QUESNE, Didier. Dragonne.

dragonne.jpg

 

 

 

Enfant unique, Lilith de la Queyrie grandit dans le château de ses parents. Son caractère irascible et rebelle l’empêche d’apprécier les trop rares distractions que lui offre sa condition de jeune aristocrate. Même ses nombreux soupirants n’arrivent pas à la sortir de son mal-être permanent.

Mais le jour où elle se voit, en rêve, survoler des paysages grandioses et éventrer des bêtes sauvages pour s’en repaître, on lui fait comprendre que quelque chose de mystérieux l’appelle au fond d’elle-même. Les anciennes légendes sur la race disparue des dragons s’imposent alors à son esprit…


Le roman débute in medias res: l’auteur nous épargne les longs chapitres d’exposition, et nous catapulte dans une situation potentiellement explosive (entre la mère et la fille), qui nous oblige à prendre très rapidement nos marques.

Les protagonistes sont rapidement introduits dans le récit, si bien qu’on n’est pas surpris par l’arrivée inopinée d’un nouveau personnage. Certains ne sont pas physiquement présents, ni même nommés, mais leurs actions rejaillissent sur la situation et leur importance est clairement définie et démontrée.

Le récit nous permet de situer l’action peu ou prou après les guerres napoléoniennes; contrairement à grand nombre de récits de fantasy, on n’a donc pas affaire à un environnement médiéval.
Par ailleurs, et c’est important, la situation présentée n’est pas unique, rompant avec les codes du genre (un héros unique qui doit sauver le monde). L’auteur développe une thèse intéressante sur la naissance des dragons et sur leurs caractères (vous verrez des dragons-légumes et d’autres plus conformes à l’image qu’on en a d’habitude!) et y introduit également la question des relations hommes-femmes.

La fiction va droit à l’essentiel et ne se perd pas dans des circonvolutions annexes. Les caractères des personnages  et leurs réactions sont parfois décalés, mais toujours justifiés.
On assiste, certes, à une lutte entre « gentils » et « méchants » mais ce qui est intéressant, c’est que chacun ne reste pas confiné dans son rôle et est capable d’actions contradictoires avec son statut. Les protagonistes, œuvrant pour le Bien, sont capables d’actions clairement discutables et laissent s’exprimer leurs mauvais penchants. On n’a donc pas de lutte entre deux factions statiques, et la place est laissée aux faiblesses de chacun, ce qui donne aux personnages une dimension très humaine et réaliste.

 Enfin, l’intrigue est nettement plus développée que ne laisse le supposer la quatrième de couverture ce qui est un aspect non négligeable!

Un léger bémol toutefois: beaucoup de fautes de frappes et d’orthographe dans le texte qui gâtent un peu la lecture…

 

 

 

« Et au loin, par-delà les brumes vaporeuses, traversant les lacs sombres et endormis, se jouant des ombres malignes semées par la Lune, un chant. Suave. Sombre et mystérieux, trouble et envoûtant, rejoignait le corps inanimé encore, berçait le profond sommeil, créait des rêves de matins clairs et parfumés, allumait de troublantes envies inavouées dans l’éloquent silence de la nuit éclatante.

Elle s’éveilla. »


  • Didier Quesne; Dragonne.
  • Editions: Nestiveqnen, 2002; 288 pages.
  •   fantasy
  • 6,5/10.
Publicités

Mettre son grain de sel

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s