Le Cercle des jeunes élues, Sara B. Elfgren & Mats Strandberg.

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Engelsfors. Petite ville suédoise déprimante, entourée d’immenses forêts. C’est la rentrée, et l’année commence fort : un élève est retrouvé mort dans les toilettes. Un suicide ? C’est ce que tout le monde semble croire.
Tout le monde sauf 6 jeunes filles qui, par une inexplicable coïncidence vont se retrouver en pleine nuit, dans le parc d’attraction désaffecté, où elles ont été mystérieusement attirées. Il semblerait qu’elles soient vouées à travailler main dans la main, si elles ne veulent pas que leur bel avenir prometteur se transforme en bref et funeste destin. Unir leurs forces est désormais leur meilleure chance de survie.

Engelsfors, ou l’ennui cristallisé. Petite ville morne, où il ne se passe rien et où l’avenir semble excessivement bouché. À leur façon, tous les personnages ne rêvent que d’une chose : s’en aller. Tout change lorsque l’on retrouve le corps d’un élève dans les toilettes. Pour Ida, Linnéa, Vanessa, Anna-Karin, Rebecka et Minoo, liées de près à ce décès, rien ne sera plus jamais pareil.
L’élément fantastique est introduit assez vite dans le récit, et tout d’abord par une ambiance étrange, baignée d’un malaise persistant. On ne sait pas encore de quoi il retourne, mais on sait que quelque chose cloche. Les premières pages s’attachent à présenter les protagonistes, via des tranches de vie prises sur le vif. Les filles ont des caractères, des aptitudes, et des envies bien différentes, ce qui fait qu’on ne se perd jamais entre les nombreux personnages : il y en a pour tous les goûts, et il est très facile de s’attacher à elles, et de s’identifier à l’une ou l’autre des filles. On les voit évoluer ensemble, bien sûr, mais également chacune de leur côté : le point de vue se déplaçant de l’une à l’autre, le lecteur est quasiment omniscient. Quasiment, car le personnage d’Ida est très largement sous-exploité : au vu du rôle qu’elle tient, il y a fort à parier qu’elle prendra plus d’importance dans la suite.

Toutes ont de bonnes raisons de vouloir utiliser les capacités qui sont les leurs, et les auteurs savent très bien comment mettre en valeur les envies des jeunes filles, tout en les confrontant à la réalité, nettement plus triviale. L’ambiance est très prenante : le malaise du début persiste, on baigne dans une sorte de suspicion permanente, sans toutefois savoir immédiatement de quoi il est question. Malgré cela, l’histoire se met assez rapidement en place : le style est fluide, le récit prenant, aussi avance-t-on dans l’histoire à pas de géants. Les auteurs utilisent des topos de la fantasy : prophétie, personnages amenés à s’unir, vieille malédiction, pouvoirs étranges… tout cela fait un peu déjà vu. Pourtant, le contexte, les personnages, l’ambiance et la narration rendent le tout prenant et sort un peu le roman des sentiers battus. Le récit appartient clairement à l’urban fantasy, mais les auteurs flirtent allègrement avec le roman d’apprentissage et le thriller. Malgré une histoire de facture assez classique, Sara B. Elfgren et Mats Strandberg parviennent à proposer un contenu original.

On a dit que les personnages étaient très différents les uns des autres : à ce titre, chacun véhicule sa propre histoire et son vécu, qui ont des répercussions sur l’histoire. Ces histoires sont autant de thèmes que les auteurs abordent sous couvert de cette histoire fantastique. Ainsi, une des filles souffre de troubles alimentaires, une autre a du mal à se lier, l’une d’entre elles est le souffre-douleur de ses camarades, telle autre est en conflit avec sa famille recomposée… L’histoire principale ne s’efface pas devant ces multiples problèmes fréquents à l’adolescence, loin de là. Mais force est de reconnaître que cet aspect du vécu donne au roman fantastique un vernis réaliste extrêmement réussi et efficace, et qui est un des gros points forts du roman.

Avec Le Cercle des jeunes élues, Sara B. Elfgren et Mats Strandberg proposent un roman à quatre mains très réussi : l’histoire peut sembler classique, mais la façon dont elle racontée, et l’attention toute particulière accordée à la psychologie des personnages ou au contexte la rendent originale, prenante, et pleine de suspens. Le récit est rythmé, les rebondissements sont nombreux, et certains sont mêmes tout à fait inattendus. Sans que le tome soit un concentré d’action, on est embarqué sans aucune difficulté par cette histoire. Ce premier tome est très abouti. L’ambiance mystérieuse, les personnages tout en finesse, et l’histoire maîtrisée font du Cercle des jeunes élues un excellent début de saga !

Le Cercle des jeunes élues #1, Sara B. Elfgren & Mats Strandberg. Traduction de Sabrina Ericson. JC Lattès, 2013, 473 p.
8 / 10.

 

ABC-2013-Imaginaire

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6 commentaires sur “Le Cercle des jeunes élues, Sara B. Elfgren & Mats Strandberg.

  1. Camille dit :

    Oh! ça me plait! Je note!

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  2. solessor dit :

    Allez, zou, dans ma wish-list ! J’aime beaucoup ce que tu nous dis du mélange du fantastique, et du côté très terre à terre de la vie des personnages ! Si le tout tend un peu vers le thriller, il y a moyen d’avoir ici un mélange bien détonnant !

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  3. […] The Circle – Chapitre 2,  de Mats Stranberg & Sara B. Elfgren. Et ça, les amis, c’est une excellente nouvelle !! […]

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  4. […] 1, Les Élues. Je suis également allée voir l’adaptation cinématographique du Cercle des jeunes élues, un roman suédois pour lequel j’avais eu un coup de cœur, mais qui n’a manifestement […]

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