Blue World #3, Yukinobu Hoshino.

Arrivé au trou bleu de Tristan da Cunha, le groupe est frappé de désespoir : il est accueilli par d’incessantes éruptions et assailli de bombes volcaniques meurtrières. Résignés, ils reprennent leur traversée infernale vers le trou bleu des Açores… Mais ils doivent désormais parcourir plus de quatre mille kilomètres en une semaine ! L’ampleur absurde de leur tâche les plongera-t-elle tous dans une folie autodestructrice ? De l’autre côté du trou bleu, l’instabilité du passage rend ardu le sauvetage de l’expédition…

Changement radical d’ambiance pour le début de ce volume, puisque le récit est situé en Islande, de nos jours. La zone est sous le coup d’éruption volcaniques d’ampleur, tout comme celle des Açores (où les éruptions sont sous-marines), qui voit également se produire des aurores boréales. Suspicion des scientifiques : une méga-éruption volcanique (qui pourrait raser la Terre…) se prépare. Bref, c’est mal barré, autant pour les Terriens que pour l’expédition coincée au Jurassique.
Alors que l’abattement règne de part et d’autre de la faille, l’auteur introduit un rebondissement de taille : le père de Margie, magnat du pétrole, s’en mêle, aligne les dollars, et secoue les puces de tout ce petit monde pour ramener sa fille. Cette partie sans aucun dino à l’horizon occupe environ le premier 1/5e du manga ; il serait réducteur de penser qu’il n’y a pas de tension dans cette longue intro !

Mais il faut reconnaître que passé cette première partie, le rythme s’emballe nettement. Déjà parce que le groupe de Jean a cette terrible épée de Damoclès au-dessus de la tête. Mais aussi parce que les inimitiés déjà bien entamées précédemment se révèlent dans les grandes largeurs. Difficile de savoir qui, des dinosaures ou de Glock, le soldat américain, est le plus dangereux des prédateurs. Avec ça, les survivants commencent à avoir des comportements étranges, dont on ne sait s’ils relèvent de la folie, ou de l’adaptation à leur environnement. Le suspense est donc à son comble, et parfaitement servi par l’enchaînement des péripéties, qui se suivent sans coup férir.

Comme dans les deux tomes précédents, du contenu documentaire est intégré au récit, cette fois centré sur les champs et flux magnétiques. C’est un peu trapu mais comme précédemment, c’est vraiment bien expliqué !

Passé un certain point du manga, j’ai commencé à vraiment craindre que les personnages n’atteignent jamais leur cible, tant ils sont ralentis par de multiples embûches. Mais l’auteur propose d’ingénieux retournements de situation, parmi lesquels une technique de vol artisanale que j’ai trouvée vraiment très astucieuse !
J’ai beaucoup aimé le chapitre final. D’une part parce qu’on est au comble de la tension, d’autre part parce qu’il clôt parfaitement l’intrigue, en proposant une fin bien menée et ingénieuse. Surtout, il amène son lot d’explications sur l’histoire spatio-temporelle, et je dois dire que j’ai trouvée celle-ci scientifiquement très bien ficelée. Cela m’a donné envie de lire Blue Hole, du coup !

Avec ce tome 3, Yukinobu Hoshino clôture parfaitement sa série Blue world. Non seulement il offre une intrigue particulièrement prenante et riche en suspense, mais qui amène en plus de cela des explications scientifiques parfaitement ficelées quant au voyage spatio-temporel. Bref : que du bon !

Dans la même série : Blue World (1) ; Blue World (2).

Blue World #3, Yukinobu Hoshino. Traduit du japonais par Aurélien Estager.
Pika (Graphic), 24 août 2022, 332 p.

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