Une pincée de magie #1, Michelle Harrison.

Chez les Widdershins, on compte trois sœurs : Fliss, l’aînée, sage et pondérée. Charlie, la petite dernière, espiègle et à la frimousse adorable. Et au milieu, il y a Betty, qui ne rêve que d’aventures et de voyages. Pourtant, elle n’a jamais quitté la petite île brumeuse de Crowstone où les trois sœurs vivent avec leur grand-mère, Bunny. Donc, en cette soirée d’Halloween, c’est décidé : Betty part à l’aventure. Oh, pas loin, dans un premier temps, juste sur le continent, séparé de Crowstone par un petit bras de mer.
Elle est loin de se douter qu’une terrible malédiction pèse sur les femmes de sa famille… condamnées à rester à Crowstone à tout jamais, sous peine de mourir dans les 24 heures. Heureusement, avec une pincée de magie et deux sœurs aussi fantastiques qu’agaçantes, rien n’est impossible !

Une bonne pioche dans ma PAL de boulot ! Cela faisait un moment que je n’avais pas lu de fantasy pour préadolescents et j’étais assez contente de cette lecture, suffisamment pour être curieuse de lire la suite de la trilogie !

Première chose à savoir : bien qu’il s’agisse d’un premier tome, le récit propose une intrigue complète, avec une conclusion très satisfaisante.
Michelle Harrison installe son récit avec une ambiance à mi-chemin entre morose et carrément sombre. D’une part, le récit débute avec Halloween, sur un île entourée d’une brume opaque. Or, quel est LE point phare de cette île ? Sa prison. Tout à fait. On est donc assez loin de l’endroit où il fait bon vivre et où la population est hyper joyeuse. D’autant que les sœurs Widdershins sont non seulement assignées à résidence mais, en plus de cela, elles souffrent de l’absence de leur père, enfermé à la prison.

La première fois que Betty Widdershins entendit parler de la malédiction qui pesait sur sa famille, elle fêtait son treizième anniversaire. Treize est un nombre que certains considèrent comme maudit, mais pas Betty. Elle était bien trop rationnelle pour croire à cette superstition et, d’une manière générale, à la plupart des superstitions absurdes dont sa grand-mère raffolait.

Sur ces débuts ô combien riants, débarque donc l’histoire de malédiction – qui, je dois dire, m’a agréablement changée de la traditionnelle prophétie avec l’élue, même s’il y a tout de même un peu de ça ici. Et c’est en même temps que surgit la magie dont les fillettes ignoraient, jusque-là, l’existence et qui va, sans surprise, lancer l’intrigue.

Celle-ci est construite sur deux récits enchâssés. D’une part, l’histoire actuelle des sœurs Widdershins qui tentent de briser la malédiction et, d’autre part, l’histoire de Sorsha, la sorcière à l’origine de la malédiction et dont le destin semble inextricablement lié à celui des trois jeunes filles. Les deux récits sont menés à la première personne mais on sait toujours très vite dans quelle temporalité on se trouve, ce qui évite de se sentir perdu entre les deux narrations. Sans grande surprise, les chapitres alternent entre les deux récits, qui s’alimentent l’un l’autre et font grimper la tension. Les rebondissements sont dans l’ensemble bien amenés même s’ils ne sont pas toujours surprenants.

Si l’intrigue s’avère assez classique, ce sont vraiment le système de magie et les personnages qui m’ont le plus emballée dans ce roman.
La magie, donc. Elle est très peu fréquente et semble même cantonnée à la famille Widdershins. Mieux : elle est liée à trois objets (un sac à main qui permet de se téléporter, des poupées russes qui rendent invisibles, un miroir pour converser à distance), dont les pouvoirs répondent à une et une seule femme de la famille. Et je dois dire que j’ai trouvé ça plutôt original et bien trouvé !
Deuxième bon point, donc : les personnages, qui font preuve d’une belle complicité – malgré quelques chipotages, qui font partie des petits plaisirs entre frères et sœurs. J’ai aimé qu’elles n’hésitent pas à se mettre en quatre les unes pour les autres, en dépit des petits agacements qu’elles peuvent ressentir. C’est plein de tendresse ! La grand-mère, de son côté, n’est pas en reste : après une entrée en matière terrifiante (elle se téléporte sur le bateau sur lequel Betty essaie de fuir, alors qu’ils sont perdus dans la brume), et un côté très directif (très « grand-mère », quoi), elle laisse entrevoir un bon caractère, et vient compléter une chouette galerie de personnages.

J’ai donc passé un très bon moment avec Une pincée de magie, qui met en scène une sororité très attachante, luttant contre une malédiction ancestrale frappant leur famille. Si l’intrigue, qui fait intervenir deux récits enchâssés, est assez classique, l’univers, le système de magie et les personnages m’ont vraiment convaincue. Au point d’être curieuse de lire la suite, déjà parue en VO, bien que ce premier tome n’appelle pas vraiment à une suite !

Une pincée de magie #1, Michelle Harrison. Traduit de l’anglais par Elsa Whyte.
Seuil jeunesse, janvier 2021, 384 p.

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