[2018] Petit bilan de mars.

Mars a été riche en lectures – mais, une fois de plus, pas en chroniques. Un jour, j’aurais rattrapé tout mon retard !
A défaut, le rendez-vous se dote (enfin !) d’un logo !

Carnet de lectures.

Rayon romans.

Comment un écureuil, un héron et une chouette sauvèrent le père de Casper, Horatio Clare et illustré par Jane Matthews (PKJ).
De temps en temps, je lis des romans jeunesse pour les plus jeunes (à partir de 9 ans) et celui-ci en fait partie et aborde un sujet pas si courant en littérature jeunesse, puisqu’il évoque la dépression d’un parent ! Casper coule une existence paisible dans la petite ville anglaise de Woodside Terrace… Jusqu’à cet été où son père, Jim, change du tout au tout : il ne mange plus, ne sourit plus, ne travaille plus et reste cloué au lit. Quel mauvais sort s’est abattu sur lui ? Une chose est sûre, Casper ne l’abandonnera jamais et il va pouvoir compter sur l’aide, un brin inattendue, des animaux de la forêt alentour.
C’est donc sous des dehors fantastiques que l’intrigue est abordée et, si la résolution peut sembler quelque peu tirée par les cheveux, elle véhicule avant tout des messages très positifs sur cette terrible maladie qu’est la dépression et sur ce que peuvent envisager les proches pour aider les leurs. Le texte est très abordable et les illustrations de Jane Matthews l’ornent à merveille. Une chouette découverte, donc !

Le Dernier saut, Alexandra Sirowy (PKJ).
Cette fois, c’est un thriller pour les ados auquel je n’ai pas du tout, mais alors pas du tout accroché.
Au début de l’été, Ben, le demi-frère adoré de Lana, disparaît sous ses yeux. Les vacances suivent leur cours, mais les fêtes sur la plage et les premiers émois amoureux sont teintés d’inquiétude. Quand Lana et ses amis trouvent le corps de Maggie, l’ex-petite amie de Ben, tout est remis en question : ce dernier est-il mort ? Maggie est-elle impliquée ? Et si Lana était la prochaine victime sur la liste ?
Si je n’ai pas accroché, c’est avant tout parce que l’intrigue reposait sur un élément que j’ai vu venir dès les premiers chapitres. Difficile, donc, d’être surprise par les rebondissements et la conclusion. À cela s’est ajouté le fait que l’histoire manque de rythme comme de suspens, et tente de jouer sur la corde fantastique pour meubler – sans succès. Accessoirement, j’ai trouvé les personnages cliché au possible et donc, en définitive, je n’ai pas accroché à l’histoire. Mauvaise pioche, donc.

Rayon bulles.

Issak, tome 1, Shinji Makari (Ki-oon, Seinen).
1620. L’Europe est déchirée par une guerre qui oppose catholiques et protestants. Dans la forteresse de Fuchsburg, en Allemagne, des réfugiés affluent de toute la région. Parmi eux se trouve Issak, un guerrier hors pair au talent de tireur inégalé. Avec ses longs cheveux noirs, ses yeux bridés, son sabre et son imposant fusil, il ne passe pas inaperçu… Venu du Japon, il combat comme mercenaire aux côtés des protestants. En réalité, il n’a qu’un but : laver l’honneur de son maître assassiné. Le meurtrier se serait mis au service des catholiques, et Issak parcourt les champs de bataille pour le retrouver ! Mais cette fois, la situation est désespérée : cernée par l’ennemi, Fuchsburg semble vouée à la destruction… Le samouraï errant parviendra-t-il à changer le cours de l’histoire ?
Ce n’est pas le premier manga d’inspiration historique que je lis chez Ki-oon et, une fois de plus, j’ai trouvé celui-ci passionnant. Ce premier tome permet vraiment de se faire une idée de la situation générale et l’auteur prend le temps d’installer à la fois les personnages, les lieux et les motifs de la guerre (et vu la complexité du conflit, ce n’est pas évident). Il s’est appuyé sur une gravure montrant des combattants japonais à cette époque et dans ces lieux : l’histoire est bien documentée et l’on apprend (déjà) une foule de choses dans ce premier tome. Vu qu’il s’agit de l’exposition (et qu’il s’agit avant tout d’une histoire de siège), le manga manque un peu de rythme mais, comme je le disais plus haut, la lenteur sied à la complexité de l’intrigue.

Tops & Flops.

Du côté des flops, je n’ai guère que Le Dernier saut à mentionner, et dont j’ai brièvement parlé ci-dessus. Vraiment, ce n’était pas ma came, la faute à ce rebondissement final que j’ai vu venir dès le début (pas de bol, quoi). J’ai (de la même auteure) L’Ombre de Stella dans ma PAL, je compte tout de même lui donner une chance un de ces quatre !

Côté belles découvertes, j’ai l’embarras du choix ce mois-ci avec pas moins de trois coups de cœur. Trois dans le même mois, incroyable !

Tout d’abord, il y a eu Le Gang des prodiges de Marissa Meyer, qui ne me branchait pas plus que cela. Et en fait, je suis tombée dans une histoire truffée de super-héros, sur fond de dictature bienveillante (ou qui ne dit pas son nom), avec un tas de réflexions passionnantes. Génial ! J’ai hâte de lire la suite !

Ensuite, il y a eu La longue marche des dindes, de Kathleen Karr, un roman pour les plus jeunes, qui remet à l’honneur le western avec cow-boys, esclaves en fuites, Amérindiens et autres colons égarés. C’est drôle, c’est prenant, c’est bien écrit, bref, je recommande chaudement.

Enfin, je me suis enfin (ENFIN) décidé à lire De Cape et de mots, le premier roman de Flore Vesco et, mes aïeux, quelle génialissime découverte !! C’est un excellent roman historique et de cape et d’épées à proposer aux plus jeunes, drôle, inventif et qui se lit en moins de deux. Une pure merveille !

Citations.

« Je me demande si je les aurais lus si je n’essayais pas autant de m’intégrer. Parce que j’ai beau être française, on ne me regarde pas comme française, on me regarde comme un exemple d’intégration réussie. Et ce n’est pas normal. Mes grands-parents venaient d’un autre pays, d’une autre culture, c’est eux qui se sont intégrés. Je parle arabe avec eux, mais ma mère et moi sommes nées ici et nous nous parlons dans notre langue, le français. Nous ne devrions rien avoir à prouver.. »

« J’ai à nouveau besoin d’une pause. Les terroristes sont entrés au Bataclan et Marie-Castille est morte. Elle fait partie des premiers touchés, ceux pour qui ça s’est terminé en moins de cinq minutes. Il n’était même pas 22 heures. Depuis nous nous sommes trompés. Parce que, de notre côté, nous avons patienté, nous avons espéré, nous nous sommes démenés, sans savoir que notre vie d’avant avait pris fin. Je ne comprends pas celle qui nous attend maintenant. J’ai l’impression qu’elle est comme ces fermetures Éclair que l’on n’arrive pas à remettre sur leurs rails. On hésite à jeter la trousse ou le vêtement parce qu’on y tenait, et puis peut-être que quelqu’un va arriver à réparer la fermeture, mais personne n’y arrive, ou ça ne tient pas longtemps. Mais on ne peut pas poser une vie de côté comme on le fait d’un vêtement. Non, vraiment, je ne comprends pas ce qu’il va falloir faire. »

« C’est quoi, le malaise ?
J’ai un petit rire :
– C’est marrant, comme question…
Il me regarde sans trop voir ce qu’il y a de marrant.
– Non, dis-je, c’est que vous êtes le seul à l’avoir posée. Tout le monde a mis ça sur le compte de l’adolescence et d’une année difficile…
Nous savons à quel point cet adjectif est en-dessous de ce que nous avons vécu et vivons toujours, et je lui dis soudain ce que je n’ai réussi à dire personne :
– Je ne supporte plus qu’on attende de moi que je sois un exemple. Je ne supporte plus d’avoir à prouver que si on donne une chance aux « gamins de banlieue », ils réussissent, que si on tend la main aux musulmans, ils ne se font pas sauter dans les lieux publics. Je ne supporte plus qu’on attende de moi que je prouve que le « modèle républicain » fonctionne. Je n’en peux plus de ces expectatives qui m’étouffent et m’empêchent de réfléchir pour moi-même. On ne peut pas réfléchir quand on ne peut même pas respirer !»
Paris est tout petit, Maïté Bernard.

***

« Avec la vivacité d’une étoile de mer, la princesse de Rousserolle se mit à réfléchir. C’était un exercice nouveau pour elle. »
De Cape et de mots, Flore Vesco.

***

« Simon,elle a repris, il m’est très pénible de te le dire, mais tu te rends bien compte…
-Oui, m’dame ?
– Tu te rends bien compte que tu viens d’achever ton CE1. Pour la quatrième fois.
– Oui , m’dame. Ç’a été encore plus plaisant que d’habitude.
Elle a froncé les sourcils.
– Quoi qu’il en soit… Je crois que tu as exploré jusqu’aux tréfonds les arcanes du CE1, Simon. Je crois qu’il est temps pour toi de le quitter.
J’ai sauté de joie.
– Ça veut dire que je vais enfin passer en CE2 ?
– Hélas non. Tu es déjà le plus âgé de mes élèves, Simon Green. Si fort que j’ai pu apprécier ta compagnie, il est temps pour toi d’affronter le monde. De déployer tes ailes. »
La longue marche des dindes, Kathleen Karr.

***

« Ouais, on ne t’a pas encore accepté, alors il va falloir que tu te tiennes à carreau, ajouta Nour à l’attention de Thomas. Personne ne t’a dit que la validation des copines était super importante ?
– Non, répondit-il en arquant un sourcil. C’est ennuyeux, ces produits sans mode d’emploi. On monte toujours un truc à l’envers. »

« Tu crois que tu peux occuper tes copines un instant, qu’elles ne fassent pas attention à moi ?
– Je ne veux pas te vexer, mais Célia n’a d’yeux que pour David et Nour est encore stressée de ne pas avoir compris l’exo de maths. Elles se moquent complètement de toi.
– Ci-gît mon orgueil frappé à mort. Très bien. Assure-toi que ça ne change pas. »

« Super. Amusez-vous bien. Moi, je vais m’entraîner. A un moment, il faudra aussi te préoccuper d’améliorer ta technique à l’escrime, Chloé. Tu es douée, mais tu ne maîtrises pas encore tes nouveaux pouvoirs. A l’occasion, je pourrai te donner un ou deux cours.
– A l’occasion, répondis-je d’une voix que j’espérais détachée. (UN COURS PARTICULIER AVEC DAVID WTF ZOMG CŒUR SUR LUI CŒUR CŒUR – hum). Bonne soirée !
La porte se referma sur lui et je me retournai pour voit Thomas m’observer avec un sourire un peu plus appuyé que d’habitude.
– Tu sais que je peux ressentir tes émotions, hein. Quand tu les projettes comme ça, je me retrouve inexplicablement attiré par David, et ça perturbe un peu mon univers de mâle hétéro.
J’aurais voulu mourir de honte mais comme j’étais déjà morte, bah c’était déjà ça de gagné. »
Le Calme et la Tempête, Olivier Gay.

***

« J’ai abandonné Willa et je me suis cachée dans les toilettes. Assise sur l’abattant, j’ai pleuré jusqu’au cours d’après. Les filles suivaient des règles compliquées et silencieuses. Qui savait que porter des sous-vêtements noirs voulait dire qu’on voulait coucher ? Ou que porter un anneau à l’orteil ou manger une banane dans le couloir voulait dire qu’on était une obsédée ? Pas moi. Je ne comprenais pas non plus qu’une fille qui voulait avoir des relations sexuelles soit une « pute », mais que de la part d’un garçon, ce soit normal. Le proviseur adjoint disait toujours que la jupe de Machine ou de Truc était trop courte et que ça distrayait les garçons. Accuser les filles du comportement des mecs, croire qu’une fille et un garçon désiraient des choses différentes, c’était moyenâgeux. »
Le Dernier saut, Alexandra Sirowy.

 

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4 commentaires sur “[2018] Petit bilan de mars.

  1. Acr0 dit :

    Ah, je suis contente de lire ton avis en quelques mots sur le roman de Marissa Meyer, cela m’intrigue ! J’irai lire ta chronique après décision (et peut-être lecture du coup !)

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  2. Solessor dit :

    Je note Issak, j’adore les mangas du genre, en particulier Cesare et Bride stories. Je les trouve ultra documentés, c’est un régal !
    Le Gang des Prodiges ne m’attirait pas plus que ça mais les chroniques sont bonnes ! Alors peut-être que je vais le laisser tenter.
    Et tes citations me rappellent que je n’ai pas encore découvert Olivier Gay…

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    • Sia dit :

      Je n’ai pas encore lu Cesare, mais il fait partie de mon énorme liste-à-lire ! Je partais un peu réfractaire avec Le Gang des prodiges mais finalement, ma foi, ça a été une bonne surprise 🙂

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