Martyrs #1, Oliver Peru.

 

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Irmine et Helbrand, deux frères assassins descendant d’un ancien peuple guerrier, vivent dans les ombres de la plus grande cité du royaume de Palerkan. Alors qu’ils pensent être à l’abri des persécutions dont on souffert leurs ancêtres, leur passé sanglant les rattrape, sous les traits d’un borgne qui semble nourrir pour eux de sombres projets. Tandis que la guerre menace d’embraser le monde, que les puissants tissent en secrets de noires alliances, Irmine et Helbrand vont devoir choisir un camp…

Martyrs est de ces lectures de longue haleine : pas tellement parce qu’il est épais, mais parce que l’histoire est assez dense !
Au départ, on découvre Irmine et Helbrand, deux frères assassins, descendant de la vieille race des Arserkers, qui a été largement décimée par la royauté en place. Irmine et Helbrand sont furtifs, et exercent leur art dans le secret et, globalement, la bonne humeur. Sauf quand Irmine croise son propre fantôme, qui lui susurre le nom d’une jeune fille recluse dans son château depuis sa naissance. Helbrand tente de convaincre Irmine que rien n’est grave, et qu’il a été victime d’hallucination… et c’est le moment que choisit un certain borgne pour apparaître dans leurs vies, par l’entremise d’atouts de tarots qu’il dissémine un peu partout à l’attention des deux frangins. Ami, ennemi ? Difficile de trancher. Et les deux frères vont de surprise en surprise – lesquelles ne sont pas nécessairement bonnes.

Parallèlement à l’histoire des deux frères, on suit l’évolution de la situation politique assez tendue dans le royaume du Reycorax, mené de main de fer par le roi Karmalys, mais quelque peu déstabilisé par de bouillonnants hommes de l’Ouest qui tentent de reconquérir leurs terres. Et également celle de Kassis, princesse Yrasen, dont la famille ne peut quitter son château… et qui rêve de voir le monde au-delà de ses remparts. Peu à peu, toutes les histoires se retrouvent inextricablement mêlées : on l’a dit, c’est assez dense, et il ne faut pas se laisser décourager par la mise en place minutieuse.
En effet, dans cette première partie, Oliver Péru va dresser les portraits des personnages : peu à peu, on découvre leurs histoires, motivations, et la façon dont ils s’installent dans le gigantesque canevas qu’est l’intrigue de Martyrs (qu’on serait bien en peine de résumer en deux lignes, d’ailleurs). On n’a, du coup, pas l’impression de piétiner, tant c’est fouillé et complet. Et, surtout, on a la très agréable impression de connaître les personnages !

L’intrigue, quant à elle, est de facture assez classique : on est dans un univers de fantasy typique, avec ses complots, ses trahisons, et ses petites histoires personnelles qui viennent interagir avec la grande. Au menu, donc : des machinations, des traîtres, des batailles, de l’amour, des désillusions, et pas mal de tentatives de tous bords pour sauver sa peau.
Le tout est mené de façon assez efficace, si on excepte quelques petites longueurs et répétitions dans le texte – mais que l’on oublie rapidement dès que l’action revient en force. L’intrigue est consolidée par tout un réseau de sous-intrigues, qui fait que le suspens est présent de bout en bout : on ne s’ennuie pas à la lecture de ce roman !
Tout cela monte crescendo jusqu’au final… un final pour le moins surprenant, mais d’une efficacité redoutable. Le genre de final qui fait qu’on se demande avec anxiété si l’on va tenir jusqu’à la parution de la suite (vers septembre 2014, semble-t-il, pour ceux qui se posent la question). Le dénouement est vraiment étonnant, et va venir nuancer tout un tas de petits points de détail. Sans compter que l’auteur va devoir fournir un certain nombre d’explications que l’on attend désormais avec impatience – ne serait-ce que pour savoir comment tout cela va se goupiller proprement. Pourtant, il est un peu rapide : au vu de la minutieuse préparation, et de l’énorme révélation qu’il contient, on a l’impression que tout cela est narré un peu à la va-vite, ce qui contribue à l’impression de rester un peu sur sa faim en terminant le roman !

Martyrs se présente donc comme un roman assez classique sur le déroulement de l’intrigue, hormis cette fin très audacieuse : certaines péripéties sont attendues, et certaines révélations se pressentent à l’avance. Mais c’est tout de même très efficace ! L’intrigue est vraiment bien ficelée, et d’une densité bien agréable : difficile à résumer, certes, mais on n’a pas le temps de s’ennuyer tant c’est bien mené – ce qui fait qu’on oublie aisément longueurs et répétitions. 
Au final, la grande force de ce roman, ce sont ses personnages : principaux, secondaires, tous sont fouillés, ce qui fait qu’on ne se lasse pas en changeant de protagoniste, et que l’auteur évite tout manichéisme. C’est captivant, et la fin – quoique rapide – surprend autant qu’elle donne très envie de lire la suite. En conclusion donc, voilà un roman captivant et bien mené, qui devrait plaire aux amateurs de fantasy dense et travaillée !

Lecture commune ! Les avis de Altaira, Lisalor, Acherontia, MarieJuliet, Michou, Vepug, yuya46, Rose, Galleane, Solessor, nanet, Vashta Nerada, angelebb, licorne, Camille, Gilwen et Mypianocanta.

 Martyrs #1, Oliver Péru.
J’ai Lu, 2013, 694 p.
 8/10

 

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12 commentaires sur “Martyrs #1, Oliver Peru.

  1. Mypianocanta dit :

    Efficace est effectivement le bon mot 😀 et je trouve que pour le reste nos avis sont assez semblables. Merci de ta participation !

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    • Sia dit :

      Je n’ai pas encore lu les avis de tout le monde, mais j’ai l’impression que tout le monde est à peu près du même avis ! Merci d’avoir organisé cette LC !

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  2. Sita dit :

    Tu l’as lu o/ Et juste à temps pour la suite 😉 Je partage complètement ton avis, quelques maladresses de style mais relativement anecdotiques par rapport à l’ampleur de l’intrigue et la complexité des personnages et leurs interactions. J’avoue n’avoir pas vu venir la fin, à part une vingtaine de pages avant la vraie révélation, c’était bien joué ! Et dans une actualité littéraire où le cliffhanger est le cache misère de la séparation en tomes, je trouve ça brillant d’avoir répondu à toutes les questions du tome dans cette fin… Mais d’attirer le lecteur avec leurs réponses 😀

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    • Sia dit :

      Et je suis très contente de ne pas l’avoir lu plus tôt ! Je n’ai vraiment pas vu venir la fin (j’avais tout envisagé sauf ça) alors que l’identité du fiancé ou du traître ne m’ont pas surprise. J’ai beaucoup aimé, comme toi, la façon dont la fin résoud tout… mais complique tout à la fois ! C’est vraiment bien joué, et ça a son petit effet ! 

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  3. licorne dit :

    Je partage pleinement ton avis, un classicisme qui m’a pourtant beaucoup plus, grâce sans dout eà une plume féconde et bien tournée ! Nous attendons toutes, la suite avec intérêt !

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  4. Camille dit :

    Qu’est ce que j’ai apprécié cette lecture! J’ai même aimé les chapitres sans actions. Je n’ai pas trouvé de longueurs, j’y étais bien dans ce monde! C’est vrai que maintenant que tu le dis, la fin est assez rapide si on compare à la taille du roman et à cette mise en place. Mais ça ne m’a pas choqué car le rythme va un peu crescendo. (Pas comme dans l’épée de vérité ou tout s’accélère dans les 30 dernières pages, et ça crée parfois des fin gâchée)

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    • Sia dit :

      Ah ah oui, on est vraiment très loin des fins bâclées de L’Epée de vérité ! Je crois que là c’est le choc des révélations qui donne l’impression que tout va très vite en fait !

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  5. […] : La Peur du sage, deuxième partie, Patrick Rothfuss. Martyrs, Olivier Péru. Le Déchronologue, Stéphane […]

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  6. […] en stock (Dup), Encres & Calames (Sia), Il était une fois… (Thalyssa), Imaginelf, Les lectures de Bouch’, Les lectures de […]

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  7. voyageurgalactique95 dit :

    Un livre qui me tente beaucoup! Je te donnerai mon avis une fois fini

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  8. […] Après un démarrage fulgurant, la campagne de financement s’offre un beau succès : 850 contributeurs ont permis d’atteindre 569% de la somme nécessaire au projet initial. Olivier Peru, Nicolas Mitric et Rémi Guérin, trois des fondateurs du studio Termites Factory, ont répondu aux questions de l’équipe d’Elbakin à propos du roman, mais aussi de Martyrs. […]

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