[2017] Petit bilan d’octobre.

Carnet de lectures.

Magnetic island, Fabrice Colin (Albin Michel).

Cyan, 16 ans, est le fils d’Artus Fisher, célèbre réalisateur. Il vit en Australie, dans la villa de son père plantée en face de Magnetic Island, en compagnie de Senior, son grand-père, et de Divine, sa grande sœur de 18 ans. La vie de Cyan, en dépit des apparences, est loin d’être idyllique. Sa sœur jumelle, Holly, a disparu sur Magnetic Island alors qu’elle n’avait que 12 ans. Sa mère, France, a quitté son père trois ans auparavant et vit désormais avec son avocat. Senior est devenu un gros consommateur de drogues à la mort de son épouse. Artus n’est jamais là, et cela fait cinq ans qu’il essaie de boucler un film de SF pour lequel son studio a déjà dépensé des millions de dollars.
Alors, quand Divine disparaît, elle aussi, Cyan décide de tout faire pour la retrouver. Il n’a qu’une crainte, c’est qu’elle subisse le même sort que Holly, dont personne ne parle jamais et dont toutes les photos ont été arrachées des albums de famille. Dans sa quête de la vérité, Cyan découvrira bien des secrets de famille, dont certains, de fil en aiguille, l’orienteront vers la piste de celui qui a enlevé sa sœur. Et peut-être bien aussi sur la piste du secret qui entoure la disparition d’Holly…
Vraiment, ça partait bien. Et puis je ne sais pas si c’est l’ambiance ou les personnages, mais quelque-chose ne l’a finalement pas fait. Toute l’histoire nous est racontée par Cyan, qui vit dans une famille plus que brisée et dont chaque membre semble vivre sur sa propre planète. La disparition de Divine cristallise toutes les angoisses du jeune homme, déjà marqué par la disparition, 4 ans plus tôt, de sa sœur jumelle Holly – dont tout le monde semble se foutre royalement. Et donc il commence à creuser et à trouver un tas de trucs.
Le roman est court et fluide, oui, mais brasse tellement de sujets qu’ils ne sont, finalement, qu’effleurés et c’est bien dommage. Du coup, en vrac, il y a des secrets de famille, la question des liens familiaux ou fraternels, l’homosexualité, les violences conjugales, la folie, la fin de l’enfance, l’amour, l’amitié, l’addiction… Le portrait de cet ado qui sombre n’est franchement pas inintéressant. Mais trop de tout, c’est trop, et c’est un peu dommage. Même le twist final (pas si déconcertant que cela, au final), n’a su renverser la vapeur. Rencontre ratée, du coup.

Le Mystère du gang masqué, Ken Follett (Robert Laffont – R jeunesse).

Voilà un roman jeunesse que j’étais très curieuse de découvrir, puisqu’il a été écrit par Ken Follett… en 1976 ! (C’est sa première traduction en français.) Et ça a été une très bonne surprise !
On y suit Mick et Randy, environ une dizaine d’années, qui découvrent un accès aux studios de cinéma désaffectés près de l’immeuble de Mick. Celui-ci doit justement être abattu, comme les studios de cinéma, pour être remplacés par un luxueux hôtel, ce qui ne plaît guère à toute une partie de la population (des gens plutôt aisés comme le père de Randy, lui-même producteur de cinéma ou des gens modestes comme la mère de Mick et leurs voisins, qui vont être expulsés). Or, les deux garçons ne sont pas les seuls à traîner au cinéma : des hommes plutôt louches y ont aussi leurs entrées… des hommes qui pourraient bien être ces malfaiteurs qui cambriolent des banques ! Mick et Randy ne laissent pas passer une aussi belle occasion d’enquêter et se mettent en tête de démasquer les voleurs… bien qu’il s’agisse de très dangereux criminels activement recherchés.
Franchement, je n’ai pas boudé mon plaisir avec ce titre. J’ai retrouvé l’énergie qu’il y avait dans les aventures du Club des Cinq, au sens où il se passe toujours un truc : les péripéties s’enchaînent et, mieux, elles sont hyper crédibles ! Cela signifie donc que Mick et Randy, du haut de leurs 10 ans et quelques, ne règlent pas du tout en deux coups de cuiller à pot (il leur arrive même quelques bricoles). Le style est simple et fluide, sans être simpliste, ce qui était hautement agréable – et en plus de cela, le texte n’était pas vieillot pour deux sous. Un roman d’aventure vraiment chouette que je recommanderai sans aucun doute à de jeunes lecteurs (disons à partir de 9 ans).

Les oublis de septembre :

Je sais qu’en septembre j’ai dit que j’allais tout chroniquer mais, je vais me rendre à l’évidence : pour certains titres, je n’ai soit pas grand-chose à dire, soit une partie des détails s’est déjà enfouie dans les limbes de ma mémoire défaillante (ce qui va être le cas du deuxième titre que je présente, le premier relevant plutôt du premier cas de figure).

Marie et Bronia, Natacha Henry (Albin Michel).

Il y a deux ans, pendant la rentrée littéraire, j’avais lu Marie Curie prend un amant, un biopic d’Irène Frain, fondé sur l’étude des comptes de Marie Curie : et c’était passionnant ! Du coup, lorsque j’ai vu arriver la parution de Marie et Bronia, j’étais assez curieuse (d’autant que Natacha Henry est spécialiste de l’histoire des deux sœurs, auxquelles elle a également consacré une biographie).
J’ai beaucoup aimé qu’elle parle autant de Marie que de Bronia, sa soeur aînée, qui est (me semble-t-il) moins connue, et à tort. Elle est devenue médecin, sage-femme, a fondé avec son mari un sanatorium très en avance sur son temps en Pologne, a créé l’Institut du Radium… entre autres choses. Le roman s’intéresse aux deux femmes dès leur prime enfance : de fait, leurs brillants parcours scientifiques sont assez rapidement évoqués. C’est leur parcours avant leurs grandes réussites, ou les événements peu connus qui ont jalonné leur vie qui comptent le plus. Le roman fourmille donc d’anecdotes sur leur formation, leurs caractères, leurs vies privées. C’est passionnant. Néanmoins, j’ai trouvé que la narration était parfois un peu froide et distanciée, peut-être parce que les informations personnelles sur les deux femmes ne sont pas légion. Quoi qu’il en soit, c’était un roman jeunesse prenant et que j’ai trouvé très intéressant !

La Lectrice, Traci Chee.

Eh oui, je l’ai oublié. En même temps, j’ai abandonné, donc je n’ai noté ce titre nulle part, ceci explique cela.
Je suis partie dans ce roman pleine d’enthousiasme car, vraiment, le synopsis me bottait : c’est l’histoire de Sefia, qui a perdu ses parents, puis sa tante Nin dans des circonstances assez glauques, à cause d’un pauvre objet rectangulaire. Un livre. Or, si Sefia ne sait pas ce que c’est, c’est à juste titre : dans son monde, personne ne sait lire. La voilà donc lancée sur les routes à la recherche de ceux qui ont ruiné sa famille, en quête d’informations qui pourraient faire sens, de vérité et, évidemment, de vengeance. Honnêtement, il ne m’en fallait pas plus pour être appâtée : et j’étais même plutôt agréablement surprise de voir que tout cela tenait plus de la fantasy que de la SF (dont j’avais imaginé que le roman relèverait, pour je ne sais quelle obscure raison). Sauf que, rapidement, j’ai dû me rendre l’évidence : je m’ennuyais sec. C’est long et les péripéties sont loin d’être trépidantes. En plus, la narration laisse couver l’idée, quelque part, que cette pauvre Sefia a un traumatisme caché : on en parle à mots couverts, on tourne autour, et ce n’est jamais très loin. L’ennui, c’est que c’est Sefia la narratrice donc ses tergiversations n’ont pas vraiment de sens : elles en auraient eu si la narration avait été assumée par quelqu’un d’autre mais là ça faisait vraiment faussement mystérieux pour essayer d’attirer le lecteur, et avec moi ça n’a pas pris. Si j’ajoute à cela que j’ai trouvé l’ensemble extrêmement cliché (des prophéties, des bad guys vraiment méchants, des gentils vraiment gentils etc, etc.) et l’alternance entre le récit de Sefia et le récit qu’elle lit dans le livre (oui, parce qu’en plus, elle apprend à lire seule en deux deux) pas du tout équilibrée, vous aurez compris que rien n’est venu rattraper ma première appréciation. Sans compter que j’ai rapidement trouvé le récit d’aventures contenu dans le Livre nettement plus intéressant que les pérégrinations de Sefia et ce bien qu’on nous en livre des scènes au petit bonheur la chance et pas toujours liées entre elles. Dommage, non ?

Rayon bulles.

Super sourde,  Cece Bell (Les Arènes).

Au rayon BD, ce mois-ci, j’ai découvert avec un immense plaisir la BD autobiographique Super sourde, de Cece Bell. A l’âge de 4 ans, Cece est victime d’une méningite qui la laisse sourde. Quelques années plus tard, la voici prête à entrer à l’école, un événement qui peut être angoissant, qui plus est lorsqu’on est un enfant un peu différent (Cece porte en effet un amplificateur à écouteurs, relié à un micro que ses professeurs portent autour du cou). Du coup, la voici lancée sur une mission : se faire une véritable amie. Pas facile facile…
La BD est hyper touchante ! Cece est pleine de bonne volonté et, sourde ou pas, fait parfois des boulettes. En même temps, elle raconte ses aventures avec beaucoup d’humour, faisant appel autant de fois que nécessaire à Super Sourde, son alter ego super-héroïne qui la tire de toutes les situations problématiques dans lesquelles elle peut se fourrer. Le dessin est très coloré et l’histoire est pleine de tendresse. Gros coup de cœur pour cette petite BD vraiment bien tournée !

Côté ciné.

Blade Runner 2049 — Denis Villeneuve.

Difficile de passer à côté : la suite du Blade Runner de Ridley Scott vient de sortir, sous la houlette de Denis Villeneuve. Et, double bon point : si le film constitue une très belle suite au premier opus, il n’est pas absolument nécessaire d’avoir vu le premier pour suivre l’histoire, celle-ci étant brièvement résumée au début du film !
En 2049, la société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bioingénierie. L’officier K est un Blade Runner : il fait partie d’une force d’intervention d’élite chargée de trouver et d’éliminer ceux qui n’obéissent pas aux ordres des humains. Lorsqu’il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé. Son seul espoir est de retrouver Rick Deckard, un ancien Blade Runner qui a disparu depuis des décennies…
J’étais un peu anxieuse en entrant dans la salle (j’avais peur que mes souvenirs du premier ne soient trop flous) et finalement j’en suis ressortie absolument enchantée ! Le film est assez long (2h43) mais je ne me suis pas pour autant ennuyée. Au contraire : c’est une histoire qui prend son temps pour se déployer, mais qui s’avère à la fois soigneuse et rythmée. Car si K sait à peu près où et comment chercher, les indices ne se révèlent pas toujours d’eux-mêmes et les personnes qu’il rencontre ne sont pas toujours de la meilleure volonté. Du coup, le film a un indéniable aspect de film noir mâtiné de scènes de baston pour le moins enthousiasmantes (même si elles sont peu nombreuses). Mais j’avoue que ce n’est pas ce qui m’a le plus emballée dans le film. Non, je citerais plutôt cette esthétique de fin du monde, ô combien réussie : ça fleure bon le désespoir et la désolation, que l’on soit un réplicant ou un humain – et peut-être même surtout si l’on est de ceux-là. On traverse des décors aussi sordides que grandioses et on ne peut pas franchement dire que le futur ait rendu l’humanité meilleure (je crois qu’on voit plus de gens dans la misère la plus profonde que de réplicants, c’est dire). J’ai également trouvé que l’histoire était éminemment poétique, ce qui m’a agréablement surprise. K se retrouve embarqué dans une quête qui va, assez vite, tourner à la quête des origines. Or, c’est un réplicant, donc vous imaginez bien que cela va remuer l’ami K, et pas forcément de la meilleure des manières. Mais, justement, l’obstination qu’il met à retrouver celui qu’il cherche, sans se perdre lui-même, est très touchante. À cela il faut ajouter un aspect du film qui m’a bien plus enthousiasmée que je l’aurais imaginé de prime abord : les questions sans réponses. Ah, des questions, avec ce film, on s’en pose des TONNES. Untel est-il un réplicant ? Telle autre est-elle une pure IA ou bien une IA consciencieuse ? La fin annonce-t-elle une suite ? Quid de l’avenir de tel ou tel personnage, plus qu’incertains ? Bon, je ne vais pas détailler trop plus, car mon énumération frise déjà le spoiler. Mais ce côté flou artistique, doublé de la fin très ouverte était vraiment très réussi.
À dire vrai, j’irais bien le revoir au ciné, tellement il m’a plu – fait suffisamment rare pour être noté.

Tops & Flops.

Je n’ai eu que des chouettes découvertes, ce mois-ci, ce qui est bien agréable 🙂
Les voici par ordre de lecture :

Pays rouge de Joe Abercrombie. C’était mon premier roman d’Abercrombie (bien que j’aie La Première Loi depuis des plombes) et j’ai vraiment vraiment adoré ce roman mêlant fantasy et western de la meilleure des façons. C’est âpre, violent, sombre, mais l’auteur tisse des personnages et une intrigue extraordinaires. Je lirai d’autres romans de l’auteur, c’est certain !

Premier coup de cœur du mois pour la bande-dessinée Bergères Guerrières du duo Amélie Fléchais et Jonathan Garnier. J’étais dubitative au départ, je l’avoue. Mais finalement, la BD m’a énormément plu avec son cadre fantasy original, ses jeunes filles qui tentent d’entrer dans l’ordre prestigieux des bergères guerrières… et ces jeunes garçons luttant pour l’égalité des droits !

 

Et deuxième coup de cœur (sans surprise ?) pour Les Libérés, quatrième et dernier tome de la série Les Fragmentés de Neal Shusterman. Ce dernier tome est tout aussi extraordinaire que les trois précédents : l’auteur trousse une dystopie post-apocalyptique extrêmement bien ficelée et qui a le mérite de poser d’excellentes questions sur notre société actuelle. J’ai attendu un long moment avant de finir la série, qui s’achève en beauté !

Citations.

« Être en vie, c’est avoir mal. Le reste est une grâce. »
Magnetic Island, Fabrice Colin.

***

« De l’autre côté de la table, Neta me lance un clin d’oeil. Je résiste à la tentation de lever les yeux au ciel – comme si je ne savais pas flirter… ça n’a rien de difficile, pourtant. Il suffit de jouer sur les trois cordes sensibles des garçons ivres en soirée :
1) de la bière
2) du sport (quel qu’il soit)
3) une bonne dose de sensualité
Et voilà, c’est plié.
Ce n’est pas sorcier, ça ne s’apparente même pas à un défi. Et soyons honnête… ce n’est pas franchement palpitant. »
A Good girl, Amanda K. Morgan.

***

« Vous vous connaissez à peine tous deux, mais vous vous détestez déjà. Si vous aviez enconné la même catin, nul doute que vous chercheriez à savoir lequel la besogna en premier, lequel lui donna meilleur plaisir, lequel la paya le plus grassement et lequel la ramona le plus longuement avant de la lustrer de son huile de rein. »

« L’obscurité est une absence de lumière. La mort une absence de vie. L’ignorance est une absence de savoir. La solitude, une absence d’autrui. Ce qui ronge l’homme ce n’est pas le Mal. C’est le Néant. »

« Et j’sais pas quel est le plus dangereux en définitive : un félon ou un fidèle abruti ? »
Sénéchal, Grégory da Rosa.

***

« J’appuie ma réponse d’un sourire pour être sûr qu’ils me laissent tranquille. Ça rassure toujours les adultes, un sourire, c’est comme si, dans leur tête, un enfant devait en permanence être joyeux et ne se préoccuper de rien. Dès qu’ils nous voient réfléchir ou rêver, ils s’inquiètent, persuadés qu’on prépare une bêtise. Bon, il faut avouer que c’est parfois le cas. »
Robin : à la dernière seconde, Manon Fargetton.

***

« Je ne trouve pas que tu aies l’air d’un tank.
– Merci, soufflai-je.
– Ou alors un petit tank, avec une petite tourelle, tu sais, un truc mignon. »

« C’était super*, résuma Célia en sortant de la séance.

* L’auteur précise qu’au moment où il écrit ces lignes, l’épisode VIII de Star Wars n’est pas encore sorti et qu’il s’agit donc d’une supposition basée sur la bande-annonce. Si ça se trouve, ce sera nul, auquel cas on partira du principe que les héroïnes ont mauvais goût. »
Le Cœur et le Sabre, Olivier Gay.

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4 commentaires sur “[2017] Petit bilan d’octobre.

  1. Tesrathilde dit :

    J’ai chipé Red Country d’Abercrombie en VO à une amie, le résumé me tentait bien et ‘jai craqué sur la couverture !
    J’irai bien voir Blade Runner 2049 mais je suis en train d’essayer de raccrocher les wagons en lisant d’abord le livre 😮 Je ne sais pas si j’arriverai à la fin afin que le film ne soit plus en salles, cependant : j’ai une autre lecture en cours, je ne lis pas tant que ça, et Dick c’est assez exigeant / tordu, du coup je n’avance pas très vite dessus.

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    • Sia dit :

      Oui, il faut être pas mal concentré pour Dick ! Mais je crois que Blade Runner fait plutôt de bonnes ventes, il devrait rester un bon moment à l’affiche (non ?).
      La couv’ de Pays rouge chez Milady claque, elle aussi ! Un peu glauque, mais efficace à souhait 🙂

      Aimé par 1 personne

  2. Beau bilan même si j’avoue que je n’en connais pas beaucoup dans la liste 😛

    Faudrait que je tente Pays rouge parce que j’avais testé Servir froid et ça avait été un gros échec, raison pour laquelle je n’ai jamais lu d’autres livres de l’auteur malgré le fait que j’en ai pas mal dans ma PAL xD

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    • Sia dit :

      Pourquoi ça avait été un échec ? Je l’ai également, mais je ne l’ai pas encore lu, il faudrait que je m’y mette 🙂 (mais je suis curieuse de savoir ce qui ne t’a pas plu dedans).
      As-tu repéré d’autres titres dans ma liste ?

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