La Reine courtisane, Anna Triss.

Après des siècles de paix, les quatre Éléments-Clans de l’île Symbiose se livrent une guerre sans merci. Sylvan, le jeune roi Falune, guerrier cruel et impitoyable capable de contrôler la magie de Feu, asservit les trois autres royaumes de Symbiose en semant la mort et la terreur sur son passage.
Je suis la reine Alena du Clan Gelane affilié à la magie de l’Eau.
J’ai été capturée par mon pire ennemi lors du siège de ma cité. Je connais déjà le sort funeste qui m’attend ce soir. Comme les princesses des deux autres Éléments-Clans qui m’ont précédée, je suis destinée à devenir la nouvelle épouse du tyran Sylvan.
Et demain à l’aube… Je serai exécutée.
Mais reine ou esclave, je reste avant tout une Gelane. Je ferai honneur à notre devise ancestrale.
« Face à son ennemi, un Gelane ne verse aucune larme, et jamais il ne renonce à brandir ses armes. »

Après avoir tellement peiné sur Le Dernier Drae, autre titre de la sélection Fantasy du Prix Livraddict, je pensais être tirée d’affaire. Il ne pouvait pas y avoir deux titres qui me déplaisent profondément dans la même sélection, non ? Eh bah raté. Il y en avait un deuxième et j’ai nommé La Reine courtisane.

Avant d’attaquer les choses qui fâchent, parlons des bons points de ce roman – car oui, il y en avait !
L’intrigue se déroule intégralement sur l’île de Symbiose, elle-même sise dans l’univers déjà détaillé dans la série La Guilde des ombres. Si le statut de spin-off explique l’impression d’univers très complexe que l’on a en attaquant le roman, il n’est pas nécessaire d’avoir lu l’autre série pour tout comprendre.
L’île de Symbiose est répartie entre quatre Clans, dont les magies sont liées aux quatre éléments. A cela s’ajoute un cinquième clan, celui des Renégats, c’est-à-dire les habitants dépourvus de magie et envoyés en exil. Charmant, non ? Or, pour ne rien arranger, c’est la guerre sur l’île, menée par le clan du Feu, qui a déjà rétamé ceux de la Terre et de l’Air, et s’attaque désormais à celui de l’Eau. Le système de magie n’est pas particulièrement détaillé, mais chaque clan a la main-mise sur un des éléments, qu’il peut déchaîner à loisir. J’aurais bien aimé que ce soit un peu plus détaillé, d’ailleurs, de même que l’univers en général, car j’ai eu l’impression que l’on effleurait simplement du doigt les lieux arpentés (que ce soit en termes d’explications ou de descriptions).

Le résumé l’annonçait, le récit reprend quelque peu la trame des Mille et une Nuits, puisque la reine Gelane a bien vite l’idée de raconter des histoires pour obtenir un sursis. Or, les histoires qu’elle raconte semblent très liées à la situation qu’elle traverse… D’ailleurs, on s’aperçoit bien vite que l’on a affaire (du moins au tout début), à un narrateur non fiable. Ce qui est un peu dommage, c’est que c’est cousu de fil blanc… et donc qu’on s’en doute très fortement. De même, si j’ai aimé le procédé des histoires incluses dans l’histoire, j’ai trouvé qu’elles arrivaient un peu comme un cheveu sur la soupe, cassant parfois la narration et le suspense qui pouvait être en cours.
La narration, tiens, parlons-en ! La première moitié (grosso modo) du roman est intégralement narrée, à la première personne par Alena. Ce n’est vraiment pas le type de récit que je préfère (d’autant qu’elle est censée être illettrée et parle vraiment très très bien !), mais cela fonctionne très bien. J’ai donc été très gênée par le changement brutal de narration, dans la seconde partie, qui passe à une alternance entre Sylvan et Alena, toujours en première personne. Mais pourquoi, grands dieux ?! Sans surprise, on se retrouve donc avec des bouts de scènes racontés d’un côté, puis de l’autre, ce qui s’avère (souvent) répétitif (et très agaçant). D’autant qu’on se farcit encore plus de récits de pensée de part et d’autre, qui s’avèrent d’une affligeante niaiserie.
Du coup, j’ai trouvé le temps extrêmement long.

Il faut aussi dire que côté fantasy, ce n’est pas hyper original : les péripéties sont globalement assez convenues (on n’échappe ni à la prophétie, ni à la découverte de l’élu insoupçonné) et si c’est dans l’ensemble narré avec un minimum de rythme, on n’étouffe pas non plus sous le suspense. Heureusement que la plume de l’autrice est fluide, ce qui fait que ça se lit quand même !

Mais parlons plutôt du point qui fâche. La romance. Alors oui, c’est de la romantic fantasy, donc c’est un peu le principe du roman. Mais est-ce qu’on est vraiment obligés de subir plus de 400 pages de « je t’aime/moi non plus » dans une relation ô combien toxique ? Sylvan est un affreux connard qui mérite la prison à vie ou, mieux, le gibet – j’étais donc affreusement déçue qu’il ne finisse pas décapité. Mais on peut suivre des histoires avec des personnages que l’on n’apprécie guère, ce n’est pas gênant. Le vrai problème, là, c’est plutôt la façon dont est scénarisée la romance, dont le point culminant est rien moins qu’une scène de viol érotisée. En toute tranquillité. J’ai relu intégralement deux fois le chapitre pour être sûre que rien ne m’avait échappé, mais non. Et ça, très clairement, ça ne passe pas. D’autant que la narratrice voit ça comme le climax de sa relation avec son mari. Mari qui la viole pendant son sommeil, parce qu’apparemment, il n’a pas reçu le mémo de « partenaire endormi = pas de consentement ». De son côté, elle décrit un rapport non consenti avec des termes comme « douleur », « meurtrissure », mais qui lui procure beaucoup de joie car, quand même, il faut prendre en compte que son pauvre petit mari a beaucoup souffert quand son papa est mort, donc ça va. Euh, pardon ?! 

Bref, je me suis fait un point d’honneur d’aller au terme de ce roman malgré une intrigue passablement pénible et des personnages particulièrement tête à claques. Tout cela aurait pu se terminer sans plus de désagrément, s’il n’y avait eu cette scène de viol érotisé, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de mon exaspération. Il va sans dire que je ne voterai pas pour ce titre !

La Reine courtisane, Anna Triss. Black Ink, octobre 2019, 442 p.

Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être :

Et ce titre me permet de valider la catégorie Danse de la fée dragée du Cold Winter Challenge !

Brèves de comptoir #257

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

Le coin des festivals et autres rendez-vous

Rencontre fantasy à Moulins !

Samedi 30 janvier à 15h, la Médiathèque de Moulins (8, place Maréchal de Lattre de Tassigny, Moulins, Allier) propose une table ronde consacrée à la fantasy, animée par Joël Bouvier (d’Auvergne-Rhône-Alpes Livre et Lecture). Cette table réunira les auteurs Jean-Laurent Del Socorro, Nadia Coste et Jérôme Vincent, des éditions ActuSF.  Toutes les infos ici.

Les titres en lice pour le Prix Imaginales de la Bande-dessinée des Bibliothécaires !

Lancé cette année, le Prix Imaginales de la Bande-dessinée des Bibliothécaires est le (5e prix spécial décerné par le festival spinalien des Imaginales. Sous la houlette du comité de sélection (composé d‘Amélie Muths, bibliothécaire à la Médiathèque départementale des Vosges et de 8 professionnels qualifiés), les bibliothécaires lisent les 5 titres de la sélection, qu’ils classent à l’issue de la période de lecture (de janvier à avril). Le lauréat sera proclamé durant le festival des Imaginales, au mois de mai. (Toutes les infos autour de ce prix tout neuf sont visibles ici).
Voici les titres en lice cette année :

Carbone & Silicium, Mathieu Bablet (Ankama).
Géante, histoire de celle qui parcourut le monde à la recherche de la liberté, Nuria Tamarit et JC Deveney (Delcourt).
Le Convoyeur, tome 1 : Nymphe, Dimitri Armand et Tristan Roulot (Le Lombard).
Le culte de Mars, Mobidic (Delcourt).
Peau d’Homme, Zanzim et Hubert (Glénat)

Les inscriptions sont ouvertes à l’ensemble des bibliothèques et CDI francophones !

Les Intergalactiques (Lyon) 2021 !

Le festival Les Intergalactiques se tiendra à Lyon du 15 au 20 avril 2021, sur le thème « la forme de l’autre ». Au programme : Salon du livre, Scène musicale, Tables rondes, Brocante, Salon de la micro-édition, Projections courts & longs métrages, Concours vidéos…
Dans le cadre de ce festival se tient notamment la 9e édition du Prix René Barjavel, récompensant la meilleure nouvelle de science-fiction. Voici le thème retenu cette année : « L’humanité a un destin étoilé qu’il serait bien dommage de perdre sous le fardeau de la folie juvénile et des superstitions infondées. »
La nouvelle doit être inédite, et se présenter sous la forme d’un tapuscrit en langue française en format pdf uniquement ; elle doit comporter au maximum 1111 mots.
Date limite d’envoi : 15 mars 2021
Toutes les infos ici !

Séries et autres adaptations

Donjons & Dragons en série ?

Donjons & Dragons connaît donc deux adaptations parallèles, puisqu’en plus du film prévu pour 2022 (produit par Paramount, scénarisé par Jonathan Goldstein et John Francis Daley), voilà que s’annonce une série, portée par Hasbro et eOne. Au scénario, Derek Kolstad (à qui l’on doit déjà John Wick et qui travaille actuellement sur la série The Falcon and the Winter Soldier).
Le développement du projet vient tout juste de débuter.

Drame de Troll est disponible !

L’adaptation de la nouvelle de Terry Pratchett par Snowgum Films, un court-métrage de 28 minutes, est visible en ligne ! Plus d’informations sur cette adaptation ici.


Du côté de la blogo

Un dernier livre avant la fin du monde recrute !

L’équipe du site Un dernier livre avant la fin du monde cherche à s’agrandir de deux nouveaux chroniqueurs, un.e spécialiste Policier/roman noir ; et un.e spécialiste Fantasy/Fantastique.
L’équipe est bénévole.
Si vous avez envie de parler de votre passion en écrivant un article tous les 15 jours, alors vous pouvez leur envoyer un petit message à cette adresse: undernierlivre@gmail.com

Éditeurs et librairies

Dictionnaire historique de la SF en préparation !

The Historical Dictionary of Science Fiction (HDSF) est un projet de dictionnaire gratuit en ligne, édité par le lexicographe américain Jesse Sheidlower. Ce projet découle du Science Fiction Citations Project, lui-même provenant d’une production participative dirigée par l‘Oxford English Dictionary.
Ce nouveau dictionnaire inclura, outre les définitions des termes proposés, des citations de travaux consacrées à la science-fiction permettant d’illustrer ces termes et leur évolution. La mise en ligne est prévue pour le 26 janvier 2021.

Bilan 2020 des librairies !

Comme l’an dernier, la rédaction d’Elbakin propose un tour d’horizon des librairies, consacrées à la (difficile) année 2020. A l’heure actuelle, la Fnac de Marseille et la librairie Critic de Rennes ont répondu, et la page sera enrichie dans les prochaines semaines.

Le tour des maisons d’édition 2021 !

Toujours chez Elbakin, un tour d’horizon des maisons d’édition consacrées aux littératures de l’imaginaire est en cours. Jusque-là, une quinzaine de maisons d’édition ont déjà répondu aux questions de la rédaction. Comme pour les librairies, la page sera enrichie dans les semaines à venir !

Podcasts, conférences et autres ballado-diffusions !

Conférences autour de l’exposition Magie-Sorcellerie !

Le Museum de Toulouse proposera à la réouverture des musées l’exposition Magie – Sorcellerie. Cette exposition devait s’accompagner de 10 jeudis de conférences, dont les premiers ont été annulés en raison de la situation sanitaire. Les autres rendez-vous, eux, seront diffusés sur la chaîne Youtube du Museum. Le planning initial est visible ici, et voici déjà la première conférence :

Volutes, le podcast !

Volutes est le podcast des éditions La Volte et Radio Parleur. Pour sa troisième édition, jeudi 28 janvier à 18h, la parole est donnée aux autrices Mélanie Fievet et Chloé Chevalier (respectivement autrices d' »Inotropisme » et « Les Derniers possibles », deux textes parus dans l’anthologie Demain la santé), qui ont choisi d’inviter Caroline Izambert, directrice Plaidoyer chez Aides. Plus d’infos ici !
Le premier épisode est audible ici, le deuxième ici.

Bon dimanche !

Fin de série #3 – Bilan 2020

En 2015, j’ai rejoint le défi Fin de série d’Acr0. Je n’ai pas DU TOUT été assidue ni sur les articles de suivi, ni dans le dégommage de PAL (sauf l’année dernière). Mais chaque effort compte et ce sont les petits cailloux qui, les uns après les autres, font la pyramide (non ?).

Bref, c’est maintenant l’heure du bilan. Quelles séries sont enfin passées à la moulinette en 2020 ? Ai-je progressé dans mon défi ? Ma PAL a-t-elle baissé jusqu’à atteindre la perfection (le zéro) ? (Spoiler alert : NON). Ai-je atteint l’objectif auquel je rêvais l’année dernière, à savoir terminer plus de séries que je n’en commence ? Arrêtez de ricaner, dans le fond, je vous entends !
Pour rappel, la grosse liste des sagas en cours est visible ici.

Voyons donc !

Séries terminées :

Ce qui nous fait donc un total de 6 séries terminées. Pas terrible, entendons-nous bien, MAIS ! C’est toujours une série de plus que l’année dernière ! Eh oui !

L’extermination de séries n’a pas été hyper probante, qu’en est-il de la poursuite des en-cours ?

Eh bien je dois dire que j’ai été un peu plus active de ce côté-là. L’an dernier, je lisais 10 tomes de 9 séries. Cette année, je suis ravie de comptabiliser 22 tomes lus de 17 séries différentes ! Voici les heureuses élues :
Magus of the library, Mitsu Izumi. 2 tomes.
La Voie du tablier, 2 tomes (le 2, le 4)
La Rose de sang, Nicholas Eames.
Deadline, Mira Grant
La Musique du silence, Patrick Rothfuss (bien qu’il s’agisse d’un hors-série je le compte ici!)
Les Deux Tours et Le Retour du Roi, J.R.R. Tolkien (terminée dans l’année, donc !)
Le Fléau des Locustes, R. Roanhorse
Les Filles de mai, Pascale Quiviger
Plongée dans les catacombes, V.E. Schwab.
L’Étreinte des flammes, Patricia Briggs.
BL Métamorphose, t4
Danthrakon, T2
Gardiens des Cités Perdues, T8,
Shannon Messenger.
L’Héritage du Rail, Morgan of Glencoe.
L’Atelier des sorciers, tomes 4 et 5.
Les Enquêtes d’Enola Holmes, tomes 2 et 3.
Le Quatrième Cavalier, Bernard Cornwell.

Bon, par contre, même tarif que l’an dernier : j’ai lu, mais pas vraiment chroniqué.

Passons au nerf de la guerre. Quid des nouvelles séries débutées en 2020 ?

Déjà, je dois avouer qu’elles sont beaucoup, beaucoup plus nombreuses que 6 !
Je les divise en deux catégories : les entamées-et-abandonnées-dans-la-foulée et les fermement-entamées-comptez-moi-ça-dans-la-pile.

Cette année, j’ai attaqué 10 séries que je ne compte pas poursuivre – peut-être que je lirai les tomes 2 de certaines si je change d’avis, mais pour l’instant ce n’est pas du tout au programme.
Rivages, Gauthier Guillemin
Les Chroniques de Kelton, Jack Heath
Thair, Jean-Luc Marcastel.
La Lyre et le Glaive, Christian Léourier.
Les Brumes de Cendrelune, Georgia Caldera
Raven Blade, Anthony Ryan
La Prophétie d’Ulysse, David Pouilloux
L’Élixir du bourreau, Isabelle Fabula
Le Réveil des Légendes, Sophie Ginisty
Le Dernier Drae, Raye Wagner et Kelly St-Clare.

Et… j’ai commencé tout court 20 séries…

Le taux de chroniques n’est pas hyper brillant, ici non plus – et je n’ai pas tout à fait terminé la mise à jour des index, mais ça va venir!

Un peu de stats ?

Oui, tiens, passons tout ce petit monde à la moulinette.
On va repartir sur le chiffre (totalement farfelu) retenu l’année dernière de 60 séries en cours (cliquez pour voir le détail de ce comptage). Malgré le total (époustouflant !) de 6 séries terminées (hrm), tout cela nous amène à soixante-treize séries en cours. Je pensais que l’écrire en toutes lettres le rendrait un peu moins angoissant, mais en fait pas tellement. 73 !!!
J’écrivais quoi comme bonne résolution, l’année dernière, déjà ? Terminer plus de séries que je n’en commence ? J’entends mal, je crois qu’on passe sous un tunnel.

Et vous, les séries, ça avance ?

Stand still, stay silent #1, Minna Sundberg.

90 ans se sont écoulés depuis l’époque de la grande maladie. Le vieux monde a été oublié et laissé à la merci des trolls, des bêtes et des géants. Une petite équipe d’explorateurs scandinaves est recrutée pour se lancer dans la première mission de recherche officielle.

Je ne savais pas trop dans quoi je m’embarquais en débutant cette grosse bande-dessinée et j’avoue avoir été un peu surprise, au début, lorsqu’il a rapidement été question d’épidémie (la rouille en l’occurrence)… puis de pandémie et de pays fermant leurs frontières. Un petit goût de déjà-vu…
Mais rapidement, le récit bascule 90 ans plus tard : la population mondiale a drastiquement chuté et il est temps de lancer une première mission de recherche officielle. C’est l’histoire que l’on va suivre !

Celle-ci démarre et s’installe à petits pas : il m’a fallu quelques chapitres avant de m’immerger totalement dans le récit, car l’univers dans lequel il s’installe est assez trapu. Mais ce qui était vraiment bien, c’est que cette lente introduction n’est pas synonyme de longueurs : je ne me suis pas ennuyée une seconde (ni au début, ni par la suite) ! Il faut dire aussi qu’outre l’univers – qui mélange avec brio post-apocalyptique et mythologie nordique – vraiment prenant, on en prend plein les yeux.
Les graphismes sont absolument fabuleux !! Mais je dois avouer que ma seule récrimination touchera également ce point : j’ai trouvé que les protagonistes se ressemblaient parfois un peu trop, ce qui m’a posé quelques soucis de suivi du qui-fait-quoi sur certaines cases. Heureusement, ces confusions ne sont intervenues qu’à la marge. En dehors de ce point, j’avoue que j’ai bavé à chaque page. Les décors sont splendides (même lorsqu’il s’agit de cités en ruines) et les rêves de Lalli, le mage de l’équipe, offrent des scènes à se damner, dans des tons bleu-verts qui collent à merveille à l’ambiance très poétique de ces songes. J’ai également beaucoup aimé la représentation des créatures mythologiques (un brin de magie et pas mal de gore !), issus du folklore scandinave. Et l’intrigue est rythmée par des double-pages explicatives aussi superbes que le reste, avec lesquelles on se rince les yeux.

Au fil du récit, la petite équipe progresse en exploration, donc, et en découvertes. D’autant qu’ils ont tous l’air ou borderline, ou pas tout à fait au point sur leurs missions, ce qui enlève un peu de crédibilité à leur expédition, mais assure aussi le côté humoristique de l’ensemble. (Soyons honnêtes : ce sont de vrais boulets !)
Le récit laisse aussi beaucoup de place à des petites tranches de vie et autres aperçus du quotidien des personnages. J’avoue que cela apporte beaucoup à l’histoire, permettant d’alléger quelques moments de tension, tout en octroyant une intéressante épaisseur aux personnages et à leurs échanges.
Il y a aussi tout un jeu sur les dialogues : les personnages ne pratiquent pas tous les mêmes langues, donc les bulles sont marquées du drapeau de la langue en question lorsqu’il y a des différences (ce qui met d’autant mieux en avant les quiproquos et autres incompréhensions entre les personnages).

Si l’univers est résolument post-apocalyptique, l’intrigue mêle des accents de fantasy. La mythologie est bien présente en raison des trolls et autres créatures, mais la magie ne semble pas bien loin – Lalli, après tout, est désigné comme mage de l’équipe. Le mélange des genres est parfaitement équilibré, et cela fait partie des éléments qui m’ont rendue totalement accro à la BD. J’ai hâte de lire la suite !

Énorme coup de cœur pour le premier tome de cette série, donc. L’intrigue, mêlant univers post-apocalyptique, fantasy, mythologies scandinaves et ambiance complètement foutraque se révèle particulièrement prenante. Les illustrations sont absolument sublimes, y compris dans les doubles-pages explicatives qui rythment le récit. Bref, j’ai adoré cette lecture, et j’ai hâte de découvrir les tomes suivants !

Stand still, stay silent #1, Minna Sundberg. Traduit de l’anglais par Diane Ranville.
Akileos, septembre 2018, 320 p.

Et voilà validée la catégorie Yule du Cold Winter Challenge !



Brèves de comptoir #256

Tous les dimanches, l’actu de l’imaginaire en bref !

 

Mana & Plasma, 9e !

Cette fois, l’équipe de Mana & Plasma s’est penchée sur le studio Ghibli !

La sororité des Bene Gesserit est-elle une revanche des « sorcières » ?

C’est un article de Catherine Dufour (paru fin novembre), à lire sur Numerama.

Les lauréats du Prix La Voix des Blogs !

Le Prix La Voix des Blogs a récompensé, en catégorie junior Les enfants terribles de Bonaventure de Cécile Hennerolles (Magnard) et, en catégorie ado, L’Estrange malaventure de Mirella de Flore Vesco (L’école des loisirs). Félicitations !
Deux mentions remises par les lecteurs et lectrices suite à un vote en ligne sont également décernées à Audrey Alwett pour Magic Charly  (Gallimard Jeunesse) en littérature junior, et à Pascale Quiviger pour  Le royaume de Pierre d’Angle  (Rouergue Jeunesse) en littérature ado. Celle-ci a d’ailleurs répondu aux questions des organisateurs du prix, et ses réponses sont lisibles ici. Sur la même page, vous trouverez toutes les interviews des auteurs et autrices dont les titres ont été sélectionnés !

Concours du premier roman jeunesse Gallimard jeunesse !

Pour la 4e édition, Gallimard jeunesse, RTL et Télérama s’associent pour un grand concours d’écriture. Si vous n’avez jamais été publié et avez dans vos tiroirs un manuscrit s’adressant aux enfants ou aux adolescents, ce concours est fait pour vous !
Les manuscrits sont attendus avant le 4 avril 2021 – pour une délibération du jury en juillet 2021 et une publication du roman gagnant en décembre 2021 par Gallimard jeunesse.
Pour le règlement du concours, les infos subsidiaires, et l’envoi du manuscrit, ça se passe ici.

Une collection de jeux de rôles chez Dystopia !

Les éditions Dystopia l’avaient annoncé l’an dernier : ils lancent une collection de JDR, qui s’ouvrira avec deux jeux atypiques :  Bois Dormant, vivre avec les ronces de Melville et La Clé des nuages de kF (accompagnée de La Clé des songes de Côme Martin).
Tous deux sont prêts pour une parution en librairie et en boutique au 1er mars 2021 !
Les précommandes, quant à elles, sont d’ores et déjà ouvertes.

Les Rendez-vous du jeu vidéo à la BnF !

La Bibliothèque nationale de France (BnF pour les intimes) collecte le dépôt légal des imprimés, mais aussi des jeux vidéos. C’est dans ce contexte que sont lancés les Rendez-vous du jeu vidéo, de janvier à mai 2021 ! Elles auront lieu au Petit Auditorium de la BnF (de 18h à 20h) et sont gratuites – et seront rediffusées sur le compte Youtube de l’institution.
Voici le programme :

  • Mardi 19 janvier 2021 : De Wonder BoyStreets of Rage 4, focus sur le département artistique du studio Lizardcube.
  • Lundi 8 février 2021 : Une histoire du jeu vidéo en France
  • Mardi 2 mars 2021 : Play-conférence. Assassin’s Creed Valhalla et les influences nordiques dans les jeux vidéo
  • Mardi 6 avril 2021 : Pionniers du jeu vidéo – Rencontre avec les créateurs du studio Silmarils
  • Mardi 4 mai 2021 : Play-conférence. La Seconde Guerre mondiale à travers Call of Duty : WWII et Battlefield V

Le détail et les informations subsidiaires sont lisibles ici !

Rétrofuturisme, l’avenir c’était mieux avant !

Une émission consacrée au rétrofuturisme à voir directement sur la chaîne d’Arte !

Les titres en lice pour le Prix Imaginales des Bibliothécaires !

Lancé en 2018, le Prix Imaginales des Bibliothécaires est le 4e prix spécial décerné par le festival spinalien des Imaginales. À ce titre, il côtoie ceux des lycéens, des collégiens et des écoliers. Sous la houlette du comité de sélection (composé de Stéphanie Nicot, 6 bibliothécaires référents et deux responsables éditoriales de Premier Chapitre), les bibliothécaires lisent les 5 titres de la sélection, qu’ils classent à l’issue de la période de lecture (de janvier à avril).
J’ai eu la chance de participer aux trois premières éditions avec mes collègues de choc mais cette année, ça me semble un peu mal embouché. Dommage, car je crois que c’est la sélection la plus alléchante que j’aie vue depuis le lancement du prix ! Voyez un peu :

La Princesse au visage de nuit, David Bry (L’Homme sans Nom).
Le Chant des cavalières, Jeanne Mariem Corrèze (Les Moutons Électriques).
Au Bal des absents, Catherine Dufour (Seuil).
Quitter les monts d’automne, Émilie Querbalec (Albin Michel Imaginaire).
Vaisseau d’Arcane tome 1, Les Hurleuses, Adrien Tomas (Mnémos).
 

Le club-lecture vidéo de Babelio !

Dans le cadre de la Nuit de la lecture 2021, Babelio vous propose un club de lecture en ligne (via Zoom), qui aura lieu le jeudi 21 janvier, de 18h à 19h.
Thème : « Relire le monde ». Le sujet ? La ou les lectures(s) qui vous auront fait voyager en 2020. Les inscriptions se font ici.
 

Bon dimanche !

Aurora, Kim Stanley Robinson.

Notre voyage depuis la Terre a commencé il y a des générations.
À présent, nous nous approchons de notre destination.
Aurora.

Cela faisait un moment que je n’avais pas lu de science-fiction et en moins d’un mois, j’ai enchaîné deux très bonnes découvertes : L’incivilité des fantômes (que je chroniquerai peut-être un jour) et Aurora !

C’était mon premier roman de cet auteur et j’ai l’impression que j’ai commencé par le bon ! Du résumé, je ne connaissais que ce qui est écrit ci-dessus et ma première surprise a été de remarquer qu’en fait… on n’allait pas exactement suivre ce que je m’étais imaginé ! En effet, alors que le roman semble se profiler comme une aventure de planet opera assez classique avec colonisation à la clef, on se dirige très vite, dans les premiers paragraphes, vers une chronique du voyage interstellaire.
Avec énormément de questions à la clef, la première étant : comment maintenir en vol un vaisseau parti depuis plus de 200 ans ? Et comment faire survivre deux mille personnes enfermées dans un vaisseau ?
Le roman évoque aussi l’écologie et l’évolution. En effet, le brassage génétique de la population à bord est forcément limité, aussi les voyageurs stellaires commencent-ils à ressentir le syndrome d’insularité. Si vous ne savez pas de quoi il s’agit, pas de panique : tout est expliqué dans le roman !

De fait, le contenu scientifique est assez important – après tout, c’est de la hard SF. Je ne vous cacherai pas que certaines explications m’ont parfois semblé quelque peu obscures, surtout lorsqu’il était question de physique (après tout, je ne suis pas titulaire d’une thèse scientifique !) mais cela ne gêne aucunement la compréhension du récit, ou des enjeux. En effet, les principes scientifiques dont il est question sont généralement suffisamment explicités pour que, d’une part, on comprenne en quoi cela va impacter le récit et, d’autre part, pour que l’on comprenne les enjeux du principe scientifique en question.

Mais ce que j’ai trouvé vraiment intéressant, ce sont les volets politique et sociologique auxquels s’intéresse le récit. Comment faire en sorte que la société du vaisseau reste stable et que les voyageurs continuent de s’entendre les uns avec les autres et à vivre ensemble sans sombrer dans la tyrannie ? (Ce qui arrive, notamment, dans L’Incivilité des fantômes). Comment garde-t-on le moral des troupes au beau fixe alors qu’aucun des voyageurs n’a choisi d’être là et aurait peut-être préférer passer toute sa vie sur le plancher des vaches ? En lisant ce roman, je me suis posé des milliers de question auxquelles je n’avais jamais vraiment songé en lisant des romans qui parlent de colonisation spatiale : que fait-on des déchets qu’on ne parvient plus à recycler ? Comment on stocke le carburant ? Quel est l’impact de son poids et de son volume dans les calculs de trajectoires ? Bref : j’étais à fond dedans.

L’autre point que j’ai trouvé vraiment génial, c’est le choix du narrateur. Et pourtant, ça partait mal. J’avoue que j’ai eu très peur en lisant les premiers chapitres qui sont narrés dans un style particulièrement aride et froid. Mais cela s’explique rapidement, le narrateur omniscient n’étant autre que… l’IA du vaisseau. Or, celle-ci n’a pas été programmée pour apprendre à raconter des histoires et ne va intégrer des principes de narratologie que sous la poussée de Devi, une ingénieure du bord. Il y a donc quelques tâtonnements, puisque l’IA découvre successivement les temps de conjugaison, les métaphores, le choix de la focale sur tel ou tel personnage. C’est vraiment très bien fait et j’avoue que ça rend le tout hyper prenant. D’ailleurs, il y a toute une partie où l’IA est seule à bord, donc on lit un très très long monologue : avec quelques longueurs, certes, mais aussi prenant que le reste.

Le projet narratif tel que Devi l’a esquissé pose un sérieux problème, qui devient de plus en plus évident à mesure que le processus se poursuit. Le voici:
Premièrement, il apparaît que les métaphores n’ont aucun fondement empirique, et qu’elles sont souvent opaques, inutiles, ineptes, imprécises, trompeuses, mensongères et, pour tout dire, futiles et idiote.
Et pourtant, le langage humain est, dans son mécanisme de base, un gigantesque réseau de métaphores.
Donc, syllogisme évident : le langage humain est futile et idiot. Ce qui revient à considérer que les narrations humaines sont futiles et idiotes.

Si je devais trouver un bémol, ce serait les personnages, qui ne sont pas tous hyper creusés et restent assez archétypiques. Pour autant, ça ne m’a pas vraiment gênée – mais peut-être que ça aurait pu faire passer le roman du rang de très bonne découverte à « coup de cœur ».

En somme, première lecture de Kim Stanley Robinson et excellente découverte. Le fond est absolument passionnant, et soutenu par une forme originale, qui rend le récit particulièrement prenant. Je suis passée à un cheveu du coup de coeur avec cette lecture, qui m’a donné bien envie de lire d’autres titres de l’auteur !

Aurora, Kim Stanley Robinson. Traduit de l’anglais par Florence Dolisi.
Bragelonne, réédition janvier 2021, 595 p.

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ABC 2021 – Littératures de l’imaginaire

Comme tous les ans depuis un certain temps, je rempile avec le challenge ABC Imaginaire, diligemment orchestré par Marie-Juliet, secondée cette année par Mypianocanta !

Règlement du challenge : 

Le principe est de lire 26 livres entre le 1er janvier et le 31 décembre 2021, en respectant le principe « Une lettre, un auteur ».
Pour chaque lettre de l’alphabet, il faut choisir un auteur, dans les genres entrant dans les littératures de l’imaginaire, à savoir :
– Fantastique
– Fantasy
– Science-fiction.
– Et tous leurs dérivés (urban fantasy, space opéra, steampunk…).

Sachez que si la version «Imaginaire» ne vous botte pas, vous pouvez aussi aller voir chez Nanet, qui propose un Challenge ABC (tout court, mais avec plein d’options) ou encore chez Ma petite étagère qui propose un ABC Romance.

Afin de vous faciliter la vie, plusieurs possibilités :
– vous pouvez changer votre liste à volonté. Il suffit de présenter une liste de 20 titres pour valider l’inscription, et la liste peut être revue autant de fois que nécessaire durant l’année. Sauf, bien sûr, si vous visez la médaille de platine : auquel cas, 3 changements maximum sont autorisés.
– vous pouvez inclure des BD, manga, comics ou autres artbooks dans votre liste, mais pas plus de 3 au total (et, à ce moment-là, le dessinateur compte autant que l’auteur pour la lettre).
3 tricheries sont autorisées. Mais qu’entend-on par tricherie ? Une tricherie est l’utilisation de la première lettre du titre du livre ou la première lettre du prénom de l’auteur (au lieu de celle du nom de famille).
– un livre d’auteur anonyme peut être proposé en A ou en X.
– les anthologies et ouvrages collectifs peuvent être utilisés en X, ou à la lettre de l’éditeur scientifique.
– pour les sagas, n’importe quel tome fera l’affaire !
– les relectures et livres inscrits dans d’autres challenges sont acceptés (sans qu’il n’y ait que ça, afin de préserver un minimum de défi !).

Inscriptions : ouvertes jusqu’au 31 janvier 2021, elles se font ici (avec un compte sur Livraddict). L’inscription est validée dès qu’on a indiqué une liste de lectures avec minimum 20 titres, sur le topic dédié ; la liste doit être complète au 31 janvier 2021 (et présentée comme ci-dessous).
Le challenge commence le 1er janvier s’achève le 31 décembre 2021.

Récompenses : des médailles sont décernées, suivant l’avancement des participants.
– Médaille d’or : 26/26
– Médaille d’argent : 20/26
– Médaille de bronze : 15/26
– Médaille de chocolat : 10/20
– Médaille de platine : attribuée à celles et ceux qui auront respecté leur liste  initiale, avec 3 changements maximum.

Passons donc à la liste ! Encouragée par mon succès de l’an passé (13 lectures faites sur les 13 prévues, avec seulement deux changements !), je me suis chauffée pour… un challenge complet. On verra bien si ça passe !

Progression : 6/26

Alexie, Sandrine. La rose de Djam (1) : L’Appel des Quarante. Fantasy historique. 351 p.
Bry, David. La princesse au visage de nuit. Thriller fantastique. 279 p.
Corrèze, Jeanne Mariem. Le chant des cavalières. Fantasy. 320 p.
Devillepoix, Eleonore. La ville sans vent (1). Fantasy. 448 p.
Elfgren, Sara & Strandberg, Mats. Le Cercle des Jeunes élues /The Circle (3), La Clé. Fantasy urbaine. 1021 p.
Faye, Estelle. Les révoltés de Bohen. Fantasy. 733 p.
Glencoe, Morgan of. La Dernière Geste (0), Le temps du Teuz. Fantasy. 300 p.
Holzl, Ariel. Fingus Malister (2), Crâne bavard, grimoire et magie noire. Fantasy. 192 p.  
Izen, Leafar. La Marche du Levant. Fantasy. 644 p.
Jubert, Hervé. Beauregard (1), Magies secrètes. Fantasy. 300 p.
Kneib, Marie. Les noces mécaniques. Science-fiction. 288 p.
Lupu, Benjamin. Le grand jeu. Steampunk. A paraître.
Martinigol, Danielle. Les abîmes d’Autremer. Science-fiction. 504 p.
North, Claire. La soudaine apparition de Hope Arden. Science-fiction. 840 minutes.
Okorafor, Nnedi. Akata Witch (2), Akata Warrior. Fantasy. 540 p.
Pullman, Philip. A la croisée des mondes (1), Les royaumes du Nord. Science-fantasy. 840 minutes.
Quiviger, Pascale. Le Royaume de Pierre d’Angle (3), Les adieux. Fantasy. 499 p.
Robinson, Kim Stanley. AuroraScience-fiction. 595 p.
Sidre, Pauline. Rocaille. Fantasy. 480 p.
Terminus, Tom Sweterlistch. Science-fiction. 440 p. (tricherie 1) 
Urasawa, Naoki et Tezuka, Osamu. Pluto (5). Seinen science-fiction. 194 p. (Manga)
Van Wilder, Cindy. Au service des insectes. Science-fiction.
Vuklisevic, Chris. Derniers jours d’un monde oublié. Fantasy. 351 p.
Willis, Connie. Le grand livre. Science-fiction. 706 p.
X. Natures, anthologie des Imaginales. Fantasy. 288 p.
Yovanoff, Brenna. L’échange. Fantastique. 330 p.
Zombillénium (5), Vendredi noir. Arthur de Pins. BD fantasy. 48 p. (tricherie 2+BD).

Ce qui nous fait 9500 pages d’imaginaire (auxquelles il faut ajouter un titre non paru et une nouvelle au format numérique, que je comptabiliserai plus tard), et 1680 minutes de lectures audio !
Cette année, pour la première fois, j’ai inclus des lectures audio dans ma liste… et aussi des relectures (Les Royaumes du Nord et Les Abîmes d’Autremer, en l’occurrence !). Et je remarque également qu’il y a un peu plus de SF qu’à l’accoutumée. Peut-être une bonne résolution à noter ?

Et vous, vous participez ? Quelle est votre liste ?

Bpocalypse, Ariel Holzl. #PLIB2021

Pour se rendre au lycée, Samsara n’oublie jamais sa batte de baseball, ses talismans et son couteau de chasse. Tout ce dont elle a besoin pour affronter les animaux mutants, fantômes et autres créatures qui ont envahi les rues de Concordia après l’Apocalypse. Aujourd’hui, la ville vient de lever la quarantaine de l’ancien parc public et s’apprête à accueillir ses habitants, réputés avoir muté. Les deux jumeaux que Sam voit débarquer dans sa classe sont loin d’avoir un physique standard. Très vite, ceux qui se moquent d’eux ou les prennent à partie sont les victimes d’incidents inexpliqués. Tout semble accuser les nouveaux venus. Mais dans une ville comme Concordia, peut-on se fier aux apparences ?

Un nouveau titre d’Ariel Holzl ? Comment résister ?! Comme avec l’excellent Lames Vives, l’auteur change de nouveau de registre par rapport à son titre précédent et s’attaque cette fois à la dystopie post-apocalyptique – un genre dont on pensait avoir déjà tout tiré. Eh bien il se trouve que non.

Le roman nous propulse donc à Concordia, petite ville américaine pas franchement riante du Kansas. Huit ans plus tôt, on y a donc survécu à l’Apocalypse et la population s’est habituée… à peu près à tout. Les zombies ne sont guère plus que de la faune locale, les bestioles mutantes aussi et les petits caïds du lycée n’ont pas beaucoup évolué.
L’auteur nous plonge dans un univers à la fois très classique (le lycée ressemble à s’y méprendre aux nôtres, si l’on excepte la milice et les tests ADN à l’entrée), et à la fois dépaysant, puisque la ville est départagée en quartiers, suivant la menace qui y règne. Et à l’intérieur du quartier, il faut être attentif aux tracés de peinture et respecter les couleurs qui signalent dangers et menaces – mortelles, évidemment.
L’univers fourmille ainsi de trouvailles toutes plus chouettes les uns que les autres. La monnaie ? Oubliez l’argent, bienvenue aux CD et DVD. La banque est donc… un vidéoclub. La nourriture ? Eh bien il faut aimer les boîtes de conserve et ne pas être trop regardants sur le contenu du ragoût… Quant aux habitants… mieux vaux ne pas compter le nombre exact de dents du voisin, sous peine d’être terrifié. Concordia recèle un bestiaire riche et varié : j’ai parlé plus haut des zombies et bestioles mutantes mais il faut bien se dire que de nombreux mutants sont aussi et surtout… humanoïdes ! C’est d’ailleurs ce qui lance l’histoire, puisque l’on demande aux Concordiens d’accueillir de nouveaux mutants, ce qui n’est pas du goût de tout le monde. De ce fait, l’intrigue a un côté assez classique : lutte des anciens (tenants du « tout-humain ») et des modernes (plus ouverts d’esprit quant à la disposition génétique de chacun), le tout sur fond de lutte des classes bien ancrée, et d’un brin de racisme. Alors oui, les communautés vivent ensemble à peu près sereinement (et c’est pas mal), mais des mutants, franchement !

Alors, qu’est-ce qui rend le récit si prenant ?
Eh bien déjà, l’univers si riche dont je parlais ci-dessus. Même si on a l’impression de zoner dans un film de série B, chaque trouvaille m’émerveillait un peu plus ! Car Ariel Holzl ne nous balance pas d’un coup tout son cheptel. On découvre plutôt au fil des errances des personnages dans la cité ce dont elle se compose, quartier par quartier. Sans avoir l’impression de lire un catalogue, ce qui est parfait ! Même si chaque créature semble assez attendue au vu de l’univers, j’ai plutôt été surprise d’en découvrir certaines (les zombies, ou les vers des neiges, par exemple), car la cohabitation est vraiment riche.

Ensuite, les personnages. Le récit est centré sur Sam, notre lycéenne vedette. Sam est un personnage vraiment intéressant : pas forcément sympathique (je lui ai parfois trouvé un petit côté Katniss pour la froideur dont elle peut faire preuve, et sa façon assez déplorable de traiter ses amis ! Je ne vous parle même pas de son béguin pour l’abruti canon du coin), mais traversé par d’intéressants questionnements. Ainsi, Sam a un projet dans la vie (devenir milicienne et dézinguer du mutant, deux souhaits qu’elle a d’excellentes raisons d’avoir) et elle ne va pas forcément se poser les bonnes questions en temps et en heure. On pourrait même dire qu’elle est un peu bornée mais c’est aussi pour cela qu’on l’apprécie. On la regarde donc s’embourber dans ses obsessions, en se demandant bien quand elle va redresser la barre. Et c’est, je trouve, ce qui nous pousse à nous interroger sur nous-mêmes : qu’aurions-nous fait dans des circonstances similaires ? (Car oui, vraiment, Sam a des œillères, mais aussi d’excellentes raisons d’en avoir).
Mais Sam a également des amis proches qui portent eux aussi le récit. Si Danny s’éclipse assez vite (avec ses amis mutants), on se rattrape sur Yvette. Ha, Yvette !! Clairement et définitivement mon personnage préféré de ce roman ! Avec son franc-parler et son amour pour les amulettes en tout genre (on pratique le vaudou dans sa famille), elle oppose un parfait contrepoint à l’entêtement de Sam. Et puis, vu combien Sam est chiante (soyons honnêtes), on se rattrape forcément avec Yvette ! Le duo fonctionne à merveille – et pas seulement en raison des échanges de punchlines entre les deux adolescentes. Le panel comporte aussi, évidemment, quelques opposants que l’on adore détester et d’autres dont on se dit qu’il y a peut-être encore un bon fond à sauver (ou peut-être pas).

Le maquillage artisanal ne la rendait pas franchement sereine. Le maquillage artisanal chimique ? Encore moins. Surtout si c’était Yvette qui maniait les éprouvettes. Sans parler de ses conseils de séduction :
-Montre-toi vulnérable. Prends-le par les sentiments. ça va le faire craquer, en mode chevalier servant !
– Et si c’est juste un psychopathe qui veut me voir souffrir ?
– Encore mieux. T’auras l’air de la parfaite victime !
– Yvette, tu es la honte de la cause féministe postapocalyptique.

L’intrigue, enfin. Le récit sait laisser planer des parts de mystère exactement où et quand il faut. Le début peut paraître assez simple mais on se rend bien vite compte que l’intrigue recèle quelques surprises et développements qui la complexifient. Si, dans l’ensemble, le cheminement n’est pas révolutionnaire, la façon dont elle est menée la rend à la fois passionnante et palpitante. Car l’auteur mêle à la post-apocalypse des sous-intrigues plus réalistes, comme la petite guerre des clans qui règnent dans la cité (chaque quartier ayant ses revendications et ses spécificités… un peu comme dans la vraie vie !), ou les petites bisbilles qui opposent les lycéens les uns aux autres. Ce qui fait que, de sous-intrigue en arc secondaire, on progresse rapidement et avec entrain.

En bref, Bpocalypse est une dystopie entraînante. Si l’intrigue passe par une évolution assez classique, le récit est vraiment porté par ses personnages, et son univers riche et parfaitement construit, et qui fait quelques clins d’œil aux classiques du genre (qu’il s’agisse de films ou de séries). Le style est fluide, le récit bien rythmé et souvent relevé par des échanges de répliques particulièrement percutantes entre les personnages. A la fin, j’en aurais quand même voulu plus, tant j’ai apprécié l’univers. Donc je serais assez partante pour une autre aventure dans les parages !

Bpocalypse, Ariel Holzl. L’École des Loisirs (Medium+), octobre 2020, 413 p.
#PLIB2021 #9782211310161

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L’Atelier des sorciers #4-5, Kamome Shirahama.

Agathe s’est inscrite au deuxième examen du monde des sorciers qui lui permettra de pratiquer la magie en public. Kieffrey, Coco et les autres apprenties l’accompagnent sur place, mais la présence néfaste de la Confrérie du Capuchon va bientôt venir troubler le bon déroulement de l’épreuve…

J’adore cette série à la fois pour son histoire prenante, douce (mais pas que), son univers hyper chouette et, surtout, ses magnifiques graphismes ! Je me plonge dans chaque tome avec un immense plaisir, raison pour laquelle j’ai inscrit ces deux volumes dans mon Cold Winter Challenge – et à raison, car c’est ce qui se rapproche le plus, pour moi, de la lecture feel-good !

Ce tome quatre amène enfin un peu de rythme dans une intrigue jusque-là centrée sur l’apprentissage de Coco et la découverte de l’univers. Non pas que l’on s’ennuyait, mais cela fait enfin bouger un peu les choses, et c’est fort agréable. En effet, cet opus voit Agathe et Trice (inscrite par Kieffrey) passer leur deuxième examen de magie.
Cet examen est l’occasion d’introduire de nouveaux personnages, à commencer par Yinny, élève de Messire Cuckrow. Ce qui nous donne aussi un aperçu des différences éducatives dans la communauté des sorciers. Si Kieffrey prône un apprentissage basé sur la confiance en soi, la culture de ses points forts et l’identification bienveillante des points faibles, messire Cuckrow estime, lui, que ses élèves doivent progresser à coups d’insulte et d’indifférence. Le troisième personnage à apparaître est Dame Alyra, une sorcière amie de Kieffrey, chargée d’évaluer les trois adolescents.

L’évaluation est justement l’épisode qui va introduire de nouvelles informations sur l’univers et… du rythme ! Mais commençons par l’univers. Le tome est presque entièrement consacré au-dit examen des trois concurrents. On les voit donc pratiquer la magie en temps réel, tout en découvrant l’histoire de la magie – ici avec un empire antique, Romonon, qui a peu à peu basculé dans une recherche de la pureté et de l’utilité délétère. Le récit des origines (fait par Kieffrey à Coco et Tetia) s’intercale aux scènes de l’examen, qui met Agathe, Trice et Yinny en bute à quelques casse-têtes magiques. Cette alternance des temporalités introduit un rythme hyper confortable qui fait que les pages se dévorent toutes seules.

Et alors que l’on est bien installés dans ce petit rythme, une péripétie (pas incroyable, tout de même, mais bien amenée), nous fait basculer dans le suspense ! Car la Confrérie du Capuchon (opposant principal de cet univers) débarque avec perte et fracas.
Le découpage se fait alors beaucoup plus serré, plein de suspense et on se surprend à lire encore plus vite. D’autant plus que l’action se fait de plus en plus trépidante sur la fin, laquelle laisse les personnages dans une situation pour le moins critique (les uns comme les autres).

Comme toujours, Kamome Shirahama narre son histoire avec des graphismes absolument splendides. Les planches sont pleines de petits détails, les traits des personnages précis et détaillés, les costumes et les décors travaillés. C’est un régal pour les yeux !

Une fois de plus, une excellente lecture ! Kamome Shirahama continue l’exposition de son univers, tout en introduisant un peu plus précisément les opposants, ce qui fait de ce tome un opus haut en couleurs et bourré de péripéties… qui donne évidemment très envie de lire la suite !

L’Atelier des sorciers #4, Kamome Shirahama. Traduit du japonais par Fédoua Lamodière.
Pika, avril 2019, 192 p.

En plein second examen de sorcellerie, Agathe, Trice et le timide Yinny se font attaquer par un sorcier renégat de la Confrérie du Capuchon. Celui-ci utilise un sort interdit pour transformer Yinny en bête sauvage…
Coco, Tetia et Kieffrey sont eux aussi dans une bien triste posture : ils sont encerclés par les anciens habitants de Romonon, qui semblent vouer une haine farouche aux sorciers. Comble de malheur, Kieffrey est gravement blessé… Comment vont-ils s’en sortir ?

Ce tome est vraiment la suite et fin du précédent puisque l’on y assiste à la fin de la bataille entre nos sorciers et la Confrérie du Capuchon.
C’est donc un tome haut en couleurs et péripéties ! Le rythme et le suspense sont au rendez-vous et le manga m’a donné l’impression d’être mené tambour battant. Comme à chaque opus, une des apprenties se détache un peu plus que les autres : le tome 4 était celui de Trice et sa magie délicate, celui-ci est celui de Tetia (même si l’arc consacré à Trice est également conclu).

Alors que je trouvais, dans les premiers tomes, que cela manquait un peu de batailles magiques, ici j’ai été ser-vie ! L’examen des adolescents, mal embouché dans le tome précédent, continue sur sa lancée et oblige Agathe et Trice à unir leurs forces pour, d’une part, sauver Yinny (transformé en loup écailleux) et, d’autre part, se débarrasser des deux sorciers au capuchon. Astuce, sortilèges et camaraderie seront leurs maîtres-mots. C’est classique, mais cela fonctionne du tonnerre.
De l’autre côté, Kieffrey, Coco et Tetia sont attaqués par les anciens habitants de Romonon et le maître sorcier est plus que mal en point. On assiste donc en parallèle à deux combats épiques, à grands renforts de sortilèges.

Le découpage est de nouveau hyper dynamique, et j’ai l’impression d’avoir englouti ce tome en moins de deux. Outre le rythme, le récit est de nouveau porté par des illustrations absolument sublimes. A ce titre, gros coup de cœur pour le loup écailleux qu’est devenu Yinny car l’animal est absolument sublime !

Mais le gros point fort de ce volume, ce sont les informations qu’il apporte sur l’univers. On en découvre enfin un peu plus sur les plans de la Confrérie (obliger Coco à utiliser des sortilèges interdits dans de bonnes intentions afin de réhabiliter toutes formes de magie) et sur les personnes qui la composent, puisque le visage de l’un des sorciers est révélé. Une chose est sûre : celui-ci ne passera jamais inaperçu avec la tête qu’il a, et quand on la découvre, on comprend pourquoi certains sortilèges ne doivent pas être utilisés ! De plus, la milice magique est de nouveau impliquée dans l’histoire – mais au vu de la conclusion, je suppose qu’on la reverra dans le tome suivant – et nous rappelle que Coco… n’est pas tout à fait tirée d’affaire suite à sa pratique de la magie devant un jeune garçon ! Suspense, suspense….
Mieux, et j’ai vraiment aimé découvrir cela, il semblerait que maître Kieffrey ait de petits secrets… et je suis terriblement curieuse de découvrir de quoi il s’agit !!

Enfin, la série met toujours à l’honneur la réflexion sur la façon d’agir pour faire le bien : faut-il jeter l’éthique aux orties si la fin le nécessite, ou bien faut-il faire preuve d’un peu de morale ? Et se couper d’une part de puissance ? La réflexion est vraiment intelligemment menée, sans vraiment donner de réponse (du moins pour l’instant) et c’est parfait ainsi ! Trice amène aussi toute une réflexion sur la construction de soi : doit-elle obéir aux consignes des adultes, et prendre le risque de se perdre au passage ? Doit-elle au contraire perdre un peu d’elle-même pour réellement s’accomplir ? Tout cela est traité assez finement, et c’est aussi ce qui fait le sel de la série !

J’avais eu un petit coup de mou au tome 3, mais ces deux volumes ont clairement relancé mon enthousiasme. La série est intelligemment menée, pose une base de réflexion hyper intéressante, mais sans occulter l’aventure et le rythme du récit. Les graphismes sont un pur régal pour les yeux, tant chaque planche fourmille de petits détails dans les coins. C’est splendide ! J’ai hâte de pouvoir lire la suite !

L’Atelier des sorciers, tome 5, Kamome Shirahama. Traduit du japonais par Fédoua Lamodière.
Pika, octobre 2019, 192 p.

Et hop ! Menu Under the misteltoe du Cold Winter Challenge validé ! A moi la suite !

Pacte de sang, Le Dernier Drae #1, Kelly St-Clare & Raye Wagner.

Plus que tout, c’est d’aventure dont j’ai besoin. Mais à Verald, un pays dévasté par la maladie, la vie est déjà toute tracée, comme les cercles hiérarchiques immuables de notre royaume.
Au cœur même de ces cercles règne notre cruel roi, avec un invincible dompteur de dragons, Lord Irrik, à ses côtés. Leur pouvoir empoisonne le pays et le peuple, et attise la rage d’ennemis toujours plus nombreux.
Mais tout va changer.
Quand la rébellion s’embrase, le roi riposte durement. Capturée par Lord Irrik, je suis soudain entraînée dans un jeu fatal. Un jeu dont je voudrais désespérément comprendre les règles.
Car je ne me bats pas seulement pour rester en vie… mais pour protéger un amour qui pourrait bien être la clef de ma liberté.

Deuxième lecture dans la liste Fantasy du Prix Livraddict !
Et bon.. on va faire comme avec les pansements, on va pas lambiner avant d’arracher !

Je ne peux pas franchement dire que j’ai apprécié cette lecture, même s’il y avait des idées intéressantes à l’intérieur.
L’histoire se déroule dans un royaume circulaire, dont les quartiers sont organisés en cercles concentriques : les quartiers riches au centre, les quartiers pauvres en périphérie. Dans ma tête, j’étais donc à mi-chemin entre Chromatopia et Hunger Games !
On découvre l’héroïne, Ryn, une jeune fille qui officie comme serveuse, puisqu’elle a la désagréable manie de faire mourir les plantes et ne peut donc plus travailler avec sa mère dont la main verte est réputée. Or, ce royaume connaît un vrai problème d’approvisionnement puisque le roi en place a fait tuer tous les druides, les phaetyns, tout simplement car leur sang pouvait lui assurer l’immortalité. Or, sans phaetyns, les récoltes sont difficiles, la famine menace (surtout dans les quartiers pauvres) et la rébellion gronde. Ryn se fourre bêtement dans les ennuis, se fait arrêter et torturer dans les cachots du roi.

Première chose qui m’a ennuyée dans ce roman : les nombreuses incohérences dans la narration ! Qu’il s’agisse de paniers de livraison qui se multiplient, de faux raccords, ou d’un chemin qui, parcouru à la même allure, prend soit une heure, soit dix minutes, on est servis.
De plus, le début est truffé de longueurs : Ryn s’ennuie, et il faut dire qu’on le ressent bien. Heureusement, la situation évolue quelque peu lorsqu’elle est capturée.

A partir de là, la jeune fille subit séances de tortures (dont une à base d’insectes foutrement bien décrite) sur séances d’interrogatoires. Mais hormis cette première scène pleine de détails, les autres sont rapidement résumées. D’une part, cela permet de lire sans rendre son petit déjeuner, et c’est parfait, mais tout va aussi un peu vite, ce qui rend le tout pas follement passionnant. D’autant que ces scènes sont amenées à se répéter longuement… ce qui nous ramène assez vite aux longueurs initiales.
Mais Ryn est dotée d’un solide sens de l’humour et même si ses vannes sont très potaches (et pas toujours hilarantes), elles viennent quelque peu alléger l’atmosphère et casser le rythme.

Mais … je dois reconnaître que Ryn fait aussi partie de ce qui m’a agacée. Pour une raison qui m’échappe, je pensais avoir affaire à une adulte au début du roman. De fait, non : elle a dix-sept ans. Âge parfait pour faire des bêtises ou se montrer immature. Ce qu’elle fait à profusion. Mais elle se présente aussi comme une personne très mature (les autres personnages font comme si également) alors que non, clairement, elle ne l’est pas. Attention, je spoile dans le paragraphe suivant.

Ainsi, elle est surprise par une révélation à propos de deux personnages qui se révèlent être la même personne. Ty, son compagnon de cellule, et Tyr, le type qui surgit miraculeusement et en silence après chaque séance de torture et la soigne. Vraiment ? Tu es surprise ? Je veux dire, les deux types ont le même nom à une lettre près et l’un des deux ne parle jamais. Je ne sais pas, ça ne te met pas la puce à l’oreille ? Bah non !

On peut toutefois porter au crédit du roman le fait que la romance n’est pas omniprésente – même s’il y en a. Toutefois, la romance naissante entre deux personnages les conduit à avoir de nombreux échanges particulièrement ridicules, ce qui fait que j’ai passé plus de temps à pouffer qu’à lire sérieusement.

Le Dernier Drae n’est donc clairement pas ma lecture de l’année. L’idée de départ, comme l’univers, sont vraiment intéressants, mais l’évolution hyper classique de l’intrigue, le style pas transcendant et les nombreuses incohérences dans le récit ont eu raison de ma patience !

Le Dernier Drae #1 : Pacte de sang, Kelly St Clare et Raye Wagner. Traduit de l’anglais par Julie Demoulin.
MxM Bookmark ( Infinity ; Onirique), juillet 2019, 363 p.