Ennemis jurés, Le Gang des Prodiges #2, Marissa Meyer.

La double vie de Nova est intenable. En tant que Renégate, elle travaille avec Adrian au maintien de l’ordre dans la ville. En tant qu’Anarchiste, son rêve est de détruire les Renégats. Or, tout cela devient de plus en plus compliqué : elle doit voler dans la réserve des Renégats le casque mythique de son oncle Ace Anarchy afin de l’aider à reprendre le pouvoir. Sans se faire prendre, de préférence. Car les Renégats ont mis au point l’agent N, une arme redoutable, qui supprime définitivement les pouvoirs des Prodiges qui sont mis en contact avec elle, sans espoir de retour arrière…

Vu combien j’avais apprécié le premier tome, j’étais impatiente de lire celui-ci. Et autant le dire de suite : je suis dans le même état d’impatience pour le troisième et dernier tome !
Attention, cette chronique contient des spoilers sur le tome 1 ! La conclusion est safe !

Tout d’abord, ce volume-ci est manifestement une transition dans la trilogie mais, malgré quelques longueurs (dont on va reparler), c’est une transition vraiment réussie.
D’une part en raison de l’ambiance. La fin du premier tome, qui révélait qu’Ace Anarchy était toujours vivant, promettait un deuxième volet plus sombre. Et c’est bien le cas, puisqu’ici Nova est plus que jamais prise entre deux feux : d’un côté, les Renégats qu’elle déteste toujours du plus profond de son être et, de l’autre, des Anarchistes bien cachés qui la mettent sous pression. De plus, la découverte de cette nouvelle arme dévastatrice durcit l’ambiance. Finie la lutte bon enfant contre les super-vilains, les super-héros prennent le contrôle. Or, vous l’avez sans doute vu venir : cette nouvelle arme pose clairement des questions concernant la justice – ou, du moins, elle le devrait. De quel droit tirerait-on à vue sur les suspects, privés d’un procès ? Les Renégats, malgré leurs grands idéaux de justice, basculent doucement mais sûrement vers un « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens » bien expéditif mais… bien confortable aussi (pour eux, en tout cas). Et en tant que super-héros, il faut reconnaître que ce n’est pas terrible. La réflexion autour de l’éthique et de la déontologie héroïques entamée dans le tome 2 est donc largement poursuivie aussi, sans dériver. Sans grande surprise, les méchants ne sont pas tous si méchants, les gentils ne sont pas tous si gentils mais, que voulez-vous ? Cela fonctionne !

Vous avez dit cliché ? Oui, on ne va pas s’en cacher. En même temps, c’est un roman de super-héros, à quoi vous attendiez-vous ? Et si X-Men a déjà traité exactement le même segment, le roman n’en est pas désagréable pour autant. Et ce bien qu’il s’agisse d’une pure et simple transition.
De fait, je ne vais pas mentir, il y a quelques longueurs que l’on aurait sans doute pu s’épargner – mises bout à bout, je pense que le roman aurait parfaitement survécu en étant amputé d’une centaine de pages. Mais il se trouve que, malgré tout, le récit reste extrêmement prenant.
Bien qu’il ne recèle pas d’immense surprise, le conflit de loyauté de Nova est parfaitement mis en scène, comme celui de la Sentinelle, qui passe plus que jamais pour un super-vilain aux yeux de ses pairs et du peuple. Et c’est aussi ce qui induit les longueurs sus-mentionnées. Nova progresse à pas microscopiques vers ses objectifs, lesquels sont largement assaisonnés de réflexions du style « suis-je une bonne personne ? », « un super-héros est-il forcément gentil ? » ou « je l’aime, mais c’est mal, que faire ? ». Car oui, l’inévitable romance entre elle et Adrian prend de plus en plus d’ampleur… alors que le conflit larvé entre leurs alias respectifs, Nightmare et la Sentinelle, est malheureusement mis en sourdine. Eh non, pas de baston apocalyptique entre les deux adolescents dans ce tome-ci, à mon grand dam.

Pour autant, le roman n’est pas dénué de scènes d’actions, avec affrontements grandioses à la clef. Qu’ils mettent en scène la Sentinelle, l’équipe de Nova ou d’autres Renégats, on a quelques conflits hauts en couleur à se mettre sous la dent, particulièrement celui qui clôt le volume. Encore une fois, ce n’est pas la bataille tant attendue entre Nightmare et la Sentinelle, mais ce n’est pas mal non plus, car la scène offre son lot de tension, révélations et péripéties prenantes. Comme dans le premier tome, Marissa Meyer pose une conclusion forte, pas follement surprenante (il faut le dire), mais qui a le mérite de relancer l’attention et l’intérêt pour la suite. Que j’attends donc avec une immense impatience !

En somme, Ennemis jurés est un véritable tome de transition dans la trilogie. Toutefois, on ne s’y ennuie pas car le roman recèle pas mal de scènes d’actions hyper prenantes, comme son lot de réflexions. Évidemment, celles-ci ne sont pas d’une originalité folle, dans la mesure où les questionnements profonds des super-héros sont un peu toujours les mêmes. Malgré tout, ils sont bien mis en scène, bien narrés et maintiennent agréablement le suspense. Celui-ci est relancé en toute fin, avec un retournement de situation qui donne particulièrement envie de lire la suite, que j’attends désormais de pied ferme !

Le Gang des prodiges #2, Ennemis jurés, Marissa Meyer. Traduit de l’anglais par Guillaume Fournier.
Pocket jeunesse (PKJ), avril 2019, 544 p.

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