Dresseur de fantômes, Camille Brissot.

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Le monde avait été redessiné par une série de catastrophes climatiques, les courants marins et les vents modifiés. Les anciennes cartes devenues obsolètes, les aventuriers pouvaient renaître… Pendant des années, Théophras et Valentine ont parcouru le monde pour le compte de riches employeurs, à la recherche de trésors et de pièces rares. Jusqu’au jour où Valentine est empoisonnée par le mystérieux Collectionneur, son meilleur client. Réduite à l’état de fantôme, elle devient invisible aux yeux de tous… sauf de Théophras. Aidés par le capitaine Peck, propriétaire du plus grand bateau à aubes du monde, et par la troupe du célèbre AeroCircus, flottille hétéroclite de ballons et de dirigeables, les deux amants se lancent aux trousses de l’assassin de Valentine. D’une quête de vérité à la vengeance, il n’y a qu’un pas.
Le franchiront-ils ?

Un roman aussi court qu’enthousiasmant, c’est vraiment ce qui ressort à l’issue de cette lecture. Camille Brissot marque avec une entrée en matière très forte : un des deux personnages principaux se fait assassiner. N’ayant pas relu le résumé avant de commencer, je m’attendais donc vaguement à ce que l’histoire, au choix, opère une longue analepse nous expliquant comment on en est arrivés là, ou nous montre la quête de vengeance de Théophraste. Et, de fait, quête de vengeance il y a bien, mais sous l’égide de Valentine, qui persiste en tant que fantôme – premier point original.

L’intrigue se déroule dans notre univers, mais un monde dévasté par une catastrophe et aux contours quelque peu différents, qui laissent donc libre champ aux aventuriers et inventeurs de tout poil. On plonge donc dans un univers résolument steampunk, dans lequel il est tout à fait normal de croiser des inventions mécaniques sophistiquées côtoyant des frégates à l’ancienne ou même un cirque… composé d’une immense flotille de dirigeables. Il y a une ambiance éminemment romanesque, qui rappelle les romans d’aventure du XIXe siècle, si prenants et mouvementés.

Là-dessus se greffe donc une histoire d’amour éternel qui, alors qu’on aurait pu craindre le contraire, n’est ni mignarde ni dégoulinante. Encore une fois, on est plutôt dans un schéma type de la littérature du XIXe siècle, où l’on croise des personnages certes emportés et francs, mais aussi capables de grands sentiments l’un envers et l’autre. Dans le paysage littéraire actuel, cela change et c’est bien agréable !
De plus, les personnages ne sont pas totalement tournés l’un vers l’autre et les diverses péripéties qu’ils traversent les amènent (et le lecteur avec eux) à considérer quelques questions de fond comme les violences faites aux femmes et aux enfants, l’instinct maternel ou l’amitié.

Le roman est très court (moins de 200 pages), aussi ne se perd-on pas dans les rebondissements : la trame est assez linéaire (sans toutefois être cliché), l’intrigue bien menée, même si l’on regrettera quelques rapidités – mais qui, d’un autre côté, donnent au roman un rythme incroyablement dynamique. Le récit se dévore littéralement !

Avec Dresseur de fantômes, Camille Brissot signe donc un court roman à la délicieuse ambiance steampunk, que l’on découvre et dévore avec plaisir, en en regrettant la brièveté. Nul doute que je lirai d’autres romans de l’auteur, tant sa plume et son univers m’ont séduite. 

Dresseur de fantômes, Camille Brissot. L’Atalante, avril 2014, 192 p.

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L’énigme du magicien, Le Secret de l’inventeur #2, Andrea Cremer.

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Après l’explosion des Catacombes, le seul foyer qu’elle ait jamais connu, Charlotte est contrainte de mener sa petite troupe de résistants à l’oppresseur anglais, parmi lesquels une dizaine d’enfants, vers La Nouvelle-Orléans. Désormais leader du groupe, elle se retrouve face à des choix difficiles pour préserver la vie de ses jeunes protégés, mais continue de voir en Grave, malgré sa force herculéenne et ses origines inquiétantes, 
un allié et un ami.
L’Empire fera tout pour les empêcher de rallier le quartier général de la Résistance …

Retour aux aventures de nos jeunes Rebelles, qui ont perdu leur seul point de chute. Malheureusement, on ne peut pas dire que l’histoire avance de beaucoup dans cet opus.

L’intrigue est composée d’une suite de petits rebondissements et retournements de situation certes pas  désagréables, mais ne permettant que peu d’évolutions quant au fil rouge général. Si le rythme y est, l’affaire n’est tout de même pas passionnante. Pourtant, c’est bien l’intrigue qui reprend le pas sur les affaires de cœur de Charlotte – les frères Winter étant, globalement, absents de l’histoire. Malheureusement, celle-ci est truffée d’autres affaires de cœur – à croire que le célibat n’est pas une solution envisageable, ce qui est tout de même un peu triste.
Affaires de cœur mises à part, l’intrigue tire plus sur le roman d’espionnage que sur celui d’aventure, ce qui est loin d’être désagréable : Charlotte bénéficie donc des cours de Linnet, la demi-sœur honnie de la famille Winter et affûte ses compétences. Malheureusement, pas tout à fait assez… Ce qui lui fait commettre des erreurs que même une débutante ne ferait pas et introduit des incohérences dans l’histoire. Ainsi, elle découvre une information capitale à propos de Grave, s’empresse de faire le contraire de ce qu’on lui préconisait et… s’étonne que cela tourne mal. Le lecteur, lui, trouve simplement cela incroyablement idiot, à raison.

Ceci étant, l’histoire permet d’introduire de nouveaux personnages, parmi lesquels la mère de Charlotte, le mage Nicodème ou Sang d’Acier, flibustier français. La première n’a rien d’une sympathique matrone et tout d’une impitoyable chef de guerre, aux motivations pour le moins troubles. Mais, là encore, on a trop peu de détails, il faudra sans doute attendre le tome suivant pour tout savoir de sa position. Le deuxième n’a droit à guère plus de place : il est bien question de magie et de vaudou, mais à trop petite dose pour que cela soit, d’une part, significatif et, d’autre part, pour que cela crée une ambiance fantastique efficace. Quant au dernier, il permet d’introduire un petit grain d’exotisme et d’aventures échevelées, mais seulement sur la fin, aussi faut-il attendre un bon moment avant que cela ne décolle – dans tous les sens du terme.

L’Énigme du magicien est donc un tome de transition avec tous les défauts que cela peut supposer. L’intrigue ne progresse quasiment pas (ou seulement sur les tous derniers chapitres), les rares faits sont survolés et les personnages à peine approfondis. La tension est relancée dans la fin, ce qui fait que l’on a tout de même envie de savoir comment cela va s’achever, malgré les aspects décevants de l’opus.

◊ Dans la même sérieRébellion (1) ;

Le Secret de l’inventeur #2, L’énigme du magicien, Andrea Cremer. Traduit de l’anglais par Mathilde Tamae-Bouhon.
Lumen, février 2016, p.

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La Stratégie des As, Damien Snyers.

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Pour vivre, certains choisissent la facilité. Un boulot peinard, un quotidien pépère. Humains, elfes, demis… Tous les mêmes. Mais très peu pour moi. Alors quand on m’a proposé ce contrat juteux, je n’avais aucune raison de refuser. Même si je me doutais que ce n’était pas qu’une simple pierre précieuse à dérober. Même si le montant de la récompense était plus que louche. Même si le bracelet qu’on m’a gentiment offert de force risque bien de m’éparpiller dans toute la ville. Comme un bleu, j’ai sauté à pieds joints dans le piège. L’amour du risque, je vous dis. Enfin… c’est pas tout ça, mais j’ai une vie à sauver. La mienne.

Bienvenue à Nowy-Kraków, ses palaces, ses bas-fonds, ses créatures cohabitant plus ou moins bien – humains, elfes, trolls et autres Moitiés.
À l’instar des personnages mis en scène, le roman présente un mélange des genres assez heureux : à la fantasy urbaine se mêlent des accents d’uchronie et de steampunk, les personnages utilisant des mécanismes se réclamant de l’esthétique, ainsi qu’une intrigue qui a tout d’une aventure d’Arsène Lupin.

Damien Snyers propose une intrigue hautement dynamique, riche en péripéties et volontiers originale. James, Elise et Jorg forment un redoutable trio de voleurs, bientôt rejoints par Mila, elle-même cambrioleuse de renom. Sauf que tout cela est plus compliqué qu’il n’y paraît et que nos personnages se retrouvent bientôt à devoir jouer sur plusieurs fronts. En plus de cela, leurs vies sont directement menacées par leurs employeurs, ce qui ajoute une indéniable dose de piquant à l’aventure. De fait, l’intrigue suit donc un fil plutôt classique, mais fort efficace.

Ce qui fait tout le sel du roman, ce sont les personnages mis en scène par Damien Snyers, quoiqu’ils manquent parfois de développements – ce qui laisse espérer, peut-être, une suite ?
Chacun, à sa façon, a quelque chose à défendre. Jorg est un troll dans une cité où son espèce peut être fléchée à vue. Élise, semi-humaine ou semi-elfe (suivant le point de vue d’où l’on se place), peine à trouver sa place dans une société appréciant grandement les étiquettes… par son biais, la question des étrangers, des métisses et autres « anormaux » est abordée – finement, avec ça.
L’intrigue offre également une large place au thème de la maladie, un thème pas si souvent abordé en littératures de l’imaginaire.  Vieillesse, affections incurables, Damien Snyers en traite tous les aspects.

Aux rebondissements endiablés s’ajoutent des réparties ne manquant pas, elles non plus, de piquant : on s’ennuie difficilement à la lecture de ce roman, l’ensemble étant aussi vif que drôle. Tout cela compense l’impression que l’on a de déambuler dans un décor pas toujours assez creusé – mais qui, là encore, laisse espérer une nouvelle aventure ?

Comme souvent dans les romans publiés par ActuSF, le roman se complète d’une interview de l’auteur et d’une nouvelle inédite, qui vient faire le jour sur le personnage de Mila. La nouvelle complète agréablement le roman : elle apporte des détails non négligeables sur le passé du personnage et permet de mieux percevoir les enjeux de l’intrigue générale – sans toutefois se montrer indispensable. Une nouvelle très réussie, en somme !

La Stratégie des As est un premier roman réussi : certes, les personnages et les décors ne sont pas aussi creusés qu’on l’aimerait, mais le dynamisme et l’efficacité de l’intrigue pallient amplement le problème. 

La Stratégie des As, Damien Snyers. ActuSF, février 2016, 244 p.

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Corsets & Complots, Le Pensionnat de Mlle Géraldine, Gail Carriger.

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A-t-on vraiment besoin de quatre digitales pour décorer une table pour six personnes ? Ou bien est-ce six digitales pour tuer quatre invités ? La première année d’école de Sophronia a certainement été enthousiasmante. D’abord, son pensionnat pour jeunes dames de qualité l’entraîne à devenir espionne (Maman sera si surprise !). Ensuite, elle est mêlée à une intrigue à propos d’un appareil volé et on lui jette une tourte au fromage dessus. Aujourd’hui, Sophronia connaît chaque recoin de l’école, laisse traîner son oreille dans les quartiers des enseignants et monte clandestinement à la chaufferie du dirigeable où elle apprend qu’un simple voyage scolaire à Londres peut cacher davantage que ce qu’elle croit… Vampires, loups-garous et humains sont tous après le prototype récupéré par Sophronia au début de l’année, qui a le potentiel d’améliorer le transport aérien surnaturel. Sophronia doit découvrir qui est derrière un dangereux complot pour contrôler le prototype… et survivre à la saison de Londres munie d’un carnet de bal complet.

Étiquette & espionnage avait été une jolie découverte, même si le roman n’atteint pas la complexité des aventures d’Alexia ; Corsets & Complots, s’il reste dans la même veine, est une aussi jolie découverte !

Si Sophronia espérait se remettre de ses émotions, c’est raté ! D’ailleurs on reprend l’histoire très vite, avec les péripéties scolaires : Sophronia passe l’examen des six mois. Et si les résultats sont au-delà de ses espérances, les conséquences fâcheuses qu’ils entraînent ne sont pas pour lui plaire.
C’est donc une Sophronia assez déprimée mais toujours aussi inventive que l’on retrouve. Ses camarades habituelles étant pour le moins absente (hormis l’insupportable Monique toujours plus omniprésente), Sophronia traîne de plus en plus avec Vieve et les soutiers développant ses relations, ses talents et, bien sûr, son réseau d’espionne.

Qui lui sera fort utile au vu des choses excessivement louches qui semblent se tramer à l’école. Louches et bien mystérieuses. De fait, il faut attendre de longs chapitres avant d’espérer saisir de quoi il est question. L’intrigue mêle conflits d’intérêts (vampires, loups-garous et autres paranormaux), conflits politiques et recherche scientifique. Heureusement, en attendant que cette intrigue-ci veuille bien se mettre en place, on a tout l’écheveau des petites querelles estudiantines à se mettre sous la dent – et il faut dire qu’il s’en passe, des choses, dans cette école. Malgré l’impression de lenteur générale qui plane sur une bonne partie du roman, l’histoire est nettement plus complexe que dans le premier volume : sans toutefois atteindre le niveau de complexité des aventures d’Alexia, Corsets & Complots s’avère agréablement alambiqué.

Surtout qu’à cela, il faut ajouter les hormones en ébullition de la totalité de l’école. En effet, elle accueille soudainement… des garçons. Peut-être pas l’idée la plus raisonnable qu’ait eu Mlle Géraldine, au vu des conséquences que cela a sur le comportement des unes et des autres ! L’éducation victorienne n’étant guère portée sur les cours de badinage, c’est drôle à souhait !

Chouette suite, donc, proposant une intrigue bien menée – quoiqu’un peu longue à se mettre en place -, des personnages toujours aussi hauts en couleur, des gadgets à vapeur à qui mieux-mieux et un côté hautement divertissant. Vivement la suite !

Le Pensionnat de Mlle Géraldine #2, Corsets & Complots, Gail Carriger. Traduit de l’anglais par Sylvie Denis.
Le Livre de Poche, 2015, 377 p.

 

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Vapeur et feuilles de thé – An II

 

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On prend les mêmes et on recommence avec, cette fois, un objectif un peu particulier. Je vous invite à dresser une bibliographie la plus exhaustive possible du steampunk. Alors allez-y de bon cœur !

Tout d’abord, quelques infos pratiques :

Les règles du challenge : 

Quelques dates : le challenge reprend à compter d’aujourd’hui et sans date de fin à l’horizon !
– Les inscriptions se passent en commentaire de cet article.
Le logo doit impérativement apparaître sur vos chroniques. Vous le trouverez en pied de page, dans différents formats.
– Il n’y a pas de niveaux à passer : un titre lu suffit à valider le challenge !
– À titre indicatif, le challenge prendra (bientôt) une forme légèrement différente. En attendant, on ne change rien 🙂

Le steampunk, qu’est-ce que c’est ? Petit essai de définitions.

Le steampunk est un sous-genre de la science-fiction ou de la fantasy qui s’est développé dans les années 80 (de 70 à 90 suivant les sources). Le steampunk implique un cadre narratif où la vapeur est encore largement utilisée (généralement pendant l’ère victorienne en Grande-Bretagne) et qui incorpore des éléments de science-fiction. Le steampunk est caractérisé par des innovations futuristes qui auraient pu être imaginées par des contemporains de l’époque victorienne, tel qu’on les trouve dans les œuvres de HG Wells et Jules Verne.
Des motifs comme la magie ou le voyage dans le temps peuvent y apparaître. Le steampunk évoque souvent des univers urbains sombres, voire franchement glauques, qui peuvent se situer dans des grandes villes, comme Londres – pas le Londres qui a réellement existé, mais un autre Londres, fantasmé et uchronique.

Pour en savoir plus, vous pouvez écouter le podcast de l’équipe d’Elbakin, exclusivement consacré au sujet. En guise de bibliographie indicative, je vous invite à consulter les listes « Steampunk« , « Les incontournables du steampunk » et « Steampunk pour lectrices réfractaires » disponibles sur Babelio ou les bibliographies sélectives suivantes : les romans ici, les B.D. là ; le travail de recherche mené par Catherine Loiseau sur le steampunk pour son prochain roman. Envie d’en savoir plus ? Amarüel signale un webzine consacré au sujet !

Encore en manque d’idées ? Il y en a tout plein sur le site French Steampunk, véritable mine d’informations !

À vos bibliothèques !

Choix de logos, grand, moyen, petit !

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Ils participent :

◊ Angelebb :

◊ Béa285 :
– Le Château des étoiles, tome 1 : 1869 : La Conquête de l’espace, Alex Alice.

◊ Bettie Rose :

◊ Camille :

◊ Felina :

◊ Hécate :

◊ Ivy-Read :

◊ Julia Little Daisy :
Les Fantômes de Neptune, tome 1, Kheropis, Valp.

Lupa :
Le Duc de fer, Meljean Brooks.

◊ Lynnae : 

◊ MarieJuliet :

◊ Mypianocanta :

◊ Naelline :

PatiVore :

◊ Rose :

Solessor :
Les Mystères de Larispem, Lucie Pierrat-Pajot

◊ sombrefeline :

Vashta Nerada :

◊ Zina :
– La Ligue des Ténèbres, épisodes 7 & 8, Catherine Loiseau.
– L’Épée de l’hiverMarta Randall.
– La Ligue des Ténèbres, saison 2, Catherine Loiseau.
– L’Étrange affaire de Spring Heeled Jack, Mark Hodder.
– L’Élixir d’oubli, Pierre Pevel.

◊ et moi-même :
– Le Château des étoiles, tome 2 : 1869 : La Conquête de l’espace, Alex Alice.
Le Pensionnat de Mlle Géraldine, tome 2, Corsets & Complots, Gail Carriger.
– Le Siècle mécanique, tome 1, Boneshaker, Cherie Priest.
Dragon Blood, tome 1, Le Sang du Dragon, Anthony Ryan.
La Passe-miroir, tome 3, La Mémoire de Babel, Christelle Dabos.

 

Et les lectures de l’année passée ! 

1869 : La Conquête de l’espace, Le Château des étoiles #2, Alex Alice

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1869. Au nom de Sa Majesté Louis II de Bavière, la conquête des étoiles commence…
Nos héros, qui ont échappé de justesse aux hommes de Bismarck en embarquant dans l’éthernef, voient le château s’éloigner sous leurs yeux au fil de leur montée dans le ciel. Les voici sur le point de prouver leur théorie, franchir le mur de l’éther et découvrir l’espace mystérieux et infini. Une avarie va faire de leur rêve le plus fou une réalité, les forçant à se poser sur la face cachée de la Lune. Si le père de Séraphin fera tout pour les ramener vivants sur Terre, le Roi semble caresser d’autres espoirs tandis que Séraphin, lui, veut en savoir plus sur la disparition de sa mère. La conquête de l’espace s’arrêtera-t-elle à ce premier vol ?

Voilà enfin la suite du Château des étoiles, et quelle suite !
Et c’est un tome plus sombre que le précédent : l’album s’ouvre sur la fuite éperdue de la petite compagnie à bord de l’éthernef, suite à l’attentat raté du traître. Or, rapidement, c’est la panique à bord : l’appareil a été saboté et la compagnie file droit vers la Lune. Après un alunissage en catastrophe, il faut se rendre à l’évidence : survivre sur la face cachée et réparer le vaisseau ne va pas être facile. D’autant que si le père de Séraphin s’échine à ramener tout le monde, le roi semble, lui, plutôt content d’être là et pas particulièrement pressé de rentrer sur Terre… Le suspens est donc de la partie : on se demande s’ils vont survivre, réussir à rentrer, trouver l’éther et contrecarrer les plans de Bismarck. Résultat ? Pas le temps de s’ennuyer !

D’autant que tout est fait pour rendre l’intrigue extrêmement prenante. Les moments de tensions sont subtilement contrebalancés par un humour bien manié et qui fait mouche. Le rythme est excellent : comme la bande-dessinée a été publiée en trois épisodes, on sent les effets de chute de chaque épisode. Et le tout est dynamisé par un découpage inventif et audacieux : découpes astucieuses, doubles-pages, illustrations pleine page… c’est une bande-dessinée variée et riche !

Côté illustrations, on retrouve les aquarelles sublimes qui faisaient le charme du premier volume. C’est onirique, légèrement vaporeux, et les scènes lunaires offrent des panoramas tout simplement grandioses.

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Alors que, dans le premier volume, l’aspect historique prenait le pas sur la science-fiction et le steampunk, ici, c’est l’inverse – exploration de la Lune oblige. En scientifiques accomplis, l’équipe se triture l’esprit pour trouver des solutions, explore, tergiverse et résout au passage des mystères ! Car il faut bien deviner qui avait intérêt à les expédier ad patres sur la Lune sans moyen de retour.

Pour clore la série, Alex Alice offre, à nouveau, un joyeux mélange d’aventures steampunk à la Jules Verne, dans un décor qui rappelle les films d’Hayao Miyazaki, le tout souligné par des illustrations aussi sublimes qu’éclatantes. Si la dernière page de l’aventure se tourne à la fin de cet album, c’est pour mieux nous promettre une suite intitulée Les Chevaliers de Mars. Inutile de préciser qu’on a grand hâte de la découvrir ?

◊ Dans la même série : 1869 : La Conquête de l’espace (1) ;

Le Château des étoiles #2, 1869 : La Conquête de l’espace, Alex Alice.
Rue de Sèvres, septembre 2015, 68 p. 

 

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Vapeur et feuilles de thé, le bilan !

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L’an dernier, je lançais la session d’automne des petits challenges saisonniers mais, vu l’ampleur du sujet, il a fallu se rendre à l’évidence : ce n’était pas en trois mois qu’on allait se rassasier de steampunk. La session d’hiver est donc passée à la trappe, celle d’automne est devenue annuelle et s’apprête à rempiler. Mais avant de parler de ça, faisons un petit bilan de vos participations, qui représentent pas moins de 54 articles sur le sujet !

 

Acr0
– Au sortir de l’ombre, Syven.
– Les Extraordinaires et Fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé, tome 1: Rue Farfadet, Raphaël Albert.
La Passe-Miroir, tome 1 : Les Fiancés de l’hiver, Christelle Dabos.
Un jour sans lendemain, Thalyssa Delaunay.
– Étiquette et Espionnage, tome 1 : Le Pensionnat de Mlle Géraldine, Gail Carriger.
– Étiquette et Espionnage, tome 2 : Corsets & Complots, Gail Carriger.
Léviathan, tome 2 : Béhémoth, Scott Westerfeld.
Léviathan, tome 3 : Goliath, Scott Westerfeld.
– L’alliage de la justice, tome 1, Wax & Wayne & Brandon Sanderson.
– Le Paris des merveilles, tome 3 : Le Royaume immobile, Pierre Pevel.
Clôture.

Amarüel
– Le Paris des merveilles, tome 1 : Les Enchantements d’Ambremer, Pierre Pevel.

Camille
– Le Protectorat de l’ombrelle, tome 5 : Sans âge, Gail Carriger.
Burton et Winburne, tome 1 : L’étrange affaire Spring Heeled Jack, Mark Hodder.
– Étiquette et Espionnage, tome 1 : Le Pensionnat de Mlle Géraldine, Gail Carriger.
Le Secret de l’inventeur, tome 1 : Rébellion, Andrea Cremer.

◊ Cornwall
Un an dans les airs, Raphaël Albert, Jeanne-A. Debats, Raphaël Granier de Cassagnac, Johan Heliot & Nicolas Fructus.

◊ Ewatoppno
– Étiquette et Espionnage, tome 1 : Le Pensionnat de Mlle Géraldine, Gail Carriger.
Le steampunk au salon fantastique

◊ Jae_Lou :
– Le Protectorat de l’ombrelle, tome 5 : Sans âge, Gail Carriger.

Julie86
– Étiquette et espionnage, tome 1 : Le Pensionnat de Mlle Géraldine, Gail Carriger.
– Gaslight Chronicles, book 1: Steam & Sorcery, Cindy Spencer Pape.
– Le Protectorat de l’ombrelle, tome 1 : Sans âme, Gail Carriger.

◊ K-mii35
– Le Protectorat de l’ombrelle, tome 1 : Sans âme, G. Carriger.
– Le Protectorat de l’ombrelle, tome 2 : Sans forme, G. Carriger.
– Le Protectorat de l’ombrelle, tome 3 : Sans honte, G. Carriger.
– Étiquette et espionnage, tome 1 : Le Pensionnat de Mlle Géraldine, Gail Carriger.
Steampunk chronicles, tome 1 : L’Étrange pouvoir de Finley Jane, Kady Cross.
– Le Paris des merveilles, tome 1 : Les Enchantements d’Ambremer, Pierre Pevel.
L’Ultramonde, tome 1 : Les trois pierres du Fâark, Stéphane Tamaillon.
La Ligue des Ténèbres, Catherine Loiseau.

◊ Lelf 
Le Baron noir, Olivier Gechter.
Dresseur de fantômes, Camille Brissot.

Lupa
– Anno Dracula, Kim Newman.
Les Extraordinaires et Fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé, tome 1 : Rue Farfadet, Raphaël Albert.
Les Extraordinaires et Fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé, tome 2 : Avant le déluge, Raphaël Albert.
– Le Protectorat de l’ombrelle, tome 1 : Sans âme, Gail Carriger.

◊ MarieJuliet
– Étiquette et espionnage, tome 1 : Le Pensionnat de Mlle Géraldine, Gail Carriger.

◊ Mypianocanta
– 
Étiquette et espionnage, tome 1 : Le Pensionnat de Mlle Géraldine, Gail Carriger.
– Étiquette et espionnage, tome 2 : Corsets & complots, Gail Carriger.
Le Secret de l’inventeur, tome 1 : Rébellion, Andrea Cremer.

◊ Rose
Léviathan, Scott Westerfeld.

◊ Sanguine
Les Revenants de Whitechapel, George Mann.

◊ Sombrefeline
L’Étrange affaire de Spring Heeled Jack, Mark Hodder.
– Le Château des Étoiles #1 : 1869 : La Conquête de l’espace, Alex Alice.

Sphinxou
 – Lady Bang & The Jack #1 : Les Foulards Rouges, Cécile Duquenne.

◊ Zina
Le Demi-monde, tome 3 : Été, Rod Rees.
Les Enchantements d’Ambremer, Pierre Pevel.
Les Enquêtes de Sylvo Sylvain, tome 2 : Avant le Déluge, Raphaël Albert.
Du sel sous les paupières, Thomas Day.
La Ligue des ténèbres, épisodes 1 à 3, Catherine Loiseau.
La Ligue des ténèbres, épisodes 4 à 6, Catherine Loiseau.

◊ et moi-même.
Emma Bannon & Archibald Clare #1 : Le Mystère du drake mécaniste, Lilith Saintcrow.
Le Château des Étoiles #1 : 1869 : La Conquête de l’espace, Alex Alice. ♥
– Le Château des Étoiles (gazette), épisode 4 : Les naufragés des étoiles, Alex Alice.
Les Extraordinaires et Fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, détective privé, tome 1: Rue Farfadet, Raphaël Albert.
Le Secret de l’inventeur, tome 1 : Rébellion, Andrea Cremer.
– Étiquette et espionnage, tome 1 : Le Pensionnat de Mlle Géraldine, Gail Carriger.
Les Pirates de l’Escroc-Griffe, tome 1 : Les Terres interdites, Jean-Sébastien Guillermou.

Le Visiteur du Futur. 

Des statistiques ? 

Acr0 est, de loin, la lectrice la plus prolixe, avec 10 lectures au compteur !

L’auteur le plus lu est, de très très loin, Gail Carriger avec pas moins de 17 lectures, dont 7 consacrées au Protectorat de l’ombrelle et 10 au Pensionnat de Mlle Géraldine. Viennent ensuite Raphaël Albert (5 lectures) et Pierre Pevel (4 lectures).

Quid de la suite ? 

Eh bien si vous n’avez pas eu votre content de lectures steampunk, sachez que le challenge, tel le phénix, va renaître de ses cendres. Dans un premier temps sous la même forme que cette année et, par la suite, sous une forme un poil différente (mais pas dans l’immédiat). Il est donc toujours temps de s’inscrire !

Les Terres interdites, Les Pirates de l’Escroc-Griffe #1, Jean-Sébastien Guillermou.

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Lorsque Caboche, après s’être enfui de l’orphelinat militaire, part à la recherche de son père, il ne s’attendait certainement pas à rencontrer la compagnie de L’Escroc-Griffe et encore moins à monter à bord de leur bateau !
Connu pour n’avoir jamais réussi un abordage, l’équipage de Bretelle, vieux capitaine désabusé, ressemble plus à la troupe d’un cirque qu’à une bande de redoutables pirates-chasseurs de trésors. Mais Caboche va les entraîner dans un voyage rocambolesque sur les Mers Turquoises, à la recherche d’un trésor mythique. Une quête dangereuse puisqu’ils sont pourchassés par l’invincible et immortel Amiral-Fantôme, et qui les mènera jusqu’aux confins du Monde-Fleur, aux abords des mystérieuses Terres Interdites…

 

Premier tome d’une trilogie, Les Terres interdites semble plutôt orienté jeunesse, bien que ce ne soit pas clairement précisé sur le roman.
Voilà une réjouissante aventure de pirates ! De pirates oui ; car bien que la compagnie de l’Escroc-Griffe se réclame de l’ordre des chercheurs d’or, elle ne tarde pas à avoir la garde royale et le terrible Amiral Fantôme lancée à ses trousses… ne lui laissant d’autre choix que de se lancer dans la piraterie la plus basse.

J’ai passé un très bon moment avec la compagnie de l’Escroc-Griffe, mais je dois reconnaître que je ne me suis pas autant amusée que prévu avec ce titre, à cause de quelques points sur la forme qui m’ont chagrinée.
Tout d’abord, le rythme. L’histoire est déjantée à souhait et démarre sur les chapeaux de roue, maintenant ce rythme d’enfer quasiment de bout en bout. Et s’il est agréable d’avoir autant de péripéties, il faut reconnaître que, parfois, on a envie de souffler. D’autant que cette surenchère ne permet pas vraiment de tout approfondir : on a parfois l’impression de survoler un peu les événements, sans vraiment y prendre part et en laissant des détails cruciaux derrière nous. Heureusement, cette impression s’atténue quelque peu sur la fin, lorsque l’on arrive dans les Marais, où l’auteur prend plus de temps pour développer la civilisation du peuple que l’on y croise, ainsi que les relations entre les personnages qui prennent plus de consistance. Autre petit bémol : les dialogues m’ont parfois semblé passer du coq à l’âne et, dans certaines situations, j’ai eu l’impression de décrocher.

Bon, heureusement, il y avait quand même plein de bonne choses à côté de tout ça (et n’oublions pas qu’il s’agit d’un premier roman). La première chose qui marque, c’est l’univers riche (et légèrement barré) que l’on arpente. Imaginez un Monde-Fleur, bordé par des pétales qui, chaque nuit, se referment. Pour tout de même percevoir la lumière du Soleil (Sol), certains enhardis boivent de la lymphe et deviennent des lymphogateurs (pour faire simple, vraiment simple, ils sont nyctalopes). Dans cet univers, on croise des pirates, des chercheurs de trésors, de redoutables mousquetaires (la Garde Royale), des hommes-lézards (esclaves par condition), des civilisations entières qui coexistent (pas toujours pacifiquement) et des créatures proprement surnaturelles comme l’Amiral-Fantôme, sorte de spectre voguant sur les mers à la poursuite des derniers pirates (son repos est à ce prix).
Le contenu est extrêmement riche, les interactions sociales plutôt complexes et ce premier tome ne permet pas encore de faire le tour de toutes les informations (rassurez-vous : juste assez pour ne pas se sentir totalement perdu), tout en offrant un bon panorama d’un univers dense à souhait. Et tout cela prend place dans un univers délicieusement steampunk : Bretelle a une sulfateuse greffée au bras, Caboche utilise une pisto-rapière (rien que ça) et il y a d’autres petites inventions du même genre mêlant fantasy et technologie à vapeur avec bonheur.

L’aventure est bourrée de péripéties, toutes plus surprenantes les unes que les autres. Car à l’univers original s’ajoutent des rebondissements toujours plus originaux et inattendus : laissez votre esprit rationnel à la porte du roman, cela vaudra mieux. Les scènes d’action sont légion et, parmi elles, on ne manque pas de batailles dantesques et riches en adrénaline ! De ce point de vue-là, c’est une véritable aventure de pirates, on n’est pas déçus du voyage ! Les scènes maritimes, d’ailleurs, sont très réussies. Et comme les chapitres sont plutôt courts, ça s’avale facilement.
Autre bon point : l’histoire n’est pas seulement drôle et déjantée. Le sort des Kazarsses, les hommes-lézards, pousse à s’interroger sur les notions de racisme et d’esclavage.

Malgré quelques écueils de jeunesse et un rythme extrêmement trépidant, Les Terres interdites offre un bon moment de détente, en mêlant joyeusement fantasy, pirates et ambiance steampunk. Ce premier tome offre une bonne introduction à l’univers, tout en proposant une vraie conclusion (certes intermédiaire) à l’aventure en cours. Pas de frustration intense à la fin du roman, donc… malgré un retournement de situation final pour le moins inattendu et extrêmement bien amené !

♦ Le petit plus : interview de l’auteur chez Cornwall !

♦ N.B. : ce roman a été publié dans la collection Snark de Bragelonne qui propose des ouvrages numériques et en impression à la demande ; j’ai cette version et il est aussi beau qu’un livre lambda 🙂 (il a juste 4 millimètres de plus qu’un GF standard de Bragelonne, rien d’insurmontable).

Les Pirates de l’Escroc-Griffe #1, Les Terres interdites, Jean-Sébastien Guillermou.
Bragelonne (Snark), 2015, 462 p.

 

ABC Imaginaire 2015

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[2015] Petit bilan de juillet

Et hop, on a terminé juillet, sa canicule, ses insupportables problèmes de transport et ses lectures presque estivales. Au menu de ce mois-ci, un week-end à mille, des chroniques, des brèves, une sélection d’albums jeunesse

Carnet de lectures.

Rayon bulles.

Ce mois-ci, j’ai  lu le premier volume du comic Lazarus, Pour la famille, signé Greg Rucka, Michael Lark et Santiago Arcas.

C’est l’histoire de Forever, qui est la cinquième d’une fratrie et, surtout, le lazare de sa famille, les Carlyle. Le lazare est élu pour subir un entraînement intensif et obtenir le meilleur de ce que l’argent et la technologie peuvent offrir ; elle est donc la gardienne du clan Carlyle, la main armée et le bouclier protecteur.
Dans ce futur assez proche (et salement dystopique !), c’est la richesse qui dirige tout. Une poignée de riches familles s’est départagé le territoire et seuls les gens de même catégorie sociale compte. Les autres ne valent guère mieux que des déchets (dystopie, on a dit !).
Les Carlyle ont justement une famille qui leur fait de l’ombre et Forever est envoyée négocier. Sauf que… pas mal de monde voudrait la voir morte et, si on y regarde bien, peut-être même au sein de sa propre famille.
J’ai beaucoup aimé le dessin un peu anguleux, dans des tonalités sombres, qui cadre tout à fait avec l’univers mis en place. L’histoire est pleine de mystère : il y a plein d’allusions comme quoi Forever n’est pas (ou pas seulement ?) humaine, mais rien n’est jamais clairement dit (ou alors les pistes sont brouillées !). De plus, les inimitiés qui se dessinent dans le clan Carlyle laissent présager le pire. Ce premier volume a suffi pour me mettre l’eau à la bouche, je lirai volontiers la suite !

Côté mangas, j’ai lu le premier tome de The Ancient magus bride (première lecture du WE à mille).

Chise a le pouvoir de voir des choses que d’autres ne peuvent voir : c’est une Slay Vega. Elle est achetée par un magicien très étrange (dont la tête est un crâne animal !), qui souhaite en faire son apprentie magicienne, dès son retour en Angleterre. Ce premier volume m’a laissé un avis très mitigé. D’une part, j’ai bien aimé l’univers, où un magicien à crâne d’équidé (?) à corne peut prendre le joli minois d’un prêtre (chargé de l’envoyer enquêter sur des faits fantastiques et inquiétants de préférence), où les fées sont visibles pour certains et peuvent jouer des tours et où magiciens et sorciers se disputent la vedette (les uns faisant appel à la science, les autres au côté obscur de la force). Le dessin est assez intéressant et donne à voir cet univers prolifique. Je ne sais pas exactement ce qui m’a dérangée. Peut-être une certaine mollesse dans l’installation de l’intrigue et un faux suspens sur la romance plus qu’agaçant : le magicien annonce à la donzelle qu’elle sera sa femme, celle-ci n’est point trop d’accord, mais s’ensuivent moult scènes où l’on est censé comprendre, manifestement, qu’une étincelle jaillit. Mais ce n’est pas vraiment justifié ou creusé. De plus, le fil rouge n’est pas complètement installé, donc tout cela semble relativement light. En fait, je pense faire l’économie de la suite !

Et j’ai testé la forme gazette de la série Le Château des Étoiles d’Alex Alice, avec le numéro 4 (qui correspond au début du tome 2) : Les Naufragés des étoiles !

Bon, je ne vais pas m’étendre sur le dessin, qui est toujours aussi sublime, vu que je ne ferais que répéter ce que j’écrivais ici.
Je vais plutôt parler du format ! Premier point : la gazette est imprimée sur du beau papier (journal, mais beau quand même). Ensuite, il faut s’assurer d’avoir de la place pour la déplier, car le format est plus grand que celui de la B.D. On ne profite que mieux des illustrations, donc 🙂 Enfin, petit point de détail vraiment sympa : les articles ‘ »façon gazette » qui évoquent l’actualité en lien avec l’histoire ! C’est très riche et cela permet de prolonger l’expérience. Allez, il y a quand même un petit bémol… C’est bien court, j’ai envie de lire la suite !

 

Côté romans. 

L’an dernier, j’ai découvert avec plaisir La Dynamique des fluides, de Mathieu Tazo et, cette année, j’ai rempilé avec son deuxième roman, Un caillou dans la chaussure. C’est l’histoire de Samuel Marion, obscur fonctionnaire du Secrétaire des Droits de l’Homme, qui fait une boulette et se fait virer. En plus, son père décède le même jour, ce qui est franchement pas de bol. Il a alors l’idée de retourner à Barjance, le village de l’arrière-pays varois où ses parents ont une maison (pas de loyer donc !) et où il a eu un grand amour de jeunesse pour une jeune femme dénommée Sonia. Objectif avoué : devenir maire de la commune – et vu le maire en poste, ce n’est pas difficile. Objectif non avoué : revoir la-dite Sonia, malgré l’amour qu’il porte à son épouse et à sa fille. Aussitôt dit, aussitôt fait ! Le déménagement est acté, la campagne sur les rails et, en moins de temps qu’il n’en faut pour dire Barjance Samuel est maire. Sauf que. 25 ans plus tôt, Samuel a tué le gendarme Bardan, une brute épaisse. Quatre personnes seulement sont au courant, les ex-meilleurs amis du monde : Georges, qui vient de reprendre l’usine de lavande locale, Patrick, un gars pas toujours bien vu et… Sonia, bien sûr. Et pendant sa campagne, Samuel a imprudemment promis au fils Bardan qu’il pourrait mener son enquête… Voilà le caillou dans la chaussure.
Or, on sait dès le départ qu’il y a du rififi, puisque Samuel Marion ouvre le roman en nous disant que tout est fini. Mais hormis le fait qu’il s’en sort – presque – indemne, mystère… Le suspens est donc au rendez-vous !
Le premier roman avait des allures de road-trip vengeur ; celui-ci ressemble à une chronique sociale, avec tout ce que cela suppose de mesquineries villageoises, de petits secrets sordides cachés et de machinations bien huilées ! Sous des dehors assez acidulés, c’est un véritable roman noir !
La narration réserve sa part de sarcasmes : le Samuel qui narre l’histoire a plus de recul que le Samuel qui la vit… et fait quantité de mauvais choix ! On a d’ailleurs souvent envie de le secouer. L’ensemble est assez grinçant, mais l’auteur ne sombre pas dans la surenchère : c’est noir, c’est aussi drôle et c’est surtout très réaliste. Comme, en plus, on a une partie des éléments en attaquant la lecture mais que l’affaire est assez opaque, le suspens est au rendez-vous. Un mélange assez réjouissant entre polar et chronique sociale – mais pour être tout à fait honnête, j’ai préféré son autre titre.

Côté séries. 

Début juillet a été marqué par un marathon Le Visiteur du Futur. On s’est avalé les quatre saisons sur un petit week-end – ce qui vous donne d’ores et déjà un aperçu de l’appréciation !
La série a démarré sur le web, avant d’être diffusée sur la chaîne Nolife ; les deux dernières saisons sont coproduites par Ankama et France TV Nouvelles Écritures.

De quoi ça parle ?
De nos jours. Raph est un jeune homme tout à fait banal. Mais voilà : il est littéralement harcelé par un fou furieux au visage constamment tuméfié et bizarrement vêtu, qui affirme être un voyageur du Futur… et venir de 2550. Le Visiteur passe sa vie à pourrir celle de Raph, l’empêchant de jeter une canette près d’une poubelle ou d’engloutir sa pizza au motif que cela pourrait engendrer – à terme ! – une catastrophe anéantissant la Terre. Le Visiteur tente, en outre, d’échapper à la redoutable Brigade Temporelle qui le pourchasse et qui va d’ailleurs bientôt s’intéresser à Raph de près, de très près… Je ne vais pas résumer plus parce que, d’une part, ayant regardé toutes les saisons à la suite, je risquerais de vous spoiler bêtement en mélangeant la chronologie et, d’autre part, c’est bien plus sympa de découvrir comment tout va dégénérer. Sachez juste que, dans la saison 4, on découvre un petit côté steampunk fort sympathique.
La série est hyper dynamique et on n’a pas le temps de s’ennuyer, que l’on suive les déboires des personnages face à la Brigade Temporelle ou sur Terre en 2550, rasée et infestée de zombies. Au départ, j’ai été un peu déstabilisée par les premiers épisodes, très brefs, qui ressemblent plutôt à des sketchs. Jusqu’à ce que la sauce prenne et qu’on se retrouve embarqués dans l’histoire – ceci s’explique par le fait qu’au départ, il n’y avait que 3 épisodes ; devant l’engouement, François Descraques a réalisé une première saison de 22 épisodes.  Si vous avez bien suivi, il s’agit donc d’une web-série amateur, au début : mais le rendu de la première saison est très pro et le jeu des acteurs bien dosé ! On est assez loin de la web-série qui peine à passionner – en plus, la réalisation ne fait qu’évoluer. Le scénario est super dense : à chaque saison, quelque chose de nouveau fait son apparition dans l’histoire et l’ensemble est super bien ficelé : voyages et paradoxes temporels, ambiance post-apo, zombies, baston, mystère, sentiments, il y a de tout. En plus, la psychologie des personnages est particulièrement soignée et ne fait qu’évoluer. Avec ça, la tension est maintenue jusqu’à la fin – pas tellement sur l’arc narratif principal, mais sur plusieurs petits points restés en suspens. Bref : du très très bon. En fait j’aurais volontiers signé pour une ou deux saisons de plus, vu la qualité de la série !
La totalité de la série est visible sur leur site, mais vous pouvez également vous procurer les DVD !

Top & Flops. 

On ne change pas les bonnes habitudes et on attaque par les seconds.

J’ai lu, pendant le WE à 1000, le premier volume de la série The Ancient Magus Bride, dont j’ai apprécié les graphismes, mais dont le sujet ne m’a pas franchement passionnée. Je ne ferai pas d’autre chronique donc je vais résumer ici : l’univers dans lequel on plonge est assez complexe, ce qui est plutôt chouette, mais l’agréable densité est desservie par une intrigue que j’ai trouvée plate à souhait, la faute à trop de répétitions (comme l’obsession du magicien envers Chise, le personnage principal) et à des lieux communs. Je ne continuerai donc pas la série.

J’avais beaucoup aimé La Dynamique des fluides, mais le deuxième roman de Mathieu Tazo, Un caillou dans la chaussure, m’a un peu déçue. Je ne saurais dire si c’est l’aspect furieusement tête-à-claques du personnage principal qui m’a agacée ou les sarcasmes – pourtant bien dosés ! – qui m’ont laissée de marbre, mais le fait est que je me suis un peu moins amusée dans ce roman noir que dans le précédent. De l’art de ne pas comparer les différents titres d’un même auteur ?

Passons aux réjouissances, maintenant !

la-voie-des-rois-1-les-archives-de-roshar-brandon-sandersonOn attaque avec la nouvelle série de Brandon Sanderson, Les Archives de Roshar : ce premier volume (qui n’est, en fait, que la moitié du tome 1 !) est énorme, mais se lit super bien. Comme souvent (j’ai l’impression) chez Sanderson, c’est l’étendue et la complexité de l’univers qui étonne et fascine. Impossible de ne pas se figurer les habits, bâtiments, plats ou coutumes des différents royaumes traversés tant tout est précisément détaillé ici. Et malgré la redoutable épaisseur, jamais on n’a l’impression de se traîner dans l’histoire. Génial !

En fait, cette lecture était tellement géniale qu’elle a salement éclipsé toutes les autres – pourtant il y avait de super découvertes mais, parfois, c’est dur de rivaliser !

Heureusement, il y a un manga qui m’a laissée sur des charbons ardents : le volume 5 d’Erased. Mais c’est QUOIerased-5-kei-sanbe cette fin ??!! Quand, en plus, je lis que le volume 6 vient SEULEMENT de sortir au Japon, je me dis que je ne suis pas sortie de l’auberge. Mais pourquoi tant de haine, franchement ? Bref, un tome bourré de révélations, j’ai adoré.

 

 

 Citations. 

«Sur l’écran, les yeux mordorés de la fille-soleil sont grands ouverts, ourlés de cils que le mascara Rosier allonge infiniment : « Un soleil ?… Marcus a dit ça de moi ?… »
Kenji : « Oui. Il est responsable Planétologie, il sait de quoi il parle. Il a dit que tu étais comme une géante rouge – tu sais, ces étoiles en fin de vie qui s’enflamment, qui rougissent, et qui brûlent tout leur système solaire autour d’elles en mourant ?»
Phobos, Victor Dixen.

«Culsans et Dionysos étaient les seuls à voir le jour se lever, les seuls à entendre les oiseaux saluer le soleil. Le dieu étrusque fit un pas vers l’estrade.
– Nous sommes seuls, lui confia-t-il. Tous orphelins d’un monde mort, d’un passé dont la mémoire s’étiole peu à peu. Ce n’est pas en épuisant nos ultimes fidèles que nous changerons cela. La trame du destin se tisse quoi qu’il advienne, et nul ne peut la défaire, nul ne peut revenir en arrière, ni les humains ni les dieux.»
Enoch, Estelle Faye.

«- Est-ce Jasnah Kholin qui vous a enseigné ce talent au crayon ?
– Non, ardent, dit-elle, encore debout.
– Toujours aussi cérémonieuse, dit-il en lui souriant. Dites-moi, suis-je donc si intimidant?
– On m’a appris à témoigner du respect aux ardents.
– Eh bien, je trouve pour ma part que ce respect est semblable au fumier. Utilisez-le où c’est nécessaire, et les cultures s’épanouiront. Répandez-le en trop grande quantité, et les choses se mettront simplement à empester. […]

– Vous avez appris ça, dit Kabsal en élevant son dessin de Jasnah, dans un livre.
– Heu … oui ?
Il regarda de nouveau le portrait.
– Il faut que je lise davantage.»
La Voie des rois, partie 1, Brandon Sanderson.

Etiquette & espionnage, Le Pensionnat de Mlle Géraldine, Gail Carriger.

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Angleterre, début du 19e siècle. Sophronia, 14 ans, est un défi permanent pour sa pauvre môman : elle préfère démonter les horloges et grimper aux arbres qu’apprendre les bonnes manières ! Mrs Temminnick désespère que sa fille devienne jamais une parfaite lady… aussi inscrit-elle Sophronia au Pensionnat de Melle Géraldine pour le Perfectionnement des Jeunes Dames de Qualité. Mais Sophronia comprend très vite que cette école n’est peut-être pas exactement ce que sa mère avait en tête. Certes, les jeunes filles y apprennent l’art de la danse, celui de se vêtir et l’étiquette ; mais elles apprennent aussi à donner la mort, l’art de la diversion, et l’espionnage – le tout de la manière la plus civilisée possible, bien sûr. L’année au pensionnat s’annonce bien moins rasoir que prévu.

De Gail Carriger, j’ai lu quelques tomes du Protectorat de l’ombrelle, une série que j’affectionne particulièrement. Le Pensionnat de Mlle Géraldine me tentait donc diablement.

L’histoire se déroule environ 25 ans avant celle du Protectorat et, contrairement à l’autre série, est plus orientée adolescents. On y suit en effet les aventures de Sophronia, 14 ans, qui intègre un pensionnat formant à la fois des jeunes dames de qualité et de espionnes redoutables.
Premier bon point : on retrouve le style délicieusement surannée et très pince-sans-rire de Gail Carriger. Sophronia n’est pas Alexia, loin de là, mais elle a de qui tenir ! De même coup, on replonge dans un univers très inventif qui mêle vampires, loups-garous et inventions scientifiques délirantes à base de pistons et de vapeur. Vous l’aurez compris, on nage en plein steampunk – pas tout à fait échevelé, tout de même. Pensionnat pour jeunes filles bien élevées oblige.

Ce qui est extrêmement drôle, c’est qu’il ne nous faut pas longtemps pour comprendre de quoi il retourne au pensionnat de Mlle Géraldine. Sophronia, de son côté, dans sa grande naïveté, met des plombes à mettre des mots sur ce qu’elle pressent : une dame a-t-elle vraiment besoin d’apprendre à se battre au couteau ? Est-ce bien raisonnable ? Le décalage est extrêmement comique ! Pour autant, la jeune fille n’est pas une sainte-nitouche peureuse : elle a un tempérament de feu et n’hésite ni à explorer l’école, ni à se mettre dans des situations pour le moins emberlificotées, par simple goût de l’espionnage. L’action est donc au rendez-vous !
Mais, si vous êtes adeptes du Protectorat, attention : Étiquette et espionnage n’est pas aussi alambiqué. Le complot, pourtant, est présenté dès les premières pages, mais passe rapidement au second plan, Sophronia étant accaparée par ses études, les relations avec ses camarades et son exploration de l’école. Du coup, lorsqu’elle finit par s’atteler à la résolution du mystère, le roman a déjà bien avancé. Mais on ne s’ennuie pas pour autant ! L’histoire est rythmée et l’ambiance travaillée : on est quelque part dans un mélange du Protectorat de l’ombrelle (normal), d’Harry Potter (école oblige) et du Collège de magie (pour la partie pensionnat de jeunes filles). Un mélange aussi délirant qu’enthousiasmant !
De plus, les aventures de Sophronia permettent de revenir sur des questions très actuelles à l’ère victorienne – et encore aujourd’hui, finalement. Quid des garçons ? Comment se comporter avec eux  et que faire en cas d’approche frontale ? Peut-on parler à Savon qui est… naturellement noir comme suie – et très certainement un des meilleurs personnages du roman – ?

À propos des personnages, on regrettera que vampires et loups-garous soient un tantinet moins présents que dans les aventures d’Alexia… En revanche, on apprécie de croiser quelques personnages phares de la série-mère, comme la fameuse Geneviève Lefoux, alors très jeune !

En somme, s’il manque à Étiquette et espionnage le petit degré d’extrême complexité qui fait le charme des aventures d’Alexia, il n’en reste pas moins une bonne introduction à l’univers et à la série, doublé d’une bonne aventure steampunk. L’intrigue est rythmée, truffée de rebondissements hauts en couleur et l’ambiance toute british, perturbée par les répliques policées et caustiques des jeunes filles, donne tout son sel au roman. En bref, voilà un bon titre steampunk au rayon young-adult !

Le Pensionnat de Mlle Géraldine #1, Étiquette & espionnage, Gail Carriger. Traduit de l’anglais par Sylvie Denis.
Le Livre de Poche, 2015, 375 p.

 

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