L’Armée furieuse, Fred Vargas.

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Cette nuit-là, dit-elle lentement, Lina a vu passer l’Armée furieuse. Et Herbier y était. Et il criait. Et trois autres aussi. C’est une association ? L’Armée furieuse, répéta-t-elle tout bas. La Grande Chasse. Vous ne connaissez pas ? Non, dit Adamsberg en soutenant son regard stupéfait. Mais vous ne connaissez même pas son nom ? La Mesnie Hellequin ? chuchota-t-elle. Je suis désolé, dit Adamsberg. Veyrenc, l’Armée furieuse, vous connaissez cette bande ? Un air de surprise intense passa sur le visage du lieutenant Veyrenc. Votre fille l’a vraiment vue ? Avec le disparu ? Où cela ? Là où elle passe chez nous. Sur le chemin de Bonneval. Elle a toujours passé là. Veyrenc retint discrètement le commissaire. Jean-Baptiste, vraiment, tu n’as jamais entendu parler de ça ? Adamsberg secoua la tête. Eh bien, questionne Danglard, insista-t-il. Pourquoi ? Parce que, pour ce que j’en sais, c’est l’annonce d’une secousse. Peut-être d’une sacrée secousse. Nul doute que la fratrie « maudite » du village normand rejoindra la galaxie des personnages mémorables de Fred Vargas. Quant à Momo-mèche-courte, il est le fil conducteur de la double enquête que mène ici le commissaire Adamsberg, confronté à l’immémorial Seigneur Hellequin, chef de L’Armée furieuse.

L’Armée furieuse, c’est cette entité un peu étrange qui erre sur le chemin de Bonneval, voie forestière d’un petit village normand. Le commissaire Adamsberg voit dans cette affaire le moyen de s’aérer l’esprit, chose qu’il réussit admirablement en temps normal. Le voilà donc embarqué dans une sombre affaire, mêlant histoire de famille glauque, vieille noblesse française et légendes morbides et dangereuses. Adamsberg est encore plus tête-en-l’air et détaché du monde matériel que d’habitude, si c’est possible. Sa relation avec Zerk agrémente le récit de touches plus personnelles (à noter qu’il vaut mieux avoir lu Un lieu incertain avant, histoire de bien suivre l’intrigue familiale). Cet opus marque des dissenssions jusque-là moins visibles au sein de l’équipe : Danglard perd un peu de sa foi incrédule en Adamsberg, et la « déesse polyvalente » Retancourt s’enfonce de plus en plus dans le scepticisme quant aux méthodes de son commissaire -lesquelles manquent en effet de transparence.

Adamsberg peut agacer mais je le trouve assez attachant, avec sa manie de « pelleter les nuages », son côté bourru et totalement décalé avec l’univers dans lequel il évolue, qui apporte tout son charme aux enquêtes.

Les thèmes de la folie et de la superstition sont très bien exploités, et permettent de maintenir le suspens jusqu’au final inattendu. Un choix de lecture que je ne regrette vraiment pas, et que je recommanderai vivement aux amateurs de polars !

Dans la même série : Un lieu incertain.

L’Armée furieuse, Fred Vargas. Viviane Hamy,2011, 430 p.
8,5 / 10.

 

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