Hantise, Les Héritiers de l’Aube #3, Patrick Mc Spare


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 Versailles, 1672. Des lettres saisies au décès de l’officier Sainte-Croix déclenchent un scandale retentissant : poisons, vengeances et messes noires gangrènent la cour de Louis XIV. 
Parallèlement, les Héritiers fraîchement débarqués de San Francisco cherchent la Pierre d’Émeraude. Une affaire de plus en plus ardue : privés des talents d’Alex, passé à l’ennemi, et de Laure, blessée, Alba et Tom ont peu d’espoir de retrouver le joyau grâce à leurs dons balbutiants. Et il n’y pas un seul Primo-Sorcier à l’horizon pour les aider, le comte de Saint-Germain, l’aïeul de Laure, ne naissant que vingt plus tard. 
Mais ce n’est pas le pire : les Fomoré ne sont pas les seuls démons à perpétuer le mal. Les Héritiers vont vite se retrouver avec un Godin de Sainte-Croix spectral de fort mauvaise humeur sur les bras… et prêt à tout pour assouvir son règne de terreur. 

 

Dernière aventure pour nos Héritiers.
Cette fois, l’auteur choisit de leur faire découvrir le règne du Roi-Soleil ; comme dans les deux premiers opus, le contexte historique est très fouillé : l’histoire colle à la chronologie officielle, et on s’y retrouve sans problème. En fait, si ce n’était le voyage dans le temps, on pourrait presque penser lire un roman historique, voire un roman de capes et d’épées très convaincant !
Le décor est, lui aussi, très soigné : on visite Versailles (notamment ses jardins), les souterrains proches, les faubourgs de Paris, la cour des Miracles… Patrick Mc Spare est un artiste du décor : on a parfois l’impression de se déplacer dans un décor de film tant les détails sont soignés, visuels, et réalistes.

Et cette impression cinématographique est renforcée par l’écriture : le style est vif et très visuel. Les péripéties s’enchaînent à bon train, les temps morts sont très rares, et l’action omniprésente, surtout dans le dernier tiers du roman. La lecture est intense, car l’auteur ne nous laisse aucun temps de répit. L’intrigue reste dans la même lignée que celle des premiers tomes : les Héritiers courent toujours après la Pierre, laquelle continue de se réfugier loin d’eux. Il n’y a donc rien de bien neuf à se mettre sous la dent. Si ce n’est que, cette fois, Hermès et ses camarades Fomoré ne sont pas les seuls à barrer le chemin de nos protagonistes : un autre être démoniaque entend bien faire régner sa loi, tout en récupérant la pierre au passage… on retrouve donc le même schéma que dans les tomes précédents, l’identité de l’opposant différant seulement. Ce qui m’a parfois laissé la désagréable impression que la quête de la Pierre d’Émeraude n’était, finalement, qu’un prétexte à faire découvrir différentes époques, découvertes auxquelles s’additionnaient quelques démons en goguette… Du coup, au lieu de lire une aventure de voyages temporels, on lit plutôt un roman d’aventures se déroulant à diverses époques ; ce qui est loin d’être désagréable, mais pas tout à fait ce à quoi je m’attendais.
L’avantage, c’est donc qu’on ne s’ennuie pas : outre la recherche de la pierre, il faut éviter l’esprit frappeur, déjouer un complot de satanistes, retrouver Hermès et son allié fort inattendu, et empêcher tout ce petit monde de nuire. L’intrigue est complexe à souhait, et si fournie qu’on a de quoi s’occuper !

Le gros point fort de cet opus, c’est l’attention accordée aux personnages. Ils sont particulièrement malmenés dans ce volume, ce qui leur permet de se révéler pleinement – notamment Tom et Alba. Mais le personnage le plus fouillé est sans aucun doute Alex : tantôt comique – son sens du sarcasme n’a pas disparu avec Hermès – tantôt émouvant, le jeune homme est un personnage complexe. On appréciera notamment les remarquables scènes d’introspection face aux miroirs… elles sont à la fois glaçantes et magistrales !

Hantise vient conclure une trilogie bourrée d’aventures, d’actions, et avec laquelle on ne s’ennuie pas. Si je suis un peu restée sur ma faim concernant les voyages temporels (les Héritiers n’étant, finalement, que des pions dans l’échiquier de Merlin), j’ai eu mon comptant de rebondissements et péripéties en tous genres: on lit finalement l’histoire plus pour savoir ce qu’il va advenir des personnages, que pour retrouver la filante pierre d’Émeraude. D’autant que ce tome 3 est riche en révélations, et qu’on le termine avec quelques questions : qu’adviendra-t-il du Tom du futur que l’on a croisé, par exemple ? Et que deviennent les Héritiers après leur départ de l’île ? Mystère… Mais pas un mystère qui laisserait le lecteur sur sa faim, rageant contre une conclusion bâclée. Loin de là ! La fin est ouverte, laisse place à l’imagination, certes, mais conclue parfaitement l’ensemble de l’histoire… et laisse rêver le lecteur. Que demander de plus ?
Une série à conseiller aux amateurs de récits historiques fouillés, d’aventures hautes en couleurs, et de sensations fortes !

 

◊ Dans la même série : Le Septième sens (1) ; Des Profondeurs (2).

Les Héritiers de l’Aube #3, Hantise, Patrick Mc Spare. Scrinéo, 2014, 399 p.

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Merci à Livraddict et aux éditions Scrinéo !
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4 commentaires sur “Hantise, Les Héritiers de l’Aube #3, Patrick Mc Spare

  1. Cette saga me tente vraiment de plus en plus 🙂

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  2. Lupa dit :

    Les trois derniers arguments / ingrédients que tu cites me laissent penser que cette recette pourrait bien me plaire ^^

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