[2017] Petit bilan de décembre.

Ce dernier mois de l’année n’aura pas été bien riche en chroniques (faute de temps à leur consacrer), mais en lectures, si !

Carnet de lectures.

Cœurs hybrides, Anna Combelles (Sudarènes).
Cela va faire deux ans que ce roman traîne dans ma PAL et il n’attendait que le moment où j’aurais envie d’une romance pour être lu : moment qui a fini par arriver. Malheureusement, on ne peut pas dire que ça l’ait vraiment fait.
Au XIXe siècle, dans un monde où les dirigeables ont conquis le ciel et où les robes à dentelles frémissent dans tout Paris, les femmes sont pourtant considérées comme des êtres inférieurs. Rebelle, Jade, issue de la lignée des « Charismas » aux dons extraordinaires, décide alors de fuir la capitale, ravagée par une guerre fratricide entre sangs purs et hybrides. À des milliers de kilomètres de là, Ethan parti chercher l’oubli, rencontre un homme qui va changer le cours de sa vie. Les destins de Jade et Ethan se trouveront liés d’une étrange façon.
Je ne fais pas de résumé maison, car j’aurais peur de spoiler quelques retournements de situation !
Alors, pourquoi ça ne l’a pas fait ? Tout simplement parce que l’histoire n’est qu’une romance, qui s’affranchit presque totalement de l’univers – ce qui est bien dommage, vu que celui-ci s’appuie sur un tas de créatures surnaturelles, vampires, loups-garous et autres métamorphes, qui se sont livré une guerre sans merci. De cette guerre, on n’aura peu de détails, hormis le fait que tout ce petit monde a bataillé sec, pour d’obscures querelles de clocher.
Évidemment, les deux personnages sont issus de deux clochers opposés, ce qui confère un petit côté Roméo et Juliette au couple, malheureusement pas franchement mis en avant, les deux personnages étant particulièrement indépendants vis-à-vis de leurs familles respectives. Du coup, j’ai trouvé que l’ensemble manquait un brin de perspectives, car exclusivement centré sur les atermoiements des personnages (dont les «Je t’aime / Moi non plus / Mais en fait je ne peux pas parce que blablabla» m’ont rapidement agacée).
La romance pure, ce n’est pas mon rayon, je pense que ça se confirme ; je ne suis de toute évidence pas le public adéquat pour cette lecture !

La Cité automate et La jeune fille au corbeau, Cécile Guillot (Miroir aux Troubles).

Voilà deux nouvelles auxquelles je n’ai guère accroché.
Dans la première, on suit Noé, jeune victime d’un accident de la route, qui se réveille dans un lieu étrange où tic-tacquent de nombreuses horloges. Le décor steampunk est léché, tout comme les illustrations qui ornent l’ouvrage. Malheureusement, j’ai trouvé l’histoire vraiment trop rapide, avec des développements un brin trop attendus. Ceci étant dit, le rythme est au rendez-vous, le style est fluide et je pense que le format et l’histoire peuvent plaire à de jeunes lecteurs (dès 8 ans) – ce point est d’ailleurs parfaitement valable pour la seconde nouvelle.
Dans la seconde, donc, on suit une jeune fille, Franny, envoyée dans un pensionnat où se déroulent (manifestement) de drôles de choses : assez vite, elle se rend compte que des jeunes filles un peu différentes (comme elles) disparaissent. Là encore, c’est trop rapide : le décor est à peine planté, les personnages à peine creusés, le tout était vraiment trop rapide à mon goût.
Petit point à noter : ces deux textes sont édités dans une police adaptée aux lecteurs DYS.

Côté ciné.

J’ai pas mal fréquenté les salles obscures, ce mois-ci et si tout ne m’a pas convaincue, j’ai eu tout de même une très bonne surprise !

Star Wars, épisode VIII : Les Derniers Jedi, Rian Johnson.


Au pays de Star Wars, c’est un brin la mouise : les rebelles sont dans la panade, le Premier Ordre est partout et Rey ne maîtrise toujours pas la Force. Objectif : trouver Luke Skywalker pour un apprentissage express, se débarrasser du Premier Ordre (et de Kylo Ren) et remporter la guerre.
Bon, sans surprise, cet épisode emprunte beaucoup à l’épisode V et, comme dans le précédent, l’intrigue fait le vide dans le rang des personnages phares. L’histoire est assez intéressante, puisqu’elle tourne autour de l’antagonisme Rey/Kylo et autour d’une question capitale : Rey cèdera-t-elle à sa part de ténèbres, comme son antagoniste ? (Question pas totalement résolue, d’ailleurs). Autour de cela vient se greffer la fuite désespérée d’une force rebelle moribonde, qui déploie les stratagèmes (un peu vides de sens) pour s’en sortir. Ce n’est pas inintéressant, mais certaines péripéties (dont tout l’arc narratif secondaire, tout de même) ne servent à rien d’autre qu’à faire, d’une part, du remplissage et, d’autre part, à préparer la suite. Du coup, malgré tout ce qui est mis en œuvre (grosses bastons, scènes graphiquement hyper réussies)…. eh bien, c’est long. C’est même par moments très très longs.
Si on ajoute à cela que le ton du film n’est pas DU TOUT en adéquation avec le contenu, on a un film qui se laisse vraiment regarder, mais qui est un peu bancal. Ainsi, les moments tragiques sont systématiquement détournés par un trait d’humour (souvent bien potache). Non seulement c’est lourd, mais ça donne en plus l’impression que les personnages n’y sont pas du tout. Exemple : tout le monde est mort mais, c’est pas grave, parce que *insérer ici un jeu de mot tout pourri qui fait rire tout le monde*. Moui. J’ai rapidement été lassée. J’irai évidemment voir la suite (future nouvelle trilogie incluse), mais avec des attentes assez basses.

Tout l’argent du monde, Ridley Scott.


Rome, 1973. Des hommes masqués kidnappent Paul, le petit-fils de J. Paul Getty, un magnat du pétrole connu pour son avarice, mais aussi l’homme le plus riche du monde. Pour le milliardaire, l’enlèvement de son petit-fils préféré n’est pas une raison suffisante pour qu’il se sépare d’une partie de sa fortune.
Gail, la mère de Paul, femme forte et dévouée, va tout faire pour obtenir la libération de son fils. Elle s’allie à Fletcher Chace, le mystérieux chef de la sécurité du milliardaire et tous deux se lancent dans une course contre la montre face à des ravisseurs déterminés, instables et brutaux.
Première chose à savoir : ce film est un biopic, inspiré du véritable kidnapping de J. Paul Getty III et le film retrace à la fois le combat de Gail, l’avarice du grand-père et la captivité du petit-fils, un projet ambitieux mais qui manque cruellement de rythme, un peu comme si à force de vouloir faire du thriller et du drame, aucun des deux n’était vraiment soigné. Il y a donc du drame familial, mais pas trop (le père et la fratrie étant totalement absents de l’histoire), du thriller mais là encore, pas trop (puisque l’un des ravisseurs a rapidement des remords et en vient à aider Paul) ; en résumé : c’est un peu mou. Reste la figure glaciale du grand-père, qui donne le ton du film, sans toutefois prendre le pas sur aucun des autres aspects. Disons que ça a bien occupé une après-midi de tempête, mais que ce n’était pas non plus le chef d’œuvre du siècle.

Le Crime de l’Orient-Express, Kenneth Brannagh.

Ici, pas de surprise sur le résumé, il s’agit de l’adaptation du roman phare d’Agatha Christie. Mais voilà le point de départ : alors qu’il rentre de mission et compte s’arrêter quelques jours à Istanbul, Hercule Poirot est rappelé d’urgence à Londres. On est en hiver et à cette époque de l’année, l’Orient Express roule habituellement quasiment à vide. Pourtant, sans l’aide du directeur de la compagnie, Hercule Poirot n’aurait pas trouvé de place à bord, comme si tous les voyageurs s’étaient donné rendez-vous dans ce train ! Dès la première nuit, un homme est assassiné. Le train est immobilisé par la neige qui empêche l’assassin de s’enfuir. Dans les wagons isolés du reste du monde, Hercule Poirot, au sommet de son art, mène l’enquête. Et ce ne sont pas les pistes qui manquent !
J’ai lu ce roman il y a vraiment longtemps mais, pour ce que je m’en rappelle, l’intrigue a été plutôt bien respectée. Et point positif : on ne voit presque pas passer les quelques deux heures de film, tant l’intrigue est menée à bon rythme ! Autre point qui m’a marquée : l’esthétique du film. Graphiquement, c’est superbe, les images sont tout bonnement splendides – et franchement, ce n’est pas gagné quand on passe 80% de l’histoire dans un train à l’arrêt dans la neige ! Enfin, je trouve que Kenneth Brannagh a planté un Hercule Poirot parfaitement crédible et très réussi (et je partais avec quelques réticences tant j’apprécie l’interprétation de David Suchet). Détail qui ne gâche rien : la brochette d’acteurs était au diapason. Bref, cette version du Crime de l’Orient-Express m’a vraiment emballée et j’ai hâte de voir celle de Meurtre sur le Nil annoncée dans la conclusion !

Tops & Flops.

Il n’y a pas eu suffisamment de flops pour les citer, alors on va passer direct aux bonnes découvertes du mois ! Et ça a été compliqué, car j’en aurais bien ajouté d’autres (comme Nocturna), par exemple !

Vivant, Roland Fuentès.
Vivant démarre sur les chapeaux de roues : deux garçons courent l’un derrière l’autre, et le second a un couteau en main (avec la ferme intention de s’en servir). 180 pages d’adrénaline et de cœur battant, truffées de réflexions pertinentes sur notre société et le vivre-ensemble. Fantastique !

Celle qui venait des plaines, Charlotte Bousquet.
Charlotte Bousquet dresse le portrait de Winona, une légende du Far West, par les mots desquels on découvre les aspects les moins glorieux (voire les plus trash) des histoires de cow-boys. Dur, mais splendide !

Dans la combi de Thomas Pesquet, Marion Montaigne.
On pourrait résumer par « C’est l’histoire de Thomas Pesquet qui décide de participer à un concours et finit par aller sur l’ISS ». Au milieu, 200 pages bourrées d’humour et d’info scientifiques. Une BD qui a le double mérite d’être hyper marrante et hautement instructive (et donc un gros coup de cœur).

Citations.

« Tu vois, j’étais aveugle, moi aussi. J’étais heureuse d’être à lui. Ce n’est pas ça, l’amour. On ne possède pas qui on aime. On se tient à ses côtés, pour le meilleur et le pire. On ne l’enferme pas. On accepte même de le laisser s’envoler, pourvu qu’il soit heureux et libre. »

« À l’autre bout du dortoir, une autre se débattait contre des monstres invisibles, rauquant des mots que je ne comprenais pas. Furieuse, notre surveillante l’a secouée jusqu’à ce que la malheureuse bascule hors de sa paillasse puis l’a traînée brutalement hors de la chambrée.
Pourquoi ? Mais, Virgil, parce que même dans nos rêves, même dans nos pires cauchemars, il nous était interdit de nous exprimer dans une langue autre que l’anglais !
Absurde, n’est-ce pas ? »
Celle qui venait des plaines, Charlotte Bousquet.

***

« On fuit bien avec les Running XB 500. Un amorti impeccable, une adhérence adaptée aux reliefs irréguliers. Sous la plante du pied, relayant l’action musculaire, le gel Sentoprène garantit une tonicité optimale.
Mais la chaussure ne serait rien sans le coureur. Et celui qui progresse actuellement à flanc de colline est un athlète remarquable. On peut penser qu’en baskets plus ordinaires, voire en souliers de ville, il se déplacerait aussi très vite. On peut même imaginer qu’à la qualité du matériel et à la maîtrise du mouvement s’ajoute un autre motif : la volonté. Et cette volonté se concentre autour d’un seul mot. Fuir.
Oui. Vraiment. On fuit bien avec les Running XB 500. »

« J’ai bien conscience que si Mattéo est devenu très populaire, il n’y était pas vraiment prédestiné. Lorsque sa famille a emménagé à La Ciotat dans notre lotissement, il y a huit ans, j’ai compris tout de suite à qui j’avais affaire : les remarques racistes de ses parents, leurs plaisanteries bien grasses sur les Arabes ou sur les Noirs, les clichés enfilés comme des saucisses à propos des Anglais (rosbifs), des Chinois (chinetoques), des Allemands (boches)… Le pauvre Mattéo avait l’hérédité chargée.
Le plus pitoyable, c’est quand son père est venu taper un scandale à l’école parce que la cantinière avait demandé à sa petite sœur si elle mangeait du porc. De fait, la sœur de Mattéo est de type méditerranéen : brune de peau, des yeux noirs comme des olives, les cheveux frisés. Peut-être d’origine espagnole, mais ça, c’est pas écrit sur son front. Quand on la voit, on la prend pour une Algérienne, une Marocaine, éventuellement une Espagnole, oui, et dans ce cas elle a très probablement des ancêtres arabes, comme beaucoup d’Espagnols. C’est ce qu’a dit mon père au voisin, qui pendant trois semaines ne nous a plus adressé la parole ! »

« Lorsque Mattéo répétait bêtement les idioties parentales, je lui montrais mon désaccord, mais je n’ai jamais essayé de le fuir. Mon père dit qu’il ne faut pas laisser les crétins entre eux. Même si c’est dur, on doit s’obliger à les fréquenter, au moins pour leur fixer des limites. »
Vivant, Roland Fuentès.

***

« Hannah souleva le couvercle et observa attentivement l’aléthiomètre avant de le sortir de son nid de velours bordeaux pour le déposer sur la nappe blanche. Il était plus épais que celui de Bodley, mais le cadre en or, pareillement usé à force de manipulations, brillait du même éclat dans la lumière de la lampe. Les trente-six symboles disposés autour du cadran étaient représentés de manière plus simple, en noir sur de l’émail blanc, et non pas en couleur sur de l’ivoire comme ceux de l’instrument de la Bodley : ils semblaient moins décoratifs, plus fondamentaux. Derrière les aiguilles, un soleil éclatant, gravé, occupait le centre du cadran.
Hannah sentit ses mains être attirées vers l’instrument, comme par le visage d’un amoureux. »

« Alice renifla avec mépris.
– Tu es un corniaud.
– Je ne sais pas ce que c’est.
– Regarde-toi dans la glace. »
La Belle sauvage, Philip Pullman.

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9 commentaires sur “[2017] Petit bilan de décembre.

  1. MahaultMots dit :

    Très déçue par Tout l’argent du monde également. Ça faisait un moment que j’attendais de le voir et comme tu le dis, c’est aussitôt vu, aussitôt oublié, alors que l’histoire est très forte. Bon, Christopher Plummer est quand même, pour quelqu’un qui a tourné ses scènes en quelques jours, très très bien.

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    • Sia dit :

      Je n’ai découvert cette affaire de changement d’acteur qu’après le film et c’est vrai que Christopher Plummer s’en sort haut la main ! Mais bon, le film ne me restera malheureusement pas longtemps en mémoire.

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  2. Zina dit :

    J’ai très envie de voir L’orient express, mais j’ai un peu peur d’être déçue, surtout que bon, je connais la fin ^^

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    • Sia dit :

      Même en connaissant la fin, je l’ai trouvé super intéressant (mais j’aime bien aller voir des adaptations, c’est vrai). Je trouve que Kenneth Brannagh a vraiment super bien campé le personnage, je t’avoue que j’ai été très agréablement surprise ! Si tu vas le voir, je serai curieuse de connaître ton avis !

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  3. Solessor dit :

    Ahah, tu appelles ça un « petit bilan » ! ^^

    J’ai Coeurs Hybrides dans ma PAL également, il traîne aussi pour la même raison : je ne suis pas très romances pures… Je lirai sans doute l’autre de l’auteur avant celui-ci.

    Côté ciné, j’ai vu Star Wars, devant lequel j’ai passé un bon moment malgré les incohérences (bah, c’est pas grave si tout le monde est mort, il suffit de deux personnes pour repeupler la planète non ? ^^).
    J’ai aussi vu Le crime de l’Orient Express, sur lequel j’avais de plus grandes attentes… J’ai trouvé la première partie un peu longue, mais tout est allée sur des roulettes quand l’enquête a vraiment démarré. J’avais quelques craintes aussi à l’idée de ne pas voir Suchet dans l’interprétation de Poirot, mais comme tu dis Kenneth Brannagh a assuré !

    Parmi tes tops, je n’en connais aucun mais j’adore le Professeur Moustache, donc la BD sur Pesquet devrait me plaire… Pourtant, elle ne m’attire pas. Je crois que je devrais me mettre un coup de pied aux fesses et l’ouvrir quand même !

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    • Sia dit :

      Ha mais t’as vu cette fin de SW, franchement, c’est scandaleux une telle rupture de ton ! J’étais vraiment dubitative en sortant, je me demandais comment on pouvait faire genre « Je vais bien tout va bien » avec une telle conclusion ! Mais bref, j’imagine que sans ça, c’est difficile de dire que c’est un film familial…
      Même avis que toi pour Le Crime de L’Orient Express mais au final, cette petite longueur initiale a été bien vite oubliée grâce au rythme du reste. Et puis c’était tellement beau à regarder !

      C’est La Complainte d’Irwan, que tu as dans ta PAL ? Je guetterai ton avis !
      Et je te sur-recommande Dans la combi de Thomas Pesquet, il est gros, mais il est tip-top (et je t’avoue que c’est d’autant mieux qu’il soit aussi épais, en fait) !

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