King’s game #1, Nobuaki Kanazawa.

king-s-game-nobuaki-kanazawa
Nobuaki, élève de seconde, est réveillé en pleine nuit par un étrange message mettant au défi deux de ses camarades de lycée de s’embrasser. La classe, selon l’expéditeur, participe à un « King’s Game », un jeu du Roi (très populaire en soirée) auquel elle ne peut se soustraire. Nuit après nuit, à minuit pile, un nouveau défi s’affiche sur les téléphones portables des lycéens. Et avec les défis, de plus en plus absurdes, commence le carnage : les lycéens ont 24 heures pour exécuter les ordres du roi, et la sanction en cas de désobéissance est la mort. 
Et celle-ci s’invite dans la classe, décimant peu à peu les rangs. Les lycéens parviendront-ils à démasquer le Roi avant qu’il ne soit trop tard ?

King’s Game : Jeu du Roi. Jeu apprécié en soirée, consistant à désigner un « capitaine », qui donne des gages à ses petits camarades, de préférence du genre embarrassants, de façon à égayer l’ambiance. Sauf qu’ici, le jeu tourne au cauchemar, sur fond d’ambiance légèrement fantastique. Tous les ingrédients pour plaire en somme… mais qui ne m’ont malheureusement pas convaincue.

Ce premier tome de King’s Game s’ouvre sur un large panorama : la canicule, en ce mois d’octobre, frappe l’ensemble de la province, et chacun tente d’y échapper. Nobuaki, élève de seconde au lycée de Tamaoka, en fait les frais et c’est fourbu qu’il rejoint sa chambre, puis son lit. Lorsqu’il reçoit le message d’un petit plaisantin, à minuit pile, l’informant que toute sa classe participe à un jeu du roi, il est évidemment furieux : on n’a pas idée de déranger les gens à des heures aussi indues pour des motifs aussi terre-à-terre ! D’autant que le message est hautement fantaisiste : les lycéens désignés ont 24 heures pour exécuter les ordres du roi sous peine de mort violente. Improbable. Le lendemain matin, Nobuaki trouve ses deux camarades de classe nommés par le message prêts à s’embrasser : toute la classe joue les pom-pom girls et les élèves se réjouissent de ce nouveau passe-temps original.

Mais Nobuaki, qui est un petit malin à qui on ne la fait pas, assure qu’il y a anguille sous roche : après tout, ces messages sont franchement bizarres, et les défis aussi. Les autres lycéens mettent ça sur le compte de sa parano. Les menaces de mort ? Pure fanfaronnade ! Mais les faits donnent très (trop ?) vite raison à l’ami Nobuaki lorsque Satomi, une lycéenne qui devait se laisser peloter par un autre lycéen – aux anges, évidemment – ne se présente pas dans le délai de 24 heures… et meurt, ainsi que le lycéen désigné pour la tripoter. Par pendaison. Précisément comme l’annonçait le message du roi. Là, les élèves – hormis Nobuaki, qui carbure plus vite que les autres – commencent à se dire que, vraiment, quelque chose ne va pas. Mais, dans le doute, aucun n’en parle à qui que ce soit : parents, équipe éducative (qui semble totalement inexistante de ce lycée, soit dit en passant), forces de l’ordre… personne ne sera alerté par les élèves.

Et les choses vont de mal en pis, et à un rythme particulièrement élevé : les défis se font de plus en plus difficiles ou violents (les lycéens sont sommés d’avoir des relations entre eux, ou de se trouer directement la peau), mais sans réellement se renouveler. Nobuaki, toujours prêt à rendre service et à défendre la veuve et l’orphelin (pourquoi ? On ne saura pas, le jeune homme semblant totalement dépourvu de la plus infime psychologie) s’interpose, et décide fermement de mener l’enquête. Le voilà donc fouinant de droite et de gauche, tentant de sauver un maximum de ses petits camarades, dans l’indifférence la plus totale : au mieux les lycéens sont pris dans le jeu et s’amusent beaucoup malgré l’hécatombe, au pire les adultes ne s’inquiètent pas plus que cela. Après tout, 10 morts dans la classe en moins d’une semaine, pourquoi s’inquiéter ? Il reste 22 élèves, on est large. Certes, la police finira par faire un déplacement… mais sans faire de réelle percée ou sans prendre en compte les dires des lycéens.

Si climat d’horreur il y a, il manque d’un peu de suspens pour être vraiment efficace : on aurait apprécié que les élèves soient pris entre la menace du roi et celle, mettons, de la police. Oh, bien sûr, on se demande sans cesse qui est le roi, s’il fait partie de la classe, ou si c’est un complot plus ample (une secte ? Le gouvernement ? Des extra-terrestres ? Toutes les hypothèses sont ouvertes). Les gages, de plus, sont très répétitifs : rapidement, on ne s’étonne même plus de voir les consignes et les réprimandes qui s’ensuivent, et on sombre dans une sorte de train-train routinier assez désagréable.

Quant à Nobuaki, du fait qu’on ignore tout de ses motivations profondes (qu’est-ce qui le pousse à agir, au final ? Pourquoi est-il aussi ambigu envers Chiemi, sa petite amie ?), on a du mal à se passionner pour ses déductions, actions, ou maints actes de bravoure. D’autant que le style est assez plat, pour ne pas dire froid, ce qui n’incite guère à la passion.

Il n’y a qu’à la fin que le climat d’horreur prend enfin : on bascule en enfer, c’est incompréhensible, sombre et glauque. Malgré les innombrables questions qu’elles induisent, les dernières pages s’inscrivent vraiment dans le climat d’horreur qui, jusque-là, peinait à s’installer : on apprécie la chute, laquelle relance l’intérêt de l’histoire, et celui du lecteur : tout cela n’était-il que le commencement ?

En somme, King’s Game ne m’a vraiment pas conquise. Malgré un synopsis alléchant, et un concept pour le moins intéressant, j’ai bloqué sur les personnages qui m’ont semblé trop monolithiques, l’intrigue trop rapidement menée, la répétition des gages, et la faiblesse psychologique de l’ensemble. Autant de points qui gâtent le suspens et font de ce thriller horrifique une lecture assez plate, malgré une fin surprenante et bien tournée. 

L’adaptation en manga (dont j’ai brièvement parlé ici) ne m’ayant pas conquise non plus, je conclurai en disant que cet univers n’est définitivement pas pour moi !

 King’s Game #1, Nobuaki Kanazawa.
Lumen, 2014, 374 p.
4/10.

 

Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être :

hunger-games-suzanne-collins

Publicités

5 commentaires sur “King’s game #1, Nobuaki Kanazawa.

  1. Escrocgriffe dit :

    Dommage, l’idée de base était intéressante !

    J'aime

    • Sia dit :

      Assez oui. Il paraît que Kanazawa est un des précurseurs du roman sur mobile au Japon. Je ne sais pas trop comment cela fonctionne, c’est peut-être le genre de roman qui fait que le style est aussi froid ?  Je n’ai pas non plus aimé le manga, l’histoire n’est pas faite pour moi, apparemment.  

      J'aime

  2. Dommage que tu ais été déçue par ce roman.. J’ai lu pas mal d’avis positifs, ça m’a donné envie de le lire, je verrai si je l’aime ou non 😉

    J'aime

  3. […] Endgame… tout ce ramdam pour ça ?! – King’s Game… m’a enquiquinée au plus haut point, mais je suis arrivée à la fin.Victoire ! […]

    J'aime

Mettre son grain de sel

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s