Un héros improbable, Les Gardiennes d’Aether #1, Olivier Gay & Jonathan Aucomte.

Entre magie et technologie, l’Empire de Valania prospérait, jusqu’à ce qu’il soit envahi par des monstres quasi-invulnérables. Seule une étrange épée peut les blesser mais elle s’est liée à la première personne qui l’a touchée : un jeune serviteur du palais. Le destin du monde dépend désormais de lui.
Il a pour l’aider une princesse caractérielle aux puissants pouvoirs magiques ; son amie d’enfance, épéiste de renom ; et une dangereuse pirate aux motivations mystérieuses.
Lui, en revanche ? Non, il ne sert vraiment à rien…

Je connaissais Olivier Gay comme romancier, je le découvre ici comme scénariste. Et j’ai adoré ma découverte !

Dès le début, la bande-dessinée annonce la couleur : ce sera marrant. En effet, la narration nous indique que l’intrigue se déroule dans une contrée prospère… mais que la paix ne durera que le temps de deux pages. Dont acte. Car à l’issue des deux pages, le royaume est attaqué par d’horribles scarabées géants indestructibles. De là débute pour nos personnages une fuite éperdue, à la recherche de soutiens et d’un moyen d’en réchapper.

L’intrigue est hyper dynamique : autant les scènes d’action et les passages plus calmes sont bien dosés, autant il est difficile de s’ennuyer vu le rythme du récit. L’humour joue énormément sur le comique de situation et de répétition, sur les répliques salées et les annotations incongrues et, si c’est parfois un peu répétitif, je me suis rarement autant bidonnée en lisant une bande-dessinée !

Ce sont vraiment les personnages qui font tout le sel de la BD. J’ai été très surprise, au début de ma lecture, de m’apercevoir qu’Aether était un personnage, et non un lieu, un trésor, ou un pouvoir, comme je l’avais d’abord pensé à la lecture du titre. Et celui-ci, Un héros improbable, est tout justifié : Aether est décoratif, sympa, mais clairement inutile ! Ce sont ses trois compagnes qui portent le récit, et le sauvetage à bout de bras. L’inversion est super bien réalisée, car avec ça, les auteurs n’en font pas des caisses sur le héros inutile versus ses compagnes badass. Les personnages sont faussement archétypiques, et c’est ce qui en fait tout l’intérêt. Évidemment, un triangle (un quadrilatère !) amoureux glisse le bout du nez, mais tourné de telle façon que l’on ne peut qu’en rire – Aether étant de toute évidence imperméable à toute tentative de séduction.
C’est bien mené, et suggéré autant par la narration, que par les graphismes.

Ceux-ci, très colorés, avec un joli trait rond, donnent vie à un décor fabuleux, mi-fantasy, mi-steampunk, qui accorde autant d’importance à la magie qu’à la science, et dans lequel je me suis plongée avec plaisir. Les expressions des personnages sont bien rendues, et la BD était aussi plaisante à lire qu’à regarder !

Très bonne pioche, donc, que ce premier tome des Gardiennes d’Aether : l’intrigue est prenante, l’univers intéressant, les personnages impayables et l’humour, aussi répétitif soit-il, très efficace (du moins dans mon cas). A tel point que j’ai vraiment hâte de lire la suite !

Les Gardiennes d’Aether #1 : Un héros improbable, Olivier Gay (scénario) et Jonathan Aucomte (illustrations).
Drakoo, 1er septembre 2021, 48p.


Et hop ! Catégorie Baba-yaga du Cold Winter Challenge validée !