L’Héritage des Rois-Passeurs, Manon Fargetton.

La dernière héritière d’une lignée royale doit fuir notre monde et retourner dans celui de ses ancêtres pour échapper aux hommes qui veulent l’éliminer. Là-bas, une princesse rebelle rentre chez elle pour prendre ce qui lui est dû : le trône d’Ombre. Voici l’histoire de deux femmes, de deux mondes imbriqués, de deux retours simultanés qui bouleverseront une fois de plus le destin tortueux du royaume d’Ombre. Coïncidence, ou rencontre orchestrée de longue date ?

On ne pourra pas dire que j’ai fini l’année 2019 en beauté, puisque ma dernière lecture a été celle-ci, et que j’en suis sortie assez mitigée.
Pourtant, ça démarrait super bien : une scène de chasse aux dragons bourrée d’adrénaline mettant en scène une voltigeuse surdouée nous plonge directement dans le bain. Puis le décor change, et l’on arrive sur Terre où l’on suit Enora, qui s’apprête à célébrer dignement ses 20 ans – sauf que la fête tourne au drame. Sans trop de surprise, les deux héroïnes sont liées, Enora passant rapidement de Rive (la Terre que l’on connaît) à Ombre (l’univers dans lequel évolue Ravenn, notre chasseuse de dragons).

Alors qu’est-ce qui ne l’a pas fait ?
Tout d’abord, je crois que cela tient aux personnages. D’une part, ils sont assez nombreux, car il faut composer avec l’entourage d’Enora, celui de Ravenn, les opposants divers et variés, comme les personnages qui passent en arrière-plan. En soi, une foultitude de personnages, ce n’est pas gênant mais ici, il m’a manqué un petit quelque chose pour réellement m’y accrocher. En effet, les deux héroïnes sont assurément des femmes résilientes, très fortes et aux caractères bien trempés… et c’est tout. J’ai eu l’impression que l’on me répétait à longueur de page combien elles étaient badass, sans réellement en ressentir les effets ou les manifestations. Ce qui m’a laissée quelque peu dubitative devant les péripéties : certes, je savais que les personnages étaient très forts, mais j’avais l’impression de n’en voir que les façades, ce qui ne m’a guère aidée à adhérer à leurs aventures. D’autre part, j’ai trouvé que les personnages étaient éminemment classiques, principaux comme secondaires. En soi, à nouveau rien de gênant. Mais ajouté au fait que je ne les ai pas trouvés tout à fait assez creusés, cela a suffi à me faire décrocher.

Par ailleurs, l’intrigue générale ne m’a pas tellement passionnée, pour être tout à fait honnête. Oui, la scène d’intro est génialissime mais malheureusement, on quitte l’univers des chasseurs de dragons pour retrouver l’ancienne vie de Ravenn (qui s’appelle finalement Élouane). D’aucuns pourraient dire que je n’avais qu’à relire le résumé, la couleur y étant annoncée (et en effet, j’aurais dû), mais je me suis fait confiance en piochant ce livre dans ma PAL sans en relire l’accroche. Et j’avoue que j’aurais préféré rester avec les dragons, tant les problèmes d’Ombre me sont passés au-dessus du crâne. Les développements m’ont généralement parus assez attendus, qu’il s’agisse de traîtrises, d’alliés inattendus, ou de renversements de situation de dernière minute. Certaines péripéties m’ont même semblé assez étranges – tel l’arc narratif consacré à l’espionne des mages, qui m’a plus semblé plaqué sur l’intrigue que parfaitement crédible.

Pourquoi me suis-je donc entêtée ? Parce qu’en réalité, j’ai trouvé l’univers vraiment intéressant, tout comme le système de magie. J’ai adoré l’idée des deux univers se répondant comme deux reflets, que ce soit au niveau de la géographie, comme au niveau de la population. J’ai aimé que le pouvoir des Rois-passeurs ne soit ni le pouvoir le plus recherché qui soit, ni celui qui est conquis à la fin. Enfin, il faut reconnaître à Manon Fargetton qu’elle sait comment raconter des histoires. Car malgré tout ce que j’ai pu trouver à y redire, j’ai lu le livre jusqu’à la dernière ligne. Et j’ai même envie de lire le spin-off, c’est dire !

Si les personnages et l’intrigue du roman n’ont pas su me convaincre, j’ai apprécié de retrouver le style fluide et l’imaginaire de Manon Fargetton. Au point d’avoir envie de lire Les Illusions de Sav-Loar, malgré mon avis mitigé sur ce tome-ci !

L’Héritage des Rois-Passeurs, Manon Fargetton. Bragelonne, avril 2015, 376 p.

5 commentaires sur “L’Héritage des Rois-Passeurs, Manon Fargetton.

  1. MahaultMots dit :

    Ressenti extrêmement similaire au mien. J’ajoute pour ma part un recours aux dialogues un peu trop excessif.
    Le tome suivant ne m’a en revanche pas plu – et c’est un sacré morceau (plus de 600 pages me semble-t-il).

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  2. Sans hésiter, je t’encourage à lire Les illusions de Sav-Loar ; l’univers y est beaucoup plus détaillé, l’intrigue beaucoup plus riche et les personnages beaucoup plus creusés. Le ressenti est donc très différent que dans L’héritage des Rois-Passeurs :).

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