[2018] Petit bilan d’octobre.

Carnet de lectures.

Minute, papillon ! Aurélie Valognes.
J’étais assez curieuse de découvrir ce titre, car on en entend pas mal parler sur le net mais je dois dire que j’ai été assez déçue.
On suit l’histoire de Rose, 36 ans, heureuse maman de son grand ado de fils, Baptiste, 18 ans. Malheureusement, Rose joue de malchance car non seulement ses employeurs déménagent et la voilà qui perd son poste de nounou. Mais, en plus de cela, Baptiste lui annonce de but en blanc qu’il quitte la maison, qu’il va s’installer chez sa copine et que celle-ci est en plus enceinte et ne va plus tarder à accoucher. C’est le drame ! C’est dans ces circonstances que Rose accepte le poste que lui propose Véronique : s’occuper de Colette, sa vieille mère esseulée. La vieille dame excentrique et agoraphobe pourrait bien changer sa vie.
Alors, par où commencer ? Je crois que je vais attaquer avec l’intrigue tellement cousue de fil blanc que je me suis demandé où la dégringolade allait s’arrêter (bien trop tard à mon goût). C’est truffé de bon sentiments et jamais surprenant, à tel point que je me suis copieusement ennuyée. J’aurais adoré pouvoir me raccrocher au style, mais il est d’une sévère platitude, donc autant dire que j’ai été ravie de voir arriver la fin (heureusement, c’est court). Je ne sais pas si c’est le feel-good qui ne me convient pas mais ce qui est sûr, c’est que ça ne l’a pas fait avec ce titre !

Terminus Elicius, Karine Giebel.
Première incursion dans l’œuvre de Karine Giebel, avec son premier polar.
Jeanne effectue tous les jours l’aller-retour Istres-Marseille, entre son quotidien de secrétaire au commissariat de police et la maison qu’elle partage avec son dragon de mère. La cité phocéenne est troublée par un tueur en série qui s’attaque aux jeunes femmes. Or, voilà justement que celui qui se fait appeler Elicius écrit des lettres à Jeanne, qu’il glisse près de son siège préféré dans le train. Des lettres extrêmement troublantes qui, peu à peu, font oublier à Jeanne que son mystérieux soupirant est un tueur en cavale…
L’idée de départ est vraiment chouette, mais le roman a les défauts… d’un premier roman ! L’intrigue est quelque peu prévisible et les personnages pas tout à fait assez creusés, mais l’ensemble est malgré tout très prenant. Ce qui me donne envie de lire les autres romans de Karine Giebel !

La Vraie vie, Adeline Dieudonné (L’Iconoclaste).
Comme ça, on ne pourra pas dire que j’ai snobé la rentrée littéraire, parce que j’ai pris ce qui est sans doute LE roman de cette rentrée, tant j’ai l’impression que tout le monde en a parlé (il est même passé à La Grande Librairie, c’est dire s’il a fait l’unanimité).
ça se passe dans un quartier de banlieue tout moche, où toute les baraques se ressemblent, sauf que la sienne a un petit truc particulier : il y a quatre chambres, celle des parents, la sienne, celle de Gilles, le petit frère, et celle des cadavres, le père étant chasseur de gros gibier. Un soir, les deux enfants assistent à la mort violente du glacier ambulant et, si elle réussit à rationnaliser la chose, Gilles se referme comme une coquille, arrête de sourire, devient un enfant cruel et sadique, à la botte de son bourreau de père. Du haut de ses 10 ans, la gamine (dont on ignorera le nom jusqu’au bout) décrète qu’elle est sur la branche ratée de sa vie et qu’il faut rétablir le cours des choses, en remontant le temps – ce qui demande quelques compétences techniques et scientifiques qu’elle va se faire fort d’acquérir.
Alors ce qu’on ne peut pas enlever à ce texte, c’est qu’il fait dans le sordide, le banalement trash et réaliste, ce qui en fait une histoire assez forte. La jeune fille, que l’on suit de ses dix à ses quinze ans, fait preuve d’une belle force de caractère, que l’on souhaiterait à tous les enfants qui vivent de telles situations de violences familiales (sans surprise, le père bat la mère, puis la fille, dresse le fils à être un bon petit macho pervers amateur de cruauté et s’avère d’une bêtise sans bornes). Malheureusement, c’est cette banalité qui aura eu raison de ma patience car, en dehors de l’extrême sordidité de l’intrigue, je n’ai pas franchement été marquée par le style, ni par les péripéties que j’ai vues venir d’assez loin (au point que la fin ne m’a pas du tout surprise). Par ailleurs, j’ai été assez gênée par les repères temporels qui m’ont paru parfois contradictoires (ou alors je n’étais déjà plus assez attentives, ce qui est plus que possible). L’histoire est rythmée par les étés, c’est ce qui permet de déduire l’âge des personnages, mais comme ils ne changent pas des masses, j’ai trouvé ça parfois un poil confus. Malgré tout, je dois dire que l’ambiance a fini par me ferrer, aux alentours du dernier tiers. Le titre ne me restera clairement pas en tête comme LA révélation de l’année, mais plutôt comme un bon premier roman, noir et sordide à souhait.

À la rechercher de la Serena, Anne Vantal (Actes Sud junior).
Damien surprend le mot « Serena » lors d’un très mystérieux rendez-vous organisé au journal (un hebdomadaire de reportages à sensation) où il effectue un stage. Ses antennes de futur journaliste d’investigation se mettent en mouvement. Aidé par Victoria, sa jumelle férue de recherches historiques, il apprend l’histoire d’un navire de Croisade ? La Serena – coulé au début du XIII° siècle dans les eaux grecques et qui aurait chargé un butin précieux volé à Constantinople. Il soupçonne un ancien militaire aventurier d’avoir mis au jour le fameux trésor. Pour en avoir le cœur net, frère et sœur suivent sa piste et mettent le cap sur la Grèce. Légende ? Fausse rumeur ou vrai scoop ?
Voilà un roman d’aventure jeunesse comme je les aime ! J’ai adoré le côté chasse au trésor/roman d’actualité de ce roman, qui déployait finalement des sujets nettement plus surprenants que prévu, puisque les trafics d’armes extorquées à des familles étant obligées de partir en exil à cause des guerres en Moyen-Orient s’invitent subitement dans l’intrigue. Surprenant, mais vraiment intéressant ! Avec cela, Anne Vantal balaye l’histoire médiévale de la région et le roman aligne ses espions, chasseurs de trésor sans foi ni loi, jeunes aventureux et, bien sûr, un fabuleux trésor de Croisés. L’histoire est assez prenante, mais j’ai tout de même un poil râlé devant quelques phrases bizarrement montées. Bref, un roman à proposer aux fans d’Indiana Jones !

Rayon bulles.

Dreams factory, tome 1, La Neige et l’Acier, Jérôme Hamon, Suheb Zako et Lena Sayaphoum (Soleil).
Dreams Factory est un diptyque steampunk, qui joue sur des ambiances rappelant des grands classiques comme Oliver Twist ou Hansel & Gretel. En effet, l’histoire se déroule à Londres, en 1892, dans une cité recouverte de neige. Indira, comme la plupart des enfants de la cité ouvrière, descend chaque jour dans la mine de charbon, sans protester. Un jour, alors qu’elle est trop malade pour se lever, son petit frère Eliott se porte volontaire à sa place… et disparaît. Elle se lance alors dans une quête désespérée pour le retrouver et s’aperçoit qu’en fait, les disparitions d’enfants sont extrêmement nombreuses : trop pour être honnêtes. Il se murmure que la richissime propriétaire des mines, Cathleen Sachs, n’est pas étrangère à ces disparitions et entretient un véritable petit réseau. Pourquoi ?
Alors, indéniablement, c’est une très belle BD. Les graphismes sont hyper soignés, on se met d’emblée dans l’ambiance qui mêle steampunk, chronique sociale et enquête pleine de danger. Malheureusement, c’est du côté de l’intrigue que le bât blesse : tout va extrêmement vite, les personnages ou situations sont à peine esquissés (je n’évoque même pas un quelconque développement) et l’intrigue, cousue de fil blanc, est constituée d’un nombre extrêmement réduit de péripéties. Pire, certains personnages sont introduits assez tard, comme si le lecteur savait depuis longtemps de qui il s’agissait, ce qui donne l’impression qu’ils tombent comme un cheveu sur la soupe. C’est un peu dommage, car cela ne rend pas l’ensemble plus crédible ni plus passionnant. De plus, la pseudo-intrigue autour du sortilège d’amnésie arrive elle aussi sans qu’on comprenne vraiment d’où elle sort, sans doute pour tenter un effet de manche censé relancer le suspense (raté). Comme je me suis passablement ennuyée, je pense que je me dispenserai du tome 2…

Couleur de peau : Miel, tome 1, Jung.
Oui oui, je rattrape mon retard sur les classiques ! Dans cette bande-dessinée autobiographique, Jung explore le sujet de l’adoption, notamment l’adoption massive d’enfants Coréens après la guerre de Corée (et encore maintenant). Ce premier tome narre comment Jung est arrivé en Belgique, vers l’âge de cinq ans, et toute la difficile intégration qui s’en est suivie. Pas tellement parce que les Belges l’ont rejeté, mais parce que lui a éprouvé quelques difficultés que l’on comprend aisément. Les illustrations, en noir et blanc, sont pleines de douceur et vont super bien avec l’histoire que j’ai trouvée extrêmement touchante. En plus de cela, le récit explique vraiment bien la situation en Corée, factuellement et sans juger, et j’ai trouvé que c’était bien intégré au récit de souvenirs de l’auteur. Il me reste trois tomes (si je ne me trompe pas) pour en apprendre encore un peu plus !

Les petites cartes secrètes, Cyrielle et Anaïs Vachez (Delcourt).
Le monde de Tom et Lili s’écroule le jour où leurs parents divorcent. Et il y a pire que ça : ils vont eux aussi être séparés. Lili va vivre chez sa mère et Tom chez son père. Ne supportant pas cette séparation, les deux enfants vont entamer une correspondance par cartes postales et échafauder des plans naïfs, improbables (faire semblant de tomber malades pour obliger leurs parents à se parler) et parfois cruels (faire tomber la belle-mère enceinte dans les escaliers pour provoquer une fausse-couche…) pour qu’à nouveau ils soient tous réunis.
Je dois avouer que cette BD m’a laissée quelque peu dubitative. J’ai beaucoup aimé le principe, mais je n’ai pas du tout adhéré aux personnages. C’est quoi ces adultes irresponsables qui maltraitent leurs enfants respectifs, m’enfin ?! Et la belle-mère qui pratique ce qui ressemble à de la torture psychologique ? Appelez les services sociaux ! Je ne parle même pas de la gestion de la rupture désastreuse, d’un côté comme de l’autre, et de l’absence totale d’explications aux-dits enfants ! Je sais bien qu’être parent, c’est pas de la tarte mais, je sais pas… un poil de bon sens, les gars ?
Cela n’enlève rien à la BD, car si je n’ai pas apprécié, c’est surtout pour cause de désaccord total avec les choix des personnages ! Parce que le principe des cartes postales des enfants intercalées aux récit est assez sympa, avec des textes assez touchants – sauf quand ils prévoient de faire tomber la belle-mère dans les escaliers ! Je peux comprendre que la petite, en CP, ait du mal à comprendre ce qu’elle fait, mais le frère aîné devrait être en âge de savoir que c’est une abyssale connerie. Enfin, le dessin de Cyrielle est très chouette, car la BD se déroule dans un décor des années 90 hyper soigné. Je pensais que c’était une BD jeunesse, mais finalement elle s’adresse plutôt à des trentenaires !

Côté ciné.

J’ai occupé une après-midi grise, venteuse, et fraîche à souhait en allant voir Le Jeu, de Fred Cavayé, un remake d’un film italien qui n’a (malheureusement) jamais été distribué en France (Perfetti sconosciuti, de Paolo Genovese, paru en 2016).
C’est l’histoire d’une petite bande de 7 amis, 3 couples et l’un venu en célibataire (sa moitié étant malade), qui se retrouvent pour un dîner, qui semble être leur traditionnel rendez-vous. L’hôtesse a subitement une histoire pour le moins étrange qu’elle présente comme un jeu : chacun est invité à déposer son téléphone au milieu de la table et, dès lors, chaque message, chaque notification, chaque courriel sera lu à haute voix.
Assez vite, l’ambiance du huis-clos prend, car il ne faut pas longtemps pour comprendre que chacun (ou presque) a des choses à cacher, choses qui tournent de préférence entre les genoux et la ceinture et que les moitiés respectives préfèreraient (sans doute) ignorer. Le rythme est plutôt bon car, avant de passer aux choses très sérieuses, il y a quelques effet d’annonces, des gags et des réparties bien placées. En effet, le film joue sur les tons tragiques et comiques à la fois, un mélange qui est plutôt réussi. Car, aux vannes des amis, viennent assez vite s’ajouter quelques sujets plus lourds, comme le désir d’enfant, les difficultés à communiquer, l’homophobie ou l’importance d’être soi. Évidemment, ce n’est pas très original, mais c’est plutôt bien traité dans l’ensemble. J’ai toutefois regretté que certains personnages soient si cliché (la maman psy coincée qui ne comprend rien à son ado de fille, par exemple) et une petite pointe de sexisme manifestement parfaitement assumée dans les premières minutes (avis à la production : oui, les hommes ont le droit de prendre soin d’eux. Grrr !). Malgré cela et quelques longueurs (le film aurait gagné à être amputé d’une dizaine de minutes), j’ai passé un bon moment. Quoique je n’arrive pas à savoir si j’ai trouvé la pirouette finale génialissime ou décevante (mon cœur balance très franchement entre ces deux options, aussi bizarre cela puisse-t-il paraître). Bref, un film sérieux traité sauce vaudeville, pas d’une originalité folle, mais avec lequel je me suis bien amusée tout de même !

Tops & Flops.

Dans les rendez-vous manqués ce mois-ci, il y avait indéniablement mon premier roman d’Aurélie Valognes, Minute, papillon !, que j’ai trouvé long, pénible, trop cousu de fil blanc, et pas toujours bien écrit – entre autres. Je note tout de même que ce n’est pas du tout mon genre de lecture de prédilection, ceci explique donc peut-être cela !
Je ne peux pas dire non plus que j’ai été particulièrement emballée par La Vraie Vie d’Adeline Dieudonné ; là encore, ce n’est pas ma came habituelle et, si je dois reconnaître avoir été très accrochée sur le dernier tiers de ma lecture, le reste ne m’a pas passionnée, tant j’ai trouvé le style et le récit plats. Si c’est la révélation de la rentrée littéraire, ce n’est certainement pas la mienne (mais il faut bien sortir de sa zone de confort de temps en temps !).
Enfin, au rayon BD, je n’ai été convaincue ni par Dreams Factory, ni par Les Petites cartes secrètes, et c’est un peu dommage, car les deux titres étaient assez prometteurs. Mauvaise pioche dans les deux cas !

Côté belles découvertes, il y a également une bande-dessinée, j’ai nommé Phoolan Devi, reine des bandits, une bande-dessinée biographique de Claire Fauvel, consacrée à Phoolan Devi, donc, une Indienne dont le parcours plus qu’horrible est passé de victime à bandit à députée (excusez du peu). Évidement, c’est hyper trash (parce que sa vie l’a été, malheureusement) mais c’est hyper bien mené, très documenté, porté par de très beaux graphismes. Super instructif (mais révoltant) et beau, j’aime !

Citations.

« Toute magie engendre la Brume. C’est une loi immuable de Mitar. Dans les premiers temps personne ne se souciait vraiment de ce déchet évanescent, rejeté aussitôt dans l’air une fois l’opération magique terminée. Mais, après des années de ce régime, certains prêtres constatèrent des altérations dans la trame de l’univers. Ils décidèrent alors que la Brume devait être contenue et créèrent les premiers réservoirs. »
Le Sanctuaire des Dieux, Cindy van Wilder.

***

« Nous devrions remercier grand’ma Holt d’avoir crée des orphelinats, des hôpitaux, de nous avoir trouvé des familles… et pourtant… Pourtant, à l’heure actuelle, je ne sais toujours pas si je dois la remercier ou la détester. Nous sommes deux cent mille Coréens adoptés à travers le monde. C’est beaucoup trop. »
Couleur de peau : Miel, tome 1, Jung.

***

« Bénédiction accordée, dit-elle. Partez avec la lumière de notre amour dans vos cœurs.
L’émissaire s’inclina et elle s’adressa à lui sur un ton plus intime.
– Penses-tu que le jour viendra où toi et moi ne serons pas entravés par les chaînes du devoir et de l’honneur ?
– Le devoir et l’honneur dominent peut-être nos vies, répondit Sir William. Mais mon cœur est toujours libre de vous aimer. »

« Falco sourit, mais il n’écoutait pas vraiment. Il pensait à ce que le laniste Magnus lui avait dit. Il ne s’était jamais considéré comme un meneur d’hommes. Il trouvait même l’idée terrifiante. Des gens qui allaient risquer leur vie en se fiant à son jugement ? Il ne savait pas comment la reine pouvait le supporter.
Il avait pris la parole car il lui avait semblé que ne pas le faire aurait été une erreur. Il ne se rendait pas compte que se porter volontaire et assumer les responsabilités de ses actes était justement ce qui définissait un meneur d’hommes. S’il l’avait compris plus tôt, il aurait peut-être tenu sa langue. »
Mage de bataille, Peter Flannery.

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4 commentaires sur “[2018] Petit bilan d’octobre.

  1. Je voulais voir Le Jeu, et ce que tu dis de la fin me donne encore plus envie 😂

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  2. Book-Trotter dit :

    Je ne lis pas beaucoup de BD mais « Couleur de peau : miel » me fait envie depuis longtemps !
    Quant à « La vraie vie », je l’ai aussi vu dans LGL mais je ne suis pas sûre d’adhérer…
    Beau bilan ^^

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    • Sia dit :

      Cela faisait aussi bien longtemps que j’avais noté Couleur de peau : Miel. Comme quoi il ne faut pas désespérer !
      Quant à La Vraie vie, je l’ai lu, c’est fait, mais je ne suis clairement pas la lectrice cible… Mais il faut parfois tenter d’autres trucs 🙂

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