Les Libérés, Les Fragmentés #4, Neal Shusterman.

Les Citoyens Proactifs, l’entreprise tentaculaire à l’origine de la création du premier formaté, s’est alliée avec l’armée américaine. Leur but : créer un bataillon de formatés, l’équipe mosaïque. Pire encore, ils ont pris soin de dissimuler une découverte scientifique capitale qui rendrait la fragmentation inutile.
Alors que Connor, Risa et Lev tentent de les arrêter, des adolescents marchent sur Washington pour demander la fin de la fragmentation. Tout pourrait bientôt changer, mais chacun doit conquérir sa propre liberté.

Si vous êtes familiers de ce blog, vous savez à quel point j’apprécie les romans de Shusterman et plus particulièrement sa série Les Fragmentés, qui restera sans aucun doute au sommet du podium des dystopies que j’ai pu lire. Raison pour laquelle j’ai autant attendu avant de lire ce quatrième et dernier tome : j’étais à la fois hyper pressée de savoir la suite et, en même temps, hyper craintive à l’idée de le terminer. Mais ces craintes étaient infondées : Neal Shusterman clôt la série en beauté !

Le début de l’histoire nous fait retrouver Connor et Risa, cachés dans une cave avec d’autres fragmentés et surtout… l’imprimante d’organes. Lev, quant à lui, est dans la Réserve du Peuple d’Argent et tente de leur faire accepter de devenir terre d’asile pour tous les déserteurs: plus facile à dire qu’à faire.
Dehors, c’est toujours la foire : l’armée crée des formatés dans le même genre que Cam (mais moins soignés, uniquement pour créer de la chair à canon), les Frags sont de sortie, les trafiquants de chair aussi, et même au sein des déserteurs, ce n’est pas le nirvana. En effet, Rufus Starkey, qui dirige la Brigade des Refusés, à force de tueries de masse (certes en libérant des camps de fragmentation !) est en train de retourner encore un peu plus, et si c’était possible, la population contre les adolescents. L’occasion de montrer, si c’était nécessaire, que la violence aveugle et le terrorisme sont rarement des réponses adéquates aux problèmes que l’on rencontre.

Comme on est dans le dernier tome, tous les fils d’intrigue se nouent ou se dénouent et nous amènent inexorablement vers une fin qu’on a du mal à discerner en amont. Le suspense est donc à son comble d’un bout à l’autre du roman et ce d’autant que Neal Shusterman n’est pas avare en péripéties échevelées ou autres rebondissements de dernière minute.
J’ai bien cru, à plusieurs reprises, que j’allais défaillir à la lecture du roman, tant j’ai été mise à rude épreuve. Je peux vous avouer tout net que les derniers chapitres m’ont vraiment mise dans tous mes états. (À ce titre, si vous êtes une âme sensible, attendez-vous à quelques scènes hardcores qui ne laissent pas indifférents).

Ici, Neal Shusterman a repris la formule fort efficace du tome précédent : le récit est entrecoupé de publicités diverses et variées, venant des différents partis politiques en lice pour les élections (qui sont de plus en plus proches). De même, entre les chapitres, on retrouve des extraits d’articles de presse évoquant des progrès médicaux en termes de greffe, des faits divers sordides ayant trait avec le trafic d’organes, ou des lois nouvellement promulguées. C’est passionnant. Mais aussi terrifiant. Car tous ces articles ne sont pas du fait de journalistes fictifs, mais ont bel et bien été publiés dans des périodiques qui existent pour de bon (et vous pouvez d’ailleurs les lire directement sur internet, sur les sites des journaux respectifs). Ainsi, l’intrigue n’est plus si science-fictive, et tout juste se pare-t-elle des atours de l’anticipation. Ce qui ne la rend que d’autant plus efficace.

C’est presque à regrets que j’ai tourné la dernière page de cette série qui, comme je le disais, entre au Panthéon de mes séries favorites – et restera ma dystopie de référence. C’est en beauté que Shusterman clôt une tétralogie d’une efficacité redoutable qui interroge les limites de la science, du progrès scientifique et de l’éthique. Le tout est, de plus, extrêmement bien écrit et prenant, ce qui ne gâche rien. Voilà donc une dystopie absolument passionnante que je recommanderai encore et encore !

◊ Dans la même série : Les Fragmentés (1); Les Déconnectés (2) ; Les Éclairés (3).

Les Fragmentés #4, Les Libérés, Neal Shusterman. Traduit de l’anglais par Sébastiens Guillot.
MsK, octobre 2015, 498 p.
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4 commentaires sur “Les Libérés, Les Fragmentés #4, Neal Shusterman.

  1. Dup dit :

    Oh…bien vendu ! Je vais me pencher sérieusement sur cette série je sens !

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  2. Ptitetrolle dit :

    Je n’ai pas de mots, juste ❤ ❤ ❤

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