[2020] Petit bilan estival.

J’ai profité de la période estivale (et des transports !) pour lire (et même un peu plus que d’habitude, j’ai l’impression). En revanche je n’ai pas mis la période à profit pour écrire, je regrette un peu.

Un peu de stats :

Comme je le disais, l’été fut prolixe en lectures, puisque j’ai lu 2174 pages en juillet (dont 251 de relecture) et 4212 pages en août (dont 272 de relecture) ; j’ai écouté 589 minutes en audio.
J’ai mis à profit la période pour continuer, voire terminer des séries : j’ai lu 6 tomes de séries, et j’en ai terminé 2. Pour être honnête, il faut aussi que je précise que j’en ai commencé 3 nouvelles…

Carnet de lectures.

Autant j’ai eu d’énormes coups de cœur, autant certains titres m’ont carrément laissée sur le pas de leur porte. Je parle d’un certain nombre d’entre eux ci-dessous !

Rayon romans :

La Prophétie d’Ulysse, David Pouilloux (Fleurus).
Ulysse est un garçon comme les autres. Du moins, c’est ce qu’il croit, jusqu’au jour où son père, archéologue de renom, disparaît sans laisser de traces. Alors que personne dans son entourage ne s’inquiète, Ulysse sent que cette absence prolongée n’est pas normale. Et s’il était arrivé quelque chose de grave à son père ? Quelque chose en lien avec cette sombre prophétie dont il lui parlait si souvent, quand il était petit ? Déterminé à retrouver son père, Ulysse se rend au Louvre, où Andros devait donner une conférence juste avant sa disparition… et c’est là que les ennuis commencent ! Car Ulysse n’est pas un garçon comme les autres.
Il est l’un des trois enfants divins de la Prophétie. Et s’il rencontre en Kenza, ado et demi-déesse égyptienne, une alliée de poids, le troisième enfant divin, lui, est l’enfant maudit de la Prophétie… dont le rôle est ni plus ni moins de précipiter l’Apocalypse !
Je pourrais dire que, dès la couverture, ça semblait mal barré, mais ce serait du délit de faciès. Sauf que… le fait est que rien ne va. Sans surprise, les ressemblances avec Percy Jackson sont légion (mythologie et enfants divins obligent). On retrouve en plus de ça tous les poncifs de la fantasy : la prophétie terrible, le monde menacé, l’élu qui s’ignore, les méchants très méchants, j’en passe et des meilleures. Le style n’est pas franchement transcendant, donc ne sauve même pas l’ensemble. Sans surprise, je ne lirai pas la suite.

Même les araignées ont une maman, Alain Gagnol (Syros).
Depuis quelque temps, Thomas ne dort plus. Il a de quoi être inquiet : son chat a disparu alors qu’un tueur d’animaux sévit en ville… Une nuit, il distingue une silhouette dans son jardin. Malgré le masque d’opéra chinois qui cache son visage, Thomas reconnaît Emma, sa voisine. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est qu’Emma est télépathe, et que ce don extraordinaire pourrait peut-être les mener jusqu’au tueur. Ou mener le tueur à eux.
Voilà un thriller jeunesse qui m’a plu, mais m’a laissée un peu sur ma faim. Le mélange entre thriller et super pouvoirs est bien amené et apporte un intéressant cachet à l’intrigue. J’ai juste trouvé que le tueur sortait un peu de nulle part et qu’il manquait un brin de nuances. Mais dans l’ensemble, la lecture était plutôt prenante.

Le Royaume de Naguerre #1, L’Élixir du bourreau, Isabelle Fabula (Fleurus).
Après la mort accidentelle de son père Philippe, Richard devient comte et part vivre chez son oncle, le roi Frédéric, avec sa mère, sœur de ce dernier, au château de Crénelais où vivent également ses cousins et cousine. Un soir, une servante est retrouvée empoisonnée à l’Élixir du Bourreau, un poison lent inventé par Maître Stratus, l’alchimiste du roi, qui n’a malheureusement pas encore trouvé l’antidote. Richard et son cousin se lancent alors sur les traces de l’assassin…
Voilà un roman qui colle aux classiques du roman historique de chevalerie (on le classe en fantasy puisque le royaume est imaginaire !)… l’ennui en plus. Le style, volontairement moyenâgeux est hyper pompeux et pas toujours pertinent. Les péripéties sont hyper convenues et les personnages aussi manichéens que superficiels. L’enquête, quant à elle, est cousue de fil blanc. Là non plus, je ne lirai pas la suite !

Cannibale, Danielle Thiéry (Syros).
La nuit de la fête de la musique, une jeune fille est retrouvée au bord d’une route, incohérente et désorientée, incapable de dire qui elle est. Un peu plus loin dans la forêt, un groupe de jeunes gens célèbrent le début de l’été sur de la techno, mais l’ambiance a du mal à décoller… Ils ont participé à une course d’orientation « sans portables ni objets connectés », et ce soir deux d’entre eux sont manquants. Il fait maintenant nuit noire. Où sont Roxane et Rafaël ? Olympe, 17 ans, est visiblement plus inquiète que les autres. Au même moment, le capitaine de police Antony Marin, père d’Olympe, est dépêché au chevet de la jeune fille blessée.
Voilà un thriller qui partait super bien : ambiance mystérieuse, personnages torturés, beaucoup de questions sans réponses et donc pas mal de suspense. Malheureusement… tout cela retombe rapidement, à cause des bons points de départ : les mystères et les questions sans réponses le restent, jusqu’à la fin ce qui rend le dernier tiers du roman quelque peu paresseux. Dommage, car le départ était vraiment bon !

L’écuyer du roi, Tonke Dragt (Gallimard jeunesse).
Le destin de l’écuyer Tiuri bascule quand il accepte de délivrer une mystérieuse lettre scellée de trois sceaux au roi d’Unawen, de l’autre côté des grandes montagnes. Abandonner sa famille, ses amis, enfreindre les lois, renoncer à son rêve de devenir chevalier : Tiuri devra tout laisser derrière lui. De la réussite de sa quête dépend l’avenir du royaume. Rivières infranchissables, ennemis redoutables et alliés inespérés l’attendent en chemin.
Un très chouette roman de chevalerie et d’apprentissage, avec tout ce qu’on peut en attendre dedans… Ce qui est clairement le problème ! Le récit est hyper classique et le style a mal vieilli. Tout est très bon enfant et pontifiant (c’est écrit comme Martine à la plage en gros). Heureusement, c’est moins chiant, quoique tout aussi sexiste (du moins avec des yeux d’aujourd’hui), puisqu’il n’y a aucun personnage féminin intéressant (j’exclue la mère et la tante du héros qui ne servent qu’à lui faire à manger et lui prodiguer des encouragements). Après, il faut reconnaître que ça a été publié dans les années 1960…  Par ailleurs, le worldbuilding est hyper décevant (aucune recherche dans les noms ou les castes, par exemple. Les rivières s’appellent respectivement « Verte », « Bleue » ou « Rouge » et les rois portent les noms de leurs villes. Hyper étrange !). Mais malgré tout ça, il faut reconnaître que cela reste un roman de chevalerie jeunesse très accessible. Je regarderai peut-être la série Netflix qui en a été tirée.

Rayon bulles :

Temudjin, 1-2, Antoine Ozanam et Antoine Carrion (Daniel Maghen).
La nuit où naquit Temujin, le vieux chaman Özbeg était en retard. Quand il arriva sur les lieux les membres de la tribu étaient très agités. Il était trop tard pour sauver la mère et de sombres évènements entouraient la conception de cet enfant. mais tout ça, le chaman le savait déjà. Il avait été contacté par les esprits pour venir en aide à ce petit être, afin qu’il puisse vivre et ainsi donner libre court à sa fabuleuse destinée !
Au départ, j’ai un peu de mal à comprendre dans quoi s’embarquaient les deux auteurs. En fait, il s’agit d’une variation autour de la vie de Gengis Khan qui, ici, fait l’expérience du chamanisme (avec un lien très fort à Ayami, l’esprit de la Terre Mère. C’est super bien mené et les graphismes m’ont très clairement tapé dans l’œil. Un superbe diptyque ! (qui existe aussi sous forme d’intégrale).

Dans les yeux de Lya, tomes 1 et 2, Carbone et Justine Cunha (Dupuis).
À la veille de ses 17 ans, Lya se fait renverser par un chauffard qui prend la fuite, la laissant pour morte. Elle survivra mais devra rester en fauteuil roulant toute sa vie. Quatre années plus tard, elle termine son DUT Carrières juridiques et décroche un stage dans le cabinet d’avocats le plus prestigieux de la ville, celui du célèbre et médiatique maître Martin de Villegan. Son stage n’a pas été choisi par hasard, bien au contraire. C’est ce même cabinet qui a réglé son cas des années auparavant. Ses parents ne lui en ont rien dit mais elle a découvert qu’ils avaient été achetés pour éviter des poursuites juridiques. Bien décidée à retrouver celui qui l’a renversée et à lui faire payer, elle va se mettre en quête du dossier. Un jeu dangereux commence alors et sa soif de vengeance ne sera pas sans conséquences…
Les deux tomes sont à l’avenant : un mélange parfait d’enquête pleine de suspense (avec un tour de plus en plus dangereux), beaucoup de tendresse et de bienveillance envers et entre les personnages, le tout servi dans des graphismes sublimes. J’attends impatiemment le troisième tome !

Côté séries.

J’ai terminé la série Dark, une des meilleures séries de SF que j’ai vues. Je ne vais pas résumer car je craindrais de vous spoiler (et la découverte vaut vraiment le coup). Tout ce que j’ai à en dire, c’est que l’idée de départ est géniale et remarquablement exploitée, alors que le sujet est réputé pour être casse-gueule. La photographie est incroyable. Et le rythme ! Ce qui suit est surtout valable pour la première saison, car après tout se bouscule : mais la première saison prend vraiment son temps pour installer ambiance et intrigue et c’est hyper agréable à suivre. Je ne mentirai pas en disant que certains développements sont un peu prises de tête : il faut vraiment la regarder à tête reposée (et ne pas faire autre chose en même temps). Si vous voulez un argumentaire plus efficace, il y a des centaines d’articles qui ont été écrits dessus. Sachez juste que j’ai re-regardé les deux premières saisons avant d’attaquer la troisième et dernière, et que j’en ai été ravie !

Top / Flop.

Cet été, j’ai terminé la série La Couleur du mensonge d’Erin Beaty, dont j’avais adoré le premier tome. Malheureusement, je dois dire que la trilogie s’est terminée sur une note plus que mitigée. J’ai trouvé le tome de conclusion extrêmement lent à démarrer et, une fois lancé, j’ai été déçue que l’intrigue politique s’efface au profit de la romance, laquelle s’englue aussi dans des lenteurs et répétitions assez agaçantes. De plus, la conclusion, quoique satisfaisante, s’est avérée un peu prévisible. Je garderai donc en tête le très bon début de la série !

Bon heureusement, j’ai eu des très très bonnes surprises, et pas moins de deux coups de cœur en août !
Dans le train, j’ai fait un sort à Alma : le vent se lève, de Timothée de Fombelle, qui fait ce qu’il sait faire. Un superbe roman d’aventure (avec des pirates et un trésor caché !), un brin de fantastique et un fond historique hyper documenté, puisque le roman évoque l’esclavage et le sordide marché qui s’est monté autour au XVIIe-XVIIIe siècles. Comme toujours, c’est merveilleusement écrit : il y a un peu d’humour, des personnages vraiment intéressants et beaucoup de dignité par rapport aux épisodes les plus sordides qui nous sont contés. J’ai hâte de lire la suite de la trilogie.

Comme j’étais dans une bonne dynamique « séries », j’ai poursuivi Le Royaume de Pierre d’Angle de Pascale Quiviger, en lisant le tome 2, Les Filles de mai et c’était GÉNIALISSIME. C’est hyper bien écrit, avec un sens des effets d’annonce redoutable. Certaines annonces du T1 sont arrivées ou effleurées, ce qui m’a mise sur des charbons ardents tout au long du bouquin. Le mystère se creuse, tout en donnant quelques réponses (mais pas trop) et cela donne un suspense incroyable à l’histoire. Conclusion : vivement la suite (qui a le bon goût d’être déjà parue).

Citations.

 » Crains l’homme à la lance plus que tu ne crains l’homme à l’épée.
Crains l’homme à cheval plus que tu ne crains l’homme à la lance.
Crains l’homme à l’arbalète plus que tu ne crains l’homme à cheval.
Mais par dessus-tout, crains la vieille au couteau qui s’approche pendant que tu baignes dans ton propre sang, après la bataille. Car elle ne te craint pas du tout.
Proverbe militaire, Empire d’Émeraude, IIIe siècle de la Dynastie Divine. »
Raven Blade #1, Anthony Ryan (Bragelonne).

 » Avons-nous du sang de fée ?
– Sans doute…
– Alors nous vieillirons et mourrons aussi subitement que Mère ?
– Les gens disent que le temps s’écoule différemment quand on vieillit… Peut-être que plus on s’éloigne de la source, plus le courant s’accélère… jusqu’à ce qu’on rejoigne la mer. »
Sœurs d’Ys, M.T. Anderson & Jo Rioux (Rue de Sèvres).

 » Un esclave !
– Vous vous oubliez Schneidig. L’esclavage implique l’exploitation de l’homme par l’homme. Les Martiaux, par définition, ne sont pas des hommes.
– C’est ce que les Espagnols ont dit des Indiens d’Amérique ! Mais nous ne sommes plus au seizième siècle : Berlin ne le tolérera pas !
– Allez donc vérifier ! Selon mes ordres, votre appareil doit être en cours de révision… Vous arriverez en Allemagne une bonne semaine après le premier chargement d’éthérite, et ce sera la parole d’un petit capitaine comme huit mille mètres cubes de la substance la plus précieuse du système solaire. Allons, Schneidig… Vous le savez bien, après l’exploration vient l’exploitation. »
Le Château des étoiles, tome 5 : De Mars à Paris, Alex Alice.

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