Les Ailés, Eric Simard.

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Il y a onze ans, une catastrophe a englouti Paris sous l’eau. Rudy vit au sommet d’un gratte-ciel. Pour retrouver sa mère disparue, il prend le risque insensé d’infiltrer la communauté des pirates. De son côté, Elorn, un garçon qui communique avec les dauphins, est averti qu’une terrible menace plane sur les siens, réfugiés sur la tour Eiffel. S’agirait-il de ce navire qui remonte lentement la Seine ? Un navire appartenant à des êtres mi-humains mi-oiseaux, les Ailés, qui semblent vouloir s’installer sur le Sacré-Cœur.

Plus jeune, j’avais adoré Le Souffle de la pierre d’Irlande (première version) d’Éric Simard ; mais si j’ai passé un bon moment avec Les Ailés, il m’a quelque peu laissée sur ma faim.

Les Ailés est le troisième volume du Cycle des Destins, mais chaque tome peut se lire indépendamment dans le grand univers créé par Éric Simard – et dans lequel se déroule également L’Arche des derniers jours.

Dès les premières pages, on découvre un Paris post-apocalyptique immergé où ne surnagent guère que la tour Eiffel, les tours de la Défense, la colline de Montmartre… différents endroits où vivent autant de communautés. Celle d’Elorn, les enfants de Dyoun, a colonisé les abords de la Dame de Fer : ils pratiquent les vagues, nagent avec les dauphins, communiquent par télépathie avec les animaux.
Rudy, de son côté, vit avec son père à la Défense, dans la communauté de l’Aviateur, qui possède quelques ULM. Rudy l’insolent a deux rêves : retrouver la trace de sa mère et devenir pilote.
Notre troisième protagoniste, Myrha, est une Ailée : mi-humaine, mi-oiseau, elle vogue sur un navire convoyant un mystérieux container cachant la Chose, une entité qu’elle doit amener à Montmartre au chef de son peuple.

L’auteur alterne les récits liés aux trois personnages, chacun ayant des objectifs et préoccupations particuliers. Les chapitres sont courts, ce qui offre un certain dynamisme ; malheureusement, on a parfois l’impression de sauter de l’un à l’autre un peu trop vite, sans réellement approfondir aucun des points de l’histoire. De plus, l’opposition qui se dessine s’avère, finalement, un peu trop manichéenne pour réellement fonctionner.
Heureusement, les amateurs de récits post-apocalyptiques, de villes transformées et de récits d’aventures (avec des pirates !) devraient s’y retrouver.

De fait, l’histoire est assez riche, chaque communauté ou personnage ayant des objectifs différant concernant leur univers. Si Elorn et Rudy n’ont guère de visée hégémonique, les Ailés, eux, entendent bien contrôler tout le territoire ; mais ce n’est dans les derniers chapitres que l’intrigue politique prend toute son ampleur, accentuant cette impression de survol en surface de certains éléments. Avant cela, l’auteur offre de nombreuses péripéties, variées, offrant de nombreux retournements de situation, quel que soit le personnage que l’on suit. Ce qui est intéressant, c’est qu’Éric Simard ne se cantonne pas à l’histoire purement post-apocalyptique : en faisait le lien avec ses autres romans (qu’il n’est vraiment pas nécessaire d’avoir lus, les rappels sont suffisants et complets), il développe ses personnages et leurs sentiments naissants – sans niaiserie aucune ! D’ailleurs, le fait que l’on suive les trois personnages, tour à tour, contribue sans doute à l’impression de lenteur initiale : il leur faut un moment avant d’enfin se rencontrer.

En somme, Les Ailés est un roman post-apocalyptique avec un grand nombre d’éléments plus qu’intéressants mais qui malheureusement, semble ne pas atteindre son plein potentiel. L’intrigue est un peu longue à se mettre en place et, lorsque c’est fait, s’avère un tantinet manichéenne, ce qui est un peu dommage. À côté de cela, on se régale d’aventures de pirates, de nageurs télépathes et d’hommes taquinant les cieux, en découvrant les destinées de trois adolescents décidés à prendre leurs vies en main. Le roman est un peu inégal, mais plaira peut-être aux amateurs d’aventures originales.

Les Ailés, Éric Simard. Syros, 2015, 300 p. 

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4 commentaires sur “Les Ailés, Eric Simard.

  1. Lupa dit :

    Allez, peut-être me laisserai-je aller pour ces « Ailés » ! Pfff, je suis allée la chercher très loin celle-là 🙂 Merci pour la découverte !

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  2. lirado dit :

    Personnellement je n’ai pas trop accroché non plus ( encore moins qe toi je crois). ça manquait en effet d’action et les histoires de pirates et compagnie…pas trop mon truc.

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