La Voie du Cygne, Laurent Kloetzer.

 

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Dans la cité de Dvern, capitale du Domaine, règne l’effervescence : Jeophras Denio, le génial et fantasque inventeur, aurait mis au point un merveilleux engin capable – en théorie – d’imiter le vol des oiseaux !
Mais Dvern est soudain en deuil : le prince Nerio de Lethys, cousin de la famille royale, a été assassiné. Et tout accuse Carline, la fille adoptive de Jeophras. Comment l’innocenter ? Dans cette ville perverse aux mille intrigues, où chacun dissimule de sombres secrets, s’improviser détective n’est pas une mince affaire.
Une enquête en forme de labyrinthe s’engage, où Jeophras devra suivre les règles tortueuses d’un jeu de l’oie grandeur nature. Où il devra emprunter la difficile voie du cygne…

On connaissait les romans dont la structure est basée sur le jeu d’échec.
Sur le jeu de l’oie, en revanche, c’est plus rare. C’est pourtant le pari un peu fou qu’a pris ici Laurent Kloetzer, et qu’il a admirablement tenu !

Construit comme le labyrinthe de Dédale, le roman tient en haleine tout du long: les cases et combinaisons de dés les plus remarquables figurent les chapitres de cette enquête policière en forme de course contre la montre… elle-même fortement inspirée du jeu de l’oie. Les personnages se démènent, courent en tous sens d’un indice à l’autre, et tentent de se dépêtrer du guêpier dans lequel ils se sont fourrés, découvrant au fur et à mesure à quel point ils peuvent être les dindons de la farce.

De la jeune et belle fille fougueuse au galopin des rues effronté, en passant par l’inventeur aux idées loufoques et au trio décadent et arrogant d’altesses princières, on découvre une galerie de personnages tout aussi attachants que particuliers et dont les caractères sont bien dessinés.

Jonglant avec cette enquête effrénée semblant se dérouler au son des dés, les souvenirs pas toujours heureux de l’enfance des princes et le récit de la nuit fatidique, l’auteur trimballe subtilement son lecteur d’un indice à un autre, mêlant ambiances, informations et époques.

Mis à part un langage parfois inutilement ordurier (mais qui colle bien au personnage concerné) et une vision très décadente de l’aristocratie (cœurs sensibles s’accrocher), c’est un roman passionnant qui nous plonge tantôt dans l’enquête trépidante, tantôt dans l’horreur de la folie humaine, que l’on ne peut s’empêcher de contempler avec une certaine fascination, très certainement due à la plume efficace de l’auteur. L’auteur nous livre ici une fantasy originale, fondée sur la Renaissance – d’inspiration peut-être italienne ? On verrait sans souci Léonard de Vinci surgir entre deux pages, tant les inventions techniques hors du commun ont leur importance – mâtinée d’éléments plus classiques parfaitement intégrés et adaptés pour les biens de la fiction.

 Un roman dont j’ai beaucoup apprécié la lecture, quoique la contemplation des turpitudes de la folie humaine ait parfois été quelque peu ardue, tout en restant parfaitement juste et bien dosée.

 

 Laurent Kloetzer, La Voie du Cygne. Editions Mnémos, 1999, 320 p.
8/10

 

Un commentaire sur “La Voie du Cygne, Laurent Kloetzer.

  1. […] chronique de Sia, sur son blog Encres et Calames. Elle apporte notamment un éclairage intéressant sur l’inspiration Renaissance italienne du […]

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