Quand tu descendras du ciel, Gabriel Katz.


Et voilà, c’est encore Noël. Comme tous les ans, faute de voir décoller sa carrière de comédien raté, Benjamin Varenne enchaîne les petits boulots. Père Noël, démonstrateur, agitateur de clochette pour l’Armée du Salut… Cette fois-ci, il contrôle les sacs à l’entrée de l’Opéra de Paris, un job en apparence tranquille. En apparence.
Sauf quand on a le chic pour tomber amoureux d’une danseuse persécutée par un fan dangereusement obsessionnel, et qu’on se fait passer pour un garde du corps expérimenté pour la séduire – plus proche de Mr Bean que de Mr Bond. Benjamin va prendre ce rôle très (trop) au sérieux, et se retrouver aspiré dans un cercle infernal, des coulisses de l’Opéra jusqu’aux flamboyants palais de Venise.
Pour la tranquillité, on repassera.

Quand tu descendras du ciel nous entraîne sur les pas de notre comédien raté préféré, vrai faux garde du corps, des marches de l’Opéra à celles des palais vénitiens, à la recherche d’un miracle de Noël – qui se fait bien désirer.
Retrouver Benjamin Varenne après le fiasco général de N’oublie pas mon petit soulier a été un grand plaisir, d’autant qu’il semble plus en verve et en forme que jamais.
Comme dans sa première aventure, le malheur arrive par une jeune femme : oubliée la brune Victoire, place à la bonde et diaphane Ophélie, danseuse à l’Opéra de son état – et donc moins susceptible de frayer avec la Mafia. Il suffit d’exagérer un brin l’insécurité de la belle, de gonfler un poil le CV (de contrôleur des sacs il devient garde du corps) et l’affaire est dans le sac. Non ?

Eh bien, pour notre plus grand plaisir, non. Et si on s’aperçoit dès le départ que l’affaire est assez mal embouchée (Ophélie n’ayant pas DU TOUT l’air disposée à se laisser courtiser), c’est jusqu’aux derniers chapitres que l’on découvrira à quel point Ben s’est mis dans la panade. Encore une fois, dès que l’on a passé le premier élément perturbateur, c’est une aventure menée tambour battant que nous  offre Gabriel Katz. Et en même temps, elle est pleine d’attentes. Car il faut longtemps à Benjamin pour bien cerner les tenants et aboutissants de sa situation. Et longtemps avant d’ouvrir les yeux. Oui, c’est la cata et il est bien plongé dedans jusqu’au cou.
Du coup, on oscille assez longuement dans un climat de tension extrême : on ne sait pas encore bien s’il se passe quelque chose, mais on perçoit clairement que tout n’est pas net dans ce que traversent les personnages et cet entre-deux est délicieux. Et puis, subitement, la machine s’emballe et on plonge dans un rythme infernal. De péripéties échevelées en retournements de situations survoltés, on n’a guère le temps de souffler !

En revanche, on a bien le temps de rire. Si Ben m’avait fait souvent sourire dans N’oublie pas mon petit soulier, son récit m’a, cette fois, fait rire quasiment du début à la fin. Son récit est, comme il se doit, quelque peu désabusé et ses poses, alternant entre le désarroi le plus total et des tentatives pas toujours réussies d’auto-motivation, sont comiques à souhait.

En somme, retrouver Benjamin Varenne a été un grand plaisir de lecture – notez bien que ses aventures peuvent se lire indépendamment. Le roman mêle avec brio polar, espionnage et humour, pour proposer une aventure aussi haletante que désopilante. Fidèle à sa réputation, l’auteur achève le roman sur une petite pointe, qui ne rend la conclusion que plus savoureuse. Voilà un titre que je glisserai bien volontiers sous le sapin !

◊ Dans le même univers : N’oublie pas mon petit soulier ;

Quand tu descendras du ciel, Gabriel Katz. JC Lattès, 15 novembre 2017, 252 p.
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3 commentaires sur “Quand tu descendras du ciel, Gabriel Katz.

  1. Coucou ! J’ai vu ta chronique sur Livraddict et ce livre m’intriguait…
    Je n’ai pas lu le « 1er tome », si on peut dire (qui me tente moins d’ailleurs, est-ce une fausse idée?), mais celui-ci me tente beaucoup ! Ta chronique donne bien envie ! 🙂

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