[2020] Petit bilan de septembre.

Un peu de stats :

À force de transports par-ci par-là (pour le boulot mais pas que), d’annulations de spectacles et de week-ends plutôt bof, septembre aura été productif, si j’en crois mes calculs, puisque ce mois-ci…
j’ai lu 4016 pages
j’ai écouté 1637 minutes de romans (encore une fois, merci Tolkien !)
j’ai lu 825 pages de bulles (BD & mangas : là, c’est plus facile de cumuler !).

Carnet de lectures.

Rayon romans :

Le Silence des vaincues, Pat Barker (Charleston).
Je ne lis pas beaucoup de titres chez cet éditeur mais j’avoue que quand j’ai vu qu’était prévue une réécriture de la guerre de Troie du point de vue de Briséis, je n’ai pas beaucoup hésité. Une fois n’est pas coutume, je ne fais pas de résumé, car tout est dit ci-dessus (et qu’on connaît les grandes étapes de la-dite guerre de Troie). Et donc, cette réécriture ?
Eh bien pas mal du tout ! Tout le récit est narré du point de vue de Briséis, donc. Il commence avec la chute de Lyrnessos (royaume dont Briséis était reine) et s’achève avec le départ des armées grecques de la grève troyenne. Ce n’est pas vraiment un roman épique, comme l’a fait David Gemmell car, sans surprise, les prisonnières de guerre n’ont pas vraiment d’occasion d’agir. À elles l’arrière, les blessés à l’infirmerie, le service des guerriers à table et, bien sûr… les viols à répétition. L’autrice ne fait aucun mystère de ce que subissent les femmes (et les outrages sont légion). J’ai trouvé que la narration était un peu froide et instaurait une certaine distance avec les personnages, mais ce n’est vraiment pas gênant. Et cela ressemble plutôt aux vers d’origine ! Au fil des chapitres, l’autrice explore aussi une question cruciale : celle de la parole des victimes (de guerre, mais pas que) et la question de la véracité historique. Car, enfin, on le sait bien, l’histoire est écrite par les vainqueurs. Bref, j’ai vraiment aimé cette réécriture ; peut-être pas autant que celle de Gemmell, mais il est difficile de comparer les deux œuvres !

Le Réveil des légendes #1 : L’étoile flamboyante, Sophie Ginisty (404).
Derrière son regard flamboyant et son statut de rebut de la société, Ieven le demi-elfe n’a qu’un but depuis son enfance : retrouver le jumeau à qui on l’a arraché, faisant prévaloir ainsi la loi de l’enfant unique qui règne sur l’Empire de Gaïa. En attendant que ce jour vienne, Ieven loue ses services en tant que guide pour tous ceux qui voudraient s’aventurer dans les Bas-Fonds, une dangereuse région isolée du reste du monde. Se préparant pour une nouvelle mission, le demi-elfe n’a alors aucune idée de ce qui l’attend. Entre tempêtes de neige, assassinats et trahisons, il va se faire entraîner dans une véritable course contre la montre qui l’amènera peut-être jusqu’au bout de sa quête…
Voilà un roman que je n’ai pas du tout aimé. C’est un roman de fantasy que j’ai trouvé hyper cliché, et ce en premier lieu à cause du personnage principal, qui est à mi-chemin entre l’aventurier baroudeur blasé et le naïf compulsif – et qui m’a donc prodigieusement agacée. Côté intrigue, on s’étend dans des péripéties excessivement longues, qui semblent servir de « remplissage » et m’ont fait maintes fois perdre le fil de l’intrigue principale. J’ai trouvé le récit hyper confus, tout comme l’univers, qui fait appel à plein de références sans vraiment s’en dépêtrer, et qui en plus mêle fantasy et univers réaliste… mais sans vraiment détailler. Là encore, j’ai trouvé que c’était confus.
Pour être honnête, je dois reconnaître que le dernier chapitre était un poil plus intéressant, mais il ne m’a pas donné envie de poursuivre plus avant la série.

Rayon bulles

Le Prince et la Couturière, Jen Wang (Akiléos).
Le prince Sébastien cherche sa future femme, ou plutôt, ses parents lui cherchent une épouse… De son côté, Sébastien est trop occupé à garder son identité secrète à l’abri des regards indiscrets. La nuit, il revêt les tenues les plus folles et part conquérir Paris sous les atours de l’époustouflante Lady Crystallia, l’icône de mode la plus courue de toute la capitale ! Sébastien a une arme secrète : sa couturière, Francès, une des deux seules personnes à connaître son secret, et sa meilleure amie. Mais Francès rêve de s’accomplir par elle-même, et rester au service du prince lui promet une vie dans l’ombre… pour toujours. Combien de temps Francès supportera-t-elle de vivre dans le boudoir de Sébastien en mettant ses rêves de côté ?
On a énormément parlé de cette BD à sa sortie et elle m’a été chaudement recommandée aussi bien par des amies que par des collègues. Je ne sais pas pourquoi j’ai traîné autant de temps avant de la lire (le fait qu’elle soit empruntée en permanence a sans doute joué). Résultat ? Eh bien toutes ces chaudes recommandations étaient parfaites, car la BD m’a éminemment plu ! Je pensais passer un temps infini à la lire mais entre le découpage dynamique, les longs passages sans texte et l’intrigue en général, je n’ai pas vu les pages passer. Le récit m’a vraiment surprise. Je pensais qu’il serait question de transidentité alors que ça n’est pas du tout le cas. Le prince Sébastien a juste une préférence pour la mode féminine (vu le panel que cela permet par rapport à la mode masculine, il a bien raison) et le message général ressemble plus à « Accomplissez-vous vous-mêmes, et jetez aux orties les commentaires et la bienpensance des autres ». Ce que j’ai hautement apprécié. De prime abord, j’ai trouvé la réaction finale du père assez surprenante, mais je trouve qu’elle colle parfaitement au ton du récit, assez joyeux et optimiste en général (malgré quelques péripéties plus difficiles pour les personnages). Autre point qui m’a plu : Frances a une vraie histoire à elle, avec de grands enjeux, et elle n’est pas le second rôle de la BD. De fait, l’histoire est bien équilibrée entre les deux protagonistes sans alternance hyper marquée, mais avec des passages réguliers de l’un à l’autre. Impeccable, donc. Et côté graphique ? Jen Wang a un trait assez rond, qui est un vrai régal visuel. On s’en met plein la vue avec les tenues incroyables créées par Frances. Et le jeu de couleur, privilégiant les couleurs vives (ou les pastels) est sublime. Bref, je recommande à mon tour chaudement ce titre !

Cette année, le Prix Livraddict a été relancé et j’ai décidé de participer pour plusieurs catégories, parmi lesquelles les mangas. J’ai donc lu mon premier titre de la sélection : Adieu mon utérus de Yuki Okada, un manga autobiographique.
Yuki Okada, à 33 ans, a tout pour être comblée : mariée et heureuse, mère d’une petite fille, elle exerce également le métier qu’elle aime – autrice de mangas. Aussi, quand elle consulte son médecin à cause de règles anormales, elle ne se doute pas de la terrible nouvelle qui l’attend : malgré son jeune âge, elle développe en effet un cancer du col de l’utérus. Chamboulée et perdue, elle ne saura d’abord pas comment réagir, et affronter cette épreuve que la vie lui impose… Pourtant, très vite, elle comprend qu’il lui faudra faire des choix. Mais entre les avis de ses proches et du corps médical, comment savoir ce qu’elle souhaite vraiment ?
C’était une expérience de lecture assez étrange, sans doute en raison de la part autobiographique. La mangaka livre un témoignage très touchant sur son expérience médicale, dont elle ne cache ni les passages les plus douloureux, ni les plus angoissants (je dois dire que ça n’a pas du tout rassurée). En creux, on découvre aussi la société japonaise, tant le traitement des maladies que la place des femmes… et tout n’est pas rose ! Chaque société a ses façons de faire, mais j’avoue que j’ai été estomaquée par le passage où, avant d’être hospitalisée, elle étiquette entièrement le placard de leur fille pour que son mari trouve comment l’habiller ! Bref…
Si le récit est intéressant, le style graphique (très « chibi ») ne m’a pas follement emballée.

Top/Flops :

Le roman que j’ai le moins aimé ce mois-ci est sans conteste Le Réveil des légendes, sur lequel j’ai énormément pesté. Comme je me suis déjà pas mal étendue sur le sujet en début d’article, je ne l’enfonce pas plus !

J’ai eu un coup de cœur ce mois-ci et, une fois n’est pas coutume, ce n’était pas pour de l’imaginaire, mais pour À quoi rêvent les étoiles de Manon Fargetton, un roman ado contemporain. Et je suis très contente d’avoir eu ce coup de cœur, car ma précédente rencontre avec l’autrice, sur L’Héritage des Rois-Passeurs, ne m’avait franchement pas laissé un souvenir impérissable !

Citations :

« Toute guerre est fondée sur la tromperie.
En vue du Tournoi, la classe entière s’accrochait au dix-huitième Postulat de Sunzi. Les élèves cessaient d’utiliser les salles d’entraînement accessibles à tous durant les heures de cours communes. Ceux qui avaient hérité des arts martiaux de leur famille s’étaient soudainement arrêtés de pavoiser à leur sujet. Nezha lui-même avait renoncé à ses démonstrations du soir.
– C’est comme ça tous les ans, avait dit Raban. Je trouve ça un peu débile, honnêtement. Comme si les pratiquants d’arts martiaux de votre âge avaient quelque chose à cacher.
Débile ou non, les étudiants de leur classe paniquaient sincèrement. On accusait tout le monde de dissimuler une arme dans sa manche, et on soupçonnait ceux qui n’avaient jamais fait démonstration d’un art hérité d’en couver un dans le secret.
Un soir, Niang confia même à Rin que Kitay avait hérité du Poing venteux du nord, un art oublié qui permettait à son pratiquant de neutraliser ses adversaires en touchant quelques points de pression précis.
– J’ai peut-être contribué à propager la rumeur, avoua Kitay quand Rin l’interrogea sur le sujet. Sunzi qualifierait ça de guerre psychologique.
Rin poussa un grognement.
– Sunzi appellerait ça des grosses conneries. »
La Guerre du pavot, Rebecca F. Kuang.

« Appeler les Tuileries un jardin, c’est comme appeler Poudlard une école. Techniquement, les termes sont corrects, mais ils ne leur rendent pas du tout justice. »
Plongée dans les catacombes, V.E. Schwab.

« Je ne sais pas qui est cette gonzesse qui me regarde dans le miroir mais, une chose est certaine, ce n’est pas la Kassandre que je connais.
Rien de ce qui fait mon vrai moi n’a été épargné : exit le cuir noir, les cheveux en bataille et le maquillage blafard. La longue robe dont je suis affublée a beau dévoiler un max de chair, pas un de mes tatouages ne transparaît, la tête de taureau de mon épaule gauche est planquée sous une manche en dentelle ; le No Future de ma nuque a disparu sous un chignon bas ; quant au 666 de mon poignet, il est bien camouflé sous une très chic manchette en argent. Même les trous de mes piercings ont été rebouchés à grand renfort de fond de teint et, moi qui ne mets jamais de soutif, l’engin de torture que Mère m’a obligée à porter me fait des nibards droits comme des missiles !
Rien à dire, c’est du beau boulot et je sais que mes parents vont être contents : pour la première fois de ma vie, je ressemble à une FILLE ! Manque plus que la pancarte « Je suis prête pour la reproduction » et je serai au top.
Le verdict est sans appel : je ressemble à une vraie pétasse de conte de fées. »
Génération K, Marine Carteron.

« L’enfance est une île, l’adolescence un archipel émietté, l’âge adulte un continent. »
A quoi rêvent les étoiles, Manon Fargetton.

Sam opina, même si elle avait été trop jeune pour utiliser ce fameux « Internet » quand il existait encore. De ce qu’elle en savait, c’était une gigantesque collection de vidéos de chats, non ?
Bpocalypse, Ariel Holzl.

« Le maquillage artisanal ne la rendait pas franchement sereine. Le maquillage artisanal chimique ? Encore moins. Surtout si c’était Yvette qui maniait les éprouvettes. Sans parler de ses conseils de séduction :
– Montre-toi vulnérable. Prends-le par les sentiments. ça va le faire craquer, en mode chevalier servant !
– Et si c’est juste un psychopathe qui veut me voir souffrir ?
– Encore mieux. T’auras l’air de la parfaite victime !
– Yvette, tu es la honte de la cause féministe postapocalyptique. »
Bpocalypse, Ariel Holzl.

2 commentaires sur “[2020] Petit bilan de septembre.

  1. Ah mais même avis concernant Le réveil des légendes ! J’ai été très très déçu par ce titre. Et certes le dernier chapitre est intéressant, mais il arrive un peu comme un cheveu sur la soupe.

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