[2017] Petit bilan de novembre.

Ça ne s’est pas trop vu sur le blog, car j’ai très peu écrit ce mois-ci, mais un certain nombre d’heures de train m’ont permis de lire tout mon saoul et de faire de chouettes (ou parfois moins chouettes) découvertes !

Carnet de lectures.

42 jours, Silène Edgar.
Été 1942. Sacha, 12 ans, et Jacob, son petit frère, sont à la fois surpris et très contents de partir en vacances avant la fin de l’année scolaire. D’autant qu’ils auront la chance de séjourner dans la pension de leur oncle Jean, un manoir breton au bord de la mer ! Une fois sur place, ce n’est pas tout à fait la colonie de vacances qu’ils s’imaginaient – les pensionnaires sont de drôles d’adultes qui se prennent pour Victor Hugo, Louis XIV, Néfertiti… –, mais les garçons ne s’y ennuient pas une minute avec les jumeaux Éléanore et Léandre. Sans compter que le manoir abonde en secrets sur lesquels enquêter : qui fait ces bruits étranges dans le grenier ? Que sont ces loups qui rôdent dans les parages ?…
C’est un roman jeunesse qui partait super bien, vraiment, d’autant qu’on ne sait pas immédiatement à quelle époque l’histoire se déroule – on ne le saura finalement qu’après la moitié du roman. Et c’est aussi en partie pourquoi je n’ai pas totalement adhéré au roman. Bien qu’il ait 12 ans, Sacha ignore TOTALEMENT qu’il y a la guerre – alors qu’en 42, Paris était déjà occupé depuis deux ans ! La raison donnée est que ses parents souhaitent que les enfants aient une enfance parfaitement normale – soit, mais ça me paraît quand même assez peu plausible. En plus de ça, il se comporte plus comme s’il était âgé de 6 ans, accumulant bêtise sur bêtise, souvent par orgueil ou… eh bien par pure bêtise, justement. Et au bout d’un moment, ça n’est plus si crédible que cela. J’ajouterai tout de même au crédit du roman qu’il est bien écrit et, compte tenu des choix narratifs, bien menés. Malgré cela, la sauce n’a pas pris.

DC Icons #1, Wonder Woman : Warbringer, Leigh Bardugo.
Un jour, elle sera la plus grande superhéroïne de tous les temps : Wonder Woman. Mais elle n’est encore que Diana, 17 ans, princesse des Amazones. Quand un bateau explose au large de son île, Diana porte secours à la jeune Alia, bravant ainsi l’interdiction faite aux Amazones d’accueillir des humains parmi elles. Et Diana pourrait le payer d’autant plus cher qu’Alia est une Warbringer : descendante d’Hélène de Troie, elle fait souffler partout un vent de discorde. Ensemble, de New York à la Grèce, les deux jeunes filles vont pourtant tenter de contrer la malédiction qui pèse sur Alia.
Voilà un roman que j’aurais sans doute adoré à l’adolescence. Là, je ne dirai pas que je n’ai pas aimé, mais je l’ai lu sans grande passion. Si j’ai adoré la partie purement mythologique débroussaillant les légendes autour des Amazones, ainsi que la partie plus spéculative (il y a dans l’affaire une multinationale qui utilise la science pas toujours à bon escient), j’ai moins accroché à ce qui fait de ce roman un texte à destination des ados. Car on n’échappe pas à quelques clichés, que ce soit dans les révélations (traître caché, prophéties etc.) ou dans les situations (oui oui : il y a de la romance). En outre, le rythme n’était pas toujours très palpitant (peut-être parce que je m’attendais à la plupart des révélations ?) Malgré tout, j’ai bien apprécié le concept de la série (chaque auteur s’intéresse à la jeunesse d’un super-héros), il n’est donc pas impossible que j’en lise un autre (le prochain sera consacré à Batman, sous la plume de Marie Lu).

Rayon bulles.

Flying witch, tomes 1-4, Chihiro Ishizuka.
À son entrée au lycée, la jeune Makoto quitte la région de Tokyo pour le nord-est du Japon. Hébergée chez ses cousins Kei et Chinatsu, elle découvre les petits plaisirs d’une vie plus proche de la nature, où le temps semble s’écouler plus doucement. Mais le quotidien à la campagne ne s’annonce pas de tout repos pour autant, car Makoto est aussi une apprentie sorcière un peu étourdie !


Ici, j’ai apprécié le début de la série et le concept : une petite sorcière maladroite, de la magie, la vie à la campagne… L’ennui, c’est que l’histoire manque cruellement de rythme : rapidement, la vie quotidienne prend le pas sur la magie, vraiment réduite à la portion congrue. De plus, il y des allers-retours entre présent et passé pas toujours bien définis (donc j’étais assez fréquemment perdue dans la chronologie des faits). Pour finir, j’ai trouvé que les cases étaient un peu trop pleines de vides. Après quatre tomes, j’abandonne donc là cette série.

Tops & Flops.

J’ai déjà évoqué dans le corps de cet article deux titres auxquels je n’ai pas vraiment accroché, à savoir 42 jours de Silène Edgar et Wonder Woman : Warbringer de Leigh Bardugo : je ne reviens donc pas dessus.

Il y a également eu des bonnes découvertes !

Au premier chef, le deuxième tome de La Main de l’empereur, par Olivier Gay. J’étais assez impatiente de retrouver l’ami Rekk et les retrouvailles ont été à la hauteur de mes espérances. Ce second tome est haut en couleurs, grâce aux intrigues parallèles habilement entrelacées. Le rythme est bon, l’intrigue prenante, les réparties saillantes nombreuses. La fin m’a donné bien envie de lire Les Épées de glace, dont La Main de l’empereur est la préquelle !

Après avoir acheté la version intégrale aux Imaginales, j’ai repris la lecture d’un de mes plus immenses coups de cœur d’adolescence, j’ai nommé la trilogie Les Abîmes d’Autremer, de Danielle Martinigol, dont je viens de relire les deux premiers tomes dans la foulée. Et, même si je me suis aperçue, avec stupéfaction, que j’avais tout oublié du tome 2, c’était aussi bien que dans mes souvenirs parcellaires. Si vous n’avez pas lu cette série, je vous la recommande fort chaudement !

J’ai également découvert avec un immense plaisir Passé déterré de Clément Bouhélier, un récit mêlant horreur, fantastique et thriller dans une ambiance absolument fabuleuse en période d’Halloween (au moment où j’ai lu le livre). Pour ne rien vous cacher, l’ambiance est tellement réussie que j’ai dû alterner cette lecture un brin terrifiante avec celle des Abîmes d’Autremer, bien moins traumatisante. Néanmoins, je recommande avec plaisir l’intrigue de Clément Bouhélier !

Citations.

« Une fille qui ne sait pas où se trouve un magasin de vêtements ! s’esclaffe l’homme sur le siège passage , alors !
Sonia se mord l’intérieur de la joue pour ne pas protester. Cet examinateur est un misogyne fini. Le lui faire remarquer risque de lui faire perdre ses points de courtoisie. »

« Enfin, Lou… ce n’est pas grave. ça arrive à tout le monde de se tromper.
Lou sanglote de plus belle, des sanglots qui soulagent. Se tromper. Elle a le droit de se tromper. Cette phrase lui fait un bien fou. »
Nos âmes plurielles, Samantha Bailly.

***

« Par ici, seigneur.
– Je ne suis pas noble, rétorqua Rekk en poussant la porte.
Il pénétra dans la salle du trône, pas le moins du monde impressionné par la décoration fastueuse. Quand on avait vu un château, on les avait tous vus. Il avait du mal à comprendre que les hommes les plus riches de l’Empire aiment y habiter. Les salles étaient certes grandes mais mal éclairées et mal chauffées.
Et puis on était obligé d’offrir l’hospitalité lorsqu’un empereur en vadrouille venait frapper à votre porte. »

« Carlotta se précipita sur la contrebandière.
– Qu’est-ce que tu fais dehors ? Il pourrait y avoir un archer sur n’importe lequel de ces toits !
-Oui, c’est possible. Et il pourrait y avoir du poison dans ma nourriture ou un traître parmi vous. Seulement il n’y a pas une seule chose que je puisse faire. Ce n’est pas quand la barque est déjà en mer qu’on se préoccupe du temps qu’il va faire.
Carlotta avait le plus profond respect pour Dareen, mais ses métaphores piscicoles finissaient par lui taper sur les nerfs. »

« Maintenant qu’il avait un champ de vision dégagé, il apercevait lui aussi les cavaliers qui leur fonçaient dessus, lance baissée ou épée brandie. Ils n’étaient plus qu’à quelques mètres, et la poussière qui volait sous leurs sabots captait le soleil en un magnifique jeu de lumière.
Il eut le temps de trouver ça beau, puis de trouver ça dangereux, puis de se demander ce qu’il faisait là, puis les premières montures heurtèrent les rangs des soldats. »

« La porte s’ouvrit sur la sage-femme, une sorcière hideuse qui passait pour la meilleure dans son domaine et qu’il avait fait venir ici à prix d’or. Elle avait des rituels magiques étranges, comme de se laver les mains régulièrement, mais la noblesse ne jurait plus que par elle. »
La Main de l’empereur, tome 2, Olivier Gay.

***

« À l’époque où je me suis rendu compte pour la première fois que j’étais peut-être un personnage de fiction, je passais mes journées au White River High School, un lycée public situé au nord d’Indianapolis où des forces – si supérieures aux miennes que j’étais incapable de les identifier – exigeaient que je déjeune entre 12h37 et 13h14. Si ces mêmes forces m’avaient attribué une autre plage horaire pour déjeuner ou si mes camarades de table, qui ont contribué à écrire mon destin, avaient choisi un autre sujet de conversation en ce jour de septembre, j’aurais connu une autre fin – du moins, un autre milieu. Mais je commençais à comprendre que l’on n’était pas l’auteur de sa vie, que c’était une histoire racontée par d’autres. »

« Je me demande si je ne sus pas comme la White River, ai-je poursuivi. Non navigable.
– Mais ce n’est pas le truc intéressant de l’histoire, Holminette. Ce qui est intéressant, c’est qu’ils ont quand même bâti la vile, tu vois ? On fait avec ce qu’on a. Ils avaient cette rivière de merde et ils se sont débrouillés pour fonder une ville correcte sur les rives. Sans doute pas une super-ville. Mais pas si mal que ça, finalement. Tu n’es pas la rivière. Tu es la ville.
– Alors, je ne suis pas si mal que ça ?
– Exact. Tu as un bon quatorze sur vingt. Or, si on arrive à fonder une ville notée quatorze sur vingt avec un onze en géographie, c’est super. »

« Je n’étais pas capable de me rendre heureuse mais, en revanche, je savais très bien rendre mon entourage malheureux. »

« J’étais attirée par des garçons, bien sûr, et j’aimais bien l’idée de sortir avec quelqu’un, mais je n’étais pas outillée pour la mécanique d’une relation. Les passages obligés qui m’angoissaient le plus étaient les suivants. 1. S’embrasser. 2. Devoir dire les choses qu’il faut pour ne pas blesser l’autre. 3. S’enfoncer davantage en essayant de s’excuser. 4. Aller au cinéma ensemble et se sentir obligée de se tenir la main, même après qu’elles ont commencé à devenir moites, et que nos transpirations se sont mélangées. Et 5. Le moment où il demande « Tu penses à quoi ? » en s’attendant à entendre répondre « Je pense à toi, mon cœur. » alors qu’en fait on est en train de réfléchir au fait que les vaches ne pourraient pas survivre sans les bactéries qui colonisent leur tube digestif, ce qui, en soir, signifie qu’elles n’ont pas d’existence propre en tant que forme de vie indépendante (et ce n’est pas le genre de réflexion susceptible d’être formulée à voix haute. Par conséquent, il ne reste que deux options : mentir ou avoir l’air bizarre.). »

« Les vieilles copines font les meilleures petites copines. »
Tortues à l’infini, John Green.

***

« Moi, ma femme, je l’ai rencontrée à la guerre. Une infirmière. Autour, c’étaient les bombes, la crasse, le sang. Et moi avec plein d’éclats dans le ventre. J’étais en train de mourir, le médecin ne me le cachait pas… Soudain, cette petite blouse blanche ! Je la regardais et je me disais : « ça doit être pareil au paradis, on voit un visage, on est heureux, on n’a plus besoin de rien… » Et puis, j’ai guéri et… De nouveau, j’ai eu besoin de plein de choses. Argent, grades, bouffe, femmes. L’infirmière, je l’ai épousée… Après la guerre, elle a pris sa revanche sur la faim, a grossi, est devenue même une belle femme, une femme d’officier, quoi, autoritaire, grincheuse, un peu caporal en jupon. Et l’autre, celle que je voyais en mourant, n’existait plus… Les popes racontent comme quoi l’homme est puni pour ses péchés, bref, l’enfer et le feu éternel. Mais le vrai châtiment, ce n’est pas ça… C’est quand une femme qu’on a aimée disparaît… comment dire ? Oui, elle disparaît dans celle qui continue à vivre avec vous… »

« Le sol blanchi trahissait mieux les traces, celles de la femme mais, surtout, les empreintes variées des animaux. Je croyais reconnaître le passage d’un renard – ou était-ce la patte d’un loup ? Et cela ? Un lynx, peut-être ? Je mesurais mon incapacité d’analphabète à survivre longtemps dans ce milieu illisible. »

« Ce que je vis, arrivant là-haut, fut impossible à exprimer. L’infini, le néant, la chute dans le vide… Ma pensée articulait ces mots qui s’effaçaient devant la vertigineuse beauté qui n’en avait plus besoin. Une légère brume voilait l’horizon. L’océan uni au ciel était le seul élément qui nous entourait de toutes parts. Et le soleil, déjà bas, renforçait cette sensation de fusion, recouvrant tout d’un poudroiement doré, ne laissant pas le regard s’accrocher à un détail. Nous étions, je le voyais à présent, au point culminant d’une petite péninsule et la hauteur du lieu créait cet effet de lévitation au-dessus de l’immensité océanique. »
L’Archipel d’une autre vie, Andreï Makine.

***

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2 commentaires sur “[2017] Petit bilan de novembre.

  1. Super bilan ! Bon mois de décembre 🙂

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