Le Seigneur de l’Arc d’Argent, Troie #1, David Gemmell.

 

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Trois individus vont changer la destinée de plusieurs nations.
Hélicon, le jeune prince de Dardanie, hanté par une enfance traumatisante; la prêtresse Andromaque, dont le caractère de feu et l’indépendance forcenée se dressent contre la volonté des rois; et le légendaire guerrier Argurios, emmuré dans la solitude, uniquement motiver par son besoin de vengeance.
A Troie, ils découvrent une cité déchirée par des rivalité impitoyable -un maelström de jalousie, de tromperie et de traitrise meurtrières. En dehors des mirs de la cité mythique, des ennemis assoiffés de sang convoitent ses richesses et conspirent à sa chute. C’est une époque de bravoure et de trahison. Une époque de bain de sang et de terreur.
Une époque pour les héros!

On dit souvent que la fantasy, c’est de la magie et des bestioles fabuleuses. Troie est le parfait contre-exemple. Point de magie ici, si ce n’est celle propre aux épopées antiques, et réservée au sacré. Point de créatures fantastiques ; seulement des hommes, certains au grand cœur, d’autres extraordinaires, d’autres encore lâches et méprisables, mais tous particuliers et, quelque part, attachants à leur façon.

Car s’il faut reconnaître une qualité à David Gemmell, c’est bien celle de camper de merveilleux personnages. Forts, charismatiques, séduisants, tous ont quelque chose à donner et à montrer, qu’il s’agisse de personnages principaux ou totalement secondaires. Pas de héros au grand cœur sans son côté sombre ; pas d’opposant machiavélique, sans son côté humain : tous s’inscrivent dans une dualité réaliste, qui contribue à renforcer l’intrigue et à la rendre à portée de tous. Bien sûr, les personnages centraux se découpent très nettement ; mais les autres ne sont pas en reste, et on en quitte certains à grands regrets.

David Gemmell propose une version revisitée de l’histoire de la guerre de Troie ; impossible de passer outre le fort héritage classique dont l’œuvre est empreinte, ni d’ignorer la façon dont l’auteur le contourne, joue avec et propose une version légèrement différente, mais innovante. Contrairement aux récits classiques, on a accès aux pensées des personnages, qui éclairent d’un nouveau jour certains événements. Il est, dès lors, bien plus facile de s’y attacher et d’entrer dans l’histoire !
Saluons également l’inventivité de Gemmell, qui réinterprète à sa manière certains aspects de l’histoire officielle qui nous est restée – et que beaucoup ont lue à l’école. Ainsi, il est question du cheval de Troie dès le premier tome ; le don de voyance de Cassandre, s’il est avéré, est présenté comme la difficulté d’une jeune enfant à situer réalité et imagination. Bref, l’auteur s’affranchit des carcans de l’histoire officielle, tout en en respectant les piliers fondamentaux, ce qui fait de Troie un récit de qualité, flirtant avec l’uchronie et la fantasy historique.

L’intrigue est menée tambour battant ; les temps morts sont rares, et parfois presque bienvenus, comme autant de pauses dans un maelström d’actions trépidantes, et on se surprend à redouter l’arrivée de certains développements que l’on sent inévitables, mais qui feront progresser le récit. Heureusement, les descriptions ne sont pas en reste, et permettent de mieux se figurer l’écrin romanesque que propose la cité troyenne. Car loin de se focaliser sur la guerre et les batailles, l’auteur fait de nombreuses incursions du côté de la guerre de salon, en évoquant les innombrables complots qui secouent les peuples des rives de la Grande Verte.

Alors entre les alliances, les trahisons, les implacables passions et inévitables désillusions qui tournent au cauchemar, il est dur de choisir ce qui prime : tout a su me plaire dans cette réinterprétation grandiose – mais je décerne tout de même une palme aux personnages, notamment celui d’Ulysse.
Si les écrits antiques ne vous ont pas passionné, ou si au contraire vous avez adoré, Troie offre un agréable pendant, vif et bien mené, à côté duquel il serait dommage de passer.

 

 Troie #1, Le Seigneur de l’Arc d’Argent, David Gemmell. Trad. de Rosalie Guillaume. Bragelonne, 2008, 448 p.
9/10.

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lavinia-ursula-k-le-guin

 

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11 commentaires sur “Le Seigneur de l’Arc d’Argent, Troie #1, David Gemmell.

  1. minouche dit :

    j’adore déjà les épopées de cette époque…tu me donnes sacrément envie, la fantasy mélée à l’histoire donne parfois demerveilleux livres !!!!

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  2. Solessor dit :

    Gemmel semble être une valeur sûre ! D’autant plus quand on aime cette période de l’histoire antique. Mon baptême se fera avec Le lion de Macédoine, qui est dans ma PAL !

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  3. cassie dit :

    j’ai envie de découvrir cet auteur depuis que j’ai lu le roman de sa femme La cité.  Troie me semble un bon choix pour commencer, je vais essayer de me le procurer

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  4. cassie dit :

    J’avais adoré ce 1er tome 😉

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  5. […] est passionnante, hyper documentée, et c’est limpide. J’ai largement pensé à Troie, de David Gemmell… dont on dirait qu’il a lu ce document avant d’écrire le roman […]

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  6. voyageurgalactique95 dit :

    Franchement ce ran me tente tes chroniques sont excellentes et disent vraiment ce que le livre contient pour vraiment nous faire un avis des plus objectifs 🙂 je t’en parlerai quand j’aurais lu cette trilogie :-*

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