Zombitions, Aurélie Mendonça.

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Depuis le début de l’humanité, la fine fleur des guerrières, les Nécrocides, contrecarrent les Maîtres Zombies dans leurs plans de domination du monde. Jusqu’à la dernière génération, les lignées de tueuses s’en sortaient plutôt bien, et aucune Apocalypse ne fut à déplorer.
Puis arriva Evangeline Rose.
Née dans une famille où se sont brillamment illustrées toutes les précédentes tueuses, Evy peine à marcher dans leurs pas. Ne devant sa survie qu’à une chance insolente, c’est pourtant sur sa génération que va peser le plan final des Maîtres. Pour son plus grand malheur, elle devrait mettre de côté shopping et écriture de romans pour se consacrer à la mission qui fait d’elle une Nécrocide.
Mais allez sauver le monde avec un Microbe dans le tiroir.

 

Zombitions, ou comment mêler zombies et chick-litt. Le mélange est un peu improbable, mais pourquoi pas ?
Evangeline Rose, Nécrocide tueuse de zombies de son état, ne rêve qu’aux fringues qu’elle va pouvoir s’acheter, et pense aux romans qu’elle va écrire entre deux hordes de zombies. Malheureusement, le mélange des genres n’est pas toujours des plus heureux.

Le roman alterne entre narration à la troisième personne, et extraits du journal de bord d’Evangeline Rose, dite Evy. L’ennui, c’est qu’on ne comprend pas toujours l’intérêt d’une telle alternance : certains événements sont brutalement tronqués, puis résumés dans le journal, tandis que certains événements sont narrés, puis repris dans le journal. Le rythme, du coup, s’en ressent : les actions manquent parfois de détails ou les découvertes d’explications (l’attaque dans le funiculaire ? Le voyage dans le Sud ? Les bébé-miroirs ?) tandis que d’autres passages sont d’une longueur… insupportable. C’est répétitif, on tourne en rond … le journal est atrocement bavard (et bourré de fautes de typographie…). De plus, le mélange des thèmes n’est pas toujours très heureux ; ainsi, le métier d’auteur d’Evy prend quasiment autant de place que ses expériences de tueuse de zombies : c’est trop, et on ne voit pas bien le rapport avec l’histoire, bien que cela apporte un côté original à l’histoire. Certes, Evy écrit des romans de zombies et espère ainsi éduquer les masses avant l’Apocalypse, mais est-il pour autant nécessaire de s’appesantir sur le NaNoWriMo auquel elle participe, de détailler encore et encore comment elle espère être entendue, et de revenir à nouveau sur son expérience d’auteur ? Non. Un simple paragraphe aurait suffi ; on a l’impression que ce rôle est plus important que d’éradiquer les zombies, ce qui est un peu dommage quand on est la tueuse officielle.
En fait, Zombitions n’est pas, comme je le pensais, un roman de zombies  : c’est un roman avec, vaguement, des zombies dans le fond, mais qui se concentre sur autre chose la majeure partie du temps. Les zombies n’interviennent, finalement, qu’à la fin et, une fois arrivés là, il nous manque des explications ou des approfondissements pour réellement profiter de l’aventure. Un parti-pris pas inintéressant, mais qui ne m’a pas convaincue.

D’autant que l’ensemble est plutôt attendu… L’héroïne est célibataire donc, forcément, elle va tomber sur un beau mec en goguette – et célibataire, la vie est bien faite ! – lequel castagne en plus du zombie. Elle est extrêmement proche de son frère adoptif (beau lui aussi, décidément), coureur de jupons et très insouciant. Inutile que je détaille pour que voyiez comment cela va tourner.
Côté intrigue, il y a (évidemment) une prophétie, qu’Evangeline va (forcément) refuser d’accomplir, ce qui va (inévitablement) entraîner des complications (type séquestration, torture, mort, hémoglobine par barriques). Mais là encore, un peu de détails ne serait pas du luxe ! Evangeline refuse de se soumettre à la prophétie… mais continue sa vie comme avant. On ne ressent pas la fracture entre elle et sa famille (puisqu’elle continue à les voir) et, du coup, la tournure tragique des événements semble tomber comme un cheveu sur la soupe.

Pourtant, l’ensemble aurait pu être génial, car on ne peut ignorer l’aspect éminemment comique de certains passages. Ainsi, le fait qu’Evangeline soit enceinte apporte un décalage rafraîchissant. Entre une horde de zombies, une séance de dédicace, ou un flirt avec Liam, Evy se pose une foule de questions propres aux futures mamans, qui semblent incongrues dans le contexte, mais donnent au roman un aspect très original, résolument moderne et drôle. De plus, l’héroïne n’a pas sa langue dans sa poche, et n’est pas avare de remarques sarcastiques ; on se prête souvent à sourire !

Rencontre ratée, donc, avec Zombitions : trop de bit-lit, pas assez de post-apocalyptique (ou pré-apocalyptique, suivant la chronologie du roman). L’histoire de cette tueuse de zombies enceinte et douée de magie est certes originale, mais le mélange des thèmes et le déséquilibre entre zombies et thèmes éminemment plus frivoles (ces derniers étant majoritaires) rend le roman déstabilisant, et nettement moins passionnant que prévu. 

Zombitions, Aurélie Mendonça. Rebelle, 2014, 245 p. 

 

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Ma famille normale contre les zombies, Vincent Villeminot & Yann Autret.

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Madoloup est une fille plutôt normale, avec une famille plutôt normale, si l’on exclut leurs prénoms. A peine arrivée en vacances avec toute la famille chez les grands-parents en Bretagne, Madoloup se casse inopinément le coude. Ce qui compromet sérieusement son stage de voile, et fait dérailler la belle mécanique des vacances. Mais, à vrai dire, ce n’est pas là que tout a commencé à partir en vrille. 
C’est plutôt quand Mado et ses parents sont rentrés dans l’hôpital, ont trouvé une ville en état de siège, assaillie par des goélands devenus fous qui attaquaient les gens. Pas de chance, Louve, la petite soeur, a été picorée. Et infectée par le virus zombi transmis par les goélands. Et tout a commencé à aller très mal quand il fallu repousser l’attaque des grands-parents, et que les zombis ont commencé à vouloir entrer dans la maison par les toilettes… 

Le nouveau titre de Vincent Villeminot, en collaboration avec Yann Autret, à qui l’on doit les illustrations, s’annonce comme un titre humoristique et décalé, à base de zombies. Et décalé, ce titre l’est.

D’une part car l’histoire tout à fait banale de vacances d’été dégénère sévèrement sans qu’on s’y attende, et qu’on y retrouve tous les clichés du film de zombies : héroïne badass, équipe isolée et surarmée, assaut de montagnes et de montagnes de zombies, chevauchée héroïque… le tout traité sur un mode comique et absurde parfaitement assumé. Et, finalement, c’est là que le bât blesse. L’humour omniprésent est particulièrement potache : si les boutades font mouche au départ, la surenchère ne tarde pas à lasser. Soit il y en a trop, et l’absurdité des répliques devient lourde, soit le titre est trop court pour pousser le concept à fond : on a, du coup, l’impression que l’ensemble est un peu bâclé, et manque d’un petit quelque chose.
Impression renforcée par le texte, qui est très inégal : certains passages sont extrêmement bien écrits (et truffés de mots savants dont l’effet comique est très réussi, mais qui s’avéreront probablement trop recherchés pour un jeune public), tandis que d’autres ne sont que de vagues commentaires des illustrations, donnant l’impression de lire un simple catalogue. C’est vraiment dommage.
Surtout lorsqu’on n’accroche pas spécialement aux-dites illustrations, ce qui a été mon cas. Néanmoins, elles s’inscrivent parfaitement dans la logique du roman, le style collant tout à fait à l’aventure tournée en ridicule.

On regrettera vraiment que le livre soit aussi court, ce qui ne permet pas vraiment de développer les personnages, qui ne sont guère que des archétypes, ou le scénario. Ainsi, le début est assez long (les zombies ne commençant à intervenir qu’aux deux-tiers du roman) et ce qui s’annonce comme le meilleur passage (la lutte héroïque puis la fuite épique), est largement résumé et passé sous silence. La construction des barricades dans la maison est pourtant narrée avec force détails : c’est le meilleur passage du livre, car d’une part on y retrouve tous les fameux clichés et, d’autre part, c’est extrêmement drôle. De plus, certaines péripéties arrivent sans qu’on en voit réellement l’intérêt : ainsi, le secret du père sent légèrement le réchauffé pour qui a lu Instinct, et n’aide pas à entrer dans une histoire qui reste vraiment superficielle, alors qu’elle promettait d’être aussi divertissante que désopilante.

En somme, Ma famille normale contre les zombies a un goût de trop-peu. L’aventure est trop courte et la parodie, pour drôle qu’elle soit, n’est pas poussée à son paroxysme, en raison d’un début trop long par rapport à l’aventure en elle-même, ce qui est un peu dommage. Du coup,on ne rit pas autant que l’on pourrait s’y attendre. Situation qui s’inverse une fois que les hostilités sont réellement ouvertes, tant la parodie est cocasse ; mais c’est vraiment trop court, la majeure partie du récit étant grossièrement résumée. Malgré des illustrations qui renforcent l’aspect décalé, le roman est un poil trop court : c’est cocasse, certes, mais un peu sommaire.

Ma famille normale contre les zombies, Vincent Villeminot & Yann Autret. Nathan, 2015, 100 pages.

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ABC Imaginaire 2015

Feed #1, Mira Grant.

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Été 2014. La médecine a vaincu les rhumes et le cancer n’est plus qu’un mauvais souvenir. Mais elle a créé une chose terrible, que personne n’a su arrêter. Ce qui devait n’être que des remèdes s’est transformé en infection virale, qui s’est propagée à la vitesse de l’éclair sur la planète, le virus prenant le contrôle des cerveaux, laissant à leurs propriétaires une seule obsession : se nourrir. 
2034. Georgia et Shaun Mason, issus de cette génération sacrifiés, sont blogueurs indépendants, les blogs étant devenus les seuls media proclamant la vérité sur ce qu’il se passe dans le monde réel. Shaun est la tête brûlée, Georgia l’âme du duo. Et ils doivent couvrir la plus grosse affaire de leur carrière : la course à la présidentielle du sénateur Ryman. 
Sauf que les magouilles politiques sont bien plus coriaces qu’ils ne le pensaient. Et que faire éclater la vérité pourrait bien s’avérer fatal… 

 

En attaquant Feed, je m’attendais à passer d’affreuses nuits blanches. Je ne m’attendais certainement pas à un coup de cœur !
Car Feed est bien plus qu’une simple histoire de zombies. Dès le début de l’histoire, les zombies sont traités comme une simple donnée de l’univers : cela fait 20 ans que l’infection a eu lieu, et l’humanité fait désormais avec. L’intrigue ne se concentre donc pas tellement sur les scènes apocalyptiques de zombies en goguette boulottant de l’humain (même s’il y en a) mais plutôt sur la vie quotidienne dans un univers totalement bouleversé.
On suit donc une équipe de journalistes, Shaun, Georgia et Buffy, qui vont couvrir la campagne politique du sénateur Ryman, lequel vise la présidence des États-Unis. Car contrairement à la plupart des romans post-apocalyptiques à la mode en ce moment, Feed ne présente pas une société totalement désorganisée, ou ayant sombré dans une organisation liberticide (la dystopie est à la mode) ; l’univers dans lequel vivent Shaun, Buffy et Georgia ressemble, peu ou prou, au nôtre, les zombies et règles de sécurité en plus. La preuve, la course aux primaires (et donc aux présidentielles) se fait à l’ancienne, en visitant les états les uns après les autres, à grands coups de meetings et autres réunions : les véhicules et campements sont simplement plus sécurisés.
Du coup, on est loin du roman d’horreur que l’on lit avec les cheveux dressés sur la tête du début à la fin : c’est nettement plus subtil. L’auteur joue avec la peur des zombies, qui est présente tout au long du texte, comme un péril important, mais souvent lointain (la plupart du temps, du moins). Mais lorsqu’il y a confrontation avec les morts-vivants, on est fouettés à l’adrénaline, ce qui contraste avec la légère appréhension que l’on ressentait jusque-là, et démultiplie l’effet : c’est diablement efficace.

Les personnages sont extrêmement attachants : le duo Shaun-Georgia fonctionne extrêmement bien avec, d’un côté, la tête brûlée, l’aventurier baroudeur et, de l’autre, la femme d’affaires (dit comme cela, ça semble un peu cliché, mais l’auteur décrit avec une grande justesse leur relation leurs caractères. C’est brillant !). Autour d’eux gravitent des personnalités attachantes : Buffy, l’informaticienne poète, Rick, le journalise, le sénateur Ryman, son épouse Emily, les divers gardes du corps… Les personnages sont tous complexes, très travaillés, attachants et particulièrement crédibles, même si la froideur des blogueurs est parfois un peu forcée. Néanmoins, c’est vraiment autour de ces personnages qu’est construite l’histoire. Finalement, Feed est une histoire très humaine, dans un univers quelque peu déshumanisé.

Le décor, de son côté, est très consistant : anecdotes, jurisprudences, petits faits de la vie quotidienne viennent dessiner un univers riche, complexe, et pensé dans les moindres détails. C’est aussi ce qui fait que le roman est aussi prenant : tout est tellement détaillé (et sans être plombant pour deux sous) que l’on s’immerge totalement dans l’histoire.
L’intrigue est l’occasion d’égratigner quelque peu (et intelligemment) la politique (ses magouilles, ses compromissions) et le journalisme (pour les mêmes raisons). Les personnages étant des blogueurs, il va évidemment être question des blogs dans les médias, avec tous les à-côtés que cela comprend : course à l’audimat, recherche de rédacteurs compétents, rédactions de billets percutants, le tout au service de la vérité. Ces points sont clairement expliqués, mais prennent parfois un peu trop de place, et introduisent quelques longueurs dans le roman, heureusement vite dissipées. De plus, on déplorera que l’opposition blogs/média traditionnels soit un peu manichéenne (les premiers étant purement objectifs, les seconds totalement subjectifs).

Plus l’histoire avance, plus la tension monte : la campagne politique cache de sombres agissements, et on comprend rapidement que le fin mot de l’histoire pourrait ne pas plaire à tout le monde. Plus que dans un roman d’horreur, on est dans un véritable thriller politique, mené de façon redoutable, et à l’intrigue très efficace. Si l’ultime révélation n’est pas particulièrement surprenante, on profite tout de même à fond de l’histoire, tant elle est bien menée. Car l’auteur sait alterner passages purement informatifs, scènes quotidiennes, enquête, billets de blogs, découvertes retentissantes, séquences émotion, et péripéties haletantes. Pas le temps de souffler, le rythme est savamment entretenu, et le lecteur est rapidement captivé ! Le roman est assez angoissant… alors que les zombies ne sont là qu’en toile de fond : il vaut mieux se méfier des humains et de leurs mensonges, un point de vue que l’auteur démontre parfaitement tout du long.

En bref, voilà un roman excellent à tous points de vue : certes, il y a quelques longueurs, et les personnages sont parfois un peu trop froids pour être honnêtes. Mais le reste est tellement bon qu’on oublie rapidement ces désagréments. Feed est angoissant à souhait (alors que les zombies et scènes d’horreur sont, finalement, peu présents) ; on nage en plein thriller politique, et celui-ci est diablement efficace. Le style est fluide à souhait, et l’auteur varie les scènes avec talent. De plus, elle donne à voir un univers d’une richesse incroyable, et fait passer le lecteur par toute une palette d’émotions : vraiment, c’est excellent. 
Au vu de la fin, je suis extrêmement curieuse quant à la suite : si le tome permet de clore cette histoire, on sent que l’univers a encore des ressources. Et j’ai hâte de découvrir lesquelles.

◊ Dans la même série : Deadline (2) ; Red Flag (3).

Feed #1, Feed, Mira Grant. Traduit de l’anglais par Benoît Domis. Bragelonne, 2012, 450 p.

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Texas Zombies : ou comment pimenter le Réveillon

Dans un mois, c’est Noël. Si vous n’avez pas commencé votre liste de courses, c’est le moment de s’affoler.

Si, vous aussi, vous désespérez quelque peu à l’idée du sacro-saint repas de famille, celui qui vous permet de voir vos arrières-petits-cousins une fois l’an, et dure au bas mot cinq heures entre l’apéro et le gâteau, pas de panique. Voilà un petit jeu qui 1) serait du plus bel effet sous le sapin, 2) pimentera allègrement tout repas de famille à l’heure de la digestion (2 étant la conséquence immédiate de 1, évidemment). J’ai nommé :

Texas Zombie

Qu’est-ce que c’est ? 

Un jeu ne nécessitant aucune installation, compétence, ou possession particulière, hormis une imagination sans borne, et une langue acérée. Un jeu qui prend trois minutes à mettre en place (le temps d’ouvrir la boîte, de mélanger et distribuer les cartes, voire de sortir chaises, chocolat et champagne !), et vous pouvez envoyer la partie.

Voici l’histoire :

Un groupe d’étudiants de l’Université du Texas, dont vous faites partie, se rend dans un complexe militaire désaffecté au cœur du désert. Une sortie pédagogique comme tant d’autres… jusqu’à ce qu’ils arrivent sur place.

La base est devenue le repaire de narcotrafiquants mexicains qui, par soucis d’économie et de productivité, emploient une main d’oeuvre bon marché et toujours pleine d’entrain : des zombies !

Entre cette horde morte et vivante armée jusqu’aux dents et d’autres abominations autant diverses qu’avariées qui se sont perdues dans ce lieu maudit, serez vous capable de survivre ?

 

Bref, vous êtes mal barrés. D’autant que les situations peuvent aussi bien faire intervenir les gens du cartel, vos camarades, des zombies, ou tout ça à la fois. Ou des trucs totalement improbables.
Vous démarrez avec trois objets en main, tirés au sort parmi les 50 à votre disposition, allant de la très utile tronçonneuse, à la moins utile boîte à musique,en passant les lunettes de soleil.
À votre tour, vous piochez une carte événement ; le dos de la suivante, sur la pioche, vous annonce combien d’objets vous avez le droit d’utiliser.

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Ici, vous devez donc convaincre votre copine que cette bimbo dénudée qui vous saute dessus n’est qu’un regrettable malentendu. Avec un révolver. J’ai déjà entendu ce qu’il pouvait se faire de plus trash sur cette situation, donc n’ayez pas peur de me choquer.

 

Quoi qu'il en soit, ne comptez pas sur vos camarades de jeu. Vous êtes seul à bord.

Darwin Dragons, ou Bêta Lambda? Seule la fin le dira !

Vous déroulez donc votre petite aventure – vous n’avez que quelques secondes pour y réfléchir – et vos camarades de jeu doivent dire s’ils valident ou non votre histoire. Si oui, vous gagnez un point, si non, tant pis pour vous. À la fin du jeu, on découvre les cartes équipe, et celle qui a remporté le plus de points, remporte également la partie. Évidemment, personne ne sait qui sont ses coéquipiers jusqu’à la fin !

Petite mise en situation ? Soyons fou. J’ai pioché une situation en préparant cet article. J’ai été sympa, je vous ai laissé trois objets. À vous de me faire part de votre petit scénario en commentaire !

Alors, vous préférez échapper à une horde de zombies, ou vous dépêtrer de votre moitié et de la bimbo ?

Une situation avec beaucoup de zombies, et beaucoup de « pas de chance ».

Voici l’histoire : «Après une course effrénée, vous vous retrouvez sur le toit du bus, face à une horde de zombies. Comment allez-vous vous en sortir ? ». 

Allez, épatez-moi !

Vraiment, j’aurais dû vous laisser seuls face aux zombies et l’ordinateur portable !

Et vous avez droit au nunchaku, à l’ordinateur portable et au cintre. Ne râlez pas, j’aurais pu piocher le chat ou la banane.

À vos méninges ! 

 

Petites infos qui vont bien : Texas Zombies, un jeu de Ryo Kawakami, illustré par Stéphane Gantiez, design signé Ian Parovel. Edité par Moonster Games, 2012.
Contient 30 cartes événement, 50 cartes objet, 6 cartes équipe.
De 3 à 6 joueurs, recommandé au-delà de 14 ans. La partie excède rarement 15 minutes.

 

Ceci compte évidemment dans l'épopée zombies menée par Cornwall.

 

Mon ami le zombie, Vincent Malone & Miré

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«Petit, j’étais souvent triste. Je restais assis, des heures, des jours, tout seul, comme ça… À me raconter des histoires. Des histoires de zombies. J’écoutais bien les bruits (les zombies essaient toujours de te manger par surprise). Mais je n’ai rien entendu du tout avant mon zombie. Mon zombie est tombé, pouf, juste à côté de moi… Et ça m’a bien surpris !»

C’est totalement par hasard que notre protagoniste se retrouve encombré d’un zombie. Et un zombie qui a faim, par-dessus le marché. Or, comme chacun sait, un zombie, quand ça mord quelqu’un, eh bien ça le transforme immédiatement en zombie. Pas pratique, donc, et surtout pas très engageant. C’est pourquoi notre protagoniste va diriger son zombie vers tout un tas de bestioles (veau, vache, cochon, couvée…) qui se transforment en autant de zombies aux bras ballants.

Puis arrive l’heure de rentrer à la maison… avec un zombie, qui devient rapidement un ami, un confident, un compagnon de jeu de tous les instants. Un compagnon qui ôte la tristesse et rend les journées moins longues, et nettement plus amusantes. Évidemment, un zombie à la maison, ça demande quelques précautions d’usage, parmi lesquels quelques kilomètres de corde et plusieurs rouleaux de ruban adhésif.

Le centre de l’album présente donc un manuel de survie en cas de colocation avec un zombie : que faire, comment se comporter, quelles astuces mettre en oeuvre. C’est à la fois drôle, bien pensé, et surtout bien mené. Le cahier est dessiné par le personnage principal, et les observations ont la fraîcheur de la candeur enfantine.

Le trait de Miré est parfaitement adapté au récit : le dessin retransmet merveilleusement les émotions véhiculées par l’histoire, et les couleurs sont judicieusement choisies. C’est un vrai plaisir à regarder !

Alors, un album avec des zombies pour un enfant ? Eh bien, pourquoi pas. Parce qu’ici, ce qui compte, ce n’est pas tellement qu’il y ait un zombie dans l’histoire (le côté horrifique est assez léger, et l’histoire loin d’être effrayante). Non, ce qui compte, c’est bien l’amitié qui va se nouer entre les deux personnages, malgré l’extrême différence qui les oppose.

Mon ami le zombie est une belle histoire d’amitié par-delà les différences, une histoire de confiance. La fin de l’album est extrêmement poétique et devrait plaire aux petits comme aux grands. Alors si vous voulez une première lecture de zombies, vous savez désormais où chercher !

 

Mon ami le zombie, Vincent Malone (textes) & Miré (dessins).
Seuil Jeunesse, 2014, 64 p.
À partir de 6 ans.

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Reset, Amy Tintera

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Wren 178 n’est plus la même depuis que Callum 22 est arrivé. Son insensibilité semble être morte avec sa capacité à occire son prochain les yeux fermés. Pire, Wren s’est rebellée contre la SHER, pour les beaux yeux de Callum. Ayant fui le complexe d’Austin en compagnie d’Addie 39 et des autres Reboots, ils envisagent de vivre une vie paisible dans la réserve des Reboots dissidents. Du moins jusqu’à ce qu’ils comprennent les plans de Micah 163 qui les y a accueillis, et qui projette d’anéantir les humains. Callum s’y oppose et veut les protéger. Wren, elle, se moque des humains et préférerait simplement se tenir à l’écart du conflit. Mais il va falloir se décider, avant que Micah ou la SHER ne fasse des choix regrettables… 

Le premier tome de Reboot présentait un bon univers post-apo, et des personnes se posant d’intéressantes questions, mais tout y allait un peu vite. Ce second tome prend son temps, creuse les points précédemment évoqués et s’avère donc meilleur que le précédent !

Wren continue de se poser des questions, et on retrouve le motif précédemment esquissé de la créature froide et désintéressée qui finit par se questionner et découvrir qu’elle n’est pas si inhumaine qu’elle le croyait : c’est un parti-pris intéressant et, surtout, c’est bien amené, même si parfois les personnages semblent un peu manichéens. En effet, c’est Callum qui pousse Wren à se poser des questions, et leurs points de vue sont opposés. Mais, dans la mesure où l’on nous explique que Callum, avec ses vingt-deux petites minutes de latence entre son décès et résurrection, est plus proche d’être un humain que d’un véritable Reboot… eh bien cela passe aisément, et on comprend que les cent soixante dix-huit minutes de Wren la rendent si froide.
Le premier tome était extrêmement rapide et un peu superficiel : l’action démarrait alors que l’histoire n’était pas totalement installée, et tout allait à cent à l’heure, sans réels approfondissements. Ici, l’auteur corrige le tir. D’une part parce que les questionnements de Wren et Callum sur eux-mêmes, eux-deux, et leur action sont détaillés, alimentés par les réflexion de l’un et de l’autre, et servent le récit. L’évolution des personnages prend son temps, et découle assez logiquement de leurs comportements.  Ce tome fait donc la part belle aux deux protagonistes qui se dévoilent nettement plus que dans le premier opus, notamment dans la seconde partie, lorsque l’un et l’autre se retrouvent séparés (et qui est probablement la meilleure).
Globalement, la romance est bien menée, même si parfois elle semble un peu trop guimauve par rapport au contexte. Point hautement appréciable : elle ne prend pas le pas sur l’histoire. C’est donc une véritable aventure se déroulant dans un contexte post-apocalyptique soigné, et dont découle une histoire entre deux personnages… et non l’inverse.
Et les personnages secondaires ne sont pas en reste : Addie est plus travaillée que dans le premier tome (notamment dans ses relations aux autres, ce qui est vraiment agréable), les Reboot de la réserve et les humains rencontrés offrent également une belle galerie.

Les rebondissements s’enchaînent à belle allure : le récit est très rythmé, parfois trépidant, et les rebondissements variés. Complots, trahisons, tout cela s’enchaîne à bon rythme, et surtout avec une belle mécanique, alors que dans le premier tome tout semblait vraiment superficiel. Certes, l’intrigue est assez classique, mais comme dans le premier volume, on suit avec plaisir les personnages, et on attend de voir où tout cela nous mène. Cependant, on aurait apprécié plus de difficultés. Par moments, on a l’impression que Wren, Addie et Callum volent par-dessus les obstacles sans aucun problème, et que rien ne leur résiste… et c’est un peu dommage.

Autre bon point : cette fois, c’est que le rapport de force semble avoir changé de camp. Dans le premier volume, les Reboots terrifiaient les humains (surtout lorsqu’ils essayaient de les manger, à vrai dire) et, cette fois, on se rend compte que les humains (et pas seulement la SHER) sont particulièrement dangereux pour les Reboots, vu qu’ils essaient de les éliminer. Généralement, c’est plutôt la créature surnaturelle, le prédateur, et ici on se situe dans un rapport inversé : cela change !
D’autant que l’on retrouve certains points évoqués dans le premier tome : les expérimentations effectuées sur les Reboots, qui les rendent plus vulnérables… ou plus gourmands en chair fraîche. Le roman flirte avec l’horreur, installant de temps en temps une ambiance un peu glauque et angoissante, mais malheureusement sur peu de pages : on aurait aimé frissonner encore plus !

Reset clôt la saga en beauté, en corrigeant une bonne partie des manques du premier tome. Si l’on aurait aimé plus de difficultés pour nos personnages, et plus d’horreur (car ces zombies restent tout de même extrêmement civilisés, il faut le reconnaître), on apprécie que l’auteur ait bien travaillé l’évolution de ses personnages. Ceux-ci se posent d’intéressantes questions qui permettent d’approfondir leur psychologie, et de questionner le rapport monstre/humain, un point d’intérêt bien mis en valeur ici. 
Alors, cette série ? Si vous aimez moyennement les zombies, lisez-la. C’est une intéressante variation autour du thème, les parties les plus trash en moins. Si vous aimez les aventures dans des univers post-apocalyptiques, lisez-la également ! Enfin, si vous appréciez les personnages travaillés, avec une intéressante évolution, n’allez pas plus loin ; passé le premier tome encore un peu faible, ce second volume devrait vous conquérir !

 

◊ Dans la même série : Reboot (1)

 

Reset, Reboot #2, Amy Tintera. Editions du Masque (MsK), 2014, 309 p.


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In the after, Demitria Lunetta.

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Amy est devant sa télévision quand le pire se produit, quand ILS attaquent. New York, Paris, Tokyo… Des créatures verdâtres et sans pitié déferlent, et dévorent les humains. Personne ne sait d’où ils viennent mais une chose est sûre : la population de la planète décroît dramatiquement en quelques jours à peine. À l’abri de la grille électrifiée de sa maison, Amy parvient à leur échapper…
Elle qui a perdu tous les siens parvient tout de même à recueillir Baby, une petite fille qui a miraculeusement survécu aux crocs acérés des nouveaux maîtres du monde. Trois ans qu’elles survivent en autarcie, quand d’autres survivants commencent à se manifester. Elles pensent alors que leur enfer est terminé… 

Pour une première lecture à base de zombies, on peut dire qu’In the After a fait très fort. L’«Après», c’est ce qu’est devenu la planète depuis que des créatures toutes vertes appréciant de croquer des humains ont débarqué d’un gigantesque astronef. Aliens, zombies ? On ne sait pas trop, mais une chose est sûre : le régime alimentaire des petits bonshommes verts a causé d’irrémédiables dommages dans la population humaine.
Amy a survécu. Grâce à ses parents, qu’elle trouvait naguère ringards, mais qui avaient eu le bon goût de rendre la maison autosuffisante (merci papa hippie), et parfaitement sécurisée (merci maman parano). Une maison dans laquelle elle recueille Baby, une enfant perdue, comme elle, qu’elle rencontre un peu par hasard,  et à qui elle s’accroche comme à une bouée de sauvetage.

Ensemble, les deux filles mettent au point des stratégies de survie : comment se ravitailler dans le silence le plus complet (car les créatures réagissent au bruit), comment économiser leurs maigres ressources, comment se protéger l’une l’autre. Et surtout comment communiquer. Baby est mutique et, de toute façon, la voix est proscrite. Les filles utilisent alors une langue des signes qui leur est propre, adaptant l’existante, inventant de nouveaux gestes. Du coup, la première partie du livre ne contient aucun dialogue, toutes les paroles étant narrativisées. Ce qui rend le texte d’une fluidité extrême, puisqu’il n’est jamais perturbé par les multiples incises nécessaires au bon déroulement d’un dialogue, et tout à la fois captivant et oppressant, car on imagine sans peine le silence assourdissant qui doit régner sur leur existence, et que l’on se met à sursauter au moindre frôlement. Et si, sur les premières pages, on peut trouver le système narratif perturbant, on s’y habitue très vite, et c’est avec plaisir que l’on adopte cette communication silencieuse.
Le silence est, de fait, un thème central dans ce roman : d’une part parce que c’est le mode de communication privilégié des deux filles ; d’autre part parce qu’entre (rares) survivants, on ne se dit pas tout. La méfiance est reine, les non-dits pullulent, et les secrets sont légion, empoisonnant l’existence avec à peu près autant d’efficacité que les créatures qui attendent dehors – voire plus, pour certains.
On se rend compte assez vite qu’une société en perdition n’a pas moins de secrets qu’une société bien portante.

L’intrigue joue sur l’aspect survie, décliné tout au long des trois parties qui le composent : des expéditions pour trouver de quoi manger aux brèves rencontres avec d’autres (rares) survivants, tout y est. Et le roman pose à nouveau de judicieuses questions : que devient l’être humain lorsqu’aucun cadre ne régit plus ses interactions ? Vu ce qui est présenté dans In the After, rien de très enviable… La survie implique-t-elle des systèmes aux lois drastiques, effaçant l’individu au profit du collectif ? Ce qui est intéressant, c’est qu’on retrouve vraiment le thème de la survie de l’humain dans chaque partie, quoique sous différentes formes, avec des passages tantôt révoltants, et d’autres bien plus émouvants. Finalement, ce n’est pas parce que les personnages semblent être en sécurité que c’est réellement le cas, et l’auteur revient toujours aux thèmes centraux, par des moyens détournés.
Le roman passe par des genres variés, tout du long des trois parties. Si la première est particulièrement axée sur la survie et distille l’horreur au gré des pages, les deux suivantes flirtent allègrement avec la dystopie, en traitant des questions d’ordre plus politique. La narration, elle aussi, est variée, mêlant récit de l’instant et incursions dans le passé et le présent, qui dynamisent une histoire déjà sous tension. Des trois parties, c’est très certainement la première qui est la plus oppressante, à cause du silence qui règne, et de la menace permanente des créatures. La fin du livre est oppressante pour d’autres raisons, mais  de façon nettement moins intense que la première partie. Ceci étant, le récit conserve sa nervosité tout du long, ménageant suspense et ambiance glaçante, et il se dévore sans façons !

L’intrigue est donc haletante et, si les révélations ne s’avèrent pas toujours surprenantes (notamment les dernières), c’est avec autant de curiosité que d’angoisse que l’on découvre l’aventure. La palette de personnages est vraiment excellente : les tenantes de l’affiche, Amy et Baby, sont furieusement attachantes. Amy, courageuse, impulsive, et ne sachant pas toujours faire au mieux pour son bien est une excellente héroïne pour un roman post-apo : le personnage est fouillé, ses choix motivés, et on comprend parfaitement ses raisonnements. Baby, muette, discrète, suivant Amy comme son ombre, est le parfait pendant de l’adolescente qui la prend en charge : c’est un duo extrêmement efficace, original dans sa distribution et qu’on a du mal à lâcher.

In the after est donc un gros coup de cœur : pour les personnages, bien entendu, pour l’ambiance si particulière et au silence tellement angoissant, pour l’intrigue bien menée, et pour les questions que pose le roman. Bien que la fin du premier tome ait permis de résoudre un certain nombre de points (l’opus étant riche en révélations fracassantes), la fin est très surprenante et laisse le lecteur avec une conclusion particulièrement intéressante. In the after est un roman adolescent, post-apocalyptique, avec des zombies, mais c’est bien plus que cela : c’est un roman de survie, avec son lot de trahisons, de déconvenues et de petites joies du quotidien. Un roman sombre et prenant à souhait, émouvant quand il le faut, porté par une palette de personnages très réussis et une intrigue parfaitement ficelée, malgré quelques développements que l’on voit venir, mêlant avec brio l’ambiance post-apocalyptique, le désir de survie, et les interrogations existentielles. En somme, une réussite, et on a hâte de lire le second tome !

 

In the after, premier volume, Demitria Lunetta. Traduction de l’anglais par Maud Ortalda. Lumen, 2014, 409 p.

zombies challenge

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Zombies challenge

J’avais vaguement eu dans l’idée de me pencher sur les zombies pour la session du challenge d’automne. Mais il se trouve que l’idée était déjà prise, et vu que
1) le challenge est nettement plus alléchant
2) le logo est super beau
3) j’ai encore été honteusement poussée à participer (si. Même qu’il y avait DEUX viles tentatrices ! A 50% les mêmes que pour Halloween, sans vouloir balancer. Franchement, comment voulez-vous résister dans ces conditions ?)

je m’y mets et je participe au Zombies Challenge de Cornwall, l’aimable taulière zombie-licorne de La Prophétie des Ânes.

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Challenge qui, soit dit en passant, est hautement combinable au challenge Halloween, ou au Morwenna’s List (diligenté par Cornwall itou).
En plus, vu l’actualité éditoriale du moment, on peut dire que ça tombe à pic. Non ?

Comment ça se passe ? On s’inscrit tout bêtement chez Cornwall.
On notifie nos chroniques au même endroit, ou bien par mail. On orne – évidemment – nos chroniques du sublime logo (dont l’illustration est d’Aurélien Police).
On peut chroniquer tout ce qui, de près ou de loin, ressemble à du zombie : livres, séries, films, jeux vidéo, etc, peu importent formes et supports tant qu’il y a du zombie à l’intérieur.
En revanche, vos propres aventures façon Brad-Pitt-sauve-le-monde-en-buvant-du-Pepsi, ça ne compte pas.

C’est de quand à quand ? Le challenge débute le 11 septembre, pour une durée de 28 semaines, avec un récapitulatif tous les 28 jours. A l’issue des 28 semaines (au mois de mars, donc), le challenge pourra être reconduit.

Si tout ça n’est pas bien clair, hop, un petit tour chez Cornwall !

Mes propres chroniques (outre le logo) seront repérables grâce au tag « Zombies« .

Et pour réussir tout ça, j’ai une team Zombies, qui se compose de Dana Scully, Batman, et Brad Pitt… ça va, on peut faire pire. Et la vôtre ?

 

Mes billets : 

Lectures :
In the after, Demitria Lunetta : un gros coup de cœur !
Reset, Amy Tintera. Un second tome meilleur que le premier.
Mon ami le zombie, Vincent Malone & Miré. Trop mignon, j’adore !
Feed, Mira Grant. Absolument génial !
Ma famille normale contre les zombies, Vincent Villeminot et Yann Autret. Décevant.
Zombitions, Aurélie Mendonça. Mauvaise pioche 😦
In the end, Demitria Lunetta : pas aussi génial que le premier, mais pas mal du tout.
Métro Z, Fabien Clavel : un très court roman jeunesse très prenant, flippant juste comme il faut !
Positif, David Wellington : une apocalypse zombie, des pillards, de l’adrénaline… Dommage que ça le fasse pas jusqu’au bout.

Autres :
Texas Zombies, ou comment pimenter votre Réveillon !
Le Visiteur du Futur, une excellente série avec des zombies dedans.

 

 

P.S. : toute allusion au fait que j’aurais dit que je faisais moins de challenges cette année sera considérée comme une pure affabulation de votre part !

Reboot, Amy Tintera.

 

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États-Unis. Wren est décédée de trois balles dans la poitrine. 178 minutes plus tard, elle est revenue à la vie. Plus vive, plus forte, plus résistante aux émotions et à la douleur. Comme des milliers d’autres adolescents, Wren est une Reboot : plus le temps de mort clinique est long, plus l’adolescent Reboot est puissant et insensible. Avec 178 minutes à son actif, Wren est donc l’arme la plus dévastatrice de la république du Texas.
À 17 ans, Wren est soldat et formatrice de la Société Humaine d’Évolution et de Repopulation, chargée d’entraîner d’autres futurs soldats. Et sa dernière recrue, Callum, lui donne du fil à retordre. Il faut dire qu’avec seulement 22 minutes avant le reboot, Callum vaut à peine mieux qu’un humain. À Wren de le rendre insensible. 
De préférence avant que Callum ne la rende trop humaine. 

Suite à une redoutable épidémie du virus KDH, les humains vivent dans la peur : chaque enfant ou adolescent qui meurt prématurément risque de rebooter, c’est-à-dire de revenir à la vie, mais en version moins évoluée côté sentiments, plus évoluée question capacités physiques. Les humains détestent cordialement les Reboot : car ils ne sont que de pâles copies des enfants qu’ils étaient, parce qu’ils sont totalement insensibles et proprement inhumains, parce qu’ils sont mortellement dangereux.
Pour protéger les humains, la SHER récupère tous les Reboots, les loge, les nourrit. En échange, les Reboot accomplissent le sale boulot que les soldats ne font pas : écrouer les criminels des bidonvilles (où l’épidémie sévit toujours et où les humains rechignent à aller se promener), poursuivre les rebelles, récupérer les jeunes Reboot que des parents désolés tentent désespérément de cacher. Sorte de super armée de jeunes soldats très entraînés, les Reboot sont corvéables à merci.

À la SHER, la vie de Wren est assez simple : elle s’entraîne, elle suit les ordres, elle accomplit ses missions avec brio, elle forme habilement les novices qui lui sont confiés. À vrai dire, tout sourit à Wren : avec 178 minutes de latence entre son décès et son reboot, elle est le soldat le plus performant de la SHER – et accessoirement le commando le plus craint des humains car le Reboot le plus dépourvu de sentiments. C’est également une brillante formatrice : tous ses novices (de hauts numéros) s’en sortent bien.
L’élément perturbateur, ici, c’est l’arrivée d’un novice n’étant resté mort que 22 minutes : autant dire qu’en plus de ressembler à s’y méprendre à un humain (par son aspect, son odeur, sa lenteur), il est franchement mauvais. De la graine de Reboot à la carrière très très courte – et finissant mal, de préférence.

L’histoire démarre assez vite : on découvre Wren en action et, rapidement, Callum et les autres novices arrivent au complexe. Dès les premières pages, le personnage de Wren est caractérisé : froide, insensible, inhumaine, elle est à la hauteur de la réputation qui l’a précédée. Mais en même temps, elle est rapidement intriguée par Callum, et par ses réactions. C’est justement le point qui m’a un peu gênée : tout va très vite. On a l’impression qu’on est à peine installé dans la fiction que déjà élément perturbateur et péripéties débarquent, ce qui donne à  l’intrigue centrale un aspect quelque peu superficiel, malheureusement, alors même que les questionnements sont intéressants.

En-dehors de cette trop grande rapidité, Reboot revisite le thème des zombies issus d’une endémie, si ce n’est que là, seuls les enfants et adolescents sont touchés. Ce sont cependant des zombies soft : hormis quelques modifications physiques très visibles et parfois peu esthétiques, on est loin des corps pourrissants : en somme, on a toutes les caractéristiques du zombi, sans les parties les plus trash, ce qui n’est pas plus mal (notamment pour les âmes sensibles). En revanche, l’horreur n’est pas loin : il serait très réducteur de penser que Reboot se limite seulement à une aventure entre deux ados, sur fond d’univers post-apocalyptique. Car dans les bâtiments de la SHER, il se trame de drôles de choses, et des expérimentations scientifiques assez déroutantes, dont les conséquences sont, au mieux, funestes, mais qui promettent d’intéressants développements pour l’intrigue de fond dans la suite.
Dans la structure de l’intrigue, Reboot est de facture assez classique : toute l’originalité est dans le thème ; malgré cela, l’intrigue est prenante, et on se prend vite au jeu de savoir comment les personnages vont s’en sortir. Si Callum reste très mystérieux, l’évolution de Wren vaut vraiment le détour – même si cela démarre un peu vite : l’auteur s’approprie tout à fait le thème de la créature parvenant à prendre conscience d’elle-même, se posant les bonnes questions, et faisant sur elle-même des découvertes qui vont modifier son horizon. De ce point de vue-là, Reboot est très réussi.

Reboot initie une nouvelle série de science-fiction adressée aux ados, dans un univers post-apocalyptique, et s’inspirant du thème des zombies. Si le récit est de facture classique, il est néanmoins très efficace et on ne s’y ennuie pas. L’idée des zombies, et les questions qu’elle génère (notamment autour de la question de l’humanité), est bien trouvée : à ce niveau, l’évolution du personnage de Wren est intéressante et bien amenée. La fin, assez ouverte, laisse présager une suite pour le moins intéressante ; il nous reste pas mal points de l’univers à découvrir.
En somme, si vous êtes à la recherche d’un roman ado prenant et rafraîchissant, surfant sur la mode des créatures surnaturelles en s’appropriant le sujet pour en faire quelque chose de personnel, tout en développant des thèmes intéressants et bien développés, Reboot est fait pour vous !

LC : les avis de Léa, Sév’, et Well.

 

Reboot #1, Amy Tintera. Editions du Masque (Msk), 5 février 2014.
7,5 /10. 

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