La Sentence de verre, Les Cartographes #1, S. E. Grove.

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Suite au grand Bouleversement, le monde s’est scindé en diverses époques. Les Etats-Unis sont situés dans un XIXe siècle fabuleux, le Groenland est dans la préhistoire, et l’Afrique du Nord dans un temps qui évoque celui des Pharaons. Les Cartographes, super-aventuriers, parcourent le monde afin d’en établir les cartes les plus précises possibles, rêvant de trouver la carta mayor, celle qui permettra de réunifier le monde en une seule époque.
Sophia habite avec son oncle Shadrack Elli, un des meilleurs cartographes qui soit. Elle espère retrouver un jour ses parents, disparus en exploration. Or, le Parlement vote de nouvelles lois afin d’empêcher les gens de circuler d’une ère à l’autre, de quitter les États-Unis, ou d’y rentrer. Ce qui bloque définitivement les parents de Sophia … 

 

Voilà un roman à l’univers pour le moins original ! Pas de failles spatio-temporelles, mais des sortes de frontières entre différentes époques. Ainsi, entre New-York et les états d’Amérique du Sud, il peut y avoir plusieurs siècles de décalage.

Sophia vit seule avec son oncle, un cartographe de renom, et aborde une époque troublée. Alors que, jusque-là, chacun était libre de circuler à sa guise, le gouvernement décide de fermer les frontières aux gens issus d’autres Âges et, progressivement, à tous ceux n’ayant pas les papiers adéquats. Une décision qui entre douloureusement en écho avec l’actualité. Mais les problèmes ne s’arrêtent pas là pour Sophia puisqu’il semblerait que son oncle ait été enlevé. La voilà partie sur les routes, flanquée de Theo, un jeune homme issu d’un autre âge, dont elle ne sait pas exactement si elle peut lui faire confiance.

Côté personnages, on suit donc essentiellement la paire Sophia-Theo qui en verra des vertes et des pas mûres. La relation entre les deux personnages est intéressante et bien construite – d’autant que l’auteur ne cède pas aux sirènes de la romance, alleluia.
Autour d’eux gravitent plusieurs personnages secondaires, dont une majorité de femmes (dans les opposants comme dans les alliés). Voilà qui change agréablement ! Pourtant, si les personnages sont charismatiques, ils sont aussi un peu trop manichéens pour être honnête : les gentils sont vraiment gentils et les méchants… eh bien sont vraiment méchants. C’est un peu dommage car ils ont tous une agréable épaisseur, mais elle manque un peu de nuances dans presque tous les cas.

Par ailleurs, si le roman est riche en péripéties diverses et variées, Sophia et ses camarades ont tendance à se sortir un peu vite et un peu facilement de certaines situations problématiques ce qui fait qu’une partie du roman est largement cousue de fil blanc. Dans le même ordre d’idées, la conclusion est attendue et ne surprend guère… Mais, heureusement, le style est fluide, le rythme au rendez-vous : la lecture est donc aussi facile qu’agréable.

Finalement, le gros point fort, c’est l’univers qu’il présente. L’idée des époques très différentes juxtaposées change de l’ordinaire et permet d’amener d’intéressants développements (même si on l’impression que l’idée n’est pas toujours exploitée à fond). En passant d’un Âge à l’autre, Sophia a l’impression de passer dans un nouvel univers dont elle ignore les codes. La vision du voyage est, d’ailleurs, vraiment intéressante. Les deux personnages rencontrent des difficultés somme toute assez banales, mais parfaitement réalistes (problèmes de monnaie, de connaissances, etc.). L’autre originalité réside dans les cartes utilisées, évidemment. Celles-ci peuvent être créées sur à peu près tout et n’importe quoi : papier, bois, cuir, évidemment, mais aussi eau, plantes d’intérieur, oignons, êtres humains… C’est assez fascinant, d’autant qu’une bonne partie du mystère à résoudre repose sur cet aspect de l’univers.
De plus, dans ce monde se croisent des cartographes-aventuriers, des scientifiques faisant tout un tas d’expériences, des pirates, de redoutables combattants… tout est fait pour nous plonger dans un monde où l’aventure est reine et il faut reconnaître que cela fonctionne plutôt bien !

Malgré une opposition un peu trop manichéenne et un récit parfois cousu de fil blanc, La Sentence de verre offre un bon divertissement, facile à lire et très accessible. L’univers est aussi original que passionnant, l’aventure rondement menée et le rythme au rendez-vous. De plus, malgré l’ouverture apportée par la conclusion, on peut se satisfaire de la fin de ce premier tome !

 

Les Cartographes #1, La Sentence de verre, S. E. Grove. Traduit de l’anglais par Romain Police.
Nathan, 2015, 561 p.

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Un commentaire sur “La Sentence de verre, Les Cartographes #1, S. E. Grove.

  1. laurence dit :

    Merci pour ta chronique. Je compte le lire également…

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