Les Roses noires, Jane Thynne.

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1933. Clara Vine a 26 ans, et les contrats d’actrice ne courent pas les rues à Londres. Pleine d’ambition, et pouvant compter sur son joli minois, elle part tenter sa chance à Berlin, où un de ses amis connaît un réalisateur. Elle découvre alors les mythiques studios de l’Ufa, et Magda Goebbels. Mais Clara n’a pas de travail, et accepte d’intégrer le bureau de la mode allemande dirigé par Magda. Rapidement coincée dans le cercle des femmes de dirigeants nazis, Clara Vine doute. 
Lorsque Leo Quinn, agent des renseignements anglais travaillant sous couverture, rencontre la jeune actrice, il voit en elle l’informatrice idéale. Et la jeune femme, horrifiée par les actions et prévisions des nazis, embrasse sa nouvelle carrière avec passion, n’hésitant pas à jouer de ses talents d’actrice pour espionner et recueillir les confidences, malgré le danger. Or, les secrets qu’elle apprend pourraient bien remettre en cause ses certitudes, et tirailler sa loyauté… 

Les Roses noires est le premier tome d’une série de romans d’espionnage historique mettant en scène l’actrice et espionne Clara Vine. Et vu les qualités du premier tome, on attend impatiemment la suite !
Les Roses noires, c’est tout d’abord un contexte extrêmement riche : Clara Vine quitte une Angleterre figée, et débarque dans un Berlin très actif, en pleine effervescence. Sur ses traces, on découvre les studios de l’Ufa, les films qui y étaient produits, le microcosme des acteurs berlinois, et toutes les questions autour de l’art. C’est très riche, le décor est fouillé, et on s’immerge sans aucun problème dans l’aventure. Car si l’ambiance effervescente est bien rendue, la danger qui plane l’est également ; l’ambiance est oppressante, et on s’angoisse assez vite devant la montée du nazisme à laquelle assiste la protagoniste.

Clara découvre rapidement le petit cercle des femmes de dirigeants nazis, en devenant mannequin pour le bureau de la mode allemande. Et ces femmes sont, somme toute, extraordinairement normales. L’une ne jure que par les pâtisseries, toutes se pâment pour la haute-couture, elles sont jalouses des infidélités de leurs maris… mais les soutiennent dans toutes leurs décisions, sans vraiment se poser de question (pour la plupart). Et c’est assez déstabilisant, car l’auteur les montre aussi bien dans leurs aspects inhumains, que leur facettes profondément humaines. On se prend à s’attacher aux personnages, alors même que l’on sait ce qu’il advient par la suite.
Ce qui n’est pas le cas de leurs maris, conjoints et autres camarades de jeux. Les portraits sont réalistes, glaçants, et viennent compléter l’atmosphère de danger qui baigne le roman. Pourtant, on ne ressent pas de manichéisme là-dedans, peut-être car Jane Thynne s’attache à décrire les personnages dans leur quotidien, sans forcément revenir systématiquement à leurs opinions monstrueuses. On découvre ainsi un Müller transi d’amour, un peu pathétique par moments, et absolument terrifiant le reste du temps.
Pour rester dans le chapitre des personnages, il faudrait évoquer le duo d’espions, Clara et Leo. Si la première est un peu frivole, mais avec la tête sur les épaules et un grand ses du devoir et de l’héroïsme, le second est plus difficile à cerner. Ce qui ne le rend que plus intéressant, car on se demande dans quelle mesure il utilise Clara… et jusqu’où celle-ci va supporter le rôle qui lui a été confié.

À ce titre, on note que Jane Thynne maîtrise parfaitement les codes du roman d’espionnage. Tout y est : des filatures aux embuscades, en passant par une intrigue complexe, qui n’oublie ni le suspens, ni les passages plus légers. Comme le récit est très fluide, il n’est pas difficile de se passionner pour l’affaire !

Les Roses noires est donc un très bon premier volume (qui dispose d’une vraie fin, en plus !). On plonge avec délice dans le décor du Berlin des années 30 : le roman d’espionnage, inscrit dans un contexte plus frivole, est extrêmement réussi. De plus, il n’y a pas de longueurs, et on se passionne littéralement pour les tribulations des personnages. En bref, tout est bon. Vivement la suite !

◊ Dans la même série : Le Jardin d’hiver (2) ;

Clara Vine #1, Les Roses noires, Jane Thynne. Traduit de l’anglais par Philippe Bonnet.
JC Lattès, janvier 2015, 506 p. 

 

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Une autre aventure d’espionnage, en Orient cette fois !

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14 commentaires sur “Les Roses noires, Jane Thynne.

  1. Tesrathilde dit :

    Je ne recherche pas spécialement les romans d’espions ni les œuvres se situant au temps de la Seconde Guerre mondiale, mais tu vends bien ce roman ! 🙂 ça me donnerait même envie.

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    • Sia dit :

      Pareil, c’est pas tellement ce que je recherche, mais je t’avoue que je n’ai pas boudé mon plaisir avec ce roman, je lirai très volontiers la suite !
      Maintenant, j’ai repéré un essai sur les rapports entre Hollywood et Hitler pour prolonger l’affaire.

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  2. Lucie dit :

    Je l’ai vu en librairie il y a trois jours et son résumé m’a tout de suite interpellé. Après la lecture de ta chronique, mon envie de le découvrir a été décuplée !

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  3. Ca fait des jours qu’il me fait de l’œil au travail… Décidément, j’ai vraiment très envie de le lire !!

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  4. […] rayon polar historique, j’ai été littéralement embarquée par Les Roses noires, de Jane Thynne, premier volume des aventures de l’espionne et actrice Clara Vine (notez que […]

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  5. Lupa dit :

    Un peu d’espionnage à la sauce historique, voilà une recette qui n’est pas pour me déplaire ! Une vraie fin, c’est aussi un argument non négligeable avec toutes les sagas que j’ai en cours 😉 Bref, je note ce titre avec intérêt, merci !

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    • Sia dit :

      Ha, je vois que l’argument de la fin plaît à beaucoup de monde ! Je pense que les enquêtes seront indépendantes (mais le background des personnages moins).

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  6. Mypianocanta dit :

    Alors là tu m’intéresses … allez zou dans la wish 😀

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  7. Kix-Reviews dit :

    Ce roman m’intéresse, il a l’air vraiment bien ! 🙂

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  8. […] historiques. Le Mystère de Lucy Lost, Michael Morpurgo. Les Roses noires, Jane Thynne. Le Secret de Tristan Sadler, John […]

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