[2020] Petit bilan de juin.

Encore pas mal de lectures ce mois-ci : merci l’organisation du drive à la bibliothèque (donc des transports en commun pour moi puisque ce n’était pas dans mon bâtiment habituel) + le télétravail (plus de temps pour lire le matin en se levant à la même heure !). J’ai écouté pas moins de quatre livres audio (dont un commencé en mars, soyons honnête) ! Une belle perf’ pour quelqu’un qui, il y a quelques années encore, regardait le système avec circonspection !

Un peu de stats :

Ce mois-ci, j’ai lu 2986 pages et écouté 2090 minutes de lecture ! Bon, on voit s’effacer l’effet confinement + beaucoup de télétravail, le nombre de pages a déjà bien diminué 🙂

Carnet de lectures.

Son vrai visage, Karin Slaughter (Harper Collins).
J’avoue que j’ai lu ce livre parce que je n’avais jamais rien lu d’elle – et qu’en plus une adaptation en série est en cours. Dans ce roman, on suit une jeune femme, Andy, qui subit les remontrances de sa mère, Laura, car elle n’a « rien » fait de sa vie (comprenez : 31 ans, pas mariée, pas d’enfant, avec « seulement » un boulot d’assistante à la police. Précisons qu’elle a quitté sa vie à NY pour revenir s’occuper de sa mère atteinte du cancer…). Bref, une maman bien sympa comme on les aime. Alors qu’elles sont au resto, un homme entre et tire à tout va et là, c’est le drame : il s’attaque à la mère qui… le bute, façon ninja. Donc c’est le choc le plus total pour Andy qui semble découvrir sa mère. Mais ça ne s’arrête pas là ! Après ça, sa mère se conduit de plus en plus bizarrement, lui ordonne de partir, lui donne des directives complètement étranges et la chasse de chez elle.
Je suis un peu mitigée. Le début était hyper prenant : entre l’attaque au resto, la réaction de la mère et la fuite d’Andy, on est servis. Malheureusement, le soufflé retombe très très vite. Car rapidement, l’histoire alterne deux intrigues : celle qui se déroule en 2018 et une autre qui se déroule en 1986. Or, les personnages et les situations n’ont aucun rapport les uns avec les autres. Au début cela entretient super bien le suspense. Sauf que les chapitres sont affreusement longs. J’avais de plus en plus l’impression de lire deux livres différents, dont aucun ne me passionnait franchement. En fait, l’alternance, le manque de rythme et l’absence d’informations rendent l’histoire hyper confuse. Et… je me suis ennuyée. Le pire, c’est que l’intrigue fonctionne plutôt pas mal mais la fin ne m’a pas du tout convaincue. J’ai eu l’impression d’arriver devant un « Quoi, tout ça pour ça ? » Mauvaise pioche pour un premier titre de l’autrice du coup.

Les Lames du Cardinal, tome 1, Pierre Pevel (Hardigan).
J’ai lu cette série à sa parution, je pense et j’avais adoré. Pour ne rien vous cacher, j’ai dévoré ce tome 1 durant un long voyage en voiture et désespéré, à mon arrivée en Île-de-France, en constatant qu’aucune librairie n’avait la suite ! Suite que j’ai achetée dans une librairie de Chartres, alors que j’étais là pour du tourisme. Mieux : j’avais mis le tome 1 dans ma liste « pour une île déserte » sur Babelio. C’est dire si j’avais adoré !
Avec le télétravail, j’ai pris l’habitude d’écouter des livres audio – sauf quand j’avais un truc un peu trapu à terminer. Or là, c’est ce que j’avais donc… prendre un livre audio déjà lu était parfait. Malheureusement… je n’ai pas tellement accroché à la (re)lecture, alors même que j’en gardais un excellent souvenir. Premier problème : le lecteur. Je n’ai pas accroché à sa façon de lire (qui me faisait décrocher toutes les trois phrases). Pire, les voix féminines étaient exécrables ! Elles s’expriment toutes sans exception sur un ton benêt, et la moindre prise de parole semble être d’une bêtise sans fond. Mais il n’y a pas eu que ça. Au fil des chapitres, j’ai retrouvé un trait qui m’agace un peu chez Pierre Pevel : tous ses personnages semblent montés de la même façon. Si bien qu’une fois qu’on a lu un roman, on retrouve toujours les mêmes types de personnages (raison pour laquelle j’avais un peu calmé mon rythme de lecture de ses œuvres, afin de ne pas être polluée par des personnages trop proches). Là, j’ai également remarqué (à mon grand agacement, bis repetita), que les personnages féminins sont tous parfaitement décrits, avec force détails. Les hommes ? Bah ils ont une épée et des bottes. J’exagère, car en réalité, ils sont un peu plus décrits que cela, mais jamais avec autant de précisions que leurs homologues féminines. Lesquelles sont toutes sublimes… ou grosses. Pas d’entre d’eux dans le Paris des dragons. Quelle tristesse ! J’étais donc bien déçue de ne pas retrouver ce qui m’avait tellement plu à ma première lecture, dont je garde malgré tout un excellent souvenir (fantasy historique, dragons et roman de cape et d’épée, qui dit mieux ?). En plus de cela, il manque un chapitre à la version audio ! Ok c’est au tout début, mais quand même !

Côté séries

Space Force

Au début du mois, j’ai regardé cette série, attirée par la mention de conquête spatiale. Et si j’ai été assez surprise par le contenu, je dois reconnaître que j’ai vraiment accroché. On y suit les pérégrinations de Mark Naird, devenu générale 4 étoiles et à qui on confie la toute nouvelle Space Force, dont l’objectif est de conduire une mission habitée sur la Lune d’ici à 2024.
La série table plus sur le genre de la comédie potache que sur le réalisme et, une fois n’est pas coutume, cela m’a plu ! Au fil des épisodes, tout part plus ou moins en cacahuète (d’ailleurs ce n’est pas toujours vraisemblable) mais toujours dans une ambiance humoristique. À regarder si vous voulez passer un moment de détente, mais à éviter si vous cherchez une série de SF ou une série politique !

The Order

Bien partie avec Space Force, j’ai donc enchaîné avec The Order.
Jack Morton, un étudiant de première année à l’université Belgrave, décide de rejoindre l’Ordre hermétique de la rose bleue, une société secrète légendaire qui enseigne et pratique la magie. Alors que Jack approfondit l’histoire de l’organisation, il découvre de sombres secrets de famille. Franchement, ça partait bien : une université des arts occultes, des confréries secrètes, de la baston magique, des secrets de famille… Mais malgré ces bons ingrédients, je n’ai pas réussi à dépasser le troisième épisode. Déjà, l’histoire débute tellement in medias res que j’ai eu l’impression de débarquer dans la saison 2 ! Il manque la moitié des infos et celles qui sont données sont complètement inutiles. Pire : c’est d’un cliché !! Et les dialogues sont si nuls !!! Honnêtement, je n’ai regardé le 3 épisode que parce que j’étais sidérée par le jeu improbable des acteurs, la platitude des échanges et la nullitude totale du scénario. À ce stade, c’est de l’art.

Top/Flop.

J’ai été assez déçue par Son vrai visage, dont j’ai parlé ci-dessus – je ne reviens donc pas sur cette lecture. Je reste assez curieuse de regarder la série qui en est adaptée !

En revanche, il y a eu pas mal d’excellentes lectures, ce qui a rendu le choix d’un unique titre difficile ! Mais comme je n’ai eu qu’un coup de cœur roman ce mois-ci… c’est L’incroyable voyage de Coyote Sunrise de Dan Gemeinhart (PKJ) qui remporte la mise. Coyote, douze ans, vit avec son père, Rodéo, dans un ancien bus scolaire. A bord de Yageur (le bus), ils sillonnent les Etats-Unis. Or, Coyote apprend que le square de son enfance va être détruit pour y faire passer une route. Son sang ne fait qu’un tour : il faut qu’elle y soit avant la destruction totale. Il lui faut donc convaincre son père de faire en 4 jours 5700 kilomètres… sans qu’il s’aperçoive de l’endroit où ils vont. Car une chose est sûre : jamais, au grand jamais, Rodéo ne remettra les pieds volontairement dans leur ville d’origine.
A la lecture du résumé, je me demandais vraiment comment Coyote parviendrait à faire parcourir à son père autant de kilomètres sans qu’il se doute de rien : eh bien bizarrement, ça marche et l’astuce est même super bien trouvée ! Le roman débute comme un road-trip gai et ensoleillé. Sans trop de surprise, l’errance de Coyote et Rodéo cache un secret bien douloureux, que l’auteur dévoile peu à peu. Plus on cavale vers la fin, plus la charge émotionnelle est grande – et je dois avouer que j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps sur la fin. Malgré cela, l’auteur livre un roman tendre, doux, plein d’humour et de péripéties rocambolesques, que je recommande à 1000% (au moins).

Citations.

« Une amitié – une vraie -, ça ne se construit pas en un jour. Le chemin est pavé de maisons Barbie détruites, de hurlements sur un parking de cinéma et d’erreurs – parfois terribles. L’amitié, c’est un chaos de lignes tracées dans le sable, de loyautés remises en question et de réponses difficiles par messages. C’est oser se comparer et exposer ses insécurités.
Mais l’amitié, c’est aussi jouer au bowling selon ses propres règles. Rire à en avoir mal au ventre et les joues baignées de larmes. C’est savoir qu’on peut compter sur quelqu’un, des personnes en chair et en os à travers tout le pays, qu’un texto ou un appel suffit à rameuter. C’est avoir moins peur de sombrer dans les ténèbres quand on a des guides pour nous aider à progresser dans le noir.
L’amitié, ça n’a rien de simple. C’est difficile, énervant, génial, fragile, durable, impossible… Mais ça en vaut toujours la peine.
Toujours. »
Triangle amoureux (ou pas), Marisa Kanter.

« Squib plissa les paupières en les fermant presque. Il pensait que le blanc de ses yeux pouvait trahir sa présence. Hooke lui racontait-il des conneries ? Avait-il seulement attaché son bateau ?
Sans doute pas.
Il n’avait pas véritablement prévu la dernière partie de cette mission. Aussi se retrouvait-il bloqué sur cette putain d’île en compagnie des sangliers et des couguars et peut-être même d’une bande de fourmis rouges, alignées dans une file bien ordonnée, qui viendraient lui dévorer la bite. Et s’il essayait de s’enfuir en courant, Hooke lui enverrait une grenade au cul, comme un cornet de glace à réaction.
Quelle nuit délicieuse !
Everett Connard Moreau : organisateur de génie.
Comme ce petit Français qui aimait bien les grandes femmes pour se prouver quelque chose. Napoléon.
Mais pas du tout comme lui, en fait, sauf que tous les deux avaient fini coincés sur une île, s’il se souvenait bien de ses leçons d’histoire. Ou peut-être était-ce Huckleberry Finn qui s’était retrouvé en rade sur son île.
En tout cas, en cette belle soirée, c’était lui, l’imbécile bloqué sur une étendue de terre entourée d’eau. »
Le Dernier dragon sur Terre, Eoin Colfer.

« Les assassins ressemblent fort aux honnêtes gens et rien ne les en distingue dans la vie courante. Ce sont très souvent des gens charmants, polis et raisonnables. »
Cartes sur table, Agatha Christie.

« Le père Balthazar était versé dans la philosophie et la casuistique. Si le saint homme m’avait promis le gîte et le couvert, il nourrissait avant tout mon esprit.
– Vois-tu, Pablicos, il convient de distinguer deux types de pauvres : il y a ceux qui, non habentes, n’ont rien… Et ceux qui, nolentes habere, ne veulent pas avoir… et ne veulent surtout pas travailler ! Ce sont eux qui, mendiant par choix, confisquent à leur profit l’aumône des braves gens, privant ainsi de ressources les vrais nécessiteux. Confesse-le, Pablicos, tu fus de ces gueux-là !
– Peut-être, mais… et les nobles ? Eux non plus ne travaillent pas !
– Bien observé ! Mais puisqu’il existe de nobles lignées, il en est forcément d’ignobles. N’aurais-tu pas mérité, par ta naissance, le triste sort qui est le tien ?
– Qu’est-ce que le mérite a à voir là-dedans ?
– Les actes… la grâce… voilà d’épineux points de théologie ! Médite plutôt cette simple et réconfortante pensée : le bonheur n’est point pour ici-bas »
Les Indes fourbes, Ayrolles et Guarnido. 

« Les médecins ont expliqué que s’ils n’étaient pas suffisamment exposés au soleil, les orphelins risquaient de souffrir de rachitisme, une déformation du squelette qui rend les os mous et tordus. Heureusement, l’attention médicale est rigoureuse à l’Inclusa. Mais Puri a entendu des médecins se lamenter sur le fait que le taux de mortalité des nouveau-nés était particulièrement élevé en Espagne. Les cas de polio augmentent chaque année.
– Certains pays ont un nouveau vaccin contre la polio, a signalé l’une des jeunes mères. Pourquoi ne l’utilise-t-on pas en Espagne ?
– Peut-être que les autres pays ont besoin d’un vaccin parce qu’ils n’ont pas la foi pour écarter la maladie par la prière, a répondu Sœur Hortensia. Le Saint-Esprit éloignera la polio.
Vraiment ? se demande Puri. Elle se demande beaucoup de choses, mais quand elle pose des questions, on la gronde.
Quand on dit à la radio que « l’Espagne est le pays élu de Dieu », cela signifie-t-il que Dieu a abandonné les autres pays ? Et si les étrangers sont indécents, pour quelle raison l’Espagne ouvre-t-elle ses portes aux touristes ?
– Pourquoi faut-il donc toujours que tu questionnes tout ? la chapitre sa mère. N’as-tu donc aucune foi ?
Puri a une foi solide, mais elle a aussi des questions. Ne peut-on avoir les deux ? »
Hôtel Castellana, Ruta Sepetys.

Le Vol de la Sigillaire, Les Artilleuses #1, Pierre Pevel & Étienne Willem.

Aventurières et hors-la-loi, elles sont trois : Lady Remington, Miss Winchester et Mam’zelle Gatling. N’hésitant jamais à faire parler la poudre, elles sont connues de toutes les polices d’Europe. Ce coup, cependant, pourrait bien être leur dernier. Car le vol d’une mystérieuse relique – la Sigillaire – leur vaut d’être pourchassées non seulement par les Brigades du Tigre, mais également par les redoutables services secrets du Kaiser…

Cette bande-dessinée se déroule dans l’univers du Paris des Merveilles de Pierre Pevel, mais est lisible tout à fait indépendamment de sa trilogie – donc pas de panique si vous ne l’avez pas lue.

L’histoire se déroule donc à Paris, en 1911. L’Outremonde a révélé son existence (et certains couloirs du métro permettent même d’y accéder) : humains et petit peuple se côtoient au quotidien. D’ailleurs, la reine Méliane prévoit de célébrer son jubilé à Paris ! Devant les façades haussmanniennes, il est donc possible de croiser des fées, des dragons de petites tailles, des trolls, des dirigeables ou encore des drones au look résolument steampunk.
L’intrigue débute avec le braquage des Artilleuses, nos trois héroïnes : Lady Remington, aristocrate anglaise, est également une redoutable magicienne ; Mam’zelle Gatling est en fait une fée artificière, spécialiste en explosions ; Miss Winchester, enfin, est une pilote et tireuse d’élite américaine. Toutes trois ont écumé les bons coups, mais ont vivement besoin d’argent. Le braquage de la Sigillaire se fait donc dès les premières pages et donne le ton : l’action est bien présente.

La récit, truffé de péripéties (et de batailles rangées) est donc mené à un rythme trépidant. Or, bizarrement, on ne sort jamais de l’impression de lire une assez longue introduction à l’univers. Car les véritables enjeux de l’intrigue n’apparaissent finalement que dans les deux dernières pages… Ce qui inscrit bien cet opus comme le premier tome de la trilogie annoncée. Ce n’est pas désagréable, car ainsi l’univers est bien installé, mais c’est un peu frustrant. D’autant que les personnages sont assez rapidement caractérisés (réduits à un ou deux traits de caractères). J’attends donc la suite avec impatience pour savoir comment tout cela va évoluer !

Côté graphismes, Étienne Willem use d’un découpage assez classique et d’un style cartoonesques qui colle vraiment bien à l’univers comme à l’histoire. Et la mise en couleurs de Tanja Wenish est efficace.

Après cette longue introduction à l’univers et aux enjeux, je suis curieuse de savoir de quoi il va être question au juste dans cette trilogie. Ce premier tome fait une très bonne mise en bouche au contexte, mais s’avère un peu frustrant du point de vue de l’intrigue en elle-même, tant on a l’impression de l’effleurer. J’ai donc hâte de lire le tome suivant, car celui-ci a titillé ma curiosité !

Les Artilleuses #1 : Le Vol de la Sigillaire, Pierre Pevel (scénario), Étienne Willem (illustrations), Tanja Wenish (couleurs).
Drakoo, mars 2020, 48 p.

Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être :