Satinka, Sylvie Miller.

Jenny Boyd travaille comme serveuse dans un saloon de Colfax, une petite ville blottie dans les contreforts boisés de la Sierra Nevada, au détriment de ses études et au grand désarroi de sa mère. Depuis l’enfance, la jeune femme se passionne pour la grande ligne de chemin de fer transcontinentale, construite au dix-neuvième siècle. Parfois, la nuit, elle rêve de trains, elle les entend siffler. Des rêves si réalistes qu’elle les croie vrais. Mais que signifient réellement ces songes ? Lorsque Jenny commence à avoir de violentes visions en plein jour, elle s’efforce de comprendre ce qui lui arrive. Aidé par son ami d’enfance, elle devra remonter le temps, affronter des menaces occultes et découvrir des vérités cachées.

Satinka a été ma dernière lecture pour le Prix Imaginales des Bibliothécaires, auquel j’ai participé avec mes collègues. Et quelle lecture ! Je mentirai en prétendant n’avoir pas remarqué ce titre avant même sa parution, puisqu’il a immédiatement rejoint ma liste-à-lire. Mais je crois que je ne m’attendais pas vraiment à ce qu’il est réellement et j’en ai été d’autant plus enchantée !

Le roman attaque sereinement, avec une présentation de la protagoniste, Jenny, une jeune femme d’une vingtaine d’années, assez banale… jusqu’à la mention de ses visions, extrêmement réalistes (voire carrément mystiques), du chantier de construction de la ligne transcontinentale de chemin de fer. Cette partie-là du récit oscille doucement entre roman contemporain et roman fantastique, traînant le lecteur d’une ambiance à l’autre et le laissant, pour une premier partie, dans une certaine incertitude, que j’ai hautement appréciée (mais qui m’a également fait ronger mon frein tant j’avais envie de savoir). Parallèlement, on suit d’autres récits, se déroulant à l’époque de la construction du rail et mettant en scène qui des colons irlandais sur la route, qui des Amérindiens spoliés de leurs terres, qui des ouvriers chinois proprement réduits en esclavage. Et la découverte des façons de vivre de  ces différentes communautés est absolument passionnante ! Comme pour le récit principal, cette partie-là semble de prime abord uniquement historique et ce n’est que peu à peu que s’invite la magie dans l’histoire.

Oui car, si ce n’est pas intuitif dès le premier chapitre, on est bien face à un roman mêlant fantasy urbaine et fantasy historique, cette partie ayant clairement remporté ma préférence (que voulez-vous, on ne se refait pas !). L’histoire de Jenny va donc se retrouver fortement impactée par ce qui s’est déroulée au XIXe siècle dans sa région et dont elle reçoit des bribes au cours de ses transes.
Rapidement, il semble évident que l’autrice s’est énormément documentée sur les conditions de vie et de travail à l’époque, mais aussi sur la géopolitique, sur les fonctionnements des diverses communautés représentées dans le roman (et notamment les immigrés irlandais, les travailleurs chinois et les Amérindiens) et sur les événements historiques. Tout cela tisse un univers que j’ai trouvé particulièrement dense et prenant. Car Sylvie Miller nous retransmet tout cela avec une espèce de simplicité et d’enthousiasme auxquels il est difficile de ne pas adhérer – et qui m’ont proprement conquise. Si la partie historique fait (rapidement) la genèse de la magie américaine et explique (succinctement) pourquoi et comment on en est arrivés à la situation actuelle, celle-ci déroule plutôt un récit initiatique tout ce qu’il y a de plus classique : une héroïne élue, d’anciens textes que l’on suit (ou pas) à la lettre, un apprentissage magique, des visions prophétiques… de ce côté-là, l’intrigue suit un chemin assez balisé, ce qui fait que j’ai parfois déploré un léger manque de surprises.

De même, les personnages traversent quantité de péripéties : les rebondissements s’enchaînent à bon train, laissant peu de répit au lecteur. Mais il faut reconnaître que, si suspense il y a, on est assez loin de ressentir une crainte dévorante pour les personnages, qui semblent se jouer de toutes les situations traversées. Si cela peut parfois sembler un peu facile, les actions immédiates, les solutions trouvées rapidement et les réactions à vif des personnages rendent le roman extrêmement fluide dans sa lecture. Résultat ? J’ai eu l’impression d’attaquer un pavé (de ceux qui, généralement, me durent plusieurs jours) et je l’ai finalement lu en très peu de temps, embarquée que j’étais dans ma lecture.
Au fil des pages, de nombreux thèmes viennent croiser le fil de l’intrigue : il est notamment beaucoup question de la place des communautés dans la société américaine (d’hier comme d’aujourd’hui), mais aussi, sans que les thèmes ne soient trop approfondis, de relations familiales, de différence et d’acceptation des autres. Le roman véhicule un message de tolérance assez fort que semblent amener toutes les sous-intrigues. Là encore, les choses passent de façon assez simple ; je pense que le tout est suffisamment abordable pour proposer le roman à des adolescents (quoique bons lecteurs, car il est visuellement impressionnant, vu son épaisseur), ce qui ne m’a pas empêchée d’avoir un vrai coup de cœur pour ce titre !

J’étais impatiente de lire Satinka et, si le récit ne ressemblait pas à ce que je m’étais imaginé (la couverture me faisait rêver de fantasy historique uniquement), j’ai passé un excellent moment avec ce roman qui mêle à la fantasy historique la fantasy urbaine. L’intrigue est très enlevée, riche en péripéties et l’ensemble allie univers dense et rebondissements très fluides, ce qui rend le roman abordable pour de jeunes lecteurs de fantasy.

Bon à savoir : ce roman a reçu le Prix Bob Morane 2018.

Satinka, Sylvie Miller. Critic, août 2017, 550 p.
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Celle qui venait des plaines, Charlotte Bousquet.

Le vert des hautes herbes surplombées par le feu orangé du soleil couchant sur les plaines du Dakota, les récits de victoires autour d’une flambée à la tombée de la nuit, les chevaux couleur de cendres, le tonnerre des canons, les rivières de sang…
Et soudain, le déracinement et l’enfermement à la Mission Saint-James, l’apprentissage de la haine d’une culture immémoriale, la purification par la souffrance et une éducation de fer pour briser les volontés les plus tenaces.
Voici l’histoire de Winona, fille aînée du vent et de la lumière, héritière de traditions ancestrales qu’elle fut contrainte de recracher comme le pire des venins, métisse éprise de liberté et de justice dont la route ne cesse de croiser celle des célèbres Steele men, cow-boys et mercenaires – pour le meilleur et pour le pire.

Voilà un roman qui, à certains égards, est extrêmement dur, mais qui s’est révélé splendide !
1921. On suit le jeune Virgil, qui va rencontrer Winona avec, en tête, le double but de la faire parler de son père, un des fameux Steele Men, et de la tuer à l’issue de sa confession, comme elle a tué son géniteur. Lorsqu’il arrive, Winona se met obligeamment à lui raconter toute l’histoire, mais en partant du début, à savoir sa naissance en pleine guerre de Sécession. Le récit fait donc alterner deux trames, celle du présent, où Virgil fait des commentaires sur ce que lui raconte Winona et celle du passé, celui de Winona. À ces deux trames s’ajoutent des extraits du roman fétiche de Virgil, Les Incroyables Aventures de Steele Men (un roman fictif), un western écrit d’après les souvenirs de Franck Allen, un des quatre membres de la bande, et donc un brin partial. Cela peut sembler un peu hermétique au départ, car il faut se faire au système de récits enchâssés, mais cela permet en fait de maintenir le suspens du début à la fin !

De fait, on se demande depuis le départ ce qu’a vraiment fait Winona pour mériter la morbide attention de Virgil. Mais cette question passe bien vite à l’arrière-plan, au vu de l’incroyable témoignage que livre Winona.
Elle balaie l’histoire des États-Unis et, forcément, des Amérindiens, depuis sa naissance, en pleine guerre de Sécession. On le sait, cette histoire a été violente, amère et affreusement injuste. Le récit de Winona est donc à l’image de cette histoire, extrêmement dur : elle ne cache rien des tortures subies au pensionnat, du racisme de la société américaine, des violences endurées en tant que femme et métisse dans un univers qui ne reconnaît pas bien ni les unes ni les autres.
Les mots de Winona nous immergent littéralement dans ce Far West légendaire, certes, mais aussi terrible. À ce titre, les extraits du roman que lit Virgil et ses commentaires viennent alléger à point nommé un récit qui ne nous cache aucune atrocité.

Le roman livre en outre une très intéressante réflexion sur la fiction et la réalité. Virgil est en quête de vérité et tient pour vrais les propos lus dans Les Incroyables Aventures des Steele Men, qu’il s’agisse de la légende de son père (qu’il n’a jamais connu) ou celle de Winona. L’image que Virgil s’est forgée de Winona est nourrie à la fois des méfaits de la Vipère de l’Oklahoma (son titre dans le roman) et du personnage qu’elle a incarné dans le Wild West Show de Buffalo Bill – qui mettait en scène les légendes du Far West. Elles sont d’ailleurs nombreuses dans ce roman : Buffalo Bill, Crazy Horse, Calamity Jane, Annie Oakley, Bass Reeves, font partie des personnages secondaires. Or, le récit de Winona, sans désacraliser ces personnages, nous les montre aussi sous un autre jour, un brin moins glorieux, comme elle le fait avec ce Far West sur lequel on a tant écrit.

Il y a quelque chose d’affreusement déprimant dans son récit, c’est vrai, mais ça ne le rend que plus précieux. Car, comme je l’ai dit, le récit est livré sans fards et sans faux-semblants. Mais on en ressort avec une meilleure vision de ce qu’a été cette époque troublée et des conséquences qu’elle a encore aujourd’hui.
Dès le départ, j’ai été emportée par le style vif de Charlotte Bousquet, qui dépeint avec beaucoup de précision cette société : les descriptions sont riches en détail, les personnages bien dessinés et, comme je le disais au départ, l’intrigue parfaitement rythmée. Ce qui m’a permis de m’immerger totalement dans le récit, au point que j’avais du mal à lâcher le livre pour reprendre le cours habituel de mon existence !

En attaquant Celle qui venait des plaines, je m’attendais à un roman mettant en scène les guerres amérindiennes, évidemment. Mais je ne m’attendais certainement pas à la claque qu’à été ce roman tour à tour tragique, révoltant, touchant, poétique, d’une incroyable violence et en même temps d’une grande sagesse. J’ai adoré ce western à la construction complexe, mais qui m’a tenue en haleine de bout en bout. En deux mots comme en cent, ça a été un incroyable coup de cœur !

Celle qui venait des plaines, Charlotte Bousquet. Gulf Stream (Électrogène), octobre 2017, 360 p.

Pays rouge, Joe Abercrombie.

Farouche Sud aurait aimé oublier son passé une fois pour toutes.
Mais lorsque son frère et sa sœur sont enlevés et sa ferme réduite en cendres par une bande de hors-la-loi, il est temps pour elle de reprendre ses anciennes habitudes. En compagnie du vieux Nordique qui l’a adoptée, un homme lui aussi marqué par ses démons, Farouche entame un long voyage à travers les plaines désertiques. Un voyage qui les emmène jusqu’aux bas-fonds d’une ville cauchemardesque, frappée par la ruée vers l’or, puis dans les montages inexplorées, qu’on dit hantées. Sur leur chemin, règlements de compte, alliances douteuses et trahisons amères se succèdent à la vitesse d’une flèche de barbare.
Car même lorsqu’on croit avoir tout perdu, au Pays Lointain le passé ne reste jamais enterré…

Pays rouge s’inscrit dans la suite formée par Les Héros et Servir froid, mais peut être lu totalement indépendamment – ce que j’ai fait. Et pour une première découverte d’Abercrombie, je suis ravie !

Je ne sais pas exactement à quoi je m’attendais en attaquant ce roman, mais sans doute pas à un mélange aussi dense de dark fantasy et de western – mélange que j’ai, soit dit en passant, hautement apprécié. Si la magie est quasiment absente de l’univers (on nous en parle vite fait mais on ne la voit pas directement à l’œuvre), on retrouve ici tous les codes du western : on a des héros solitaires, des gens sans foi ni loi, des pionniers qui cherchent des terres où s’établir, des prospecteurs avides, des gens en quête de vengeance et, bien sûr, l’équivalent local des Indiens – ici appelés des Fantômes.

Le roman s’ouvre sur une scène sans doute banale au Far West : Farouche Sud, fermière de son état, est venue vendre une partie de sa récolte, en compagnie de Placide, son taciturne et très pacifique compagnon d’infortune, qu’elle rabroue sans cesse. Tout se gâte lorsqu’ils retrouvent la ferme réduite en cendres et qu’ils se lancent à la poursuite des enfants enlevés.
S’ouvre alors une longue quête, menée au pas tranquille des animaux de bât. Mais, si le roman est assez long et qu’il faut vraiment attendre les dernières pages pour une complète résolution de l’intrigue, je ne me suis pas ennuyée pour autant. Car le récit est vif, alternant péripéties endiablées et moments de tension extrême. Il y a quantité de combats, que ce soit contre les éléments ou contre des personnes moins bien intentionnées. Ils viennent entrecouper le voyage, lui-même assez ardu. Du coup, il se passe presque toujours quelque chose !

Par ailleurs, il n’y a pas que la quête de Farouche et Placide en jeu. Assez vite, on comprend que les vastes pays qu’ils traversent sont sous la coupe d’une lutte géopolitique certes lointaine, mais qui risque d’impacter assez vite leur quotidien : l’Union, comme l’Empire, lorgnent sur ces territoires. Et si les uns ont dépêché leurs meilleures troupes, les autres ont envoyé l’Inquisition, assortie d’une bande de mercenaires que rien n’arrête. En sous-main, on a aussi des rebelles qui tentent d’empêcher leur territoire d’être complètement englouti par l’Union et qui sont donc activement recherchés par le grand Inquisiteur, qui finit par les soupçonner de se cacher dans la colonne de pionniers qu’ont rejoint Farouche et Placide. Ainsi, les différents protagonistes finissent-ils par converger vers le petit village de Fronce, au pied des montagnes de la Sokwaya, se cherchant les uns et les autres, mais en ayant toutefois des motivations bien différentes. Or, comme on suit tour à tour ce qui se passe chez les uns et les autres, on ne tarde pas à flairer les catastrophes lorsqu’elles se profilent, ce qui donne un suspens bien agréable à l’ensemble du roman.

Les caractères des personnages sont aussi là pour alimenter le suspens : on en sait (au départ) peu sur eux et, peu à peu, les apparences tombent pour révéler les véritables personnalités. Farouche semble vouloir tourner le dos à un passé peu glorieux dont on sent qu’il est près à ressortir. Elle tacle sans arrêt Placide, qui se révèle, finalement, aux antipodes (voire au-delà) de son sobriquet. Les transformations sont vraiment bien menées, mais tout de même assez terrifiantes, quand on y réfléchit. Mais je crois que c’est surtout l’ambiance qui m’a aussi bien ferrée. Joe Abercrombie dépeint des personnages qui sont allés au bout du bout et qui, pour la plupart, n’ont plus grand chose à perdre. Ça donne à leurs trajectoires une sorte de désespoir un peu poisseux mais qui fournit un souffle incroyable au roman : on sait que tous les coups sont permis, surtout les plus bas et que personne ne reculera. Une attitude tout à fait conforme à l’environnement plus que difficile dans lequel se déroule l’aventure.

C’était donc ma première découverte d’Abercrombie et j’ai été servie. Je me suis régalée avec ce western dense et sombre à souhait, qui fait la part belle aux personnages abîmés et aux quêtes un brin désespérées. L’histoire en elle-même m’a captivée et j’ai adoré sentir que, tout autour, l’univers avait encore de belles surprises sous le coude. Voilà un roman que je relirai sans aucun doute !

Pays rouge, Joe Abercrombie. Traduit de l’anglais par Juliette Parichet. Milady, septembre 2017, 720 p.

Jo, le webcomic, Jackpot & Soyouz

Petite chronique atypique, aujourd’hui. Je vous parle BD en ligne !

Il y a quelques jours, j’ai écouté la très bonne vidéo de Sita qui présentait des web-comics… et je suis donc allée lire celui dont le résumé-made-in-Sita me bottait le plus : Jo.

Jo, c’est donc l’histoire de Josephine MacIntyre, cow-girl de son état, tenancière d’un ranch dans lequel elle élève des vaches et des poules. Jo accueille bientôt Alexandra Herricksen, dite Alex, une jeune stagiaire qui aime les livres et la science, qu’elle va devoir former à l’art délicat de l’élevage et la protection des vaches – car les voisins ont des vues sur le ranch.

Vous l’aurez compris, c’est un western, publié au rythme d’un billet monochrome tous les 15 jours, une planche en couleurs de temps en temps. Jusque-là, ça vous semble peut-être un peu classique. Si j’ajoute que ce sont des aliens qui ont des vues sur les vaches de Jo, et que celles-ci brillent dans le noir ? Oui, voilà, c’est du western, c’est un peu SF, c’est surtout totalement déjanté !

Dans Jo, j’ai beaucoup aimé le contraste entre les deux protagonistes. D’un côté, Jo, la cowgirl badass (pour reprendre le terme de Sita car je ne trouve pas mieux) dans toute sa splendeur, taiseuse, qui mange des haricots (et rien d’autre) et qui gère son ranch d’une main de fer. De l’autre, Alex, la stagiaire un peu nounouille, qui rêve d’égaler Darwin et de faire des expériences (sur les vaches de Jo, of course), et accumule conneries sur conneries – au grand dam de Jo, mais pour le plus grand plaisir du lecteur. Celle-ci surveille assidûment les aliens dont les soucoupes ne cessent de traverser le ciel et les abat promptement à coups de fusil.
Finalement, il y a essentiellement des femmes dans ce webcomic : outre Jo et Alex, on croise la sheriff (bibliothécaire à ses heures perdues), la tenancière du saloon…

Bien sûr, le décalage entre l’univers western et ces aliens qui tentent on ne sait quoi au juste est aussi très drôle. On rit autant pour les découvertes surprenantes que l’on fait dans ce drôle d’univers (ma préférée jusque-là étant sans aucun doute le cheval… nommé Random) que pour les réactions un peu niaises d’Alex, à laquelle on s’identifie aisément – seul élément à peu près « normal ».
À ce stade du récit, on a dépassé les « simples » tranches de vie, et une intrigue un peu plus corsée commence à s’installer. Le suspens règne sur ces derniers strips, et j’ai vraiment hâte d’être au prochain pour savoir ce qu’il va advenir de Jo & Alex.
En plus, les dessins sont vraiment magnifiques (sans parler des planches couleur), donc c’est tout bon.

Donc, si vous voulez lire de la B.D de très bonne qualité et sans quitter votre canapé, direction le ranch de Jo !

A lire en écoutant le thème de Silverado !

Jo, le webcomic. Soyouz (scénario), JackPot (dessin).
Page Facebook du webcomic