Alive, The Generations #1, Scott Sigler.

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Em se réveille dans les ténèbres, seule, entravée dans un espace confiné qui ressemble à un sarcophage. Elle sait que c’est le jour de son anniversaire mais… c’est tout. Elle ne se rappelle ni son nom, ni ce qu’elle a fait la veille, ni le visage de ses parents. Elle n’y comprend absolument rien. Lorsqu’elle parvient, à force de volonté, à se libérer de ce piège, elle découvre, autour d’elle, onze autres cercueils, dont certains occupants sont encore en vie. Une initiale et un nom de famille sont gravés sur chaque sarcophage. La jeune fille prend alors la tête du petit groupe d’adolescents – qui pensent tous avoir douze ans, mais qui en paraissent plutôt dix-sept – et découvre un labyrinthe de couloirs poussiéreux, constellés par endroits d’ossements. Se trouvent-ils sous terre ? Y a-t-il d’autres survivants ? Comment trouver eau et nourriture ?
Et surtout : qui sont-ils et quels sont ces étranges symboles qui marquent leur front, comment se sont-ils donc retrouvés là ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le début est plein de tensions : on découvre Em dans ce qui ressemble désagréablement à un cercueil, terrifiée, seule et des questions plein la tête – un peu comme le lecteur, d’ailleurs.

Et les questions s’ensuivent : que font ces enfants dans ces cercueils / berceaux (suivant les opinions) ? Où sont-ils, au juste ? Où sont les adultes ? Y en a-t-il seulement ? Pourquoi les labos sont-ils jonchés de tas d’ossements ? Nos personnages, décidés à trouver l’issue de leur geôle, se mettent donc à chercher.
La mise en place est assez longue car on nage en plein brouillard mais, paradoxalement, c’est bien ce qui entretient le suspens. Les personnages marchent sans relâche, errent, s’interrogent. Ceci étant, on finit par tourner en rond – dans tous les sens du terme, d’ailleurs.

Le comportement des personnages semble fort peu crédibles : ils sont puérils, enfantins et Em passe un temps considérable à marteler – dans sa tête – qu’elle est la chef et à se demander pourquoi tel autre a osé prendre des initiatives sans lui parler. C’est rapidement très agaçant. Pourtant, cela sert le réalisme des personnages : ceux-ci semblent être, physiquement, des adolescents de 17 ou 18 ans mais sont tous persuadés d’avoir 12 ans. Leur comportement ressemble donc, peu ou prou, à ce que l’on attend de gamins fort immatures.

Le gros point fort du roman réside dans le fort suspens qui l’empreint : on n’a aucune indication de lieu ni d’époque, et pas plus de psychologie. De plus, c’est Em qui narre l’histoire : aucune information n’est donc apportée par un éventuel narrateur omniscient.
Les personnages, de leur côté, sont vraiment intéressants : ils semblent être séparés en « castes », représentées par les symboles qu’ils ont sur le front (cercle complet, demi-cercle, cercle à crocs, etc.). Il y a là un mystère qui, malheureusement, reste largement sous-exploité. Ainsi, Em est persuadée (comme d’autres personnages) que son cercle lisse ne lui permet pas d’être le chef : pourquoi ? On l’ignore. Et ce volume n’apporte aucune réponse.
De plus, les relations entre eux semblent prendre un chemin qui est certes à la mode en littérature young-adult, mais qui ne me plaît guère : celui du triangle amoureux. Pourtant, là encore, la question n’est pas dénuée d’intérêt. Le cœur d’Em semble balancer entre deux damoiseaux, dont l’un semble posé (mais potentiellement dangereux) tandis que l’autre ne cache en rien sa violence latente. Em doit-elle se rapprocher de celui qui pourrait lui prendre sa place ou bien de celui qui pourrait l’aider ? (Un dilemme auquel Katniss a, elle aussi, été confrontée).

Malgré ces petits points de récrimination, Alive est efficace. Le twist final, par ailleurs, promet une intéressante évolution – dont on espère qu’elle lèvera le voile sur les questions restées en plan. 

The Generations #1, Alive, Scott Sigler. Traduit de l’anglais par Mathilde Montier. Lumen, 2016, 463 p.

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2 commentaires sur “Alive, The Generations #1, Scott Sigler.

  1. Ce livre me tente terriblement !

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