions comme « Doux Jésus », et « Seigneur », porte des costumes anglais et des boutons de manchette. Pire : il entretient une relation plus qu’ambiguë avec sa marraine… Alors que ce jeune dandy vit un quotidien monotone, l’arrivée de Rose dans sa classe, et l’emménagement de la jeune fille et son père dans la maison d’en face bouleversent la vie de Simon, à un point qu’il n’aurait pas cru possible.
En dépit d’une couverture affreusement kitsch, Sa Seigneurie est un excellent cru. Le roman alterne deux voix, celle de Rose et celle de Simon. L’écriture est tout bonnement envoûtante : il est difficile de lâcher le roman une fois commencé. Les sentiments qui unissent les deux personnages sont puissants, violents, voire volcaniques, ce qui fait que le roman n’a rien à voir avec une romance sirupeuse. L’auteur malmène ses personnages, ce qui les rend complexes, attachants, et très bien dessinés. C’est extrêmement bien écrit, prenant, et on regrette d’arriver aussi vite à la f
in ! Un petit roman idéal à emporter sur la plage.

Chez les plus vieux, j’ai lu un polar qui m’a bien bottée.

Les Fleurs de l’ombre, de Steve Mosby.
L’auteur joue sur la mise en abîme : deux histoires se chevauchent. Celle de cette petite-fille qui réapparaît, et dont l’histoire affreuse marque l’inspecteur principal, qui en fait une obsession. Celle de Neil, fils d’un auteur à succès, fasciné par le roman narrant l’histoire de la petite fille et écrit par un certain Robert Wiseman. Lorsque le père de Neil est retrouvé, mort, au pied d’un viaduc dans la ville qui a manifestement inspiré Wiseman, Neil se rend compte a quel point son père était obsédé par ce roman glauque. Peu à peu, les faits du roman prennent de plus en plus d’importance… et Neil se retrouve face à un psychopathe bien étrange.
Ce jeu sur la mise en abîme est très bien fait ; les deux récits sont différenciés du point de vue de la typographie, certes, mais leurs similitudes frappent le lecteur qui, au bout d’un moment, ne sait plus bien où il en est – et c’est bien le but du jeu. On oscille sans cesse entre la réalité et le roman, en se demandant sans arrêt lequel des deux influence l’autre. C’est noir, glauque, prenant, et le puzzle tarabiscoté maintient bien le suspens ; la fin est un peu convenue, mais convient parfaitement au roman. Un bon polar de plage !

Passons maintenant aux excellentes découvertes, et celles dont on se serait volontiers passé !

Top & Flop.

Pas de flop cet été, alors ce sera une double ration de tops ! (Enfin, pour être tout à fait honnête, il y a bien eu Le Journal de Stefan, mais je ne vais certainement pas chroniquer cette bouse ce roman qui m’a paru aussi long qu’inutile – et mal écrit).

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Le Sang des 7 rois, de Régis Goddyn.
Wahou, wahou, wahou. Voilà, ça vous donne un résumé concis et précis de mon ressenti. Quelle claque !
On suit les pérégrinations du capitaine-ambassadeur-militaire Orville, lancé aux trousses de dangereux ravisseurs, qu’il a ordre de ne surtout pas attaquer. Parallèlement, une vaste chasse aux sorcières est lancée dans ces royaumes féodaux.
C’est complexe, fouillé, dense, bien écrit, affreusement prenant. En un mot : magistral !

 

Les Fiancés de l’hiver, de Christelle Dabos.la-passe-miroir-1-les-fiancés-de-l-hiver-christelle-dabos
Encore un premier roman, encore une superbe découverte ! Ophélie, une liseuse (personne capable de capter la mémoire des objets) gauche et maladroite doit épouser un homme de la Capitale, qu’elle n’a jamais vu de sa vie… et ne tarde pas à plonger dans un panier d’intrigues, complots, et autres joyeusetés.
L’univers est complexe, l’intrigue bien tissée, le tout très original, et bien écrit. On en redemande, et on attend la suite avec une grande impatience !

 

les-fragmentés-neal-shustermanLes Fragmentés, Neal Shusterman.
États-Unis, époque indéterminée. Suite à la seconde guerre civile, plusieurs lois ont été adoptées : il est interdit d’avorter. En revanche, vous pouvez résilier rétrospectivement un ado, entre ses 13 et 18 ans, le réduisant à la somme de ses organes, réimplantés sur quelqu’un d’autre. Pour des raisons bien différentes, Lev, Risa et Conor sont sur la liste des ados à fragmenter…
Sympa, comme concept, non ? À l’instar de la trilogie des Illumières du même auteur, Les Fragmentés est un roman aussi bien écrit que prenant. On y retrouve d’ailleurs des thèmes communs, alors que les personnages sont bien différenciés. Honnêtement, ce roman est affreux, révoltant, et presque démoralisant de barbarie. Mais c’est aussi un récit survolté, passionnant, haletant ; à lire sans modération !

 

Le Cercle des jeunes élues, Sara B. Elfgren & Mats Strandberg.le-cercle-des-jeunes-elues-sara-elfgren-mats-strandberg
À Engelsfors, il ne se passe absolument rien et, chacune à leur façon, Minoo, Ida, Anna-Karin, Rebecka, Vanessa et Linnéa comptent bien mettre les voiles. Mais lorsque le corps d’un élève est retrouvé dans les toilettes du lycée, leurs plans sont mis à mal ; qu’elles le veuillent ou non, les jeunes filles sont désormais liées, et seule leur alliance pourra leur sauver la vie…
J’ai un petit faible pour l’urban fantasy, surtout quand c’est très maîtrisé comme ici : le récit est original, car il accorde la part belle aux personnages, à leurs envies, leurs histoires, et leur psychologie. Pas d’actions trépidantes, mais une histoire tenue de bout en bout, palpitante, et très agréable à lire. Une vraie réussite !

Cet été, je me suis également relancée dans la lecture de la série A comme Association, d’Erik L’Homme et Pierre Bottero, et je peux vous certifier que je suis désespérément et irrémédiablement fan !

 

Et, comme toujours, on se quittera sur quelques citations qui m’ont marquée.

«Soudain il aperçut… la mer. Il sentit son cerveau s’arrêter de fonctionner pour contempler ce paysage inconnu, tandis que son corps s’emplissait d’une émotion étrange qui ankylosait ses mâchoires et paralysait ses muscles respiratoires. Il se releva et contempla abasourdi l’étendue d’eau qui partait du rivage pour aller jusque… jusque rien du tout, jusqu’au ciel. »
Régis Goddyn.

«J’aime bien le déjeuner du mercredi parce que maman n’a pas le temps de cuisiner. Elle décongèle un steack, des frites, et je mets du ketchup et de la mayonnaise. C’est mieux que les autres jours à la cantine où je suis obligée de manger équilibré, avec des légumes verts et des fruits. Ils appellent ça la diététique ! Encore un truc pour faire plaisir aux parents.
C’est tellement plein de trucs pour faire plaisir aux parents, l’école, que je me demande pourquoi c’est pas eux qui y vont.»
Mikaël Ollivier, in Vivement jeudi !

«Il existe sûrement, au plus profond de la nature des garçons, un commutateur qui met leur cerveau en panne dès qu’une fille se met à pleurer.»
Erik L’Homme.

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2 commentaires sur “[2013] Du sable entre les orteils… carnet de lecture estival.

  1. eloely dit :

    Chronique très alléchante !

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  2. […] De la même auteure : Les Ombres du Styx, Le Maître de l’Éternité (1) ; Les Ombres du Styx, Vox populi (2) […]

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