Foi et Beauté, Jane Thynne.


Berlin à la veille de la guerre… Alors que des soldats se pressent dans les rues et que des espions s’agitent dans l’ombre, Lotti Franke, une adolescente appartenant à l’organisation Foi et Beauté, l’école d’élite pour les jeunes femmes nazies, est retrouvée enterrée dans une fosse peu profonde. Clara Vine se voit proposer pour le cinéma le rôle le plus ambitieux qu’elle ait jamais joué. Et dans sa vie plus secrète, les services de renseignement britanniques la convoquent à Londres pour enquêter sur des rumeurs selon lesquelles les nazis et les Soviétiques envisageraient de conclure un pacte. Lorsqu’elle apprend la mort de Lotti, Clara décide de découvrir ce qui lui est arrivé. Mais ce qu’elle met au jour est a une valeur inestimable pour le régime nazi. L’objet qui a conduit au meurtre de Lotti… peut aussi la mener à sa perte.

Foi et Beauté est la quatrième aventure de Clara Vine dans le Berlin de l’avant-guerre. Cette fois, elle est plus proche que jamais, l’intrigue se déroulant durant le premier semestre de l’année 1939. Sans surprise, l’histoire est donc de plus en plus sombre et on est très loin des débuts exaltants de Clara à Berlin.
Si l’ambiance est aussi sombre, c’est que Clara est surveillée tel le lait sur le feu, non seulement par Goebbels, le ministre de la propagande, mais aussi par la Gestapo. En plus de cela, elle angoisse en raison de la religion juive de sa grand-mère – ce qui fait d’elle, aux yeux des nazis, une femme juive, bien qu’elle ne pratique pas ni n’ait été élevée selon cette foi. Conséquence immédiate :  Clara espionne nettement moins que précédemment et se contente plutôt de noter les petits faits qui sortent de l’ordinaire, sans trop se lancer dans de grandes opérations.

L’histoire n’en est pas moins prenante, loin de là ! Comme dans les tomes précédents, Clara se retrouve à devoir chercher des informations sur une macabre affaire, en l’occurrence la mort de son apprentie, Lotti. Mais, comme dans les volumes précédents, ce n’est pas tellement le cœur de l’histoire, et cela passe même durant un certain temps au second plan. C’est le tout, mis bout à bout, qui contribue à créer la tension qui sous-tend toute l’intrigue. Ça et, bien sûr, le climat de l’époque : car on sait très bien comment s’est terminé l’été 1939 et cette issue inéluctable ne fait que rendre l’intrigue en cours plus pesante.

Jane Thynne retranscrit d’ailleurs à merveille l’ambiance de l’époque, ses descriptions ne taisant rien des privations que subissent les Berlinois : pénuries de nourriture, de café, mais aussi de savon et autres produits de première nécessité. Elles ne taisent pas non plus les crimes odieux des nazis contre les populations ne trouvant pas grâce à leurs yeux. Et ce ne sont pas seulement des éléments lointains, en toile de fond : l’Arianechweis (le permis de circuler, en quelque sorte) de Clara est remis en question, transformant la moindre sortie en périlleuse expédition. On touche donc du doigt l’angoisse des Berlinois en cette fin d’été.
Mais à côté de la terrible machine à broyer nazie, le roman met aussi en valeur les réseaux de résistance installés en plein Berlin, de quelque obédience qu’ils soient. Évidemment, tout ce petit monde est soumis à haute surveillance ce qui fait que, plus l’histoire avance, plus l’on a conscience de l’importance de la mission de Clara… mais aussi du danger permanent qu’elle risque.

Côté cœur (car c’est aussi une composante importante de la série, on ne va pas le nier), on ne peut pas dire que Clara soit vraiment à la fête : après sa brève réapparition dans le tome précédent, Leo Quinn est de nouveau aux abonnés absents – et vu le climat général, l’ambiance n’est pas vraiment propice à la sensualité. Quoi qu’il en soit, le roman accorde une importance assez marquée à leur relation, en apportant de nouvelles perspectives – dont je ne dirai rien de plus, de peur de divulgâcher des éléments essentiels de l’intrigue.

En somme, la quatrième aventure de Clara nous amène au plus proche de la guerre : au terme des quelques 400 pages du roman, on est arrivés à quelques jours de l’entrée en guerre. Le roman dépeint de façon assez factuelle, mais néanmoins terrifiante, l’inexorable montée en puissance du nazisme. La conclusion, assez ouverte, laisse tout imaginer quant à l’avenir de Clara : le tome 5 étant paru en version anglaise, on peut imaginer qu’on l’aura assez vite en français. J’ai hâte de le lire !

◊ Dans la même série : Les Roses noires (1) ; Le Jardin d’hiver (2) ; La Guerre des fleurs (3).

Clara Vine #4, Foi et Beauté, Jane Thynne. Traduit de l’anglais par Philippe Bonnet.
JC Lattès, 7 février 2018, 474 p.
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2 commentaires sur “Foi et Beauté, Jane Thynne.

  1. Zina dit :

    Il faut vraiment que je continue cette série !!

    J'aime

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