A Silent voice 5-7, Yoshitoki Oima.

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Après la sortie au parc d’attractions qui a regroupé plusieurs anciens camarades, Shoya est embarqué dans le projet de film de Tomohiro, qui le propulse assistant. Premier problème : alors que l’histoire du film s’inspire de la rencontre providentielle entre Tomohiro et Shoya, qui n’aurait jamais eu lieu sans Shoko, celle-ci ne fait pas partie de l’équipe et les participants semblent trouver normal de l’écarter en raison de sa surdité, ce qui ne plaît pas du tout à Shoya. Second problème : Tomohiro veut absolument tourner une scène dans une école. Il charge donc Shoya d’aller demander l’autorisation de filmer dans son ancien établissement. Pour des raisons évidentes, celui-ci n’a pas particulièrement envie de remettre les pieds là-bas, d’autant que Tomohiro convainc Shoko de l’accompagner. C’est finalement Satoshi, un jeune homme très critique envers les enfants cruels, qui accompagne Shoya.
Celui-ci éprouve des sueurs froides à l’idée que son secret soit révélé… ce qui ne manque pas, ravivant toutes les tensions qu’il avait, jusque-là, réussi à apaiser.

Ce cinquième volume fait office de pause dans l’intrigue car il met de côté l’histoire entre Shoko et Shoya pour étudier les conséquences de l’odieux comportement de Shoya lorsqu’il était enfant.

Si la mère de Shoko l’exècre toujours au plus haut point, ses camarades de classe qu’il vient de retrouver semblent avoir passé l’éponge, ce qui ne lasse pas d’étonner un Shoya en quête de rédemption. Pire : lorsqu’il retourne dans son école, son ancien professeur semble suggérer que le problème venait de Shoko elle-même ! Ajouté au fait que l’ensemble de ses camarades participant au film semble trouver normal d’écarter Shoko en raison de son handicap, Shoya comprend qu’il y a encore un long chemin à parcourir pour atteindre la tolérance – chemin qu’il n’a, lui-même, pas fini de parcourir.
Comme le volume développe plusieurs arcs narratifs, il semble un peu plus lent que les autres. Parallèlement, Yoshitoki Oima évoque la réalisation du film, la relation amicale (mise à mal) entre Shoya et Tomohiro et, de façon plus générale, entre Shoya et ses camarades, l’étrange relation qui unit Shoya à Shoko (laquelle continue de penser qu’elle est la cause de tous les maux), ainsi que la perception du handicap dans la société (qui aurait bien besoin de progresser).
Les rumeurs allant bon train, Shoya est de nouveau au centre de toute l’attention, ce dont il se serait bien passé. À nouveau, le suspense psychologique est très fort, puisqu’on se demande si Shoya va réussir, cette fois encore, à s’en sortir.
C’est, finalement, sur les toutes dernières pages que se concentre toute l’action : les derniers événements changent beaucoup de choses, amènent encore plus de questions et, surtout, laissent le lecteur sur des charbons ardents !

Malgré une petite baisse de rythme, voilà encore un tome passionnant et qui donne de plus en plus envie de lire la suite !

A Silent voice, tome 5, Yoshitoki Oima. Traduit du japonais par Géraldine Oudin.
Ki-oon, octobre 2015, 192 p.

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A l’issue du volume précédent, Shoya sauvait in extremis Shoko d’une chute mortelle. Et c’est finalement lui qui se retrouve branché à une machine, coincé sur un lit d’hôpital…

Voilà un opus bien différent des précédents ! En effet, l’histoire tourne, généralement, autour de Shoya. Or, là, il en est totalement absent, puisque dans le coma. Cela laisse toute latitude à Yoshitoki Oima pour développer les autres personnages, comme les familles respectives de Shoya et Shoko, que l’on voit, finalement, assez peu dans le reste du manga. Ce que l’on découvre sur l’une et l’autre est vraiment intéressant et permet de remettre pas mal de choses en perspective, notamment du côté de Shoko.
Et, alors que la petite bande d’amis semble de plus en plus soudée, l’odieuse Naoka contine de représenter la frange qui pense que les personnes handicapées ne sont qu’un poids mort pour la société. Yoshitoki Oima procède à un examen des mentalités assez poussé, tout en laissant entrevoir une possible amélioration de ces mêmes mentalités.

Bon an mal an, le tome se déroule sur un rythme que l’on pourrait presque trouver monotone comparé à ce qui s’est passé avant. Mais c’est aussi l’occasion pour les personnages de se remettre en question – et il y en a à qui ça ne fait vraiment pas de mal !

Tout cela aboutit à une scène de conclusion relançant immédiatement les interrogations ! Sachant qu’il ne reste qu’un tome, on se demande comment l’auteur va parvenir à conclure cette émouvante histoire. 

A Silent voice #6, Yoshitoki Oima. Traduit du japonais par Géraldine Oudin.
Ki-oon, janvier 2016, 
192 p.

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Et voici venue la conclusion tant attendue de la série phénomène de Yoshitoki Oima !

Et, au vu des six premiers tomes, je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir une légère pointe de déception à la lecture de celui-ci. En effet, cette conclusion a un petit goût d’inachevé, comme si l’auteur n’était pas allée vraiment au bout des choses au vu des pions qu’elle avait avancés.
Bon, il faut nuancer un peu : toutes les intrigues trouvent une conclusion ici et on assiste même à l’entrée de Shoko et Shoya dans la vie adulte, main dans la main, ce qui est bien agréable quand on voit d’où ils sont partis. Mais voilà, peut-être la part de midinette qui, manifestement, se terre quelque part en moi, en espérait-elle un peu plus.

Malgré cela, A Silent voice est une série qui vaut vraiment le détour. Yoshitoki Oima signe une série lumineuse, émouvante, pleine d’émotions, qui traite avec intelligence et subtilité le thème du handicap – aujourd’hui toujours tabou et ce, quel que soit le pays dont on parle.
Elle brasse, ainsi, de nombreux thèmes, tous creusés : harcèlement scolaire, amitié, amour, adolescence. C’est une série très émouvante, mais aussi riche d’enseignements , à mettre entre toutes les mains ! 

A Silent voice #7, Yoshitoki Oima. Traduit du japonais par Géraldine Oudin.
Ki-oon, avril 2016, 192 p.

◊ Dans la même sérieA Silent voice (1-2) ; A Silent voice (3-4).

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4 commentaires sur “A Silent voice 5-7, Yoshitoki Oima.

  1. Neko dit :

    Je suis super contente que tu aies aimé cette série ^^ Je dois avoir une part de midinette en moi aussi, car j’étais aussi frustrée par la fin :p Par contre, le tome 6 était mon préféré : je trouvais l’absence de Shoya vraiment pesante, et j’ai réalisé à quel point je m’étais attachée à ce personnage 🙂

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    • Sia dit :

      Rétrospectivement, je me rends compte que j’ai beaucoup aimé ce tome 6, même si c’était un peu la pause – moi aussi je me suis attachée à Shoya. Mais qu’il était frustrant ce tome 7 !!
      En tout cas, c’est une série que j’ai adorée, je la recommande chaudement.

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  2. Askara dit :

    J’ai lu le premier tome qui m’avait laissé une plutôt mauvaise impression et je n’ai pas continué depuis. Pourtant je continue à en entendre autant de bien et ta chronique me donne envie de laisser une seconde chance à cette série! 🙂

    Merci pour ton avis! Et bonnes lectures! ^^

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