Le Jeu du maître, James Dashner.

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Quand le quotidien est sans intérêt, que les rêves n’existent plus, il reste la réalité virtuelle. Comme la plupart des jeunes de son âge, Michael passe son temps sur le VirtNet, une plateforme tentaculaire à mi-chemin entre un jeu vidéo et un réseau social. Relié au serveur par des fils sensoriels, son cerveau baigne dans cet univers parallèle. Mais quand une série de suicides – bien réels, ceux-là – intervient dans le cadre du jeu, Michael et ses amis hackers doivent se rendre à l’évidence, effrayante. L’intelligence artificielle aurait-elle pris le pas sur la réalité ?

Poussée par le succès du Labyrinthe, j’ai décidé de découvrir la nouvelle saga de James Dashner : réalité virtuelle, intelligence artificielle retorse, cyberthriller : tout pour me plaire.

Sauf que non. Pour commencer, je n’ai pas réussi à adhérer au postulat de base. Michael et ses amis, Sarah et Bryson, sont recrutés par la police du réseau, la redoutable VirtNet Security (VNS), parce que ses agents surqualifiés sont mis en difficulté par une intelligence artificielle qui sème la zizanie dans le réseau et pousse des usagers à se suicider (pour de vrai). Pour ce faire, Michael est littéralement kidnappé dans la Veille (soit la vie réelle) par les gros bras de la VNS. Alors, que l’on fasse appel à des hackers surdoués d’une vingtaine d’années (ou plus), passe encore. Mais trois adolescents tout juste sortis des basques de leurs parents, c’est nettement moins réaliste. D’autant que la VNS sait toujours comment piéger notre trio, les obliger à aller enquêter dans telle ou telle autre direction et les suit à la trace : à ce stade, autant faire le travail soi-même, non ? Là où, dans les dystopies, on adhère instantanément à ces adolescents rebelles (un état normal à l’adolescence, si l’on peut dire) qui veulent changer leur société, ici on a du mal à accepter ce scénario pour le moins bancal. Mais passons à la suite pour pouvoir progresser.

Celle-ci, malheureusement, n’est guère meilleure. Impossible de se raccrocher aux personnages, tellement creux et manquant de personnalité qu’ils en deviennent insipides et inintéressants. Leurs pérégrinations en sont d’autant moins passionnantes. De plus, les personnages secondaires sont dans la même veine et, pire, s’avèrent interchangeables. Alors on a évidemment l’experte compétente-mais-pas-trop (sinon elle aurait mené elle-même la barque de la VNS), sexy et froide, flippante au point d’être quasiment à classer au rang des opposants ; la patronne de la pègre locale tenancière de bordel ; le bad guy de service qui se bat à coups d’intelligence artificielle pernicieuse à souhait ; les divers gros bras qui se castagnent à tort et à travers. En trois mots : c’est cliché.

Côté péripéties, on n’est pas mieux servis. Difficile d’être surpris tant les rebondissements s’enchaînent avec une facilité qui ne laisse aucune place au suspens. C’est long et pénible. Et le twist final, quant à lui, est tellement simple et prévisible qu’on se demande si ce n’est pas une parodie – mais apparemment, non.

On ne pourra donc pas dire que j’aurais eu une révélation avec James Dashner : c’est mou, c’est long, creux et cliché, un vrai ramassis des lieux communs les plus courus des romans young adult. Sans surprise, je m’abstiendrai de lire la suite. 

Mortality Doctrine #1 : Le Jeu du maître, James Dashner. Traduit de l’anglais par Guillaume Fournier. Pocket Jeunesse (PKJ), mars 2016, 286 p. 

 

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