Mage de bataille #1, Peter A. Flannery

Falco Danté est un gringalet souffreteux, dans un monde médiéval en guerre, peu à peu conquis par l’infernale armée des Possédés. En plus de son état maladif, Falco est méprisé : son père, qui fut un immense mage de bataille, a sombré dans une folie meurtrière et tué beaucoup d’innocents. Depuis, Falco est assailli de cauchemars et assez mal vu par ses concitoyens, qui rejettent sur le fils la faute du père.
Mais l’heure n’est pas aux ruminations : Caer Dour, où vit Falco, est en liesse car un enfant du pays, fraîchement intronisé mage de bataille, revient. Objectifs : invoquer son dragon et stopper net l’avancée de l’armée démoniaque qui menace la cité. Or, Falco fait rater l’invocation… et met en péril toute la population. Ce qui n’arrange pas du tout sa réputation…

Mage de bataille fait partie du trio de lancements de la jeune collection Albin Michel Imaginaire, aux côtés d’un roman fantastique et d’un autre de science-fiction. Sans surprise, Mage de bataille fait donc partie du troisième genre gagnant : la fantasy.
J’ai volontairement raccourci le résumé officiel, que je trouvais un tantinet trop bavard et gâchant quelque peu le plaisir. Celui-ci ne fait donc qu’évoquer l’amorce du récit et ne reflète pas tout à fait ce que contient l’intrigue !
Celle-ci offre clairement deux parties. La première, très sombre, nous plonge dans un pur roman de fantasy héroïque : l’armée des démons est aux portes de la cité, la guerre est là et il ne reste pas vraiment d’autre solution que la lutte armée. Scènes de batailles épiques, fuites éperdues, solutions de dernières minutes et autres petites trahisons se succèdent donc à bon train et offrent au récit un rythme assez haletant. La seconde partie, quant à elle, joue plus sur les codes du récit initiatique, Falco étant obligé de se former, tout comme ses camarades – dont on imagine qu’ils tiendront tous la vedette dans le second tome. Là encore, on suit les grandes lignes du récit de fantasy avec mentor, formation, héros esseulé, forts opposants, découvertes de soi, surpassement, etc.

Ainsi, on ne peut pas vraiment dire que l’intrigue fasse preuve d’une folle originalité, ni dans sa structure, ni dans l’univers qui, pour plaisant qu’il soit, rappelle fortement l’Europe médiévale (déjà fort sollicitée en fantasy). Néanmoins, c’est un cadre que j’aime bien retrouver de temps en temps en fantasy et comme cela faisait un moment que je n’en avais plus lu puisant dans cette inspiration, cet aspect familier m’a bien plu. On le retrouve dans les mœurs, dans les noms et surtout dans les langues vernaculaires pratiquées par certains personnages – rien d’insurmontable, rassurez-vous, ces quelques lignes de dialogues sont assez transparentes.
L’autre point qui m’a plu, c’est la présence des dragons, ici utilisées comme montures de guerre. J’ai aimé toute la mythologie qui tourne autour et le mystère qui subsiste autour des dragons noirs – ceux qui deviennent fous. J’espère en apprendre plus dans la suite !

Du côté du style, il est indéniable que Peter A. Flannery maîtrise les codes du récit fantasy : tout est là où il faut, comme il faut et, si l’ensemble manque un peu de suspense, le récit est suffisamment fluide pour être entraînant.

En somme, un roman que je n’ai trouvé ni mauvais, ni génial, mais je pense que je n’étais pas tout à fait le cœur de cible ! Si j’ai un peu traîné sur ma lecture par manque de surprises, c’est un roman que je conseillerai volontiers aux lecteurs débutants ou peu aguerris dans le genre. L’univers est en effet clairement situé, les personnages nettement caractérisés (et parfois un peu clichés), le but bien établi et l’intrigue menée à rythme confortable. De plus, le mélange des récits héroïque et initiatique fonctionne fort bien, d’autant plus avec les dragons dans l’équation. Ce n’était pas la révélation de l’année, mais j’ai tout de même passé un bon moment avec ce titre !

Mage de bataille, tome 1, Peter A. Flannery. Traduit de l’anglais par Patrice Louinet. Albin Michel (Imaginaire), septembre 2018, 537 p.
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