L’Île du Destin, La Quête d’Ewilan #3, Pierre Bottero.

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Les Ts’liches ont été vaincus, les Sentinelles libérées et l’Imagination est de nouveau accessible à tous. Pourtant, Ewilan n’en a pas fini en Gwendalavir : ses parents n’étaient pas avec les dix autres Sentinelles et la jeune fille est bien décidée à les libérer. Or, Éléa Ril’Morienval, la Sentinelle félone, n’a pas dit son dernier mot… 

Dernier tome de la première trilogie de Pierre Bottero et voilà un tome bien plus varié en termes d’aventures que les précédents. La compagnie se sépare, se reforme et voyage beaucoup (encore, oui). Il y a donc plusieurs grandes étapes dans le voyage : les compagnons font d’abord route vers la Citadelle des frontaliers (terre natale d’Edwin), Camille et Salim retournent dans notre univers en compagnie de Bjorn, avant de voguer tous ensemble vers les îles des pirates Alines. On voit du paysage, on ne s’ennuie pas ! Pourtant, le tome est nettement moins rythmé que les précédents, alors même qu’il s’y passe plus de choses. Le voyage, malgré de nombreuses escarmouches et autres batailles endiablées, semble suivre un long fleuve un peu tranquille – pas désagréable, au demeurant.

Au fil de ces aventures, la compagnie s’enrichit de deux nouveaux membres, Mathieu et Siam, qui vont permettre de relancer toutes les intrigues relationnelles parallèles à la quête elle-même. En effet, en tant que jeune guerrière charismatique (et super badass), Siam fait de l’ombre à Ellana, dans un premier temps. De son côté, Mathieu incarne le nouveau venu qu’il faut guider pour lui éviter de se faire trancher en deux et qui, bien sûr, s’amourache de la guerrière implacable qui lui sert de guide ! Un schéma toujours un peu classique, mais qui reste efficace.
En fait, ce résumé de « classique, mais efficace » fonctionne pour l’ensemble du roman, car le déroulé de l’intrigue laisse, finalement, peu de surprises, sans toutefois paralyser le lecteur d’ennui.
Cette impression de facilité perdure jusqu’à la fin : si on a l’impression que la quête suit un long fleuve tranquille, c’est parce que la conclusion est extrêmement rapide – un peu trop, d’ailleurs. Mais la toute fin ouvre largement le champ à la suite, Les Mondes d’Ewilan.

Heureusement, la richesse de l’univers comble amplement les quelques facilités suivies par l’histoire (comme le fait que les protagonistes aient la fâcheuse tendance à réussir facilement tout ce qu’ils entreprennent…). Et dans ce volume, vu que l’on voyage, on découvre de nouvelles organisations et coutumes. On en apprend aussi bien plus sur la magie propre à Gwendalavir, des précisions sur l’Art du Dessin… et voilà la meilleure partie du roman. L’apparition de Merwyn, la transformation de Salim, les interventions de la Dame et du Héros, tout cela concourt à enrichir de merveilles un univers déjà plutôt dense. Et voilà qui compense un peu les points plus faibles du volume !

Des trois tomes, L’Île du Destin n’est peut-être pas le meilleur du point de vue du rythme ou de la construction de l’intrigue, mais probablement le plus riche en termes de mythologie. La fin du roman, quoiqu’un peu rapide, est très satisfaisante et ouvre le chemin à la trilogie suivante. Heureusement, le style et l’imaginaire de Pierre Bottero, toujours aussi riches et merveilleux, font leur office. Une fin de série satisfaisante !

Petit point bonus : j’ai lu ce roman dans la version intégrale (parue en 2010, toujours chez Rageot). Il contient donc quelques textes inédits.
À l’ouverture du roman, un texte extrêmement émouvant (et typiquement botterien) qui s’intitule Avant et évoque l’arrivée – traumatique – d’Ewilan dans notre univers, avec sa catastrophique adoption. Un texte qui permet de faire la lumière sur pas mal de points !
À la fin, l’auteur s’offre un petit délire avec des interviews extrêmement décalées des personnages, comme s’il s’agissait d’acteurs dans un film, et au travers desquelles on s’aperçoit que les personnages… ne s’apprécient peut-être pas autant qu’on le pense. Dans le même ordre d’idées, on a la scène où Edwin tranche deux Ts’liches, réécrites sur plusieurs modes (pédant, vulgaire, soutenu…). Extrêmement drôle !

◊ Dans la même série : D’un monde à l’autre (1) ; Les Frontières de Glace (2) ;

◊ Dans le même univers : Le Pacte des marchombres (1) ; L’Envol (2) ;

La Quête d’Ewilan #3, L’Île du Destin, Pierre Bottero. Rageot, 2003, 350 p.

 

ABC Imaginaire 2015

 

 

12 commentaires sur “L’Île du Destin, La Quête d’Ewilan #3, Pierre Bottero.

  1. C’est vrai que ce volume est plus calme que les précédents, pourtant, je l’ai nettement préféré en raison de toutes les explications ainsi que du merveilleux qui peuple ce tome. par contre la fin beaucoup trop rapide et super facile m’a réellement gâché le plaisir surtout que c’est la dernière impression que j’en garde n’ayant pas eu les bonus… dommage…

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    • Sia dit :

      Je crois que j’aurais pu me sentir moins déçue si la fin n’avait pas été aussi rapide ! Les bonus sont assez drôles, si tu as l’occasion de jeter un œil dans cette intégrale.

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  2. bouchondesbois dit :

    Ooh, mais qu’est-ce donc que cette version intégrale ? Je ne savais pas qu’il y avait des textes supplémentaires ‘_’ Des trois trilogies, c’est tout de même la dernière qui m’a le plus plu… Peut-être moins jeunesse, moins facile que les deux premières ?

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    • Sia dit :

      Pareil que toi ! Même si j’ai lu les Ewilan assez tôt, j’ai vieilli au fil des publications ! Et du coup, ils ont sorti chaque trilogie en intégrale… sauf peut-être L’Autre (je ne sais pas trop) et dans certaines, il y a des textes inédits.

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  3. solessor dit :

    C’est avant ce dernier tome de la première trilogie que je me suis pour l’instant arrêtée. J’avais trouvé le premier assez jeunesse mais très chouette… il faut dire que j’ai découvert l’auteur avec Les Âmes croisées (ce que je regrette maintenant…) !
    Je crois que la version que j’ai n’est pas l’intégrale, mais rien que pour ces bonus, il faut que je mette la main dessus !!!

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    • Sia dit :

      Absolument ! J’étais déçue de pas avoir autant accroché que la première fois que je l’ai lu (mince, un effet de la vieillerie) mais ça reste une de mes sagas préférées ! Et les bonus sont top !

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  4. Synea dit :

    Bonsoir ! Merci pour cette chronique.
    J’adore Bottero ❤ Je suis tombée sur une adaptation en bande dessinée de la Quête d’Ewilan, édité par Glénat. Vous connaissez ?
    Les dessins sont trop beaux !

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  5. ladocattitude dit :

    Il FAUT que je le lise 🙂

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